Déclaration du Président de la République Emmanuel Macron à son arrivée au Conseil européen
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10Emmanuel MacronFait
« nous allons clarifier les lignes d'un réengagement du dialogue dont je me félicite, d'un travail aussi conjoint sur le sujet des migrations et d'une politique de stabilité en Méditerranée orientale. »
- 0:45Emmanuel MacronFait
« Nous assumons d'avoir un dialogue pour défendre nos intérêts en tant qu'Européens avec exigence. »
- 1:00Emmanuel MacronFait
« Nous ne pouvons pas rester dans une logique purement réactive à l'égard de la Russie, au cas par cas »
- 1:15Emmanuel MacronFait
« le rapport que nous avions demandé, permet véritablement d'avancer »
- 1:50Emmanuel MacronFait
« le fameux variant Delta arrive, qui se diffuse beaucoup plus rapidement que les précédents variants »
- 2:05Emmanuel MacronFait
« nous devons véritablement, à ce stade, nous limiter aux vaccins qui ont été homologués par l'Autorité européenne du médicament »
- 2:20Emmanuel MacronFait
« Les plans nationaux sont en train d'être validés par la Commission. L'argent commun a été levé »
- 2:45Emmanuel MacronFait
« Ils m'ont remis hier un rapport conséquent sur la stratégie climatique, la stratégie de croissance, la lutte contre les inégalités et aussi le défi démographique »
- 3:40Emmanuel MacronFait
« la loi telle qu'elle est mise sur la table ne me paraît pas conforme à nos valeurs et à ce qu'est l'Europe »
- 4:00Emmanuel MacronFait
« la voix des Européens. Nous avons des valeurs qui sont notre socle avant même la construction de l'Union européenne »
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Ecoutez, d'abord, nous allons tenir un conseil qui va couvrir beaucoup de sujets. En commençant par retrouver le Secrétaire général des Nations Unies, que je félicite pour sa réélection et son nouveau mandat, et couvrir toute une série de sujets internationaux, ce qui va me permettre d'abord d'expliquer notre stratégie au Sahel, mais de couvrir aussi beaucoup de thématiques en termes de relations étrangères sur lesquelles la France est engagée depuis plusieurs mois. A l'issue d'un travail collectif que nous avons mené sur la Turquie, nous allons clarifier les lignes d'un réengagement du dialogue dont je me félicite, d'un travail aussi conjoint sur le sujet des migrations et d'une politique de stabilité en Méditerranée orientale.
Nous aurons à évoquer également la Russie. Sur ce sujet, je considère que le travail qui a été mené, le rapport que nous avions demandé, permet véritablement d'avancer. Nous assumons d'avoir un dialogue pour défendre nos intérêts en tant qu'Européens avec exigence.
Donc, nous définissons l'unité des Européens dans ce dialogue avec la Russie. Nous assumons ce dialogue qui est un dialogue nécessaire à la stabilité du continent européen, mais exigeant, parce que nous ne cédons rien de nos valeurs, ni de nos intérêts. Je pense que c'est la bonne méthode.
Nous ne pouvons pas rester dans une logique purement réactive à l'égard de la Russie, au cas par cas, alors que de manière très légitime, on a assisté il y a quelques semaines à une discussion structurée entre le Président Biden et le Président Poutine. Vous savez que c'est cette ligne que la France tient depuis maintenant un peu plus de deux ans et je souhaite que nous puissions, avec une vraie coordination européenne et une unité européenne, avoir ce dialogue exigeant et ambitieux. Nous aurons également à aborder d'autres sujets internationaux lors du déjeuner puis cet après midi.
Ensuite, on parlera évidemment de la pandémie. L'Europe continue d'avancer et de déployer sa stratégie de vaccination et nous voyons les résultats qui sont là avec les réouvertures progressives. Néanmoins, nous devons tous être vigilants parce que le fameux variant Delta arrive, qui se diffuse beaucoup plus rapidement que les précédents variants et on le voit, qui touche les personnes qui ne sont pas vaccinées ou qui n'ont eu qu'une seule dose.
