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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 15 mars 2023 44 min

Retraites : le match est-il plié ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

à notre émission spéciale continue on va analyser maintenant ce climat électrique qui domine au Parlement que ce soit lors des débats en hémicycle ou ce mercredi c'était le la tonalité en commission mix paritaire mais aussi dans la rue 8e journée de mobilisation et France sous tension cet arpentage de Cécile si des heures de discussion à huis clos dans une ambiance visiblement tendue on nous demande de pouvoir enchaîner comme ça et de parler des modifications d'article 7 alors qu'on nous a remis ce matin ce document la première mission mixte paritaire a finalement accouché d'un texte mais sans le vote des quatre parlementaires de gauche très remontés contre le gouvernement ou surtout pas faire croire aux gens qu'il y avait encore des marges de manœuvre en CMP aujourd'hui tout était réglé voilà tout était réglé et entre la droite et la droite quoi on fait voilà la droite macroniste démontre qu'elle est de droite au cas où on n'aurait pas encore compris côté LR on salue un texte de compromis effectivement un rapprochement par rapport à ce que proposait la majorité sénatoriale et effectivement nous sommes arrivés à un texte commun qui prend en compte notamment les difficultés quand on travaille plus longtemps d'usure professionnelle aux prises en compte de mesures de justice sociale pour lequel pour lequel ces mesures le Sénat a particulièrement contribué monsieur brut-il d'accord trouvé aujourd'hui par la commission mixte paritaire ne signifie pas que le texte est voté dès demain cette version sera présentée au sénateur puis au députés si une nouvelle fois l'une des deux chambres ne le vote pas il repartira en deuxième lecture devant chaque assemblée un scénario qui espère éviter le gouvernement sont désormais réunies d'un accord entre la majorité et des parlementaires d'opposition et que cet [Musique] de temps en temps du positif c'est quand même bien est-ce que pourquoi c'est une étape si on leur pour le coup on explique ce qui s'est passé ce qui va se passer pourquoi c'est une étape importante finalement avant demain il fallait qu'elle soit conclusive est-ce que vous pouvez rapidement nous réexpliquer ça alors d'abord la commission mix paritaire c'est vraiment le lieu où peut se fabriquer le consensus lorsqu'on n'est pas parvenu à le fabriquer auparavant c'est d'ailleurs la raison parce qu'on a beaucoup évoqué cette question depuis quelques jours c'est la raison pour laquelle tout ça se fait à huis clos parce qu'on part du principe que c'est dans l'intimité de l'échange entre les 14 parlementaires députés et sénateurs que peuvent se faire des accords sur les textes sur lesquels sur les articles seulement sur lesquels il n'y a pas encore d'accord donc c'est vraiment un moment important en particulier sur une réforme où l'on voit bien que les débats sont extrêmement violents que d'ailleurs même l'assemblée n'a finalement pas voté sur le texte compte tenu du fait qu'on est sur un texte de financement de la Sécurité la CMP un peu bancale voilà ce qui mettait les sénateurs en position quand même favorable parce que eux savaient sur quoi ils avaient trouvé des intérêts d'entente et donc ce sur quoi il pouvait avancer ou le cas échéant négocié et la dernière raison pour laquelle cet accord est important c'est que toutes les CMP ne sont pas comme on dit conclusives c'est-à-dire qu'il arrive que à l'issue d'une commission mix paritaire on ne parvienne pas à un texte de synthèse là c'est vrai que les feux étaient au vert là-dessus puisque compte tenu de l'accord du Sénat sur une version du texte et compte tenu de la composition de la CMP qui était donc plutôt majoritairement favorable à la réforme 10 sur 14 si on prend les les membres titulaires il y avait toutes les raisons de penser qu'il parviendrait à un accord Bruno cotresse ce qui était peut-être je veux pas obligé de votre réponse mais jouer d'avance c'était le fait que le gouvernement ou en tout cas les représentants de la majorité prétentielle elle est lâcher assez vite aux demandes de DLR quoi parce que la majorité elle est là de toute façon on le sait donc il y a plus de surprise de ce côté là non il y a pas vraiment de surprise il n'avait pas tellement de choix il y a pas tellement d'alternative parce qu'au fond les républicains tant au Sénat à l'Assemblée nationale ont quand même clairement affiché la règle du jeu par rapport au gouvernement non absolument pas caché leur demande elles ont été réitées à de nombreuses reprises sur deux points assez important le fameux CDI senior la question des carrières longues commencer à l'âge de 20 ans 21 ans pour qu'il y ait pas de 43 années de cotisation donc les règles du jeu étaient assez clairement établi et ils avaient poussé leur avantage ils ont continué de pousser leur avantage pendant tout au long de la discussion et ça sera d'ailleurs après coup une des leçons politiques qu'il faudra voir c'est à dire qu'est-ce que les républicains font de tout ceci est-ce qu'il considère qu'au fond ils ont gagné quelque chose de très important ils ont obligé l'exécutif à venir sur leur position mais à partir de la confond-t-il est-ce qu'il considère qu'ils ont mis un pied dans la majorité sera considère que c'est la réponse demain sur un dossier qui les motivé beaucoup la question des retraites donc voilà une question très importante dans les mois qui arrivent Mathieu Souka il fallait aussi essayer parce que c'est pas si simple et c'est pas joué encore de verrouiller les derniers députés LR pour le pour le vote demain et aussi ça l'objectif de la CMP certes mais donc manifestement ça n'est pas tout à fait fait et du coup la CMP effectivement je vous rejoins c'est un vrai cours de destruction civique pour tout le monde désormais tout le monde sait qu'il y a des commissions mixtes paritaires et désormais tout le monde sait à quoi ça sert c'était en fait le la séquence la parenthèse de calme on pouvait alors la CMP aurait pu elle aussi parce que les