Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewSud Radio (sur YouTube)· 6 août 2026 24 minAutoproduitActualité / polémiqueBudget & impôtsEnvironnement & énergie

Des restaurateurs de Villeneuve-Loubet sommés de fermer leurs établissements menacés par l'érosion

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 50 %Attaque 30 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 46107:36:40OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous auriez accepté cette décision si votre commerce était concerné?

  • 46107:37:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il aurait fallu peut-être anticiper ce problème il y a plusieurs années?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 46107:36:40Fait
    « De plus en plus de communes françaises dans les années qui viennent vont être concernées par cela. »
  • 46107:37:00Promesse
    « Que fait-on quand la mer avance? »

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

10h 13h les débats de l'été. Noémie Aliwa. Bonjour à toutes et à tous.

Bienvenue sur Sud Radio. On démarre ensemble ces 3h d'émission de l'actualité, des débats, des coups de cœur, des coups de gueule et surtout vos réactions parce que vous le savez, vous êtes au [musique] cœur de cette émission. Appelez-nous dès maintenant 0826 300 0826 300 et puis vous pouvez aussi participer à ces débats sur sudradio.fr, sur Facebook, sur Instagram, sur X, sur TikTok.

Une question, un avis, un témoignage. On vous écoute, on vous reçoit, on vous lit et c'est parti. On commence avec cette première question qui va nous intéresser ce matin.

De plus en plus de communes françaises dans les années qui viennent vont être concernées par cela. Que fait-on quand la mer avance ? Faut-il laisser la nature reprendre ses droits, même lorsqu'elle menace des commerces, des emplois, des activités installées depuis des années à Villeneuve Loubé, dans les Alpes Maritimes, plusieurs restaurants de plage vont devoir fermer d'ici le mois d'octobre. en cause le recul du trait de côte lié à la montée du niveau de la mer.

Un dossier qui pose une question beaucoup plus large. Comment adapter nos côte au changement climatique sans fragiliser ce qui les font vivre ? Amis auditeurs, on aimerait vous entendre.

Est-ce que vous auriez accepté cette décision si votre commerce était concerné ? Est-ce que vous pensez qu'il faut s'adapter dès aujourd'hui, même si cela coûte des emplois, des commerces ? Est-ce qu'il aurait fallu peut-être anticiper ce problème il y a plusieurs années ?

Rappelez-nous au 0826 300 0826 300 et nous recevrons dans quelques instants le gérin de deux restaurants de plage qui doivent fermer dans les prochaines semaines. Il nous expliquera nous expliquera pourquoi et comment il compte contester cette décision avec le maire de sa commune. Et puis dans la seconde partie de l'émission, on reviendra sur cette frontière.

Cette frontière qui est devenue le symbole de la pression migratoire aux portes de l'Europe, j'ai nommé Touta. Cet [musique] enclave espagnole située sur le sol africain qui est l'une des principales portes d'entrée vers l'Union européenne. Malgré les barrières, les contrôles renforcés, la coopération avec le Maroc, des milliers de migrants tentent chaque année de rejoindre Touta, parfois au péril de leur vie.

Pour les autorités espagnoles, la pression migratoire reste forte, mais pour l'Europe, c'est une question qui revient. Comment protéger efficacement nos frontières extérieures ? Alors, ce matin, on vous donne la parole.

Qu'est-ce que vous attendez concrètement de l'Union européenne ? Est-ce que sa pollution, sa sa politique migratoire vous paraît adapté à cette situation ? En tout cas, dans un instant, nous serons avec Fabrice Léeri, réputé député européen décidément du Rassemblement national, ancien directeur exécutif de Frontex, l'Agence européenne du garde de Frontière et des gardes de côte.

C'est un beau programme qui nous attend ce matin et ça commence tout de suite. 10h 13h, les débats de l'été. Noé Aliwa et on voulait vous parler ce matin d'une décision qui pourrait demain concerner beaucoup d'autres communes françaises.

