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interviewyoutube.com· 1 mai 2021

Entretien avec Éric Zemmour (Histoire de France, Macron, Covid, Napoléon,...)

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour à tous. J'ai réalisé un entretien avec Éric Zemmour. Vous allez le voir juste après.

Nous avons parlé de différents sujets, notamment les derniers propos polémiques d'Emmanuel Macron sur l'appel à la déconstruction de notre histoire nationale. On va voir ce qu'en pense Éric Zemmour. On a parlé également dans la foulée du bicentenaire de la mort de Napoléon et toutes les polémiques là aussi autour.

Nous avons parlé de la crise Covid, pourquoi cette faiblesse des contre-pouvoirs. Et puis nous avons parlé de la nation, du rôle de la nation notamment dans les crises. Alors qu'on partage des orientations ou pas d'Éric Zemmour, vous allez voir c'était passionnant, c'est intéressant, c'est stimulant intellectuellement.

Et je suis heureux d'ouvrir cette chaîne à des personnalités qui ont des points d'accord, des points de désaccord. Mais c'est ça le débat, c'est ça notre capacité d'avancer dans notre pays. Je remercie Éric Zemmour pour cet entretien.

Et vous me direz ce que vous en avez pensé évidemment en commentaire. Voilà. De toutes les façons, le combat pour le patriotisme, pour la France, pour la justice, pour la vérité, pour la liberté, c'est un combat essentiel que nous menons.

Et je vous invite à nous rejoindre, à le mener avec nous. Le lien pour avoir cette carte orange d'adhérent aux Patriotes, pour adhérer, réadhérer ou faire un don de soutien à toutes nos actions, se trouve sous la vidéo en description et ceci est largement défiscalisé pour vous. Le lien pour adhérer est également en commentaire épinglé, et en fin de vidéo, en fin d'entretien, vous pouvez cliquer directement sur l'écran pour nous rejoindre.

Et je vous dis bienvenue d'avance aux Patriotes, qui est une maison commune des souverainistes. Et bravo, vraiment bravo, du fond du cœur à ceux qui font un don de soutien à toutes nos actions. Bon entretien et vive la France.

Éric Zemmour, bonjour. Bonjour. Merci de répondre sur cette chaîne YouTube à quelques questions.

Toujours un plaisir et un honneur pour nous. Alors, je vais commencer par de l'actualité chaude. C'est une interlue qui a pas mal fait parler, celle d'Emmanuel Macron sur CBS, une chaîne américaine.

Enfin, même s'il était en fait en duplex depuis l'Elysée, il a d'ailleurs répondu en anglais. C'était le 18 avril, et il a sorti quelque chose qui a quand même fait un peu polémique et qui a surpris un peu, ou pas. Il a une question de la journaliste américaine sur la lutte contre le racisme et les discriminations.

Il a répondu que pour mener ce combat vital, essentiel, il fallait, je cite, « déconstruire notre histoire ». Et là, moi, j'ai tout de suite pensé Éric Zemmour. Je me suis dit, ça, c'est intéressant, j'aimerais bien savoir ce qu'il en pense.

Voilà, donc ma première question, c'est qu'est-ce que vous pensez de cette expression ? Est-ce que ça vous a surpris ? Et est-ce que, à votre avis, c'est le rôle, c'est ce qu'on attend d'un président de la République ?

C'est plusieurs choses, plusieurs questions. La première question, il faut bien expliquer ce que ça signifie. Et vous avez raison de penser à moi, parce que, en fait, dans mon livre « Suicide français », c'est ça que j'ai essayé de raconter et d'expliquer.

Comment on avait déconstruit le pays, la France et l'histoire de France ? Déconstruire l'histoire de France, ça veut dire, en vérité, la détruire. Mais d'abord, on la déconstruit, c'est le préalable, c'est-à-dire qu'on montre qu'en fait, la grande idée de la déconstruction, c'est rien n'est réel.

Rien n'est jamais vraiment arrivé. On a inventé. Tout ça est fabriqué, tout ça est factice pour soutenir des gens qui vous ont dominé, vraiment.

