Bruno Questel : "Il faut que l'on rétablisse la confiance"
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- 0:30OuverteRéponse directe
Il n'y aurait pas un peu de panique à bord ? C'est le sentiment que ça donne.
- 0:50OuverteRéponse directe
Mais comprenez quand même qu'on soit surpris.
- 1:41OuverteRéponse directe
Mais vous comprenez bien quand même qu'on a l'impression que le Premier ministre est clairement désavoué là quand même.
- 2:02OuverteRéponse directe
Il y a eu un gros cafouillage aussi sur l'ISF.
- 2:20OuverteRéponse directe
On a l'impression que ça navigue à vue en ce moment.
- 2:50OuverteRéponse directe
Mais vous, vous pensez que c'est une bonne réforme, ça ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:32Invité politiqueFait
« Panique à bord, je ne crois pas qu'on puisse dire ça très objectivement. »
- 0:47Invité politiquePromesse
« Il faut donc dans ces cas-là que les pouvoirs publics aussi prennent acte de la situation et prennent les mesures adaptées pour amener tout le monde un peu à la raison et qu'on puisse se remettre autour de la table pour discuter. »
- 1:13Invité politiqueFait
« Le dispositif adopté à l'Assemblée nationale en première lecture, annulé au Sénat, ne sera pas réintroduit par l'Assemblée nationale en deuxième lecture pour l'année 2019. »
- 1:26Invité politiquePromesse
« On va faire ce débat pendant plusieurs mois sur le territoire et on va mesurer combien nos concitoyens sont capables et en mesure de se mettre aussi dans la volonté et la capacité à travailler les choses au fond pour que nous puissions avancer sur la question de la transition écologique. »
- 1:46PrésentateurFait
« Il y a eu un gros cafouillage aussi sur l'ISF. Il y a deux ministres, Benjamin Griveaux et Marlène Schiappa, qui disaient hier qu'il n'était pas exclu que l'ISF soit finalement rétabli en cas d'évaluation négative de cette réforme. »
- 2:14PrésentateurFait
« Hier soir, à nouveau, l'Elysée fait savoir que, eh ben non, Emmanuel Macron exclut de revenir sur cette réforme. »
- 2:53Invité politiqueFait
« L'IFI ? Oui. »
- 3:24Invité politiqueChiffre
« qui dans son quotidien avec des salaires au SMIC à un peu moins de 1200 euros ne sont pas en capacité d'accepter des dispositifs où on voit les zéros s'aligner sur les mesures adoptées et le décalage est trop grand. »
- 3:54Invité politiquePromesse
« Ce qu'ils disent, oui, c'est l'impôt sur la fortune, c'est pour nous insupportable. Donc ça, on doit aussi comprendre, l'analyser et puis aussi être capable de discuter avec l'exécutif pour les semaines et les mois à venir pour adapter les choses à ce que chacun puisse y trouver son compte. »
- 4:17Invité politiquePromesse
« Je pense qu'il y aura du monde à Paris samedi et je pense que toutes les personnes qui viendront à Paris samedi ne seront pas animées des mêmes intentions. »
- 4:41Invité politiqueFait
« Il y a des hommes dans ce pays principalement qui sont aujourd'hui animés par une volonté d'en découdre avec les institutions, le pouvoir exécutif et placer notre République en danger. »
- 5:24Invité politiqueFait
« Il y a une crise de la démocratie, il y a une crise de la République dans notre pays. »
- 5:57Invité politiqueChiffre
« La déconnexion, elle était là aussi présente lorsque 50% des Français ne sont pas venus voter au deuxième tour des élections en juin 2017. »
- 6:07PrésentateurFait
« Mais vous n'êtes pas sans savoir que la République en marche a l'image d'un parti élitiste. C'est la France qui a réussi quand même. »
- 6:57PrésentateurFait
« Vous avez écrit un tweet récemment qui dit "Nos concitoyens ne croient plus en la parole publique et en la République". Pourquoi ? »
- 7:01Invité politiquePromesse
« C'est mon sentiment profond, effectivement, parce que, vous l'avez souligné, j'essaye d'être sur le terrain le plus souvent possible. »
