Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo (sur YouTube)· 9 juin 2025 8 min

Un an après la dissolution, les leaders politiques reviennent sur cet "acte irresponsable"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Nous nous réjouissions de ça puisque nous avions réclamé cette dissolution. La dissolution, elle avait une dimension vertigineuse parce que la question était posé pour l'extrême droite de s'emparer du pouvoir. On ne s'y attendait pas.

Emmanuel Macron prend tout le monde par surprise. Moi à cette minute là, je dis là c'est le match de notre vie et c'est pas juste une image, c'est le match de notre vie. Il a mis le pays dans une situation extrêmement compliquée.

On savait que tôt ou tard, probablement une des solutions pouvait arriver dans l'année. Mais pourquoi maintenant le soir des élections européennes ? Je dissou donc ce soir l'Assemblée nationale. [Musique] Le 9 juin 2024, c'était le soir des élections européennes.

J'ai eu les premières informations sur la dissolution quand j'étais sur le plateau de France 2 de France Télévision. On a commencé à comprendre d'abord que Emmanuel Macron allait intervenir et quand je suis sorti du du plateau, j'ai eu la confirmation que le président de la République avait choisi de dissoudre l'Assemblée nationale. Nous étions au cours de la soirée électorale devant la télévision.

C'est vrai qu'il y a un certain nombre de rumeurs qui ont commencé à courir indiquant que le président de la République prendrait la parole et qu'il y avait de très grande chance pour qu'il annonce une dissolution. Il y avait une rumeur qui courait depuis mon arrivée à à TF1 vers 19h45. Pendant la séance de maquillage, Gérard Larchet, le président du Sénat, me confirme euh puisqu'il vient d'avoir lui-même le président de la République au téléphone quasi officiellement, tout en me demandant de ne pas en faire état, que le président de la République va vraisemblablement dissoudre.

J'apprends la dissolution sur le plateau de France Télévision de France 2 où je suis pour la soirée électorale des européennes. Je regarde mon téléphone et j'ai plusieurs textos qui m'annoncent que Emmanuel Macron va prendre la parole vraisemblablement pour annoncer une dissolution. Et donc je me rappelle me retourner vers Emmanuel Bompard qui était juste à côté de moi, Manu, je crois qu'il va y avoir une dissolution.

Et puis il me dit non mais tu crois toujours tout ce qui tout ce que tu vois passer. Et je me rappelle il y avait François Baou juste en face de moi, lui aussi invité à la soiré électorale qui me regarde et qui me fait "Moi, dans ces cas-là, je me mets en mode mission quoi." Et je n'en avais qu'une que Pardella n'arrive pas à matiner.

Je suis à la Belle-ville au rez-de-chaussée au milieu des militants. On attend que Raphaël Gluksman vienne s'exprimer et j'apprends que le président de la République va annoncer la dissolution de l'Assemblée nationale et je suis saisi d'une immense colère. J'y vois un acte irresponsable, inconséquent du président Macron.

À ce moment-là, j'étais à la maison de la Mutualité. Nous venions d'apprendre les résultats des élections européennes et Alexis Coler m'appelle peu de temps peu de temps après 20h pour m'informer que le président de la République allait s'exprimer. Je suis euh, je dois le dire euh choquée, troublée et j'ai 1000 questions qui me traversent.

On a augmenté de manière considérable le nombre de nos députés puisqu'on est devenu le premier groupe de l'Assemblée nationale avec la déception de ne pas avoir obtenu de majorité. absolu puisque nous avons été confrontés à cette manœuvre entre les deux tours d'accord qui allait de la France insoumise jusque jusqu'aux républicains. Ça faisait plusieurs semaines où il y avait des rumeurs de dissolution.

On savait pas quand, on savait pas comment, mais on savait que ça pouvait arriver. Et donc on avait mis en place entre le parti et notre groupe parlementaire à l'Assemblée nationale un travail pour être prêt logistiquement. Et le fait qu'au bout d'une demi-heure, vous soyez capable de dire tout ça c'est géré, maintenant on se concentre sur le politique, ça donne de la bande passante, on va dire, pour faire autre chose.

L a eu un choix euh à faire puisque nous avions obtenu un résultat relativement faible aux élections européennes, 7 %. La déroute, non pas la défaite mais la déroute, la disparition était annoncée. Donc euh pour LR, il y a eu un choix stratégique très clair qui était posé euh soit s'allié avec la Macronie, euh soit s'allié euh à droite.