Alors, il y a des dominants et des dominés. Les hommes blancs sont les dominants. Et puis, les femmes, les gens de couleur, les gens des colonies, les homosexuels sont des dominés.

Et il faut absolument montrer que toute l'histoire de France a été inventée, mais je dis bien inventée, que tout est faux, pour permettre aux dominants d'imposer leur domination sur les dominés. C'est ça l'idée profonde de la déconstruction. Et donc, qui est une idée folle en vérité, mais bon, ça c'est une autre discussion.

Mais quand Emmanuel Macron reprend cette terminologie, ça veut dire qu'il se coule, qu'il se place dans le cadre de cette volonté et de cette idéologie qui dit, l'histoire de France n'a jamais existé, elle est inventée pour les raisons que je vous ai dites, et donc, il faut en inventer une autre qui va plaire à toutes les minorités qui ont été assujetties par les méchants dominants. Et c'est ça qui est fou. Normalement, vous me dites, est-ce qu'on attend ça du rôle de président ?

Oui, justement. Normalement, le président, c'est l'inverse. C'est-à-dire que, vous savez, il y avait une formule que je trouvais magnifique d'Emmanuel Berle qui disait du général de Gaulle, il a déridiculisé la France.

Il voulait dire, vous avez bien compris, après 40, l'humiliation suprême. Et donc, de Gaulle vient dire, mais non, on a été un grand peuple. Et souvenez-vous des croisades, et souvenez-vous des maréchaux d'Empire.

Et Malraux était le spécialiste de ça. Vous voyez, c'est exactement l'inverse. C'est le président comme grand instituteur national, comme grand prêtre du roman national pour redonner de l'orgueil à la France.

Et là, lui, c'est l'inverse. C'est-à-dire le grand déconstructeur national pour humilier les Français et pour leur dire, votre histoire, elle est inventée, ça n'a jamais existé. Tout ça, c'est du baratin.

Vous voyez, c'est un mythe au sens exact du terme. Quand on déconstruit l'histoire, on déconstruit le pays, la nation. Surtout dans un pays comme la France.

Surtout dans un pays comme la France. Dans un pays comme la France qui est, vous le savez très bien, forgé au fur et à mesure des siècles. Les rois prenaient une province, deux provinces, trois provinces.

Et puis, tous ces gens qui n'étaient pas ensemble, on leur a dit, ben voilà, vous avez une histoire glorieuse ensemble, donc vous restez ensemble. À partir du moment où on leur dit, ben, vous n'avez pas une histoire glorieuse, et puis en fait, la vérité, c'est que vous n'avez même pas d'histoire du tout, que tout ça est inventé, il n'y a aucune raison de rester ensemble. Donc on retrouve le Macron de...

Il n'y a pas de culture française. Il n'y a pas de culture française, la colonisation est un crime contre l'humanité. Ce qui est très intéressant d'ailleurs, parce que...

Il est très cohérent avec lui-même. Exactement. Mais il a essayé...

C'est même curieux, parce que...

Ou alors, il est naïf, et il croit que ce qui est dit aux Etats-Unis ne sera pas dit, ne sera pas compris en France, parce qu'après tout, on peut...

Enfin, même ce qui est dit en France en anglais, en fait. Oui, oui, pardon. Il était même à l'Elysée.

Pardon. Mais quand on parle anglais, on est plein...

Ce qui est diffusé aux Etats-Unis. Exactement. Ce qui est diffusé aux Etats-Unis, on peut se dire, ah, c'est un gros malin, il fait plaisir à la pensée woke américaine, pour qu'ils arrêtent de nous insulter dans leurs journaux.

Mais je pense que ce n'est même pas ça, parce qu'il ne peut pas ne pas savoir qu'on va le savoir, si on veut dire. Ou alors, comme vous dites, c'est sa pensée profonde, et quand il parle en anglais, il oublie...

Il y a moins de filtres. Oui, c'est ça. Il oublie les mécanismes tactiques de la vie politique française.

