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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 5 mai 2021 43 minActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprisesEurope & internationalInstitutions & élections

Compte rendu du Conseil des ministres du 5 mai 2021

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 73 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 8:00RelanceRéponse directe

    Les objectifs de vaccination seront tenus, mais certains Français contournent les priorités. Approuvez-vous ces méthodes ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Certains médecins refusent une 2e dose d'AstraZeneca. L'Allemagne a ouvert à tous les publics. Suivre ce modèle ?

  • 12:00OuverteÉludée

    Pourquoi les membres du gouvernement s'engagent-ils dans les élections départementales/régionales ?

  • 14:00OuverteRéponse partielle

    Mariages et couvre-feu à 21h : des dérogations possibles pour les invités ?

  • 16:00OuverteRéponse directe

    Comment le président abordera-t-il Napoléon lors du bicentenaire, figure controversée ?

  • 18:00RelanceRéponse directe

    Variants sud-africain : renoncer à AstraZeneca dans les départements concernés ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Chiffre
    « En une semaine, le nombre de nouveaux cas détectés a baissé de près de 20 %, et nous atteignons aujourd'hui des niveaux similaires à ceux que nous avons connus, en termes d'incidence, entre janvier et début mars. »
  • 2:00Chiffre
    « 440 personnes en moins dans les services de réanimation, en une semaine. »
  • 2:30Fait
    « Huit départements avaient encore un taux d'incidence au-dessus des 400 pour 100 000 habitants. Il n'y en a aujourd'hui plus un seul. »
  • 3:00Promesse
    « Le 19 mai sera donc bien une réouverture nationale des terrasses, des commerces, des lieux de culture et de sport. »
  • 4:30Chiffre
    « Nous sommes l'un des pays au monde qui a le moins fermé ses écoles depuis un an : quatre fois moins que les États-Unis, trois fois moins que l'Italie. »
  • 5:00Chiffre
    « Près de 300 000 tests seront réalisés cette semaine, tests salivaires, et nous monterons à 600 000 par semaine, d'ici quelques semaines. »
  • 5:30Chiffre
    « Seules 0,65 % des classes ont dû être fermées. »
  • 7:00Chiffre
    « 81 000 contrôles de respect du couvre-feu ont été menés, plus de 15 000 personnes ont été verbalisées. »
  • 7:30Chiffre
    « 3 564 arrêtés de quarantaine et 52 arrêtés d'isolement ont été pris. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Mesdames, Messieurs, bonjour à toutes et à tous, nous nous retrouvons aujourd'hui pour un nouveau compte-rendu du Conseil des ministres et nos échanges de ce matin ont bien évidemment d'abord été l'occasion de faire un tour d'horizon de la situation sanitaire, alors même que nous avons commencé la réouverture très progressive de notre pays. Tout comme il faut le dire quand la situation est mauvaise, nous pouvons le dire aujourd'hui, les indicateurs laissent apparaître une amélioration nette de la situation sanitaire. En une semaine, le nombre de nouveaux cas détectés a baissé de près de 20 %, et nous atteignons aujourd'hui des niveaux similaires à ceux que nous avons connus, en termes d'incidence, entre janvier et début mars.

Le taux d'incidence, lui aussi, diminue à 224, une baisse de plus de 20 % en une semaine. Quant à la pression hospitalière, elle s'infléchit enfin, avec 440 personnes en moins dans les services de réanimation, en une semaine. Autre exemple de cette décrue : vendredi, quand le président de la République s'est exprimé et a indiqué et communiqué sur le calendrier de réouverture, huit départements avaient encore un taux d'incidence au-dessus des 400 pour 100 000 habitants.

Il n'y en a aujourd'hui plus un seul et si nous maintenons nos efforts, le 19 mai sera donc bien une réouverture nationale des terrasses, des commerces, des lieux de culture et de sport. Régionalement, le taux d'incidence baisse partout, avec toutefois des différences entre les régions qui connaissent des mesures de freinage depuis plus longtemps, et où la diminution de l'épidémie est plus forte. Je pense notamment à l'île de France, où le taux d'incidence baisse de plus de 22 %, ou encore à la région Paca, où la situation s'améliore nettement et où l'incidence baisse de plus d'un quart.

L'épidémie recule plus rapidement aussi dans l'ouest du pays, notamment en Bretagne, en Pays de Loire et en Centre-Val de Loire. C'est une évolution un peu moins rapide, en revanche, en Auvergne-Rhône-Alpes, en Bourgogne-Franche-Comté, ou encore en Corse. Ne nous méprenons pas sur ces chiffres.

Ils indiquent une tendance favorable, ils nous montrent que nous avions raison d'avancer en confiance vers la sortie de crise, mais ils nous montrent surtout qu'il faut continuer à faire attention, poursuivre nos efforts, au risque, sinon, de gâcher ceux qui ont été consentis jusqu'à présent. D'abord parce que si le repli de l'épidémie s'accélère, il reste toujours plus lent qu'au mois de novembre, après le deuxième confinement. Notre hôpital et nos services de réanimation sont toujours extrêmement sollicités et je veux, une nouvelle fois, rendre hommage à toutes les femmes, à tous les hommes qui sont engagés, investis, mobilisés aujourd'hui à l'hôpital, pour continuer à accueillir et à soigner des patients.

Le nombre de cas détectés est plus faible et il diminue vite, mais il reste très élevé, et ce n'est pas parce que le virus décroît, évidemment, qu'il est moins dangereux pour celles et ceux qui sont contaminés. Ensuite, vigilance à maintenir, parce que la menace des variants reste réelle. Vous savez que les variants dits brésilien, sud-africain, se maintiennent à un niveau équivalent depuis plusieurs mois, au niveau national.

Mais il y a des territoires de préoccupation importante, notamment en île de France, où ces variants représentent désormais 11 % des contaminations. C'est 13 % à Paris, c'est 14 % dans le Val-de-Marne, et on voit que cette part progresse, mais également dans certains autres territoires qui nous préoccupent plus particulièrement, notamment la Charente avec 15 % des contaminations représentées par ces variants, ou la Vendée, où ces variants représentent 14 % des contaminations. Face à cela, vous le savez, nous continuons à déployer notre politique de criblage et de séquençage des tests positifs.

