Conférence de presse avec le Président Zelensky et les dirigeants allemand, italien et roumain.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 15:00RelanceRéponse directe
Pouvez-vous faire une promesse plus concrète au président Zelensky pour restaurer la confiance ?
- 16:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous voyez à nouveau l'Allemagne comme un partenaire fiable ?
- 17:00RelanceRéponse directe
Est-ce qu'il s'agit de concessions territoriales contre la paix ?
- 19:00OuverteRéponse directe
Le statut de candidat aura-t-il l'unanimité des 27 ?
- 20:00OuverteRéponse partielle
Quelle décision pour fluidifier les files d'attente aux frontières ?
- 21:00RelanceRéponse directe
Le trouble autour des propos de Macron sur l'humiliation de la Russie est-il compensé ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:00Emmanuel MacronFait
« L'Ukraine est prête à envisager des solutions pour casser le blocus des ports ukrainiens. »
- 17:00Emmanuel MacronFait
« Aucun d'entre nous n'a jamais fait la guerre au peuple russe. »
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Je suis heureux de saluer aujourd'hui, en Ukraine, le Premier ministre italien, Mario Draghi, le président roumain, Klaus Iohannis, le président français, Emmanuel Macron, et le chancelier allemand, Olaf Scholz. Mes chers amis, nous apprécions très haut le fait que vous soyez aujourd'hui avec nous à la veille de décisions importantes qui vont être prises pour toute l'Europe. Je suis très sincèrement reconnaissant envers vous tous pour avoir commencé votre séjour en Ukraine par la visite de la ville d'Irpin, pour constater de visu sur place ce que les envahisseurs russes on fait, ont perpétré face aux populations et aux villes ukrainiennes.
Nos entretiens que nous venons d'avoir ont montré, je crois, que notre plus grande force, c'est l'union, l'union dont dépend tout le reste. Lorsque vous étiez déjà à la gare de Kiev, une alerte aérienne a retenti, comme ça vient d'être le cas, à nouveau, tout à l'heure, toute l'Ukraine vit dans ces conditions, ce qui prouve une fois de plus, que la Russie ne choisit pas à quel moment faire le cadeau de la sécurité dans toute l'Europe. L'agression russe contre l'Ukraine, c'est une agression contre l'ensemble de l'Europe, contre une Europe unie, contre chacun d'entre nous, ce sont des valeurs que nous avons en partage et notre réponse unie est la seule possible face à cela.
L'Ukraine se trouve à l'avant-garde, aujourd'hui, de cette lutte contre l'agression russe, mais elle n'est pas seule. Notre format d'aujourd'hui le confirme. Nous avons échangé, en parfaite compréhension entre nous, de la nécessité de renforcer les capacités de défense de l'Ukraine.
Je remercie tous les partenaires pour les décisions qui viennent d'être actées. Nous avons parlé d'une approche coordonnée pour soutenir l'Ukraine sur le plan économique, à la fois l'État et sa population, nous avons envisagé la reconstruction de l'après-guerre, notre action commune pour prévenir la crise alimentaire fomentée par la Fédération de Russie. Nous devons faire tout notre possible pour prévenir ce complot contre le monde entier qui a pour but de semer le chaos dans les pays d'Afrique et d'Asie à cause des pénuries alimentaires.
Nous avons parlé de l'accroissement de cette pression contre la Russie qui doit aller par les sanctions. Nous avons évoqué aussi la perspective européenne et l'intégration européenne de notre pays. Je vous ai informé, effectivement, de la situation sur les différents fronts de la défense menée par les forces armées dans le Donbass, autour de Kharkiv, dans le Sud et ailleurs.
Je vous ai informé des frappes par missile que l'Ukraine subit chaque jour. J'ai parlé de la quantité des missiles qui ont visé les populations ukrainiennes. Rien que pour ce mois, Il s'agit de 3 000, la plupart d'entre eux visent des [ INAUDIBLE ] J'ai souligné les besoins que nous avons [INAUDIBLE] Nous remercions tous nos partenaires d'apporter leur aide en la matière, toutes les fournitures d'armes lourdes et dont nous avons toujours besoin pour les systèmes à lance-missiles, les systèmes de missiles antiaériens, il s'agit là de la défense des vies des Ukrainiens.
Chaque jour de retard pour acheminer cela a son coût en termes de vies humaines et en termes de destructions que subissent nos vies. Donc l'Ukraine reste dépendante et plus vite ces fournitures vont se faire, plus forte sera notre capacité de défense puisque l'ensemble de la population ukrainienne n'attend qu'une chose, c'est la libération totale du territoire de notre pays. J'ai évoqué les différents efforts qui sont entrepris par tous les partenaires pour rétablir la paix.
Nous constatons l'absence, du côté russe, de la bonne volonté pour relancer ce processus de paix, la Russie ne souhaite qu'une chose, c'est la guerre. En ce moment même où je vous parle, au centre-ville de Kiev, les troupes russes poursuivent leurs offensives dans le Donbass, elles se retranchent dans le Sud. Le pays agresseur doit comprendre une chose, elle n'a pas d'alternative.
Seule la solution pacifique est possible, elle doit se mettre à rechercher la voie vers cette solution. Loin de ça, la Russie poursuit ses tentatives pour gagner encore plus de terrain ukrainien, et ce n'est pas acceptable. Son objectif est de casser l'Ukraine et, par là, casser toute l'Europe, toute l'unité européenne.
Elle cherche à démontrer que l'Ukraine n'est pas consistante et en même temps, les valeurs européennes ne peuvent pas défendre les pays qui y aspirent. Donc nous devons casser, tous ensemble ce scénario. Et pour ça, notre unité est une condition indispensable.
