Conférence de presse du Président Emmanuel Macron et du Premier ministre de Croatie Andrej Plenković
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 10:00OuverteRéponse directe
Quelles sont les composantes les plus importantes du partenariat stratégique pour la Croatie ?
- 11:00OuverteRéponse directe
Monsieur Macron, soutenez-vous l'adhésion de la Croatie à Schengen ?
- 13:00OuverteRéponse directe
Comment empêcher un nouveau drame migratoire en Manche ?
- 15:00OuverteRéponse directe
La France a-t-elle atteint les limites des restrictions face au Covid ?
- 17:00OuverteRéponse directe
Comment l'achat des Rafales change-t-il la position stratégique de la Croatie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Emmanuel MacronFait
« La Croatie a fait l'objet d'évaluations récentes qui démontrent qu'elle est prête à rejoindre l'espace Schengen. »
- 3:00Emmanuel MacronChiffre
« La France est un des investisseurs les plus importants en Croatie dans les dernières années. »
- 5:00Emmanuel MacronFait
« Nous avons signé ce matin le partenariat stratégique. C'est le deuxième document de ce type, le premier a été signé en 2010. »
- 11:00Emmanuel MacronFait
« La Croatie a fait l'objet d'évaluations récentes qui démontrent qu'elle est prête à rejoindre l'espace Schengen. »
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Bonjour Mesdames et Messieurs, merci d'être venus après la réunion bilatérale et la signature du partenariat stratégique et le contrat des Rafales et d'autres contrats commerciaux. La conférence de presse va être tenue par Monsieur le Président de la République française, Emmanuel Macron, et le Premier ministre croate, Andrej Plenković. Monsieur Plenković, je vous en prie.
Merci, Marco. C'est un grand plaisir de pouvoir encore une fois saluer mon ami, le Président français Emmanuel Macron, et le remercier d'être venu en Croatie. C'est la première visite présidentielle depuis 30 ans.
Il y a 21 ans, lors du sommet à Zagreb, Jacques Chirac s'était rendu à Zagreb. Nous avons tenu des discussions très fructueuses ce matin et hier soir et nous marquons une nouvelle étape dans les relations bilatérales entre la France et la Croatie. Nous avons signé ce matin le partenariat stratégique.
C'est le deuxième document de ce type, le premier a été signé en 2010. Jadranka Kosor à l'époque pour la partie croate et François Fillon ont signé ce premier partenariat stratégique. Il s'agit d'un accord, d'un cadre pour la coopération scientifique, économique, de défense, administrative, culturelle et dans le domaine de l'éducation.
En 2020, nous avons eu un million d'euros d'échanges. Cette année, nous avons atteint 782 millions d'échanges et la France est un des investisseurs les plus importants en Croatie dans les dernières années. Nous nous réjouissons que les touristes français viennent en Croatie. 400 000 Français sont venus cet été en Croatie, et j'espère qu'après la pandémie ce chiffre va encore augmenter.
Nous nous réjouissons spécialement de la présidence française au Conseil de l'Union européenne. Monsieur Macron a partagé avec nous ses plans ambitieux pour cette présidence hier soir. La Croatie est un pays pro européen et nous protégeons ainsi nos intérêts mais nous essayons de profiter pleinement de tout ce qui nous est offert, comme un pays membre de l'Union européenne.
Le support et le soutien français sont très importants pour nous dans le cadre de l'adhésion à l'espace Schengen et à la zone euro. C'est une grande priorité pour notre gouvernement. Nous avons conscience du fait que l'espace Schengen doit être réformé.
Nous allons travailler avec nos partenaires français dans le cadre de cette réforme, comme un futur pays membre de Schengen. En ce qui concerne le contrat de l'achat des avions multi-usages Rafales, c'est un élément important de cette visite et de cette nouvelle étape de nos relations. Ce sont des avions de la dernière génération, des avions qui vont sans doute influencer le standing croate sur l'échelle internationale, dans le domaine de la défense de l'air, de terre, mais nous allons aussi renforcer nos capacités à contribuer dans le cadre de l'Alliance de l'OTAN et toutes les missions de défense auxquelles nous participons, et cela va nous permettre de renforcer la coopération entre nos industries de défense respectives.
