đŽ DĂBAT - Faut-il utiliser la RECONNAISSANCE FACIALE dans les transports ?
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Questions et réponses
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- 2:33OuverteRéponse directe
Alors, concrÚtement, comment ça se passe ?
- 3:57OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est une bonne idée ?
- 6:19OuverteRéponse directe
Votre point de vue, Gabriel Cluzel, d'abord, le dĂ©ploiement des camĂ©ras sur le principe, ça vous gĂȘne ou ça ne vous gĂȘne pas ?
- 10:44OuverteRéponse directe
Gilles Madras, est-ce que vous pourriez nous raconter ce qui se passe dans votre ville ?
- 13:29OuverteRéponse directe
Vous pensez, Gabriel Cruzel, qu'il faut fixer des limites au déploiement de mesures de sécurité ?
- 18:34FerméeRéponse directe
Est-ce que vous ĂȘtes favorable Ă vacciner les jeunes enfants ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:09Invité politiqueChiffre
« J'ai assumé de déployer 80 000 caméras de vidéoprotection et dans six mois, ces caméras seront reliées dans un centre de commandement unique de la police des transports. »
- 2:18Invité politiqueFait
« Ces 80 000 caméras, elles ne sont vraiment utiles que si on peut avoir l'usage de l'intelligence artificielle, pouvoir faire des vidéopatrouilles. »
- 2:25Invité politiquePromesse
« Je demande un débat national avec une vraie consultation sur les aspects éthiques. »
- 2:50PrésentateurChiffre
« Valérie Pécresse explique ainsi que l'élucidation des délits s'est améliorée de 20 à 30 % grùce à ces caméras. »
- 5:28InvitéFait
« On ne sait pas. »
- 11:36InvitéFait
« Depuis qu'on a ces caméras à Nanterre, c'est vrai qu'on a un certain nombre d'individus qui ont commis un pyroman, un auteur d'une grande violence, qui ont été identifiés grùce aux caméras. »
- 11:59InvitéFait
« Nos caméras sont directement reliées au commissariat de police. »
- 12:49InvitéFait
« Elle peut se reporter ailleurs. »
- 23:17InvitéFait
« Personnellement, je le suis pour la population qui est, disons, la plus exposée au risque de développement de la maladie. »
- 26:33InvitéFait
« On commence Ă parler d'un variant indien qui reviendrait extrĂȘmement envahissant. »
- 29:15InvitéChiffre
« à chaque fois qu'on le fait, on a entre 100 et 200 personnes à qui on donne des rendez-vous pour aller se faire vacciner. »
Temps de parole
- Présentateur36 %
- Invité31 %
- Invité 230 %
- Valérie Pécresse2 %
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Bonsoir Ă tous, bienvenue dans Point de vue, c'est un plaisir de vous retrouver avec nos deux invitĂ©s du jour. Bonsoir Gabriel Cluzel, vous ĂȘtes journaliste, rĂ©dactrice en chef du site Boulevard Voltaire, vous ĂȘtes Ă©galement chroniqueur Ă CNews, oĂč on vous voit de plus en plus d'ailleurs, j'ai l'impression, ce dont on se rĂ©jouit, vous ĂȘtes aussi essayiste et votre dernier livre, EnracinĂ©, nous sommes tous des hĂ©ritiers, a Ă©tĂ© publiĂ© aux Ă©ditions Artege et on va voir sĂ»rement la couverture de votre livre. Eh bien lĂ voilĂ , il n'y a qu'Ă demander, merci beaucoup Ă la rĂ©gie. Gilles Malja, elle aussi, bonsoir. Bonsoir. Gilles, vous ĂȘtes le directeur de cabinet du maire de Nanterre.
Vous avez été, parmi vos expériences, le chef de cabinet, puis le conseiller spécial de Marie-Georges Buffet, qui était la ministre communiste de la Jeunesse et des Sports, entre 1997 et 2002.
Absolument.
Et nous commençons, si vous le voulez bien, cette Ă©mission par des annonces faites par ValĂ©rie PĂ©cresse. Vous n'ignorez pas que ValĂ©rie PĂ©cresse, la prĂ©sidente de la rĂ©gion Ăle-de-France, est candidate pour un nouveau mandat. Le scrutin aura lieu Ă la fin du mois. Hier soir, sur le site du Figaro, Karl Meus dĂ©voilait les propositions de ValĂ©rie PĂ©cresse en matiĂšre de sĂ©curitĂ©. La prĂ©sidente de la rĂ©gion se fĂ©licitait d'avoir dĂ©jĂ dĂ©ployĂ© des camĂ©ras de vidĂ©oprotection sur le rĂ©seau de transport public d'Ăle-de-France. Vous savez que c'est la rĂ©gion qui a la tutelle sur ces rĂ©seaux de transport, qu'il s'agisse de la RATP ou des RER.
Elle voudrait maintenant connecter toutes ces caméras pour pouvoir les utiliser grùce à l'intelligence artificielle. On va détailler tout ça, mais d'abord, on écoute Valérie Pécresse. Elle était ce matin sur France Info.
J'ai assumé de déployer 80 000 caméras de vidéoprotection et dans six mois, ces caméras seront reliées dans un centre de commandement unique de la police des transports. Ces 80 000 caméras, elles ne sont vraiment utiles que si on peut avoir l'usage de l'intelligence artificielle, pouvoir faire des vidéopatrouilles. Donc, on a besoin de cette intelligence artificielle. On a besoin pour ça de faire évoluer la loi qui, aujourd'hui, ne le permet pas. Je demande un débat national avec une vraie consultation sur les aspects éthiques.