Un gage de cette position commune devrait venir par un pas en avant sur la voie de l'intégration de l'Ukraine au sein de l'Union européenne, donc le statut de candidat à l'adhésion pour l'Ukraine est une chance historique de renforcer la stabilité européenne et peut-être une des plus grandes décisions de cette première moitié du XXIᵉ siècle. J'espère que cette décision commune sera la nôtre et la plus forte que nous pouvons adopter. Il s'agit, en parlant de cette intégration, d'un long chemin, mais nous devons tous ensemble faire le premier pas sur ce chemin et notre pays est prêt à faire tout le nécessaire pour devenir membre à plein titre de l'Union européenne et toute la population, tout le peuple ukrainien y aspire.
Nous avons vu les sondages qui montrent que la majorité des populations européennes soutient cette perspective d'intégration européenne de l'Ukraine. Nous avons un niveau historique de soutien en faveur de l'Ukraine et de son peuple et c'est la chance à saisir. Nous avons évoqué les sanctions qui sont adoptées par l'Union européenne en vue de rétablir la paix.
Le septième paquet de sanctions doit être créé et adopté et un autre sujet qui nous a intéressés, effectivement, c'est tout le travail que nous devons faire après la guerre pour reconstruire le pays et pour faire payer à la Russie tous les dommages causés pendant cette guerre, à toutes les populations, à toutes les entreprises et toutes les villes de l'Ukraine, le travail continue en ce sens. Nous avons envisagé ensemble la possibilité de prévenir une crise alimentaire globale. L'Ukraine est prête à envisager des solutions pour casser le blocus des ports ukrainiens, mais c'est surtout celui qui est à l'origine de ce blocus, c'est-à-dire la Fédération de Russie, qui doit faire le nécessaire.
Nous remercions tout ce qui a été fait pour organiser le transit des marchandises ukrainiennes par les différentes voies terrestres, fluviales et autres, donc, je considère votre visite ici comme la visite des amis, qui va être historique et avoir une signification historique. Je vous remercie pour tous ces échanges, préparons-nous ensemble à ces décisions importantes qui arrivent afin de consolider la sécurité de toute l'Europe. Merci encore de votre présence ici.
Bonjour à tous, cette journée est historique pour l'Europe. L'Italie, la France et l'Allemagne, trois des pays fondateurs de l'Union europpéenne, le président roumain, Klaus Iohannis, se sont rendus en Ukraine pour dire leur soutien inconditionnel au président Zelensky et au peuple ukrainien. Un peuple qui a pris les armes pour repousser l'agression russe et vivre libre.
L'Union européenne a fait preuve, et encore aujourd'hui, d'une unité sans précédent pour soutenir l'Ukraine, par tous les moyens possibles, tel que demandé par le président Zelensky. Les pays membres, leur parlement, ainsi que leurs citoyens s'y sont investis. Aussi, je tiens à rappeler la grande solidarité dont ont fait preuve les italiens partout en Europe, en accueillant chez eux des familles qui ont dû fuir les bombardements sur leur pays, l'Ukraine.
Cela suppose toute l'aide qui doit être apportée aux personnes déplacées à cause de l'agression russe, à tous ceux qui ont perdu, qui ont dû quitter leur domicile et l'Union européenne est là pour confirmer de manière très catégorique, de continuer à aider l'Ukraine avec l'ensemble de ses alliés. Le principal message que nous souhaitons adresser à l'occasion de notre échange d'aujourd'hui, l'Italie souhaite, en effet, voir l'Ukraine au sein de l'Union européenne. Le Président Zelensky, a bien conscience que le chemin entre la candidature et l'adhésion ne sera pas une fin en soit mais, un ensemble de mesures qui réformeraient profondément l'Ukraine.
Nous sommes a un tournant de notre histoire. Le peuple ukrainien se bat au quotidien pour défendre sa démocratie et sa liberté, qui sont les valeurs fondamentales du projet européen, de notre projet. Ces valeurs de liberté et de dignité, donc s'intègrent bien dans le cadre global du projet européen.
Nous n'avons pas le droit de marquer le pas et, tout au contraire, à aller de l'avant sur ce choix, sur ce chemin pour créer ensemble une garantie de paix et de sécurité en Europe qui va dessiner l'avenir de notre continent. Il s'agit d'un projet qui est le plus important pour nous tous et nous allons faire tout le nécessaire pour qu'il se concrétise dans les meilleurs délais. Nous avons pu voir, aujourd'hui, les conséquences tragiques de l'invasion russe.
Nous apportons notre plein soutien et nous allons continuer à le faire pour réaliser toutes les enquêtes nécessaires sur ces crimes perpétrés sur le sol ukrainien. Les tirs, les bombardements, que l'Ukraine a subis, ont semé la peur, mais en même temps, j'ai entendu aussi, de la part des habitants ukrainiens, l'espoir. L'espoir de reconstruire leur ville, et construire ainsi l'avenir paisible pour l'Ukraine.
Nous aspirons tous à la paix, et faire en sorte que d'autres villes ne subissent pas cette destruction et il est de notre devoir de faire le nécessaire, que l'Ukraine soit capable d'assurer sa défense. Nous devons prendre en compte la volonté de l'Ukraine. La paix sera façonnée de la manière dont l'Ukraine le souhaite, elle sera durable et pérenne.
En ce qui concerne l'exportation des grains qui sont, hélas, bloqués en ce moment, nous avons encore du temps pour essayer de débloquer les ports ukrainiens avant la nouvelle récolte qui sera rentrée au mois de septembre. Nous devons faire tout notre possible pour éviter un scénario catastrophe afin d'éviter une crise pareil, nous devons faire tout le nécessaire pour assurer le transit et le transport sûrs et stables des céréales. Cette situation ne doit en aucun cas aboutir à une catastrophe à l'échelle globale.