La France est dans le trio de tête des pays européens qui produisent le plus de séquençages et de criblages. Nous sommes aujourd'hui à 5 000 par semaine et nous serons bientôt à 8 000 par semaine. C'est donc un investissement qui est tout à fait massif.

Respecter les règles, c'est garantir la réouverture du pays. Ce matin, le président de la République a évidemment eu l'occasion de revenir sur les étapes des prochaines semaines. La première étape, nous l'avons franchie, vous le savez, c'est la rentrée des classes en présentiel.

La semaine dernière pour les crèches, les maternelles et les primaires, et avant-hier pour les collèges et les lycées. Cette rentrée s'est bien déroulée. Près de 300 000 tests seront réalisés cette semaine, tests salivaires, et nous monterons à 600 000 par semaine, d'ici quelques semaines.

Nous avons fait en sorte que tous les personnels de l'Éducation nationale reçoivent deux autotests par semaine, et ce sera bientôt le cas, vous le savez, des lycéens. Des protocoles stricts sont appliqués dans toutes les classes, avec la fermeture automatique des classes dès le premier cas détecté. La semaine dernière, seules 0,65 % des classes ont dû être fermées.

C'est donc une rentrée en confiance, sous le sceau de la sécurité sanitaire, qui est en train de se dérouler. Je m'en réjouis et je veux remercier une nouvelle fois, et féliciter, tous les personnels de l'Éducation nationale, et évidemment les personnels des collectivités locales, qui travaillent dans les établissements scolaires et qui ont permis cette reprise sereine des cours en présentiel. Nous sommes l'un des pays au monde qui a le moins fermé ses écoles depuis un an : quatre fois moins que les États-Unis, trois fois moins que l'Italie.

Des écoles ouvertes, ce sont des élèves protégés, ce sont des savoirs acquis, c'est une égalité sociale renforcée, et nous avons de quoi être fiers de cette spécificité française, que nous revendiquons. Le 19 mai ensuite, comme promis fin mars, par le président de la République, marquera la deuxième étape de la levée progressive des mesures, avec le décalage du couvre-feu à 21 heures, ainsi que la réouverture des commerces, des terrasses, de la culture et du sport. C'est une étape qui est très attendue, je le sais.

Elle sera une bouffée de liberté pour tous les Français, elle est à portée de main. Les gestes barrières respectés, c'est une réouverture assurée. Nous continuons donc, évidemment, à nous mobiliser toutes et tous.

Nous poursuivons aussi, évidemment, le contrôle du respect des mesures qui ont été édictées. Le week-end dernier, encore, 81 000 contrôles de respect du couvre-feu ont été menés, plus de 15 000 personnes ont été verbalisées. Nous avons continué aussi notre travail vis-à-vis des fêtes clandestines.

La semaine dernière, nous avons, par exemple, interrompu une rave party, qui regroupait 650 personnes au Corlay, dans les Côtes d'Armor, et 574 personnes y ont été verbalisées. Nous continuerons également à faire respecter les mesures de quarantaine stricte pour les personnes qui arrivent de pays où des variants du virus circulent particulièrement activement. La semaine dernière, 3 564 arrêtés de quarantaine et 52 arrêtés d'isolement ont été pris.

Près de 2 500 contrôles ont eu lieu au domicile des personnes qui venaient d'un de ces pays et qui ont fait l'objet d'un arrêté de quarantaine, donc 2 500 contrôles à domicile, et qui ont permis de dresser 141 verbalisations à des personnes qui avaient cru pouvoir s'affranchir des règles d'isolement. Ce sont donc 141 personnes dont nous avons constaté qu'alors même qu'il leur était demandé, par arrêté préfectoral, de rester chez elles pour s'isoler, n'ont pas respecté ces règles et ont donc été verbalisées avec des amendes, je le rappelle de 1 000 à 1 500 euros, qui sont désormais prononcées. Nous sommes très fermes sur ces questions-là et nous l'assumons, car nous ne pouvons évidemment prendre à la légère le risque de nouveau variants.

À ce sujet, je veux vous informer, vous annoncer, que nous allons faire rentrer plusieurs autres pays dans la liste des pays qui font l'objet de mesures de quarantaine et de contrôles plus importantes. Je ne peux pas vous donner aujourd'hui la liste de ces pays parce que les notifications diplomatiques sont en train d'être faites et évidemment, nous prévenons les premiers concernés avant de le communiquer publiquement, mais ce sera fait dans les prochaines heures et nous pourrons alors communiquer cette liste, pour des mesures qui s'appliqueront d'ici à la fin de la semaine. C'est ce qui a été décidé ce matin en Conseil de défense et de Sécurité nationale.

Après le 19 mai nous continuerons à avancer avec prudence et pragmatisme sur le chemin de la réouverture du pays. Ce calendrier des réouvertures, c'est d'abord celui des promesses tenues. Il répond à ce que le président de la République avait annoncé fin mars dans son allocution devant les Français.

Ce calendrier, c'est ensuite celui de la prudence, du pragmatisme, avec des mesures très progressives et des filets de sécurité. Ce calendrier, enfin, c'est celui de la projection vers la sortie de crise, vers l'après. Il donne un cap, il donne des échéances, il donne une visibilité, qui permet à l'ensemble des acteurs de notre pays de se projeter, et nous sommes en mesure de les atteindre.

Ce calendrier nous donne aussi de nouveaux outils. Je pense en particulier au pass sanitaire qui permettra, le moment venu, de retourner dans les stades, dans les concerts et dans de grands événements. Dans quelques jours, le Premier ministre précisera un certain nombre d'éléments de ce calendrier de réouverture, mais je peux à nouveau, et déjà, vous donner une assurance.

Évidemment que l'accompagnement économique en direction des secteurs qui sont les plus impactés par la crise se poursuivra. Les aides seront maintenues intégralement ce mois-ci et leur seul point final sera le retour à la normale. Elles seront évidemment adaptées en fonction de la reprise de l'activité, mais évidemment que le soutien économique se poursuivra.