À Villeneuve Loubé dans les Alpes Maritine, une dizaine de restaurants de plage devront être démontés d'ici le début du mois d'octobre avec la redéfinition du trait de côte par les services de l'État. C'est une décision qui a été prise pour tenir compte du recul du littoral et de la montée du niveau de la mer. Résultat : Deslo sont menacés, des investissements risquent d'être perdus et les professionnels dénoncent, on le comprend, une décision prise sans véritable concertation.

Alors, comment protéger le littoral face au changement climatique sans condamner ce qui travaille ? L'État applique-t-il simplement la loi ou va-t-il trop loin ? Et cette situation en Villeneuve Loubé annonce-t-elle ce qui attend demain d'autres et de nombreuses autres communes du littoral français ?

Pour répondre à toutes ces questions, nous recevons ce matin Mourad Bouayan, gérant du 716 Beach et du Rani. Deux établissements directement concernés par cette décision. Bonjour monsieur Bouayane.

Bonjour. Bonjour. Alors peut-être pour commencer, est-ce que vous pouvez nous raconter qu'est-ce qui va se passer très concrètement pour votre décision, pour votre restaurant dans les prochaines semaines et comment vous avez appris cette décision ?

Alors, comment ça va se passer ? et que là il nous demande de quitter les lieux et de remettre les clés euh d'ici le mois de d'octobre. Comment vous avez pris cette décision ?

Comment ? Alors, j'ai reçu un courrier de la part de la DDTM euh où il était stipulé dessus que j'avais 4 mois pour quitter justement l'établissement, ce qui a été ce qui a été un choc total quoi, parce que je m'attendais pas à ça du tout. Donc vous avez juste reçu un courrier qui vous annonce simplement comme ça que vous devez fermer dans quelques semaines votre commerce.

C'est-à-dire que vous avez pas eu plus d'explication, plus d'anticipation, vous n'avez pas eu de coup de téléphone il y a quelques mois, quelques années peut-être par les services de de l'État qui auraient pu vous prévenir de cette situation. Vous l'avez reçu comme un coup prêt sur sur la tête. Bah oui, c'est ça.

Si on m'avait expliqué auparavant euh qu'est-ce qui qu'est-ce qui pouvait se passer en fait ? qu'il y avait justement de l'érosion ou qu'on rappelait ou qu'on nous aurait pris un rendez-vous tout simplement, on nous aurait tout expliqué de à Z, on aurait pu comprendre qu'il y ait un risque d'érosion et cetera et que voilà, il faut tant d'années, préparez-vous, bientôt vous allez devoir quitter les lieux. Mais là aujourd'hui, pour moi, ça a été brutal.

Ça a été un choc brutal parce qu'on s'attendait pas du tout à ça. Des années d'investissement, des années de travail pour qu'on vienne aujourd'hui de jour au lendemain parce que c'est 4 mois pour moi, c'est du jour au lendemain. C'est pour moi c'est une décision attive.

Euh et qu'on vous dise oui, vous avez 4 mois pour partir sans solution. Pour moi, je trouve ça c'est c'est complètement injuste et je vous dis je vous dis clairement ce qui se passe là c'est que je je n'arrive même pas à trouver les mots. Je me perche parce que je suis entre désolation, tristesse, j'ai tout toutes les émotions qui s'emballent parce que je n'arrive toujours pas à comprendre qu'on puisse faire ça un commerçant qui paye des impôts en France, qui crée de l'emploi et nous faire partir comme ça sans indemnité, sans aucune solution après des années de vie.

C'est c'était pas normal en fait. 4 mois pour partir sans aucune indemnition indemnisation, on traite des gens, pas un dossier. Là, on parle de de la vie et et de conséquences humaines.

Oui, on comprend très bien votre désarrois. Ça fait combien d'années que vous avez ces deux établissements ? Alors euh un établissement le 716, ça fait presque 10 ans.

On va dire je suis là-bas. Ça fait entre pres je suis rentré dans la 9e année donc ça va faire presque 10 ans et là le Rani ça a été un projet où ça fait presque j'ai je suis à presque 2 ans de travaux et j'ai ouvert en décembre 2025 donc c'est tout récent. Ouais donc c'est tout récent.

