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AutreFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 8 août 2026 21 minMixte

"On est bien parti pour un record" : pourquoi les salles de cinéma font le plein cet été

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0:02
Présentateur

France Inter, François Geffrier, le 6-9.

0:07
Invité

Qu'est-ce qui m'arrive ? Est-ce qu'il manquait Spider-Man ? Je ne suis plus moi-même. Je n'arrive plus du tout à me contrôler. Je ne sais pas ce que c'est, mais je dois régler ça au plus vite. Qu'est-ce qui fait que les Français passent autant de temps au cinéma cet été ? Le dernier, Spider-Man, on entend la bande-annonce et la bande originale. Le cinéma est que le Giacchino a attiré dans sa toile 650 000 spectateurs dès le jour de sa sortie. Vaïana en est à 1 800 000. Des millions et des monstres, 2 6 000. Toy Story 5, 4 millions. La bataille de Gaulle, 4 8 millions en cumulant les deux volets. Et l'Odyssée approche les 5 millions.

A croire qu'on va plus au cinéma qu'à la plage en ces mois de juillet et août 2026. Est-ce parce que ces films sont excellents ? Ou parce que les canicules nous font rêver de salles obscures climatisées ? Avez-vous ? Multipliez vous aussi les sorties au ciné. Écrivez-nous par WhatsApp au 01 45 24 7000 ou via l'application Radio France avec la fonction Réagir.

1:04
Présentateur

Fourchette, acceptez-vous de prendre Karen m'épongée !

1:09
Invité

Je vous déclare maintenant couvert pour la vie. Et ici c'est Toy Story 5. Je vous présente nos trois invités. Kira Kitsopanidou, bonjour.

1:25
Présentateur

Bonjour, merci de m'inviter.

1:26
Invité

Vous êtes spécialiste de l'économie du cinéma. Avec nous dans ce studio, Adrien Desnouet. Bonjour. Bonjour. Critique et réalisateur de documentaires sur le cinéma est Éric Marti. Bonjour. Bonjour. Directeur général de Rennes Track France qui produit des chiffres sur le cinéma, sur la fréquentation. Alors c'est à vous que je pose la première question, Éric Marti. Peut-on déjà dire que l'été 2026 sera record ou on s'emballe un peu vite ? On est bien parti pour un record. On a déjà une semaine qui est record. La semaine qui vient de s'écouler a fait plus de 6 millions d'entrées.

C'est la première fois depuis très très très longtemps, peut-être depuis toujours, qu'on fait 6 millions d'entrées sur une semaine estivale. On passait parfois ce cap des 6 millions, mais surtout en général au moment des fêtes de fin d'année, au moment de très forte fréquentation. Là même au pic des années 2018-2019, après Covid, on a atteigné 5,8 millions, 5,9 millions, mais pas 6 millions. Donc c'est une semaine historique. Là j'ai donné quelques chiffres, Éric Marti, sur les 4-5 plus grosses locomotives de cet été. Est-ce qu'il y en a un qui se détache par rapport à la trajectoire qu'on lui aurait prédite ? Alors, ils se détachent tous parce que quand on a des trajectoires...

Ils ont tous surperformé. Non, Toy Story par exemple qui vient de passer les 4 millions, on sait très bien, on s'attendait à ce qu'il marche, et il marche très bien. Spider-Man qui vient de passer les 4 millions hier soir, la cifre de ce matin, c'est tout à fait exceptionnel. Son démarrage, il est parti sur une courbe vers les 10 millions, probablement un record pour cette franchise et pour les super-héros Marvel. Et puis l'Odyssée, ça c'est incroyable, parce qu'en troisième semaine, il fait plus d'un million d'entrées, donc il a une stabilité.

C'est un blockbuster, c'est un film d'auteur, on ne sait pas très bien où le classer, il est les deux à la fois, et c'est le plus gros succès de Nolan. Ils viennent passer les 5 millions d'entrées hier soir. Pourtant, les blockbusters de l'été, Adrien Desnoëtes, a priori, c'est chaque année comme leur nom l'indique. Qu'est-ce qui fait que là, ça marche ? Est-ce qu'ils sont très bons, tous ces films ? Alors, qu'est-ce qui fait que là, ça marche ?