C'est le choix que personnellement j'ai fait. assez vite, on a tendu la main vos autres formations politiques de gauche pour dire il est temps de revenir tous autour de la table, de se retrouver autour d'un programme de de rupture en mesure euh de proposer une alternative au pays. On va pas aller dans l'élection législative uniquement pour empêcher les autres de gagner.

On va y aller pour proposer autre chose et pour convaincre une majorité du peuple français qu'on peut faire autre chose. Alors la sonemblée est plus fragmentée que jamais. Moi, je retiens surtout l'irresponsabilité des partis. et euh des chefs de groupe.

Je me souviens que euh Gabriel Atal et euh notamment nos partenaires d'horizon euh et du modème ont tendu la main. L'enjeu compte tenu de la fragmentation de l'Assemblée nationale, c'était quand même de réussir à trouver des majorités pour continuer à faire avancer le pays et répondre aux problématiques des Français. Or, c'est pas encore dans la culture parlementaire aujourd'hui de faire des compromis qu'on fait tous les jours au Parlement européen.

On est dans une sorte de crise politique et institutionnelle l'attente avec toujours la même menace de l'extrême droite et ce que nous observons par ailleurs, c'est une connivance et une proximité de plus en plus grande entre la droite prétendument encore républicaine et l'extrême droite. Or dans cet hémicycle qui n'a pas de majorité. En fait, il y en a qu'une seule, c'est la majorité des députés qui ont été élus dans l'élan de fonds républicains et qui ne sont tenus qu'à un engagement, ne rien céder à l'extrême droite.

Oui, le retour aux urnes est toujours vertueux en démocratie. Nous sommes en situation de crise économique, sociale, politique. Les Français sont en colère.

On a un gouvernement qui ne gouvernement qui ne gouverne plus rien, qui ne décide plus rien. Donc quand il y a crise, l'élection est toujours une solution. Si c'est une nouvelle dissolution pour qu'à la fin le président de la République à nouveau ne tienne pas compte du résultat des élections, ça servira pas à grand-chose.

Donc je pense que la question qui est posé et la responsabilité de la situation d'instabilité dans laquelle on est aujourd'hui, c'est la responsabilité du président de la République lui-même. Donc si vous me demandez ma préférence, plutôt qu'une dissolution de l'Assemblée nationale, je crois que l'organisation d'une élection présidentielle anticipée serait la meilleure réponse à la situation que l'on connaît aujourd'hui. Oui, je pense qu'il faut envisager une dissolution à partir de l'automne prochain parce que la politique qui est menée n'est pas la politique qui est souhaité par les Français lorsqu'on regarde leur volonté sortie des urnes, qui peut être encore plus tranché à l'automne prochain qu'elle ne l'est aujourd'hui, j'aurais quand même souhaité qu'il y ait une modification du mode de scrutin entre-temps pour permettre d'abord la mise en œuvre de la proportionnelle et puis qui permettent peut-être justement l'émergence d'une majorité absolue puisque c'est compliqué une majorité relative, on le voit hein, ça n'est pas un fonctionnement classique de l'Assemblée nationale et donc c'est pas le fonctionnement classique de la direction d'un pays.

Du fait de l'instabilité politique qu'elle pourrait générer, je pense que une dissolution n'est ni souhaitable ni réaliste. Néanmoins, on n'est pas à l'abri de nouveaux rebondissement évidemment, mais tout ça ça dépendra aussi de la capacité des groupes politiques à l'Assemblée nationale à travailler ensemble. On arrive dans un monde politique, chacun peut le mesurer, hein, en France et dans le monde où il faut être prêt à tout le temps.

Quand euh le sujet c'est l'accession du fascisme au pouvoir, on sera toujours là. Je ne sais pas de quoi la fin de la semaine est faite. C'est bien toute la difficulté de gouverner euh et de légiférer dans ce contexte là.

On est dans un moment de grande instabilité, de grande incertitude avec cette menace toujours aussi forte de l'extrême droite aux portes du pouvoir. Et mesurons bien que tout ce que nous avons construit de grand depuis 200 ans, nous l'avons construit sans l'extrême raté le plus souvent contre elle et elle mettra toute son énergie comme partout en Europe ou dans le monde où elle a pris le pouvoir pour défaire ses grands acquis politiques sociaux depuis la révolution française. [Musique]