C'est un mystère, en tout cas. C'est un mystère, mais c'est inquiétant. C'est un mystère, mais c'est inquiétant.

Non, en même temps, c'est vous qui avez raison. Il est cohérent avec lui-même, après tout. Il faut croire que c'est ça, lui, si j'ose dire.

Il a une cohérence dans la destruction de la France. Alors, justement, j'enchaîne. Donc, Napoléon, dont on doit, le 5 mai prochain, dont on fêtera...

Le 200e anniversaire de sa mort. Donc, le 5 mai prochain, c'était le 5 mai 1821, 5 mai 2021. Alors, il faut déconstruire Napoléon ou il faut célébrer les 200 ans de la mort de Napoléon ?

C'est exactement la même discussion. C'est drôle, parce que ça va dans le même...

C'est la même discussion. Vous savez, Stendhal dit, dans une biographie de Napoléon, qui est, je ne sais pas pourquoi, oubliée aujourd'hui. On en connaît quelques-unes, mais celle de Stendhal, alors qu'elle est extraordinaire.

Il dit quelque chose à un moment. Il dit, les Français du temps de Napoléon avaient un complexe de supériorité. Ils se prenaient pour des gens supérieurs au reste de l'humanité.

Il dit, on n'a connu ça que deux fois dans l'histoire, les Romains de l'Empire romain et les Espagnols du grand empire de Charles IV. Et il dit, les Français, d'abord, ils s'étaient émancipés des rois. Il était le seul.

Et deuxièmement, ils avaient le plus grand homme du monde à leur tête et ils dominaient l'Europe. C'est ça, pour moi, Napoléon. Et c'est pour ça que...

Ce n'est pas très 2021, tout ça. Vous avez tout compris. Je vais vous citer un propos très 2021.

C'est justement sur le sujet. La ministre, alors elle est ministre en quoi ? En charge de l'égalité.

Elisabeth Moreno, qui a déclaré le 7 mars sur RTL, il était l'un des plus grands misogynes. Donc, est-ce qu'on doit célébrer un misogyne, en fait ? C'est ça, vous avez tout compris.

C'est normalement, on se moque complètement qu'il était misogyne ou pas. On s'en moque, en vérité. Pour l'histoire, pour sa politique, on peut critiquer sa politique, d'ailleurs, évidemment.

Mais on peut critiquer ses choix, il a fait des erreurs et tout. Mais la misogynie, normalement, relevait du terrain privé. Quand le général de Gaulle disait à Yvonne, quand la rare fois où elle voulait intervenir en politique, Yvonne, taisez-vous, vous ne connaissez rien, c'est exactement la même chose.

Est-ce qu'on fait reproche ? Donc, normalement, on doit faire reproche au général de Gaulle, sa misogynie. Est-ce que ça change sa grandeur dans l'histoire de France ?

Non. Oui, ou à un marché qui demandait à...

À Liliane de faire les valides. Faire les valides, c'est pas la fin de 2021 non plus. Absolument.

Et moi, je pense, c'est marrant ce que vous dites, moi, je pense que Napoléon est vraiment la quintessence de tout ce que l'époque, quand je veux dire l'époque, évidemment, c'est l'idéologie dominante, déteste. C'est un homme, effectivement misogyne, un guerrier, un conquérant, quelqu'un qui veut dominer, qui dit, si la France ne domine pas, elle sera dominée, qui ne donne pas le choix, qui ne fait pas croire qu'on va tous être gentils et qu'on va s'entendre, vous voyez. Et il incarne tout ce que l'époque déteste.

L'époque aime...

Vous voyez ? Et d'après moi, c'est pour ça, c'est pour ça qu'on lui trouve, qu'on lui cherche des poux dans la tête. Alors, évidemment, c'est la misogynie, c'est le rétablissement de l'esclavage.

Personne ne veut comprendre pourquoi il fait ça, pourquoi, parce que c'est dans le cadre de la lutte mondiale contre l'Angleterre. Non, mais il n'y a plus de contexte exploré, c'est rien. C'est-à-dire qu'on juge l'époque avec de l'un et on simplifie.