Je ne vais pas être très très original, je pense qu'il y a quand même une conjoncture très très favorable pour le blockbuster de l'été, puisque vous n'êtes pas sans savoir qu'on vit un réchauffement tout aussi record que ce qui se passe dans les salles. Et donc forcément, qui dit réchauffement, dit recherche de clim, et là, tout le monde s'en est rendu compte, il y a eu beaucoup d'articles qui ont été publiés là-dessus. Vraiment, ça joue ? Oui, oui, bien sûr. Je vais payer 5, 10, 15 euros, parfois 20 euros pour une place, pour avoir une heure et demie de clim.

Je parlerai sous le contrôle de mes camarades à l'antenne, mais oui, oui, effectivement, des lancements assez impressionnants, et notamment même des remontadas assez impressionnantes, comme je pense au diptyque sur le biopic de De Gaulle, qui était très très mal parti en première semaine, et qui est pile poil remonté. Alors, sous l'effet de deux leviers, le premier, c'est d'avoir avancé la sortie du deuxième, pour que les gens puissent les voir dans la foulée, et surtout d'avoir eu cet énorme coup de bol, qui était la deuxième canicule de l'année, je crois celle qui a atteint les records absolus. Les dix derniers jours de juin, effectivement.

Voilà, donc ce genre de phénomène au box-office, une fois encore, je parle sous le contrôle de mes camarades à distance, c'est quand même assez extraordinaire. Néanmoins, il faut quand même souligner que ce qui se passe cet été est quand même un peu le reflet de ce qui s'est passé depuis le début de l'année. Et c'est ça qui est assez impressionnant, et que moi, par exemple, dont je suis hyper surpris, c'est que les chiffres sont très bons depuis janvier, par exemple. Donc, on s'achemine effectivement vers une très bonne année 2026. Kira Kitsopanidou, Vous nous confirmez ce que dit Adrien Desnouettes ? Est-ce que les climatiseurs, c'est le meilleur investissement des salles de cinéma ?

4:39
Présentateur

Écoutez, ça doit être le cas. Mais en tout cas, les causes sont multifactorielles. Bien sûr, la météo a été à l'avantage des salles de cinéma, mais c'est un phénomène qui s'inscrit dans la durée depuis le premier trimestre. Là, il n'y avait pas des conditions météorologiques qui les justifient. C'est surtout une offre qui est très, très forte et une offre qui voit revenir les franchises américaines. Mais aussi du cinéma français populaire. Ça a été rappelé avec De Gaulle en deux parties.

Les films d'auteurs, notamment d'animation indépendante, comme In Waves, film quand même qui a fait dans la durée énormément d'entrées auprès d'un public que les salles de cinéma, notamment d'Arrées d'Essé, visent actuellement, c'est-à-dire les 18-24 ans. Jim Quinn, ça a été dit à nouveau. Il y a aussi des films qui signent la montée aux puissances des talents qui sont issus de YouTube, comme Obsession ou Backrooms. Ce sont des films qui ont déjà une communauté des fans très, très impliqués.

5:37
Invité

Avec peu de budget en plus, des budgets très réduits.

5:39
Présentateur

Tout à fait, avec un budget très réduit par rapport aux standards hollywoodiens, avec une esthétique originale, un pastiche de référence cinéphilique, un budget modeste, avec quand même une communauté qui les suit de longue date. Obsession, il est à plus d'un million d'entrées, mais semble-t-il, mes camarades vont me corriger, actuellement, pour un budget de moins d'un million d'euros. Un concept simple, efficace, mélange de genre, horreur, thriller, romance toxique, avec une viralité réelle sur TikTok. Donc, il y a aussi la qualité, il y a aussi les effets marketing des distributeurs, ça a été rappelé par rapport à De Gaulle. Il y a les efforts aussi des exploitants, qui ont été payants.

