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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 28 novembre 2022 19 minAutoproduitFond programmatiqueSantéSolidarités & familleJustice

Déclaration du Président Emmanuel Macron depuis l'école de gendarmerie de Dijon

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 5 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 7:31RelanceRéponse directe

    Sur la réponse pénale, vous avez été interpellé sur les juridictions spécialisées. Est-ce que vous abandonnez cette idée ?

  • 10:01OuverteRéponse directe

    Le Parquet national financier a ouvert une enquête sur le financement de vos campagnes présidentielles en 2017 et 2022. Quelle est votre réaction ?

  • 12:31OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous craignez que la justice dise que c'était une forme de financement illégal ?

  • 14:10OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce sont bien les comptes de campagne d'En Marche ?

  • 15:01OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il ne serait pas temps de réintégrer les soignants non vaccinés ?

  • 16:40OuverteRéponse directe

    Que pensez-vous de l'obstruction parlementaire hier à l'Assemblée ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:20Emmanuel MacronChiffre
    « On a ces bracelets d'éloignement, qui sont absolument essentiels. On en a 900 qui sont aujourd'hui déployés. »
  • 5:01Emmanuel MacronFait
    « Il n'y a aujourd'hui pas un gendarme, pas un policier qui sorte de formation, qui ne soit formé sur ce sujet des violences faites aux femmes. »
  • 6:00Emmanuel MacronFait
    « On a formé celles et ceux qui étaient en place et maintenant on forme tout le monde. »
  • 12:31Emmanuel MacronFait
    « C'est autour de tout ce qui s'est dit autour de McKinsey, et qui a pu choquer beaucoup d'entre nous, parce qu'il y avait beaucoup aussi de sujets de fraudes fiscales prétendues »
  • 15:01Emmanuel MacronFait
    « Ç'a été une décision scientifiquement établie, sur une recommandation scientifique d'un conseil indépendant »
  • 15:50Emmanuel MacronPromesse
    « Si les scientifiques, aujourd'hui, et les médecins et les soignants, nous disent : c'est souhaitable, d'un point de vue scientifique, de réintégrer ces soignants, il faut que le gouvernement le fasse »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour Messieurs, Mesdames. Vous allez bien ? Bonjour, merci encore.

Je suis à vous. Alors, vous allez bien ? Merci d'être là, en tout cas, à Dijon, et avec Madame la Ministre.

Le Garde des sceaux nous a quittés pour rejoindre les débats parlementaires et les questions, en particulier, du budget de la Justice, mais il était avec nous précédemment. Je veux remercier nos gendarmes, qui nous ont à la fois accueillis et fait une démonstration ce matin, mais également nos policiers et l'ensemble des associations avec lesquelles nous nous trouvions. En effet, l'objectif est de faire un point sur tout ce qui a été déployé, en particulier pour lutter contre les violences faites aux femmes.

Sur ce sujet, vous le savez, j'en avais fait la priorité du premier quinquennat. C'est aussi une grande cause du deuxième quinquennat : l'égalité femmes-hommes, et ce sujet de la lutte contre les violences est absolument essentiel. Beaucoup de choses ont été faites et on a pu d'ailleurs en faire le point : d'abord alerter au plus tôt.

Je vous rappelle que ce sont ces dernières années qu'on a décidé, en particulier, pour citer une mesure emblématique, de permettre que le numéro 3919 soit disponible 24 heures sur 24, sept jours sur sept, et je remercie vraiment l'ensemble du monde associatif et l'association qui gère ce dispositif, et les efforts se poursuivent, mais c'est un point essentiel pour que les victimes puissent vraiment pouvoir parler, avoir accès à quelqu'un. Nous avons également démultiplié les numéros d'urgence, les points, aussi, d'accès. La période du Covid nous a permis, à cet égard, entre guillemets, d'avancer très fortement, puisque c'est dans cette période qu'on a permis, dans les supermarchés, dans les pharmacies, d'avoir des accès directs.