Alors, concrĂštement, comment ça se passe ? Ăvidemment, il ne peut pas y avoir un agent qui surveille ces 80 000 camĂ©ras qui sont dĂ©ployĂ©es dans le rĂ©seau ferrĂ©, dans le mĂ©tro, dans les bus. Mais ce systĂšme est extrĂȘmement utile pour Ă©lucider des dĂ©lits. ValĂ©rie PĂ©cresse explique ainsi que l'Ă©lucidation des dĂ©lits s'est amĂ©liorĂ©e de 20 Ă 30 % grĂące Ă ces camĂ©ras. En gros, quand il y a eu une agression, par exemple, Ă un endroit, on regarde les bandes et ça permet souvent d'identifier l'auteur du dĂ©lit. Mais ce que voudrait faire, ValĂ©rie PĂ©cresse, c'est autre chose, c'est utiliser l'intelligence artificielle.
C'est-Ă -dire, en fait, que des terroristes prĂ©sumĂ©s, des gens qui sont fichĂ©s, soient reconnus automatiquement par les camĂ©ras, parce que l'ordinateur, l'intelligence artificielle, a dans sa mĂ©moire le profil de ces gens, afin de pouvoir identifier tout de suite ces personnes quand elles arrivent dans le rĂ©seau. Ăa existe dĂ©jĂ dans les aĂ©roports des ValĂ©rie PĂ©cresse qui voudrait le faire aussi pour le rĂ©seau de transport en commun d'Ăle-de-France. Mais pour l'instant, la loi ne le permet pas. Et vous l'entendiez, la prĂ©sidente de la rĂ©gion Ăle-de-France voudrait un dĂ©bat national. Eh bien, le dĂ©bat national, il commence ce soir, Ă point de vue Gilles Madja. Est-ce que c'est une bonne idĂ©e ?
La vidĂ©oprotection ou la vidĂ©osurveillance, appelons ce dispositif comme on veut, est utile. C'est mĂȘme trĂšs utile quand il s'agit d'aider la police nationale Ă mener des enquĂȘtes, Ă identifier les auteurs d'infractions, Ă les interpeller, Ă les dĂ©fĂ©rer Ă la justice. Donc ça veut dire que l'utilisation de camĂ©ras, il faut qu'elle soit... Quelle est la doctrine que l'on a sur l'utilisation de camĂ©ras ? Est-ce que c'est un moyen de surveillance de la population ? Ou est-ce que c'est une aide Ă l'enquĂȘte du travail de la police nationale ? Moi, je suis Ă©videmment favorable Ă la deuxiĂšme option, une aide Ă l'enquĂȘte au travail de la police nationale.
Si c'est conçu comme un moyen de surveillance de la population, alors effectivement, là , il y a un risque de dérive. Donc tout dépend de la doctrine que l'on a à l'égard de ces outils technologiques. Donc Valérie Pécresse, elle fait cette annonce à trois semaines du premier tour des élections régionales. Elle ne nous dit pas à quoi ça va servir. Elle ne nous dit pas pourquoi elle veut utiliser, par exemple, le systÚme d'identification faciale. On ne sait pas.
Alors dans le Figaro, elle explique quand mĂȘme que ce serait pour, par exemple, identifier des terroristes recherchĂ©s.
Oui, je ne comprends pas comment on peut identifier un terroriste si...
Alors en fait, l'idée, c'est un peu comme en Chine. C'est pour ça que, de façon un peu polémique, on a titré cette partie de l'émission « Bienvenue en Chine ». En Chine, l'intelligence artificielle, les ordinateurs qui font tourner toutes ces caméras, ils ont en mémoire les photos de ces gens. Et si jamais ils passent devant une caméra, aussitÎt, on les reconnaßt. Et j'imagine qu'on prévient les autorités compétentes. Oui, mais ça, aujourd'hui, ça n'est pas autorisé. Non, absolument, ça n'est pas autorisé. Donc il faudrait un débat au Parlement. Voilà , c'est ce qu'elle dit. Elle dit qu'il faut changer la loi. C'est un peu le sujet.
Je remarque ce que vous disiez, parce que c'est effectivement la sĂ©mantique qui est intĂ©ressante. ValĂ©rie PĂ©cresse, elle dit « vidĂ©o protection ». Elle ne dit pas « vidĂ©o surveillance ». Et on comprend trĂšs bien le sens qu'elle donne Ă ce mot. Je n'ai pas de problĂšme Ă utiliser le mot « vidĂ©o protection ». Absolument. Et on en reparlera. Votre point de vue, Gabriel Cluzel, d'abord, le dĂ©ploiement des camĂ©ras sur le principe, ça vous gĂȘne ou ça ne vous gĂȘne pas ?
Non, je n'ai pas d'avis tranchĂ© sur la question. Je comprends qu'avant les Ă©lections rĂ©gionales, parce que la sĂ©curitĂ© est l'enjeu majeur, enfin, est au cĆur des inquiĂ©tudes des Français, pour tous les candidats, c'est un peu le concours lĂ©pine de la mesure la plus forte dans ce domaine. Et ce n'est pas une critique. Il faut rĂ©soudre le problĂšme, Ă©videmment. NĂ©anmoins, comme d'habitude, il y a une aliĂ©nation de libertĂ© forte. Vous comparez avec la Chine. Nous ne sommes pas des Chinois. Je ne suis pas sĂ»re que la Chine soit un pays enviable.
