Compte rendu du Conseil des ministres du 11 mai 2022.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 11:00RelanceRéponse partielle
Pourquoi maintenir l'obligation vaccinale pour les soignants alors que le port du masque est levé dans les transports ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Quand pourrait-on envisager la réintégration des soignants non vaccinés ?
- 13:00OuverteRéponse directe
Quelles projections pour l'avenir de la pandémie ?
- 15:00OuverteRéponse directe
Que se passe-t-il pour un avion partant de France vers un pays où le masque reste obligatoire ?
- 16:00RelanceRéponse directe
Prolongation du bouclier tarifaire : quels changements concrets sur le gaz ?
- 17:00OuverteRéponse partielle
Certaines mesures pour le pouvoir d'achat pourraient-elles être adoptées avant les élections ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00Fait
« Nous soutenons plus que jamais le peuple ukrainien. Nous poursuivons le travail en européens, pour renchérir toujours et encore le coût de la guerre pour la Russie. »
- 2:00Fait
« L'Europe n'est puissante que quand elle fait front, c'est que l'Europe peut déplacer les montagnes quand elle est solidaire et unie. »
- 4:00Fait
« L'Europe doit plus que jamais devenir plus autonome, s'imposer en tant que puissance et montrer sa force et son utilité au quotidien. »
- 6:30Chiffre
« Pour toutes les personnes seules au Smic, c'est un 13ᵉ et presque un 14ᵉ mois gagné grâce aux mesures prises depuis 2017. »
- 7:00Chiffre
« Au total, ce sont 25 milliards d'euros d'impôts qui ont été supprimés pour les ménages sur le quinquennat. »
- 7:30Chiffre
« Nous avons augmenté le minimum vieillesse et l'allocation adulte handicapé de 100 € net par mois. »
- 8:00Fait
« Nous avons permis à tous les Français d'acheter des lunettes, des prothèses auditives et dentaires sans ne plus rien débourser. »
- 8:30Chiffre
« Le Smic a augmenté avec l'inflation, pour atteindre 1 304 € nets par mois, contre 1 151 € il y a cinq ans. »
- 9:00Chiffre
« Nous avons adressé une indemnité inflation de 100 € à plus de 38 millions de Français et envoyé un chèque énergie exceptionnel de 100 € à près de 6 millions de ménages modestes. »
- 9:30Chiffre
« Sans le bouclier tarifaire cela aurait été une multiplication par dix des prix du gaz et une augmentation de près de 50 % des prix de l'électricité. »
- 11:30Olivier VéranFait
« À partir de lundi 16 mai, le port du masque ne sera plus obligatoire dans l'ensemble des transports en commun dans notre pays. »
- 12:30Olivier VéranFait
« Nous ne sommes pas encore sortis de cette cinquième vague. La pandémie n'est pas terminée mais le nombre de nouveaux diagnostics au quotidien diminue. »
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Mesdames et Messieurs, bonjour à toutes et à tous. Ce matin se tenait un Conseil des ministres qui a été l'occasion de revenir sur plusieurs crises et les grands enjeux auxquels nous faisons face depuis des mois et qui seront parmi les priorités et les premières urgences du prochain quinquennat du président de la République et du prochain gouvernement. Le premier de ces défis, c'est évidemment celui de la crise en Ukraine et de ses répercussions pour notre pays.
Il n'y a aujourd'hui aucune inflexion visible, ni dans la volonté, ni dans l'agressivité des Russes mais, après plus de 75 jours de conflit, nous soutenons plus que jamais le peuple ukrainien. Nous poursuivons le travail en européens, pour renchérir toujours et encore le coût de la guerre pour la Russie. Nous continuons à répondre à l'urgence humanitaire en Ukraine.
Vous le savez, nous apportons une aide humanitaire massive et continue au peuple ukrainien. Hier encore, le Premier ministre a lui-même supervisé le départ d'un troisième convoi humanitaire comprenant 22 véhicules et plus de 115 tonnes de matériel de secours. Cette guerre qui dure a déjà livré quelques enseignements majeurs, et le premier d'entre eux c'est que l'Europe n'est puissante que quand elle fait front, c'est que l'Europe peut déplacer les montagnes quand elle est solidaire et unie.
Lundi, à l'occasion d'une intervention à Strasbourg et de son premier déplacement international en Allemagne, le président de la République a rappelé sa vision, notre vision. Préparer l'avenir, c'est agir pour renforcer l'Europe et donc notre pays. Notre constat de 2017 s'est en effet confirmé durant les cinq dernières années, et plus encore ces derniers mois.
L'Europe doit plus que jamais devenir plus autonome, s'imposer en tant que puissance et montrer sa force et son utilité au quotidien. Premier enjeu, l'indépendance dont la guerre en Ukraine nous a rappelé qu'elle était une urgence vitale. Dans la continuité du Sommet de Versailles, le président de la République a pleinement réaffirmé lundi, à Strasbourg, notre engagement à accroître notre souveraineté en matière énergétique, en matière alimentaire, en matière environnementale, militaire, mais aussi démocratique.
Deuxième enjeu, l'efficacité. Les crises des deux dernières années l'ont souligné, l'efficacité européenne est essentielle pour protéger ses citoyens. Sans l'Europe, nous n'aurions pas eu de vaccin.
Sans l'Europe, nous n'aurions pas eu de plan de relance massif. Sans l'Europe, nous n'aurions pas eu de réponse ferme et solidaire à la crise ukrainienne. Mais, pour rester efficaces et pour pouvoir parfois avancer plus vite, il faut aussi évoluer.
Parce que nous sommes démocrates, réformistes et pro-européens, nous sommes convaincus que, lorsque les règles ne sont plus adaptées, on ne les déchire pas, on les change. C'est pour cela que le président s'est dit favorable à une convention de révision des traités, comme le propose le Parlement européen. Nous croyons, en effet, que la différenciation et les innovations peuvent être des moteurs du progrès européen.