Il y a l'importance du bouche à oreille sur les réseaux numériques. Donc, c'est un ensemble, en fait, des facteurs qui ont participé à cette réussite dès cet été, qui va peut-être nous rapprocher aux 50 millions, ou même, pourquoi pas, rêvant, 200 millions d'entrées pour cette année.

6:31
Invité

Et je suis frappé, effectivement. Il y a Christophe qui nous dit, sur les réseaux sociaux, oui, cinéma, car il y a la canicule. Bon, ça confirme, en tout cas, pour Christophe, ce qu'on se disait à l'instant. Mais je suis frappé du fait que, par exemple, Spiderman, qui est sorti il y a dix jours, donc on était, vraiment, fin juillet, le cœur de l'été, 650 000 spectateurs le premier jour, le démarrage le plus retentissant de l'année, et même depuis Avengers Endgame, donc là, on était avant Covid. Comment vous regardez ça, Eric Marty ? Sortir au milieu de l'été, ce n'est pas un handicap. Non, ça fait longtemps que la saison d'été est devenue une des saisons fortes de l'année.

Je fais un petit bémol sur la canicule, ça a été très net au mois de juin. Ça allait un petit peu moins après, parce qu'en fait, c'est quelque chose qu'on a déjà repéré. Les gens s'habituent et ça devient une pratique. Par contre, ce qui est remarquable, et ce qui a été souligné juste à l'instant deux fois, c'est que cette année, chaque fois que le marché a eu une petite faiblesse, ça a duré une semaine, mais pas plus. Le marché a été extrêmement dynamique. Et ça tient à une offre, effectivement, qui était très complémentaire, entre autres offre française, offre américaine, offre populaire, offre à réessai.

Donc, on a eu tous les genres, tous les styles de cinéma qui ont été offerts, et le public est revenu très régulièrement. On sait qu'on est en France un des publics les plus cinéphiles au monde, et là, il y a eu véritablement une sorte de conjonction, à la fois de l'offre et de mobilisation du public, qui est retournée au cinéma. On a eu deux petites semaines faibles au mois de mars, c'est reparti juste à Persefort, pareil début juin, aidé en partie par la canicule, mais pas seulement. Donc, je crois que, oui, on a une année très favorable, et qu'on peut s'en féliciter, puisque, effectivement, avoir des salles pleines, c'est un grand plaisir.

J'insiste quand même, c'est qu'il n'y a pas que la clim dans les salles. Les salles ont énormément investi depuis une dizaine d'années, et à un moment ou à un autre, ça paye, et le public, quand il vient en salle, il voit quelque chose qu'il ne voit nulle part ailleurs. Et notamment, on a vu toute cette mise en avant du format 70 mm, ou du format IMAX, ou les deux à la fois, mais ça, c'est que dans un cinéma en France, à Montpellier, je parle pour le film L'Odyssée de Christopher Nolan. Parlons justement de la qualité des films. Je me tourne à nouveau vers vous, Adrien Desnouet, critique et réalisateur de documentaires sur le cinéma.

Plusieurs auditeurs nous disent Nathalie, j'adore les salles obscures trois soirs d'affilée, c'est une première pour moi. Isabelle, il y a cette année beaucoup plus de films intéressants, d'habitude, la période estivale n'est pas très riche. Et Jean-Louis qui demande est-ce que ce succès repose sur la qualité des films ou sur leur visibilité et leur puissance marketing ? On parlait tout à l'heure de blockbuster d'auteur pour Christopher Nolan. L'Odyssée, c'est le cas ? C'est comme ça que vous décriez ce film ? Oui, bien sûr.

Et c'est d'ailleurs un peu la position à part qu'a réussi à se tailler Christopher Nolan dans l'industrie, c'est-à-dire d'être à la fois un événement marketing, un événement promotionnel, un événement mondial et être un auteur. Ça fait maintenant depuis les années 2010, depuis à peu près Dark Knight que Christopher Nolan a fait un budget monstrueux en centaines de millions de dollars mais un vrai regard de cinéaste. Tout à fait. En tout cas, c'est la promesse d'un film de Christopher Nolan.