les représentants de de des parties de gauche voilà vous voulez que ce soit public sont sortis régulièrement pour communiquer avec les journalistes ont un peu dramatisé on dit qu'ils allaient saisir le conseil social enfin bon c'était pas au moins calme que d'habitude certes mais au moins la majorité semblait acquise donc il y avait une espèce de bulle de 24 heures ou pour le gouvernement en tout cas des choses paraissaient plus calme moins incertaine alors même que dès les prochaines heures on retombe quand même dans une séquence d'incertitude qui est assez troublante c'est à dire que je ne dirai pas que la destitution du gouvernement il y a une motion de censure le usage du 49-3 une notion de censure et le scénario le plus probable il est improbable mais il n'est pas totalement impossible et donc ça pour le coup ça ouvre quand même ça dit quelque chose de l'équation politique faite de multiples inconnus dans laquelle nous sommes pris depuis plusieurs semaines évidemment essayez de d'analyser ces différents scénarios scénaris pour pour demain mais je voudrais rester encore un peu sur cette commission mixte paritaire avec donc je le disais des élus de gauche sont souvent sortis pour dire leur mécontentement tiens par exemple Sandrine Rousseau pour Europe Écologie Les Verts en fait on est dans une dans un texte qui nous a été présenté sur table à l'arrache comme ça sans qu'on ait le temps de le travailler à l'avance qui présente des reculs par rapport à celui qui nous avait déjà été présentés en hémistique donc là ce qui se passe aujourd'hui est une forme de prise de prise d'otages des Français et français il faut bien dire par la par la majorité du gouvernement qui n'ont en rien qui est sourde et aveugle au mouvement social qui se passe dans la rue en entendant cette réaction de son vaisseau je suis très belle je me suis quand même à l'exager parce que il y a eu l'occasion de les étudier le texte à l'Assemblée nationale et que toute la stratégie de la nuque c'était pas l'étudier oui elle-même il y a ça bien sûr j'ajouterai par ailleurs qu'elle est membre suppléante de la commission x paritaire elle a été très présente notamment à la radio et la télévision parce qu'évidemment elle était membre suppléante au cas où intitulaire ferait défaut mais ça c'est de bonne guerre ce qui est vrai c'est que avant même la réunion qui a débuté ce matin et c'est la logique même de la de la CMP il y a eu des négociations si j'ose dire qui se sont faites en amont parce que comme on ne discute que sur les articles sur lesquels il y a des accords l'idée c'est quand même d'essayer de favoriser puisque tout le monde savait qu'il y avait qu'une journée pour faire ça de favoriser l'accord en amont et donc effectivement la discussion s'est engagée sur un texte qui forcément puisque il y a un tableau comparatif avec déjà quelques propositions qui forcément étaient différentes mais c'est la règle du jeu parce que sinon c'est le statu quo et on progresse pas alors il y a eu dans les déclarations du jour il y en a une moi je sais pas si vous l'avez entendu celle d'Olivier d'exérant à la sortie de conseil mix et il parle de majorité naturelle si vous aviez déjà entendu cette expression les uns et les autres je suis pas sûr que ce soit quelque part c'est pas constitué bon là déjà c'est une partie de la réponse je m'en doutais un peu Mathieu qu'est-ce que ça veut dire en tout cas conceptuellement on tâtonne ça c'est sûr ça veut dire qu'on manifestement on s'en remet à une forme de nature de Mère Nature qui va peut-être dans les prochains jours bien faire les choses les images qu'on voyait à l'instant quand même m'évoque quelque chose la Fondation Jean Jaurès a produit hier ou avant-hier je sais plus une dernière étude d'Antoine bristel sur le comment la dimension politique de tout ce qui se passe les Français sont assez à l'aise et même très à l'aise quel que soit leur appartenance politique avec l'idée d'avoir une majorité relative au Parlement une majorité par le majorité relative pardon au Parlement ça nous prémunit d'un excès de pouvoir donc les Français sont très à ceux d'ailleurs que une une partie significative de l'opinion et même nostalgique de la cohabitation qui produit une forme d'équilibre des pouvoirs pour le coup assez naturel là en l'occurrence les Français sont très à l'aise avec ça et demandent de la co-construction parlementaire les Français sont très à l'aise avec l'idée que ils puissent y avoir des compromis passés à l'Assemblée entre partie ou entre groupes pour le coup opposés dès lors que l'intérêt général est en jeu et je ne suis pas sûr précisément que toute la séquence que nous venons de traverser traduisent bien cette attente de l'opinion au contraire la cacophonie parlementaire elle est en voilà intéressante sur la défiance des Français vis-à-vis des institutions tous les parties qui défendent proportionnelle avec des larmes dans les yeux à chaque élection quand ils ont l'occasion de passer des compromis et ben ils sont tout de suite taxés de compromission de magouille de combine j'ai pas le souvenir que le Parti socialiste qui a demandé la transparence des débats en commission mixparitaire l'effet quand il était au pouvoir il y a 5 ans et quand la France insoumise qui parle de magouilles et qui parle d'opacité j'ai quand on connaît l'opacité avec laquelle elle gère son propre mouvement c'est quand même particulier on est vraiment dans un jeu d'instrumentalisation politique des institutions on le voit bien Sandrine Rousseau la fin de sa phrase et c'est la photo gouvernement sourd aux Français on peut penser ce qu'on veut de cette réforme quel est le mal calibré mais on est dans un dévoiement de ce qui se passe en temps réel il y avait pas de surprise à temps de cette commission mise paritaire ni de nouvelles idées et je parle sur votre contrôle parce que on ne peut pas arriver avec une nouvelle idée dans une commission mixte paritaire on peut pas dire ah bah tiens si on faisait la retraite à 66 ans ou à 63 ans ça n'est pas possible Bruno cotress sur le la stratégie on va dire de la nuque à l'Assemblée nationale ou des trois forces de gauche au