- 7:41Invité politiquePromesse
« Nous y prendrons une part active. Ce sera un des éléments de la reprise de confiance, mais ça ne suffira pas indéniablement compte tenu de la nature de la défiance installée. »
Temps de parole
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Pas de suspension, pas de moratoire, la hausse des taxes sur les carburants est tout simplement annulée. C'est le coup de théâtre d'hier soir, une décision totalement inattendue. Bonjour Bruno Castel. Bonjour. Vous êtes député de l'heure, vice-président du groupe La République En Marche à l'Assemblée. Vous êtes en charge des territoires spécifiquement. Avant de rejoindre En Marche, vous avez été pendant une dizaine d'années au PS. Alors il y a une semaine, on ne changeait rien. Il y a deux jours, on proposait un moratoire au Gilet jaune. Et alors maintenant, on annule. Il n'y aurait pas un peu de panique à bord ? C'est le sentiment que ça donne.
Panique à bord, je ne crois pas qu'on puisse dire ça très objectivement. On est aujourd'hui dans la contestation que la situation est tendue. C'est indéniable. Le week-end prochain, ça s'annonce assez animé sur la capitale, vous le savez. Il faut donc dans ces cas-là que les pouvoirs publics aussi prennent acte de la situation et prennent les mesures adaptées pour amener tout le monde un peu à la raison et qu'on puisse se remettre autour de la table pour discuter.
Mais comprenez quand même qu'on soit surpris. Le Premier ministre a passé l'après-midi hier à l'Assemblée à parler de ce moratoire qui avait été décidé. Il y a même eu un débat avec tous les partis. Vous avez été appelé à voter, vous les députés, sur ces mesures. Et quelques heures après, on apprend que finalement, il y a une annulation.
Alors, c'est une annulation en le sens où le dispositif adopté à l'Assemblée nationale en première lecture, annulé au Sénat, ne sera pas réintroduit par l'Assemblée nationale en deuxième lecture pour l'année 2019. Donc oui, on annule pour le dispositif du budget sur l'année 2019. On va faire ce débat pendant plusieurs mois sur le territoire et on va mesurer combien nos concitoyens sont capables et en mesure de se mettre aussi dans la volonté et la capacité à travailler les choses au fond pour que nous puissions avancer sur la question de la transition écologique.
Mais vous comprenez bien quand même qu'on a l'impression que le Premier ministre est clairement désavoué là quand même. Il a défendu une mesure qui finalement n'avait plus lieu d'être deux heures après.
Le Président de la République, dans le cadre de ses prérogatives, a clairement exprimé hier la volonté, hier soir en fin de journée, la volonté que l'exécutif et le Parlement prenions le temps maintenant de l'explication de l'échange et du travail en commun.
Il y a eu un gros cafouillage aussi sur l'ISF. Il y a deux ministres, Benjamin Griveaux et Marlène Schiappa, qui disaient hier qu'il n'était pas exclu que l'ISF soit finalement rétabli en cas d'évaluation négative de cette réforme. Et hier soir, à nouveau, l'Elysée fait savoir que, eh ben non, Emmanuel Macron exclut de revenir sur cette réforme. On a l'impression que ça navigue à vue en ce moment.
Vous avez ce sentiment que je peux comprendre ou entendre. Nous, un peu le nez dans le guidon. Je ne le nierai pas à l'Assemblée nationale. Nous sommes aussi à l'écoute de l'exécutif. Nous adaptons aussi notre travail. Vous le savez que l'exécutif mène le législatif dans le cadre des équilibres de la Constitution. Il nous faudra effectivement analyser l'impact de la substitution de l'IFI à l'ISF pour mesurer combien celles et ceux qui ont pu en bénéficie ont effectivement réinjecté ces liquidités dans l'économie française et non pas dans les comptes à l'étranger.