Ceci nous incite à nous consacrer à cette question consistant à débloquer les ports ukrainiens en mer Noire. La Russie, pour l'instant, hélas, ne fait pas preuve de bonne volonté, donc il nous appartient d'agir avec courage, de la même manière que le fait Monsieur Zelensky, nous devons répondre [ INAUDIBLE ] La Roumanie, en tant que partenaire fiable dans le temps, qui a une frontière commune avec l'Ukraine, est là pour réaffirmer son plein soutien au peuple ukrainien. Nous rendons hommage à tous les vies humaines ukrainiennes perdues lors de cette guerre.
Nous regrettons au plus haut point toutes les destructions qui ont été causées par cette invasion, les sites culturels, les sites d'importance historique au niveau européen, au niveau transatlantique, nous sommes à vos côtés pour défendre nos valeurs communes et les bases, les fondements de cet ordre mondial. C'est pour ça que vous combattez, mes chers Ukrainiens. Une agression non provoquée, délibérée et injustifiée, elle doit être arrêtée.
J'ai été énormément touché par ce que j'ai pu voir à Irpin, dont les conséquences de ce drame qui a causé tant de tragédies humaines et les destructions, les ruines qu'elle a laissées derrière. Nous apportons notre soutien à toutes les enquêtes qui sont en cours pour tenir les responsables de ces crimes. Avec le président Zelensky, nous avons envisagé les voies concrètes pour surmonter cette menace existentielle, nous allons poursuivre cette recherche commune des meilleures voies pour aider l'Ukraine à faire face à cette invasion russe.
Notre échange d'aujourd'hui a donc été focalisé sur cette nécessité de restaurer la paix, de reconstruire l'Ukraine et de lui donner un avenir qu'elle mérite. La Roumanie était dès les premières heures aux côtés de l'Ukraine, depuis elle essaie de faire tout son possible pour l'aider et pour aider ces populations dans les privations qu'elles subissent à cause de cette agression. Plus d'un million d'Ukrainiens sont actuellement accueillis en Roumanie, essentiellement des femmes et des enfants.
Nous avons mis à leur disposition toutes nos infrastructures éducatives et autres. Plus de 250 000 enfants sont accueillis dans des écoles roumaines, plus de 3 000 emplois mis à disposition des déplacés ukrainiens. Toute la société civile roumaine se mobilise d'une manière jamais vue pour venir en aide aux amis ukrainiens.
Les Ukrainiens peuvent continuer à compter sur le soutien du gouvernement et du peuple roumains tant qu'il le faudra. La Roumanie a mis à disposition [INAUDIBLE] international dans la ville de Suceava qui fait le dispatching des aides humanitaires à destination de l'Ukraine. Plus de 40 convois ont ainsi déjà été traités.
Nous constatons un autre instrument de chantage que la Russie provoque, que la Russie utilise. Ce sont les céréales et ceci risque d'avoir des conséquences alimentaires. Nous avons échangé sur la manière de faire face à cette menace.
Donc pour subvenir à cela, nous avons, effectivement, mis en place le transit pour les céréales ukrainiennes en passant par la Roumanie. Nous essayons de faire tout notre possible pour mettre à profit le port de Constanta et d'autres ports sur la mer Noire en Roumanie. Le port de Constanta a ainsi assuré le transit de plus d'un million de tonnes venant de l'Ukraine et nous œuvrons, en ce moment, à l'ouverture d'un nouveau point de passage à la frontière roumaine et ukrainienne.
Et nous essayons de remettre en exploitation un tronçon de chemin de fer qui va permettre d'accroître le transit de marchandises par cette voie venant de l'Ukraine. Nous sommes ouverts à une coalition internationale pour mettre en place [INAUDIBLE], c'est-à-dire le transport passant par la mer Noire. Nous avons envisagé la perspective de cette reconstruction de l'Ukraine à la sortie de cette guerre, nous avons souligné le rôle majeur qui revient dans ce travail à l'Union européenne.
Nous devons mettre en place un outillage indispensable pour concrétiser toutes ces bonnes intentions. Nous vivons un point marquant, un tournant dans l'histoire du continent européen, ce temps majeur dans l'histoire de l'Ukraine nous interpelle et sollicite de notre part toute la responsabilité des décisions courageuses. Donc les actes de candidature pour l'adhésion à l'UE vont être envisagés, celle de l'Ukraine, celle de la Moldavie et de la Géorgie.
Donc cette perspective s'inscrit bien dans cette nécessité commune qui est la nôtre pour garantir la sécurité et la stabilité du continent européen. Nos partenaires attendent de notre part des décisions qui vont encore accroître et renforcer notre capacité à faire, ensemble, face à tous les défis qui se posent devant nous sur notre continent. Monsieur Zelensky, chers amis, nous sommes réunis tous ensemble ici, conscients du fait qu'il est de notre devoir d'agir, d'agir ensemble, et c'est la responsabilité historique qui repose sur nous, ne pas rater cette chance d'aider nos amis ukrainiens, d'ouvrir ce nouvel avenir.
Merci beaucoup. Monsieur le président, cher Volodymyr, chers amis et chers collègues, mesdames et messieurs. Je voudrais tout d'abord remercier le président Zelensky et à travers lui, le peuple ukrainien, de nous accueillir aujourd'hui et par notre présence tous les quatre à Kiev, nous exprimons le salut fraternel des peuples européens à un peuple libre et souverain dont l'héroïsme face à l'agression armée de la Russie force l'admiration, nourrit le respect et exige un clair soutien.
Ce soutien, vous l'avez, Monsieur le Président, vous le savez. Vous pouvez compter sur nous. L'Ukraine peut compter sur nous.