Sénat malgré une mobilisation populaire quand même très forte quelle analyse vous en faites est-ce qu'il y a pas une sorte de constat quand même de faiblesse ou d'impuissance malgré tout ce qu'ils ont pas pesé sur le contenu c'est clair que ça a été tout l'enjeu du débat interne à la nups d'ailleurs à l'Assemblée nationale de dire si on ne va pas au bout du texte et notamment si on n'arrive pas jusqu'à l'article central ce fameux article 7 finalement le débat n'a pas lieu et on n'a pas l'occasion de faire valoir notre point de vue nos propositions alternatives et c'est vrai que le soutien populaire est très important à au rejet de cette réforme des retraites les syndicats ont été très clairement joués très clairement le rôle d'acteurs centraux de la société civile en donnant un cadre en proposant des visions aux françaises aux Français qui sont opposés à cette réforme donc de ce point de vue là tout un tas de mécanismes démocratiques finalement marche pas trop trop mal par contre c'est dirais que du point de vue de la transformation politique de l'essai c'est-à-dire est-ce que il y a des projets alternatifs quand être présenté pleinement aux françaises et aux Français on a un peu frustré on voit bien qu'un 10 astuces très important en France sur la question de travailler plus longtemps pourquoi faire quelle est la vision de la société qu'on a mais on n'a pas véritablement eu une sorte de de grand débat presse sous la forme d'un quasi référendum en disant voilà deux projets complètement contrastés sur comment assurer le financement du système de retraite par répartition en France et de ce point de là c'est vrai que le débat était un peu décevant clairement alors il y a plusieurs hypothèses je le disais on reviendra sur celle d'un vote et d'un texte finalement voté par une majorité sans doute courte à l'Assemblée demain mais il y a Mathieu ces trois chiffres qui sont sur toutes les lèvres depuis des semaines 49-3 oui alors ce qui est amusant c'est que son nombre plein en fait depuis le début sur ce débat de 49-3 qui a déjà utilisé à 10 reprises depuis le début de la législature n'est pas d'ailleurs étranger au choix d'un plfs rectificatif pour porter la réforme ça offrait l'exécutif la possibilité de le dégainer sans griller son unique cartouche puisqu'on rappelle que le 49-3 sont utilisation est limitée une fois par session sauf pour les projets de loi de finance et de financement de la sécurité sociale toutefois ça jamais été l'option privilégiée par Isabelle borne qui entendait bien montrer que sa méthode pouvait fonctionner vous savez la fameuse concertation qu'elle nous avait promise dès son discours d'investiture c'est d'ailleurs pour cela qu'elle avait demandé un rap de temps au président de la République sonné pour pouvoir négocier entre Noël et le jour de l'an c'est aussi pour cela qu'elle grillé toutes ses cartouches en dévoilant sa réforme afin de sécuriser de tenter de sécuriser un accord politique avec les républicains et d'ailleurs le 12 janvier elle avait même reçu en grande pompe à Matignon le nouveau patron du parti erikioti flanquer des présidents de groupe Olivier Marleix et Bruno Retailleau le sénateur de Vendée c'était d'ailleurs félicité se repérant que les bases d'un accord soient posées on connaît la suite patatra si Bruno Retailleau a tenu ses troupes et à bénéficier du soutien actif de Gérard Larcher et bien l'assemblée Olivier merleix et Éric Ciotti se sont vite laissés déborder par des députés LR je dois le dire assez hors de contrôle résultat des courses à la veille de la présentation du texte assemblée bien malin qui peut dire que le gouvernement dispose d'une majorité ce soir et on revoit donc planer depuis une semaine l'ombre du 49-3 officiellement une personne n'en veut et personne n'en veut les syndicats ils voient vis-hémocratiques comme la dit Laurent Berger l'opposition un coup de force quant au gouvernement vous avez vu comme moi tous les ministres défilés cette semaine sur les plateaux des matinales pour dire qu'ils ne souhaitaient pas y recourir mais à l'inverse bâtir une majorité et entre nous on comprend un peu tout ce monde-là parce que le 49 3 d'accord c'est un outil constitutionnel qui a été maintes fois utilisé par le passé mais là ce sont les circonstances politiques qui à mes yeux sont exceptionnels la procédure parlementaire à marche forcée choisie par le gouvernement les débats abordés et le vote du coup torpillé j'allais dire empêcher à l'Assemblée nationale la tenue d'une CMP est quand même unijambiste puisque les députés ne sont pas arrivés avec un texte pour le pour la bonne raison qu'il ne l'avait pas examiné si vous ajoutez à ça les centaines de milliers de Français qui ont manifesté pour protester contre un texte qui par ailleurs et singulièrement et régulièrement des avouer par le tiers de l'opinion dans toutes les enquêtes et les sondages qui ont été publiés alors si vous rajoutez dernière couche un dernier coup de menton ça serait le pompon faut rappeler que jamais une grande réforme sur un tel enjeu de société n'a ainsi été imposé et pourtant le gouvernement pourrait être contraint d'y recourir si la majorité sur ce texte ce soir demain matin s'avère trop courte ou impossible à trouver il est encore possible de convoquer un conseil des ministres exceptionnels un ténor LR hier favorable à la réforme me disait il y a une semaine le gouvernement le gouvernement avait encore le choix entre la Grosse Bertha du 49-3 ou la roulette russe du vote à l'assemblée mais le problème ajoutait-il c'est qu'aujourd'hui la roulette russe est devenue une roulette belge avec une balle dans chaque chambre on va faire un peu d'histoire quand même parce qu'aujourd'hui Mathieu l'a dit le 49-3 synonyme de passage en force d'opinion pourquoi il a été créé dans dans la constitution de 58 faut juste le rappeler c'est après pour le dire en des termes très juridiques c'est un des instruments de ce qu'on appelle la rationalisation du parlementarisme donc l'idée elle est la suivante c'est souvent la formule que j'utilise avec mes étudiants c'est rendre le régime parlementaire raisonnable et je ne dis pas ça juste pour