Mais vous, vous pensez que c'est une bonne réforme, ça ?
L'IFI ? Oui. Écoutez, je l'ai voté. Je suis solidaire. Je suis membre de la majorité. Je ne vais donc pas me cacher derrière mon petit doigt pour me dire qu'on n'aurait peut-être pas dû.
Alors, vous l'avez mal expliqué ? Comment ça se fait que c'est si mal perçu par les gilets jaunes ?
Je pense que nous avons beaucoup travaillé. C'est quand même assez reconnu. Deux fois plus que d'habitude. Et peut-être pas été assez attentif à mesurer.
Beaucoup travaillé, ça veut dire plus de réformes que les précédentes ?
Oui, beaucoup légiféré.
D'accord.
Et peut-être pas été assez attentif à l'impact de ce qu'auraient toutes ces mesures sur le communard des mortels qui dans son quotidien avec des salaires au SMIC à un peu moins de 1200 euros ne sont pas en capacité d'accepter des dispositifs où on voit les zéros s'aligner sur les mesures adoptées et le décalage est trop grand.
C'est ce qu'ils vous ont dit, les gilets jaunes que vous avez rencontrés à plusieurs reprises dans votre circonscription de l'heure. Vous faites partie des rares qui sont allés les voir.
Oui, j'irai ce soir à une réunion publique. Oui, parce que ça fait aussi partie du boulot d'aller au-devant de ces femmes et ces hommes qui manifestent quand même une préoccupation importante qu'il faut prendre en compte, dont il faut avoir pleinement conscience. Ce qu'ils disent, oui, c'est l'impôt sur la fortune, c'est pour nous insupportable. Donc ça, on doit aussi comprendre, l'analyser et puis aussi être capable de discuter avec l'exécutif pour les semaines et les mois à venir pour adapter les choses à ce que chacun puisse y trouver son compte.
Vous pensez que l'annulation de la hausse de la taxe sur les carburants, ça va suffire à annuler les manifestations de samedi ou de toute façon, il y aura du monde à Paris samedi ?
Je pense qu'il y aura du monde à Paris samedi et je pense que toutes les personnes qui viendront à Paris samedi ne seront pas animées des mêmes intentions.
Vous craignez comme l'Elysée un mouvement de grande violence avec même l'Elysée dit avec des milliers de personnes qui viendront pour casser et tuer.
Déjà la semaine dernière, il y a des personnes qui ne sont pas venues pour se promener à Paris ou simplement manifester. Des armes par destination ont été retrouvées. Il y a des hommes dans ce pays principalement qui sont aujourd'hui animés par une volonté d'en découdre avec les institutions, le pouvoir exécutif et placer notre République en danger.
Vous savez s'il est vraiment envisagé de déployer des véhicules blindés dans la capitale ?
Je n'ai pas d'informations à titre personnel sur cette question-là.
Est-ce que comme d'autres élus locaux, dans vos circonscriptions, vous avez déjà reçu des menaces, des insultes ? Est-ce que certains disent que ça va mal finir ce quinquennat ? Est-ce que vous aussi vous sentez un peu fébrile vis-à-vis de ça ?
Vous savez, des insultes, je suis élu depuis de nombreuses années, élu local, les insultes, c'est un peu monnaie courante. Quand on est élu, on s'expose un peu. Donc là, en l'occurrence, oui, j'ai reçu des insultes par courrier, par mail ou autre, des menaces de mort.
Justement, puisque vous êtes élu depuis longtemps, est-ce qu'il y en a plus qu'avant ?
Il y a une forme de tension, il ne faut pas le nier. Il y a un décalage, il y a une crise de la démocratie, il y a une crise de la République dans notre pays.