L'Europe, dès le premier jour de cette guerre, a su choisir avec clarté son camp, celui d'une Ukraine libre et souveraine, celui du respect du droit international, de la défense des principes inscrits dans la Charte des Nations unies, que la Russie a fait le choix prémédité, délibéré, injustifié et injustifiable de violer. Ce choix de la guerre, de la destruction et du chaos, ce choix de l'agression armée d'un pays souverain pour asservir un peuple libre, nous ne l'acceptons pas et ne l'accepterons jamais. Par les sanctions sans précédent que nous avons adoptées, par le soutien massif, économique, humanitaire, militaire, que chacun de nos pays et l'Union européenne tout entière apportent à l'Ukraine et que nous allons encore intensifier, nous sommes et nous resterons, dans la durée, à vos côtés pour défendre votre souveraineté, votre intégrité territoriale et votre liberté.
C'est notre objectif, nous n'en avons pas d'autre et nous l'atteindrons. Aujourd'hui, c'est clairement sur le sol ukrainien que se joue la sécurité du continent européen dans son ensemble. C'est le premier message que je voulais adresser aux côtés de mes homologues.
L'Europe est à vos côtés, elle le restera autant qu'il le faudra, jusqu'à la victoire qui aura le visage du retour de la paix dans une Ukraine libre et indépendante, le visage opposé aux conséquences de la barbarie que nous avons vues ensemble ce matin à Irpin. Nous avons ainsi évoqué avec le président Zelensky les besoins immédiats dans les domaines humanitaire, économique et militaire. La France, évidemment, est et restera au rendez-vous pour y répondre.
Nous avons d'ores et déjà mobilisé 2 milliards de dollars pour le soutien économique et humanitaire et nous le consoliderons dans la durée, tout comme nous poursuivrons les livraisons de matériel militaire, notamment les canons CAESAR, qui permettent aux soldats ukrainiens de se défendre plus efficacement face aux attaques de l'armée russe sur le sol de l'Ukraine. La France, depuis le premier jour, a scrupuleusement tenu ses engagements et à chaque fois que j'ai pris un engagement à votre endroit, il a donné lieu à une décision et à une mise en œuvre rapide, car, nous le savons, il faut du matériel, mais il le faut vite, c'est aussi pourquoi, au-delà des 12 CAESAR d'ores et déjà livrés, conformément à vos demandes, j'ai pris la décision pour que dès les prochaines semaines, 6 CAESAR additionnels puissent l'être. Nous allons aussi poursuivre et renforcer notre action pour que les crimes de guerre commis sur le sol ukrainien, dont le monde entier a été le témoin, ne restent pas impunis et pour que le droit et la justice internationale s'imposent.
La France a très rapidement envoyé sur les lieux de ces massacres une équipe de spécialistes pour contribuer à la collecte de preuves et permettre à la justice de suivre son cours. J'ai annoncé, tout à l'heure, au président Zelensky la fourniture prochaine d'un laboratoire mobile d'analyse ADN qui apportera une aide importante dans ce difficile travail, lutter contre toute forme d'impunité. D'autres pays européens se mobilisent désormais pour assurer la poursuite de ce travail indispensable et nous soutenons les efforts de la Cour pénale internationale pour faire la lumière sur les atrocités impardonnables commises en Ukraine.
Face au simulacre de procès qui rappelle les heures les plus sombres de notre histoire, nous opposerons la rigueur et la légitimité du droit. Le deuxième sujet que nous avons abordé ensemble est celui de la sécurité alimentaire. La crise alimentaire mondiale que nous traversons est une conséquence directe de la guerre menée par la Russie, elle n'a pas d'autre explication.
Et je rappelle d'ailleurs que les sanctions qui ont été successivement prises par les Européens ne touchent pas les produits agricoles russes, contrairement à ce qui a souvent été dit. Nous appelons donc solennellement ensemble, depuis Kiev, la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité, à accepter que les Nations unies organisent l'exportation des céréales, ce qui nécessite d'accepter de lever le blocus des ports ukrainiens par la marine russe et d'apporter toutes les garanties de sécurité pour l'Ukraine afin de permettre justement la sortie de ces céréales. Nous avons ensemble confirmé notre soutien à l'initiative du Secrétaire général des Nations unies, notre disponibilité à aider concrètement à sa mise en œuvre, comme l'a rappelé mon collègue italien à l'instant, il faut pour cela une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies à laquelle la Russie s'est opposée.
J'espère qu'elle changera rapidement d'avis. En parallèle, et je remercie le président Iohannis pour son travail, nous œuvrons pour que d'autres voies puissent être suivies, en particulier sur le Danube ou par la Roumanie. Nous avons enfin évoqué ensemble notre volonté de confirmer par les actes, au-delà des mots, que l'Ukraine fait partie de la famille européenne.
Face à la guerre, je le disais, le soutien des Européens s'est imposé comme une évidence. Nous avons, en quelque sorte, tous vu, perçu, mesuré la fragilité de la paix, si durement acquise après la Seconde Guerre mondiale et dont le souvenir douloureux est au cœur de l'histoire de la construction européenne. Cette guerre changera l'histoire de l'Europe.
Nous nous tiendrons aux côtés de l'Ukraine pour l'accompagner dans cette perspective européenne, comme nous l'avons acté à 27 lors du sommet de Versailles, et c'est bien ce que nous avons ensemble confirmé au président. Dans quelques jours, dès demain, la Commission européenne posera le cadre de la discussion et des décisions majeures seront prises la semaine prochaine à Bruxelles par le Conseil. Tous les quatre, nous soutenons le statut de candidat immédiat à l'adhésion à l'Union européenne pour l'Ukraine.
