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Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 7 octobre 2025 51 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSécuritéSolidarités & famille

E. Macron désormais seul contre tous ? - C à Vous l’intégrale - 07/10/2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Vous êtes sûr que c'est la bonne idée, J.-F.Copé?

  • 5:00FerméeRéponse directe

    Et c'est la seule responsabilité d'E.Macron?

  • 8:00OuverteRéponse partielle

    Pourquoi on ne pouvait pas négocier?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous payez 'vos calcifs' avec vos indemnités?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00J.-F.CopéFait
    « Nous sommes en train de faire basculer les marchés financiers dans des proportions folles. »
  • 6:00J.-F.CopéFait
    « Nous n'avons pas de budget. »
  • 9:00J.-F.CopéChiffre
    « Entre janvier et juin 2025, 646 actes antisémites ont été recensés en France. »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Heureuse de vous retrouver pour toute l'actualité de ce mardi 7 octobre avec toute l'équipe. Bonsoir à tous les 5. A la une, un ministre qui gêne et qui se casse. - B.Le Maire: Quand je vois que je suis le problème, j'appelle le Premier ministre et je lui dis: "Je me casse, pas de problème." - A.-E.Lemoine: Et un ancien ministre qui appelle le président à la démission. - E.Philippe: Il doit, face à cet affaissement de l'Etat, prendre la décision à la hauteur de sa fonction.

C'est de garantir la continuité en partant de façon ordonnée. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, J.-F.Copé.

Merci d'être là alors que vous ne prêchez plus dans le désert. Elections anticipées réclamées par E.Philippe, vous nous en parliez déjà il y a presque un an.

La déclaration de l'ancien Premier ministre est un pavé dans la mare. - P.Cohen: Plus une bombe venant du premier chef de gouvernement d'E.Macron.

C'est le scénario Copé qui a été repris par E.Philippe. - A.-E.Lemoine: Une question enflamme les réseaux sociaux. - E.Tran Nguyen: Les ministres du gouvernement démissionnaire de S.Lecornu toucheront-ils les indemnités dues aux anciens ministres?

On va y répondre. - A.-E.Lemoine: Les commémorations du 7-Octobre. - A.Sinclair: Se dire que ça fait 2 ans qu'il y a eu ce massacre, il y a encore des otages, certains vivants, certains morts, c'est violent et dur. - L.Amar: 2 ans jour pour jour après l'attaque du 7-Octobre, les négociations se poursuivent pour obtenir un cessez-le-feu à Gaza et la libération des otages. - A.-E.Lemoine: Dans le 5/5, une fausse pub comme clip de campagne. - Ma poupée a été élue à la mairie de Paris.

Il faut lui faire une garde-robe à 60 000 euros. - De toute façon, ce sont les électeurs qui payent. - L.Amar: Les frais de représentation sont centraux dans la campagne des municipales à Paris.

J'ai suivi le Conseil de Paris tout à l'heure. - A.-E.Lemoine: Après 20h, C.Bouquet, M.Leonardi, et dans L'OEil de Pierre... - P.Lescure: Un film qui sort demain, "Nouvelle Vague".

Le réalisateur a recréé le tournage de "A bout de souffle", le 1er film de Godard. Patrick a raison, c'est formidable. - A.-E.Lemoine: Pas besoin de Patrick pour le penser. - P.Cohen: C'est enthousiasmant. - A.-E.Lemoine: On a besoin de vous pour l'édito.

E.Macron de plus en plus seul et menacé. - P.Cohen: Son poste est menacé et sa démission est suggérée et réclamée, non pas par un opposant mais par son premier chef de gouvernement, E.Philippe.

Nouvelle déflagration. Quant à sa solitude, volontairement ou involontairement, elle a été illustrée par cette promenade hier matin, sur les quais de Seine. Image saisie par BFMTV.

Portable à l'oreille, garde du corps à distance, le président marche seul. Pendant ce temps, personne ou presque, aucun politique d'envergure ne vient le défendre sur les plateaux télé. Au contraire, coup sur coup, 2 anciens Premiers ministres viennent expliquer que dans cette crise, E.Macron est devenu le problème.

D'abord, G.Attal sur TF1, qui marque un peu plus la rupture avec le chef de l'Etat. - G.Attal: Comme beaucoup de Français, je ne comprends plus les décisions du président de la République.

Il y a eu la dissolution. Il y a, depuis, des décisions qui donnent le sentiment d'une forme d'acharnement à vouloir garder la main. - P.Cohen: G.Attal n'imaginait sans doute pas que son prédécesseur à Matignon et probable rival présidentiel, E.Philippe, irait infiniment plus loin que lui, ce matin, sur RTL.

Il exprime le souhait d'une présidentielle et d'un départ anticipé d'E.Macron. - E.Philippe: On ne contraint pas le président à partir.

Je ne suis pas pour cette démission immédiate et brutale. Elle aurait un impact terrible. Elle interdirait une élection présidentielle qui se passe dans de bonnes conditions.

Mais il doit prendre l'initiative. Il me semble qu'il s'honorerait, alors que la France est dans la crise, s'il organise une élection présidentielle anticipée dès que le budget est bouclé. On ne peut pas endurer ça pendant 18 mois encore.

Ca nuit à la France. - P.Cohen: Pour lui, non seulement le président est le problème, mais la solution est qu'il parte.

Au-delà des stratégies personnelles, il faut mesurer la violence du propos et le niveau de transgression. Certes, E.Philippe n'a pas inventé la figure de Brutus.

E.Macron s'en est affublé contre F.Hollande et, avant lui, Sarkozy face à Chirac, etc.