Nous avons également parlé de plusieurs thèmes globaux et internationaux. Nous avons parlé du Sud-Est de l'Europe et de tout ce qui se passe dans cette partie de l'Europe. Je suis content d'entendre que le président français a des savoirs très approfondis sur notre région et j'espère que, dans les semaines et les mois à venir, nous allons également trouver des solutions à des problèmes que nous avons en commun, surtout aussi trouver la solution au problème électoral en Bosnie-Herzégovine, pour vraiment pouvoir travailler dans le cadre de ce qui est fait dans l'accord de Dayton.
Cher Emmanuel, merci d'être venu. Je suis vraiment content de cette nouvelle étape. Merci beaucoup.
Merci à toi pour ces mots et nos échanges d'hier soir et de ce matin. Je suis très heureux, Monsieur le Premier ministre, d'être ici présent pour cette première visite officielle d'un président de la République française, depuis l'indépendance de la Croatie en 1991. Nos deux pays ont en commun une histoire et un patrimoine riches, un même intérêt aussi et un destin commun en Méditerranée, nous l'avons vu il y a quelques semaines ensemble à Athènes, et nous sommes liés aussi par une diaspora croate qui fait le pont entre nos deux pays, par nos valeurs et par un même engagement pour la sécurité régionale et internationale au sein de l'Union européenne comme de l'OTAN.
Dans ce contexte si particulier, je veux dire combien la solidarité et l'amitié entre nous est importante après des mois qui nous ont frappés et continuent de nous frapper et une crise sanitaire qui sévit toujours et à laquelle se sont ajoutés, en mars et décembre 2020, de terribles tremblements de terre qui ont frappé votre pays, et je veux ici redire notre solidarité à l'égard des Croates. Nos échanges, comme les textes que nous signons, montrent d'abord une grande convergence de vues sur les dossiers européens. La Croatie a eu à présider le Conseil de l'Union européenne au premier semestre 2020, au début de cette pandémie.
Nous aurons à le présider dans 37 jours, au premier semestre 2022. Et un pont, si je puis dire là aussi, s'érige entre nos deux présidences et nous avons acté de grandes convergences de vues en matière climatique, économique, numérique et stratégique. Je veux ici dire à cet égard combien cet agenda social, numérique et migratoire nous permettra d'avancer, et ce dès les conclusions de décembre.
Je connais et je soutiens les aspirations de la Croatie à rejoindre l'espace Schengen. Et, pour moi, l'adhésion de la Croatie à Schengen s'inscrit pleinement dans le cadre de la réforme que nous souhaitons et que nous défendons et sur lequel la présidence française va s'investir au premier semestre de l'année prochaine, compte tenu de ce que vous avez démontré en termes de sérieux et d'engagement sur les questions sécuritaires et migratoires. Je soutiens aussi la volonté d'adhérer pleinement à la zone euro.
Là aussi, les efforts ont été faits, les réformes indispensables et donc ce cheminement se poursuivra dans les prochains mois. Sur tous ces sujets et ceux qui scanderont la présidence française durant le premier semestre 2022, nous avons pu véritablement acter nos convergences de vues. Nous avons bien sûr évoqué aussi la situation des Balkans occidentaux, et je me réjouis que nos deux pays puissent engager un dialogue régulier à cet égard, en continuant d'acter les initiatives par exemple lancées à Bordeaux sur les thématiques-clés de la jeunesse, de l'environnement, de la société civile et des médias, mais également avec une volonté commune d'œuvrer sur le différend qui continue entre la Bulgarie et la Macédoine du Nord et sur la réforme indispensable de la loi électorale en Bosnie-Herzégovine, où nous avons très clairement une convergence de vues et une volonté d'agir ensemble, ce que nous ferons dans les prochaines semaines.
Nous avons échangé sur la situation internationale et je vous remercie d'avoir toujours été un partenaire solide, lucide et amical. Et les échanges que nous aurons en décembre puis en mars prochain, en particulier autour de la boussole stratégique, seront un élément-clé de cette convergence de vues et d'une Europe que nous voulons plus souveraine, davantage unie, unie et regroupée et gardant toute sa force, son interopérabilité, son intégration au sein de l'OTAN, mais partageant des vues géopolitiques et une capacité à se protéger dans son voisinage. La réponse à ces défis sera européenne.
Elle sera également bilatérale et je me réjouis à ce titre du partenariat stratégique que nous venons de signer. Il est la concrétisation de notre vision convergente sur le projet européen et notre volonté de répondre ensemble aux grands défis internationaux. Ce partenariat, vous l'avez évoqué, Monsieur le Premier ministre, cher Andrej, vient renforcer nos relations de défense, nos liens économiques, favorise une meilleure connaissance mutuelle de nos économies, une coopération éducative, des échanges culturels, scientifiques, universitaires.