Ce statut sera assorti, nous l'avons dit tous ensemble, d'une feuille de route et impliquera aussi que soit prise en compte la situation des Balkans occidentaux et du voisinage, en particulier de la Moldavie. Nous aurons, dans les prochains jours, à bâtir ensemble l'unanimité des 27 pour ce Conseil européen si important, mais à travers notre visite, l'échange que nous avons eu et cette expression claire, c'est un geste fort, rapide, attendu, d'espoir et de clarté que nous voulons envoyer à l'Ukraine et à son peuple. Il nous faudra, au-delà de ce chemin qui commence, comme l'a rappelé le président du Conseil italien, trouver aussi des formes nouvelles pour échanger et bâtir à court terme des réponses auxquelles l'Ukraine a droit en matière de sécurité, d'énergie, de mobilité, de renforcement des infrastructures ou encore de jeunesse parce que l'Ukraine partage nos valeurs démocratiques et appartient à notre espace continental, il est donc naturel que nous puissions accélérer là aussi, des réponses de court terme, en plus du processus que nous souhaitons pouvoir lancer.
Mesdames et messieurs, nous aspirons à la paix sur notre continent. Nous savons qu'elle n'est pas un acquis et les combats qu'il faut mener pour elle. Alors que la guerre fait rage ici avec son lot quotidien de morts et d'horreurs, comme je l'ai toujours dit au président Zelensky au cours de nos échanges réguliers et en toute confiance, nous ferons tout pour que l'Ukraine puisse seule choisir de son destin, car c'est à l'Ukraine et à ses dirigeants, à ses représentants, à son peuple de décider pour elle-même.
C'est ce principe qui me guide depuis le début de la guerre et à chaque fois que je me suis entretenu avec vous, comme à chaque fois que je me suis entretenu avec le président russe. L'Ukraine décidera du moment où les conditions seront réunies pour bâtir la paix, tout comme elle décidera de son futur politique. Et je dois le dire ici, monsieur le président, depuis votre élection, j'ai toujours constaté que vous n'avez eu de cesse de protéger la paix, d'empêcher la guerre et tout en livrant le combat courageux qui est le vôtre aujourd'hui, de tout faire pour que la raison l'emporte de l'autre côté de la frontière.
Je terminerai ces propos en citant tout simplement votre hymne qui nous oblige et qui prend un sens tellement lourd dans ces circonstances tragiques. L'Ukraine n'est pas morte, ni la gloire ni la liberté de l'Ukraine ne sont mortes. Vous pouvez compter sur la fraternité de l'Europe pour faire en sorte que l'Ukraine reste libre.
Merci. Monsieur le Président, je tiens à vous exprimer l'assurance que vous pouvez avoir du soutien de la part de la République fédérale d'Allemagne pour cette défense de votre territoire, de votre souveraineté. Nous sommes admiratifs de la bravoure dont font preuve les soldats ukrainiens sur le terrain.
Ensemble, avec mes collègues français roumain et italien, je suis aujourd'hui ici à Kiev pour vous apporter ce témoignage personnel. Cette agression contre l'Ukraine marque un changement d'époque. La Russie essaie par la force de faire bouger les frontières au sein de l'Europe.
Ceci est inacceptable. C'est pour cela que l'Allemagne, avec d'autres pays du monde, dès les premiers instants, s'est rangée du côté de l'Ukraine. Nous apportons notre soutien à l'Ukraine dans la défense de sa souveraineté et de son intégrité territoriale.
Nous le faisons sur le plan financier, par des sommes conséquentes, sur le plan humanitaire en accueillant en Allemagne 800 000 déplacés ukrainiens, en leur offrant refuge et protection. Presque 200 000 enfants ukrainiens fréquentent les écoles allemandes. L'Allemagne est revenue sur sa ligne traditionnelle et nous avons pris la décision de fournir des armements à l'Ukraine et nous allons poursuivre sur ce chemin tant qu'il le faudra pour l'Ukraine.
Nous organisons des stages de formation pour les militaires ukrainiens, pour leur apprendre à manier le matériel moderne, les canons et les systèmes de lance-missiles. Nous avons promis de livrer à l'Ukraine des systèmes de défense antiaériens IRIS qui seront là pour protéger les villes ukrainiennes contre la menace venant du ciel. Nous sommes d'accord avec les États-Unis et la Grande-Bretagne pour livrer à l'Ukraine des systèmes lance-roquettes multiples.
Comme vous voyez, l'aide apportée par l'Allemagne à l'Ukraine est massive. Monsieur le Président, chers collègues, je suis à Kiev porteur d'un message très clair. L'Ukraine appartient à la famille européenne.
Nous traversons un cap important qui va passer par l'octroi à l'Ukraine du statut de candidat à l'adhésion à l'Union européenne. Ce sujet sera sur la table de notre réunion de la semaine prochaine. Il faudra faire tout le nécessaire pour que cette décision soit adoptée à l'unanimité par les 27.
Ce sera ma position lors de notre réunion de la semaine prochaine. L'Allemagne votera pour, afin de donner cette perspective positive à l'Ukraine. Nous adoptons la même position concernant la République de Moldavie.
Nous allons aussi tenir nos promesses données aux pays des Balkans occidentaux qui poursuivent cet objectif depuis un moment. Nous allons devoir prendre ensemble ces décisions au sein de l'Union européenne pour préserver et développer cet acquis communautaire que nous partageons. C'est ce qui nous réunit et qui fait notre différence par rapport à d'autres.
Je terminerai par dire peut-être une évidence, mais je tiens à le souligner, l'Union européenne doit se préparer à l'avenir en se modernisant, en revisitant ses procédures internes. L'Ukraine va continuer à vivre et vive l'Ukraine. Vous avez bien dit que vous allez soutenir l'octroi du statut de candidat à l'Ukraine.
Vous venez de dire que les fournitures d'armements vont poursuivre ; donc vous avez vu la liste des demandes et des besoins assez longue que l'Ukraine a mis sur la table. Pouvez-vous faire une promesse plus concrète au président Zelensky pour restaurer un peu la confiance qui a été un peu écornée dernièrement ? Monsieur Zelensky, êtes-vous satisfait et rassuré par ce que le chancelier allemand vous a livré comme message ?