Préparer notre avenir c'est, enfin, agir pour une Europe plus proche de ses voisins. Là encore, les crises récentes ont montré que, face aux bouleversements géopolitiques, l'Union européenne forme une communauté de valeurs, d'action et de destin avec certains de ses voisins. Avec eux, nous devons travailler.
Nous devons trouver des coopérations dans le domaine de l'énergie, de la sécurité et de la défense. Nous devons travailler plus étroitement mais nous voyons bien aussi que la seule procédure d'adhésion à l'Union ne suffit pas. C'est pourquoi le président a proposé de bâtir une communauté politique européenne, pour tous les États qui feraient le choix d'une Europe démocratique, nous en discuterons dans les prochaines semaines et, si nous gardons l'Europe au cœur, nous continuons aussi évidemment, sur le territoire national, à agir résolument pour les Français, pour les protéger et en particulier contre la hausse des prix.
Le ministre des Finances, de l'Économie et de la Relance, Bruno Le Maire, a pu évoquer ce matin, lors d'une communication, notre action en faveur du pouvoir d'achat. Depuis 2017, nous avons tenu nos engagements et rendu le pouvoir d'achat aux Français en baissant les impôts. Nous avons déjà supprimé la taxe d'habitation pour 80 % des foyers et nous la supprimerons entièrement pour les foyers restants d'ici 2023.
Elle a déjà commencé à baisser pour eux. Nous avons fortement baissé l'impôt sur le revenu pour les tranches les plus faibles. Nous avons baissé les charges sur les salaires et massivement au niveau du Smic.
Pour toutes les personnes seules au Smic, c'est un 13ᵉ et presque un 14ᵉ mois gagné grâce aux mesures prises depuis 2017. Au total, ce sont 25 milliards d'euros d'impôts qui ont été supprimés pour les ménages sur le quinquennat. Nous avons agi, aussi, pour donner des marges aux Français.
Nous avons augmenté le minimum vieillesse et l'allocation adulte handicapé de 100 € net par mois. Nous avons augmenté la retraite minimale des agriculteurs et nous l'avons portée à 1 000 € par mois. Nous avons permis à tous les Français d'acheter des lunettes, des prothèses auditives et dentaires sans ne plus rien débourser.
Ce sont 10 millions de Français qui ont pu bénéficier de ce dispositif du reste à charge 0 pour des lunettes, des prothèses dentaires ou des audioprothèses. Nous avons pris des mesures pour que le travail paye. Le salaire des soignants, des policiers et des enseignants a été augmenté.
Le Smic a augmenté avec l'inflation, pour atteindre 1 304 € nets par mois, contre 1 151 € il y a cinq ans. La prime d'activité a été augmentée de 100 € par mois et plusieurs branches ont adopté des accords qui permettent de conséquentes revalorisations salariales. Enfin, la prime Macron a été versée cette année à 4 millions de personnes et l'indice minimal de traitement pour les fonctionnaires a été revalorisé.
Mais la hausse des prix de l'énergie, suite à la reprise économique mondiale et à la guerre en Ukraine, fait planer de nouveaux dangers sur le portefeuille des Français. Nous avons pris un engagement devant eux, vous le savez, les protéger et les aider à faire face à ces hausses de prix. Nous avons, dès cet automne, pris des mesures.
Nous avons adressé une indemnité inflation de 100 € à plus de 38 millions de Français et envoyé un chèque énergie exceptionnel de 100 € à près de 6 millions de ménages modestes. Nous avons mis en place un bouclier tarifaire pour protéger les Français contre la hausse des prix de l'énergie sur l'électricité et sur le gaz, pour éviter que les factures des Français ne flambent. La France est le pays qui a pris, dans la zone Euro, le plus tôt et le plus fort des mesures de protection de ses citoyens face à l'augmentation des prix de l'énergie.
Je veux le rappeler, sans le bouclier tarifaire cela aurait été une multiplication par dix des prix du gaz et une augmentation de près de 50 % des prix de l'électricité. Les prix du gaz ont été gelés et les prix de l'électricité ont été capés ou, vu leur augmentation, limités à 4 %. Nous avons mis en place une remise de 0,18 € par litre sur les prix du carburant.
Nous avons revalorisé le barème de l'indemnité kilométrique, pour aider chacun devant l'augmentation des prix à la pompe. Vous le savez, dans le cadre de la campagne présidentielle, le président de la République a pris un certain nombre d'engagements sur la question du pouvoir d'achat et j'ai eu l'occasion, la semaine dernière, de vous indiquer qu'un projet de loi et de finances rectificatif serait présenté pour traduire ces engagements dans le quotidien des Français. Ce que je peux vous annoncer, c'est que ce texte est déjà travaillé, préparé, et qu'il sera présenté dans la foulée des élections législatives pour pouvoir être adopté très rapidement.
Dans ce texte, nous proposerons de prolonger le bouclier tarifaire sur les prix de l'énergie jusqu'à fin 2022. Nous mettrons en place un dispositif pérenne et mieux ciblé que la remise de 0,18 € pour les prix du carburant, qui sera poursuivie évidemment. Nous allons continuer à baisser les impôts, avec la suppression de la contribution à l'audiovisuel public qui avait été proposée dans le cadre de la campagne par le président.
Nous allons continuer à revaloriser le travail en triplant la prime Macron et en baissant les charges pour les indépendants. Ce sera 550 € de gain par an au niveau du Smic pour un indépendant. Nous allons dégeler le point sur la fonction publique, cela avait aussi été annoncé.
Pour celles et ceux qui sont dans les plus grandes difficultés, nous allons revaloriser au 1ᵉʳ juillet les prestations sociales, sans attendre le calendrier habituel. De même que, vous le savez, cela avait été aussi annoncé pendant la campagne, nous allons revaloriser les retraites, les pensions de nos retraités aussi avec l'inflation. Nous allons lancer les chèques alimentaires dès cet été et nous allons, évidemment, poursuivre et continuer à agir sur le pouvoir d'achat.