jouer sur les mots le fait est que on sait que en régime parlementaire et en tout cas la pratique française du régime parlementaire jusqu'en 1958 a conduit à une très grande instabilité gouvernementale si on prend ne serait-ce que la quatrième 12 ans 25 gouvernements donc une durée de vie moyenne de gouvernement qui est autour de six mois mais en réalité certains durent beaucoup plus et d'autres quelques jours et la Troisième République était à cet égard à peine mieux moyennant quoi la difficulté principale de l'instabilité gouvernementale c'est pas tant la succession le gouvernement c'est aussi des périodes sans gouvernement c'est-à-dire les périodes pendant lesquelles en réalité on ne peut pas gouverner le pays et l'obsession du général de Gaulle dans le contexte dans lequel il revient au pouvoir mais plus largement des des gaullistes à cette époque c'est vraiment de garantir que le pays puisse être gouverné au long cours donc on crée toute une série de procédures parmi lesquelles l'article 49 alinéa 3 qui va permettre de forcer la main en quelque sorte d'une majorité alors soit absolue mais avec à l'intérieur des frondeurs je rappelle que 49 3 a pu être utilisé à cette fin soit effectivement quand on a une majorité relative et c'est d'ailleurs ce que fait aussi Michel Debré au tout début parce que on l'oublie souvent au début de la cinquième République il y a une majorité relative et j'ajoute que ça n'est pas purement français parce que chaque régime parlementaire peut avoir des systèmes comme cela un exemple l'Allemagne consiste souvent en disant ça se passe beaucoup mieux là-bas l'Allemagne a une motion de censure elle et la motion de censure exige par exemple exemple que pour renverser le gouvernement soit capable de donner le nom du chancelier qui succédera celui qu'on renverse ce qui est quand même une contrainte qui n'est pas négligeable donc on voit bien que chaque pays a adapté si j'ose dire à sa culture politique des instruments juridiques Olivier vérante-parole du gouvernement affirmé à l'issue du conseil ministre toujours que l'hypothèse du 49-3 il n'y avait pas été évoqué Matthieu de le croire je ne sais pas je n'étais pas au je n'étais pas au Conseil des ministres c'est forcé ça fait forcément partie enfin voilà c'est c'est dans la dans la gamme des stratégies il faut il va falloir convoquer un conseil de ministre extraordinaire pour pouvoir l'utiliser l'inconfort l'inconfort tient quand même au fait que s'il n'y a pas de majorité pour cette réforme dans le pays pas du tout même normalement il y a une majorité au Parlement pour cette réforme encore une fois le débat politique a eu lieu il y a six mois à l'occasion de l'élection présidentielle la majorité gouvernementale et les LR la majorité des LR normalement l'adopte alors on a découvert que s'il y avait des frondeurs à gauche il y a en fait aussi des frondeurs à droite et donc c'est toute la difficulté et tout le monde du coup est affront renversé tout le monde est à fond renversé vous vous on est dans les scénarios le scénario 49-3 c'est peut-être pas le pire mais pas loin c'est ça c'est un des pires effectivement parce que dans l'ordre du pire il me semble que le pire politiquement pour le gouvernement serait que le texte arrive au vote et que le gouvernement se prenne en direct qui n'a pas de majorité parce que là c'est perdant perdant on pensait la voix puis il y a trois défauts ça souligne peut-être le manque de sens de l'analyse du de l'exécutif ça soulignera encore plus le manque d'assise de la réforme par rapport non seulement à l'option publique mais aux représentants du peuple donc là c'est terrible le 49-3 il a une marque de fabrique effectivement qui ça vient être rappelé à de bonnes raisons qui étaient ce parlementarisme rationalisé par contre c'est vrai qu'il a pris une très mauvaise réputation et qu'il est symbole dans l'option publique d'un excès de pouvoir de l'exécutif d'un refus du débat démocratique et c'est vrai qu'il a comme conséquence de stopper net le débat parlementaire donc c'est vrai qu'il a très mauvaise réputation et cette mauvaise réputation je dirais n'a fait peut-être aujourd'hui que que s'accentuer dans un pays qui a ce sentiment d'un écart entre la sphère du politique et les demandes sociales les demandes des des citoyens et aussi dans un contexte un peu plus général ou s'exprime dans le pays des demandes de faire respirer la démocratie de davantage consulter de davantage de démocratie directe davantage de démocratie par le bas participatif des libératives etc et donc c'est vrai que de ce point de vue là ça enverrait un signal qui serait un signal peut-être long et douloureux à digérer j'ai oublié tout à l'heure mais il y en a quelques-uns que ça arrangerait quand même c'est certain côté LR qui sont pas forcément contre ça très forme mais qui ne veulent pas le prendre le risque de la voter pour avoir ensuite rendre des comptes dans leur circonscriptions et se satisfait assez bien à 49-3 le 1 un complément peut être choisi l'usage du 49-3 effectivement à ajouter à l'instruction du procès en arrogant et en déconnexion du pouvoir mais il y a une autre dimension aussi il y a un indicateur que j'aime citer quand en général j'utilise comme un indicateur de populisme 90% des Français 88% pour être précis en fait pensent que c'est dans l'enquête fracture française de la Fondation Jean Jaurès 88% des Français pensent que nos gouvernements en fait prennent de mauvaises décisions gouvernement et prennent de mauvaises décisions au sens où elles sont contraires lors des décisions sont contraires aux intérêts en fait du peuple et pire que cela en fait la moitié d'entre eux pensent que cette à dessin que ces volontaires qu'il n'y a pas seulement en fait une faillite ou une défaillance des élites qu'il y a une trahison des élites on peut rappeler que cet article 49.3 il a déjà été modifié c'est ce Nicolas Sarkozy c'est ça alors je d'abord peut-être je voulais rappeler le prolongement de ce qui a été dit tout à l'heure que quand on dit il faut une majorité pour le texte où il faudrait pas être majorité contre là on est dans une logique de majorité relative