Alors d'abord est-ce que vous comprenez au fond les arguments de de l'État ? C'est-à-dire cette nécessité au fond d'adapter les côtes face au changement climatique ? Alors, ce que je comprends, c'est qu'il y ait un effet climatique justement.

Donc, on parle de l'érosion. Hm hm. Oui.

La montée du niveau de la mer, c'est ça la montée du niveau de la mer. Mais par contre, ce que je comprends pas aujourd'hui, c'est l'urgence dans laquelle il la traite. Et c'est là où c'est on est on est parce que je parle en mon nom et en nom des restaurateurs, on est dans l'incompréhension totale parce que là aujourd'hui, on nous donne 4 mois.

Mais où est l'urgence quand on sait qu'une érosion, ça se construit sur des années et non pas sur des mois ? C'est-à-dire que là aujourd'hui, on peut parler dans en dizaine ou en quinzaine d'années et là on vient nous dire 4 mois pour quitter mais c'est totalement irrationnel et c'est là où je ne comprends pas. Oui.

C'est-à-dire que si on entend bien votre témoignage, monsieur Boudayan, au fond, c'est pas peut-être pas la décision qui a été prise qui est contestable. C'est vraiment la façon dont on vous a annoncé les choses et euh et le le la façon tardive aussi de vous l'avoir annoncé, c'est-à-dire la manière dont cette décision a été prise. Bah oui, là on a l'impression de se retrouver dans une cours d'école parce que pourquoi je dis ça ?

C'est comme là quand quand ça va être paraut-être paraître irrationnel. C'est comme maintenant les jeunes de maintenant quand ils quittent leurs copines, il leur envoy un message et ils ne viennent pas lui dire en face je trouve ça lâche. Je trouve ça lâche parce que normalement euh on on aurait dû nous convoquer les restaurateurs euh dans un bureau, peu importe la DDTM ou quoi, en nous expliquant les choses.

Voilà, écoutez, voilà, il y a il y a une montée de niveau d'eau, une éion, donc ça commence à devenir dangereux. Il va falloir quitter les lieux. Par contre, voilà, on va vous trouver une solution.

La solution c'est où donner des années ou peut-être trouver une solution parce que là aujourd'hui euh il y a aucune solution. Là là aujourd'hui ça serait la solution pour moi ça une des solutions nous dire par exemple voilà écoutez on va vous faire ça en démontable vous allez pouvoir exploiter l'été parce que l'hiver c'est peut-être dangereux ou quoi et au fur et à mesure voilà vous serez vous serez exproprié mais mais l'expropriation c'est elle passe par deux causes. L'intérêt du domaine public est une juste compensation.

Hm pour euh pour le pour pour la personne qui est sur place. Et là et là du coup il y a rien il y a rien rien du tout. On ne vous a absolument rien proposé euh autrement de solution de rechange ou de on on ne vous a strictement rien proposé.

On vous a simplement dit vous devez fermer votre commerce, c'est comme ça. Il y a pas il y a pas il y a pas d'autres solutions. Exactement ça.

Surtout ce qu'il faut savoir c'est que déjà en fait à la base ce terrain c'est un terrain privé depuis plus de 70 ans. Il a il a il a il appartient à un propriétaire monsieur Jacques de Boule. Donc je ne comprends pas.

On peut on peut pas comme ça. On n plus à l'époque des colons là. Aujourd'hui, moi je vous dis honnêtement, moi je je catégoriserai ça comme un raquette légal parce que c'est totalement ce qui est en train de se passer là.

Là aujourd'hui, on nous prend tout sans rien nous donner. Aujourd'hui, par exemple sur un des deux commerces, moi j'ai un crédit qui est en cours que je suis en train de payer. Je suis en train de rembourser 160000 €.

Et là on me dit "Monsieur, prenez parte et vous vous débrouillez avec ça." Donc du coup l'État m'endete et moi je dois payer continuer à payer les dettes. Ouais.