Je vais passer très rapidement sur la question du Covid puisque c'est Olivier Véran qui, vous le voyez, m'accompagne, qui s'exprimera ensuite. J'avais eu l'occasion de vous dire la semaine dernière que, compte tenu de l'évolution de l'épidémie dans notre pays, de la poursuite de l'amélioration de la situation sanitaire et de la baisse continue du nombre de cas et d'hospitalisations, nous allions pouvoir adapter notre dispositif et nos règles. C'est ce qu'Olivier Véran vous annoncera dans quelques instants, quand j'aurai fini avec mon propos liminaire.
Nous avons parlé de pouvoir d'achat, d'Europe et de guerre. Nous allons parler de la crise sanitaire mais ce quinquennat qui s'achève dans quelques jours aura aussi été celui de la conquête de nouveaux droits. La ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion a ainsi présenté, ce matin, un bilan de notre action en faveur des droits des travailleurs des plateformes.
En cinq ans, nous avons permis de rééquilibrer en partie la balance et de leur donner une voix. Nous avons agi pour renforcer leur protection sociale et leur accès à une complémentaire santé. Nous avons pris des mesures historiques pour structurer le dialogue social, et notamment pour trouver des accords de branches et rééquilibrer les relations commerciales entre les travailleurs et les plateformes.
Nous avons, enfin, renforcé les garanties d'indépendance des travailleurs vis-à-vis des plateformes, notamment en imposant de relever le prix et la distance de toutes prestations avant qu'elles ne soient acceptées, et en affirmant ainsi la liberté de choix par le travailleur de son itinéraire et de son matériel. Mesdames et Messieurs, ce Conseil des ministres a été l'occasion d'adopter deux textes sur lesquels je reviens très rapidement. Le premier est un projet de loi ratifiant une ordonnance que je vous avais déjà présentée le mois dernier, sur l'activité réduite et le maintien en emploi.
L'objectif de ce texte est de prolonger l'activité partielle de longue durée jusqu'à fin 2022. Les entreprises françaises touchées par la guerre en Ukraine pourront, ainsi, bénéficier de ce dispositif pour maintenir l'emploi de leurs salariés. Nous avons ensuite adopté un décret présenté par la ministre de la Transition écologique et la ministre déléguée chargée du Logement.
L'État possède en Île-de-France, dans l'Eure et en Isère, cher Olivier Véran, 4 000 hectares de réserves foncières. Ces réserves ont diverses vocations : être utilisées par des établissements publics, être valorisées pour l'agriculture ou rester à l'état naturel. Quoi qu'il en soit, afin de prendre des décisions plus cohérentes et plus proches des territoires, ce décret déconcentre les pouvoirs d'attribution de ces réserves directement aux préfets concernés.
Voilà pour ce qui concernait strictement l'ordre du jour du Conseil des ministres de ce matin mais, avant de laisser la parole à Olivier Véran, je voulais adresser mes vœux de succès aux plus de 500 000 lycéens partout en France, qui passent à partir d'aujourd'hui leurs épreuves de spécialités. C'est un grand jour pour eux, et je veux leur souhaiter la plus belle des réussites. C'est un grand jour pour leurs familles car chacun sait que, quand quelqu'un passe le bac, toute sa famille le passe un peu avec lui, et je veux évidemment avoir une pensée pour elles et pour eux.
C'est un jour important pour l'ensemble de la communauté éducative, qui s'est mobilisée depuis des mois pour la préparation et l'organisation de ces épreuves et qui sera à pied d'œuvre dans les prochains jours. Je veux les remercier au nom du gouvernement et leur adresser tous mes remerciements. C'est un jour clé, enfin, pour notre système éducatif qui reprend ses droits après deux ans de pandémie.
Je sais les efforts déployés par chacun pendant cette période et je veux à nouveau les saluer. L'éducation, l'émancipation et la capacité à briser les inégalités de destin ont été au cœur de notre action depuis cinq ans. Ils seront l'un des chantiers et des défis les plus importants du président de la République pour les cinq prochaines années.
Voilà, Mesdames et Messieurs, je vais laisser la parole à Olivier Véran pour le Covid. Il prendra ensuite vos questions sur la situation sanitaire et les règles vis-à-vis du Covid et je reviendrai ensuite devant vous, dans le cas où il vous reste des questions évidemment, suite à cet échange sur la question du Covid. Merci, cher Gabriel.
Mesdames et Messieurs, bonjour. Je vais être bref et synthétique pour vous dire qu'à partir de lundi 16 mai, le port du masque ne sera plus obligatoire dans l'ensemble des transports en commun dans notre pays. Plus obligatoire mais recommandé.
Pourquoi ? D'abord, cela s'inscrit dans la stratégie globale de réduction progressive des mesures de freinage en cours dans notre pays parce que, comme l'a dit Gabriel Attal, la situation épidémique s'améliore. Nous ne sommes pas encore sortis de cette cinquième vague.
La pandémie n'est pas terminée mais le nombre de nouveaux diagnostics au quotidien diminue, la situation hospitalière s'améliore et donc nous considérons qu'il n'est plus adapté de maintenir cette obligation de port du masque dans les transports en commun, donc à partir de lundi 16 mai. Cela fera un peu de respiration, d'autant que les températures sont en train d'augmenter dans notre pays. Par ailleurs, nous suivons en cela une recommandation de l'ECDC, l'organisme européen de lutte contre les maladies transmissibles, qui vient de publier ce matin cette recommandation qui va dans le sens de ce que nous étions nous-mêmes en train de décider dans le cadre du Conseil de défense et de sécurité nationale, réuni sous l'égide du président de la République.
En revanche, nous maintenons les autres mesures de gestion qui sont en vigueur. Je pense aux hôpitaux et aux EHPAD. Le Pass sanitaire restera en vigueur, au moins jusqu'à cet été.