Certains malentendus qu'on a pu constater ces dernières semaines, est-ce qu'ils ont été enlevés ? Est-ce que vous voyez à nouveau l'Allemagne comme un partenaire fiable ? Avez-vous senti la volonté de la part du chancelier allemand de faire gagner l'Ukraine dans cette guerre ?
Merci de cette question. Nous avons effectivement abordé ce point pour dire que tout le nécessaire sera fait pour poursuivre notre chemin ensemble. Dans ma déclaration, j'ai bien souligné ce point pour confirmer notre volonté de fournir des armes à l'Ukraine, y compris des systèmes modernes de lance-roquettes multiples avec les partenaires britanniques et américains.
Des systèmes de défense antiaériens vont également être fournis pour assurer la protection des villes ukrainiennes. Oui, je confirme ce point. Je suis très content de cet échange que nous avons.
Je suis tout à fait content de constater cette unité dont nous avons tellement parlé. Je vois un signe concret de cette union à la table des négociations où nous nous sommes rassemblés. J'ai senti ce soutien venant notamment de la part du chancelier Olaf Scholz.
J'ai beaucoup plus que de la satisfaction. Et je crois sincèrement en la volonté du chancelier allemand de faire gagner l'Ukraine dans cette guerre, ainsi que du peuple allemand. Je l'ai bien vu et je le vois à travers ce qui se passe dans les rues des villes allemandes en réaction à cette guerre sanglante déclenchée par Poutine et la Fédération de Russie.
Je reste confiant en notre capacité à mettre fin ensemble à cette agression. Je souscris tout à fait à tout ce qui a été dit par le chancelier allemand. Je souligne l'importance des fournitures d'armements qui sont promises notamment pour organiser notre défense antiaérienne.
Les systèmes comme IRIS, c'est justement ce dont nous avons besoin pour prévenir les frappes de missiles contre les infrastructures civiles, les écoles, les jardins d'enfants, etc. 10 à 15 missiles s'abattent quotidiennement sur les villes ukrainiennes. Nous avons besoin de nous protéger contre cette menace constante.
L'Allemagne peut en effet nous être utile dans ce travail, et je fais confiance en son aide. Question à Monsieur Macron et à Monsieur Scholz de la part de tous les journalistes ukrainiens réunis ici. On a entendu souvent dire que toute guerre se termine par une négociation diplomatique.
Vous avez bien dit qu'on aura de toute façon à parler avec Poutine, à négocier avec Poutine à un moment donné. Vous avez aussi dit qu'il fallait faire le nécessaire pour l'aider à sauver la face, en quelque sorte. Monsieur le chancelier, l'Allemagne était à la table des négociations qui avait façonné les accords de Minsk et on connaît la valeur d'un tel accord avec la Russie.
Est-ce qu'il s'agit de certaines concessions territoriales contre la paix qu'on souhaite ? Est-ce qu'il y a une ligne rouge tracée pour que la Russie s'arrête à cette ligne, pour que tout ça puisse se mettre en place ? Merci pour votre question.
Je pense que nous l'avons dit d'abord de manière très claire, nous sommes là pour soutenir l'Ukraine, le peuple ukrainien, et c'est ce que nous faisons au quotidien. Au fond, quelle est la position des Européens depuis le premier jour ? Je dirais même dès avant.
Le chancelier Scholz et moi-même sommes venus ici au mois de février, successivement, et nous nous sommes rendus à Moscou pour essayer d'arrêter ce conflit dans le rôle qui était le nôtre de ce format Normandie et du suivi des accords de Minsk dont vous avez rappelé l'existence. Ensuite, notre position a toujours été claire. Elle se traduit par notre soutien, dans toutes ses formes que nous avons rappelé à l'instant, à l'Ukraine et à son peuple, des sanctions, comme nous n'en avions jamais prises en Européens unis.
Nous avons, deux jours après le lancement des opérations, pris les premières sanctions. Nous avons pris six séries de mesures, y compris des sanctions contre le pétrole, pour n'en citer qu'un exemple, qu'on pensait impossible avec des listes immenses d'oligarques. Le tout dans un seul objectif, aider l'Ukraine à l'emporter, à préserver sa souveraineté et son intégrité territoriale et stopper cette guerre.
Mais avec une limite, c'est qu'aucun d'entre nous n'a jamais fait la guerre au peuple russe. Depuis février, nous n'avons pas décidé collectivement de déclencher un conflit mondial. Donc, dans ce cadre-là, nous avons constamment échangé en transparence, bien souvent d'ailleurs à la demande du président Zelensky, avec le président Poutine, pour essayer de faire progresser, quand elles avaient encore lieu, les discussions qui se passaient entre l'Ukraine et la Russie pour essayer d'obtenir des concessions, pour demander de stopper les conflits, pour essayer de faire avancer le dossier de la sécurité alimentaire, parce que je considère, nous considérons l'un et l'autre, que c'est le rôle qui nous revient.
En effet, et nous espérons le plus tôt possible, il faudra qu'à un moment donné, sous une forme, ce conflit s'arrête. Mais comme je l'ai là aussi toujours dit, et je vous le répète et je l'ai dit tout à l'heure, les modalités ne seront décidées que par l'Ukraine et ses représentants, et en l'espèce votre président. Donc l'Allemagne comme la France ne seront jamais dans des situations de négocier pour le compte de l'Ukraine avec la Russie, nous ne l'avons jamais fait, ni d'accorder ni de négocier quelques concessions.
Notre rôle est de demander de la clarté, de porter notre exigence en tant que puissance européenne, pour ce qui est de la France mais aussi d'autres puissances dotées et membres du Conseil de sécurité, mais jamais de négocier à la place. À un moment donné, nous serons assis autour de la table en Européens pour discuter des garanties de sécurité et de ce qui sera clé sur la base de traités, d'accords que le président ukrainien aura à discuter pour le compte de son peuple. Voilà le cadre dans lequel nous discutons, voilà ce que sera demain une discussion avec la Russie et voilà les limites aussi des discussions qui sont les nôtres.
