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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 2 juillet 2025 52 min

Écologie : discorde au sein du gouvernement

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

avec cette vague de chaleur qui se referme pour en parler invité exceptionnel Agnès Panier Runaché bonsoir. Vous êtes ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche. Nous a rejoint aussi sur ce plateau Julien Chelin.

Bonsoir, vous êtes l'un de nos journalistes politiques et aussi spécialiste des questions environnementales. La dernière fois qu'on nous avez reçu, vous rentriez du Groenland. On va tout de suite commencer madame la ministre avec on vient l'entendre cette vague de chaleur se se referme ce soir.

Ça veut pas dire que tout va bien, tout est derrière. Ça veut pas dire que c'est reculé. C'est reculé pour mieux sauter en fait.

Oui, parce qu' en fait cette vague de chaleur, elle n'est pas totalement terminée puisque sur la Méditerranée, il va continuer à faire très chaud. On a une partie, une grande partie de la France qui est en vigilance jaune sur les orages avec des possibles orages assez violents, ponctuels, locaux mais assez violents. Et surtout cette vague de chaleur, elle a contribué encore à renforcer la sécheresse des sols et la baisse de notre ressource en eau.

Et donc déjà sur plus de de 10 départements, nous avons dû mettre en place des mesures de restriction et nous sommes en phase de crise et au fur et à mesure où le l'été va se dérouler, bah si on a encore des remontées de chaleur sans forcément avoir un épisode aussi marqué, on va devoir gérer un capital haut qui va s'aménuiser tout au long de l'été. Et les conséquences évidemment, on va on va les voir euh de toute façon de manière récurrente. On va tout de suite aller sur le terrain madame la ministre et et et Julien aussi.

On va aller voir ce qui s'est passé ces derniers jours dans les écoles et on en parle juste après. Regardez. Partout en France, de nombreuses salles de classe se sont transformées en fournaise.

Des enseignants ont photographié pour nous leur thermomètres. 31°gr à Roubet ce matin, 33,8° à 11h à Exlesbain et jusqu'à 41,1° à Beson dans le Valdoise. Même à ces températur là, aucune obligation de fermer un établissement, c'est au maire de le décider. 200 écoles sont aujourd'hui restées porte-close.

Celle-ci à Medon était ouvertes, mais achat leur exceptionnel, moyen exceptionnel. Est-ce qu'on allume le tuyau ? Ouais.

À l'heure de la récrée c'est système D, un tuyau d'arrosage pour mieux supporter les 35°gr. Agnè Panch, on en a parlé ici même sur ce plateau hier soir, la question de la climatisation, c'est pas le c'est pas l'alpha et l'oméga de la lutte contre le réchauffement climatique. Je sais que dans votre bureau, vous avez pas la clim, je crois, mais dans certaines écoles, ça peut servir.

Est-ce que le plan pour équiper les institutions les plus essentielles, écoles, hôpitaux, est-ce que le plan suit son cours ? Je crois qu'il y a que quelques 5000 écoles aujourd'hui. On est dans le rythme aujourd'hui.

Oui, on est dans le rythme. C'est-à-dire que le président de la République avait lancé il y a 18 mois un plan de rénovation thermique des écoles et ce plan se déroule. C'est le plan du Renov qui est financé notamment par la banque des territoires et euh en appui le fond vert.

Donc c'est pas seulement le fond vert qu'il finance. Et nous sommes à un rythme de 5000 écoles qui ont été rénovées et ça continue parce que les projets affluent. Et moi, j'ai demandé en début d'année, hein, au moment où on négociait le le budget, quand je voyais que les subventions du fond vert allaient un petit peu diminuer, euh de renforcer l'appui de la banque des territoires et j'ai obtenu 2 milliards d'euros supplémentaires.

Donc ça déroule, ça permet d'éviter ce type de situation et effectivement d'être plus confortable l'hiver parce que on en a entendu aussi parler des vieilles écoles construites dans les années 70 où il fait froid l'hiver et ce sont les mêmes écoles où il fait chaud l'été et c'est insupportable pour les enfants et les professeurs. Julien. Justement madame la ministre, on a été assez surpris de voir dans ce qui remontait des reportages que dans ces écoles qui pour certaines étaient étit carrément fermé, beaucoup étaient récentes.

Certaines inauguraient cette année dépourvue de volet, de fenêtres, d'aération avec des cours de récréation en béton. Ce soir au 20h on évoquait le cas de la garde de Nant livrée en 2020 qui a été en partie fermée cette semaine parce que certaines parties de la gare étaient tout simplement pas respirable. Est-ce qu'il y a eu un retard dans la prise de conscience dans la commande publique vis-à-vis du du réchauffement climatique ?

Alors, nous on a mis en œuvre ce qu'on appelle la EUR 2020 qui est un ajustement des modalités de construction. Comme son nom l'indique, elle est récente et effectivement l'adaptation au changement climatique dans les constructions est encore insuffisante ou est toute récente. Ça vaut pour les bâtiments publics comme pour les bâtiments privés. c'est pas nécessairement un manque qui serait particulier à la commande publique et d'ailleurs vous évoquez des dossiers qui sont portés souvent par des collectivité locale et pas par l'État en direct.

Mais c'est effectivement un rappel collectif à l'ordre au fait que nous allons devoir construire demain des bâtiments qui ne sont pas qui ne doivent pas être construits comme ceux que nous avons construit dans les années 70 80 et même les années 2000. des bâtiments qui prennent en compte euh le risque d'iloot de chaleur, des bâtiments qui intègrent les notions euh de circulation d'air, euh éventuellement de climatisation, ça dépend des situations. Construisez pas de la même manière dans le sud et dans le nord, en montagne et en pleine, mais il est essentiel d'adapter les bâtiments publics, d'adapter les bâtiments privés au dérèglement climatique.

Alors justement, c'est tout l'enjeu d'ailleurs du plan national d'adaptation au changement climatique que j'ai euh présenté en en mars dernier et et dont je veux dire ici euh qu'il a recueilli une quasi unanimité puisque un seul acteur n'a pas voté ce plan au Conseil national de la transition écologique et conseil dans lequel vous avez le représentant des collectivités locales, des ONG environnementales, des associations d'élus locaux, des entreprises et des et des syndicats. C'est vraiment un plan qui a fait l'unanimité et maintenant faut le mettre en œuvre. Alors faut le mettre en œuvre.

Vous parliez du notamment du fond vert, faut le mettre en œuvre. Il faut de l'argent et justement on va on va retourner sur le terrain, on va regarder l'extrait de Et ben justement vous allez vous allez commenter. On va regarder ce que ce qu'a tourné pour nous notre œil du 20h, un sujet du GOPF sur des écoles qui veulent rénover leur bâtiment, mieux les équiper mais avec la réduction du du fond vert en tout cas ce qui s'annonce ça paraît compliqué pour eux.

Écouter à Châtillon près de Paris. Dans cette école maternelle, la chaleur est moins oppressante car la mairie a fait installer au plafond une ventilation. On est sur une école qui est en tôle où il fait très chaud habituellement qui est dans les hauteurs de la ville et c'est vrai que grâce à ce système de ventilation d'air frais, ça permet de faire baisser les températures des classes de 5 à 6°gr.