Donc, il faut Ă©videmment se mĂ©fier, parce que quand on rogne sur une libertĂ© pour un motif tout Ă fait lĂ©gitime et louable, chacun, au fond de soi, se dit « oui, moi, je n'ai rien Ă me reprocher, je ne suis pas un terroriste, donc finalement, c'est trĂšs bien, ça concernera les autres », eh bien, cette aliĂ©nation reste et peut ĂȘtre utilisĂ©e. C'est pour ça que du reste, un grand dĂ©bat doit avoir lieu. Elle doit ĂȘtre utilisĂ©e pour d'autres motifs. On a vu, au moment de cette crise sanitaire, que ce qui est aujourd'hui rĂ©putĂ© presque criminel ne l'Ă©tait pas hier, je ne sais pas, porter le masque ou autre chose.
Donc, c'est vrai qu'une fois qu'est instituĂ©e une rĂšgle et qu'on a posĂ© une aliĂ©nation de libertĂ©, ça peut ĂȘtre un pied dans la porte pour beaucoup de choses. C'est quelque chose que l'on doit garder Ă l'esprit.
C'est toujours le mĂȘme dĂ©bat, c'est entre libertĂ© et sĂ©curitĂ©.
Exactement. Et du reste, la sĂ©mantique, vous l'avez dit, c'est toujours trĂšs intelligent de voir comment on peut arriver Ă la tordre. C'est une protection, mais c'est aussi une surveillance, indĂ©niablement. Moi, simplement, alors, pardon, ce n'est peut-ĂȘtre pas exactement le sujet, mais ça me semble nĂ©cessaire, je suis frappĂ©e de voir qu'on va vers une sociĂ©tĂ© de plus en plus surveillĂ©e et rĂ©pressive, alors que c'est une sociĂ©tĂ©, en mĂȘme temps, extrĂȘmement laxiste et presque libertaire.
Et finalement, on se rend compte que le fait de l'avoir dĂ©corsetĂ©, d'avoir enlevĂ© toutes nos mĆurs communes, nos codes, notre conception du bien et du mal, ce qui, le savoir, une conception commune de l'opprobre et du mĂ©rite, fait qu'aujourd'hui, dans ce relativisme absolu, eh bien, in fine, il n'y a plus d'autorĂ©gulation et on est obligĂ© de surveiller, rĂ©primer et imaginer toute une sĂ©rie de solutions pour, en rĂ©alitĂ©, une sociĂ©tĂ© dont la colonne vertĂ©brale est en train de s'effondrer.
Et je crois qu'aujourd'hui, pour l'Ă©lectorat de droite, ils attendent de ValĂ©rie PĂ©cresse sans doute tout un tas de mesures sĂ©curitaires, peut-ĂȘtre de cet ordre ou pas, mais aussi, comment dire, un vrai corpus d'idĂ©es de reconstruction presque de civilisation. Et je ne suis pas sĂ»re que l'Ă©viction des conservateurs de sa liste soit prĂ©cisĂ©ment un signal dans ce sens-lĂ . â Le problĂšme, c'est qu'Ă partir du moment oĂč, dans le logiciel qui va repĂ©rer les visages de prĂ©sumĂ©s terroristes, vous pouvez mettre aussi d'autres visages. Vous pouvez mettre les visages de votre opposant politique local. Vous pouvez le mettre, ça.
Et donc, vous pouvez, votre opposant politique local, vous pouvez le suivre, vous pouvez savoir oĂč il va, qu'il frĂ©quente, Ă qui il rend visite, quels sont ses dĂ©placements. Et c'est lĂ qu'il y a un vrai risque de dĂ©rive. Et d'ailleurs, dans un certain nombre de pays, qui ne sont pas des exemples de dĂ©mocratie, on se sert de cet instrument pour surveiller les opposants. Et c'est lĂ oĂč il y a un vrai problĂšme.
â Merci beaucoup, Gilles Malza, parce que vous venez de rĂ©pondre Ă la question de SEM sur le site du Figaro, qui nous dit « je ne comprends pas en quoi les camĂ©ras priveraient de libertĂ© ». Eh bien, si ces camĂ©ras sont reliĂ©es Ă de l'intelligence artificielle, elles permettent effectivement un suivi qui pourrait ĂȘtre un suivi gĂ©nĂ©ralisĂ© de la population. C'est ce qui se passe en Chine, oĂč tous les habitants sont identifiĂ©s et peuvent ĂȘtre suivis Ă tout moment. Cette Ă©mission est la vĂŽtre, vous le savez. Donc, vous nous donnez votre point de vue, Ă la fois sur Twitter, sur YouTube et sur le site du Figaro, en mĂȘme temps que vous nous suivez en direct.
Jean, sur YouTube, nous dit « des policiers seraient plus judicieux, car en plus, cela crĂ©e des emplois et cela rassure les citoyens ». Laurent nous dit « ce n'est pas infaillible, mais c'est quand mĂȘme une mĂ©thode qui a fait ses preuves, comme au Luxembourg ou Singapour, qui sont deux pays parmi les plus sĂ»rs au monde ». Carole nous dit que la reconnaissance faciale, si elle permet d'identifier instantanĂ©ment, par exemple, les agresseurs d'une femme dans une rame de mĂ©tro dĂ©serte, moi, je dis oui.
Et puis Charlie, sur Twitter, qui Ă©largit un peu le dĂ©bat, « tant que le nombre de places en prison n'augmentera pas et que les juges continueront Ă ĂȘtre relaxistes, toutes les technologies d'identification seront inutiles ». Gilles Madras, est-ce que vous pourriez nous raconter ce qui se passe dans votre ville ? Je le disais, vous ĂȘtes le directeur du cabinet du maire de Nanterre, qui est un maire de gauche. On sait que longtemps, la gauche a Ă©tĂ© rĂ©ticente devant la vidĂ©osurveillance, et puis elle a beaucoup changĂ©, y compris Ă Paris d'ailleurs. Comment ça se passe chez vous ?
