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Discours / meetingparlementaires pourlafamille· 30 janvier 2013 8 minAutoproduitPortrait personnelSolidarités & familleOutre-mer

Bruno Nestor Azérot, député du groupe GDR opposé au mariage pour tous 30/01/13

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 100 %

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Fasquel, la parole est à monsieur Bruno Nestor à zéro. Madame la garde desau, madame la ministre, monsieur le président, chers collègues, j'ai soutenu jusqu'à maintenant tous les projets et engagements de la gauche, mais il y a aujourd'hui une profonde confusion qui m'interpète. La liberté de conscience et de vote qui existe au sein de mon groupe parlementaire, le GDR me permet d'exprimer une voix qui est celle d'un homme libre d'outre mè et j'en remercie mes collègues du groupe dont les avis sont divers et très partagés sur ce test.

Outre mer en revanche la quasi totalité de notre population est opposée à ce projet qui bouscule toutes les coutumes, toutes les valeurs sur lesquelles reposent nos sociétés ultramarines. Cette voix doit être entendue et comprise et nous devons exprimer cette opinion à notre électorat qui ne comprend pas ce qui se passe ici et maintenant. Le risque est en effet grand d'un profond désenchantement vis-à-vis de la politique du gouvernement, voire d'une cassure morale irrémédiable.

Car ce test ne donne pas une liberté supplémentaire, il fragilise le délicat édifice sur lequel se sont construites nos sociétés antiaises et guyanaises après l'abolition de l'esclavage. Il y a même à mon sens risque de rupture de pacte républicain qui nous liit depuis 2 siècles à la France. Cette question du mariage homosexuel appelle en effet de ma part des réflexions de fond.

Il est nécessaire de distinguer la question de l'homosexualité et celle du mariage gay et la confondre comme l'ont fait certains orateurs n'est pas honnête. L'homosexualité est une pratique qui relève de la sphère privée. C'est une réalité qu'il faut prendre en compte et appel des droits et une protection de vie privée pour ceux qui pratiquent.

Le mariage gay et l'adoption pour les couples homosexuels relèvent eux de la sphère publique en ce qu'il bouleverse la norme en vigueur en établissant une nouvelle norme en matière de famille, de filiation et de transmission patrimoniale. Sur ce chemin-là précisément nous ne pouvons pas suivre. Peut-on parler en effet de progrès et de nouvelles libertés ?

À l'origine, en établissant le mariage comme institution, la société a donné un cadre juridique à une donnée naturelle, l'union d'un homme et d'une femme en vue de procréation d'un enfant. Peut-il en être de même avec le mariage gay ? À l'évidence, non.

Certes, aujourd'hui le mariage est plus un mariage sentiment que mariage procréation comme il l'était autrefois. L'enfant n'est plus la finalité du mariage et des personnes hors du mariage peuvent au contraire avoir envie d'enfant ou des couples stérile. La question qui se pose est donc de savoir plutôt si leur sentiment doit devenir le sens nouveau et unique du mariage ouvert à tous les hommes et les femmes fussent-ils hétérosexuels ou homosexuel.

Doit-on révolutionner ainsi le mariage en France et en Outre Mè au risque de perdre nos valeurs fondamentales ? Allons-nous vers cette société où l'individualisme honiste remplacera nos vieilles doctrines personnalistes et socialiste fondé sur la solidarité, la liberté, l'égalité. La famille pivot dans notre société depuis les constituants et la révolution française depuis l'émancipation de 1848 va-t-elle exploser ?

Au sens littéral du terme ? Notre responsabilité est grande devant l'histoire. Moi, issu homme issu d'un peuple opprimé, réduit à l'esclavage où le système social était un système qui refusait à un homme et à une femme de pouvoir avoir un enfant et de se marier légitimement où le mariage était interdit et fut une conquête de la liberté.

J'affirme leur droit à l'égalité dans la différence et non dans le même leur semblable l'unique. Car enfin au nom de l'égalité du refus de discrimination peut-on établir une équivalence entre tous les couples ? Je crois au contraire que l'on ne peut mettre fondamentalement sur le même plan hétérosexualité et homosexualité.

Un homme et une femme, ce n'est pas pareil que deux hommes ou deux femmes ensemble. Établir une équivalence, une nouvelle égalité, une nouvelle norme, c'est niertablir une oppression en confondant genre, sexe et pratique. C'est un dictat de la pensée contre l'humanité vitale et les droits de l'homme et de la femme.

Refuser cette différence naturelle, c'est refuser la différence sexuelle. C'est déjà revenir sur l'oppression de la femme et de ses droits émancipés. C'est instaurer une nouvelle contrainte.

Oui, car il sera interdit de faire la différence désormais entre un homme et une femme au risque d'être discriminatoire. Et l'enfant, puisque deux hommes ou deux femmes ne peuvent procréer, que va-t-on faire ? car pour procréer, il faut bien un homme et une femme.

Donc, inéluctablement, il y aura recours à la procréation médicale assistée car ce désir d'enfant est légitime. Mais ce n'est pas le droit qui refuse aux homosexuels d'avoir un enfant, c'est la nature. Alors pour parer ce problème de stérilité et d'incompatibilité, on aura recours à la PMA.

Où est donc le progrès social ? Où est la liberté nouvelle ? Comment voulez-vous qu'un homme dont les ancêtres ont été vendues et chosifié ne soit pas inquiété par cela ?

La gauche a le pouvoir dans cette assemblée. Je suis un homme de gauche. C'est parce que je suis un homme de gauche que je préfère l'humain et l'humanisme à ce que sous-entend ce test.

Alors qu'un tiers des hommes et des femmes d'outre mè est sous le seuil de pauvreté que notre PIB est d'un cas inférieur à celui de l'hexagone et que 60 % des jeunes de moins de 25 ans sont toujours au chômage, n'y avait-il pas d'autre priorité ? Que dirais-je à ce jeune Martiniica qui entré dans la délinquence est sans travail dont les parents sont aussi sans emploi et sans logement et qui n'a pas de quoi se nourrir ? qui n'a pour seule alternative que de récidiv reconduit en prison pour avoir enfin un toit et à manger.

Que le dirais-je demain que je lui ai offert en tant que législateur une grande liberté non pas du travail, non pas un logement, non pas un avenir décent, un espoir de vie mais le mariage pour tous à mon grand regret. Mais avec ma conviction d'homme engagé et libre de gauche, je ne vre pas ce projet qui est attentatoire aux libertés et ne répond pas aux aspirations profondes du peuple, en particulier en mère. Je vous remercie.

Merci monsieur Azéro.

Bruno Nestor Azérot, député du groupe GDR opposé au mariage pour tous 30/01/13 — Bruno Nestor Azerot · Pourquijevote