On a aussi mis en place un système beaucoup plus simple dans nos hôpitaux, pour pouvoir à la fois récolter la plainte et aussi pour que le médecin puisse garder les preuves lorsqu'il y a eu des agressions, en particulier des agressions sexuelles. Ensuite, il y a eu tout un travail extrêmement important ces dernières années, de formation de nos gendarmes et de nos policiers. C'est ce qu'on a vu ce matin : formation théorique, formation pour intervenir dans ces situations en flagrant délit, formation aussi pour récolter la plainte et la parole, et permettre justement d'être là, pour que les victimes soient prises en charge au plus vite, au mieux, et que nous puissions lutter contre ce fléau.

Et ce que nous souhaitons ensuite continuer de faire, c'est évidemment de renforcer la réponse judiciaire, pénale et on y sera cet après-midi, et nous serons à Dijon avec la ministre, aux côtés de nos magistrats, pour, là aussi, continuer d'avancer sur ce sujet. On a également mis beaucoup de moyens en place, à cet égard, pour qu'il y ait une réponse très rapide, les téléphones grave danger qui sont déployés et qui, à la décision des magistrats, sont mis en place. On en a 3.400 qui sont déployés, 3.800 qui sont financés.

On va en refinancer près de 1.000 dès l'année prochaine. On a ces bracelets d'éloignement, qui sont absolument essentiels.

On en a 900 qui sont aujourd'hui déployés. Il n'y a absolument aucune limite en capacité, et de plus en plus, nos magistrats décident, justement pour éloigner les conjoints ou maris violents, de mettre en place ces dispositifs. Et puis on a tout ce qu'on souhaite aussi renforcer pour permettre aux femmes qui sont victimes, justement, de ces violences, d'être mieux prises en charge et mieux protégées.

Et donc ça, c'est tout le travail que nous faisons, vous l'avez vu ce matin avec les associations, pour qu'il y ait une prise en charge très rapide, parce que c'est un changement de vie, le moment où on a déposé la plainte, et en quelque sorte, on va devoir peut-être quitter son domicile ou on se met à l'abri, et donc on a besoin d'être accompagnée dans tous les champs de la vie, par nos associations, par les services de l'État, et c'est l'objectif de ce "pack nouveau départ", qu'on va expérimenter dans les prochains mois, d'ailleurs ici, dans ce département, c'est ce qui a été décidé, entre autres, et qui va permettre qu'il y ait un accompagnement, justement, vers le logement, vers l'emploi, un accompagnement financier pour la prise en charge des enfants beaucoup plus homogène et beaucoup plus simple pour les victimes, parce que beaucoup de ces dispositifs existent. Simplement, il faut à chaque fois faire une démarche différente, et lorsqu'on est déjà victime, on est perdue face à ce maquis administratif, face à cette complexité. Et donc ce pack, c'est une façon de dire, de la même manière, vous l'avez vu, qu'on vous donne tout de suite, en quelque sorte, quand vous êtes victimes, que vous appelez la gendarmerie ou que vous vous rendez en brigade, au commissariat, on vous donne tout de suite tous vos référents et celles et ceux qui vont vous aider, eh bien que ce "pack nouveau départ" soit disponible pour ces femmes qui sont victimes.

Et puis, ce que je souhaite aussi qu'on puisse développer massivement, ce sont les maisons de victimes, les maisons de femmes. Plusieurs associations ont mené, depuis plusieurs années, des initiatives remarquables à cet égard, et nous souhaitons pouvoir les renforcer et les démultiplier, parce que ce sont des lieux où on peut recueillir, où on peut protéger, où on peut justement régler toutes ces difficultés administratives, où on peut aussi simplifier les choses pour les enfants. Voilà à la fois quelques-uns des éléments de bilan de ce qui a été fait ces dernières années et qui, à mes yeux, est un des combats vraiment essentiels, et puis quelques-unes des pistes de ce que nous voulons renforcer, parce que malgré tout ce qui a été fait, nous continuons d'avoir des féminicides et nous continuons d'avoir des violences, et aussi longtemps qu'il y en aura, nous ne devons rien relâcher de ce combat.