Et si nous sommes aujourd'hui en mesure d'envisager ce calendrier et cette levée progressive des contraintes, c'est parce que les Français ont fait beaucoup d'efforts et que ces efforts produisent leurs effets, et c'est aussi parce que nous avons des progrès dans la vaccination. Au moment où nous parlons, ce sont 16,5 millions de personnes qui ont reçu au moins une dose du vaccin. C'est un adulte sur trois.

Hier, ce sont encore 550 000 personnes qui ont reçu une injection du vaccin. La vaccination avance et nous tiendrons nos objectifs : vingt millions de personnes ayant reçu une première injection à la mi-mai, 30 millions de personnes ayant reçu une première injection à la mi-juin, et tous les adultes qui le souhaitent d'ici à la fin de l'été. Je veux dire également que nous entendons évidemment l'impatience très forte de beaucoup de Français autour de la vaccination.

Nous avons, vous le savez, décidé d'ouvrir la vaccination à toutes les personnes qui présentent un facteur de risque, un facteur de comorbidité, quel que soit leur âge. Je sais que les Français respecteront ces priorités. Une vaccination réussie, c'est évidemment une vaccination ordonnée et solidaire.

Ce sont aujourd'hui 31,5 millions de Français qui sont éligibles à la vaccination du fait de ces critères. Il faut évidemment en déduire les 16,5 millions de Français qui ont reçu une injection, mais au global, le public qui est aujourd'hui éligible à la vaccination est celui-là. Mesdames, Messieurs, ce Conseil des ministres a également été l'occasion, grâce à une communication de la ministre de la Transformation et de la Fonction publique, Amélie de Montchalin, de revenir quelques instants sur le bilan de quatre ans d'actions au service des Français.

Ce mandat a été, et reste, celui de réformes profondes du pouvoir d'achat et de l'égalité. Je pense au recrutement de 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires. Je pense au remboursement intégral, à la prise en charge à 100 % des lunettes, des prothèses auditives et dentaires.

Je pense à l'augmentation de 100 euros par mois au niveau du SMIC. Je pense à l'augmentation du minimum vieillesse et de l'allocation adulte handicapé, à la construction de 10 000 kilomètres de pistes cyclables, au congé paternité qui a été doublé et porté à un mois, à la capacité de prélever directement une pension alimentaire sur le compte d'un conjoint défaillant, ou encore aux aides à la rénovation des logements avec Ma Prime Rénov', une prime qui peut aller jusqu'à 20 000 euros pour des ménages qui souhaitent rénover leur logement pour garantir son isolation thermique. Je ne liste ici que quelques-unes des avancées du mandat ; mais surtout, nous souhaitons que les Français puissent les juger sur des résultats.

Nous avons donc mis en place le baromètre de l'action publique, avec les résultats de notre action, département par département, autour de 25 réformes prioritaires, 36 à partir du 7 mai. Concrètement, cela veut dire que tous les Français peuvent se connecter sur ce baromètre, et regarder très concrètement ce qui a changé, ce qui a évolué dans leur département autour de 25, et bientôt 36 réformes prioritaires : Qu'est-ce qui a changé en termes de pistes cyclables ? Qu'est-ce qui a changé en termes de maisons France Services pour accéder à des services publics ?

Qu'est-ce qui a changé en termes de maisons de santé pour accéder à des soins ? Qu'est-ce qui a changé en termes éducatifs avec le dédoublement des classes ? Combien de kilomètres de fibre ont été déployés dans mon département ?

Tous ces résultats qui sont territorialisés, c'est-à-dire donnés département par département, sont accessibles à tous les Français sur le site Internet du gouvernement, gouvernement.fr, onglet Baromètre de l'action publique. Ce sont déjà 500 000 Français qui se sont connectés sur ce portail pour aller regarder très concrètement les résultats qui ont été obtenus dans leur département.

Et évidemment, j'invite toutes les Françaises et tous les Français qui nous écoutent à le faire, et à aller regarder. Je veux insister sur le fait que, au-delà de cet outil et au-delà du baromètre, c'est bien une philosophie nouvelle de l'action publique qui a été engagée : celle de se donner des objectifs territorialisés, celle d'être transparents sur les résultats obtenus, sur le chemin parcouru, qui est aussi une capacité à mobiliser sur le terrain l'ensemble des acteurs, y compris d'ailleurs les acteurs publics. Ce conseil des ministres a également été l'occasion d'adopter, comme chaque semaine, un certain nombre de textes.

Le premier d'entre eux est un projet de loi ratifiant une ordonnance sur l'hydrogène, que vous avais déjà présentée il y a quelques semaines. Il s'agit de nous donner les outils légaux pour préparer l'arrivée de l'hydrogène dans notre pays, hydrogène qui pourrait être, je le rappelle, une réelle révolution verte pour l'énergie dans notre pays. Deuxième texte présenté ce matin, un projet de loi autorisant la ratification de la Convention internationale pour la protection des personnes à l'égard du traitement automatisé des données à caractère personnel, un nom de convention très long pour une chose que nous connaissons bien : le traitement de nos données numériques.

Concrètement, il s'agit ici de renforcer le contrôle et la protection de nos données. Troisième texte : une ordonnance sur les dispositions du Code de l'éducation relatives à l'Outre-mer. C'est un texte qui vise notamment à clarifier la répartition des compétences entre l'État et les collectivités locales.

Ce texte tient compte de la création des collectivités territoriales de Saint-Barthélemy et Saint-Martin, et de la création d'une académie de plein exercice à Mayotte, comme vous le savez. Enfin, la ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion, Elisabeth Borne, a présenté une communication sur la mise en oeuvre de la réglementation européenne sur le travail détaché. Il faut se souvenir que cette question du travail détaché était l'un des premiers engagements européens du président de la République, dès 2017, pour que nous puissions réformer ce système qui, vous le savez, pénalisait à la fois l'emploi et un certain nombre d'acteurs économiques et de filières dans notre pays.