Mais aucun n'avait appelé publiquement au départ anticipé de son mentor. N.Sarkozy, ministre de l'Intérieur, avait atteint le summum de l'insolence en 2005 en comparant le président Chirac à Louis XVI. "Je n'ai pas vocation à démonter tranquillement les serrures à Versailles pendant que la France gronde." En plus, c'était un 14-Juillet, mais dans son bureau, devant quelques journalistes, sans micro ni caméra.

Ce n'avait pas la force d'une matinale radio. - A.-E.Lemoine: Sur le fond, que penser de la proposition? - P.Cohen: Elle ressemble fort au scénario que défend J.-F.Copé depuis un an, en même temps que D.Lisnard, maire de Cannes.

Le scénario d'une démission programmée qui permettrait une campagne de plusieurs mois, bien au-delà des 35 jours prévus par la Constitution. C'est entre 20 et 35 jours. Je ne sais pas si vous avez inspiré ou conseillé E.Philippe, mais l'idée a fait son chemin.

Elle fait toujours frémir les personnalités "attachées aux institutions et soucieuses de leur solidité". Elles condamnent Les présidents impopulaires à subir la pression des appels à la démission et les installe dans un sentiment de précarité. B.Retailleau résume: "Cela fragiliserait les prochains présidents et ouvrirait les portes de l'enfer." Enfin, elle ne garantit en rien un cap clair pour le pays.

Un nouveau président avec la même Assemblée? Avec une autre Assemblée après nouvelle dissolution, mais avec la même tripartition? Le rejet d'E.Macron atteint des niveaux sans précédent, mais que son retrait puisse nous faire sortir de l'impasse où nous somme enfermés reste à démontrer. - A.-E.Lemoine: Vous êtes sûr que c'est la bonne idée, J.-F.Copé?

Depuis le temps que vous y pensez, vous n'y voyez encore que des avantages? - J.-F.Copé: La réalité est assez dramatique.

E.Macron, et je vous le dis...

Vous me connaissez suffisamment pour savoir que je ne suis pas du genre à faire du cinéma. Je pense qu'il est en train de couler la France. Chacun doit l'entendre.

Les éditoriaux de la presse internationale sont d'une dureté à l'égard de la France comme je ne l'ai jamais vu. Nous sommes en train de faire basculer les marchés financiers dans des proportions folles. Les entrepreneurs et les patrons de PME sont en panique générale.

La consommation est à l'arrêt. Nous n'avons pas de budget. - P.Cohen: Et c'est la seule responsabilité d'E.Macron? - J.-F.Copé: Bien sûr.

Le problème, ce n'est pas son impopularité. A tous ceux qui me donnent des leçons de droit constitutionnel et de gaullisme, y compris ceux qui n'en sont pas et ne connaissaient pas très bien l'histoire... - P.Cohen: Je viens de citer B.Retailleau. - J.-F.Copé: Notamment.

Je voudrais rappeler une chose. Le vrai sujet n'est pas l'impopularité. Des présidents impopulaires, il y en a eu tout le temps.

Le sujet, c'est que nous avons un système politique dysfonctionnel. Pas le système institutionnel. A partir du moment où nous n'avons pas de majorité absolue à l'Assemblée, et c'est pour ça que je l'ai dit dès le lendemain...

Ce n'est pas compliqué de le voir, quand on connaît l'histoire. A l'évidence, sans majorité absolue, et il n'en avait pas, ni majorité alternative, on était condamnés au dysfonctionnement et au blocage total. Tous ces gens ont fait semblant.

Les Premiers ministres successifs, en disant qu'ils allaient tenir bon, les ministres, en proposant des grandes réformes, et le président de la République, en disant qu'il avait tous les pouvoirs. Il aurait fallu qu'il acte qu'il avait commis une gigantesque faute, qu'elle conduisait à paralyser notre système politique, et que la seule manière de s'en sortir était qu'il démissionne, non pas tout de suite, car on tombe encore dans une campagne de 35 jours, qui donne une prime naturelle aux extrémistes qui n'ont pas besoin de dérouler leur programme...

Mais de se donner un véritable temps. Non pas après le budget, mais après les municipales, parce qu'on ne va pas prendre les municipales en otage...

Les mairies, c'est la seule chose qui tienne encore en France. Au moins, il y a eu un progrès. Il a posé la question centrale, qui est que le départ d'E.Macron est la seule solution au problème qu'E.Macron a lui-même posé. - A.-E.Lemoine: Est-ce que ça changera la composition de l'Assemblée? - J.-F.Copé: Sous la Ve République, la pierre angulaire, c'est l'élection présidentielle.

Il n'y a pas lieu de combiner avec des législatives, quels candidats...

C'est un homme ou une femme, chacun présenté par des partis politiques, et les Français choisissent en connaissance de cause. Une fois élu, dans la foulée, on fait une élection législative en connaissance de cause. C'est tout l'intérêt de ne pas partir demain, mais après les municipales.

Vous avez alors encore 30 jours et vous arrivez en mai. Entre maintenant et mai, les partis politiques ont le temps de désigner leur candidat, y compris de faire des primaires s'ils le souhaitent. Ils ont le temps de présenter un projet.

Là, on verra le programme des extrêmes. Ca permettra à la droite de gouvernement et à la gauche de gouvernement de prendre leurs responsabilités. - P.Cohen: Des législatives à la suite de la présidentielle, ça ne garantit pas les majorités.

On l'a vu en 2022. - J.-F.Copé: En 2022, l'erreur historique d'E.Macron, n'ayant pas la majorité absolue, a été de ne pas chercher à en recomposer une.

Le front républicain... - P.Cohen: Ils ont refusé les ouvertures. - J.-F.Copé: Je connais mes amis par coeur.

Quand on a été président de parti, on les connaît tous, les courageux, les lâches...

Si E.Macron les avait pris les uns après les autres dans son bureau en disant: "G.Larcher, le général de Gaulle te regarde.