Après, sur vraiment ce qui s'est passé cette année, notamment, j'ai envie d'insister en revenant un peu sur ce que disaient les intervenants à l'antenne, c'est vraiment, je pense, la diversité de l'offre, de la diversité de ce bouquet qui fait vraiment la différence sur peut-être les deux, trois années précédentes. C'est-à-dire que le retour en force quand même quand on observe les films millionnaires, c'est quand même le retour en force des Américains.

À la fois les franchises, moi je ne m'attendais pas par exemple, pourtant j'ai eu tort, mais je ne m'attendais pas à ce que le Spider-Man Brand New Day qui est sorti la semaine dernière établisse déjà des records qui soient à peu près équivalents à ce qu'avait fait Avengers Endgame en 2019. Pour resituer, 2019, c'est une année historique, enfin pas historique, mais en tout cas très très très forte, c'est-à-dire que c'est celle juste avant le Covid et ça avait été une très très bonne année de cinéma en France et dans le monde. Une année de record avec, vous savez, Avengers en deux parties qui avait été sorti par Marvel qui était un petit peu la finalité de tout ce qu'avait mis en place.

L'apothéose de ce temps. En plus, c'est une brochette de super-heuros. Exactement, l'apothèse de cet univers qui avait été mis en place depuis 12 ans. Et puis derrière, il y avait eu le Covid, la fin justement de cet univers et puis une difficile remise en question, beaucoup d'attermoiements et j'ai l'impression que là, cette année, c'est un peu la première année qu'on voit ressurgir une offre variée du côté américain et surtout, et c'est ça sur quoi il faut insister et c'est ce que disait tout à l'heure très très justement notre camarade, c'est l'émergence aussi de jeunes auteurs sur de l'épouvante.

C'est-à-dire que l'épouvante, ça a toujours été une valeur refuge d'un point de vue commercial. Là, on n'est pas dans le top 5, on est plutôt entre la 5e et la 10e ou 15e place des films pour situer. Peut-être même un peu plus loin, mais ce qui est important, c'est le taux de rentabilité. C'est ce que disait tout à l'heure notre intervenante avec Obsession de Curie Berker qui a un budget de 1 million de dollars, ce qui n'est rien du tout. Déjà, rien qu'en France, un budget d'un million d'euros, c'est un tout petit long métrage. Un million de dollars aux Etats-Unis, c'est rien du tout.

Et actuellement, c'est un film qui a un taux de rentabilité comparable aux blockbusters qui sont à 250 ou 400 millions. 250, c'est l'Odyssée, par exemple. Voilà, l'Odyssée, c'est 250 millions de dollars pour vous donner un ordre de grandeur. Ça, Obsession et Backrooms qui sont tous les deux réalisés par de très jeunes cinéastes vintenaires issus de YouTube, ça, c'est vraiment un phénomène inexplicable. C'est ces fameux phénomènes hors normes qui permettent, par exemple, il y a deux ans de voir deux films français à 10 millions d'entrées avec un petit truc en plus et l'adaptation de Dumas, Montecristo. Parfois, il se passe quelque chose que personne n'avait vu venir. Toujours.

Sauf, évidemment, on lui souhaite le réalisateur. Toujours, forcément. Les années record, il se passe toujours quelque chose. Mais même, moi, je veux même vous dire, Spider-Man a toujours été une franchise un peu à part. C'est-à-dire qu'elle n'appartenait pas vraiment au MCU, Marvel Cinematic Universe. C'est un personnage un peu en marge. Et c'est une franchise qui a toujours été là dès le début. En 2003, quand elle arrive avec Sam Raimi, c'est presque déjà un blockbuster d'auteur. Et puis, c'est toujours en dépit du changement des acteurs, Spider-Man a toujours résisté. Aussi, par un très, très fort attachement du public enfantin et puis du public adulte.