De la même manière, le port du masque y restera obligatoire parce que, dans les hôpitaux, il y a trop de personnes qui sont fragiles. Le virus circule encore, nous ne voulons pas faire prendre de risques aux personnes malades ou très âgées. J'aurai l'occasion demain de communiquer avec Sébastien Lecornu, ministre en charge des Outre-mer, sur la question spécifique de l'adaptation des règles en Outre-mer, notamment les politiques de tests qui s'appliquent là-bas et que nous pourrons, là aussi, alléger.
Vous dire en quelques mots, par ailleurs, que la campagne de vaccination continue. C'est aussi l'occasion de dire aux personnes les plus fragiles qu'elles peuvent encore, et qu'elles sont même très vivement encouragées, à recevoir leur deuxième dose de rappel. Hier, c'était quand même 35 000 Françaises et Français qui ont reçu cette deuxième dose.
Donc la campagne de vaccination continue à bas bruit, on en parle moins, mais la protection des populations vulnérables se poursuit. Enfin, un dernier mot sur les traitements. Vous le savez, il existe désormais des traitements efficaces pour limiter le risque de formes graves chez les publics les plus fragiles.
Là, on est désormais à plus de 10 000 patients en France, 10 000 patients traités par le traitement Paxlovid, c'est-à-dire autant de cas graves qui sont évités. C'est à ce prix parce que nous avons appris, parce que nous avons compris, parce que nous avons un arsenal réactif prêt à être activé lorsque la situation l'impose et que nous pouvons alléger lorsque la situation le permet, que nous avons fait face à cette cinquième vague, comme nous l'avions dit d'ailleurs et comme nous l'avions prévu. Merci à tous.
Effectivement, s'il y a des questions sur le Covid, et après je repasserai volontiers la parole à Gabriel Attal. Bonjour, Monsieur le Ministre, Jacques Serais, Europe 1. Pourquoi maintenir l'obligation vaccinale pour les soignants alors que, dans le même temps, vous le disiez, vous levez le port du masque dans les transports en commun ?
D'abord vous dire que, dans la plupart des pays dans lesquels l'obligation vaccinale a été décidée par les différents parlements, c'était le cas en France, elle est maintenue. Il y a plusieurs raisons à cela. Une raison sanitaire d'abord, une raison sanitaire puisqu'on fait encore quand même 40 000 diagnostics par jour de Covid et, lorsqu'un soignant n'est pas vacciné, il est plus susceptible d'être contaminé et donc de transmettre le virus dans les hôpitaux ou dans les EHPAD.
Ces établissements ont payé suffisamment cher pour savoir qu'on doit en particulier les protéger. Il y a des raisons éthiques à cela. De la même manière qu'il existe une obligation vaccinale pour d'autres maladies, moi qui suis médecin je ne pouvais pas mettre la blouse blanche si je n'étais pas vacciné contre l'hépatite B.
Ce n'est pas une obligation un jour, c'est une obligation dans la durée. Nous serons amenés à nous réinterroger régulièrement. En l'occurrence, je vais saisir la Haute Autorité de santé de cette question.
Dans les prochaines semaines, elle sera amenée à nous répondre et, par ailleurs, j'aurai, d'ici à la fin du mois de mai, un comptage plus précis du nombre de salariés des hôpitaux et des EHPAD qui, n'ayant pas voulu se faire vacciner, ont préféré quitter leur activité professionnelle. Certains chiffres ont pu être véhiculés ces derniers jours et ces dernières semaines, qui ne correspondent pas à la réalité. La réalité, c'est que l'obligation vaccinale a été très massivement acceptée par les blouses blanches dans notre pays.
Peut-être juste une question, Mathieu Coache BFM TV, sur encore, cette réintégration possible des soignants. Le président de la République l'a envisagé lui-même. Est-ce que vous pourriez être un peu plus précis sur la date à laquelle ça pourrait se faire ?
Je viens de vous répondre. En fait, on va saisir la Haute Autorité de santé, qui va nous dire, sur la base des données scientifiques sanitaires, est-ce qu'il y a lieu aujourd'hui ou à un autre moment, de considérer qu'un soignant qui n'est pas vacciné ne représente pas une menace pour lui-même et surtout pour les patients qu'il soigne et prend en charge. Par ailleurs, vous savez, ce qui est dans l'air du temps, c'est que, quand même, on a acquis des mécanismes de protection collectifs, à travers cette pandémie.
La France n'était pas un pays, d'ailleurs comme tous les pays européens, qui avait pour habitude de porter un masque lorsque des virus potentiellement dangereux étaient en circulation. On a appris des mécanismes de protection collective et on a appris à protéger en particulier les plus fragiles d'entre nous. La question qui se pose, c'est comment tenir compte de cet acquis lors des épidémies grippales, par exemple, qui interviennent chaque année, etc.
Donc je ne suis pas sûr que le sujet le plus prégnant soit aujourd'hui de se dire : est-ce qu'on peut relâcher les mesures de protection des malades et des personnes très âgées ? Néanmoins, il est évident que nous ne voulons pas imposer une obligation pour imposer l'obligation. Ce que je vous dis aujourd'hui, c'est que le virus circule trop pour se poser la question à très court terme, et que nous saisissons les autorités ad hoc pour qu'elles puissent nous répondre, et elles nous diront, éventuellement, peut-être qu'elles nous proposeront des critères de réintégration.
Donc vous les saisissez maintenant, ces autorités ? Je saisis la Haute Autorité de Santé sur cette question. D'accord, merci.
Bonjour Monsieur le Ministre, Simon Le Baron, de France-Inter. Qu'est-ce que vous pouvez dire aux Français sur l'avenir de la pandémie, sur la base des données, des projections que vous avez ? Est-ce que la maladie va entrer dans les affections respiratoires saisonnières habituelles ?