E.Ciotti, tu as 55 ans, c'est maintenant ou jamais..." Ils auraient compris leur intérêt. - A.-E.Lemoine: Il n'y a que des tordus et des lâches chez LR? - E.Tran Nguyen: C'est un peu facile de dire que c'est parce qu'E.Macron a mal convaincu ou n'a pas donné les arguments adaptés à chacun que les gens n'ont pas pris leurs responsabilités face aux Français. - J.-F.Copé: Les hommes politiques, c'est des moutons et des chasseurs.

Ils achètent à la hausse, ils ont besoin de voir le succès, donc c'est des moutons. Et c'est des chasseurs parce que... - E.Tran Nguyen: C'est dur, ce que vous dites. - P.Cohen: Il y a un irresponsable au sommet de l'Etat et des irresponsables qui composent la classe politique? - J.-F.Copé: Il y a des moments de vérité.

Sinon, inutile de faire des émissions de télé. Je vous dis tout cela parce que je sais que le coeur de l'engagement politique, c'est de pouvoir agir. Nous vivons une situation extrêmement grave avec, d'un côté, des partis de gouvernement éduqués à l'idée d'expliquer aux Français que les problèmes sont complexes et qu'on a des solutions complexes dans l'Etat de droit.

De l'autre côté, des partis populistes racontent les choses les plus simplistes et font croire qu'on peut régler les problèmes en 5 minutes. Notre responsabilité est de dire aux Français que nous allons faire un reset, repenser un programme de droite de gouvernement qui ressemblera à ce que faisait l'UMP. Les centristes, les gens de droite, les libéraux, les Européens, mais aussi les gens qui veulent de l'ordre, rétablir la sécurité...

Ca, ça fait une coalition intelligente. - A.-E.Lemoine: Il est trop tard pour la former dans les 48 heures? - J.-F.Copé: On n'a pas les hommes pour ça.

On n'a pas de majorité. On ne va pas faire semblant. Si on veut que ça marche, il faut un leader.

Le problème, c'est que là où monsieur Macron avait, en 2022, un vrai rendez-vous, c'était, en tant que président de la République, d'appeler chacun à ses responsabilités. Les Républicains l'auraient fait. La preuve, ils l'ont fait 2 ans après.

Il y a eu un vrai débat, je peux en témoigner. Maintenant, le lait est renversé, arrêtons de nous mentir. Je ne vois pas d'obstacle institutionnel.

Je suis content qu'E.Philippe l'ait dit. V.Pécresse et moi étions les 2 seuls à avoir exprimé cette idée.

De pouvoir avoir enfin quelqu'un d'autre qui dit que ce n'est pas une injure au président de la République ...

A eux de dire qu'on ne peut plus continuer comme ça...

Le pays est en danger. C'est bien gentil de bavasser pendant des mois, d'imaginer des combinaisons qui ne marcheront pas. S.Lecornu, ça ne pouvait pas le faire.

On est de toute façon dans un système où on n'a pas de majorité. - P.Cohen: C'est pas passé loin.

Si B.Le Maire n'avait pas croisé Retailleau dans l'escalier... - J.-F.Copé: Ca aurait tenu combien de temps? - A.-E.Lemoine: Revenons à ce qui a déclenché cette nouvelle crise: la nomination de B.Le Maire au ministère des Armées.

Vive réaction de B.Retailleau, qui reproche à S.Lecornu de lui avoir caché cette nomination.

L'ancien ministre de l'Economie a vainement essayé de le joindre pour s'expliquer. Il a fini par jeter l'éponge. Scène surréaliste racontée à Brut. - B.Le Maire: Je l'appelle une fois, il répond pas.

Une 2e fois, il répond pas. J'envoie un texto, pas de réponse. J'appelle le standard, comme n'importe quel citoyen.

Je tombe sur un sympathique agent de permanence. "Bonjour, c'est B.Le Maire.

J'aimerais parler au ministre de l'Intérieur." Il me dit: "Monsieur, je ne sais pas qui vous êtes. On est dimanche, 22h, c'est pas l'heure des blagues." Alors, j'appelle le Premier ministre et je lui dis: "Je me casse, pas de problème." Je dis la même chose au président de la République.

Pour moi, ce qui compte, c'est que le gouvernement soit en ordre de marche. - A.-E.Lemoine: C'est une cour de récréation gigantesque?

Autant, de la part de B.Retailleau, le chef des LR... - J.-F.Copé: Tout ça n'est pas à la hauteur de la gravité des enjeux.

Que ce soit maladroit d'avoir pensé à appeler B.Le Maire au vu de ce qui s'est passé avec les comptes publics...

Le vrai point, c'est que vous mettez un nouveau gouvernement, il est minoritaire, il est à la merci d'O.Faure, de J.-L.Mélenchon et de M.Le Pen.

Les mêmes causes produiront les mêmes effets. La seule solution, c'est qu'à partir du moment où le président de la République dit qu'il en a tiré les conséquences, qu'il a compris, qu'il programme sa démission 6 mois après les municipales. Alors, la classe politique dans son ensemble baisse le volume.

Pourquoi? - P.Cohen: Ils se lancent dans la bataille présidentielle. - J.-F.Copé: Oui, mais comprenant que l'enjeu n'est plus E.Macron.

Il y a nécessité que chacun, devant les Français, se montre avec des propositions et une dynamique. Et là, ce sont bien les Français et eux seuls qui choisiront à la fin de l'épisode le nouveau président de la République, en connaissance de cause. - A.-E.Lemoine: E.Macron écarte l'hypothèse. - J.-F.Copé: De manière irresponsable.

Le pire étant s'il s'amuse à dissoudre. Dans ce cas, c'est pire que tout. Il risque d'être à nouveau désavoué, car on voit bien la colère des Français à son égard.