Monsieur le Président, sur la réponse pénale, vous avez été interpellé tout à l'heure, justement sur la question des juridictions spécialisées. Ça faisait partie de vos promesses de campagne et vous aviez l'air assez prudent sur ce sujet tout à l'heure. Est-ce que finalement vous abandonnez cette idée ou est-ce que c'est toujours à l'ordre du jour ?

Non ! Merci de cette question. Elle est importante, on en parlera cet après-midi.

On a d'ailleurs, Madame la Ministre y travaille, on a deux parlementaires qui sont mandatés sur ce sujet pour regarder les expériences internationales et pour avancer. Non, je trouvais justement que la présidente de l'association qui était avec nous disait quelque chose d'important, et c'était très bien illustré. C'est que souvent dans le débat, on a le sentiment de dire : on va choisir un ou deux magistrats dans un ressort et qui ne vont faire que ça, et je crois que la réponse, en fait, est un peu plus complexe.

Il faut former et spécialiser, mais je crois que ce qui ressort à ce stade, et je ne veux pas préempter les conclusions de ce travail, d'abord, premièrement, je n'abandonne pas du tout l'idée, on en a besoin, il faut être très ambitieux et mettre le maximum de moyens mais il faut se garder d'avoir une ou deux personnes qui, dans un département, ne s'occuperaient que de ce sujet, qui est essentiel. Et donc on voit bien qu'il y a, derrière la nécessité de former encore plus les juges des enfants, les juges aux affaires familiales, sur ce sujet, sur cette matière, pour que tout le monde, justement, ait une pleine connaissance. Et il faut sans doute, en effet, davantage spécialiser, qu'il y ait une dominante, qu'il y ait en quelque sorte des gens qui soient plus experts, et en quelque sorte c'est sans doute des pôles d'expertise qu'il va falloir développer.

Donc, derrière ce mot, je voulais simplement redire quelles sont les réalités qu'il y a. Je crois qu'il faut que tout le monde monte en compétence. Il faut absolument que tout le monde soit mieux formé sur le sujet des violences qui sont faites aux femmes, forces de sécurité intérieure comme magistrats, il faut qu'on déploie plus de moyens, et il faut qu'on ait en effet des pôles de compétence et d'expertise.

Mais je pense que c'est important qu'on ait, en tout cas, le dispositif qui soit le plus efficace possible. Donc on en parlera cet après-midi avec nos magistrats et nos avocats, et notre objectif, c'est d'avancer. L'idée n'est pas du tout abandonnée, au contraire, mais c'est d'y mettre le maximum d'ambition et de pouvoir répondre à ce sujet.

Monsieur le Président, est-ce que vous avez été impressionné par ce que vous avez vu ce matin ? Est-ce que les gendarmes progressent dans la prise en compte des.... parce que c'est ça aussi l'objectif de ce que vous avez vu ce matin à l'école de gendarmerie de Dijon.

Alors d'abord, on est très fiers de cette école de gendarmerie et je pense que c'est aussi une très bonne utilisation de ce site qui, il y a plusieurs années, avait été libéré par l'Armée de l'air, et je pense que ça montre l'importance du sujet formation pour, je dirais, toutes nos administrations, tous nos agents, et évidemment pour nos militaires et nos forces de sécurité intérieure. Et moi, j'ai été impressionné du fait qu'il y a cinq ans, les violences intrafamiliales étaient un phénomène connu. C'est depuis des années et des années au cœur de l'activité de nos gendarmes, mais on savait bien qu'il y avait parfois beaucoup d'hétérogénéité sur le sujet.