pour le vote qui aura lieu demain c'est-à-dire qu'il suffit qu'il y en ait plus pour que de contre pour que ça passe pas nécessairement une majorité renforcée de 289 voix comme on le dit parfois comme par exemple pour une motion de censure et qu'évidemment le problème serait que il y ait plus de vote contre que pour quel que soit leur seuil sachant que et ça rejoint ce que vous disiez il y a aussi des abstentions probables parce que dans ces cas là ça peut être plus prudent en quelque sorte on assume pas son vote voilà alors si je reviens sur le sur le 49-3 en réalité pendant longtemps il n'a pas eu la mauvaise presse qu'il a aujourd'hui et d'une certaine manière c'est à partir de 2007 qu'il prend une très mauvaise presse pour deux raisons la première c'est que Nicolas Sarkozy au moment où il lance le processus de révision de la Constitution comme il a une majorité absolue très forte à l'Assemblée d'une part dit que lui ne l'utilisera jamais alors il dit lui alors qu'en réalité évidemment c'est son premier François Fillon n'utilisera pas et n'hésitera pas à le dire parce qu'ils ont fait en quelque sorte l'illustration de sa force politique et dans ce mouvement là Nicolas Sarkozy envisage à un moment purement et simplement de le supprimer et c'est mis en débat au moment du la préparation de la réforme et finalement c'est j'allais dire la sagesse des parlementaires qui pourtant pourrait en été première victime que de dire ne préjugeons pas de l'avenir ça a été utile à certains moments donc on va en resserrer le périmètre les textes budgétaires donc projet de loi de finance projet de loi de financement de la sécurité sociale et les textes rectificatifs éventuels comme c'est le cas qu'on voit aujourd'hui plus un texte sur n'importe quel sujet au choix du gouvernement pendant la session alors d'ici à demain le téléphone de certains députés va continuer de sonner on peut l'imaginer des députés LR des députés du groupe lyaute qui compte notamment des élus d'outre-mer tractations dénoncé par Thomas ménag et là des 89 et élus députés du rassemblement national à l'Assemblée on le sait on a des retours depuis hier qui sont quand même très importants des députés des républicains des députés de l'iode qui sont achetés c'est à dire que aujourd'hui nous avons un gouvernement des ministres qui avec l'argent public avec l'argent des Français sont en train d'acheter des voix acheter des abstentions on est dans une sorte de République où on achète des voix alors j'ai volontairement gardé ce genre pour qu'on puisse le décortiquer Mathieu parce que là on a l'impression que c'est le député qui se fait acheter voilà c'est avec des données publiques mais mais faut quand même pour convaincre un député récapitrant il y a pas 36 moyens on peut menacer d'abord on peut lui dire si tu continues comme ça tu te fais exclure quand il est dans sa majorité où on te reconduit pas on te redonnera pas ton investiture si tu te représente si c'est un adversaire on peut lui dire on va mettre quelqu'un devant toi mais qui va te pulvériser enfin bref il y a un jeu de pression et puis pousser des projets pour le territoire voilà et les carottes c'est du moins tu as toujours besoin de ta subvention pour alors on le présente généralement est-ce que tu as besoin de quelque chose ou le président apprécie beaucoup ce que tu fais il pense à toi pour voilà donc il y a toute une série mais imaginez qu'on achète comme c'est dit un peu rapidement par Thomas ménagé non il y a pas de jusqu'à preuve du contraire j'ai pas le souvenir de ministre et acheter des voix avec cette que ce soit avec ces deux dieux personnels ou c'est deniers des données publiques un parlementaires Mathieu souker c'est moi ça me fait penser évidemment aux États-Unis où il y a comme ça régulièrement dans l'actualité un ou deux représentants du peuple qui se retrouve avec le pouvoir de faire passer ou pas un texte important là-bas ça choque personne ici ici bah voilà alors on peut je sais pas lequel des deux pays a raison mais non pas ça passe aux États-Unis et pas ici mais je suis pas sûr que ça choque ici non plus ce qui questionne aujourd'hui encore une fois c'est que une tambouille soit nécessaire ou en tout cas des discussions des négociations soient nécessaires avec une partie des députés qui devrait naturellement pour reprendre le terme de tout à l'heure soutenir personnalité cette réforme c'est ça qui paraît totalement incompréhensible la cohérence l'incohérence en politique ça se paye donc on pourrait imaginer là qu'il y ait quand même une forme de cohérence et on a même précisément une partie DLR qui ont visé à adoucir la réforme disait-il à en faire comme dirait Olivier du soft absolument une réforme de gauche pour ensuite que Bruno Retailleau dise non attention fin de la récré c'est vraiment une réforme de droite c'est ce qui fait qu'on s'y perd alors pourquoi y a-t-il ces hésitations parce que évidemment les députés sont confrontés à l'opinion dans leur circonscriptions et et effectivement ça dit bien en réalité que non seulement l'opinion est très majoritairement hostile à la réforme mais ça tient au fait que au cours des dernières semaines j'imagine que vous avez eu ça aussi je pense notamment à une enquête d'Harry interactive qui l’instruit qui le documente la proportion de Français très hostile à la réforme a quasiment doublé donc on voit bien que sur le terrain on comprend en tout cas que pour les députés soit à partir du moment difficiles parce que on n'est plus dans une forme d'hésitation de résistance on est dans une hostilité très grande que confirme d'ailleurs tous les leaders syndicaux en disant dans les manifestations on ressent une colère très forte dont on imagine qu'elle pourrait réellement déborder et y compris les leaders syndicaux disent que ils ont rarement vu en fait un tel niveau de tension alors cette fin d'après-midi cette dépêche de l'agence frange France Presse nous apprend que le Président de la République Emmanuel Macron réunit ce mercredi soir à l'Élysée la première ministre Elisabeth borne les principaux ministres concernés par la réforme des retraites elle avait du vote au Parlement