Est-ce qu'un futur gouvernement pourrait être amené à réimposer le port du masque ? Quelles sont les données que vous avez là-dessus. On doit raisonner par probabilités.
C'est-à-dire : forts de l'expérience acquise, des connaissances partagées à l'échelle mondiale, quel est le scénario le plus probable ? Le scénario le plus probable n'est pas la disparition du Covid-19 de la planète, et donc de notre pays. Le virus qui est en circulation actuellement, vous le connaissez, c'est le cousin, ou l'arrière-petit-cousin maintenant, d'Omicron, qui est extrêmement contagieux, qui est sans doute un peu moins sévère, mais surtout qui est moins sévère parce que notre population est très protégée par la vaccination massive et aussi par l'immunité acquise par les infections des uns et des autres.
Il y a encore des cas graves. À l'heure à laquelle je vous parle, tous les quarts d'heure, il y a encore un patient qui va en réa dans notre pays. Donc nous ne sommes pas sortis de l'épidémie, nous ne sommes pas sortis sortis de la pandémie, même si la situation s'améliore.
Ce qu'on sait, c'est que les jours deviennent plus cléments. Il fait davantage chaud, beau, on est moins à l'intérieur, on est plus à l'extérieur, et donc ça ne favorise pas la circulation des virus respiratoires. Donc on peut s'attendre à ce que dans les prochaines semaines, les prochains mois, ce soit plutôt une amélioration qui se fasse jour.
Ensuite, on sait que l'été dernier, par exemple, on a eu un début de vague, en fin d'été, souvenez-vous, c'était l'apparition du variant Delta. Et donc les conditions climatiques ne font pas tout. Le scénario le plus probable, partagé par la communauté scientifique, c'est qu'il y aura d'autres variants, mais issus vraisemblablement d'Omicron, donc le BA.1, BA.2, BA.4, BA.5, qui sont en circulation actuellement en Afrique du Sud, et donc contre lesquels nous pouvons lutter, avec l'immunité que nous avons acquise, mais qui nous feront peut-être, nous poser la question d'un rappel vaccinal l'automne prochain, si jamais une vague devait émerger.
Est-ce que ce serait un rappel de toute la population ? Est-ce que ce serait un rappel des populations fragiles uniquement ? Je n'ai pas la réponse à cette question parce que je ne sais pas encore à quels variants nous ferons face, à quel moment et quel sera l'état d'immunité de la population.
Retenez ce message : c'est que les choses s'améliorent, qu'on a acquis toute l'expérience nécessaire, qu'on a tous les outils pour lutter efficacement contre cette pandémie. Nous sommes actifs, nous allons garder tous les leviers de sécurité nécessaires pour ne pas nous exposer à des risques de vagues épidémiques. Et ensuite, nous regarderons avec l'ensemble de la communauté internationale si des nouveaux variants devaient émerger et faire poser d'autres questions que celles que j'ai abordées devant vous.
Merci. Juste une question sur le masque dans les transports. Que se passe t-il pour un avion qui part de la France et qui va dans un pays où le masque est encore obligatoire ?
Ce sont les compagnies aériennes qui sont chargées d'appliquer l'obligation de port de masques. Aujourd'hui, il y a des pays, effectivement, qui conservent le port du masque. Alors, il y a déjà onze pays européens qui l'ont supprimé, qui l'ont levé.
L'ECDC vient d'appeler l'ensemble des pays européens à le lever, donc je pense que ça va se lever assez vite. Donc la question que vous posez est légitime. Les compagnies aériennes seront chargées d'imposer ces règles-là, mais pour la plupart des vols concernant les Françaises et les Français, mais aussi pour les voyages en train, où là, il n'y a pas de discussion possible.
Le port du masque, je le redis, reste recommandé mais plus obligatoire. Merci à tous. Je rends la parole au brillant porte-parole.
Merci Olivier. Je suis maintenant à votre disposition pour répondre à vos questions. Bonjour Monsieur le Ministre.
Ania Nussbaum, de Bloomberg. Juste une précision sur la prolongation du bouclier tarifaire sur les dépenses énergétiques que vous avez évoquée, prolongation jusqu'à fin 2022. Il me semble que c'est déjà le cas pour l'électricité.
Est-ce que vous pouvez éclairer ma lanterne, sans mauvais jeu de mots ? Je lis que pour le prix du gaz, le bouclier tarifaire avait été, enfin grâce au décret, le prix du gaz acquitté pour la saison de chauffe 2021-2022 serait ramené au tarif réglementé, etc. Donc qu'est-ce qui change concrètement sur le bouclier tarifaire ?
Ce que je vous dis, c'est que ce que nous avons évoqué ce matin en Conseil des ministres, c'est un projet de loi de finances rectificative, qui sera présenté dans la foulée des élections législatives. On prendra un certain nombre de mesures pour le pouvoir d'achat des Français, et notamment les mesures qui ont été proposées, les engagements qui ont été pris par le président de la République dans le cadre de la campagne, et que parmi ces mesures, il y a la prolongation du bouclier tarifaire sur le gaz et sur l'électricité jusqu'à la fin de l'année 2022. Nous prolongerons le bouclier tarifaire qui a été mis en place, dont je rappelle qu'il a eu un impact de protection majeure pour le pouvoir d'achat des Français, et qui se traduit d'ailleurs dans les chiffres de l'inflation.
L'inflation constatée aujourd'hui en Allemagne, c'est 7,8 %. L'inflation constatée en Espagne, c'est autour de 10 %. L'inflation constatée aux Pays-Bas, c'est autour de 12 %.