Il y avait eu des propositions très fortes qui avaient été faites dès le début de ce quinquennat, et des avancées très fortes qui ont été obtenues à l'initiative de la France au niveau européen. Je veux retenir trois axes. D'abord, un arsenal juridique renforcé depuis 2017, notamment à l'initiative de la France, je le disais, pour limiter la concurrence déloyale.

Nous avons étendu les droits minimum garantis pour chaque salarié détaché. Nous avons renforcé les obligations à la charge de l'employeur, et nous avons doublé le plafond des amendes en cas de manquements, en le passant de 2 000 à 4 000 euros par salarié. Deuxième axe : nous avons considérablement renforcé nos contrôles.

Près de 25 000 contrôles ont eu lieu en 2019, un quart de plus que l'objectif qui avait été fixé ; une explosion de l'objectif visé également réussie en 2020, malgré la crise, puisque l'Inspection du travail a pu procéder à 27 % de contrôles en plus de ce qui était prévu, en 2020 donc, une année qui était particulièrement perturbée, vous le savez. Au total, 1 200 amendes ont été notifiées, pour un montant global de 6,8 millions d'euros. Nous ne restons pas passifs : on inspecte et on sanctionne pour faire respecter les règles que nous avons renforcées.

Troisième axe enfin : une réduction du recours au travail détaché en s'attaquant, avec les partenaires sociaux, aux origines profondes du phénomène sur le terrain. Dès ce mois-ci, nous allons engager des discussions avec les partenaires sociaux pour des plans d'action ciblés et adaptés selon les territoires et selon les secteurs. La France s'est donc placée à l'avant-poste de la lutte contre la concurrence déloyale en Europe, et nous avons obtenu des avancées et les premiers résultats.

Elle se place aussi en tête pour permettre des avancées sociales collectives pour tous les Européens. Vous le savez, le président de la République a, là aussi, tracé un chemin ambitieux lors de son discours de la Sorbonne en septembre 2017. Le sommet de Porto, qui se tient en cette fin de semaine, sera l'occasion d'avancées concrètes, et de faire de l'Europe sociale, qui a longtemps été un slogan, une réalité encore plus forte.

Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je pouvais vous dire du conseil des ministres qui s'est tenu ce matin, et je me tiens maintenant à votre disposition pour répondre à vos questions. Bonjour, Marie Chantrait, pour TF1 et LCI. Une question sur la vaccination.

Les objectifs seront tenus, dites-vous, et vous assurez que les Français respectent les critères. Force est de constater, aujourd'hui, que certains font tout pour se faire vacciner. Approuvez-vous certaines de ces méthodes ?

Je vous disais à l'instant que j'entends parfaitement l'impatience de très nombreux Français qui aimeraient pouvoir se faire vacciner au plus vite. Je redis qu'aucun pays dans le monde aujourd'hui ne dispose de suffisamment de doses, très peu de pays, pour ouvrir la vaccination immédiatement à l'ensemble de sa population, pouvant satisfaire ses demandes. Donc dans un premier temps, il faut se donner des priorités, ordonner ces priorités ; c'est ce que nous faisons depuis le mois de janvier.

Et nous le faisons en ciblant les personnes qui sont les plus à risque de faire une forme grave de la maladie, parce que ce sont celles qui ont le plus de risques de faire cette forme grave, de décéder ; aussi parce que c'est ce qui permet d'alléger au plus vite la pression sur notre hôpital, sur notre système de santé, et donc de pouvoir lever progressivement les contraintes. Á chaque fois que nous recevons des doses supplémentaires, et on se bat pour en recevoir : on a obtenu, vous le savez, sept millions de doses supplémentaires de Pfizer sur ce trimestre parce que nous nous battons aussi au niveau européen pour obtenir des doses, nous ouvrons la vaccination à davantage de public. C'est ce que nous avons fait, encore une fois, le week-end dernier, pour quatre millions de Français supplémentaires, quel que soit leur âge, qui ont des fragilités.

Je vous disais à l'instant : aujourd'hui, le public qui est concerné par la vaccination au regard de ces critères, c'est 31,5 millions de Français. Il y a 16,5 millions de Français qui ont reçu une première dose, c'est-à-dire à peu près 50 % de ce public-cible, on va dire. Donc il reste beaucoup de Français qui sont plus à risque de faire une forme grave, qu'il nous faut vacciner en priorité.

Ça ne nous a évidemment jamais empêchés de prendre toujours les décisions nécessaires pour élargir quand il le faut les publics-cibles à la vaccination. Parce qu'il y a évidemment un point que nous voulons absolument, et que nous tenons absolument à éviter, c'est celui de se trouver avec des rendez-vous, avec des doses disponibles qui ne trouvent pas preneurs dans nos centres de vaccination. Cet objectif-là, il nous guide évidemment autant que celui de permettre aux Français qui en ont besoin d'être protégés, ce qui nous a amenés encore une fois à parfois adapter notre calendrier, à anticiper un certain nombre d'échéances, et à toujours nous adapter.

Et évidemment, c'est un travail qui continue à nous mobiliser. Mais certains Français sans aucune comorbidité se présentent aujourd'hui, arrivent à se faire vacciner, ne sont pas prioritaires ; est-ce que vous dites : " Attendez votre tour " ? Je ne suis pas là pour faire des leçons de morale.

Je suis là pour donner des informations, c'est mon rôle de porte-parole du gouvernement, en essayant d'être le plus clair possible. Ce que je sais pour en visiter régulièrement, presque chaque semaine, c'est que dans chaque centre de vaccination, vous avez des professionnels de santé et des médecins qui réalisent un entretien avec des personnes qui viennent se faire vacciner et qui peuvent avoir un échange avec elles, ne serait-ce que pour vérifier qu'elles n'ont pas une maladie ou une indication qui contre-indique le fait de se faire vacciner dans l'immédiat. Et moi je fais aussi confiance évidemment à la responsabilité de chacun, mais confiance aussi au travail qui est mené dans nos centres de vaccination par les professionnels de santé.

Une dernière question sur AstraZeneca : Certains médecins ont la plus grande difficulté à écouler ses doses. Certains refusent de se faire vacciner avec une deuxième dose d'AstraZeneca. Qu'est-ce que vous comptez faire ?