Et pire que ça, on théorise. C'est ça qui est extraordinaire. Moi, je suis de ceux qui pensent qu'il a fait ça, c'était une décision parmi mille, qu'il prenait dans la journée, et il n'en a pas fait, vous voyez, ça ne l'a pas empêché de dormir, comme l'intervention en Russie, ou comme...

Il faut relativiser. Aujourd'hui, on a décidé que c'était le truc le plus important, et que ça prouvait qu'il avait une volonté d'extermination des Noirs, de la créne négrophobie. Il était à mille lieux de tout ça, ça n'existait pas tout ça.

Vous savez, il y a une très jolie formule dans Elifor, Elifor a écrit un tout petit bouquin sur Napoléon, un parmi 100, et à un moment, il dit, il n'était pas méchant, mais ce n'est pas par gentillesse, c'est parce qu'il n'avait pas le temps. Et il dit, est-ce que quelqu'un qui marche vite et qui cogne contre une pierre, est-ce qu'il en veut à la pierre ? Non.

Très bien. Alors, je vais parler d'un autre sujet d'actualité, la crise Covid, on est quand même soumis à des privations historiques de liberté, il y a plus d'un an maintenant, ce qui n'est pas le cas, d'ailleurs, dans tous les pays. Il y a d'autres pays qui ont choisi d'autres stratégies, d'ailleurs, parfois beaucoup plus efficaces que la France, et qui n'ont pas, comme cela, séquestré leur peuple.

Moi, ce qui me frappe dans cette crise depuis le début, enfin, une des nombreuses choses qui me frappent, je vais dire, c'est la faiblesse des contre-pouvoirs. Je m'entends. Alors, la plupart des grands médias, qui sont suivis sur ce que dit Macron, mais je ne suis pas très surpris, ils sont toujours comme ça.

Le Parlement, et les grands partis d'opposition, qui sont quand même absolument absents, qui sont là pour timorer, qui remettent en cause un peu le calendrier, qui ne rentrent pas dans le fond. Et puis, celui qu'on appelle normalement en France le juge des libertés, c'est-à-dire le Conseil d'État, qui parfois est extrêmement, mais vous allez nous en parler, sourcilleux, pointilleux sur certains points, et qui là, quand il s'agit des plus grandes libertés fondamentales des Français, est totalement aux abonnés absents. Et valide tout ce que fait le gouvernement.

C'est très intéressant, je vais vous dire. Vous en pensez quoi de tout ça ? Parce que, décidément, il y a une cohérence dans vos questions.

Je me demande, même si vous avez remarqué à quel point il y a une cohérence. Je vais vous dire pourquoi. Je trouve que dans cette affaire, le Conseil d'État retrouve son rôle originel.

Oui, parce que Napoléon, il ne faut pas se leurrer, ce n'est pas un grand libéral. Donc, il invente le Conseil d'État pour avoir les gens les plus brillants autour de lui, vous le connaissez bien sûr, et pour le servir, c'est-à-dire pour renforcer l'État. Vous connaissez l'histoire, vous savez très bien qu'il y avait des conseillers d'État qui partaient tous les jours, où qu'ils soient, jusqu'à Moscou pour lui faire signer des parafeurs.

Bien sûr, oui. Et donc, c'est pour vous dire que c'était en fait vraiment l'arme de l'État. Et là, on en pense qu'on en veut.

On peut dire que c'est privatif de liberté, vous avez raison. Mais, il faut reconnaître qu'il retrouve là son rôle originel voulu par Napoléon, c'est-à-dire être le bras armé de l'État quand l'État a besoin. Et vous allez voir pourquoi je vous dis ça.

Parce que, en vérité, le Conseil d'État se contredit lui-même. Parce que depuis 50 ans, depuis 40 ans, il prétend ne plus avoir ce rôle-là. Et avoir, au contraire, un rôle, vous l'avez très bien dit, de défenseur des libertés, des libertés individuelles, etc.