Les six volets que nous signons à travers ce partenariat couvrent tous les domaines de la relation bilatérale et d'une volonté d'agir ensemble dans la région des Balkans occidentaux et au sein de l'Union européenne. Ce partenariat nouveau et notre convergence de vue stratégique sont démontrés par la décision de la Croatie d'acheter douze avions de combat Rafales à la France. Les trois contrats industriels signés avec Dassault Aviation, MBDA et Safran montrent très bien notre volonté d'agir ensemble et ces douze avions de combat Rafales, c'est un choix souverain, effectué en mai par la Croatie en faveur du Rafale dont le contrat a été signé ce matin, et c'est un choix historique.
Il sera le ciment d'une longue coopération et d'une convergence stratégique entre nos deux pays, tout comme il pose un jalon pour une Europe de la défense à même d'assurer notre sécurité commune. Et donc merci pour ce choix qui nous oblige. Mais plus largement, vous le voyez toutes et tous, ce choix s'inscrit dans une convergence de vues, dans une amitié en quelque sorte démontrée qui unit nos peuples et nos nations et qui va nous conduire à travailler encore davantage ensemble sur le plan bilatéral, dans la région et pour notre Europe.
C'est le choix d'un renforcement fort entre nos pays, nos économies et nos citoyens, pour lequel nous continuerons d'œuvrer main dans la main dans les mois qui viennent, durant la présidence française et au-delà. Merci, Monsieur le Premier ministre, cher Andrej, pour l'accueil et pour la signature de ce partenariat et de ces contrats. Au collègue [INAUDIBLE] la première question.
Bonjour, la question pour le Premier ministre Plenkovic. Vous avez signé le partenariat stratégique, qu'est-ce qu'on peut y trouver et quelles sont les composantes les plus importantes qui concernent le facteur politique croate ? Pour Monsieur Macron : est-ce que vous soutenez les efforts croates pour l'adhésion à l'espace Schengen, et qu'est-ce que cela veut dire pour la sécurité au niveau de l'Union européenne ?
Merci. En ce qui concerne le partenariat stratégique, nous l'avons déjà dit, et j'espère que ce document va être publié dès aujourd'hui, vous allez voir tous les domaines dans lesquels nous voulons approfondir notre coopération avec la France. Il y a les domaines de l'intérieur, de la défense, le renforcement du dialogue au sein des institutions internationales, surtout dans le cadre de la Méditerranée.
Je veux remercier le Président Macron de nous donner son soutien pour l'adhésion, pour l'entrée dans ce club européen à la Méditerranée. MED7 devient MED9. Un million d'euros des échanges l'année dernière, ce n'est qu'un début, nous l'espérons.
Et les grandes entreprises qui viennent de signer un contrat vont attirer d'autres investisseurs et d'autres entreprises. Bouygues est déjà très présent en Croatie. Il y a ce partenariat privé/public à Bina Istra et il y a l'aéroport français.
Mais la bonne nouvelle également, c'est que le marché français va être ouvert davantage pour les entreprises croates. En ce qui concerne l'éducation, le système d'éducation français est d'une qualité extrême. Normalement, ceux qui en sont issus sont des personnes qui sont très capables de gérer les institutions et de gérer l'économie.
Nous voulons renforcer la coopération également dans le domaine de l'administration. La tradition de la gestion de l'Europe est copiée du système français, nous pouvons le dire. Également, la Croatie veut renforcer son attraction touristique.
Quand je vivais à Paris, la France était le premier pays du monde au niveau du tourisme. Paris était la première ville touristique, et la tour Eiffel était la première destination touristique dans le monde. Et nous espérons avoir au moins une petite fraction de cela. [INAUDIBLE] D'abord, parce que la Croatie a fait l'objet d'évaluations récentes qui démontrent qu'elle est prête à rejoindre l'espace Schengen.
Il y a donc un processus, il a été respecté. Les évaluations en montrent la conformité. Et la Croatie a démontré la solidité de son dispositif, un dispositif de protection de sa frontière et de nos frontières extérieures, de sa lutte contre les réseaux de passeurs et de ses capacités de surveillance des frontières.