Est-ce que la raison de ça, c'est qu'il y a une déconnexion des élus avec le terrain ? Vous vous le dites, vous êtes allé auprès des Gilets jaunes. Tout votre collègue ne l'a pas fait.
Néanmoins, je ne suis pas tout seul. Je voudrais aussi qu'on ne pense pas que nous ne sommes que quelques-uns à l'avoir fait. Plusieurs de mes collègues, femmes et hommes, ont tenu des réunions. Ça a été parfois difficile, notamment pour les collègues femmes qui se sont faites un peu chahuter, parce que c'est toujours plus facile de chahuter une femme quand on est 200 personnes face à elle. La déconnexion, elle est là depuis longtemps. La déconnexion, elle était là aussi présente lorsque 50% des Français ne sont pas venus voter au deuxième tour des élections, en juin 2017.
Mais vous n'êtes pas sans savoir que la République en marche a l'image d'un parti élitiste. C'est la France qui a réussi quand même.
La République en marche, c'est le parti du président de la République. C'est un parti jeune, qui n'a pas d'ancrage territorial. C'est un parti composé de femmes et d'hommes venus d'horizons divers. Il y a aussi des gens qui étaient dans des situations de précarité, qui ont été élus députés. Mais il y a la moitié de mes collègues qui n'avaient jamais fait de politique. Certains ont brisé des carrières professionnelles pour s'engager derrière le président de la République.
Mais c'était des gens qui avaient une bonne carrière, une bonne situation.
Oui, mais celle-ci est terminée pour eux. Je suis d'accord.
Mais ce n'est pas représentatif de toute la société française, même si ce sont des personnes qui venaient du terrain et qui ne venaient pas de la politique.
Je n'ai pas eu le sentiment que la société française soit dans le temps passé, ces 10, 15, 20, 30 dernières années, manifestement bien représentée. Sinon, on n'aurait pas eu cette crise que j'évoquais tout à l'heure.
Vous avez écrit un tweet récemment qui dit « Nos concitoyens ne croient plus en la parole publique et en la République ». Pourquoi ?
C'est mon sentiment profond, effectivement, parce que, vous l'avez souligné, j'essaye d'être sur le terrain le plus souvent possible. Et on le voit bien dans le regard, dans la défiance, dans les mots employés. Il y a une vraie cassure qui date, encore une fois, depuis de nombreux mois, de nombreuses années. Une vraie défiance qui s'est instaurée. C'est notre travail maintenant de restaurer ce lien, de restaurer cette confiance et de maintenir notre pays dans un cadre républicain.
Il faut que le Président s'exprime ?
Il va falloir, à un moment, que le Président s'exprime.
Et le regain, le retour de la confiance, ça passe par cette concertation qui va être organisée dans les prochaines semaines avec les gilets jaunes, sur la fiscalité écologique et tous ces sujets-là ?
Tous ces sujets, effectivement, devront être mis sur la table dans le cadre de cette concertation pendant plusieurs mois sur les territoires. Nous y prendrons une part active. Ce sera un des éléments de la reprise de confiance, mais ça ne suffira pas indéniablement compte tenu de la nature. de la défiance installée.
Il faudra quoi d'autre ?
Il faudra continuer le dialogue. Il faudra inonder le territoire de notre présence pour aller au-devant de ces femmes et de ces hommes, expliquer les choses, parfois aussi reconnaître nos erreurs, parce que comme tout un chacun, nous avons pu en commettre.
Est-ce que vous arrivez encore à réformer après cette crise ? Ou est-ce que, comme d'autres, vous dites que le quinquennat est terminé ?
Non, si le quinquennat était terminé, à la limite, je ne serai pas devant vous ce matin.
Merci beaucoup, Bruno Questel, député de l'heure et vice-président du groupe La République En Marche à l'Assemblée. Vous est-il invité du 5-7 ? Il est 6h28.
Bruno Questel