En particulier, pour tout ce qui a trait à l'immigration. Et vous aurez remarqué que sur ce sujet-là, il ne renonce pas à son nouveau rôle. Oui.

Vous avez remarqué...

En janvier, le gouvernement a voulu suspendre le rugement familial. Ben voilà. Je crois que personne n'en a entendu parler.

Exactement. On a très peu parlé. Pour des raisons sanitaires.

Et là, le Conseil d'État a été intervenu en disant non, par contre, le rugement familial, vous n'y touchez pas. Eh bien, vous avez très bien dit. Et vous avez remarqué...

Mais il l'a justifié par la jurisprudence européenne. Mais bien sûr. Mais il n'avait pas besoin.

En vérité, il pourrait. C'est lui-même. Souvenez-vous, en 78, c'est la régistie qui est, pour moi, la mère de toutes les catastrophes.

C'est-à-dire que quand Raymond Barre, comprenant très vite...

Un des arrêts régistibles, parce qu'il n'y en a plus. Ah bon, d'accord. Alors, je suis en 78.

Le plus célèbre, oui. Celui-là, j'étais encore étudiant. Oui, c'est le plus célèbre.

Et c'est le plus célèbre parce que, je vous assure, pour moi, c'est vraiment la mère de toutes les catastrophes. Parce que, si vous voulez, Raymond Barre avait compris que le regroupement familial était en train d'aller transformer la population française. et il a arrêté tout de suite.

C'était très intelligent de sa part. Et c'est le Conseil d'État qui a cassé ce décret de Raymond Barre. Donc, si vous voulez, c'est une vieille histoire.

Pourquoi je vous dis ça ? Parce que là, il a refait la même chose et il a continué il y a...

Je ne veux pas vous dire quelques jours, peut-être quelques semaines, je ne veux pas vous dire de bêtises, pour les ramener les épouses. Oui. Les mariages et des binationaux.

Il a validé ça aussi. Exactement. Alors, vous voyez, et là, vraiment, pour moi, c'est vraiment la contradiction majeure du Conseil d'État et sa logique profonde.

C'est-à-dire que pour l'immigration, c'est le respect absolu de la liberté. Là, il n'y a plus de considération de l'intérêt de l'État et de l'intérêt de la France. En revanche, on en pense qu'on en veut.

On peut estimer que c'est liberticide. Mais sur la crise, il entend les arguments de l'État qui lui disent c'est pour l'intérêt général, c'est pour l'État, c'est pour protéger l'État. Jusqu'au bout.

Jusqu'au bout. Et cette contradiction...

Même la fermeture des sièges et des tierfesses, ça a été validé par le Conseil d'État. Dans cette histoire-là, il est napoléonien et ça peut nous agacer parce qu'on a pris des habitudes, évidemment, de l'État. Ça nous agace parce qu'on n'a plus Napoléon à la tête de l'État, mais Macron, je crois.

Vous avez tout dit. Donc on se dit que les décisions sont forcément aussi fondées et aussi plurieuses pour la France. le mot d'une dame à qui on dit « Est-ce que vous voulez la monarchie, la république ou l'empire ? » Et elle dit « Oh, mais moi, je suis pour la monarchie, si vous voulez, si le roi, c'est Bonaparte. » Non, mais c'est intéressant.

Donc on n'a pas rebondi sur les partis d'opposition à l'Assemblée. Oh, alors là, non, vraiment. Les grands médias.

Oui, non, les grands médias, ils sont même le relais. Voilà, c'est ce que j'allais dire. Vraiment le relais de la propagande d'État et le Parlement.

Vous avez raison. Mais ça fait longtemps que le Parlement ne sert plus à rien et ça, le général de Gaulle l'a voulu ainsi, il faut être honnête. En tout cas, il a voulu arrêter la machine du Parlement qui dominait la vie politique.

Oui, bien sûr. Alors on est allé au bout du bout. Et puis alors là, vous pourrez rajouter, et là vous aurez raison, le fait qu'avec Bruxelles, il a perdu le peu de pouvoir qu'il lui avait encore laissé Michel Debray.