L'Allemagne a ouvert à tous les publics le vaccin. Est-ce que ça pourrait être un modèle à suivre ? Merci beaucoup.

Ce sont quelques länder allemands qui ont effectivement ouvert la vaccination à l'ensemble des publics en leur faisant signer une décharge malgré ce qu'avaient indiqué les autorités de santé, je crois que c'est trois ou quatre länder allemands. On a vu effectivement cette décision. Olivier Véran a eu l'occasion de dire qu'il avait interrogé la Haute Autorité de santé, le professeur Fischer, vous savez, qui préside le Conseil stratégique et d'orientation de la politique vaccinale sur cette possibilité, que le résultat de cette demande devait nous arriver d'ici à la fin de la semaine mais que, des premiers retours dont disposait Olivier Véran, il ne semblait pas que ce soit une réponse favorable à cette demande.

Et, à nouveau, moi je pense que l'un des leviers de la confiance, c'est à la fois la transparence et c'est le fait de suivre scrupuleusement, quand on parle de ces enjeux de vaccination, les recommandations qui sont faites par les autorités de santé indépendantes dans notre pays et au niveau européen. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas un travail à mener pour renforcer la confiance dans le vaccin AstraZeneca, évidemment. Je pense qu'un des premiers points c'est aussi d'insister sur le fait qu'il y a beaucoup de Français qui se font vacciner avec AstraZeneca.

Je crois que, rien que la semaine dernière, c'est près de 200 000 Français qui se sont fait vacciner avec AstraZeneca. On parle souvent de ceux qui ne veulent pas se faire vacciner avec Astra, on parle malheureusement peu des Français qui vont se faire vacciner chez leur pharmacien, chez leur médecin traitant ou dans les centres de vaccination avec AstraZeneca. Et je pense que le fait de le dire, de le mettre en avant, vous avez vu y compris que le gouvernement a donné de sa personne pour cela puisqu'un certain nombre de membres du gouvernement, que ce soit Jean Castex, Jean-Michel Blanquer, Sophie Cluzel, Alain Griset, se sont fait vacciner avec AstraZeneca devant vos caméras pour montrer que, oui, il y a des Français qui se font vacciner avec AstraZeneca.

Et il faut donc continuer à convaincre mais c'est vrai qu'un certain nombre de pays " consomment " davantage de vaccins AstraZeneca que la France. Le dernier chiffre qu'avait donné Olivier Véran, c'est que 75 % des doses d'AstraZeneca qui avaient été reçues avaient été injectées. Je crois que c'est un peu descendu mais il y a donc une marge de progression et croyez bien que nous nous employons évidemment, avec les professionnels de santé qui sont aux avant-postes, pour convaincre les patients, nous nous employons évidemment à progresser sur ce point.

Bonjour Monsieur le ministre, Maxence Lambrecq, France Inter. Est-ce qu'il a été question, lors de ce Conseil, des élections départementales et régionales puisque dimanche Jean Castex s'est engagé dans la campagne en PACA, hier Gérald Darmanin a annoncé sa candidature aux départementales dans le Nord et aujourd'hui sur France Inter nous annonçons bien la candidature d'Éric Dupond-Moretti dans les Hauts-de-France, ma consoeur Karine Bécard vient de me le confirmer. Pourquoi vous vous engagez autant ?

Est-ce qu'il y a une urgence, est-ce que vous avez déjà la tête à la présidentielle ? Est-ce qu'il faut à tout prix barrer la route à Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France ? D'abord, non il n'a pas été question de ces élections en Conseil des ministres.

Vous imaginez bien qu'au regard des sujets que j'ai évoqués, c'est évidemment le travail du gouvernement qui fait l'objet de discussions en Conseil des ministres. Il y a évidemment une majorité et des partis qui présentent des candidats aux élections, qui organisent des campagnes mais évidemment ça n'est pas l'objet du Conseil des ministres. La deuxième chose c'est qu'on se connaît maintenant et vous savez que je suis ici le mercredi, en sortie du Conseil des ministres à l'Élysée, dans mon rôle institutionnel de rendre compte de l'action du gouvernement, de rendre compte de ce qui s'est dit en Conseil de défense et en Conseil des ministres sur les différents sujets qui animent le gouvernement en ce moment et que je m'exprime assez peu voire pas du tout sur les questions de politique électorale ou partisane dans ce cadre-là.

Je le fais régulièrement sur vos plateaux ou en répondant à vos interviews, ce qui m'arrive assez régulièrement. C'était encore le cas hier soir, dimanche dernier, ce sera encore le cas en fin de semaine, notamment sur France 3 ce dimanche, et donc vous comprendrez que je ne vais pas ici parler de ces échéances. Je ne crois pas que ce soit le lieu et le moment puisque je suis là dans mon rôle institutionnel de porte-parole du gouvernement.

Bonjour Monsieur le ministre, Jacques Serais, RTL. Les mariages pourront être de nouveau organisés à partir du 19 mai puis avec une plus grande jauge au mois de juin. Est-ce qu'on peut imaginer qu'il y ait par exemple des dérogations pour les invités, pour le couvre-feu qui serait limité à 21 heures ?

Sur ce point je n'ai pas de précisions supplémentaires à donner. Je vous ai dit que le Premier ministre s'exprimerait en début de semaine sur cette question des réouvertures, pour donner davantage de précisions sur le calendrier. J'entends parfaitement la question des mariages.

Je reçois beaucoup de messages pour tout vous dire, y compris sur les réseaux sociaux, de personnes qui ont pour projet de se marier, parfois depuis plus d'un an et depuis que la pandémie a malheureusement éclaté partout dans le monde, et donc j'entends parfaitement ces questions qui sont posées et nous avons parfaitement conscience de la nécessité d'avoir là aussi de la visibilité et un discours assez clair sur ces questions-là. Vous savez qu'il y a la question des mariages civils en mairie qui sont aujourd'hui possibles, on avait d'ailleurs élargi les jauges puisqu'au début c'était très limité, à six personnes, puis on les avait adaptées pour permettre qu'un plus grand nombre de personnes puissent s'y rendre. Mais j'entends évidemment que pour tout " l'évènementiel ", les fêtes, il y a des questions qui sont posées.