Ă Nanterre, nous avons un dispositif avec 55 camĂ©ras qui sont sur la voie publique, dans diffĂ©rents quartiers. On va en rajouter 10 en 2021. VoilĂ , donc c'est vrai que la ville a Ă©voluĂ©. Les Ă©lus, le maire et les Ă©lus ont Ă©voluĂ©. Pourquoi ? Parce qu'en fait, ils ont Ă©tĂ© convaincus par un Ă©lĂ©ment, un seul Ă©lĂ©ment, c'est que ça aide Ă rĂ©soudre des enquĂȘtes. Ăa aide Ă identifier ceux qui commettent des infractions, ceux qui commettent des actes dĂ©lictueux. Ăa, c'est avĂ©rĂ©. D'ailleurs, depuis qu'on a ces camĂ©ras Ă Nanterre, c'est vrai qu'on a un certain nombre d'individus qui ont commis un pyroman, un auteur d'une grande violence, qui ont Ă©tĂ© identifiĂ©s grĂące aux camĂ©ras.
Et d'ailleurs, nous avons fait quelque chose de trĂšs original qui nous se fait dans trĂšs peu de communes. Nous sommes trois communes dans les Hauts-de-Seine, oĂč c'est le cas. C'est que nos camĂ©ras sont directement reliĂ©es au commissariat de police.
Commissariat national ?
Commissariat de la police nationale. De la police nationale. C'est-Ă -dire que la police qui, elle, en charge ce travail d'arrestation des individus qui commettent des actes dĂ©lictueux, elle a accĂšs en temps rĂ©el Ă toutes les images produites par nos camĂ©ras. Et donc, du coup, c'est une aide considĂ©rable au travail d'enquĂȘte. Et d'ailleurs, les dix camĂ©ras, par exemple, supplĂ©mentaires que nous allons installer cette annĂ©e, elles sont installĂ©es en complĂšte collaboration avec les services de la police nationale locaux, puisqu'ils nous disent « on aimerait bien avoir une camĂ©ra lĂ , lĂ , là ». C'est-Ă -dire que c'est vraiment l'objectif unique de ces camĂ©ras. Il ne faut pas dire n'importe quoi.
Il ne faut pas leur dire, par exemple, il ne faut pas dire à la population « grùce à ces caméras, la délinquance va automatiquement baisser ».
Ce n'est pas le cas. Il n'y a pas de baisse de la dĂ©linquance lĂ oĂč vous en avez installĂ©e ?
Alors oui, mais elle peut se reporter ailleurs. VoilĂ , c'est ça le risque, oĂč les gens peuvent de plus en plus trouver des parades en sous-primant. Une capuche. VoilĂ . Donc, il ne faut pas dire que ça va faire baisser automatiquement la dĂ©linquance. Il ne faut surtout pas dire que ça va empĂȘcher le passage Ă l'acte. En revanche, oui. Est-ce que ça permet de retrouver les auteurs et de les interpeller ? Oui, ça, c'est vrai. Ăa augmente l'efficacitĂ© du travail d'enquĂȘte de la police nationale. Ăa, c'est incontestable.
Sur Twitter, nous vous avons posĂ© la question « Ătes-vous ou non favorable Ă la reconnaissance faciale dans les transports ? » C'est oui Ă 51%. Donc, c'est quand mĂȘme extrĂȘmement partagĂ©. Vous pensez, Gabriel Cruzel, qu'il faut fixer des limites au dĂ©ploiement de mesures de sĂ©curitĂ© ? Il y a quand mĂȘme une trĂšs forte demande dans ce pays. Je pense que si on demandait aux Français s'ils Ă©taient d'accord ou non de mettre en place des dispositifs permettant d'identifier les terroristes, ils diraient tous oui.
Oui, mais prĂ©cisĂ©ment, je pense du reste que si ces propositions sont faites, c'est parce qu'elles rĂ©pondent Ă une attente des Ă©lecteurs. Je pense qu'une femme, vous citiez une de vos internautes, une femme qui prend un couloir dĂ©sert dans le RER, se dit « Ah, il y a une camĂ©ra, elle a un sentiment de protection. » Mais encore faut-il que ce ne soit pas lĂ que du gadget sĂ©curitaire ? Parce que lĂ , je fais rĂ©fĂ©rence Ă votre autre internaute qui a tout Ă fait raison, c'est que s'il n'y a pas une chaĂźne derriĂšre, s'il n'y a pas des policiers, l'intelligence artificielle ne va pas aller arrĂȘter les terroristes.
S'il n'y a pas des policiers nĂ©cessaires derriĂšre, s'il n'y a pas une chaĂźne pĂ©nale suffisamment efficace derriĂšre et qu'ils reviennent au mĂȘme endroit au mĂȘme moment, il se passerait la mĂȘme chose. Par ailleurs, c'est quelque chose d'un petit peu dĂ©calĂ©, mais vous allez me dire que c'est provisoire, de poser cette affaire des camĂ©ras au moment oĂč tout le monde est masquĂ© dans les transports en commun. Mais on va dire que c'est conjoncturel. NĂ©anmoins, c'est vrai qu'il y a une forte attente, c'est pour ça que je vous disais que les candidats sont obligĂ©s de dĂ©ployer une imagination forte pour arriver Ă satisfaire leur Ă©lectorat.