Toujours pas de majorité, et alors, il est vraiment obligé de partir. Dans ce cas, élection présidentielle dans les pires conditions, rebelote, prime aux extrémistes, et à la fin, le nouveau président ne peut même plus dissoudre parce qu'il faut attendre un an. - A.-E.Lemoine: S.Lecornu a reçu G.Larcher et Y.Braun-Pivet aujourd'hui. - J.-F.Copé: G.Larcher fait partie des rares personnalités du dispositif politique français à essayer de calmer le jeu et d'en appeler le président de la République à des responsabilités.

Maintenant, monsieur Macron a un rendez-vous devant l'histoire. Il m'arrive, comme tout le monde, d'avoir une approche un peu plus détendue. Là, je ne l'aurai pas.

La France est en danger. - P.Cohen: Vous exonérez assez facilement les responsables du socle commun qui discutent depuis des semaines... - J.-F.Copé: Les responsables du socle commun sont rendus fous par le système.

A partir du moment où on leur demande de mettre 1,5 l d'eau dans une bouteille de 1 l, comment voulez-vous? A partir du moment où vous n'avez pas de majorité absolue et un tel morcellement, vous êtes sûr de rendre le système dysfonctionnel. - E.Tran Nguyen: La dernière fois que vous êtes venu, vous étiez très conscient de la fatigue démocratique.

S.Lecornu avait demandé que le Parlement prenne ses responsabilités, que les partis puissent trouver du compromis. S'il en va de la survie du pays, pourquoi on ne pouvait pas négocier?

Pourquoi n'est-il pas possible d'avoir des négociations? - J.-F.Copé: Le fait que l'Assemblée nationale soit aussi morcelée témoigne de gens qui n'ont aucune envie et aucun intérêt à se retrouver ensemble.

La politique, comme les relations humaines...

La politique, c'est les relations humaines. Vous avez la même chose dans les entreprises et les associations. S'il n'y a pas d'alignement d'intérêts avec plusieurs personnalités, ça ne va pas marcher.

Il n'y a pas d'alignement. Ces gens sont rendus fous par un système qui ne leur permet pas de se fédérer. Le seul qui le peut, c'est un président de la République dont le camp est rassemblé et majoritaire. - P.Cohen: Pas divisé, le RN, qui a refusé de rencontrer le Premier ministre démissionnaire.

J.Bardella demandait ce matin toujours une dissolution et n'excluait pas, en cas de victoire, de pouvoir s'appuyer sur une partie de votre mouvement. - J.Bardella: Pour gagner, il faut rassembler.

Je suis convaincu que chez Les Républicains, une partie des militants, sympathisants, électeurs, cadres et parlementaires, ne souhaitent pas, comme monsieur Retailleau, s'aligner sur le macronisme. Je suis disposé à leur tendre la main sur un accord de gouvernement. Tout cela n'interviendrait que dans la situation où je n'aurais pas 289 députés. - P.Cohen: Vous voyez l'offensive en cours qui n'est pas nouvelle en faveur d'une union des droites.

Vous êtes toujours hostile à cette idée? - J.-F.Copé: Oui.

Au-delà de mon cas personnel, je sais que beaucoup de mes électeurs savent qu'il faut en faire plus pour gagner. Pour dire "union des droites", ça signifie qu'il y en a plusieurs. Le RN n'est pas de droite.

Le RN est un parti qui a considéré qu'il pouvait accéder au pouvoir en racontant aux Français des choses parfaitement simplistes et pas applicables. C'est vrai sur le plan économique et régalien. - A.-E.Lemoine: Il n'y a pas des LR tentés de rejoindre le RN? - J.-F.Copé: Moi, je ne céderai pas.

Je pense que ce pays doit faire l'objet d'un débat politique dans lequel nous disons aux Français: "C'est vous qui voyez, mais nous proposons un socle gouvernemental sans la gauche, évidemment, et sans un parti qui n'a pas de points communs avec nous." Ensuite, oui, il y a des gens tentés depuis des années. La tentation est d'autant plus forte que le RN est fort.

Pour le même prix, ils accepteraient d'être inféodés, comme Ciotti et ses 15 gars. Pour ce qui me concerne, je n'en serai jamais. J'observe, puisque j'ai eu ce débat hier, lors de notre réunion stratégique chez LR, que B.Retailleau nous a dit lui-même qu'il n'y aurait aucune alliance. - P.Cohen: A moins de devoir faire barrage... - J.-F.Copé: Ce n'est pas mon point de vue. - P.Cohen: Donc pour le 2e tour, vous voteriez en faveur... - J.-F.Copé: Je ne vais pas choisir entre le PS et le RN.

Je suis désolé. C'est un point de vue personnel qui a toujours correspondu à ma ligne, de défendre une droite de gouvernement régalienne, mais aussi de progrès économique, sociale, scientifique. Je ne suis pas de ceux qui pensent que le professeur Raoult avait raison, comme monsieur Bardella.

Ce sont des différences majeures. Je l'assume. - E.Tran Nguyen: Parmi les inquiétudes nombreuses que la situation suscite, il y a les indemnités de départ des ministres, notamment pour les nouveaux ministres, nouvellement nommés dimanche, avant d'être démissionnaires à nouveau lundi.

On pouvait lire ce type de réactions. Il y en a même qui ont fait le calcul. ...

C'est vrai? Ca mérite quelques explications. Ce n'est pas si simple.

C'est vrai, les ministres ont parmi leurs avantages, qui ont été réduits depuis 2019, cette indemnité de 10 692 euros brut mensuels pendant 3 mois, quelle que soit la durée du mandat, même en cas de démission ou de censure. Mais il y a 2 conditions. L'ancien ministre ne doit pas reprendre une activité rémunérée, comme un mandat parlementaire ou un poste privé, et il doit avoir déclaré son patrimoine et ses intérêts à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.