Donc nous pensons que cette adhésion effective rendra plus efficace le fonctionnement de Schengen, car elle permettra pleinement d'intégrer à nos dispositifs de coopération et à nos systèmes d'information les dispositifs croates existants. J'ajoute, comme je le disais, que, pour moi, cette adhésion s'inscrit dans la réforme de Schengen, qui a vocation à rendre le fonctionnement de cet espace plus efficace. Pour toutes ces raisons, et dans le cadre de cette réforme que nous soutenons à quelques États membres, en particulier avec le Premier ministre Rutte, je pense que cette adhésion a pleinement son sens, et je la soutiens.
Bonjour, Monsieur le Premier ministre, bonjour Monsieur le Président. Hier, vous avez déclaré, Monsieur Macron, que la France ne laisserait pas la Manche devenir un cimetière. Pourtant, sur les côtes françaises, les forces de l'ordre sont en difficulté pour empêcher les bateaux de migrants de partir.
Des images de l'agence Reuters filmées hier montrent une embarcation surchargée prendre la mer depuis une plage du Pas-de-Calais, devant des policiers qui expliquent ne pas être intervenus pour des raisons de sécurité. Très concrètement, comment empêcher un nouveau drame comme celui qui a fait 27 morts hier ? D'abord, je veux redire ici l'émotion qui est la nôtre, celle de la nation tout entière, et notre amitié et notre soutien aux familles de toutes les victimes qui ont péri en mer.
Ces femmes et ces hommes ont fui leur pays et voulaient rejoindre les côtes britanniques. Ils ont fui leur pays parce qu'ils subissaient la misère pour certains, l'oppression politique pour d'autres, l'absence de liberté, et qu'ils ont été victimes du pire des systèmes, qui est celui des passeurs et des trafiquants d'êtres humains, parce que c'est cela qui opère aujourd'hui sur le sol européen. Je veux donc ici leur témoigner la solidarité et la compassion de la nation française.
Je vais ici vous dire très clairement que nos forces de l'ordre sont mobilisées jour et nuit, pas simplement hier ou avant-hier, mais depuis le début ! Elles le sont aux frontières extérieures. Jamais la France n'a eu autant de policiers et de gendarmes, et a certains moments de militaires, mobilisés dans la lutte contre l'immigration clandestine aux frontières espagnoles, italiennes, mais également belges, et nous continuons de le faire, et notre mobilisation est totale sur nos côtes.
Pour la seule journée d'hier, 1 000 départs et tentatives de départs. Plus des deux-tiers ont été empêchés. Et depuis janvier, 7 800 sauvetages ont été réalisés. [INAUDIBLE].
Quand ces femmes et ces hommes arrivent sur les rivages de la Manche, c'est déjà trop tard. Donc, ce matin, le Premier ministre a tenu une réunion, et l'ensemble des conclusions opérationnelles seront dévoilées, mais nous allons d'une part maintenir évidemment cette présence maximale, continuer d'utiliser aussi les drones, en particulier ceux de l'armée, mobiliser des réservistes, demander une mobilisation supplémentaire des Britanniques. Car je rappelle à cet égard que nous tenons en quelque sorte la frontière pour les Britanniques, et que toutes ces femmes et ces hommes ne veulent pas l'asile en France.
Nous le leur proposons, et toutes celles et ceux qui le veulent sont pris en charge dans les centres mis à disposition autour de Calais et de Dunkerque. Et nous allons renforcer les moyens de sauvetage en mer. Mais surtout, il nous faut développer de manière beaucoup plus forte, et responsabiliser nos partenaires.
Nous avons besoin de renforcer les coopérations avec la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne, mais aussi avec les Britanniques et la Commission. C'est donc cette décision qui a été prise, avec une série de réunions qui seront tenues par le ministre de l'Intérieur dans les prochaines heures et les prochains jours, pour mieux prévenir les arrivées sur le sol français, venant des routes du Sud comme des routes du Nord et de l'Est, et pour mieux intégrer aussi les Britanniques à la prévention de ces flux en démantelant les réseaux de passeurs. Nous en avons démantelé plusieurs dizaines encore ces dernières semaines, et je salue la mobilisation de nos préfets dans la région et de nos forces de sécurité intérieure.
Mais il nous faut une coopération européenne plus forte en la matière. Je l'ai toujours dit, la France, en l'espèce, est un pays de transit. Nous nous battons contre ces réseaux de passeurs, qui utilisent la détresse, mais nous devons pour cela améliorer la coopération européenne.
Á cet égard, la visite du Premier ministre et des ministres en début de semaine en Belgique a permis d'acter une série d'avancées. Nous allons maintenant les mettre en œuvre de manière accélérée, et, avec les pays que je citais, renforcer les dispositifs. Bonjour, Monsieur le Premier ministre, bonjour Monsieur le Président.