Mais il faut nĂ©anmoins se mĂ©fier, parce que quand on a peur, c'est un peu comme en matiĂšre sanitaire, quand on a peur, on est prĂȘt Ă signer en bas de la page, un petit peu n'importe oĂč, pourvu qu'on soit protĂ©gĂ©. Et nĂ©anmoins, il faut garder, je crois que c'est le rĂŽle lĂ aussi de nos politiques, il faut raison garder et ne pas donner encore une fois des outils qui finalement peuvent ĂȘtre Ă terme utilisĂ©s dans un autre contexte, pire que le mal. Il y a Ă©crit « libertĂ©, Ă©galitĂ©, fraternitĂ© » sur le fronton de nos bĂątiments publics. Je crois que c'est important de rester attachĂ© Ă cette notion de libertĂ©.
La peur, quelquefois, fait prendre des dĂ©cisions qui peuvent ĂȘtre en effet extrĂȘmement gĂȘnantes sur ce plan-lĂ . â Ce qui est certain, c'est que par exemple, dans un quartier oĂč vous avez un certain nombre de problĂšmes de sĂ©curitĂ©, la prĂ©sence de policiers en uniforme, visible, une prĂ©sence rĂ©guliĂšre, est dix fois plus efficace que n'importe quelle camĂ©ra. Dix fois plus efficace.
â D'ailleurs, ValĂ©rie PĂ©cresse, encore elle, veut recruter mille agents de sĂ©curitĂ© supplĂ©mentaires qui seront dĂ©ployĂ©s dans les transports en commun d'Ăle-de-France, ce qui portera leur nombre Ă 4000. C'est un sujet qui n'a rien Ă voir avec celui d'aujourd'hui, mais vous faisiez allusion, Gabriel Cluzel, Ă des Ă©lus conservateurs Ă©cartĂ©s par ValĂ©rie PĂ©cresse. De quoi parliez-vous ? Je ne connais pas ce sujet.
â Ăcoutez, en Ăle-de-France, un certain nombre d'Ă©lus, qui Ă©taient Ă©tiquetĂ©s « Sens commun », vous vous souvenez, qui Ă©taient Ă©lus jusque-lĂ , n'ont pas Ă©tĂ© reconduits sur la liste de ValĂ©rie PĂ©cresse. Je pense Ă Caroline Carmontran, j'espĂšre que je prononce bien son nom, et un certain nombre d'autres. Et ils disent, alors je n'ai pas assez creusĂ© le sujet pour le dire, mais ils disent nĂ©anmoins que prioritĂ© a Ă©tĂ© donnĂ©e Ă des candidats, eux, plus ouverts du cĂŽtĂ© de La RĂ©publique en marche. Donc moi, je pense qu'il n'y a pas de tabou, il faut en parler. Et c'est vrai qu'ils apportaient une coloration conservatrice et qui, de ce fait, a disparu de la liste de ValĂ©rie PĂ©cresse.
â Elle a fait un calcul strictement Ă©lectoral. Elle a regardĂ© les chiffres. Et donc elle a bien vu qu'elle avait beaucoup plus intĂ©rĂȘt Ă essayer de s'allier, par exemple, avec le Modem. Et c'est vrai qu'il y a pas mal de candidats Modem sur ces listes. qu'effectivement, avec les anciens fillonistes, etc. Puisqu'elle considĂšre que l'Ă©lectorat, on va dire, de droit traditionnel, lui est acquis. VoilĂ , elle considĂšre que lui est acquis. Et donc, elle prĂ©fĂšre, mais tout ça, tout ça ne relĂšve pas de conviction profonde. Tout ça, c'est un... Elle regarde les rĂ©sultats des Ă©lections, elle fait en fonction.
â VoilĂ , et en tout cas, je vous annonce dĂšs Ă prĂ©sent que vous retrouverez dans le prochain Figaro Magazine une interview de ValĂ©rie PĂ©cresse. Je laisse les derniers mots Ă Siche, qui nous dit, « Le problĂšme de ces mesures n'est pas forcĂ©ment le systĂšme automatique de surveillance, mais ce que l'Ătat peut en faire, effectivement. L'intelligence artificielle, elle fait ce qu'on lui demande de faire, et en fonction du paramĂ©trage qui a Ă©tĂ© effectuĂ© par les autoritĂ©s. » Autre sujet qui n'a rien Ă voir, encore qu'on parlait de la pandĂ©mie, du masque, et on va parler de la vaccination.
Le ministre de la SantĂ©, Olivier VĂ©ran, sera ce soir l'invitĂ© du journal de 20h sur TF1 pour prĂ©ciser la position du gouvernement sur l'ouverture Ă©ventuelle de la vaccination aux adolescents, donc aux enfants ĂągĂ©s de 12 Ă 16 ans. Alors, si jamais le ministre n'a pas encore complĂštement arrĂȘtĂ© sa conviction, eh bien, on va peut-ĂȘtre l'aider en lui donnant des arguments. Est-ce que vous ĂȘtes favorable, Gabriel Cluzel, Ă vacciner les jeunes enfants ? Mais, pardon, avant de vous donner la parole, je voudrais que vous entendiez un homme qui est Ă fond pour, c'est intĂ©ressant parce que c'est un point de vue trĂšs tranchĂ©, c'est celui du pĂ©diatre Robert Cohen qui Ă©tait lundi sur Sud Radio.
Imaginez-vous la rentrĂ©e des adultes vaccinĂ©s qui n'auront plus le droit de porter le masque, de pouvoir se rĂ©unir en famille, etc. Et puis, aux adolescents, on va dire, non, non, vous, vous continuez Ă porter le masque en classe, vous ne vous rĂ©unissez parce que la maladie va continuer Ă circuler chez vous. Ce n'est mĂȘme pas audible. Imaginez-vous encore un an de demi-classe, d'enseignement en distance, de port de masque.