Donc c'est c'est assez assez agréable. La facture, elle est douloureuse. 1400000 € réglé quasi intégralement par la commune.

Alors pour aider les collectivités, le gouvernement avait créé un budget spécial, le fond vert. Sauf que ce fond a fondu de 2,5 milliards l'an dernier. Il a été raboté de moitié cette année au nom de la rigueur budgétaire. promesse de fond vert, elle est pas tenue, en tout cas, elle est insatisfaisante aujourd'hui.

C'est une déception surtout que il y a une vraie volonté des villes aujourd'hui, des communes et des mères de pouvoir réaliser des travaux de rénovation thermique énergétique de leurs bâtiments. On regarde de l'urgence climatique aujourd'hui. Et sans aide de l'État, sans soutien, sans moyen financier de l'État, c'est clairement impossible pour les communes de d'aller à un rythme suffisant.

Ce fond vert qui font, c'est c'est une déception. Alors évidemment en tant que ministre de la transition écologique, moi je pense qu'il faut mettre plus de moyens pour soutenir l'adaptation au changement climatique et ça c'est un exemple très concret d'un maire et beaucoup de maires veulent s'engager aujourd'hui et c'est d'ailleurs la meilleure réponse qu'on peut avoir à ce qu'on entend aujourd'hui à Paris sur le baclash écologique. Non, les maires qui sont sur le terrain, ils veulent rénover les écoles, ils veulent du confort pour les enfants, ils veulent du confort pour les professeurs.

Maintenant, c'est ce que je vous indiqué, c'est-à-dire que moi, j'ai anticipé cette baisse du fond vert en obtenant de la banque des territoires de rallonger leur soutien à la rénovation des écoles. Et ce qui est intéressant dans la rénovation thermique des écoles, c'est que c'est non seulement plus de confort pour tout le monde, c'est essentiel, mais c'est également une baisse de la facture énergétique. Et cette baisse de la facture énergétique, elle contribue à aider au financement des projets.

Je vous donne en moyenne les opérations que porte la banque des territoires, c'est moins 30 % de la facture énergétique. Et c'est comme ça qu'on arrive à trouver les financements. Au fond, dans un moment de restriction budgétaire, il faut aussi trouver les voies et moyens pour financer.

Donc je je le dis à ce maire, il faut vraiment qu'il se mette en contact avec la Banque des territoires, hein. C'est un établissement public qui investit très fortement et qui accompagne tous ces projets. En tout cas, les les restrictions budgétaires, Julien, on est on est on est au cœur puisque je crois qu'il y a les arbitrages budgétaires en ce moment.

Est-ce que avec l'épisode qu'on vient de vivre, vous allez un petit peu pousser votre votre minère souhaite, mais je suis assez frappée d'avoir un espèce de double discours. C'est-à-dire que tous les françaises et les Français quand on les interroge sont conscients du dérèglement climatique. Il voit bien qu'effectivement c'est tout aussi absurde de proposer un plan 100 % climatisation et et et la polémique sur la climatisation est absurde parce qu'en fait oui, il va falloir climatiser mais évidemment pas partout et et il nous le rappelle, ça va coûter très cher si on faisait n'importe quoi.

Mais mais vous parlez d'un double discours chez les Français. Est-ce qu'il y a pas un double discours aussi jusqu'au bout ? double discours aussi au sein du gouvernement pas au sein du gouvernement au sein de l'Assemblée nationale tout le monde nous dit il y a une urgence climatique il faut investir et puis après tout le monde est en train en tout cas la droite et l'extrême droite sont en train de casser l'écologie donc on apprend tout à l'heure que il faut pas investir dans les énergies voilà on va voir sur l'écran c'est ce que c'est ce que Bruno Rotaillot notamment a annoncé dans dans le Figaro il faut rebâtir un parc nucléaire et arrêter le financement des ns renouvelables.

Il y a quand même Oui. un double discours au sein même mais c'est très perturbant au moment on vit un épisode climatique et où on voit bien qu'il faut agir et où on voit bien qu'effectivement il est urgent surtout de sortir des énergies fossiles de baisser les émissions de gaz à effet de serre parce que nous vivons aujourd'hui une augmentation de l'ordre de 1°5 de de réchauffement climatique. Imaginez ce que ça va être dans 30 ans, dans 40 ans, on sera de on parlait la semaine dernière un collec scientifique dis ça ne sera pas atteignable en terme de ça sera pas atteignable, c'est pas une justification pour ne pas agir.

C'est-à-dire que chaque chaque degré économisé est bon à prendre. On est à 1°gr 5. Est-ce qu'on a envie d'être à 2 degrés ?

Mais non, moi j'ai pas envie d'être à 2 degr. Justement, on sent que votre position est difficile, Julien. On allait parler des ZFE parce que vous avez travaillé sur sur ce dossier là.

On sent bien qu'il y a euh il y a des des renoncements politiques. Il y a il y a en tout cas une position qui est qui est difficile à faible émission. Vous vous vous parlez par exemple tout à l'heure de de de monsieur Raillot qui prône ce soir le l'arrêt des subventions publiques à louer à l'éolien et au photovoltaïque l qui n'est pas la position du gouvernement.

Je veux vraiment le préciser, c'est important de l'entendre. Monsieur Rota il s'occupe de sécurité. Bon, j'espère que ça va bien se passer sur la sécurité, mais le gouvernement a pris une position très claire euh sur les énergies renouvelables en disant et parce que c'est la science, en disant qu'on en a besoin.

Pardonnez-moi, madame la ministre, mais le Sauf que justement cette dissonance gouvernementale, elle a des conséquences très concrètes. Je vous donne cet exemple là, le le secteur du de des rénovations aujourd'hui, il tire la sonnette d'alarme partout en dans toutes les régions. On peut voir dans toute la presse quotidienne régionale et dans tous nos reportages des des chantiers où les entrepreneurs nous disent aujourd'hui le secteur est suspendu, les embauches sont à l'arrêt, certains chantiers même sont à l'arrêt.

C'est quoi le risque avec ce genre de message tel que celui prononcé par le c'est irresponsable. C'est du populisme le plus euh euh je dirais basique. C'est-à-dire que euh au fond peu importe l'intérêt des Français, pourvu qu'on aille récupéré des voies à droite et au-delà et et c'est irresponsable quand on prétend être un un homme d'état.

Pour vous, est-ce que est-ce que Bruno Rotaillot doit doit rester au gouvernement compte tenu de cette dissonance ? Moi, je suis membre du gouvernement, je suis pas premier ministre. Mais ce que je dis, c'est que c'est une opposition, c'est une position qui est totalement contraire à celle porté par le gouvernement.

C'est une remarque. Et par ailleurs, je veux préciser une fa une chose, c'est que nous avons aujourd'hui 60 % d'énergie fossile. Nous consommons 60 % d'énergie fossile.