En France, c'est 4,8 %. Nous avons, en France, une situation, nous sommes le pays de la zone euro où l'inflation est la plus contenue, parce que nous sommes aussi le pays de la zone euro qui a pris les mesures les plus ambitieuses, les plus fortes et le plus tôt, pour protéger le pouvoir d'achat de ses concitoyens. Et donc on veut poursuivre cette action, évidemment, pour continuer à protéger leur pouvoir d'achat, notamment en prolongeant le bouclier tarifaire sur les prix de l'énergie jusqu'à la fin de l'année 2022, mais aussi en traduisant le plus rapidement possible, dès ce projet de loi de finances rectificative, les engagements qui ont été pris par le président de la République pour le pouvoir d'achat des travailleurs indépendants, avec un gain moyen de 550 € nets sur l'année pour le pouvoir d'achat de nos retraités, avec la revalorisation des pensions avec l'inflation, pour la baisse des impôts, avec la suppression de la contribution à l'audiovisuel public, et pour le soutien aux ménages les plus modestes, avec le chèque alimentaire.
Donc ce qui change, c'est les prix du gaz. Et sur la revalorisation des minima sociaux, est-ce qu'il s'agit d'un coup de pouce, d'une revalorisation automatique ? Tout ça sera précisé dans le cadre du projet de loi.
Ce que j'ai indiqué, ce que je vous ai indiqué, c'est que nous allions, de la même manière que nous l'avions proposé, que nous nous y étions engagés pour les pensions de nos retraités, revaloriser, avec l'inflation, les minima sociaux dans notre pays. Bonjour, William Galibert, RTL. Est-ce que ces mesures pour le pouvoir d'achat, est-ce que certaines de ces mesures pourraient voir le jour avant, notamment, si elles peuvent être adoptées par voie réglementaire et non pas par voie législative ?
Donc est-ce qu'on pourrait voir certaines mesures avant les élections qui viennent ? Écoutez, rien n'est exclu par principe, mais moi, ce dont j'ai connaissance, ce qui a été présenté ce matin par Bruno Le Maire et Olivier Dussopt en Conseil des ministres, c'est les grandes orientations d'un projet de loi de finances rectificative, qui sera présenté dans la foulée des élections législatives, et les engagements que j'ai évoqués, les mesures que j'ai évoquées, figureront dans ce projet de loi de finances rectificative. Justement, [INAUDIBLE], pour France Télévisions, ce projet de loi rectificative, est-ce qu'il a été budgété ?
Est-ce que toutes ces mesures annoncées, vous avez déjà un chiffre global ? Ce sera précisé au moment de la présentation du texte. Je n'ai pas de chiffrage à vous annoncer aujourd'hui, mais tout ça sera évidemment chiffré et présenté.
Et le chèque alimentaire ? Là, c'est pareil, on parle de 60 €, par exemple. Ce sont des choses qui sont arbitrées ? qui sont encore à l'étude ?
Écoutez, c'est, je crois, l'horizon qui avait été communiqué par mon collègue Julien Denormandie, dans une intervention télévisée. Je n'ai pas d'informations supplémentaires à vous donner. Ce que je vous ai dit, c'est qu'il y a les grandes orientations du projet de loi de finances rectificative qui sera présenté, qui ont été confirmées ce matin en Conseil des ministres, qu'il y a évidemment un travail technique, un travail de ciblage sur un certain nombre de mesures, notamment le chèque alimentaire, mais aussi, par exemple, un nouveau dispositif qui pourrait être mis en place pour ceux qui utilisent beaucoup leur voiture, notamment pour leur activité professionnelle, et qui sont contraints de la prendre pour travailler.
Voilà, tout ça est travaillé, évidemment, par les administrations et par les ministres. Bonjour Monsieur Attal. Amine Abdelmalek, Arabia TV, Qatar.
J'ai trois questions, si vous me permettez. La première, en lien avec l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne. Lundi à Strasbourg, Monsieur le président, a été très clair par rapport à l'adhésion de l'Ukraine, en insistant sur le fait que c'est un processus long, qui doit durer des années.
C'est la douche froide côté ukrainien, qui insiste. On était en Ukraine. À chaque fois, Zelensky insistait sur le fait que cette adhésion serait salutaire pour les Ukrainiens.
Deuxième question. Tous les pays européens n'adhèrent pas à la batterie de sanctions contre la Russie : la Slovaquie, la Hongrie, qui dépendent totalement du pétrole russe, l'Allemagne, qui peut-être peut se passer du pétrole russe, ou même de l'uranium russe, mais pas le gaz russe. On a la Grèce, Chypre, qui continuent à recevoir les navires russes.
Est-ce qu'il n'y a pas ici un problème intra européen ? Ma troisième question aujourd'hui, en lien avec une collègue journaliste palestinienne Shireen Abu Akleh, qui a été assassinée ce matin par un sniper israélien alors qu'elle couvrait ce conflit depuis vingt ans, avec toutes les autorisations nécessaires. Elle portait sa tenue et son casque, avec le signe de Presse.
Quelle est votre réaction aujourd'hui par rapport à cet assassinat, ou comme on l'a vu en Ukraine, des journalistes assassinés par des militaires ? Merci. Pour répondre à votre première question, je crois que la ligne qui est la nôtre, qui est celle du président de la République, a toujours été claire.
Nous apportons dans le cadre de ce conflit un soutien à l'Ukraine, un soutien humanitaire, un soutien militaire, un soutien politique. Nous voulons continuer, sur le long terme, à pouvoir apporter des garanties de sécurité à l'Ukraine. La question, c'est quel est le meilleur moyen de le faire ?
L'Ukraine a effectivement émis sa demande d'adhérer à l'Union européenne et nous savons tous qu'un processus d'adhésion à l'Union européenne demande un certain temps, alors même que ces garanties, l'Ukraine, légitimement, veut pouvoir en bénéficier très rapidement. Ce qu'a rappelé le président de la République, dans le cadre de son intervention en début de semaine, c'est qu'il souhaitait s'engager pour une communauté politique européenne. Quel est l'esprit de cette communauté politique européenne ?