Qu'est-ce que vous en pensez, Gabriel Cluzel ?
Je l'ai déjà rencontré, j'en ai déjà discuté avec lui. Non, moi, je suis personnellement opposée à la vaccination obligatoire des 12-16 ans. Alors, évidemment, s'il y a des jeunes de 12 à 16 ans qui ont des comorbidités, comme on dit, particuliÚres. Des diabÚtes. Exactement, fort. Il y a un certain nombre d'indications. C'est tout à fait naturel.
Cependant, pour avoir essayĂ© d'en parler avec de nombreux mĂ©decins, j'ai compris qu'il y avait toujours cette question de la balance bĂ©nĂ©fice-risque et que, autant pour les personnes ĂągĂ©es qui Ă©taient en faveur du vaccin, elles pouvaient ĂȘtre en faveur du vaccin, eh bien, pour les jeunes, ce serait, les jeunes, je dirais, ordinaires, non atteints, n'ayant pas de ces comorbiditĂ©s, ce serait tout Ă fait inĂ©dit, du reste, parce que ce serait une forme de vaccination altruiste, si j'ose dire, pour protĂ©ger d'autres gĂ©nĂ©rations, mais pas eux.
Oui, parce que pour eux, le Covid, ce n'est pas grave. D'ailleurs, souvent, ils ne se rendent mĂȘme pas compte qu'ils l'ont attrapĂ©.
Avec des risques, en revanche, potentiels. Moi, je n'en sais rien. Et là , du reste, les médecins qui m'en parlaient, n'en savaient rien non plus. Mais le fait est que, comme tout médicament, comme tout vaccin, on peut avoir des effets secondaires à 10, 20 ans. En matiÚre de vaccin, il y a celui de la dengue. En matiÚre de traitement, je ne sais pas si vous vous souvenez de l'affaire du distilbÚne. Ce n'était pas un vaccin, mais néanmoins, c'était un traitement qui a été donné pendant 20 ans aux femmes pour prévenir les fausses couches. On s'est rendu compte, 40 ans aprÚs, qu'il y avait des conséquences graves pour les enfants. Donc, c'est qu'elles portaient.
Donc, c'est vrai que ce n'est pas des dĂ©cisions que l'on prend Ă la lĂ©gĂšre que de rendre une vaccination obligatoire. Ăvidemment, si ce virus qui est sĂ©rieux, je n'en nie pas la gravitĂ©, mais Ă©tait la variole ou la peste noire et qu'il y avait une mortalitĂ© Ă©pouvantable, ces questions-lĂ , ces questions d'effets secondaires Ă long terme paraĂźtraient secondaires. Mais lĂ , ce n'est pas le cas, en effet, pour les 12-16 ans. Je crois du risque que pour un politique, ce serait quand mĂȘme une trĂšs, trĂšs lourde responsabilitĂ© d'apporter parce qu'on pourrait lui reprocher cette dĂ©cision plus tard.
Sachant que, je vais vous passer la parole tout de suite, Gilles, mais il y a deux points qui mĂ©ritent d'ĂȘtre prĂ©cisĂ©s. D'abord, est-ce que la vaccination va ĂȘtre ouverte aux 12-16 ans, puisque pour l'instant, ce n'est pas encore le cas. Et puis, est-ce qu'elle va ĂȘtre obligatoire ? Sachant qu'on peut sans doute dĂ©jĂ rĂ©pondre, enfin, penser qu'on rĂ©pondra nĂ©gativement Ă ce deuxiĂšme point, parce que si mĂȘme pour les adultes, ce n'est pas obligatoire, on ne voit pas pourquoi ça le serait pour les plus jeunes.
Je ne suis pas favorable Ă ce qu'elle soit ouverte aux 12-16 ans. Ah oui, donc vous ĂȘtes d'accord avec... Non, pas pour des raisons mĂ©dicales, parce que je n'y connais rien. Oui, par le principe de prĂ©caution. Je n'y connais rien, tout simplement. Je ne suis pas mĂ©decin, je ne suis pas virologue, enfin, je n'y connais rien. Donc, ce n'est pas pour des raisons mĂ©dicales. C'est pour, tout simplement, parce que je pense qu'aujourd'hui, on est en train de passer Ă cĂŽtĂ© et d'abandonner ce qui avait Ă©tĂ© dĂ©fini comme les objectifs prioritaires de la campagne de vaccination.
C'est-Ă -dire que les objectifs prioritaires, c'Ă©tait d'abord faire en sorte que la population qui est la plus vulnĂ©rable au dĂ©veloppement de la maladie, c'est-Ă -dire, en gros, on va simplifier, on va dire les plus de 60 ans, la plus vulnĂ©rable, on est en train d'accepter l'idĂ©e qu'une grande partie de cette population ne soit pas vaccinĂ©e. Et il y a mĂȘme des gens aujourd'hui qui s'alarment de cette situation et qui disent, attention, on va atteindre un plafond de verre et ce plafond de verre va faire en sorte que l'Ă©pidĂ©mie soit maintenue.
â Oui, mais si ces gens ne veulent pas, vous ne pouvez pas les forcer.
â Oui, mais lĂ , il y a un problĂšme parce que quand vous pensez qu'aujourd'hui, par exemple, les chiffres qui ont Ă©tĂ© publiĂ©s par le ministĂšre de la SantĂ© Ă la date du 20 mai, donc c'est trĂšs rĂ©cent, vous pensez qu'il y a un tiers des plus de 60 ans, un tiers, 33%, 32% exactement, des plus de 60 ans qui n'ont reçu aucune injection. C'est Ă©norme. Or, c'est ceux-lĂ qui, demain, risquent le plus d'ĂȘtre en service de rĂ©animation, qui risquent le plus de dĂ©velopper la maladie. â Et pour cela, vous seriez favorable Ă rendre le vaccin obligatoire ? â Personnellement, oui. â Oui ?