Il y a eu un travail, d'abord de formation des gendarmes déjà en poste comme des policiers déjà en poste. Ça, c'est un travail très important, parce qu'il y a eu beaucoup d'entre eux qui sont revenus en formation sur ces sujets, entre autres, et qui justement ont été, pas simplement sensibilisés mais à qui on a réappris du comportement, justement, des techniques de contact, des méthodes., et puis il y a la connaissance d'un écosystème associatif avec lequel ils travaillent, et donc ça, je pense que c'est un point très important, mais maintenant, on a la totalité de nos jeunes qui sont formés.

Je veux dire qu'il n'y a aujourd'hui pas un gendarme, pas un policier qui sorte de formation, qui ne soit formé sur ce sujet des violences faites aux femmes. Et ça, c'est une petite révolution culturelle, pédagogique, qui est absolument essentielle. Et donc voilà, on a formé celles et ceux qui étaient en place et maintenant on forme tout le monde.

Et moi, ce qui me frappe, c'est à la fois le regard qu'avaient tout à l'heure, les collègues comme les élèves, et qu'il y a déjà un vrai savoir, à la fois théorique, de l'univers, à la fois associatif, mais aussi juridique, sur ces sujets-là, et puis une vraie connaissance de la précaution humaine qu'il faut avoir, de la bienveillance à l'égard des victimes. Et enfin, ç'a été rappelé par le directeur général de la gendarmerie nationale, il y a aussi des innovations qui vont accompagner tout ça, et tout ce qu'on fait sur le dépôt de plainte, maintenant, qui peut se faire sur site, est très important pour les victimes. Et là aussi, on forme nos gendarmes.

Monsieur le Président, le Parquet national financier a ouvert une enquête sur le financement de vos campagnes présidentielles en 2017 et aussi en 2022. Quelle est votre réaction sur ce sujet ? D'abord, tout ça, on en a longuement parlé pendant la campagne présidentielle.

J'avais été déjà amené à réagir. C'est autour de tout ce qui s'est dit autour de McKinsey, et qui a pu choquer beaucoup d'entre nous, parce qu'il y avait beaucoup aussi de sujets de fraudes fiscales prétendues, etc, etc. Donc moi, je me suis exprimé quand j'étais candidat, sur ce sujet, j'ai appris comme vous, par la presse, qu'il y avait des associations et des élus qui avaient décidé de saisir la justice.

C'est normal que la justice fasse son travail, elle le fait librement. Elle va faire justement la lumière sur ce sujet. Vous savez, mes comptes de campagne de 2017, ils ont déjà été soumis à toutes les procédures, aux juges, ils ont été validés par les procédures que nos lois prévoient.

Ceux de 2022 sont en chemin, comme tous les candidats. Moi je pense que c'est une très bonne chose, et que toute la lumière soit faite et que la transparence soit faite. Certains suspectent que ces comptes de campagne, que l'utilisation, pardon, de ces conseillers de cabinets de conseil, ait permis ensuite d'augmenter la part de...

Alors moi je vous dis que non, mais c'est normal puisque je l'ai déjà défendu. Donc après, il faut que la transparence soit faite. C'est ce travail qui sera conduit.

Mais encore une fois, j'insiste sur un point : les comptes de campagne de 2017 ont déjà été regardés, re-regardés, re-regardés. Il ne vous a pas échappé que parfois, les comptes de campagne, il pouvait y avoir des problèmes ! Et les miens, ils ont été regardés comme tous les candidats de 2017, déjà vus, et puis ceux de 2022, ils sont, comme tous les candidats à la dernière élection, en cours de revue.

Donc les choses se feront normalement. Elles doivent se faire, je dirais, avec sérénité et transparence. C'est comme ça que les choses doivent s'exercer.

Monsieur le Président, pour que les choses soient dites, le communiqué dont nous parlons tous ne fait mention ni de votre nom ni de votre parti. Est-ce que ce sont bien les comptes de campagne d'En Marche, de La République En Marche ? Mais, comme vous le dites très bien, moi je ne sais pas.