Pour répondre à votre question, il s'agit de l'intégrité territoriale de l'Ukraine. C'est clair qu'il faut disposer d'une défense aérienne fiable, efficace, nul doute là-dessus. Seule l'Ukraine, son parlement, son peuple peut décider de ce qui importe pour eux, pour leur avenir.
C'est uniquement à partir de ces bases-là qu'on pourra négocier la paix telle que l'Ukraine la souhaite. Comme mon collègue, le président français, vient le de souligner, la Russie doit comprendre que la Russie n'a aucun droit de revendiquer ce qu'elle revendique à l'Ukraine. Les exigences posées par les Russes ne peuvent en aucun cas être respectées.
L'Ukraine a besoin d'une aide, financière et militaire. Il est urgent et indispensable que la Russie révoque ses troupes et accepte de négocier la paix. Question à Monsieur Draghi concernant le statut de candidat qui a été énoncé.
Est-il susceptible d'obtenir l'unanimité des 27 ? Que souhaite l'Europe ? Est-ce acceptable et correct qu'un seul véto puisse invalider la volonté commune de tous les autres membres ?
Est-ce qu'un dispositif tel que celui-là a sa raison d'être ? Il en est de même pour les questions fiscales, les questions d'immigration et d'autres sujets. Quel est votre avis là-dessus ?
Notre rencontre d'aujourd'hui a une valeur symbolique. Elle apporte cette preuve d'unité. Nous avons constaté ensemble que nous sommes prêts et disposés à accorder à l'Ukraine le statut de candidat et, par là, à accélérer la marche de l'Ukraine vers son aspiration.
Ceci constitue, je crois, une décision historique qui change le cours de l'histoire européenne. Nous menons aussi des réflexions concernant d'autres pays qui sont sur la liste des candidats. Les pays des Balkans occidentaux qui aspirent depuis un moment à adhérer à l'Union européenne.
Ces réflexions ont un caractère tout à fait sérieux parce que les adhésions dont il s'agit ont leurs particularités et nous essayons de traiter ce dossier de manière très fonctionnelle. Il s'agit de circonstances exceptionnelles, et nous sommes là pour aider l'Ukraine à traverser cette guerre et pour rester avec elle dans la paix après. La paix que nous souhaitons doit être stable et pérenne.
Après avoir ramené la paix, l'Ukraine sera libre de choisir son avenir. Nous sommes unis dans cette vision des choses. Nous sommes unis pour aider l'Ukraine à construire son avenir, non seulement comme candidat à l'adhésion à l'Union européenne, mais aussi au sens plus large du terme.
Après avoir vu les atrocités près de Kiev, je le répète, nous avons senti et constaté un espoir. Aujourd'hui, nous avons vu des files d'attente qui s'étendent sur des dizaines de kilomètres. Quelle décision la Roumanie pourrait-elle prendre pour fluidifier un peu ce flux, débloquer un peu cette situation sur les routes ?
Monsieur le Président Zelensky, prévoyez-vous de participer à ces réunions importantes qui vont sûrement avoir lieu dans les semaines qui viennent ? Effectivement, nous avons vu ces files d'attente de camions qui attendent de rentrer et de partir aussi de l'Ukraine. Le transit par la Roumanie n'était pas très important avant cette situation que nous connaissons actuellement.
Les convois qui traversaient la frontière n'étaient pas nombreux. Tout a changé de manière radicale et rapide et ceci nous incite à concevoir, à mettre en place de nouveaux mécanismes. Le travail en ce sens continue.
Le transit de céréales par le port de Constanta pendant le mois écoulé a été multiplié par 4, ce qui constitue un taux de croissance conséquent. Nous envisageons aussi le Danube et les voies ferrées pour organiser ce transit, mais cela va prendre un certain temps. Nous [INAUDIBLE] président Zelensky et continuons à œuvrer en ce sens.
Tout d'abord, je tiens à rajouter aux propos de mes collègues, notamment tenus par mon collègue roumain, que nous avons, en effet, à ce jour multiplié les exportations de céréales par le Danube par quatre, et nous pouvons encore les doubler. Nos ministères respectifs s'en occupent. Nous voyons très clairement ce qui peut être fait pour résoudre la situation aux frontières.
De même avec la Pologne, nous envisageons des solutions innovantes, quelques espaces gérés en commun à la frontière pour organiser le flux des marchandises. Nous pouvons les proposer aussi à la partie roumaine. Ce sera très utile.
À chaque réunion importante prévue, nous sommes invités et nous allons y participer. Merci à Monsieur Draghi de nous avoir invités à assister à la réunion du G7 ainsi qu'au sommet de l'OTAN à Madrid. Je ne sais plus si on a été invité à participer au Conseil européen de l'Union européenne qui va apporter la décision finale sur l'octroi de ce statut.
S'il y a une telle invitation, bien entendu, nous l'accepterons avec remerciements. Il faut faire en sorte que personne n'oublie cette tragédie que nous vivons au quotidien en Ukraine pour faire entendre notre voix. Bonjour, Philippe Ricard pour Le Monde.
Étant donné la substance de vos discussions, Monsieur Zelensky notamment, étant donné ce qui a été dit sur le statut de candidat, est-ce que vous considérez que le trouble qui a été suscité en Ukraine et au sein même de votre gouvernement autour des propos de Monsieur Macron concernant le fait de ne pas humilier la Russie, est consolé et compensé ? Et je voulais savoir de la part des uns et des autres, notamment peut-être de la part de Monsieur Macron, si vous alliez continuer à parler à Monsieur Poutine, notamment suite à vos échanges aujourd'hui ou s'il y avait une pause à l'ordre du jour ? Merci.