Il y a une espèce de dôme comme ça, une espèce de miracle autour de ce personnage. Mais de là à prédire que ce Spider-Man-là va probablement faire les chiffres de Avengers Endgame, moi, franchement, je ne l'aurais pas vu. Et pourtant, je suis très, très, je m'intéresse énormément aux chiffres. Je suis toujours surpris, en fait, par Spider-Man. Toujours surprenant, effectivement. Pas de lassitude sur Spider-Man qui en sort un nouveau tous les deux, trois ans en moyenne. Depuis 2002, on est à neuf films depuis 2002. Il y en a eu trois avec un premier acteur, Tobey Maguire. Deux avec un acteur qui m'échappe. Et là, on en est au quatrième. Merci. On en est au quatrième avec Tom Holland.

Question d'auditeur pour vous, Kira Kitsopanido, spécialiste de l'économie du cinéma. Est-ce que ce bon été annonce une embellie durable pour le cinéma ? C'est là qu'on va peut-être un peu se crisper. Ou un simple effet de rattrapage ? Qu'est-ce que vous en pensez ?

12:55
Présentateur

Je pense qu'on rattrape et en même temps, on embellit. Peut-être que ça sera durable. On l'espère en tout cas. Toute la profession fait des efforts en ce sens-là. Je parle des producteurs français avec le retour du cinéma populaire français depuis quelques temps. On a aussi les distributeurs, les exploitants, quels que soient les bords, des gros ou de petits, des indépendants ou de groupes qui font des efforts en ce sens. Et bien sûr, les salles de cinéma qui s'équipent. Ça a été rappelé tout à l'heure. Il y a des investissements extrêmement importants aujourd'hui pour faire revenir le public, pour faire venir aussi le public plus jeune parce que c'est un énorme enjeu les 18-24 ans.

Et je me permets de revenir un peu en arrière sur le backroom qui n'aurait peut-être pas été autant entendu. En fait, si, parce qu'il y a tout un phénomène sur les réseaux sociaux, sur YouTube, avec des communautés qui sont extrêmement actives et qui suivent les talents de YouTube jusqu'à la salle en fait. Donc, ce sont des phénomènes qu'il faut observer avec beaucoup, beaucoup d'attention. Et il me semble qu'actuellement, les professionnels suivent aussi ce qui se passe sur les réseaux sociaux, les nouvelles formes de création, les nouveaux formats verticaux. Peut-être que le renouvellement viendra aussi. La cinéphilie, c'est quelque chose de global.

les personnes qui consomment, les plateformes, les jeux vidéo, y compris les réseaux sociaux, sont aussi des cinéphiles. Donc, il y a un effet synergétique. Aujourd'hui, il y a beaucoup d'exploitants qui sont d'accord sur ces points. Tous ces moyens de voir les films, de consommer les images, peuvent converger vers une cinéphilie élargie.

14:23
Invité

On a parlé, Éric Marti, je me tourne vers vous, directeur général de RENTRAC, vous qui avez un peu tous les chiffres, les statistiques professionnelles de ce monde-là. On a parlé de la qualité des films, on a parlé de la canicule, qui, pour une fois, évidemment, c'est à prendre de façon exceptionnelle. Et ici, une bonne nouvelle. Il faut parler des prix aussi, sans doute. Est-ce que la fête du cinéma, par exemple, avec ses places à 5 euros pendant 4 jours, c'était fin juin, début juillet, à cette période qu'on décrivait, qui est un peu tangente pour les deux films de Gaulle, est-ce que ça a là aussi été la meilleure rampe de lancement pour l'été ?

La fête du cinéma, c'est un des grands rendez-vous de l'année pour le public depuis de très, très nombreuses années. C'était longtemps encore une lubie des Français, puisque c'est un des rares pays, on était le seul pays à faire une fête du cinéma, à dire 3 jours ou 4 jours avec un tarif réduit pour tous les films dans toutes les salles. Maintenant, il y a à peu près 25 pays dans le monde qui ont dupliqué le modèle avec des modalités particulières. Ça veut dire que ça marche. C'est quelque chose qui a vraiment fonctionné, auquel le public est attaché. Et ça a deux vertus.