Est-ce que vous croyez que même d'un point de vue de souveraineté, d'indépendance, devoir dépendre pour notre énergie de la Russie qui une de nos dépendances de l'Algérie, on sait ce qui se passe entre la France et l'Algérie d'un certain nombre d'États du Moyen-Orient ou des États-Unis, c'est confortable. Est-ce que c'est sérieux ? On parlait de cette dissonance. regarder ces ces images qui datent d'il y a quelques semaines.

Vous étiez justement vous vous opposiez à la à la loi du plomb. Et à ce moment-là, Julien, on va commenter ces ces images là. au même moment où vous opposiez à cette loi du plomb qui fait qui est un recul notamment sur certains pesticides et bien sur sur un pesticide Bruno Rotaillot lui allait aller au même moment voir les agriculteurs qui qui soutenaient cette loi.

Là encore il y a une on le voit là avec également Gabriel Atal. C'était une scène assez vous en dit moins Julien, c'était une scène assez assez étonnante quand même. Et là on parle vraiment oui d'une opposition au sein même du gouvernement et je dirais même plus au sein même de l'exécutif aussi puisque Emmanuel Macron, le président de la République avait appelé à rejeter le texte.

Il il a déploré après coup je cite une erreur historique. Comment on fait dans un gouvernement comme ça où finalement la la question de l'écologie est un peu la variable d'ajustement ? Alors, je je crois pas que la question de l'écologie soit la variable d'ajustement parce qu'encore une fois, la position du gouvernement, c'est-à-dire celle qui a été défendue en tant que ministre et c'était pas moi qui l'a défendait en l'occurrence, c'est euh le refus de la réintroduction de ces néonicotinoïdes et et assimilé et et cette position a été battue des produits de tueurs d'abeille, on les appelle comme ça.

Voilà. Oui. Alors, c'est peut-être une caricature, mais peu importe.

Cette proposition qui était portée par le gouvernement a été battue au Sénat. Nous n'avions pas la majorité. Bon, c'est des choses malheureusement qui arrive le qui qui arrive souvent, pardonnez-moi madame ministre, mais qui arrive souvent en ce moment mais qui arrive tout simplement parce que le pouvoir s'est déplacé du pouvoir exécutif vers l'Assemblée nationale et vers le Sénat et que il y a des votes où nous sommes battus.

Ça c'est la résultante des dernières élections. Ce qui ne veut pas dire que le gouvernement n'agit pas et ce qui ne veut pas dire que le gouvernement n'a pas des convictions écologique et vous avez raison de rappeler la position très claire du président de la République. Après, il faut s'arrêter un instant sur ce qui se passe.

Vous avez effectivement des groupes politiques qui pour des raisons électoralistes vont voter contre l'intérêt des Françaises et des Français. On prend l'exemple euh des énergies renouvelables. Moi, si vous voulez, les énergies renouvelables, ça fait partie d'un mix énergétique.

Je suis la première à avoir défendu le nucléaire. Je suis la ministre qui est allée euh obtenir de la Commission européenne la première reconnaissance de nucléaire au niveau européen. Je suis avec mon collègue Marc Ferat, la ministre qui a obtenu de la Commission européenne aujourd'hui, c'est totalement piquant comme situation aujourd'hui, la neutralité technologique qui remet pour la première fois depuis qu'on se bat pour ça avec le président de la République le nucléaire au même niveau que les énergies renouvelables.

Donc je n'ai pas attendu monsieur Rotaillot pour faire ce travail et d'ailleurs je l'ai fait alors que c'est son groupe politique qui en 2008 a laissé passer ce texte sur les énergies renouvelables qui m'était pas au même niveau. Mais dans le même temps, quand on fabrique pas de nouveaux réacteurs nucléaires, on produit l'électricité avec quoi ? C'est quoi qui va nous permettre de remplacer des énergies fossiles qu'on importe de produits qui sont pas les plus fiables du monde ?

On fait comment ? Donc de toute façon, le mix énergétique est toujours indispensable. Aujourd'hui, on est obligé d'avoir et du renouvelable et du nucléaire.

Il faut pas avoir fait 10 ans d'années d'étude supérieure pour dire ça. Et en plus, il se trouve que une partie de ces énergies renouvelables coûte moins cher que le nucléaire historique, c'est le cas des éoliennes marines, ou moins cher que le nucléaire que nous allons construire dans les années qui viennent parce que il y a un coût aussi, c'est le cas d'un certain nombre de projets d'éoliennes terrestres et de photovoltaïques. Donc c'est idiot de vouloir prendre des positions et des postures sur des sujets.

Et c'est d'autant plus surprenant qu'il y a 3 ans, la majorité sénatoriale ou le Sénat d'ailleurs votait à la quasi unanimité et j'y étais puisque je portais ce plan la loi d'accélération des énergies renouvelables à la quasi unanimité. Les vot ce projet à la quasi unanimité. Est-ce que c'est idiot ce que dit Bruno Rotaillot ce soir ou c'est pas sérieux ?

C'est pas sérieux. ça correspond pas à la réalité scientifique, ça correspond pas non plus au combat qu'on parce que on l'a encore une fois la neutralité technologique c'est bon, ça fait 7 ans qu'on s'y est attelé et nous l'avons obtenu, on l'a obtenu aujourd'hui. Et pour le reste, il faut du nucléaire, il faut accélérer sur le nucléaire, il faut du renouvelable, il faut accélérer sur le renouvelable et il faut aussi de la rénovation thermique.

C'est ce que vous dites très bien. C'est-à-dire que les françaises et les Français, ils entendent des messages qui vont dans tous les sens et à un moment il se dit "Mais qu'est-ce que je dois faire ?" Alors justement, justement madame message contradictoire dans tous les sens, les ZFE, les zones à faible émission il y a 15 jours, il y a eu un recul.

Alors ça a été le le ça a été retoqué à l'Assemblée nationale. La navette parlementaire n'est pas finie, mais Julien, vous aviez enquêté là-dessus. Qu'est-ce que ça dit ?

Et on va regarder un exemple. On va bah tout de suite regarder un exemple de votre reportage. On en parle juste après comme ça on saura de quoi on parle.

Regardez. Les députés ont-il la peau des zones à faibles émissions. L'Assemblée a voté hier soir la fin de ces territoires où les véhicules les plus polluants sont interdits.

Incompréhensible jugent certains automobilistes. Mauvaise nouvelle. Pourquoi ? du bruit, des mauvaises odeurs, de la pollution, des problèmes de santé publique.

Quand d'autres il voi un retour en arrière justifié, c'est mieux d'avoir plus d'accessibilité pour tout le monde comme ça tout le monde puisse rouler. Vous pensez qu'on doit pas discriminer les gens qui ont des voitures les plus polluantes ? La vie devient que pour les riches.

Donc moi, je trouve que c'est une bonne chose. La gauche a voté contre le texte, la droite et le RN pour. Mais alors qu'Emmanuel Macron et Gabriel Atal avaient appelé à sauver les ZFE, le camp présidentiel s'est divisé.

Tous les députés modèes, le parti du Premier ministre François Bairou se sont prononcés pour leur suppression tout comme h députés macronistes, 14 se sont abstenus. Ça n'échappera à personne qui a pas de majorité. C'est une coalition gouvernementale et dans une coalition gouvernementale, il y a dans un certain nombre de textes parfois des opinions différentes et c'est le cas.