C'est de nous rapprocher sans attendre de nos pays, des pays de notre voisinage et de répondre à leur désir d'Europe. Il y a urgence, dans le contexte actuel, à renforcer la nature de nos relations avec des pays comme l'Ukraine, mais aussi comme la Moldavie, la Géorgie, les Balkans occidentaux, et la procédure d'adhésion, je le disais à l'instant, étant longue et complexe, elle ne suffit plus à répondre à l'urgence et aux enjeux immédiats que chacun constate. Donc, l'objectif, c'est quoi ?
C'est, tout en préservant la stabilité de notre union, de créer ensemble un nouvel espace de coopération, dans de très nombreux domaines tels que la sécurité, l'énergie, le transport, l'investissement, les infrastructures, la libre circulation des personnes, et évidemment la défense et la protection. Et donc, une discussion va être lancée avec tous les chefs d'État et de gouvernement qui souhaitent avancer dans cette réflexion, et notre objectif, c'est de pouvoir avancer. Mais encore une fois, derrière un objectif qui est celui de protéger les pays voisins de l'Union européenne qui, encore une fois, émettent un désir d'Europe, mais parce qu'ils partagent nos valeurs et notamment nos valeurs démocratiques, et qu'ils ont besoin de protection et qu'ils ont besoin de coopération.
Sur la deuxième question que vous évoquez, vous avez parlé de problèmes. Moi, ce que j'ai vu ces dernières semaines et ce qu'on a vu ces derniers mois, c'est surtout une très grande unité européenne, qu'on a réussi à bâtir à chaque étape. Et à chaque étape, je me souviens qu'on avait ces questionnements, ces interrogations sur la capacité à trouver un accord au niveau européen, qu'à chacune des étapes, dans les sanctions massives qui ont été actées, on s'interrogeait sur la capacité de l'Europe à avancer unie pour prendre ces sanctions.
On a montré, systématiquement, ça a parfois pris du temps, ça a parfois été dur, ça a parfois nécessité de longues heures de discussions, mais on a montré à chaque fois qu'on était capables de bâtir une unité européenne, et c'est précisément ce qu'on est en train de faire. Le président de la République s'est entretenu avec Ursula von der Leyen, il s'est aussi entretenu avec Viktor Orban, puisque vous avez évoqué des pays qui aujourd'hui et pour des raisons différentes, pour des situations différentes, peinent à rejoindre un accord sur ces questions-là et sur le sixième paquet de sanctions. Il y a un travail de discussion qui se fait, mais comme depuis le début de cette crise, et on a vu à chaque étape de cette crise qu'on était capables de s'accorder et d'avancer ensemble.
Et donc, c'est vraiment cet état d'esprit qui nous anime. Sur la troisième question que vous évoquez, je n'ai pas connaissance. C'est vous qui m'apprenez cette situation.
Donc il y aura une réaction dans la journée de la part du gouvernement. Là, je ne peux pas réagir à un dossier, vous le comprenez, que je n'en ai pas vu, mais je le rappelle et j'ai eu l'occasion de le faire ces dernières semaines aussi, dans le cadre du conflit ukrainien, l'attachement qui est celui de la France à la liberté des journalistes à pouvoir exercer, y compris sur des théâtres de conflit, et le respect nécessaire, toujours, c'est une réponse générique que je fais, ce n'est pas sur la situation que vous évoquez, mais le respect du droit humanitaire et du droit des journalistes à couvrir, y compris les théâtres de conflit, et de pouvoir faire leur travail. Bonjour, Yannick Falt, France Info.
On a pris l'habitude, depuis trois semaines, de vous poser des questions calendrier sur le gouvernement. Le quinquennat s'achève donc vendredi à minuit. Est-ce que vous en savez plus sur le moment où Jean Castex présentera sa démission, sur le moment où le nouveau Premier ministre sera nommé, et est-ce qu'il y aura un nouveau gouvernement au complet pour le prochain Conseil des ministres, mercredi prochain ?
Merci. D'abord, c'est une question que vous me posez chaque semaine, mais je constate que cette fois-ci elle arrive un peu plus tard. C'est-à-dire que donc on a pu parler d'autres sujets et des sujets évidemment très lourds, très importants, et qui préoccupent beaucoup les Français, avant.
Mais je comprends parfaitement votre question. J'ai eu l'occasion de vous répondre à plusieurs reprises chaque semaine et j'avais indiqué que le gouvernement de Jean Castex irait au bout du premier mandat d'Emmanuel Macron qui s'achève, comme vous l'avez dit, le 13 mai à minuit. Je n'ai évidemment, moi, pas d'annonce à faire sur une démission du gouvernement, sur la formation d'un nouveau gouvernement, sur un calendrier en la matière.
Ce n'est pas une prérogative du gouvernement de décider, et moi je suis la voix du gouvernement. Ce n'est pas une prérogative gouvernementale de décider de la nomination d'un nouveau gouvernement. C'est la prérogative du président de la République, tel que le précise la Constitution.
Ce que je peux vous dire, en revanche, puisque je vous rends compte du Conseil des ministres, c'est qu'à l'occasion de ce Conseil des ministres, le président a eu un mot de remerciement appuyé pour le gouvernement et pour Jean Castex, qu'il a remercié chacune et chacun pour le travail qui a été fait, qu'il savait les sacrifices, parfois, qui étaient nécessaires dans ces fonctions. Il a indiqué qu'il y a près de deux ans, Jean Castex a accepté de diriger un gouvernement de combat. Oui, il y a eu des combats depuis deux ans, avec des crises, évidemment la crise sanitaire, la guerre en Ukraine aussi, et évidemment beaucoup d'autres enjeux.
Il a remercié à nouveau Jean Castex d'avoir accepté cette mission. Il a dit avec solennité et affection qu'il avait été très fier d'être autour de cette table avec Jean Castex et avec son gouvernement ces deux dernières années. Bonjour, Louis Amar pour l'émission C à vous, sur France 5.