Parmi les 6 ministres éphémères, 5 sont déjà députés et donc pas concernés par cette indemnité. Seul B.Le Maire pourrait prétendre à cette indemnité.

Il a été interrogé à ce propos. - B.Le Maire: C'est un débat un peu lunaire.

Je n'ai pas pris d'indemnités quand je suis parti du ministère des Finances en 2024, après y avoir passé 7 ans. Je ne vais pas en prendre maintenant, après 12 heures comme ministre des Armées. Aucune indemnité.

Zéro euro. Jamais je n'ai occupé de logement de fonction. Jamais je n'ai utilisé d'avantages particuliers liés à mes fonctions.

Aucune indemnité, zéro euro. - E.Tran Nguyen: "Zéro euro, zéro indemnité, jamais de logement de fonction.

Il faut liquider ces avantages", dit-il. Les 6 ministres éphémères pourront tout de même disposer d'un cabinet ministériel pour assurer l'expédition des affaires courantes. Ils ont donc le droit de constituer une équipe de 15 personnes maximum chacun.

N'est-ce pas dans cette situation "lunaire", pour citer B.Le Maire, qu'on réalise que certains usages ne sont plus forcément dans l'air du temps? - J.-F.Copé: C'est un débat qui n'a aucun sens.

Ce gouvernement est un échec. Un gouvernement, ça ne dure pas 24 heures. - E.Tran Nguyen: 14 heures. - J.-F.Copé: Ca dure des mois, voire des années.

On perd l'habitude, mais pour travailler, il faut des cabinets aux ministres. Dans ce cas, ils ne vont pas recruter. J'adore les sujets importants, mais il faut arrêter de se battre sur des trucs qui n'en sont pas. - E.Tran Nguyen: Quand B.Le Maire dit qu'il faut liquider les avantages comme le logement de fonction? - J.-F.Copé: C'est un peu de la démagogie.

Les ministres ont besoin de moyens de fonctionnement. Ils commandent des administrations de plusieurs dizaines de milliers de personnes. Quand vous êtes ministre du Budget, vous commandez une administration de 150 000 personnes.

Si vous habitez dans le Sud, c'est un handicap si on ne vous loge pas. Je ne vois pas pourquoi ce n'est que pour les Parisiens qu'il n'y aurait pas de problème. Ca n'a rien de choquant.

On ne parle pas de privilèges monstrueux. C'est pour servir la France. Il va falloir réhabiliter la fonction politique.

Pourquoi on continue de dire "quelle horreur, les maires ne veulent pas être députés"? On se retrouve avec des gens qui racontent n'importe quoi à l'Assemblée. Les maires voient le quotidien.

C'est un métier, la politique. Il faut connaître les finances publiques, le droit public, le fonctionnement de l'administration, apprendre à décider...

Ce sont de vrais métiers. A force, on se retrouve avec E.Macron qui dit à ses ministres: "Soyez fiers d'être des amateurs." Ce serait bien de remettre des expérimentés, dont c'est le métier. - A.-E.Lemoine: Pour conclure? - J.-F.Copé: Je vais conclure là-dessus.

Quand votre baignoire fuit et que vous appelez le plombier, une fois qu'elle est réparée, vous êtes content qu'il vous explique car c'est un professionnel. Pareil quand le médecin vous explique votre pathologie. Au nom de quoi un homme politique, dont c'est le métier, n'aurait pas le droit d'expliquer les grandes réformes, les finances publiques?

Tant qu'on n'aura pas des professionnels, des hommes de terrain qui savent ce que c'est que des voyous qui polluent par leur violence l'ambiance dans un immeuble, les problèmes de précarité extrême que nous voyons comme maires...

Tout ça, ça fait une courbe d'expérience et de maturité. Tant qu'on y renoncera, on aura la classe politique perdue que nous voyons aujourd'hui et les dictateurs se frotteront les mains. - A.-E.Lemoine: La Story. - Les accords allaient presque aboutir, mais ce n'était pas assez.

Je pense que ça satisfait des 2 côtés. Tant qu'on ne l'a pas entre nos mains, on reste vigilants et prudents. - L.Amar: C'est l'histoire d'un espoir, celui d'un cessez-le-feu dans la bande de Gaza et d'une libération imminente des otages toujours détenus par le Hamas.

La 1re journée de pourparlers entre Israéliens et Palestiniens s'est achevée hier. Ce sont des négociations indirectes menées par des intermédiaires égyptiens et qataris, le tout sur la base du plan proposé la semaine dernière par D.Trump. ... - L.Amar: Une délégation américaine rejoindra demain ces pourparlers dans le but de finaliser la première partie du plan Trump.

Libération immédiate des otages en échange de celle de prisonniers palestiniens, et surtout, en cessez-le-feu dans la bande de Gaza après 2 ans d'une guerre qui avait fait plus de 67 000 morts selon le Hamas, qui se dit prêt à négocier mais rappelle ses exigences. ... - L.Amar: Le Hamas détient toujours 47 otages dans la bande de Gaza, 22 seraient encore en vie, selon l'armée israélienne.

Cela, 2 ans jour pour jour après l'attaque terroriste du 7-Octobre, qui a fait des morts dans le festival de musique Nova, dans le désert. ... - L.Amar: Des cérémonies d'hommage ont également été organisées sur les autres lieux visés par le Hamas, notamment les kibboutz, dont un où 60 personnes ont été tuées.