Le problème madame la ministre, c'est que dans cette coalition gouvernementale, vous avez tendance à perdre certains combats récemment. J'ai noté les zones à faibles émissions. C'était une mesure qui avait été mise en place en 2019.

La question des néonicotinoïdes dont on parlait juste avant, c'était une mesure de 2018. Les zones les les zéro artificialisation nettes des sols, vous savez, c'est c'est mesures qui visent à préserver les sols, protéger effectivement l'agriculture. Exactement.

Ça a été mis en place en 2021. On a l'impression que vous êtes la ministre de la transition écologique d'un gouvernement qui revient sur les mesures les plus emblématiques de la transition écologique. En fait, je suis la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et de plein d'autres choses d'un gouvernement qui tient la barre mais qui est confronté à un baclash écologique.

Et vous avez raison de le dire. Nous perds, au sein même du gouvernement. Nous perdons alors pas au sein du gouvernement mais au sein de l'assemblée.

Nous perdons des arbitrages encore une fois. Oui, mais Bruno Rotaillot avait perdu l'arbitrage au niveau du gouvernement si vous voulez aller dans ce sens-là. Donc les arbitrages, ils sont gagnés au niveau du gouvernement.

Le président de la République a réaffirmé l'importance du combat écologique mais parce qu'il a une vision de long terme, peut-être aussi parce qu'il est moins dans un combat électoraliste de court terme et et c'est vrai qu'on est confronté à à un moment de saisissement avec une gauche qui n'appartient plus au 21e siècle qui est 30 ans en retard par rapport au combat qu'il faut porter aujourd'hui. Pardon ? Mais sur ces mesures là la gauche à chaque fois c'est prononcé pour le maintien des législations que ce soit sur les fe les néon pour ça vous parle de la droite je vous parle pas de la gauche sauf elle est pardon j'ai dit la gauche je parlais évidemment de la droite une droite qui appartient au 20e siècle et pas au 21e siècle la gauche sauf sur les zones à faible mission où la France insoumise la France insoumise a voté contre ce dispositif qui protège les plus précaires parce qu'il faut le dire qui protège les plus précaires contre la pollution.

La pollution fin rejeté le texte en c'est la pollution, c'est ce qu'on a vécu ces dernières heures avec l'ozone. C'est ce qui vous prend à la gorge en ce moment. Et les voitures dont on parle, c'est pas des voitures électriques qu'on demande dans une zone à faible mission.

Ça peut être une voiture d'occasion, une Clio qui a été construite il y a il y a 14 ans. Si on comprend, c'est-à-dire une voiture qui aujourd'hui est s'achète à 7500 €. Si on comprend votre message ce soir madame la ministre, vous êtes majoritaire, vous portez la position du gouvernement.

Monsieur Retaillot est marginalisé au sein du gouvernement. Écoutez, je je vais pas le formuler comme ça parce que ça dépend des sujets mais sur les sujets qui relèvent de de mon portefeuille et sur un certain nombre d'arbitrage qu'on nous avons été amenés à prendre, je constate, c'est factuel que le gouvernement a apporté un amendement de suppression de la Camis Pride, que le gouvernement a apporté un amendement de rétablissement ou en tout cas a peu a été très clair sur sa position en faveur des énergies renouvelables et que sur les aides des feu nous étions en faveur même pas d'un rétablissement mais nous étions sur un une simplification des zones à faible émission. Pourquoi ?

Parce que évidemment on comprend très bien que les gens ont besoin de leur voiture pour circuler, qu'il faut les rassurer, qu'il faut des solutions. Donc c'était exactement l'amendement que nous portions. Madame la ministre, est-ce que face à tous ces vents contraires, parfois c'est cacophonie au sein du gouvernement ?

Est-ce que parfois vous vous posez des questions sur votre maintien même au sein du gouvernement par dire par conviction personnelle ? Non, mais la ma conviction personnelle, c'est d'essayer de défendre ce une écologie populaire qui soit une écologie qui protège les Français, c'est de faire en sorte que le plan national d'adaptation au changement climatique que je porte depuis plusieurs mois, il se déroule et c'est ce que je suis en train de faire, c'est de faire en sorte que sur la programmation pluriéannuelle de l'énergie, vous avez pu le constater, on a fini par renverser le vote et qu'on puisse enfin avoir une programmation digne de notre pays français. On avait envie de vous montrer une on avait envie de mon aujourd'hui pardon ce qui est en jeu c'est effectivement de pouvoir enfin parce que là c'est bloqué lancer le pouvoir de le le programme nouveau nucléaire et de lancer les les programmes sur les éoliennes marines parce que les éoliennes marines c'est ce qui fera baisser la facture d'électricité.

On avait envie de vous montrer une dernière séquence madame la ministre. Regardez vite Julien, vous étiez en Corse il y a tout juste quelques jours, vous êtes aussi ministre de la pêche. Regardez ce que dit ce pêcheur Corse et on terminera là-dessus sur la manière dont on dont il faut réussir à emmener toute notre société et tous nos électeurs sur la sur la cause écologique.

Écoutez [Musique] là, vous avez pêché combien en total ? Il doit y avoir 45 kg de langoustine. 6 6 7 kg de crevet.

Ça c'est les moyennes. Ils nous ont sorti des zones d'interdiction alors que on n pas été concerté. On sait pas d'où elles sortent ces zones.

C'estàdire que là où je pêche la crevette devant propriane, j'aurais plus le droit. Et au large du taureau où j'étais ce matin aussi à la langoustine, il y a une zone, un gros rectangle qu'ils ont interdit. Ça a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase en Corse à l'époque il y avait 26 chalu.

On est plus que quatre à donc je vois pas qu'est-ce qui cherche toujours à à incriminer les chalu. Nous on fait pas de la pêche industrielle. Moi quand il y a un trait de chalu, les bateaux usine, ils prennent 250 tonnes de merl.

Nous, on les pêche même pas dans l'année 250 tonnes de poisson. Faut qu'ils arrêtent un peu. Là, ils m'ont tellement dégoûté que si j'arrive à débarrasser le chalu, j'arrête.

Même plus je pêche. Ça fait, j'ai commencé à 15 ans la pêche. Mon père était pêcheur, mon oncle est pêcheur.

J'ai deux neveux qui pêchent. On est une famille de pêcheurs. Donc, ils ont réussi à me à me dégoûter.

Ils sont en train de dégoûter les jeunes. Là, j'ai mon ne levé aussi. Il a le bateau, ça fait 3 4 ans, il a dit "Je suis dégoûté, je vais tout vendre moi aussi." Donc ça sert à rien de faire toutes ces normes et tout de pour les petits métiers de Méditerranée.

C'est trompe de cible là, je pense. Vous entendez madame la ministre le message de Sper, il vous dit "Vous vous êtes trompé de cible en renforçant les aires marines protégées en interdisant les tout derniers chalutiers corse. Finalement, c'est pas ça qui va permettre de lutter contre les navires usines qui pêchent en dehors des eaux françaises.