sera d'abord au Sénat puis on compte c'est ça Mathieu on sort la calculette parce que c'est c'est ce soir qu'en gros ils vont décider on sait qu'il ne souhaite pas le 49-3 il faut le dire mais c'est ce soir qui vont se dire est-ce qu'on une forme de coup de poker quand même parce que comme vous le disiez justement on est c'est vrai qu'on est pas à la majorité 289 d'ailleurs 287 parce que il y a des il y a des sièges vacants mais c'est un vrai coup de poker parce que la psychologie de base étage mais est-ce que c'est dans la bien dans l'état d'esprit d'un Emmanuel Macron et on le sait frustré de ne pas avoir pu jouer il y a quelques années au moment de la présentation de la loi mais oui alors il faut il faut ajouter en plus que tel que les choses sont mises en place à ce stade il y a plusieurs options il y a le 49-3 tout de suite c'est à dire pour éviter effectivement le cas échéant le rejet demain par l'assemblée du texte adopté en CMP mais si jamais l'assemblée demain rejette le texte votait en CMP il y a toujours la possibilité d'un 49-3 après alors je vous interrompre parce que c'est en partie le thème de la chronique de Mathias ça reste je vous donnerai la réponse juste après Mathias bienvenue rebonsoir donc le texte on l'a dit doit être voté demain matin au Sénat puis à l'Assemblée nationale que se passerait-il s'il était rejeté par les deux alors on repartirait pour voir l'une des deux chambres par l'une des deux chambres on repartirait pour un deuxième tour Thomas c'est ce que prévoit la procédure de la navette parlementaire en cas d'échec ou de rejet du texte de la CMP on doit procéder à une nouvelle lecture par chaque assemblée l'ordre d'examen devrait rester le même c'est à dire un Assemblée nationale de Sénat avant une adoption définitive par l'Assemblée nationale que le texte resterait soumis à l'article 47.1 de la Constitution avec cette réduction de du temps des débats il est débats resteraient limités dans le temps 50 jours au total après le dépôt du projet de loi voilà ce que dit l'article 47 1 de la Constitution que vous citez Thomas donc au plus tard le texte doit avoir été voté au Sénat deuxième chambre à l'examiner dimanche 26 mars à minuit à noter Thomas que s'il devait y avoir rejet de la version de la CNP cela interviendrait demain il en resterait alors dix jours tout au plus pour une deuxième lecture sans précision sur la répartition des jours entre les deux chambres mais en réalité une nouvelle lecture ne dure en général qu'un jour j'ai bien dit en général et si aucune des chambres ne se prononce sur le texte en seconde lecture et bien si ce délai de 50 jours est dépassé sans que le texte n'était voté que la Constitution prévoit que les dispositions du projet peuvent être mises en œuvre par Ordonn on peut voir cette option comme un facilitateur mais en réalité même au sein de la majorité présidentielle Thomas on espère éviter ce mécanisme qui pourrait être perçu comme plus brutal qu'un 49-3 merci beaucoup Mathias and lovajo je reviens vers vous qu'il a un peu fait votre job Mathias mais bon merci ça permet d'être voilà d'être le plus pédagogique possible pour pour noter les spectateurs le je reviens sur la question des ordonnances c'est déjà arrivé sur un texte d'une telle importance que on au bout de du processus on passe par des alors là encore on est vraiment dans la logique qui a été voulue en 1958 c'est à dire qu'on sait très bien que le moment le plus difficile pour un gouvernement qui est en position fragile et là je me place expérience de la quatrième ou de la Troisième République c'est le vote du budget parce que effectivement parliez tout à l'heure des États-Unis on sait bien on adore parler en France du Lockdown américain c'est à ce moment où le budget n'est pas voté et où bah on est au sens du terme en cessation de paiement on l'avait connu nous sous la troisième et la Quatrième République donc en 1958 l'idée et de ne pas courir ce risque et même de dissuader les parlementaires de faire courir ce risque au gouvernement puisque de toute façon ne pas voter le budget et sans effet puisque on peut le faire rentrer en vigueur par ordonnance en l'état du projet deuxième chose quand on a conçu les lois de financement de la sécurité sociale on les a alignés sur les lois de finances donc on a mis en place le même système parce qu'il y a les mêmes contraintes de durée puisque l'année budgétaire commence au 1er janvier et que l'idée est de là encore éviter un blocage parlementaire et quand on a une loi de finance rectificative ou une noix de financement rectificative comme celle qu'on a aujourd'hui sur les retraites et bien c'est une possibilité alors oui ça a pu se faire ça a pu se faire ponctuellement par exemple quand il y a eu un retard ou même une censure totale du texte par le Conseil constitutionnel dans les années 70 donc pour éviter d'être sans budget sur les lois de finances on fait entrer en vigueur mais en réalité réalité sur un texte comme celui des retraites on voit bien que le véhicule législatif qui a été retenu avait comme qualité pour le gouvernement de pouvoir contraindre le temps du débat parlementaire donc évitez l'obstruction mais sur un plan politique ce serait alors là peut-être encore pire que ce que disait tout à l'heure c'est à dire un texte qui non seulement n'est pas voté mais qui même est rejeté et que le gouvernement fait quand même entrer en vigueur alors là on est un peu dans le registre de la de la dissuasion si j'ose dire je reviens juste aussi d'un mot sur la Réunion qui aurait lieu là en ce moment même à l'Elysée il faut pas oublier non plus que demain le texte qui va être discuté par le Sénat puis l'assemblée est un texte auquel le cas échéant le gouvernement peut seul encore apporter des amendements donc ça veut dire qu'il peut aussi y avoir une discussion sur le cas échéant avant le vote de demain des modifications à la au texte de la CMP pour justement accroître les possibilités d'accord venant par exemple de LR convaincre les derniers réticent on va s'appuyer Bruno comme prévu sur ce cette étude menée par le cevipop pour illustrer vous l'avez un peu évoqué mais le le la