Je ne peux pas aujourd'hui vous donner davantage de précisions mais on aura l'occasion de le faire prochainement. Je me fais le relais de questions de RFI sur l'enlèvement d'un journaliste français au Mali. L'enlèvement a eu lieu il y a un mois.

Avez-vous plus d'informations sur ses conditions de détention, son état de santé, s'il y a une demande de rançon ou pas ? L'Armée française était-elle au courant depuis longtemps ? Des négociations ont-elles été engagées ?

Merci. Je peux vous confirmer la disparition au Mali du journaliste Olivier Dubois et je veux évidemment immédiatement lui adresser mes pensées, adresser mes pensées à ses proches et adresser mes pensées à l'ensemble des rédactions avec lesquelles il avait l'habitude et il a l'habitude de travailler. Nous sommes en lien évidemment avec sa famille, avec ses proches.

Nous effectuons et nos services effectuent actuellement les vérifications techniques d'usage sur la vidéo qui a été diffusée. Je ne dispose pas davantage d'informations à ce stade à vous communiquer. Ce que je peux vous dire, c'est que nous travaillons évidemment d'ores et déjà étroitement avec les autorités maliennes et nous renouvelons évidemment notre recommandation, notre demande de ne pas se rendre sur cette zone qui est particulièrement à risque.

Nous aurons l'occasion de communiquer ultérieurement sur davantage de précisions. Bonjour, Loïc Signor, CNEWS. Le président de la République va commémorer cet après-midi le bicentenaire de la mort de Napoléon.

Cela suscite pas mal d'indignation chez certaines personnes, y compris à gauche dans l'échiquier politique, notamment à cause de sa participation dans le rétablissement de l'esclavage. Comment est-ce que le président de la République va aborder cette figure controversée et quel sens politique veut-il donner à ces commémorations ? D'abord le président de la République s'exprimera cet après-midi et il tiendra un discours et donc je ne vais pas, moi en avance, vous en livrer le détail.

Mais ce que je peux vous dire puisqu'on a eu l'occasion d'y revenir ce matin en Conseil des ministres, c'est que nous avons une volonté et une ambition qui est celle de regarder notre histoire en face, de regarder notre héritage lié à notre histoire, et regarder ses parts les plus lumineuses, ses parts les plus sombres aussi, des fautes historiques qui ont pu être commises, mais nous le regardons en face. J'entends que certains considèrent qu'il ne faudrait pas commémorer Napoléon qui est une figure de notre histoire. J'entends que d'autres disent qu'il faudrait le célébrer davantage.

C'est bien que nous ayons le juste équilibre dans la manière d'appréhender cet héritage-là et cette commémoration. Et, encore une fois, le président de la République aura l'occasion de s'exprimer cet après-midi et de procéder à cette commémoration. Bonjour, Laurence Benhamou de l'AFP.

Vous avez dit que le variant sud-africain est plus présent, notamment à Paris et aussi dans un autre département, la Charente c'est cela ? Il y a d'autres départements où il est très présent mais où on constate une diminution. Vous vous souvenez, par exemple, le département de la Moselle où il y avait eu la première alerte et où je crois que la part du variant dans les contaminations était passée jusqu'à 30 % ?

Je crois qu'elle est aujourd'hui de 15 % et globalement plusieurs départements dans l'est de la France ont un niveau de présence des variants brésilien / sud-africain supérieur à la moyenne nationale mais dans l'est de la France, on constate plutôt une diminution, c'est plutôt rassurant. Ce qui explique que vous avez une augmentation dans certains territoires je citais notamment l'Île de France et deux autres départements, Charente et Vendée. Vous avez une diminution dans d'autres territoires, ce qui explique qu'au niveau national la part de ces variants dans les contaminations s'élève autour de 5 %.

C'était, je crois, au mois de janvier autour de 4,5 % donc on reste au niveau national sur un équilibre mais il y a certains territoires où il y a une préoccupation plus importante. C'est pour ça qu'on augmente notre capacité de séquençage, c'est pour ça qu'on a une attention particulière évidemment s'agissant du traçage de l'établissement, de la liste des cas contacts et de l'isolement. On a vu que cette politique et cette attention particulière produisaient des effets, notamment en Moselle, le département que je citais en exemple tout à l'heure.

Apparemment le vaccin AstraZeneca ne serait pas très efficace sur ce variant sud-africain, d'ailleurs l'Afrique du Sud y a renoncé. D'autres pays, pour d'autres raisons d'ailleurs, y ont renoncé, par exemple le Danemark. Est-ce que dans ces départements où le variant sud-africain a augmenté, vous pourriez, comme vous l'avez fait en Moselle, ce qui explique peut-être le recul de ce variant, renoncer au vaccin AstraZeneca s'il n'est pas efficace contre ce variant.

J'entends la question. Cela n'est pas du tout prévu à ce stade. Je vous parlais tout à l'heure de la part des variants qui circulaient en Moselle, notamment quand nous avons dû adapter notre politique vaccinale.

Ça a aussi été le cas dans les territoires ultramarins où là la part était encore plus importante si ce n'est majoritaire. Ça n'est heureusement pas le cas aujourd'hui dans les départements que j'ai évoqués et je rappelle qu'aujourd'hui la priorité c'est évidemment de protéger, que tous les vaccins protègent. Il y a des discussions scientifiques et des études scientifiques qui indiquent que, sur certains variants, certains vaccins pourraient être moins efficaces mais tous les vaccins ont une efficacité et l'urgence aujourd'hui, c'est de protéger le plus grand nombre de Français.

Je relaie une autre question de ma consoeur Elisabeth Pineau de Reuters qui demande si, comme les discussions s'intensifient à Paris entre le gouvernement et les syndicats d'EDF sur la restructuration d'EDF, cela signifie qu'un accord sur ce dossier avec la Commission européenne serait imminent ? Je n'ai pas d'informations sur l'imminence d'un accord. En revanche, je peux vous confirmer qu'il y a des discussions, que ce soit avec les partenaires sociaux et au niveau européen, qui se poursuivent.