D'une part, lancer cette fameuse période estivale par un week-end où on ne parle que de cinéma et on va au cinéma et on mange du cinéma autant qu'on peut. Et puis, ça a une vertu de promotion des films pour l'été, puisqu'effectivement, on parlait du Comte de Monte Cristo, il est sorti la veille de la fête du cinéma et ça a été un succès estival il y a deux ans qui a duré tout l'été. Donc oui, c'est quelque chose qui est très ancré dans le calendrier du cinéphile, c'est-à-dire du français de base. Il y a plus de... Deux tiers des Français qui vont au moins une fois au cinéma dans l'année.

Donc la fête du cinéma, c'est une date qui est bien ancrée et qui permet de lancer une belle saison en mettant bien sûr en avant tous les films à venir sur les semaines suivantes. Adrien Desnouettes, on a aussi cet exemple de... Vous avez parlé de Spiderman qui a une sacrée longévité. On peut parler aussi de Toy Story. C'est le cinquième volet et là, la sortie est plus ancienne. Ça remonte à mi-juin. Ça marche encore Toy Story. Le premier, c'était en 1995. Donc on est typiquement dans le fait d'emmener ses enfants voir quelque chose qu'on a apprécié quand on était soi-même enfant. Oui, bien sûr.

C'est évidemment les valeurs refuge, familiales, transgénérationnelles et Toy Story est une excellente franchise de ce point de vue-là. D'ailleurs, ce qui est amusant, c'est que le précédent Toy Story, donc le 4, datait de 2019, cette fameuse année d'avant le Covid. Il était en fait... Pourquoi je la cite à chaque fois ? C'est que 2019, c'était certes une année d'avant le Covid, donc d'avant la grande crise qui fait que le cinéma n'a jamais récupéré totalement les chiffres qu'il faisait avant mais c'était surtout une année record.

Et si vous vous replongez sur l'offre de cinéma de 2019, justement, le Toy Story 4, moi je l'avais trouvé excellent et notamment très surprenant parce que le 3, je l'avais déjà trouvé excellent et je ne voyais pas comment Toy Story arrivait encore... Vous êtes en train de Woody, Buzz et Jesse... Pour tout vous dire, un peu moins de cette dernière version et du coup, je trouve qu'en fait, moi j'essaie toujours de regarder les chiffres et de trouver des signes et d'essayer de comprendre pourquoi ça marche. Parfois, je trouve complètement irrationnel et parfois, il y a des logiques. 2019 est une année certes diverse mais c'est une année extrêmement qualitative du point de vue de l'offre.

Moi, j'ai aimé au moins 10 films dans l'année, ce qui est très rare chez moi. Adoré 10 films. Cette année, je ne pourrais pas le redire. Oui, je suis difficile. C'est-à-dire que là, je suis en schizofrédie par rapport aux chiffres. Je ne suis pas tout à fait certain que la qualité des films soit le reflet de ce qui se passe dans les salles. Néanmoins, j'ai envie de revenir sur ce que disait tout à l'heure de façon très pertinente l'intervenante à distance. C'était le rebond des réseaux sociaux et comment il fallait que les salles se réinventent, comment le milieu lui-même devait se réinventer pour attirer le public.

Je suis totalement d'accord avec ça et j'irai même un peu plus loin peut-être pour tracer des perspectives, en tout cas moi, qui m'intéresse. C'est que je trouve que le cinéma, la distribution en salles en France, le cinéma, la salle en France, le milieu de la salle est très campé sur le passé. On est très centré sur les films occidentaux et toujours à regarder un peu ce qui se passe aux Etats-Unis. Vous parlez sur vraiment l'offre de films. L'offre de films. Parce qu'on parle de diversité, on parle de bouquets d'hiver.