Est-ce que vous comprenez ce ral Absolument, je le comprends mais je veux juste redire que ces décisions, on les a prises avec les pêcheurs, hein, on les a pris avec ses représentants et on les a fait vraiment dans la dentelle, zone par zone et nous les avons fait avec les scientifiques dans la pièce, avec les ONG et ça a pas été une chose facile et avec les pêcheurs dans la pièce. Ça c'est très important. Là où il a raison, là où il a raison, c'est que cette écologie qui porte et on voit que ces pratiques, elles sont respectueuses, elles ne elles elles sont euh comment dire on est confronté à une concurrence déloyale de navire usine mais de manière générale en fait on fait plutôt bien mais pardon euh si parce qu'on lutte par ailleurs contre ces navires usines et ça a été un des grands enjeux de ce que j'ai porté c'est justement de taper sur les navires usines.

Je vais pas rentrer dans le détail et ce qu'il faut retenir en fait vraiment une phrase madame la ministre c'est qu'au fond l'écologie elle est sur le terrain. Le maire qui vous parle de sa rénovation il est en train de la faire il va la faire il est engagé. les volumes euh d'investissement qui sont aujourd'hui sur l'écologie, rénovation des bâtiments, renaturation, amélioration de la cantine pour que les enfants a de la bonne alimentation qui soi produite dans de bonnes conditions.

Tout ça est en train de se faire sur le terrain. Ce qui est regrettable est regrettable, c'est que au niveau parisien pour de médiocres raisons politiciennes aujourd'hui, bah beaucoup sont en train de tout faire dérégler et ça risque de mettre les Françaises et les Français dans le mur. Allez, c'était le mot de la fin.

Merci beaucoup madame la ministre. Merci Julien. Euh Camille Novac, on vous rend l'antenne pour le rappel de titre avec 4 minutes de retard, pardon.

Et elle a une la RS qui annonce ce soir que les services de santé ont des preuves irréfutable d'un lien entre les intoxications à la bactérie dans l'Inctéries qui ont été retrouvées au sein de plusieurs boucheries. Depuis plus de 2 semaines, une trentaine de personnes a été contaminé dans l'ine. Donc à cette bactérie.

Les contrôleurs aériens en grève des demains. Mouvement social qui riche d'engendré d'importantes perturbations à 2 jours des premiers grands départs en vacances de l'été. L'aviation civile annonce d'ors et déjà l'annulation de 40 % des vols dans les aéroports parisiens ce vendredi.

Alors, certains voyageurs ont dû avancer leur départ à la dernière minute avec des frais supplémentaires écoutés. Et puis on est venu avec le Flixbus aussi. Donc le Flixbus aussi dernière minute, c'est plus cher au sièc.

Je comprends pas bien ce qu'ils ont encore à revendiquer compte tenu de leurs conditions de travail, des avantages qu'ils peuvent avoir. Je devais rentrer impérativement vendredi soir parce que je travaille aussi ce weekend. Donc bah on verra bien.

La France respire à nouveau. L'épisode de canicule arrive à son terme. Les températures baissent progressivement.

À partir de demain, vous le voyez plus, aucun département est en vigilance rouge. 40 départements restent malgré tout en orange. Et puis la Maison Blanche annonce son intention de mettre fin à la livraison de certaines armes à Kiev, notamment des missiles de défense antiaérien particulièrement cruciaux alors que l'Ukraine fait face à une intensification des attaques de l'armée russe.

Le président ukrainien Volodimir Zelenski qui affirme qu'il clarifie en ce moment avec Washington l'aide militaire américaine toujours fournie à l'Ukraine. Voilà, rendez-vous à 22h pour un point complet sur l'actualité Loïque. Merci Camille.

On ouvre la deuxème partie de ce 213. On va parler cette fois-ci du coût économique de cette canicule et forcément comment est-ce que notre économie va devoir s'adapter à un monde en surchauffe, à une France en surchauffe. Pour en parler autour de cette table, Fabio d'Andrea, bonsoir.

Vous êtes climatologue au CNRS et directeur du département de géosciences de l'École normale supérieure. À vos côté Stéphanie Viller, économiste conseillère économique au cabinet PWC France et puis Cécile Cornudet que nous accue souvent sur ce plateau, éditorialiste politique aux échos avec qui nous sommes en partenariat sur cette émission. Alors, on va tout de suite démarrer regarder par cet extrait d'un de nos reportages, un reportage de Gaspard de Florival hier dans notre journal de 20h sur bah par exemple tout simplement des éleveurs qui commencent déjà à devoir mettre les moyens pour adapter en l'occurrence leur leur élevage et leur installation à cette nouvelle donne climatique.

Regardez et on discute après du coût économique de cette canicule. Dans cette ferme d'éviline, ces éleveurs laitiers n'ont pas attendu pour s'adapter au changement climatique. Leurs 150 vaches se protègent de la chaleur dans ce bâtiment construit pour faire face aux futurs aléas.

On a créé des ouvertures franches sur la partie ouest et la partie est pour avoir une ventilation donc latérale. Et la deuxième chose, on a on a créé une toiture vraiment opaque pour avoir une une zone de couchage ombragée. Des brumisateurs sont aussi installés dans la salle de traite car plus les températures montent, moins les vaches produisent de lait.

On est qu'en juin et déjà bien impacté par les fortes températures. Donc c'est vrai que sur 2 3 mois que peut durer l'été, finalement bah l'impact financier peut être important. Alors est-ce qu'on a déjà une idée ?

C'est une question très très naïve, mais de de ce que peut coûter de ce qu'a coûté déjà la canicule les derniers jours qu'on a vécu et puis de ce que ça va coûter à déjà à notre économie française dans dans les décennies qui viennent. Alors, il y a une étude qui est sortie hier de d'Alliance Trade qui évalue les 12 jours là qu'on vient de connaître à peu près une baisse de 0,3 % du PIB. En 2003, vous savez, les 9 jours de cannicule, il y avait eu entre 15 et 30 milliards de coûts.

Mais c'est vrai que l'agriculture est parmi les premiers touchés parce que les il y a les rendements des céréales qui baissent beaucoup, à peu près 30 %. Il y a les les le bétail qui souffle, les volailles. En 2003, il y a eu 4 à 5 millions de de bêtes qui sont décédés.

Et puis il y a tout ce qui est activité physique de l'homme dehors et donc en priorité les agriculteurs aussi beaucoup les gens du bâtiment mais les agriculteurs qui sont énormément impactés. On pense que la capacité physique, elle est réduite de 40 % à plus de 32°gr. Donc vous voyez quand on attend 38 ou 40°gr comme ces derniers jours, c'est c'est très lourd.

Fabio d'Andrea et puis et puis Stéphanie Villers. Oui, effectivement pour moi qui étudie autre chose et moi j'étudie la physique des phénomènes extrême climatique, voir les choses comme ça, ça me donne un nouveau point de vue et je pense qu'il faudrait le dire plus souvent en fait que le changement climatique nous coûte. C'est mauvais pour notre santé mais c'est mauvaise pour nos poches aussi.