Mais je n'ai pas de calendrier aujourd'hui à vous donner ou d'imminence à annoncer s'agissant d'un accord. Et j'ai une question de ma consoeur Ania Nussbaum de Bloomberg, qui parle du litige sur la pêche entre la France et le Royaume-Uni. La ministre de la Mer a laissé entendre qu'en rétorsion aux menaces de la Grande-Bretagne de ne pas donner accès aux navires français de pêche dans ses eaux, elle pourrait aller jusqu'à couper l'électricité de l'île de Jersey, qui est alimentée par des câbles venant de France et il y a la même possibilité sur l'île de Guernesey.

Merci. Sur ces possibilités spécifiques je n'ai pas de précisions à vous donner et je pense que ma collègue Annick Girardin aura l'occasion de s'exprimer. Ce que je peux vous dire, puisque j'avais eu l'occasion de le dire la semaine dernière ou la précédente ici même, c'est qu'évidemment il n'y a absolument aucune naïveté de notre part s'agissant du respect de l'accord lié au Brexit, et notamment s'agissant de la pêche, et qu'au contraire il y a une détermination absolue à faire respecter l'accord que nous avons conclu avec les Britanniques, et que nous continuerons à tout mettre en oeuvre pour faire respecter cet accord.

Donc les rétorsions sont possibles. Je n'ai pas d'information sur ce sujet-là donc je ne commente pas ce sujet-là spécifiquement. Merci.

Bonjour Monsieur le ministre, Louis de Raguenel, Europe 1. Ma question porte sur l'exercice et la pratique du pouvoir depuis le début du Covid et donc de la crise sanitaire qui a évolué, avec notamment la création des conseils de défense sanitaire et les conseils des ministres, maintenant en distanciel pour la plupart d'entre eux. On sait que vous vous participez à chaque Conseil des ministres, mais avec la baisse de l'épidémie et puis le retour que tout le monde souhaite à la vie normale, est-ce qu'il est prévu qu'il y ait une fin de ces conseils de défense sanitaire, première question ?

Et ensuite, s'agissant plus précisément des conseils des ministres, quel enseignement, vous, vous en tirez puisque vous avez participé à tous ces conseils des ministres ? Vous étiez parfois assez peu nombreux autour de la table. Est-ce qu'il est prévu aussi qu'il y ait une reprise de ces conseils des ministres de manière physique ?

Est-ce que vous avez une date ? Et ensuite, à titre d'exemple, par exemple aujourd'hui combien de ministres étaient présents au conseil des ministres ? Et est-ce que ce chiffre est un indicateur de la période qu'on vient de vivre, des derniers mois ?

Merci beaucoup. Merci pour vos questions. Effectivement nous avons fait le choix, le président de la République et le premier ministre ont fait le choix depuis le début de cette crise, d'adapter les conditions de fonctionnement du gouvernement aux demandes que nous faisons aux Français et notamment à l'administration dans son fonctionnement.

Et vous savez notamment, depuis plusieurs mois maintenant, qu'il y a une demande de ne pas procéder à des réunions physiques avec plus de six personnes. Et donc évidemment le président de la République, le Premier ministre ont à ce moment-là, dès lors que nous avons formulé cette demande à nos administrations, considéré que par souci d'exemplarité mais aussi par responsabilité vis-à-vis de l'épidémie, et on a vu que certains membres du gouvernement ont pu être touchés par l'épidémie et par le virus, nous adaptions évidemment le fonctionnement du gouvernement. Donc, pour répondre à votre question sur le Conseil des ministres, participent aujourd'hui physiquement à l'Elysée le président de la République évidemment, le Premier ministre, le ministre de la Santé et des Solidarités Olivier Véran, au regard évidemment de l'importance des questions sanitaires dans nos travaux gouvernementaux aujourd'hui, moi-même en tant que porte-parole du gouvernement, et un membre du gouvernement qui présente, le jour de ce Conseil des ministres là, soit un projet de loi d'une particulière importance soit une communication particulièrement importante.

Exemple, aujourd'hui c'était Amélie de Montchalin, la ministre de L'Action et de la Transformation publiques, qui était physiquement présente avec nous pour la communication que je vous ai relayée sur le baromètre de l'action publique mais, dans les semaines précédentes, ça a pu être Barbara Pompili au moment de la présentation du projet de loi Climat et résilience, Gérald Darmanin au moment de la présentation du projet de loi sur le terrorisme et le renseignement donc ça s'adapte à l'ordre du jour. Mais les autres membres du gouvernement qui sont convoqués au Conseil des ministres, c'est-à-dire les ministres de plein exercice et les ministres délégués ou secrétaires d'État, quand un des sujets à l'ordre du jour les concerne, sont évidemment présents par visioconférence et donc, vous m'interrogiez sur un petit retour d'expérience de ce fonctionnement, moi j'ai vécu les conseils des ministres avant la mise en place de ces règles et les conseils des ministres après, puisque j'étais secrétaire d'État à la Jeunesse auparavant, avant l'épidémie de Covid 19. Et, dans le fonctionnement du Conseil des ministres, c'est-à-dire dans la capacité à échanger, dans la capacité pour les membres du gouvernement à présenter leur texte, dans la capacité pour les membres du gouvernement à demander la parole et à intervenir sur tous les textes ou tous les sujets qu'ils souhaitent, dans la capacité du Conseil à délibérer sur les différents textes, ça n'a rien changé.

Parce que la visioconférence, et tous les Français aujourd'hui le vivent, ils peuvent le vivre dans une dimension professionnelle ou personnelle, la technique fait que nous pouvons aujourd'hui organiser des réunions dématérialisées qui fonctionnent aussi bien, quasiment aussi bien parce que rien ne remplacera jamais le contact physique, mais quasiment aussi bien que des réunions physiques. Et donc pour le coup ça n'entrave en rien le fonctionnement des conseils qui, comme vous pouvez le constater au regard de l'heure à laquelle j'arrive devant vous, durent toujours aussi longtemps. C'est donc bien qu'il y a toujours autant d'échanges entre les membres du gouvernement.