Vous vous apprêtez, vous l'avez dit, Emmanuel Macron, à prendre la présidence du Conseil de l'Union européenne pour six mois. La cinquième vague du Covid déferle en Europe, et la France n'est pas épargnée. On observe également en Europe un ras-le-bol général des violences aux Pays-Bas, en Belgique, en Autriche, en France, aux Antilles.
Deux questions : Avez-vous le sentiment qu'on a atteint les limites de ce que les citoyens français, et européens en général, peuvent endurer, notamment face à des restrictions dures comme le confinement, pour prendre cet exemple ? Et comment concilier cela avec la lutte contre le virus ? Je vous remercie.
L'ensemble de nos peuples sont évidemment fatigués de cette situation, fatigués, anxieux par la situation sanitaire, leurs situations personnelles, parfois les conséquences économiques, sociales, familiales, intimes de ce Covid. J'ai eu l'occasion de l'évoquer, il ne faut pas négliger non plus les Covid longs, les conséquences parfois physiques, les conséquences en termes de santé mentale que le Covid peut avoir, et la détresse qui existe dans notre société. Face à cela, nous avons résisté depuis bientôt deux ans, en Européens, nous tous, par une mobilisation de nos systèmes sanitaires, par de la solidarité et des transferts de patients.
Et la France est en ce moment en train d'en faire pour certains voisins qui sont plus touchés que nous, comme nous en avons bénéficié il y a quelques mois. Nous avons agi en Européens pour accompagner nos économies, protéger nos travailleurs, protéger nos entrepreneurs, préparer un plan de relance. Et nous avons agi en Européens pour vacciner et faire de l'Europe le premier continent producteur de vaccins, le premier continent distributeur de vaccins, et le premier continent vaccinant ses populations.
Nous devons donc tenir. Et on doit tenir avec de la bienveillance et de l'exigence. La bienveillance, c'est qu'il nous faut être aux côtés de celles et ceux qui souffrent le plus de cette situation.
C'est ce que nous avons tâché de faire en France, avec la multiplication de dispositifs d'accompagnement, avec beaucoup de patience, en étant aussi proportionnés dans les efforts que nous demandons ; ne jamais demander des choses qui viendraient, en quelque sorte, fragiliser encore davantage tel ou tel. C'est aussi pour ça qu'en janvier dernier, je n'avais pas voulu faire un confinement et c'est aussi pour ça qu'aujourd'hui, nous tenons avec un pass sanitaire, mais sans certaines restrictions qui sont décidées par ailleurs. Mais à côté de cette bienveillance, il nous faut continuer d'avoir de l'exigence.
L'exigence, c'est celle que nous devons avoir vis-à-vis de nous-mêmes et des autres, en tant que citoyens d'une nation libre. Nous sommes libres et responsables, et dans une épidémie, nous sommes tous les co-dépositaires de la sécurité collective. Et cette exigence, c'est celle de la vaccination et des gestes barrières.
C'est la condition pour pouvoir vivre avec le virus. Et donc il ne s'agit plus d'enfermer, il ne s'agit plus d'utiliser les méthodes que nous avions il y a un an, quand nous n'avions pas de vaccins, mais de continuer les gestes barrières, tels que rappelés par le gouvernement, d'accélérer et de renforcer la vaccination pour celles et ceux, vulnérables, qui n'ont pas encore eu recours à celle-ci, et accélérer l'ouverture au rappel vaccinal. dans quelques instants Le ministre des Solidarités et de la Santé en France aura l'occasion d'expliciter les axes qui ont été adoptés en Conseil de Défense hier matin, et concertés hier après-midi et ce matin par le Premier ministre avec les forces politiques, les associations d'élus, mais également l'ensemble des parties prenantes.
Bonjour, Ivana Petrovic, de Nova TV. J'ai une question pour les deux. Monsieur le Premier ministre, d'après vous, comment l'achat de ces avions de combat va changer l'importance croate stratégique, non seulement dans l'Union européenne, mais au sein de l'OTAN ?
Monsieur Macron, je ne vais pas vous demander de l'élargissement. On connaît vos attitudes depuis Sofia 2016. Mais puisque la Croatie est un pays limitrophe des pays des Balkans occidentaux, et dans le contexte de l'adhésion croate à Schengen, quelle est votre opinion de la situation de défense dans les Balkans occidentaux, le Monténégro, la situation en Bosnie-Herzégovine et ainsi de suite, et surtout parce qu'il s'agit d'un espace qui est petit, mais pas entièrement intégré dans l'Alliance atlantique et européenne, Merci chère Ivana pour cette question.