Oui, c'est devenu une question enregistreuse des directives. Exactement. Dernière question, c'est une question sur la nation.

Est-ce que, là on est dans une crise quand même, crise Covid, enfin avec plein d'aspects, et puis derrière une crise économique qui arrive, et puis on est dans une crise existentielle, vous en parlez, et vous l'écrivez suffisamment, française, historique, donc on est vraiment là en période de grande crise. Est-ce qu'en période de crise, mais je vais revenir à la crise Covid par exemple, est-ce que les crises, c'est le moment qui révèle qu'on a besoin de la nation, ou certains nous disent, ils prennent à l'envers, ils disent, mais c'est une crise à dimension mondiale, c'est vrai que l'épidémie est mondiale, ou comme on pourrait parler de l'environnement ou de tous les sujets, donc il faut y répondre par une gouvernance mondiale, vous voyez ? Très bien.

Très très bien. Moi je vois comment ont réagi les gens. Les gens, ils n'ont pas dit oulala, les Chiliens sont malades, oulala, les Brésiliens sont malades, oulala, les Australiens sont malades, c'est triste.

En vérité, c'est qu'on a de solidarité que nationale. On peut avoir des affections, moi par exemple, j'aime les Italiens comme des frères, donc vous voyez, c'est vrai, on peut avoir des directions, on peut dire quand on foot, on aime l'équipe d'Argentine ou l'équipe du Brésil. Moi quand j'étais jeune, j'aimais l'équipe de Hollande parce que je trouvais qu'ils étaient extraordinaires.

Vous voyez, on peut avoir ça, c'est évident, mais c'est pas la même chose. Il y a le sentiment de solidarité, il n'est que national. En fait, on le voit bien.

Alors on peut dire effectivement, c'est une épidémie mondiale, mais en vérité, toutes les épidémies ont toujours été mondiales. La grippe espagnole, ça a toujours été mondiale. On n'a pas dit, il faut un gouvernement mondial pour régender ça.

J'avoue que je ne comprends pas très bien cet argument ou alors je le comprends trop bien. Moi non plus, je ne comprends pas. Non franchement, ce n'est pas du tout de la mauvaise foi.

Non, je suis d'accord. Je ne vois pas le rapport. Je crois que c'est un pur sophisme.

Moi exactement, je pense que c'est un pur sophisme. Peut-être qu'on est de parti pris, on est sûrement de parti pris, mais je pense que c'est un pur sophisme. Et là, on voit bien que d'ailleurs, ce qui est intéressant, c'est que dans un premier temps, tout le monde a le même réflexe national.

Même les Allemands, même...

Surtout les Allemands d'ailleurs. Alors, le couple franco-allemand...

Et là, plus personne n'existe. Les Allemands ferment les frontières. Oui, non, pas, je ne sais.

Exactement, je sais. Mais là, ils en rigolent. Ils ont fermé leurs frontières.

Exactement, ils s'en moquent complètement, ils ont des réflexes nationaux. Et c'est Emmanuel Macron et peut-être Angela Merkel, je ne sais pas, parce que je ne sais pas quel est exactement, mais qui essaye de profiter et qui en profite d'ailleurs de cette crise pour faire des espèces de coups à la fois des coups d'étame et des coups médiatiques pour dire, vous voyez, en vérité, à chaque fois qu'il y a une crise, vieille méthode de Jean Monnet, on a besoin de plus d'Europe. Alors, le pauvre, si j'ose dire, ça se retourne toujours contre lui.

Bon, puisque le grand emprunt, son fameux moment hamiltonien dont il rêve, du nom de George Hamilton, est en train...

Voilà, d'abord, on n'a toujours pas l'argent et puis ça va nous coûter plus cher que ça...

Voilà, donc bref...

Ça s'enlise complètement. Voilà, même si j'ai vu que quand même, ils ont gagné une bataille avec la cour de Karlsruhe. La cour de Karlsruhe a dit, vous avez vu...