Hommages aussi dans plusieurs pays européens, en Allemagne, en Angleterre et en France. Plusieurs personnalités se sont rendues place des Vosges, à Paris. Notre équipe y était, avec des responsables politiques, comme Y.Braun-Pivet, G.Attal ou S.Lecornu, mais aussi la journaliste A.Sinclair. - A.Sinclair: On attend de manière imminente, on espère que ce soit la dernière fois qu'on parle des otages.

La force, aujourd'hui, magnifiée par D.Trump, contraint...

Il y a la contrainte par la force et la contrainte par la persuasion. Si la force fait avancer les choses, tant mieux. La force ne suffit pas.

On croise les doigts. - L.Amar: Nous avons rencontré l'un de ceux qui ont perdu des proches il y a 2 ans.

Il s'appelle O.Jaoui. Deux de ses cousins ont été tués, 3 autres pris en otage puis libérés.

Depuis, sa vie a changé à cause du traumatisme mais aussi de la montée de l'antisémitisme en France, qui l'effraie. - O.Jaoui: Je vois beaucoup d'étudiants et de lycéens qui sont exclus.

Un jeune qui a un nom de famille à consonance juive, tout le monde le hue le matin à l'appel. Je n'ai jamais eu peur, mais je commence à m'inquiéter quand même. - L.Amar: Entre janvier et juin 2025, 646 actes antisémites ont été recensés en France.

C'est 3 fois plus qu'au premier trimestre 2023. - J.-F.Copé: Ce chiffre est extrêmement inquiétant et ça ne peut pas être simplement dans la poursuite de ceux qui commettent, mais dans le dialogue et l'éducation.

Il ne faut pas craindre d'engager un vrai dialogue interreligieux pour mobiliser les communautés religieuses, notamment les communautés musulmane, catholique et juive, pour qu'elles diffusent ensemble un vrai message de prévention par rapport à la question de l'antisémitisme. C'est la meilleure manière de lutter contre les forces engagées, notamment chez LFI, pour instrumentaliser le conflit de Gaza dans le quartier. C'est un combat qu'il faut mener pour l'intérêt national. - A.-E.Lemoine: Et si l'amant de D.Jubillar pouvait faire figure de suspect?

Son téléphone aurait borné entre 22h et 6h du matin la nuit de la disparition de sa maîtresse, près de son domicile. Une piste soulevée hier par les avocats de C.Jubillar, qui accusent les enquêteurs d'avoir volontairement fait disparaître cet élément du dossier. - Ce n'est pas un coup de théâtre, pas un élément nouveau.

C'est dans le dossier. Il suffisait de le lire, de passer son doigt sur la liste des 550 numéros pour s'apercevoir qu'il y avait la ligne de l'amant. - Quand ils prélèvent son ADN, ils lui disent: "Ne vous inquiétez pas." Difficile de faire machine arrière, puisqu'en réalité, on n'a rien.

Il n'y a jamais eu aucune enquête sur l'amant de D.Jubillar. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, M.Bertrand, grand reporter à BFMTV en charge du procès Jubillar.

On voit que la défense de C.Jubillar tente par tous les moyens de trouver un autre suspect que leur client, mais c'est tombé à l'eau. Si le numéro de l'amant apparaissait dans la liste des 551 numéros qui ont borné près du domicile des Jubillar le soir fatal, c'est une erreur de manipulation qu'a reconnue un gendarme? - M.Bertrand: Une erreur humaine, a dit le gendarme dépité.

Il a fait un copier-coller des listings qui apparaissaient dans le dossier. Il s'est trompé en considérant que l'amant se trouvait à Cagnac-les-Mines le soir de la disparition, alors qu'il était simplement considéré comme un correspondant de Delphine, qui bornait à son domicile. On peut imaginer qu'il a passé une très mauvaise après-midi. - A.-E.Lemoine: Tout est bon pour la défense pour semer le doute, y compris en décrédibilisant le travail des enquêteurs? - M.Bertrand: Je ne suis pas sûre qu'ils ressortent perdants, même si ça semble être une simple erreur.

Ils vont jouer la carte à fond, que l'enquête a été mal faite, qu'elle était peu rigoureuse. S'il y a eu une erreur constatée à la barre par ce major de gendarmerie, il y en a peut-être ailleurs. C'est la carte qu'ils jouent depuis le début, en essayant de démonter point par point les éléments donnés par les gendarmes. - A.-E.Lemoine: Aucune perquisition n'a été faite au domicile de l'amant, parce qu'il était toute la nuit à Montauban, à des dizaines de kilomètres. - M.Bertrand: La nuit du 15 au 16, son téléphone borne chez lui.

On a les preuves qu'il n'a pas bougé de son domicile, ni lui ni sa femme. - A.-E.Lemoine: C.Jubillar se tordait le cou pour croiser le regard de l'amant de sa femme, qu'il n'avait jamais rencontré jusque-là. - M.Bertrand: C'était l'homme avec qui D.Jubillar voulait refaire sa vie.

La salle était bondée. Il y avait beaucoup de public, des gens qui sont venus dès 3h30 du matin pour s'assurer d'avoir une place dans la salle. On n'avait jamais vu cet homme.

Il n'avait jamais parlé. C.Jubillar voulait voir celui avec qui Delphine entretenait une relation depuis plusieurs mois. - A.-E.Lemoine: Deux hommes que tout oppose? - M.Bertrand: L'amant est apparu comme quelqu'un de posé, réfléchi, qui s'exprime très bien à la barre.

Même si sa compagne avait dressé un portrait peu flatteur quelques jours avant, C.Jubillar est décrit comme quelqu'un de jaloux, de possessif, de violent. Il a été décrit comme un père violent la semaine dernière, parfois grossier dans son vocabulaire.

On n'est pas sur la même ligne entre les 2 hommes. - A.-E.Lemoine: On a vu que la défense tente tant bien que mal de trouver d'autres coupables possibles, mais elle a fort à faire avec l'accumulation de témoignages à charge contre leur client.