â Personnellement, je le suis pour la population qui est, disons, la plus exposĂ©e au risque de dĂ©veloppement de la maladie et donc, d'une certaine maniĂšre, du maintien de la situation de crise. Et je le suis, c'est d'ailleurs l'avis qui a Ă©tĂ© rendu trĂšs rĂ©cemment par l'AcadĂ©mie de mĂ©decine, pour toutes les populations qui sont en contact avec le public. Donc, les personnels soignants, les enseignants, enfin, voilĂ , tous les gens qui travaillent dans des secteurs oĂč on est en contact avec le public. Moi, je crois qu'Ă partir du moment oĂč on a fait le choix de la vaccination comme le moyen central de lutte pour mettre fin Ă cette pandĂ©mie, eh bien, je pense qu'il faut aller au bout.
Il faut aller au bout de cette logique. Parce que sinon, vous allez voir qu'on risque de se retrouver dans une situation de trÚs grande tension à la rentrée en septembre. Pourquoi ? Parce qu'en septembre, on va se rendre compte que finalement, on a atteint, on est allé au bout des gens qui sont d'accord, qui sont volontaires pour se faire vacciner. On va constater malgré tout que le virus continue de circuler. Et là , on dira, mais pourquoi est-ce qu'on n'arrive pas à régler le problÚme ? Eh bien, parce qu'on aura encore une bonne partie de la population, et notamment chez les plus de 50 et 60 ans, qui n'auront toujours pas été vaccinés. Et là , vous aurez les uns contre les autres.
C'est-à -dire, un certain nombre de Français diront, ah, mais c'est à cause de celui qui n'est pas vacciné qu'on est encore dans cette situation. Il faut faire trÚs attention à ça.
On va Ă©couter le point de vue de Gabriel Cluzel lĂ -dessus, mĂȘme si on passe des 12-16 ans aux plus de 60 ans. Mais ce qui est intĂ©ressant, vous parliez des gens qui n'Ă©taient pas vaccinĂ©s, c'est qu'il reste encore une partie non nĂ©gligeable des personnels de santĂ© qui ne veulent pas se faire vacciner, mĂȘme si le ministĂšre est extrĂȘmement discret sur ce point. Alors, en tout cas, vous ĂȘtes tous les deux d'accord. Vous ĂȘtes dĂ©favorable Ă l'ouverture de la vaccination. Pas forcĂ©ment pour les mĂȘmes raisons. Pas forcĂ©ment pour les mĂȘmes raisons. Mais c'est nĂ©anmoins intĂ©ressant. Et nos internautes, eux, sont beaucoup plus partagĂ©s puisqu'on vous pose la question sur Twitter.
Et c'est presque du moitiĂ©-moitiĂ©. Il y a une petite majoritĂ©, 51%, qui y est favorable. Nathalie est sur la mĂȘme ligne que Gabriel Cluzel. Nous ne connaissons pas les effets secondaires Ă long terme de ce vaccin sur les enfants. Donc, c'est absolument non. Le point de vue de Nadine, l'expĂ©rience vaccinale, aura son premier audit fin 2022. Il est imprudent d'injecter cette thĂ©rapie gĂ©nique qui a Ă©tĂ© créée en quelques mois Ă des enfants. et elle parle mĂȘme d'inconscience. Alors que Martin, lui, n'est pas d'accord à ça qui est formidable. C'est quand vous Ă©changez des points de vue qui sont diffĂ©rents. Sans vaccination des enfants, aucune perspective d'immunitĂ© collective.
Donc, mise en danger permanente de toute la population. C'est aussi la vie de l'habit. Oui, il faut vacciner les 12-16 ans car ce sont les personnes qui contaminent le plus. Et puis, vous l'attendiez, le voilĂ . Le point de vue de Babineau, les adolescents participent par la circulation du virus. Donc, oui, il faut vacciner le plus possible pour atteindre l'immunitĂ© collective. Vous n'ĂȘtes pas sensible Ă cet argument, Gabriel, en disant, mais si les enfants transmettent la pandĂ©mie et comme il faut que ça s'arrĂȘte, eh bien, prenons les dĂ©cisions.
Non, parce que je crois que dans ce domaine, il n'y a pas de certitude. Cette affaire d'immunitĂ© collective reste extrĂȘmement floue. On se rend compte qu'en Angleterre, oĂč on a Ă©tĂ© vaccinĂ© massivement, on commence Ă parler d'un variant indien qui reviendrait extrĂȘmement envahissant. Donc, la dĂ©monstration n'est pas approbante. Et en revanche, injecter un produit dont on ne connaĂźt pas les consĂ©quences Ă long terme, je ne dis pas qu'il y en aura forcĂ©ment, mais je ne dis qu'on ne les connaĂźt pas, eh bien, Ă des enfants qui ne courent pas un risque personnel, je trouve cela extrĂȘmement dangereux. Tout simplement.