On comprend bien, entre les lignes de votre dernière réponse, qu'il s'agissait donc du dernier Conseil des ministres dirigé par Jean Castex. Vous, si vous deviez faire une fiche de poste pour votre successeur, qu'inscririez-vous comme conseils pour être un bon porte-parole du gouvernement ? La question vaudra aussi pour Olivier Véran, s'il veut bien revenir au pupitre, pour le ministre de la Santé.
Il a de la chance, lui, parce qu'il n'est plus au pupitre. Non, évidemment, je ne ferai pas de fiche de poste. Moi, je ne sais pas de quoi l'avenir sera fait me concernant, mais en tout cas, je sais que, je me souviens quand j'ai été nommé en juillet 2020, certains m'ont dit que j'allais beaucoup souffrir, que peut-être je n'allais même pas survivre au bout de quelques mois à cette fonction, qui est une fonction évidemment difficile et exigeante.
Moi je veux dire que j'ai eu un très grand plaisir, depuis près de deux ans maintenant, à occuper cette fonction, évidemment parce que c'est un honneur de pouvoir porter la parole du gouvernement de son pays, mais aussi parce que, je le dis vraiment très sincèrement, ç'a été l'occasion pour moi d'échanges très nombreux, notamment ici, dans ce cadre, avec vous, et moi je veux vraiment vous remercier pour l'état d'esprit qui a été le vôtre depuis deux ans, dans le cadre de nos échanges. Évidemment, parfois, vous avez posé des questions et vous avez été un peu frustrés par mes réponses ou mes absences de réponses. J'ai aussi eu l'occasion, peut-être, quelques fois, de hausser un peu les sourcils devant certaines questions.
C'est le jeu de la démocratie, mais ça s'est toujours fait dans le respect des uns et des autres, dans un esprit constructif, et toujours au service de la démocratie, parce que ce qui se joue ici, c'est évidemment un exercice démocratique majeur, que de pouvoir rendre compte devant les Français, à travers vous, de ce que décide le gouvernement, de ce qui est examiné au Conseil des ministres, et donc je veux vous dire que quoi qu'il arrive, ça aura été pour moi une très belle et très grande responsabilité, un honneur et surtout un plaisir de le partager, entre guillemets avec vous, au quotidien. Je fais durer le plaisir. Pour revenir sur ce que vous avez dit au tout début, sur les propos qu'a eus le président de la République à Strasbourg, sur l'Union européenne.
On a entendu les ministres, les cadres de la majorité, le président lui-même, avoir critiqué sévèrement en tout cas, la nouvelle Union de la gauche pour ses positions, justement, au sujet de l'Union européenne. Pourtant, vous l'avez dit, le président lui-même considère que les règles et les traités ne sont plus adaptés dans bien des domaines. Est-ce qu'il y a là une différence si importante que cela entre vous ? entre vous et l'Union de la gauche ?
Oui, bien sûr qu'il y a une différence. Il y a une différence d'abord parce qu'il y a des positions historiques qui ont été portées par un certain nombre de responsables politiques qui incarnent aujourd'hui cette union, cet accord, qui sont des positions qui visent à déconstruire l'Union européenne. Moi, ce que j'ai dit dans mon intervention liminaire, c'est que quand on n'est pas d'accord avec les règles, on ne les déchire pas, on cherche à les changer.
C'est ce qu'on a fait depuis cinq ans avec Emmanuel Macron. Moi, je me souviens qu'en 2017, quand Emmanuel Macron a été élu, il y a un certain nombre d'enjeux qui étaient mis en avant pour expliquer tous les dysfonctionnements de l'Union européenne et dont on nous expliquait qu'ils étaient impossible à changer. Et donc certains responsables politiques, qui aujourd'hui d'ailleurs sont encore dans la vie politique, expliquaient que ces enjeux et ces problèmes justifieraient qu'on déconstruise l'Union européenne.
On a témoigné d'une conviction différente. On a dit qu'on pouvait changer l'Union européenne et je crois que c'est ce qu'on a commencé à faire. Je me souviens qu'en 2017, quand Emmanuel Macron a été élu, quand on parlait d'Europe sur les plateaux de télévision, dans les médias, il y a toujours un enjeu qui revenait en premier pour symboliser les dysfonctionnements de l'Union européenne, c'est la question du travail détaché.
On parlait du plombier polonais à l'époque. Ce n'est plus aujourd'hui un enjeu qui est discuté comme un dysfonctionnement de l'Union européenne. Pourquoi ?
Parce que dès 2017, Emmanuel Macron, avec Muriel Pénicaud à l'époque, le gouvernement, ont agi résolument pour trouver un accord, et on a trouvé un accord pour changer les règles. On nous expliquait que ça serait impossible d'avoir un cadre budgétaire commun, en tout cas une politique budgétaire commune au niveau au niveau européen, un endettement commun. On a réussi.
Évidemment qu'il y a eu la crise, qui a permis d'avancer plus rapidement sur un certain nombre d'enjeux. On nous expliquait que c'était impossible d'arriver à des ressources propres au niveau européen. On a réussi, là aussi, et on est en train de faire advenir cet accord sur la taxe carbone aux frontières de l'Union européenne.
On nous expliquait que c'était impossible d'avoir une imposition minimale pour les grandes entreprises, pour les multinationales. Là aussi, on a réussi à trouver un accord au niveau international, qui va se traduire au niveau européen. Voilà, je pense qu'on peut et qu'on doit faire évoluer l'Europe, pour qu'elle continue à être plus forte et à protéger plus efficacement les Européens.
La vraie différence qu'on a avec certains responsables politiques, c'est qu'eux ont toujours porté un discours anti-européen et considèrent aujourd'hui qu'il faut revenir sur notre engagement, en faveur d'une construction plus forte et plus intégrée de l'Union européenne. Eh bien, s'il n'y a pas d'autres questions, je vous remercie et je vous dis à bientôt.