Et euh les chiffres que vous dites madame sont monumentals. Et si on considère que les canicules ont été cadrliées depuis dans dans les dernières 20 ans, on peut attribuer beaucoup de ces de ces dégâts au changement climatique. Et en 2003, par exemple, il y avait eu de l'inflation qui avait suivi supérieure à ce qu'on avait attendu parce que les fruits et légumes, moins de rendement, plus cher quelques semaines plus tard.

Stéphanie. Alors mais mais pour autant en fait on sait queon est dans cet épisode euh un peu inour inourtournable de réchauffement climatique. Donc depuis 2003 en réalité on a pu faire un peu s'adapter et trouver des solutions.

Et je rappelle que dans beaucoup de pays à travers le monde, on a déjà on connaît déjà des températures très élevées entre 8 à 9 mois de l'année même sur 12. et on sait en fait s'adapter hein, l'appareil productif sait s'adapter en fonction de ses contraintes climatiques. Toute la question c'est savoir c'est se projeter et savoir véritablement si on est sur un mouvement euh irrémédiable, c'est qu'on va de plus en plus vers un un réchauffement climatique.

Donc on va véritablement devoir investir pour s'adapter où en fait on on fait face en fait à des aléas he ce qui est de ce qui ce qui fait que aujourd'hui en fait on est plus dans l'alléa et donc ce qui est très compliqué d'estimer de faire des prédictions dans dans ce dans ce domaine là parce que par exemple aujourd'hui on ne sait pas si la canicule va durer encore pendant un jour un mois 2 mois en fait la réalité c'est ça en fait et ben Stéphanie justement vous parliez d'ailleurs dans le monde on va aller plus loin on va aller en Indre retrouver Antoine VDI notre correspondant à New Delhi et vous allez voir que l'Inde ben voilà s'adapte mais tant bien que mal. L'Inde qui connaît déjà des des températures extrêmement chaude, l'Inde s'adapte tant bien que mal. Antoine aujourd'hui il fait chaud là où vous êtes à New Delhi mais vous avez connu bien pire je crois.

Alors nous ici aujourd'hui à New Delhi, on a eu seulement 34°gr. Je dis seulement parce que l'an dernier à peu près à la même période le thermomètre est monté jusqu'à 53°. Alors bien sûr, il a toujours fait chaud dans cette région du monde, mais ce qui inquiète les scientifiques, c'est que ces vagues de chaleur, elles sont de plus en plus précoces et de plus en plus intense.

Et bien sûr, cela a des conséquences. Par exemple, dans les campagnes où la terre est si sèche que les agriculteurs ne peuvent plus rien faire pousser. Leur bétail meurt de chaud, meur de soif et cela a des conséquences puisque ce sont leurs seuls moyens de subsistance. et on assiste depuis quelques années dans les campagnes indiennes à des sucides d'agriculteurs directement liés à la chaleur.

Par endroit également les puits mais aussi les rivières et des lacs entiers sont à sec. Et la seule solution pour acheminer de l'eau et bien c'est de charger des citernes entières sur des trains. Nous l'avons filmé dans la campagne indienne.

Et puis cette chaleur, elle a aussi des conséquences en ville comme ici à New Delhi où certains hôpitaux ont transformé leur service d'urgence pour accueillir les malades de la chaleur. Vous ne trouverez plus de lit mais des baignoirs remplis de glaçons dans lesquels sont immergés les patients en situation de stress thermique et cela évidemment a un impact sur l'économie. indienne.

D'après le cabinet d'étude McKinze, la chaleur pourrait faire perdre à l'Inde d'ici 2030 près de 230 milliards d'euros. Et peut-être plus inquiétant encore, d'après des analyses de la NASA, certains pans entiers du territoire indien mais aussi du Pakistan et d'autres pays de la région pourraient devenir inhabitable à cause de la chaleur d'ici 2050. Fabio d'Andra, je voyais chez la tête parce que là on parle de l'Inde, on parle de l'Asie.

Je je lisais que Jackarta capitale Indonésie va être va être déplacé enfin dans une autre ville à cause des à cause des des inondations du niveau de la mer. Enfin l'Asie aussi va souffrir énormément. Il y a des endroits qui sont en fort danger et l'Inde en est un.

La la plainte du gange pourrait devenir pendant de longues périodes inhabitables parce que il y a une limite supérieure à la physiologique, à la température qu'on peut supporter et à l'humidité qu'on peut supporter. Et donc il y a certains endroits dans le monde qui pourraient attendre ça très rapidement à partir de la moitié du prochaine moitié du siècle et pour des périodes longue et c'est la la plaine du gange donc et la et le golf pers que en Inde il y a des centaines de millions de personnes qui habitent. Une question très naïve à partir de quelle température on peut dire qu'un endroit est inhabitable pour l'homme ?

Alors, il faut regarder la température et l'humidité parce que c'est le la conjonction de deux que permet à vos tissus d'évaporer et donc de vous refroidir. Vous voyez donc c'est a beaucoup plus d'humidité. Et donc les les météorologues ont appellent ça enfin en fait les physiologistes aussi appellent ça la température de bulbe mouillée qui doit pas dépasser les 35°gr parce queà ce moment-là votre tissu ne ne vous refroidit plus.

Donc on peut résister certain temps mais pas beaucoup. Donc évidemment, s'il y a par exemple des euh des climates de climatisation ou des choses comme ça, peut-être on peut passer en certaines périodes, mais ça peut pas durer longtemps. Au-delà de 35° de cette température spéciale, d'accord, qui comporte plus d'humidité et plus de température.

Ça dépend, c'est un rapporte entre les deux qui comptent, donc c'est un peu compliqué à définir. Et et sinon, Cécile et Stéphanie, pareil question très très naïve. Euh vous qui travaillez dans dans le domaine économique, euh on le le monde a connu des crises, le Covid récemment, les subprimes.

Est-ce que ce qui s'annonce là, est-ce que l'économie face au défi du réchauffement climatique, c'est sans comparaison avec tout ce qu'on a pu déjà connaître ? Je parle en terme de de choc économique ou de transformation ? de transformation sans doute ce sera des milliards et des milliards à investir pour pouvoir s'adapter à tout ça rien que pour l'agriculture pour changer les peut-être les les productions à des endroits donné pour irriguer y compris dans le nord de la France et puis dans le bâtiment pour là en ce moment par exemple on parle beaucoup des écoles.

Il y a 2000 écoles fermées avec du coup des parents qui peuvent pas aller travailler pour s'occuper des enfants. Il y a la conception des bâtiments, l'orientation, la façon dont on met des volets, tout ça doit être repensé en fait puisque on voit bien que c'est sur le long terme que voilà que qu'on va être confronté à ça et donc il faut tout repenser. Oui, mais enfin déjà en fait, on le savait, je vous rappelle que l'Europe a lancé à après la crise Covid un vaste plan visant à soutenir la transition écologique next generation de 750 milliards.

Le problème c'est qu'en fait nos investissements sont beaucoup plus trop lents par rapport à aux épisodes caniculaire. C'est pour rénover une une école hein, c'est il y a il y a déjà la rénovation en tant que telle qui pose un immense problème pour pour regarder le côté pratique. Qu'est-ce qu'on fait des élèves lorsque on on rénve l'école ?