Par ailleurs, c'est vrai que je ne vois pas non plus la logique puisque mĂȘme pour l'obligation des plus de 60 ans, ceux qui souhaitent, moi, je pense nĂ©cessaire que ceux qui souhaitent se faire vacciner se fassent vacciner. Actuellement, il y a encore un certain nombre de gens qui souhaitent se faire vacciner et qui n'ayant pas accĂšs Ă Internet ou pas de façon optimale ne l'ont pas fait. Mais en revanche, pourquoi obliger les gens puisque les gens vaccinĂ©s eux-mĂȘmes sont protĂ©gĂ©s ou en tout cas, si j'en crois, la logique du vaccin devrait ĂȘtre protĂ©gĂ© personnellement. Donc, les autres ne leur font pas courir de dangers particuliers.
Par ailleurs, pour revenir sur le personnel soignant ou mĂȘme les militaires, il y a un certain nombre de publics qui vont ĂȘtre visĂ©s jeunes potentiellement par une vaccination obligatoire. Il y a une vraie rĂ©flexion Ă avoir parce que les militaires n'y rendiront rien, ils se font vacciner sans mot dire mais les personnels soignants en gĂ©nĂ©ral sont un peu plus brillants sur ces sujets-lĂ . Mais c'est vrai qu'on cite souvent l'exemple de l'hĂ©patite B. On force le personnel soignant, c'est obligatoire ou ça l'a Ă©tĂ©, il y a des allĂ©es et venues, je crois, mais on les incite fortement Ă se faire vacciner contre l'hĂ©patite B. mais ils se protĂšgent eux-mĂȘmes.
Donc je crois qu'ils font dĂ©jĂ montre d'une grande, comment dire, grandeur d'Ăąme oĂč ils ont une belle vocation en Ă©tant personnel soignant. On ne peut pas leur demander plus de prendre des risques plus que nĂ©cessaire. Ils en prennent dĂ©jĂ alors qu'ils sont jeunes au mĂȘme titre que la population, que le reste de la population. Il me semble qu'Ă©tant jeunes, ils doivent bĂ©nĂ©ficier du mĂȘme raisonnement. Vous savez, je pense qu'il y a aujourd'hui toute une partie de la population qui ne se fait pas vacciner, non pas par doctrine ou par idĂ©ologie, mais tout simplement parce que c'est une partie de la population qui est Ă©cartĂ©e de tout, qui est loin de tout.
On est face Ă un phĂ©nomĂšne, moi, ce que j'appelle d'abstention vaccinale, au mĂȘme titre que l'abstention Ă©lectorale. C'est-Ă -dire qu'Ă partir du moment oĂč c'est un geste qui vient des institutions et tout, il y a toute une partie de la population qui se considĂšre comme en dehors de ça. Je vais vous raconter une expĂ©rience qu'on fait Ă Nanterre. C'est que depuis quelque temps, on a dĂ©cidĂ© justement de ne plus attendre que les gens nous appellent ou aillent sur Doctolib pour prendre rendez-vous pour se faire vacciner. On va aller voir.
C'est-à -dire qu'on installe sur les marchés, au pied des immeubles, on installe des tables avec des gens, avec des ordinateurs qui proposent des rendez-vous aux gens. Eh bien, je peux vous dire qu'à chaque fois qu'on le fait, on a entre 100 et 200 personnes à qui on donne des rendez-vous pour aller se faire vacciner. Alors, qu'est-ce qu'ils nous disent ? Ils nous disent « Ah, mais c'est compliqué. On nous a tellement dit qu'il n'y avait pas de vaccin, qu'il fallait attendre longtemps, etc. » Aujourd'hui, les ratés du démarrage de la campagne de vaccination continuent de peser sur l'état d'esprit d'une partie de la population à l'égard de cet acte. Et c'est contre ça qu'il faut lutter.
Et moi, je ne comprends pas pourquoi le gouvernement, on a l'impression qu'il renonce Ă aller chercher justement ce tiers de la population des plus de 60 ans alors que ça devrait ĂȘtre notre cible prioritaire. â Mais je pense que l'erreur a Ă©tĂ© de ne pas mettre les mĂ©decins, enfin l'erreur du point de vue du gouvernement, si sa stratĂ©gie Ă©tait de vacciner massivement, de ne pas mettre les mĂ©decins de ville. D'ailleurs, du reste, ça a Ă©tĂ© dit pour d'autres sujets, mais dans la boucle, parce que vous ne faites plus volontiers confiance Ă votre mĂ©decin de famille que effectivement au gouvernement, notamment pour tous les ratĂ©s qu'il y a eu au dĂ©but.
Vous dites « S'il m'a racontĂ© des cracks pour les masques, pourquoi il n'est pas de mĂȘme pour les vaccins ? » Et je crois que ces grands vaccinodromes ont quelque chose d'un peu inhumain pour un octogĂ©naire et donner la possibilitĂ© Ă son mĂ©decin de famille de vacciner aurait Ă©tĂ© sans doute plus payant.
â Merci beaucoup Ă tous les deux. Le dernier mot revient Ă nos internautes, Ă AxĂšne sur le site du Figaro. Il faudrait dĂ©jĂ avoir assez de vaccins pour les adultes. Alors AxĂšne, objectivement, ça va mieux lĂ . Les vaccins, ils arrivent, mĂȘme si on les a attendus longtemps. Et puis Chardon Bleu qui conclut « Je crois qu'il faut oser, oser ouvrir la vaccination aux 12-16 ans, sans obligation. » Ăcoutez, on en saura un peu plus tant que Ă 20h en Ă©coutant Olivier VĂ©ran. Merci beaucoup Ă tous les deux d'avoir acceptĂ© notre invitation. Merci Ă vous de nous avoir suivis. Et Point de vue revient bien sĂ»r demain Ă la mĂȘme heure et au mĂȘme endroit. Bonsoir. â Sous-titrage SociĂ©tĂ© Radio-Canada
Valérie Pécresse