Mais c'est complètement irrationnel parce que là non prend complètement votre colère. Justement, expliquez-nous peut-être très concrètement euh vous avez investi donc dans vos établissements, vous employez forcément des salariés. Qu'est-ce que cette fermeture elle représente concrètement pour vous et pour vos équipes ?

Vous avez donc un un prêt sur le dos. Expliquez-nous concrètement. expliquer aux éditeurs ce que ça représente pour vous la fermeture de ce commerce.

Bah pour moi déjà c'était c'est j'ai des employés qui travaillent avec moi dans des dont des des étudiants. Donc dont un étudiant qui ça fait 5 ans qui travaille chaque été pour moi. Je veux dire c'est un job d'été pour lui.

Il a l'habitude de travailler chez chez nous et ça lui plaît. Écoutez, aujourd'hui nous c'est une entreprise, on va dire limite c'est même s'il y a pas des membres de ma famille qui travaillent dans cette sociétél ou dans les deux, c'est limite familiale parce que voilà, on s'entend tous bien, on travaille dans la joie, la bonne humeur, on est face à la mère. La clientèle, c'est une clientèle, on va dire familière aussi.

Hm. Bon, je parle pas des touristes, mais on a des gens qui viennent qui viennent tout le temps qui viennent tout le temps, la façon don dont on les traite tout ça. Et euh et là, on va dire sous prétexte euh que c'est l'État, excusez-moi, je reviens encore dessus parce que c'est ce qui me choque le plus.

Et je vais donner un exemple. Je vais donner un exemple si vous me le permettez. Là, aujourd'hui, si vous prenez un malfra qui va raquetter, parce qu'on parle de restaurateur, qui va raquetter un restaurateur, ce malfra va être poursuivi et et condamné à une peine de prison.

Aujourd'hui, l'État se permettre se permettre de nous raquetter et ça devient légal. C'est là où je comprends plus rien et je me dis qu'on est en France dans un pays de droit, de liberté, de de loi bien évidemment. On entend votre colère.

Merci beaucoup. Merci merci beaucoup Morad Bousayen d'avoir été avec nous ce matin. Merci pour votre témoignage.

On a une pensée évidemment pour tous les professionnels du littéral qui se retrouvent aujourd'hui confrontés à ces décisions et qui cherchent des solutions pour préserver leur activité. Restez avec nous sur Sud Radio. Dans un instant, on reviendra sur cette question qui divise les Européens.

L'Union européenne protège-elle suffisamment ses frontières ? Et nous serons en direct avec Fabrice Ledgerie, député européen du Rassemblement national et ancien directeur exécutif de Frontex, l'agence européenne de garde de frontière et de garde de côte. À tout [musique] de suite sur Sud Radio. 10h 13h, les débats de l'été.

Noé Aliwa. Et nous sommes de retour sur Sud Radio. Il est 10h16 précisément et ce matin, on revient sur la situation à Tiuttaa.

Cette situation qui remet une nouvelle fois la question migratoire au cœur du débat. Au-delà de l'urgence sur le terrain, c'est toute la politique migratoire européenne qui est régulièrement remise en question. Contrôle des frontières, coopération avec le pays d'origine, d'accueil, droit d'asile.

Les défus sont nombreux. Et pour en parler ce matin, nous sommes en direct avec Fabrice Lierry, député européen du Rassemblement national et ancien directeur exécutif de Frontex, l'Agence européenne de garde de frontière et de garde de côte. Bonjour monsieur le député européen.

Bonjour Leandam. Bonjour. Merci d'être avec nous.

Ces images de Touta ont marqué l'actualité ces derniers jours. Est-ce vous la preuve au fond que la stratégie européenne en matière d'immigration ne fonctionne pas ? Alors euh en ce qui concerne cette submersion migratoire de 60000 personnes à ou 70000 personnes àouta euh qui compte 80000 personnes, c'est d'abord je pense euh le problème du laxisme du gouvernement espagnol socialiste gouvernant avec l'extrême gauche.