Donc il faut trouver un autre bâtiment. Donc effectivement en fait l'ensemble de des collectivités font face au-delà du problème du coût du problème de l'organisation hein. Il faut et mais on peut pas en fait mettre ce sujet de côté.

Et pourtant, on voit bien que pendant cette période où où la croissance est plus faible, au moment où Donald Trump en fait nous raconte que finalement ce n'est pas un problème pour pour les États-Unis et le reste du monde. On se voit confronté à cette problématique sans pouvoir réellement y mettre les moyens parce qu'on gère toujours l'urgence en fait cette problématique de fin de mois qu'on a pas uniquement chez les ménages mais bel et bien au niveau de l'État hein. On est on est dans cette problématique.

On l'a vu avec Agnès Panir Unachet, la ministre de la transition écologique qui était sur le plateau juste avant vous et on sentait bien qu'on était au cœur de cela. Fabio vouz réagir. Oui, parce que justement vous disiez qu'il faut apprendre un peu des pays plus au sud où ces températures sont là et en fait il y a quand même une limite à ça.

On l'a vu en Inde et aussi les mêmes études que vous que vous citizez de Alliance montre que dans les pays du sud en fait le dégât est plus fort. En Espagne c'est plutôt un point de Pays B en Italie en Grèce. Et donc ça nous montre comme en fait si nous on peut s'adapter, faire comme en Espagne mais l'Espagne aussi doit s'adapter et ça c'est ce qu'on nous attend dans le futur.

Donc les dégâts vont augmenter. On peut s'attendre dire qu'à chaque fois c'est c'est voilà à chaque fois ça décal j'ai juste un exemple. Moi j'ai vécu à Hong Kong.

À Hong Kong c'est à peu près la température moyenne pendant 6 à 8 mois ça doit être 40°gr avec 90 % d'humidité. C'est quand même une place financière ultradyamique. Effectivement, c'est très polluant parce qu'il y a des il y a des il y a des climes partout.

Mais il n'empêche que on on a ils ont su s'adapter depuis des des décennies des décennies et l'activité économique peut perdurer en fait. Après, c'est des choix à la fois écologiques et des choix économiques. Alors, on va juste parler.

Oui. Cécile, allez-y d'un mot et Pier. Non, le problème c'est que voilà, cet immense investissement à faire arrive à un moment où on a plus d'argent, où il faut rembourser une dette colossal et où on a en plus cette priorité maintenant militaire de réarmement et cetera qui qui vient cogner tout ça et qui fait que voilà, on peut étaler les chiffres, voir l'urgence et mais personne ne sait aujourd'hui comment on fait en France en tout cas.

Alors, est-ce qu'il faut adapter ? Est-ce qu'on trouvera une économie adaptée aux conditions climatiques du futur ? Regardez, on va on va regarder un extrait d'un reportage de de Sandrine Fedel.

Alors, il date il y a 2 ans, c'était dans le Tarnégaron. Mais vous allez voir comment des agriculteurs français se préparent déjà peut-être à cultiver des espèces différentes, à changer de variété parfois. Euh regardz et on en parle juste après.

Pour consommer moins d'eau, cet agriculteur du Tarnégaron a planté une nouvelle variété de prunes venues d'Israël adapté au changement climatique. Elle résiste mieux à la sécheresse et comme la floraison et la récolte sont plus tardives, elle évite le gel printannier. On arrose à peu près une fois toutes les deux semaines au lieu d'une fois par semaine sur une prune normale.

Dans le département d'à côté, cette famille d'agriculteurs a elle abandonné les céréales pour produire des fruits à coqu cultivés d'habitude dans des pays au climat plus arides. Amande, noisette et noix de pécan poussent désormais ici. Les bonnes conditions, il faut dire 40 45°.

On commence à les avoir cet été là. Il y il y a pas longtemps, elle a eu des chaleurs bien. Alors, est-ce que c'est ça l'avenir ? changer changer de changer de culture.

Alors par exemple, je sais pas moi je dis des bêtises mais je crois qu'il y a déjà des kiwi qui commencent à être plantés en France. C'est ce que vous disiez en fait les problématiques de de l'Espagne vont arriver en France en fait et on en réalité on va se retrouver à pouvoir cultiver ce qui se cultive en Espagne parce que justement il y a il y a son réchauffement. Je pense que en fait on doit changer en fait là aussi de de modèle et effectivement les agriculteurs sont de les un enfin les premier he touché par ce réchauffement.

Je me fais l'avocat du diable. Fabio, vous pouvez répondre. Qu'est-ce que vous qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent ?

Regardez la vie n'est qu'une évolution, qu'une adaptation. et ben on cultivera d'autres choses, on mangera d'autres choses, on s'adaptera et puis c'est l'histoire finalement de de la vie sur notre planète depuis depuis des millions d'années. C'est tout à fait vrai.

Mais combien ça coûte ? C'est vrai. Qui paye ?

On a le temps pour le faire. Tout est là. La question est là.

Et c'est pas juste adapter les cultures. C'est c'est très bien d'écouter la culture, mais il faut adapter le bâti, les horaires de travail, le enfin, vous pouvez imaginer tous ces choseslà. Donc c'est important de pouvoir financer l'adaptation au changement climatique.

Première chose. Donc le fait qu'on a réduit le le le fond est un peu problématique. Et deuxièmement, il faut pas quand même oublier qu'il faut aussi atténuer le changement climatique parce que s'il continue comme ça, le coût de l'adaptation va être juste impossible.

On n pas d'argent. Ce que vous disiez Cécile question de coût en fait alors qu'on a alors qu'il y a aussi c'est une priorité mais alors qu'il y a aussi d'autres priorités. Et euh là, évidemment, on ne parle que de ça parce qu'on en on a subi une terrible chaleur.

Mais euh regarder comme le scepticisme sur ces sujets avait progressé ces derniers mois. Donc, il faut aussi pour qu'on puisse tous s'adapter. Certes, qu'on est des moyens, mais qu'on y ait une volonté collective, le sentiment que il faut faire évidemment parce que sinon on sera rattrapé et ce sera trop tard pour s'adapter.

Alors, j'avais envie de discuter avec vous dans la dans la dernière partie de cette de cette page de la manière dont parce que c'est c'est tout l'enjeu qui est là aussi pour embarquer nos concitoyens, les électeurs dans la cause climatique. Souvent, on oppose he le danger de la fin du monde et les difficultés de la de la fin du mois. Je vais vous emmener au Texas.

Carter, vous allez regarder un extrait d'un d'un reportage absolument édifiant de de Lila Bellili, une de nos grandes reporteurs pour notre émission envoyée spéciale euh qu'on avait tourné au moment de la campagne présidentielle américaine en en novembre dernier. Et on va voir que le Texas qui est vraiment symbole de l'Amérique notamment Trumpiste he avec des gros 44 et puis on se préoccupe pas tellement de la planète et ben le Texas est devenu un des États. C'est un état américain les plus vertueux, les plus verts.