Il y a quand même un gros travail, me semble-t-il, à faire qui n'est pas tant du côté des salles et du milieu que plutôt peut-être du côté de la France, c'est-à-dire de l'accueil culturel de ces films. C'est qu'en fait, si vous regardez plutôt du côté de la SVOD, si vous regardez du côté des rebonds justement sur les réseaux sociaux, ce que regardent les jeunes... SVOD, c'est la vidéo à la demande. La vidéo à la demande et j'inclus comme Netflix, Disney+, Amazon Prime. J'inclus aussi les versions un peu illégales comme l'IPTV qui sont en fait de bons indicateurs de ce que regardent les gens.

Je trouve que sur le marché populaire, n'oublions pas que le cinéma est un art populaire, je trouve que sur le marché populaire, en fait, si vous regardez bien et si vous écoutez bien, si vous tendez l'oreille ou bouche à oreille justement, je trouve que le regard est de moins en moins centré sur l'Occident et de plus en plus sur l'Orient. La France a compris ça dernièrement par exemple avec l'anime japonais ou coréen. Mais je trouve que si vous regardez un peu du côté du blockbuster indien, si vous regardez un petit peu du côté de l'épouvante coréenne qui sont certes un peu distribuées en France mais très mal fléchées dans la presse culturelle. Encore un peu niche.

Mais très très niche et même communautaire. Moi je pense qu'il y a un gros travail de défrichage et surtout de sensibilisation du grand public français de salles pour aller s'intéresser à ce qui se fait plutôt du côté de l'Orient. Je pense que l'avenir non pas du cinéma mais l'avenir de l'élargissement et peut-être de là, du regain de chiffres qu'on pourrait avoir en salles viendrait peut-être de cette prospection-là. Kira Kitsopanidou, est-ce qu'on a une idée de ce qu'on paye en moyenne au cinéma pour une place et est-ce qu'on y va aussi pour acheter du pop-corn ou autre chose ? La dépense des cinéphiles ?

19:25
Présentateur

La dépense des cinéphiles ça dépend aussi des salles qu'ils fréquentent en réalité. Bien sûr, à des prix plus élevés actuellement pour des expériences qui sont insolites, extraordinaires comme l'Odyssée mais en moyenne on est à 7 euros plus d'une moitié des places sont vendues à moins de 7 euros. Mais ça couvre toute une variété des tarifs qu'on peut payer sur une année.

19:47
Invité

Et donc, on peut encore peut-être chercher à augmenter la recette moyenne des clients ? Est-ce que les salles vont aller chercher des nouvelles recettes ?

19:54
Présentateur

Chercher de nouvelles recettes à travers d'autres formes de programmation peut-être d'autres formes d'utilisation des salles de cinéma c'est déjà les cas actuellement avec d'autres spectacles ce qu'on appelle le hors-film par exemple des locations des salles pour jouer ensemble un jeu en ligne par exemple c'est ce type de programmation alternative ou de programmation thématique sur des gros classiques sur des franchises qu'on découvre dans les salles aller cibler les publics plus jeunes à travers une programmation thématique sur une période courte notamment l'été c'est ce genre de programmation un peu événement un peu cible un peu comme on les faisait auparavant avec les chaînes thématiques en réalité où on ciblait des publics à travers des canaux de contenu spécifiques je vois que les salles de cinéma ont aussi compris l'intérêt du ciblage d'aller chercher des niches qui peuvent être mobilisées sur tel ou tel contenu sur tel ou tel type de cinéphilie

20:47
Invité

merci beaucoup et merci à tous les trois Kira Kitsopanidou Adrien Denouet et Eric Marti bonne séance à vous qui avez écouté ce grand entretien tout en empoignant votre téléphone pour réserver des tickets de cinéma et on peut l'entendre avec Charlie Lee Couture bande originale de Toy Story 1 France Inter évidemment est l'ami du cinéma oui je suis ton ami je suis ton ami

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