Ah, ça oui, la cour de Karlsruhe, elle a dit...

Je crois qu'il reste 12 pays...

Voilà, oui, non, non, non, ça va être très lent. Et puis alors, le pire, évidemment, c'est même pas ça, ce sont les vaccins, évidemment, où là, l'Europe s'est ridiculisée, mais là, tout le monde l'a vu. Je crois que c'est une erreur de parcours, en fait.

On croit, mais c'est ce que je dis. Alors, je dis souvent ça, parce que ça m'amuse et je crois que c'est vrai. Je pense qu'on est...

Et nos élites sont hugoliers. Vous savez, c'est la fameuse phrase. Je la cite souvent, parce que Victor Hugo est souvent pris de l'irisme fou et sa fameuse phrase, c'est...

Demain, les Russes, les Anglais, les Français, les Italiens seront comme les Auvergnats, les Bretons, les Corréziens, que sais-je encore, et ils feront une même nation. Moi, je pense qu'en fait, ça n'arrivera jamais. On peut le regretter, après tout, pourquoi pas ?

Moi qui suis napoléonien, je pense d'ailleurs que...

Je pense d'ailleurs que l'Empire napoléonien aurait pu devenir la France. C'est-à-dire qu'on aurait pu assimiler les Italiens du Nord, les Allemands, Rénan, vous voyez, cette région-là, les Belges, je pense que ça aurait fait des Français, parfait. Je dis toujours ça, je ne vois pas la différence entre Cologne et Strasbourg, par exemple.

Vous voyez, entre Milan et Nice. Honnêtement, honnêtement, on n'en trouverait pas beaucoup. Donc, ça aurait pu faire, vous voyez, une grande France.

Au-delà de ça, je pense que c'est impossible parce que d'abord, il n'y a plus d'État central qui assimile. l'État français du XIXe siècle, de Napoléon jusqu'à Jaurès, ou jusqu'à Blum, même, honnêtement, il assimile férocement, et donc il est très efficacement, pour le meilleur, vraiment le meilleur de notre histoire. Et pour le reste, il n'y a pas ça.

Bruxelles ne fera jamais ça. Et deuxièmement, les histoires sont trop différentes. C'est la fameuse phrase de De Gaulle, on ne fait pas d'omelette avec des œufs durs.

Bien sûr. Je pense qu'elle reste d'actualité. Ils veulent forcer le destin.

C'est très étonnant. Mais ça nous ramène à votre première question. À la première question, c'est ce que j'étais en train de penser.

Pour y arriver, il faut essayer de déconstruire l'histoire, déconstruire la nation. Exactement. Et là, ça devient ce qu'on appelle une catastrophe.

Est-ce qu'on ne peut pas jouer comme ça avec la réalité ? En tout cas, ça provoque des réactions vives. Moi, je pense d'ailleurs que je suis tout à fait...

J'ai observé, et en plus, je ne partage pas ça. Je n'ai pas de haine particulière pour Macron. Et je vois que je suis souvent en décalage avec beaucoup de gens.

Et je suis vraiment...

Je dis ça sans... sans ironie aucune.

Moi, j'essaie d'avoir un jugement, vous voyez, politique le plus réaliste possible. Et je constate que mon manque de haine est suspect. Non, mais je vous assure, il est haï.

Et je pense qu'il y a de ça là-dedans. C'est-à-dire que je pense que les gens, intuitivement, ont décelé sa volonté de déconstruire, comme il dit, la nation, et que ça les révulse. Oui.

Ça doit être vrai. Certainement. d'autant qu'il ne s'en cache pas.

C'est ça. Il peut avoir de l'intuition pour le comprendre. Il suffit aussi de l'écouter, notamment quand il parle en anglais.

Il comprend en anglais. Ou il devrait nous parler en anglais. Il devrait nous parler en anglais.

Tout le temps, comme ça, on verrait son projet réel. Bon, merci beaucoup. Merci à vous.

Merci à vous. Merci à vous. Sous-titrage Société Radio-Canada