Cela nous impose d'être encore plus rapides dans cette campagne de vaccination et surtout très coordonnés entre Européens, et pour moi l'un des enjeux de la discussion, c'est de véritablement prendre des décisions de coordination en termes d'ouverture de frontières avec les pays tiers et en termes de reconnaissance de vaccins, parce que nous devons véritablement, à ce stade, nous limiter aux vaccins qui ont été homologués par l'Autorité européenne du médicament. Suite à cette discussion, nous parlerons aussi de reprise économique. Les plans nationaux sont en train d'être validés par la Commission.
L'argent commun a été levé et donc les décisions de juillet dernier deviennent des réalités et je m'en félicite. Sur ce volet là, je porterai aussi la stratégie de sortie de crise que nous avons bâtie, en particulier en mandatant des économistes du monde entier sous la houlette de Messieurs Blanchard et Tirole. Ils m'ont remis hier un rapport conséquent sur la stratégie climatique, la stratégie de croissance, la lutte contre les inégalités et aussi le défi démographique.
Je souhaite que ce rapport puisse être partagé avec tous les Européens pour que ce soit un coeur de doctrine de l'Europe. Nous poursuivrons ces débats demain matin avec un sommet zone-euro qui permettra là aussi d'avancer, car je pense qu'il nous faut aujourd'hui accélérer en termes d'ambition de sortie de crise. Enfin, vous l'évoquiez dès mon arrivée, nous aurons à parler ce soir des sujets d'État de droit et évidemment aussi de lutte contre les discriminations et de défense de toutes les minorités.
Sur ce sujet, je n'ai qu'une parole simple, c'est la voix des Européens. Nous avons des valeurs qui sont notre socle avant même la construction de l'Union européenne et qui en constituent le socle fondamental. Ces valeurs de l'Europe, ce sont celles du Conseil.
Ce sont aujourd'hui celles de l'Union européenne. Elles reposent sur le respect de la dignité de chacun et donc la lutte contre les discriminations et aucune faiblesse à l'égard de celles et ceux qui mettent en danger l'Etat de droit. Il nous faut avoir une discussion entre Etats membres.
Elle sera franche, elle sera ferme. Et j'attends ensuite que les institutions européennes, au nom de tous et au nom de nos principes, mettent en place des procédures qui sont attendues dans ce cas. Allez-vous clairement demander à Viktor Orbán de retirer sa loi ?
Je pense que dans le dialogue, on va voir ce qu'il dira, mais j'ai du respect pour la souveraineté. Prudence quand il consiste, quand on vient à demander ou exiger d'un autre dirigeant, de retirer un texte. Mais je défendrai nos valeurs et je dirai qu'aujourd'hui, la loi telle qu'elle est mise sur la table ne me paraît pas conforme à nos valeurs et à ce qu'est l'Europe.
Je pense que dans ce dialogue, j'espère que dans ce dialogue, on trouvera aussi un chemin qui lui permettra de porter ce que sont ses priorités, mais en respectant pleinement nos valeurs et donc de porter lui même un changement de ce texte. [INAUDIBLE] Non, mais je pense qu'il y a des dossiers qui sont contentieux que nous connaissons et ces sujets ne sont pas réglés. Nous avons aussi la question de l'Ukraine et donc nous connaissons les préconditions à des réengagements positifs.
Mais sur ces sujets là, nous ne pouvons pas rester dans une absence de dialogue. Nous devons parler, y compris de nos désaccords. C'est le seul moyen de les régler.
Et donc, coordination des Européens, unité des Européens, définition de nos cinq principes et dialogue exigeant pour essayer d'ouvrir des voies et résoudre nos différends. Ça ne veut pas dire du tout qu'on oublie ces différends ou qu'on aurait quelques faiblesses. Voilà, je vais maintenant retrouver l'ensemble des membres et le Secrétaire général des Nations Unies.
A tout à l'heure.
Emmanuel Macron