Et là et bien l'écologie et business font bon ménage. Regardez, [Musique] c'est ça le Texas. Bienvenue au Texas.

Difficile à croire mais voici la ville la plus écolo des États-Unis. Rosco Texas abrite l'une des plus grandes fermes éoliennes au monde. Pour célébrer cette énergie propre, chaque année, c'est le festival du vent.

Parmi les festivités, une course de 44 bien polluant dans la boue. On fête le vent tout en cramant de l'essence à l'ancienne. C'est comme ça Rosco.

Tout ou rien. Un homme a vécu ses évolutions en première ligne. La ville était en train de mourir.

On avait une petite industrie avec les chemins de fer et bien sûr l'agriculture. Mais les jeunes quand ils sortaient de l'école, il partaient dans les grandes villes à Dallas ou sur l'Antonio. Pete Porter, maire pendant 20 ans, républicain convaincue et fervant partisan de l'éolien. [Musique] Rosco serait-elle devenue écolo ?

Ici, on vote plutôt républicain et Donald Trump. Alors, cette conversion soudaine à l'écologie sonne un peu fond. [Musique] Prêt pour le concert ce soir ? [Musique] H porteur ne croit d'ailleurs pas du tout au réchauffement climatique. [Musique] Est-ce qu'on a installé ces éoliennes pour la planète ou pour l'argent ?

Je vous le dis, c'est pour l'argent. Je pense qu'il faut prendre soin de la planète. Mais je ne crois pas que la planète soit dans un mauvais état comme les gens le disent.

On a d'autres problèmes bien plus important. Et reportage assez assez scotchant. On est donc avec ces Américains pollueurs, il l'assume eu même notamment Trumpiste.

Mais en fait ben le renouvelable devient plus rentable que le pétrole et donc les deux sont possibles. Qu'est-ce que ça vous inspire cette séquence édifiante ? Fabio, moi bah je sais pas si on peut transposer ça à l'échelle mais c'est moins cher l'éolien, c'est moins cher le solaire.

Donc c'est moi j'espère que c'est va c'est ça qui va compter. Et d'ailleurs la transition énergétique, vous voyez elle a déjà commencé, elle va se faire. On doit juste choisir si être le perdant ou le gagnant de cette histoire là.

Donc il faut juste arrêter les les énergies carbonées parce que c'est pas seulement ils font mal mais ils nous portent dans le mur aussi économiquement. La question c'est est-ce que cette transition peut rapporter de l'argent tout simplement ? Déjà comme tout investissement massif en fait le retour sur investissement il est sur il est pas rapide en fait il est sur le long terme.

D'abord il y a des gros investissements enfin là ils ont l'air de vivre bien. Ils ont ils ont tiré les bénéfices. Je connais pas l'histoire du Texas enfin qui regorge quand même de pétrole donc qui doit quand même être plus que rentable d'utiliser cette énergie carbonée plutôt que l'éolien. pour autant enfin on s on regarde en France all moi j'y suis allé hein au Texas vous avez dans dans les endroits où qu'ils sont équipés ils vous disent ça aujourd'hui le creuser à cet endroit-là pour aller pomper du pétrole finalement c'est plus cher parce qu'il faut aller plus profond et donc ça devient le renouvelable devient rentable mais ce qui est sûr c'est que en Europe en fait on n pas de pétrole en réalité donc en fait on n pas tellement le choix on est obligé d'aller vers le le renoublable vers le nucléaire mais notre tournant en fait parce qu'on a fait comme tout le monde en fait comme c'était l'énergie fossile était était bon marché.

Je pense bien sûr à la au moment où la Russie inondait le marché européen avec son gaz, on s'est pas posé la question. En réalité, on va toujours le modèle économique va vers ce qu'il y a de plus économiquement rentable. Aujourd'hui, en fait en Europe, on sait très bien que on peut plus dépendre du gaz russe.

Il va falloir nous trouver trouver d'autres solutions. On n pas de pétrole, donc on est obligé d'aller vers le nucléaire et le renouvelable. Alors après, OK, ça coûte énormément d'argent mais mais alors la bonne nouvelle c'est qu'en Europe en fait on regorge pas de pétrole mais on regorge d'argent.

On a énormément de liquidité hein. L'Europe est la première puissance mondiale en terme d'épargne ça il on l'oublie. C'est s'il disait qu'on on va manquer d'argent tout ça ça va on va manquer d'argent public.

On va manquer d'argent public. Je parle souvent enfin en particulier de la France parce que l'Allemagne va pas manquer d'argent public. Là elle va lancer un vaste plan de relance de 500 milliards.

Ça va bien l'aider. Nous, on n' pas ces moyens-là, mais il n'empêche que on a une réelle épargne privée, hein. Et alors pour l'instant, on sait on ne sait pas l'utiliser.

En fait, on ne sait pas comme n'importe quelle ressource hein, on on ne sait pas encore l'extraire pour le le l'afflécher vers euh le la le financement de la transition écologique. Mais lorsqu'on arrivera au mur, au bout de on va devoir trouver les solutions et je pense que les solutions pour émerger. C'est intéressant ce que vous dites Stéphanie parce que Cécile on en a déjà parlé ici.

On a parlé du livret défense par exemple pour que l'épargne finance les les les l'augmentation des des des budgets de défense notamment avec l'Ukraine et cetera. Est-ce qu'on peut imaginer un livret transition ? Bien sûr quand on voit qu'il y a 18 % de l'argent français qui est épargné évidemment que il y a il y a il y a vraiment quelque chose à faire.

En France, on a un problème politique peut-être. Les écologistes restent hostiles au nucléaires, même si ils bougent un peu et la droite et l'extrême droite sont très hostiles à tout ce qui est renouvelable. Donc, il y a aussi euh des freins euh de ce côté-là et euh le c'est je pense que c'est un des problèmes euh qu'il faudrait surmonter parce que aujourd'hui on a une sorte de barrière qui fait que euh voilà, on n' pas le pays embarqué sur la même idée que il faut avancer dans ça.

Pour finir, est-ce que pour dépasser cette barrière, il y a pas le moyen de dire bah voilà, on peut faire de l'argent avec les énergies renouvelables ou la transition. C'est un peu ce qui a été fait avec le photovoltaïque par exemple, les il y avait des aides à l'installation, il y avait des aides au rachat du surplu que les gens produisaient. Alors elle diminue parce que il faut trouver un petit peu de marg.

Oui, la la prime rénom avait véritablement fonctionné hein. Toutes ces ces ces ces aides et ces subventions en fait orient en fait les dépenses he vers ce qui est ce qui est intéressant et les ménages sont sensibles à baisser leur facture énergétique. Fabio, le mot de la fin vraiment en 30 secondes.

Est-ce que il y a est-ce qu'un avenir est possible ? Est-ce qu'un espoort est possible de concilier voilà l'économie, le business et la transition écologique ? Mais tout à fait, ça va se faire.

Se choix qu'on a, vous êtes confiant, c'est bien. Se choix qu'on a, c'est se le faire dans la douleur ou pas ? Bon et bien c'était le mot de la fin.

Écologie : discorde au sein du gouvernement — Agnès Pannier-Runacher · Pourquijevote