J'ai vu simplement le communiqué. Personne ne m'a écrit, personne ne m'a appelé. Donc je pense qu'il y a un sujet, avec beaucoup d'attaques politiques qui ont été faites sur la question d'un cabinet de conseil, et c'est sur ce sujet qu'a été ouverte une instruction judiciaire.

Il faut que la justice fasse le travail sur ce sujet. Vous avez raison de rappeler que ce n'est pas votre serviteur. Alors, certains voudraient le politiser, je veux que la justice fasse son travail de manière normale.

Est-ce que vous craignez que la justice, au bout d'un moment, dise : en effet, c'était une forme de financement illégal que les gens de McKinsey travaillent pour cette campagne ? Non, et après, vous savez, je m'en suis déjà expliqué des centaines de fois, donc ma réaction ne va pas changer, mais, comme votre confrère l'a très bien rappelé, je crois que le cœur de l'enquête n'est pas votre serviteur. Au-delà des comptes de campagne, vous dites que... [INAUDIBLE] Les informations judiciaires portent notamment sur le volet favoritisme, et la question est de savoir si, en échange de services rendus, puisque certains conseillers ou anciens conseillers de McKinsey travaillaient à titre individuel et bénévole pour votre campagne, notamment de 2017.

Mais comme toutes les campagnes, d'ailleurs. Est-ce que vous avez renvoyé l'ascenseur ? C'est la question.

Mais, d'abord, c'est la justice qui pourra pleinement vous le dire. Moi, en l'espèce, je peux vous dire ce que fait un président de la République et ce qu'il ne fait pas. Un Président de la République ne va pas s'amuser à aller attribuer tel ou tel marché.

Et après, dans une campagne présidentielle, il y a des femmes et des hommes. Il y en a qui sont journalistes, il y en a qui sont magistrats, il y en a qui sont dans des cabinets de conseil, il y en a qui sont fonctionnaires, qui s'engagent et qui donnent sur leur temps libre, du temps. Ça a toujours été comme ça.

Monsieur le Président, vous avez reçu, le 11 novembre, quelques femmes iraniennes à l'Élysée. Oui ! Vous le savez très bien, avant le changement de régime, les femmes iraniennes, elles ont eu le droit de voter 7 ans avant les Suisses.

Maintenant, vous voyez la situation des femmes en Iran. Aujourd'hui, c'est un bon lieu pour en parler, le droit des femmes, contre la violence faite aux femmes. Est-ce qu'après ce que vous avez fait, qui a été très admiré en Iran par la population, dans quelles conditions vous accepteriez, vous, en tant que président qu'un membre du régime, à nouveau, traverse le portail de l'Élysée ?

Alors d'abord, je pense que ce qui se joue en Iran nous concerne, et ce qui se passe en Iran et la révolution qui est en cours nous concernent parce que c'est une révolution pour l'universalisme que nous portons. Et ce sont des femmes qui se battent pour leur dignité, l'égalité avec les hommes, mais ce sont aussi beaucoup d'hommes et de jeunes qui se battent pour cette égalité. Et je le dis souvent, l'égalité femmes-hommes, ce n'est pas que le sujet des femmes, c'est le souci d'une société digne et équitable.

Et moi je suis très admiratif de ce combat qui est mené par la société iranienne, ces femmes, mais aussi ces jeunes, ces hommes, qui les défendent. Ensuite, je l'ai expliqué aussi aux femmes que j'ai reçues, en effet, le 11 novembre dernier, le rôle de la France, c'est d'abord de les reconnaître. Je pense que c'était important de souligner leur courage, de dire notre admiration, de protéger celles et ceux qui, compte tenu de leur combat, sont menacés et veulent fuir un régime qui leur risquerait soit la peine de mort, soit la prison, mais c'est également de continuer d'obtenir de ce régime et de ses décideurs, des choses utiles pour le peuple iranien et pour la région.