Sur la question que vous évoquiez sur la fin de ces règles, évidemment on s'adaptera aux évolutions des règles et des recommandations qui sont demandées à tous les Français. Dès lors qu'elles seront assouplies, et notamment cette règle des six personnes physiquement réunies par réunion en intérieur, dès que ce sera assoupli évidemment on adaptera le fonctionnement du gouvernement en conséquence. Ce n'est pas aujourd'hui prévu dans l'immédiat mais ce sera le cas.

Et l'autre question que vous avez posée sur la fin des conseils de défense liés à l'épidémie, cela n'est absolument pas prévu aujourd'hui puisque, je le rappelle, l'épidémie reste présente dans notre pays. La vigilance reste de mise. La nécessité d'adapter nos mesures et les décisions que nous avons à prendre, y compris face aux variants, et j'évoquais tout à l'heure une décision ce matin d'ajouter des pays à la liste des pays à risques et où la quarantaine est obligatoire, contrôlée et sanctionnée, font qu'évidemment nous aurons toujours besoin, dans les mois qui viennent, du Conseil de défense pour pouvoir procéder à ce travail.

Et justement, sur ce point-là, est-ce qu'avec la fin prochaine de l'état d'urgence sanitaire il y a une vocation à ce que ce conseil de défense sanitaire disparaisse, s'efface ou ait peut-être moins de poids dans la pratique de l'exercice du pouvoir aujourd'hui ? Encore une fois ce n'est absolument pas prévu aujourd'hui. D'ailleurs je pense que depuis un an, dans les moments où nous sommes sortis de l'état d'urgence sanitaire, le conseil de défense continuait à se réunir parce qu'encore une fois nous sortons de l'état d'urgence sanitaire avec le projet de loi qui est actuellement examiné au Parlement mais nous entrons dans un régime transitoire et, encore une fois, la vigilance restera de mise.

Et donc la nécessité de prendre des décisions pour s'adapter à l'évolution de la circulation du virus et de la campagne vaccinale restera de mise et donc il faudra continuer à se réunir. Merci beaucoup. S'il n'y a pas d'autres questions...

Si, une dernière. Juste une petite précision. Confirmez-vous que le pass sanitaire sera exigé pour les parcs d'attractions ?

Il y a aujourd'hui ce qui a été annoncé par le président de la République sur le pass sanitaire, à savoir que nous allions l'utiliser pour les grands rassemblements, les grands rassemblements dans le domaine de la culture, dans le domaine du sport, les grandes foires, les salons par exemple. La question sur les parcs d'attractions spécifiquement, là je n'ai pas la réponse. Je vous avoue que je ne sais pas.

Par ailleurs, il y a un débat parlementaire en ce moment-même sur le périmètre du pass sanitaire et donc je pense que c'est à l'issue de ce débat parlementaire, de cette discussion parlementaire que les Français pourront savoir le périmètre exact de ce pass. Mais moi je veux rappeler la philosophie, c'est que le pass sanitaire doit nous permettre de rouvrir en sécurité un certain nombre de grands événements avec beaucoup de brassage mais qu'il n'est pas prévu pour les déplacements du quotidien. C'est-à-dire qu'on ne va pas demander aux Français un pass sanitaire qui atteste d'un test PCR négatif de moins de 48 heures pour aller boire un café en bas de chez soi, a fortiori en terrasse.

Donc c'est vraiment pour les grands évènements. Je comprends que les parcs d'attractions pourraient rentrer dans ce cadre-là mais je ne peux pas vous répondre tout de suite dans l'immédiat mais il faut suivre les débats parlementaires. Juste une dernière question.

Jean Castex doit s'exprimer la semaine prochaine, vous nous l'avez dit. Est-ce qu'il va ou non donner enfin une date potentielle de réouverture pour les discothèques à ce moment-là ? J'entends vraiment la question qui est posée aujourd'hui.

Les discothèques, les patrons de discothèques, les personnes qui travaillent dans les discothèques, ce sont des personnes qui ont vu à la fois leur outil de travail, leur lieu de travail et souvent leur passion fermés depuis le plus longtemps, puisque les discothèques n'ont jamais rouvert depuis que la pandémie est arrivée en 2020 dans notre pays, et ce sont ceux qui ont le moins de visibilité voire pas de visibilité du tout puisqu'il n'y a pas de date qui a été donnée pour leur réouverture. S'il n'y a pas de date qui a été donnée pour leur réouverture, c'est parce que nous savons que c'est un lieu où la transmission du virus peut être la plus forte, notamment du fait de la concentration forte de personnes en intérieur, du brassage et de, on peut se le dire, la difficulté à respecter les mesures barrières dans ce cadre-là, dans ces circonstances-là, qui est évidente. Et, s'il n'y a pas de date, ça ne veut pas dire qu'il ne doit pas y avoir de confiance dans notre capacité à accompagner les discothèques économiquement.

Depuis le début de cette crise, on a mis en place évidemment les dispositifs de droit commun ( chômage partiel, fonds de solidarité ). Il y a des dispositifs spécifiques qui ont été mis en place en direction des discothèques et y compris un accompagnement pour aider certains lieux qui l'ont souhaité, ces derniers mois ou depuis un an, à se transformer temporairement ou pas, par exemple en brasseries. Il y a ce type d'initiatives qui ont été prises sur le terrain.

Donc l'accompagnement économique se poursuivra plein pot tant que les discothèques seront fermées. Et, si nous n'avons pas donné de date, c'est parce qu'aujourd'hui nous ne disposons pas de la visibilité suffisante sur le moment où l'épidémie sera très nettement derrière nous et nous permettra de rouvrir avec confiance pour en donner une. Mais, encore une fois, j'entends parfaitement que ça n'est pas satisfaisant pour celles et ceux qui travaillent dans les discothèques, qui sont propriétaires de discothèques.

Et, dès lors que nous considérons qu'on peut donner en confiance une date pour leur donner des perspectives, nous le ferons. Mais nous avons fait le choix de ne pas " vendre du rêve " en donnant une date tout en se disant, en donnant cette date, que nous étions très peu sûrs de pouvoir la tenir. Merci.

Merci beaucoup et à la semaine prochaine.