Deux aujourd'hui, notamment, deux voisins formels, notamment sur la place de la voiture de D.Jubillar. Ca peut paraître des détails, mais dans une affaire sans preuves formelles, tout compte. - M.Bertrand: C'est un des éléments-clés de l'accusation.

La maison des Jubillar est en haut d'une petite montée. D.Jubillar avait l'habitude de rentrer, selon les voisins, en montant la voiture capot vers le haut, sans faire de marche arrière.

Or, quand les gendarmes arrivent à 4h du matin, la voiture est garée capot vers le bas, comme si quelqu'un avait déplacé la voiture pendant la nuit. Tous les voisins sont unanimes en disant qu'elle n'avait jamais l'habitude de garer la voiture capot vers le bas. - A.-E.Lemoine: "Si j'avais tué ma femme et avais transporté le corps, j'aurais fait la bêtise de remettre la voiture dans le mauvais sens?" - M.Bertrand: Lors de l'enquête, il ne se souvenait plus très bien.

Quand on lui a montré une photo des ronces le long de la voiture, il a reconnu avoir dit une erreur à la barre. Ca a créé un gros silence dans la salle. - A.-E.Lemoine: Un 2e témoignage d'une autre voisine, qui a vu C.Jubillar taper dans des parpaings.

Il a prononcé une phrase lourde de sens, selon elle. - M.Bertrand: Il aurait dit: "Je ne voulais pas ça." Qu'est-ce qu'il ne voulait pas?

On peut laisser les parties civiles...

Peut-être pensait-il qu'elle était partie volontairement rejoindre son amant...

Est-ce une preuve de culpabilité? Ca pose question. Quand on a posé la question à C.Jubillar, il a dit qu'il ne se souvenait plus de cette séquence. - E.Tran Nguyen: La mère de Delphine disait qu'elle ne sortait jamais sans les chiens.

C.Jubillar explique que sa femme aurait sorti les chiens un peu plus tard. Pourquoi cette 2e sortie à quelques heures d'intervalle?

Ca peut fragiliser la version de l'accusé? - M.Bertrand: Il reconnaît avoir sorti les chiens à 22h.

Un avocat des parties civiles lui demande: "Pourquoi elle les ressort une heure après?" "Pour ne pas qu'ils fassent leurs besoins pendant la nuit." Une de ses copines dit que D.Jubillar n'aurait jamais sorti les chiens parce qu'elle avait peur du noir.

A fortiori, elle ne serait jamais sortie dans la nuit. C'est ce que disent les proches, mais pas son mari. - A.-E.Lemoine: Merci, M.Bertrand.

Demain, les jurés écouteront plusieurs codétenus de C.Jubillar. C'est l'heure du 5/5.

Un Conseil de Paris électrique après les révélations sur les frais de représentation des élus. - L.Sénéchal: C'est une note de frais publiée par Mediapart.

Il y a d'abord eu A.Hidalgo et ses robes et chaussures de luxe, 10 000 euros par an. "Dans les clous", dit la maire.

Elle a rendu publiques les notes de frais de tous les maires d'arrondissement. Chez les LR, il y en a plein. On est loin des niveaux stratosphériques de la maire du 8e, LR aussi. 36 000 euros en 4 ans.

Elle assume "acheter des fringues pour être bien sapée". Elle s'est défendue à notre micro. - Vous achetez des pièces assez luxueuses? - A 400-500 euros, oui.

Chez Sandro, chez Maje...

Je ne le regrette pas. C'est dans notre mandat. C'est autorisé de le faire.

Tous les élus le font. - L.Sénéchal: Avec cette affaire de notes de frais qui a d'abord visé A.Hidalgo, la gauche accuse le camp Dati de déployer un écran de fumée pour faire oublier le procès de la ministre de la Culture. - Cette opération n'a qu'un seul but: créer le chaos et la confusion et faire oublier les dates du procès de R.Dati. - I.Brossat: La perspective qui se dessine, c'est celle du maire qui serait élu et qui, dans la foulée, serait condamné, à moins que l'objectif soit de décentraliser le Conseil de Paris à la prison de la Santé. - L.Sénéchal: Désormais...

C'était électrique, au Conseil de Paris. Cette histoire de frais de représentation s'invite dans toutes les interviews. Il y a ceux qui font dans la pédagogie. - S.Chenu: Je paye ma voiture, je vais chez le coiffeur, je peux payer des vêtements...

Tout ce qui se voit...

Pas le calcif, voyez-vous, ni les chaussettes. - L.Sénéchal: Il y a ceux qui en font un argument de campagne, comme L.Sarkozy.

Il voudrait que ça dégage, comme J.Milei. - L.Sarkozy: Il y en a qui sont persuadés que la fonction publique, c'est un privilège, alors que c'est une charge, d'être élu, et c'est servir, pas d'être servi. - L.Sénéchal: Voici même que l'IA s'invite dans le débat.

Regardez cette fausse pub qui circule. - Ma poupée a été élue à la mairie de Paris. Vite, il faut lui faire une garde-robe à 60 000 euros. - De toute façon, ce sont les électeurs qui payent! - L.Sénéchal: Babeth avait une question pour vous. - A.-E.Lemoine: Est-ce que vous payez "vos calcifs" avec vos indemnités? - J.-F.Copé: Je n'achète aucun habit.

Je demande une chose: ne pas faire d'amalgame entre ce qu'on voit à la Mairie de Paris et le train de vie des mairies de France. Ca n'a rien à voir. On nous décrit un autre monde.

Nos frais, c'est uniquement pour des repas de travail, point barre. On est sur des choses qui sont d'une autre nature. Je demande une chose: qu'on évite tout amalgame.