Avant de répondre à la question sur l'achat des Rafales, je veux exprimer la solidarité croate avec la France pour cette grande perte de vie au large de la France hier. Cette question de la protection des frontières est une question très complexe, très importante. Nous avons tous la responsabilité de protéger nos frontières.
Nous tous qui gérons les gouvernements et les États préférerions ne pas avoir cette situation, les migrants qui souhaitent parvenir à nos côtes. Mais c'est la réalité. Je veux également remercier le président Macron pour ses mots de solidarité pour le tremblement de terre, et le soutien français.
En ce qui concerne l'achat des Rafales, c'est ce qu'on appelle en anglais un jumping changer, une grande nouvelle pour notre armée. Les avions que nous aurons à notre disposition n'existent pas, depuis l'Allemagne jusqu'à la Grèce. Tous ceux qui pourraient avoir des prétentions sur le territoire croate vont être dissuadés.
Également, ces avions vont nous permettre de participer à des missions jointes, conjointes, au sein de l'Alliance, de l'OTAN et dans les missions européennes, pour assurer la stabilité et la sécurité globale. Notre deuxième mandat va être marqué par l'achat de ces avions et ça va marquer également une nouvelle ère dans la coopération, dans le domaine de défense, mais aussi économique, avec la France. [INAUDIBLE] a mis fin à des millénaires de guerres civiles en Europe.
Et donc l'adhésion en 2013 de la Croatie à l'Union européenne permettait de continuer ce travail. Et ma conviction profonde, c'est que les Balkans occidentaux ont une vocation européenne. Et si nous voulons que l'Europe soit un espace de paix et de stabilité, c'est bien ce chemin que nous devons suivre.
C'est dans cet esprit que je soutiens d'abord, pour continuer à renforcer ces liens toujours plus étroits, l'adhésion de la Croatie à la zone euro, à Schengen, parce que c'est une adhésion politique, parce qu'elle est le fruit d'un travail et parce que je pense aussi qu'elle s'inscrit dans ce que je souhaite pour la réforme de Schengen, et que nous porterons sous présidence française, dès le mois de février prochain, c'est-à-dire une zone Schengen plus forte, plus concrète dans la protection des frontières extérieures et un espace Schengen beaucoup plus politique dans sa gouvernance. C'est le cœur de la réforme que nous porterons. Pour les autres pays des Balkans occidentaux, notre vision exprimée à Sofia n'était pas un refus.
C'était de mettre fin à un processus bureaucratique qui était une forme de canard sans tête et qui était de dire : parlons des vrais problèmes et réglons-les d'abord. La réforme que nous avons actée sous présidence croate, d'ailleurs, le processus d'adhésion a rendu ce processus beaucoup plus politique. Il y a aujourd'hui dans les Balkans occidentaux - vous avez cité quelques pays, mais on aurait pu tous les citer - des situations politiques, des conflits frontaliers qui demeurent.
Ce que nous voulons, nous, faire dans les prochains mois, c'est nous engager davantage pour stabiliser les choses entre la Bulgarie et la Macédoine du Nord, pour avancer sur la stabilité de la Bosnie-Herzégovine et la réforme de la loi électorale, permettant de respecter et de prendre en compte toutes les composantes constituantes de la Bosnie-Herzégovine, et d'avancer sur la grande question, nous le savons, entre Pristina et Belgrade. Ce sont quelques uns de ces sujets. La vocation de la France, sa vision, c'est que nous devons construire là un espace de paix, de stabilité, de coopération, renforçant la circulation des personnes, la coopération pacifique, avec une vocation qui est d'en faire pleinement un espace européen.
Aujourd'hui nous sommes déstabilisés, nous le savons, par des puissances extérieures, qui cherchent à revigorer soit les divisions ethniques, soit les divisions religieuses, et qui sont de fait un élément de fragilité pour l'Europe. La France sera pleinement engagée sur ce chemin et je veux que ce soit clair pour tous les peuples de la région. Je vous remercie.
Merci Monsieur le Premier ministre, merci Monsieur le Président. Nous allons conclure maintenant la conférence de presse. Nous nous dirigeons vers la [INAUDIBLE] pour regarder le survol des Rafales.
On a 5 minutes.
Emmanuel Macron