Lorsque le président français parle au président russe, je peux confirmer que nous en sommes informés et que le président français est conscient du soutien qui doit être apporté à l'Ukraine. Mais il revient au président Macron la décision finale de poursuivre ou non ces entretiens. Je ne suis pas sûr qu'à la date d'aujourd'hui, le président russe soit prêt à entendre les arguments.
Je ne sais pas s'il adopte la décision avant d'en parler à quelqu'un. Il faut inverser quelque chose dans cette manière de faire. Et si c'est ce modèle qui s'applique, il est impossible de faire cesser cette guerre.
Je ne suis pas sûr que ça concerne tellement Emmanuel. Je ne sais pas s'il y a d'autres leaders au monde qui peuvent de manière unilatérale forcer la Russie à arrêter la guerre. Uniquement par une approche collective, en agissant ensemble, nous pouvons représenter une force capable de stopper la Fédération de Russie.
C'est ma vision des choses. Vous aviez aussi une question sur la division au sein de votre gouvernement suite à mes propos. Je pensais que c'était une question adressée au président Macron.
L'autre question, celle qui était plutôt pour vous effectivement, merci de revenir là-dessus, concerne les décisions des annonces faites aujourd'hui, notamment sur le statut de candidat. Est-ce que ces décisions effacent le trouble suscité par les propos de Monsieur Macron récemment dans l'opinion publique et dans votre gouvernement sur le fait de ne pas humilier la Russie ? Merci.
Nous avons toujours un dialogue ouvert et des relations transparentes et franches avec le président Macron. Nous avons évoqué l'aspect qui vous intéresse, nous avons tourné cette page. Je crois qu'aujourd'hui le président Macron et tous les autres collègues, Mario Draghi, Olaf Scholz, le président roumain Iohannis, sont tous là pour, de manière ouverte et franche, exprimer leur soutien, l'octroi à l'Ukraine du statut de candidat et je vous en suis très reconnaissant.
Pour nous, ça constitue un résultat tangible et conséquent. Le chancelier l'a bien souligné, tout dépend aussi d'une position commune dont les 27, j'espère, seront capables. Sont avec nous aujourd'hui les quatre grands leaders qui s'expriment en faveur du statut de candidat.
C'est un résultat historique et j'en appelle de mes voeux tous les autres au sein de la famille européenne. Il n'y a pas matière aujourd'hui à ce que j'appelle le président Poutine, mais sur quelque sujet qui émergerait, et comme nous l'avons toujours fait, à la fois en transparence avec le président Zelensky et en coordination avec mes collègues, je n'exclus pas pour autant de le faire, pour plusieurs raisons. La première, c'est que sur les sujets, par exemple, de sécurité alimentaire, on a besoin de pouvoir échanger avec la Russie pour essayer aussi d'obtenir des avancées diplomatiques si on pouvait les obtenir.
La deuxième chose, je ne pense pas que le contexte s'y prête, je partage l'analyse que vient de formuler le président ukrainien, mais quand des fenêtres d'opportunité sur le terrain s'ouvrent, faire pression pour que les discussions reprennent est utile. Et je l'ai fait à chaque fois à la demande, à plusieurs reprises d'ailleurs, du président Zelensky. Aujourd'hui, on voit bien que l'évolution sur le terrain ne le justifie pas.
Enfin, je n'exclus pas que, dans les prochaines semaines, prochains mois, il y ait d'autres sujets qui le justifient. Donc c'est une question d'utilité. Mais c'est un point important qu'il faut souligner.
À la fin, il faudra que ces discussions aient lieu. On le sait. Donc il est important aussi, et je salue à cet égard le fait que, depuis le début, celui qui n'a cessé de demander à parler directement au président Poutine, c'est le président Zelensky.
Et à chacun de mes échanges, quand je disais que j'allais l'appeler il me demandait d'obtenir un échange direct avec lui. Nous avons pu organiser en décembre 2019 cette rencontre à Paris qui avait été l'objet justement d'échanges et d'un travail qui, à ce moment-là, avait été utile. Voilà, tout ça pour dire que je pense que le rôle que nous jouons à cet égard est utile.
Mais il s'apprécie au cas par cas, en fonction des circonstances. Je vous ai dit ce qu'il en est pour aujourd'hui. En tout cas, nous continuons d'avancer avec la même clarté à l'égard de l'Ukraine et les propos que vous avez rapportés ont parfois été déformés ou décontextualisés.
Nous sommes côte à côte avec le chancelier Scholz. Il y a 100 ans, on se faisait la guerre. Des alliés ont aidé la France à gagner.
La France a fait une faute historique. Elle a perdu la paix parce qu'elle a voulu humilier l'Allemagne. La question de l'humiliation, je l'ai toujours placée dans un contexte à venir, pas dans le contexte actuel.
Aujourd'hui, la Russie fait la guerre à l'Ukraine. Comment voulez-vous que j'aille expliquer à une Ukrainienne ou un Ukrainien qu'il ne faut pas humilier la Russie ? La Russie, le peuple russe, pas ses dirigeants.
Ce n'est pas le moment. Ce n'est pas ça que j'ai dit. Je dis aujourd'hui qu'il faut gagner cette guerre.
La France est clairement en soutien de l'Ukraine pour qu'elle l'emporte, qu'elle préserve sa souveraineté et son intégrité territoriale. Mais à la fin de cette guerre, conformément à l'esprit que, depuis le début, poursuit le président Zelensky, il ne faudra pas faire les fautes que d'autres ont fait par le passé. Ça, nous devons aussi être capables de le dire parce que j'entends dans le discours international d'autres qui ont des propos jusqu'au boutistes et escalatoires à l'égard de la Russie.
Ils ne servent pas la cause de l'Ukraine en faisant cela. Merci beaucoup.