Parce que depuis plusieurs mois, le gouvernement espagnol a lancé une régularisation qui a annoncé régularisé 500000 clandestins. Il s'avère qu'il y a plus d'un million de clandestins en Espagne qui ont demandé des régularisations et donc si vous voulez ça affaiblit l'idée que on ne doit pas entrer clandestinement en Espagne et par conséquent clandestinement dans l'Union européenne. Je pense que ça c'est quand même le point de départ.

Ensuite, que s'est-il passé ? Comment se fait-il que 60 70000 migrants massés à la frontière n'ait pas été aperçu ? Il y a des polémiques pour savoir si ce sont, je cite, des menaces hybrides, une instrumentalisation géopolitique, par qui, comment tout ça, il faudra peut-être le l'analyser.

Mais je crois que de toute façon, ça révèle effectivement que l'Union européenne et ses Étatsmembres sont encore trop faibles par rapport à la politique migratoire et au contrôle des frontières. C'est-à-dire que nous ne sommes pas pris au sérieux. Hm.

Oui. Donc, ce serait le le gouvernement de Pedro Sanchez qui a lancé un appel d'air finalement avec cette cette politique qui euh qui est pour la régularisation assez euh massive de des des migrants. [grognement] Euh c'est vrai que certains euh considèrent qu'au fond ça il est possible que le que le royaume du Maroc a aussi laissé intervenir également pour d'autres raisons de politique et notamment de géopolitique.

Bah, vous savez euh il y a eu des des précédents euh par exemple la Turquie en en février mars 2020 a officiellement euh revendiqué qu'elle allait envoyer des dizaines de milliers, des centaines de milliers de migrants vers l'Union européenne et vers la Grèce. Il y a eu en 2000 à partir de 2021 la Biélorussie euh qui a fait de même en envoyant des dizaines de milliers de migrants vers la Pologne, vers les États-Baltes. Donc c'est quelque chose qui peut exister.

Maintenant, moi je n'ai pas les éléments indiquant que c'est une volonté géopolitique étatique de qui que ce soit. Euh mais en revanche, il y a aussi eu une décision de justice de la Cour suprême espagnole qui a peut-être été le déclencheur à la fin du mois de juin, début du mois de juillet puisque cette décision de justice espagnole dit que les autorités espagnoles n'ont plus le droit de renvoyer immédiatement le même jour les clandestins qui arrivent assez ou tard en provenance du Maroc. si ils arrivent à la nage.

Et donc ça a provoqué euh malheureusement euh je dirais euh un contournement euh de la barrière physique euh puisque c'est une frontière terrestre entre Seouta et et le et le Maroc. Il y a eu une un contournement par je dirais une nage de quelques centaines de mètres entre une plage marocaine et une plage espagnole. Donc, il y a eu aussi cet élément d'une décision de justice que personnellement je trouve irresponsable si elle a pour conséquence que des milliers de personnes se jettent à l'eau pour passer, il y a quand même eu plus de 70 morts.

Donc ça c'est aussi du côté des migrants. Oui. Oui.

Oui. 75 selon les derniers chiffres. Vous avez dirigé Frontex d'ailleurs pendant plusieurs années.

Est-ce que vous pouvez nous dire concrètement de quoi manque aujourd'hui l'Europe pour mieux se protéger face à ces face à ces afflux massifs de de migrants ? Moi, je pense que ce qu'il faut à ce stade, c'est qu'il y ait l'assurance d'une détermination politique très ferme. Euh parce que on je vois encore les conclusions du du conseil des ministres des des affaires intérieures des États de l'Union européenne ces jours-ci.

Euh on a toujours un catalogue de mesures qui consiste à renforcer les effectifs, à renforcer les moyens de Frontex, renforcer si vz on parle d'argent et de personnel. Euh on parle parfois un petit peu de de méthode opérationnelle, mais ce qu'il faut, c'est vraiment que l'on ait une position ferme [grognement] et que nous soyons pris au sérieux. Quand je vois que euh il y a eu en en Espagne, bon je vous le disais, cette politique de laxisme depuis plusieurs mois, mais vous voyez aussi que le gouvernement français et Emmanuel Macron alors que la France est le premier pays concerné par ce qui se passe en Espagne puisque nous avons 400 km de frontière commune entre la France et l'Espagne et que la France est le point de passage obligé pour tous les migrants clandestins qui voudraient aller d'Espagne vers le reste de l'Europe.

