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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 6 juillet 2025 9 min

L'écologie, sujet de discorde au sein du gouvernement

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

pour être un présidentiable sérieux. Sommes-nous capables de voter pour des candidats qui proposeraient des mesures impopulaires? - M.Lauqué: On va parler d'un autre sujet qui provoque la discorde, celui de l'écologie qui a occasionné une passe d'armes entre B.Retailleau et A.Pannier-Runacher. - Le ministre de l'Intérieur et sa charge contre l'écologie.

Dans une tribune du "Figaro", B.Retailleau dénonce des objectifs idéologiques dépassés imposés par des tartuffes de l'écologie politique. Une diatribe et une conclusion...

Réaction immédiate et scandalisée de sa collègue au gouvernement, Agnès Pannier-Runacher. - A.Pannier-Runacher: Peu importe l'intérêt des Français, pourvu qu'on récupère des voix à droite et au-delà.

C'est impossible quand on prétend être un homme d'Etat. - Dans le camp Bayrou, les désaccords se règlent souvent en public. En déplacement dans l'Aveyron, le président recadre. - E.Macron: Le Premier ministre doit recadrer son gouvernement et chacun doit s'occuper de sa politique.

S'il y a un ministre qui s'occupe de tout, ça ne s'appelle plus un gouvernement. - Depuis quelques semaines, la majorité se déchire sur la question de l'écologie. LR, RN et certains macronistes ont voté ensemble. - G.Attal: Les formations politiques font clairement le choix de s'engager contre la transition écologique.

Le RN, et on a vu Les Républicains qui ont, désormais, une ligne qui va contre toutes les mesures prises en faveur de la planète. - La gauche ne se prive pas de souligner la division du socle commun. - B.Vallaud: Une partie du bloc central n'a pas voté le texte et une autre l'a votée avec le RN.

C'est le concours Lépine d'une simplification qui en réalité révèle le scepticisme climatique d'une partie de l'Hémicycle. - Quand l'écologie provoque un imbroglio général et brouille des clivages. A l'extrême droite, la canicule donne des idées à M.Le Pen qui veut lancer un grand plan climatisation. - M.Le Pen: La climatisation, ça sauve des vies.

Laisser des gens à l'hôpital, des enfants, des gens vulnérables souffrir parce qu'il n'y a pas de climatisation...

Fermer des écoles plutôt que de développer un plan climatisation, cela me paraît absurde. - L'idée fait bondir les écologistes. - M.Tondelier: Ils font n'importe quoi depuis 3 semaines.

C'est la récréation et ça ne fait rire personne. Tous les scientifiques étaient atterrés, une partie des agriculteurs, les écologistes... 3 jours après, alors que la France a chaud, ils se disent que les Français vont se rendre compte que l'environnement est important.

Depuis 2 jours, il y a un concours de l'écologie qui, rassurez-vous, s'arrêtera dans 24 heures quand la canicule se sera arrêtée et ils revoteront des mesures climaticides. - Une nouvelle canicule est prévue dans le courant de la semaine prochaine. - M.Lauqué: Ce qui veut dire qu'on devrait reparler de ces mesures à la prochaine canicule. - C.Barbier: Il y a l'opportunité d'en parler quand les Français ont un peu d'attention sur ces sujets.

Là, il y a une volonté politique plus profonde pour certaines familles politiques de défendre le paysage contre les éoliennes, d'avoir une politique sur la souveraineté énergétique...

Personne n'a la panacée et personne n'a non plus un passé blanc-bleu sur ces sujets-là. - A.Bouilhaguet: L'écologie n'a jamais été dans l'ADN du RN.

M.Le Pen a toujours demandé l'arrêt des énergies non renouvelables. Elle a toujours parlé d'une écologie punitive.

Son grand plan climatisation, c'est de l'opportunisme politique. On parle des riches qui sont dans leur bureau et leur voiture climatisée et les pauvres qui sont sous les toits ou dans des endroits où il y a pas de climatisation. On va dire que c'est cohérent sur sa ligne politique.

Du côté Les Républicains, on ne peut pas dire que l'écologie ait été leur fonds de commerce mais cela reste les héritiers de J.Chirac qui, en 2022, lors du sommet de la Terre à Johannesburg, dit que notre maison brûle et qu'on regarde ailleurs. L.Wauquiez ne cesse de poster des messages anti-écolos.

Aux dernières européennes, on a entendu F.-X.Bellamy fustiger l'électrification des véhicules.

Un peu avant, X.Bertrand parlait des éoliennes contre lesquelles il est en lutte. Quant à B.Retailleau, jusqu'à présent, ce n'est pas du tout son sujet, l'écologie. - L.Salvaing: Il avait quand même écrit un bouquin en 2021. - A.Bouilhaguet: Là, depuis la canicule, il a dit 2 choses.

D'abord, comme Jospin, il a dit que l'Etat ne pouvait pas tout. Et puis, cette tribune, qui semble populiste d'une certaine manière. Il flatte l'électorat, qu'il dispute au RN, un électorat plus modeste, périurbain, rural. - M.Lauqué: Et comment c'est accueilli par l'opinion? - L.Salvaing: Il avait déjà pris la parole en 2021 dans un livre où il prônait une écologie pragmatique reposant essentiellement sur le nucléaire.

Et surtout, il dit stop à la décroissance et à la culpabilisation. Clairement, les Français disent depuis des années être culpabilisés sur ce qu'ils mangent, ce qu'ils consomment, leur mode de vie, la climatisation...

Je pense que dans l'opinion, cela a un écho. D'autant plus quand la préoccupation à l'égard de l'environnement n'a pas disparu des esprits mais a été chassée par d'autres préoccupations plus urgentes et quotidiennes comme le pouvoir d'achat et la sécurité. - M.Plane: Ce qui est flagrant, c'est qu'on voit que chacun a des agendas politiques là-dessus.

C'est quand même le ministre de l'Intérieur, il est au gouvernement. Il s'écarte de la ligne du gouvernement. On retrouve la même chose que sur les questions budgétaires, pas d'accord commun sur ce qu'il faudrait faire.

Au fond, j'ai impression que personne ne veut renoncer à ce qu'il veut et chercher une convergence. Pourtant, on est à un moment où il faudrait retrouver une forme de solidarité sur certaines décisions. Je trouve que cela évoque cela.