Et donc c'est aussi pour ça que j'assume de continuer le dialogue, mais que j'essaie d'expliquer que c'était une voie absolument nécessaire, mais de le faire en assumant nos désaccords. Mais continuer à discuter est important. Monsieur le Président, est-ce qu'il ne serait pas temps de réintégrer les soignants non vaccinés, comme le réclament certains de vos opposants ?

Et que pensez-vous de ce qui s'est passé hier soir à l'Assemblée nationale ? Cette fois, c'est votre parti qui a fait de l'obstruction parlementaire. Est-ce que vous le regrettez ?

Le principe de séparation des pouvoirs, d'une part, et le fait que le président de la République est un garant, fait que je me suis toujours abstenu de commenter telle ou telle procédure ou ce qui se passe à l'Assemblée. Ensuite, sur ce qui est des soignants, je l'ai toujours dit, d'abord je veux saluer encore une fois le rôle de nos soignants, leur mobilisation, leur esprit de responsabilité, mais ça n'a pas été une décision en opportunité politique, au moment où ce choix a été fait. Ç'a été une décision scientifiquement établie, sur une recommandation scientifique d'un conseil indépendant, et donc il faut que la décision soit scientifiquement établie.

Si les scientifiques, aujourd'hui, et les médecins et les soignants, nous disent : c'est souhaitable, d'un point de vue scientifique, de réintégrer ces soignants, il faut que le gouvernement le fasse, ce n'est pas un choix politique, mais je pense qu'il ne faut pas sous-estimer le fait que nous parlons de soignants qui, au pic de l'épidémie, encore aujourd'hui, considèrent que ce n'est pas un devoir déontologique de se vacciner. Je ne sais pas, si vous, vous mettez demain vos parents à l'hôpital et qu'ils attrapent le Covid 19 alors qu'il y avait un moyen de les protéger, et qui n'a pas été pris, vous seriez ravie. Et donc, cette décision, elle a été faite sur une recommandation scientifique et elle devra être levée quand il y aura une recommandation scientifique de le faire.

Voilà ce que je peux vous dire. Et j'ai essayé, toujours, depuis que ce virus est arrivé sur notre sol, de mener les choses de la même manière, en faisant reposer nos décisions sur la science, avec beaucoup d'humilité, avec les connaissances qui étaient les nôtres au moment qui était celui où nous décidions, d'avoir ensuite un principe de responsabilité de chacun et d'avoir un principe de proportionnalité. Et donc je souhaite que, si le comité qui est en charge maintenant de ce sujet auprès des ministres, du ministre de la Santé et de la prévention, dit : il n'y a plus de nécessité d'avoir cette vaccination ou il est temps de réintégrer, à ce moment-là, le ministre pourra le faire.

Tant qu'il n'y a pas d'avis scientifique, je pense que c'est un peu compliqué. Merci à tous. Qu'est-ce que ça vous inspire, ce vote ?

Alors, il y a eu un vote. Après, il y a un chemin, et donc il faut respecter ce chemin parlementaire. Moi, ma position, elle a toujours été claire, et si j'ai fait le choix, dès juillet 2017, de faire entrer au Panthéon Simone Veil, c'est parce que ma conception des choses et mon attachement profond à la défense d'un droit, celui des femmes, à disposer de leur corps, je le considère comme essentiel à notre République.

Maintenant le texte va cheminer. Merci, c'est terminé. Monsieur le Président, pourquoi Dijon plus qu'ailleurs ?

Parce qu'on a aussi, ici, cette école de formation, des associations qui sont extrêmement efficaces sur ce sujet, et ça nous permettait de justement faire un bilan d'étape, je crois utile, sur une question essentielle. Merci beaucoup. C'est terminé.

Malheureusement, malheureusement, il y a trop de départements où il y a des féminicides, et donc ce n'est pas ça qui a déterminé ce choix, mais vous avez raison de le rappeler, parce qu'on n'oublie aucune d'entre elles. Merci beaucoup !