Il y avait une une du "Parisien" la semaine dernière qui jetait l'opprobre sur tous les élus locaux. Ca m'a beaucoup choqué. Ce sont les maires qui tiennent la République, en ce moment.

Il n'y a qu'eux qui bossent en ce moment, pour l'action publique. - A.-E.Lemoine: Il y a quand même des fonctionnaires... - J.-F.Copé: Je parle au niveau des élus.

Les fonctionnaires, heureusement qu'on les a. Au niveau des responsables politiques, ceux qui tiennent la maison France, ce sont les élus locaux. Si on pouvait ne pas leur jeter l'opprobre au motif que madame Hidalgo s'achète des robes Dior, ce serait vraiment formidable. - A.-E.Lemoine: L'Ukraine parvient à gêner l'approvisionnement des stations essence. - L.Sénéchal: Un train attaqué par les Russes sur une gare de la région de Soumy, en Ukraine.

Il y a eu au moins 30 blessés. Ces derniers jours, c'est l'Ukraine qui a frappé le sol russe. Des attaques de drones massives.

Certains ont manifestement atteint leur cible. Là, c'est une usine d'armement russe. On est derrière Moscou.

L'Ukraine cible les dépôts de pétrole, les stations essence. Regardez les files d'attente en Russie pour aller chercher de l'essence. ... - L.Sénéchal: La BBC rappelle qu'avant la guerre, la Russie exportait 15 % de sa production de pétrole.

Cette fois, le pouvoir a interdit toute exportation, sans pour autant enrayer les pénuries. "Ca fonctionne", dit le président ukrainien. Il faut faire preuve d'ingéniosité, et c'est ce que font les Ukrainiens.

Certains organisent même des courses de drones pour tester leurs compétences. Il y a des épreuves de dextérité, des parcours d'obstacles. C'est un moyen pour les soldats de partager leur expérience du champ de bataille. ... - L.Sénéchal: Malgré ces succès ukrainiens, il y a un camp politique en Europe qui estime toujours qu'il faut abandonner l'Ukraine: l'extrême droite. "L'Ukraine a déjà perdu la guerre", a déclaré la cheffe de l'AfD allemand.

L'ancien dictateur syrien réfugié à Moscou, B.Al-Assad, a été hospitalisé le 20 septembre dans un état critique, victime d'un empoisonnement, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. Le but aurait pu être aussi d'incriminer la Russie et de suggérer que le président Poutine est incapable de protéger l'ancien président syrien. - A.-E.Lemoine: On revient en France.

Un mot de votre commune, avec une rafale de kalachnikov qui termine à quelques centimètres d'une fillette. - L.Sénéchal: La rafale a été tirée vers 4h du matin, dans la nuit de samedi à dimanche. 28 douilles retrouvées, 2 maisons mitraillées, dont l'une est le domicile d'une personne notoirement connue des services de police.

Des balles perdues ont terminé dans le pavillon d'une famille sans histoire. Une balle a frôlé la tête d'une fillette de 2 ans et demi, qui dormait paisiblement. La maman témoigne. - J'entends des bruits de mitraillette.

Ma fille était allongée. Ca a traversé comme ça. C'est allé jusqu'à la cheminée en face.

Si la personne avait tiré à quelques centimètres, c'était dans ma tête ou dans la tête de ma petite fille, qui a 2 ans et demi, ou dans la tête de mon mari... - L.Sénéchal: Une enquête est en cours.

Votre ville est gangrenée à son tour par le trafic de drogue? - J.-F.Copé: C'est gravissime, ce qui s'est passé.

C'est la première fois. C'est extrêmement grave. L'enquête est en cours.

Je ne peux rien vous dire. La police municipale étudie les caméras de vidéosurveillance. Ca contribue beaucoup à l'avancée de l'enquête.

Il y a des choses que je ne peux pas vous dire aujourd'hui. Je peux vous garantir que tout le monde est sur le pont pour identifier les auteurs et bien comprendre ce qui s'est passé. - A.-E.Lemoine: Un Français prix Nobel de physique. - L.Sénéchal: M.Devoret, professeur à Santa Barbara, en Californie.

Il a fait une grande partie de sa carrière à l'université prestigieuse de Yale. Il est récompensé avec un Britannique et un Américain pour ses travaux sur la mécanique quantique. Quand vous jetez une balle sur un mur, elle rebondit.

A l'échelle quantique, ils ont observé que ça pouvait traverser un tel mur. C'est l'effet tunnel observé par ces chercheurs dans les années 80. Hier, c'est le prix Nobel de médecine... - A.-E.Lemoine: C'est quoi, l'échelle quantique? - L.Sénéchal: Ca veut dire que c'est tout petit.

Hier, c'est le prix Nobel de médecine qui a été décerné... - P.Cohen: C'est très simplifié. - J.-F.Copé: Vous vous marrez, mais c'est l'excellence française.

A un moment... - A.-E.Lemoine: Mais il est né à Meaux, M.Devoret? - L.Sénéchal: Hier, c'est le prix Nobel de médecine qui a été décerné.

Les lauréats ont été un peu dubitatifs quand ils ont eu le coup de fil de l'académie du Nobel. ... - L.Sénéchal: Quand on est chercheur et qu'il y a un numéro avec l'indicatif de Suède qui vous appelle, il faut décrocher.

Son collègue était carrément en randonnée dans l'Idaho. Il n'a pas eu le message. "Il est totalement injoignable après être parti en randonnée..." C'est bon, il est bien au courant.

Il a entendu sa femme hurler. Il a cru qu'elle avait vu un grizzli. En rentrant dans l'avion, il avait 200 messages. - A.-E.Lemoine: Merci, J.-F.Copé, d'être venu sur ce plateau.

Merci, M.Bertrand.