défiance on va dire grandissante des des Français pour nos institutions je vous propose de d'afficher comme ça au fur et à mesure les les résultats c'est une baisse de 7 points pour le Sénat baisse donc la question c'est avez-vous confiance c'est tout simple dans le Sénat moins 7 points c'est moins 10 points pour l'Assemblée nationale le Président de la République c'est moins 8 le gouvernement c'est -9 comment vous analysez ces une certaine manière on voit que Paul opinion on est en train de refermer la parenthèse covid et on le voit dans deux dimensions d'un autre enquête la première dimension c'est qu'il y a beaucoup moins de pression sur le ressenti psychologique personnel on a des indicateurs sur le sentiment de sérénité de bien-être qui sont à la hausse ils avaient considérablement chuté depuis le printemps de 2020 il repartent à la hausse voire beaucoup à la hausse et on a exactement la même chose qui s'était produite au fond entre les gilets jaunes et juste avant le covid ou les indicateurs de bien-être personnels étaient repartis à la hausse et puis la parenthèse covid se referme aussi mais pour le politique et sur le politique on peut voir que c'est vraiment presque lors des réglement de compte c'est à dire que le soutien donne qui avait le surcroît de soutien qui avait été donné à l'exécutif au titre de ben voilà quand même un exécutif qui finalement protège qui a sur son rôle pendant une période de pandémie absolument incroyable là on voit qu'on revient à l'ordinaire de la défiance politique à la française mais tout le monde en prend pour son grade et y compris les pouvoirs au niveau local conseil municipal maire qui reste toujours en tête donc classement des conférences mais qui chute beaucoup voire de -8 - 10 points et donc on voit une sorte de de de tout le monde perdant de ce point de vue là la défiance française est en train de reprendre ses lettres de noblesse si je puis dire et envoie à nouveau s'exprimer dans toutes les indications et dans toutes les dimensions de notre de notre enquête un exécutif français qui sort un peu en lambeaux de la période d'aujourd'hui avec une popularité un soutien à l'action de l'exécutif qui est faible en la comparé à l'Allemagne à l'Italie au Royaume-Uni on a 50% d'approbation sur Georgia Meloni on est à 26% pour Emmanuel Macron c'est pas exactement comparable parce qu'ils sont pas au même stade évidemment de leur mandature mais on voit quand même que la France retrouve ce syndrome de sinistrose politique on a commencé en parlant finalement de la pédagogie parlementaire que que la séquence permet alors nous évidemment c'est notre rôle mais d'une manière générale aux médias de de faire Matthieu souker est-ce qu'on peut dans les résultats que vous donnez je rappelle moi moins 7 points dans la confiance du pour le Sénat moins 10 pour l'Assemblée nationale il y a pas quand même une occasion manquée pour le pour le Parlement la vraie tragédie on était elle est là alors je dis pas que pour l'exécutif c'est on pouvait sans doute s'y attendre mais mais c'est vrai que c'est une occasion totalement ratée on pouvait renouer avec une forme de culture parlementaire qui est encore une fois ce qui est plutôt à l'opinion on évoquait le 49-3 et l'esprit de la Cinquième République l'opinion a singulièrement évolué évidemment depuis 1958 et en particulier la verticalité du pouvoir et les passages en force qui à l'époque était précisément associé à l'image d'un pouvoir crédible d'un pouvoir légitime tout ça ça ne plaît plus du tout à l'opinion et on parlait tout à l'heure effectivement du fait que les Français étaient en attente de co-construction au Parlement d'un esprit de compromis etc on observe que y compris chez les sympathisants de la France insoumise c'est partager c'est à dire que il n'y a qu'à la France insoumise qu'une partie des sympathisants et pour une opposition radicale frontale l'expression d'une forme de colère au Parlement mais même à la France insoumise en réalité les sympathisants sont divisés et la moitié d'entre eux prône la co-construction l'esprit de dialogue et l'esprit de compromis et dernière chose pardon là dessus quand Elisabeth borne est arrivé à son poste à Matignon c'était en particulier ou en tout cas il y avait un début d'identité politique autour du fait que elle allait être quelqu'un de solide à à poil qui allait tenir les dossiers tenir les troupes et deuxième dimension porteuse soi-disant d'un esprit de dialogue en particulier parce qu'au ministère du Travail à l'avait su discuter avec les syndicats etc on voit que tant du côté du dialogue social que du débat que du côté du débat parlementaire sans accablés Elisabeth borne c'est plus difficile en tout cas que ce qu'on identité ce que son identité politique initiale disait alors que ça correspond pas forcément à ce qu'elle a montré depuis six mois puisque depuis six mois elle a fait passer des textes avec la gauche avec la droite enfin avec la gauche sur les énergies avec la droite sur la Lamy on verra ce qu'il advient de l'immigration mais elle a quand même réussi des facto cette co-construction ou cette concertation pendant 6 mois ce qui était ce que pas gagné parce qu'on était pas beaucoup mais je me suis affreux que tout le monde disait ça ça marchera mais là le dossier retraite ça cache tout ça ça va abîmer considérablement l'image de l'exécutif tout le monde y perd l'exécutif hyper les républicains ont tout perdu en crédibilité ils défendaient quand même les 65 ans pour la campagne présidentielle quand on leur donne la possibilité de faire une retraite ils disent non il faut baisser ça veut dire que c'est des gens qui croient pas ce qui raconte six mois avant la gauche elle a perdu une occasion terrible à mon avis l'assemblée refusant de discuter et de voter l'article 7 parce qu'à l'époque peut-être que l'article s'est arrêté et s'ils avaient été jusqu'au bout du texte les députés à la Commission xperitaire aurait eu plus de poids pour négocier un texte oui alors c'est tout à fait vrai en même temps on sait que au moins depuis 1995 cette question des retraites est un dossier quasiment ingérable intenable et sur lequel les gouvernements d'une manière ou d'une autre but pas forcément chute mais but c'est clair et on sait qu'on sera jamais populaire donc ça c'est quand même la première chose la deuxième chose c'est que oui effectivement c'est une occasion manquée institutionnellement c'est à dire que alors même que pour la première fois depuis un temps certain on avait on a une assemblée dans laquelle une majorité relative et que on nous dit qu'il y a une appétence pour effectivement de la conciliation la concertation etc l'A n'a pas réussi à en faire preuve mais en même temps pardon parallèle moi ce que j'observe c'est que beaucoup des élus de juin 2022 donc des députés qui ont été élus sont aussi des députés qui en ont appelé soit à la rue soit au référendum et qui donc d'une certaine manière eux-mêmes déni à la représentation la mission qui est la sienne et donc se mettent individuellement et donc forcément collectivement en difficulté puisqu'il nous explique ça n'est pas à nous de décider il faut que ce soit le peuple il y a eu plusieurs motions référendaires ce qui est quand même pas très habituel ou bien il faut puisque la rue s'insurge il faut qu'on entende la rue alors même qu'ils ont la possibilité débattre sur le texte donc je crois que c'est plus fondamentalement même si c'est presque une vieille rengaine la crise de la représentation qui aujourd'hui touche je crois un point presque de non-retours il y a Bruno aussi une question sur la démocratie est-ce que notre démocratie fonctionne là aussi les résultats sont on a un indicateur qui est posé dans le monde entier pratiquement c'est un indicateur international que tous les chercheurs posent dans les enquêtes sur le rapport des citoyens au système politique est-ce qu'on dirait que le système démocratique la démocratie fonctionne bien dans le pays l'opinion négative en France est toujours majoritaire et c'était légèrement pas bien c'était légèrement réfléchi depuis l'élection d'Emmanuel Macron on voyait qu'il y avait un peu mieux un peu plus de Français disant oui la démocratie fonctionne mais là on repart à la hausse et on est pratiquement à l'ordre de 70% qui disent que la démocratie en France ne fonctionne pas bien et on a d'autres indicateurs dans notre enquête la demande pour l'idée que peut-être moins de démocratie pour plus d'efficacité nous étions montés à plus de 40% l'an dernier on est toujours de l'ordre un peu plus de 30% sur cet item donc il y a quand même plus d'un tiers des Français qui disent moins de démocratie pour plus d'efficacité donc le système démocratique donne le sentiment qui ne répond pas bien aux attentes qui répondent pas bien au problème on va donner la parole à l'un des manifestants de d'aujourd'hui dans les rues de Paris c'est un enseignant il est enseignant en Lycée Professionnel à Caudry s'appelle Nicolas brûlant et il est sur ce thème de finalement de ce qu'il attend lui de la politique j'attends plus rien je serai pour une démocratie plus directe comprenne la vie des citoyens quoi faudrait un référendum sur cette question et là les gens se prononcent ça passe ça passe pas mais il y aurait plus de discussion et je pense que ça se plaira dans les yeux urnes et pour moi c'est très très pareil c'est très sombre le Front national monte de plus en plus et pour moi c'est pas une solution dans le Nord et pas du tout à Paris donc je c'était pas à Paris c'était dans l'ordre il y a eu encore des manifestations un peu partout en France Mathieu Souquet on va terminer là-dessus sur le est-ce que cette séquence parce que je sais que vous êtes assez sceptique là c'est cette séquence elle peut finalement infidélité profiter à qui aura sûrement national alors oui en dernier ressort ça me semble à qui en tout état de cause on voit que Emmanuel Macron quel que soit le scénario de ses prochains jours de toute façon sortira affaibli la séquence je ne vois pas que la nupaisse à travers la posture tactique qu'elle a affiché ou les LR avec la confusion qu'ils ont su entretenir sur le fond en fait en sorte grandi alors à court terme je ne suis pas sûr non plus que Marine Le Pen elle-même tirait énormément de bénéfices de ce qui s'est passé à court terme en tout cas on ne peut pas dire que le rassemblement national à l'Assemblée est brillé par la qualité de ses interventions la pertinence de ces propositions la cohérence de son projet on sait que elle-même Marine Le Pen a évolué un poulpe reprise sur la question des retraites donc je ne suis pas sûr que là-dessus elle est affiché une forme d'autorité en revanche il est évident que ce que la séquence traduit en fait va probablement va probablement va très certainement même alimenter et le sentiment de défiance et une forme de mal-être dans l'opinion qui est encore une fois voit cette réforme des retraites comme une amputation de quelque chose qui était perçu positivement donc voilà à la fin on imagine bien que c'est ce qui fait en général le vin de l'extrême droite qui va continuer de prospérer le prochain scrutin le vase sont des sénatoriales pas doucement pas franchement favorable a priori à ce moment national c'est plutôt les européennes où on pourrait avoir où on pourrait avoir effectivement un sursaut encore plus fort alors ce qui est vrai aussi c'est que je crois que au niveau national la position aujourd'hui de RN elle est un peu paradoxale parce que à la fois elle se légit il se légitimise si j'ose dire c'est il s'institutionnalise et donc il peut aussi susciter du coup le rejet dont il était porteur à l'égard des institutions donc effectivement l'analyse par les électeurs sera intéressante mais c'est vrai que le les élections européennes sont toujours le bon moment pour les anti-européanistes qui sont merci beaucoup merci à tous d'avoir participé à cette émission je vous dis à demain évidemment pour un nouveau numéro de sens public et puis notez que Bruno Retailleau le président du groupe LR au Sénat sera l'invité de la matinale rien de Mancini ce sera à 8h ou non Retailleau dans le domicile a été plongé dans le noir voilà ce n'est ni le premier ni le dernier mais ça fait partie des petites de cette fin d'après-midi belle soirée à tous