Nous devrions euh nous Français avoir une politique ferme. Le Rassemblement national par la voix de Jordan Bardella a demandé le rétablissement des contrôles aux frontières intérieures entre la France et l'Espagne. Bon, j'ai l'impression que le gouvernement français fait un petit peu de la figuration, mais il n'y a pas la la volonté ferme unanimement exprimée par tous les dirigeants.

Et donc ça c'est l'une des faiblesses aujourd'hui. Oui. C'est-à-dire que effectivement la France a décidé par la voix d'Emmanuel Macron plutôt de choisir une autre voie, c'est celle dite de la solidarité vis-à-vis de l'Espagne et en considérant qu'au fond l'Espagne n'était pas responsable vraiment de cet afflu de migrant qu'elle l'avait subi et que donc il fallait lui apporter une aide d'une certaine façon même si vous venez de nous l'expliquer.

Il y a aussi des si ce n'est des comportements, des attitudes, en tout cas des mesures politiques qui ont été annoncées par le gouvernement espagnol qui laissait entendre aussi qu'il y avait des des ouvertures. L'une l'une des des des l'une des questions qui est posée aussi régulièrement, c'est au fond parce que vous nous disiez Pedro Sanchez, les socialistes et cetera ont plutôt justement ils sont ils ont pas une politique particulièrement ferme, disons les choses avec un peu d'euphémisme vis-à-vis de la question migratoire. Mais par exemple Georgia Meloni en Italie, elle sur le coup, elle a été élue sur l'idée d'avoir une politique plus dure en terme d'immigration et malgré tout, elle a dû pour des raisons économiques euh régulariser aussi un certain nombre de de migrants.

Donc, il y a des critiques aussi qui se font vis-à-vis de ceux qui ont des discours qui sont particulièrement fermes vis-à-vis de l'immigration. Vous entendez aussi cette critique est faite à George Méloni notamment ? Alors euh Georgen Méloni a le grand mérite d'avoir euh lancé, je dirais, le signal d'une politique très ferme aux frontières extérieure et d'abord aux frontières de l'Italie contre l'immigration clandestine.

Il y a eu dans les euh trois [raclement de gorge] dernières années une diminution en général de près de 65 % du nombre d'arrivées en Italie en provenance de la Méditerranée. Maintenant, il y a aussi et ça c'est une politique que au Rassemblement national nous considérons comme étant une politique, je dirais souveraine de chaque Étatmembre de l'Union européenne qui a le droit de d'évaluer s'il veut ou non délivrer des visas de travail parce que il aurait des besoins de main d'œuvre qui ne sont pas satisfaits. Et ce qu'a fait le gouvernement de George Melone, c'est de délivrer des visas mais de sélectionner une main d'œuvre étrangère certes, mais avec des conditions précises d'entrée, pour quel travail et puis pour quelle durée.

Or, les politiques de régularisation sont tout le contraire parce qu'une politique de régularisation consiste à laisser entrevoir que même si vous venez en violant nos lois, en violant nos frontières, y compris par la violence, il y a l'espoir que peut-être vous allez être régularisé et c'est ça qui affaiblit nos frontières. Ensuite, il y a de des modèles euh innovants euh de de politique de gestion des des frontières euh avec la création euh de centre euh de de retour, d'expulsion des migrants que nous avons voqué voté au Parlement européen. Donc nous avons un règlement, une législation de l'Union européenne qui a été adopté il y a quelques semaines qui prévoit euh de renvoyer des par exemple des OQTF de pouvoir les envoyer dans des centres ce qui serait spécialisés mais déjà en dehors de l'Union européenne afin de finaliser le l'expulsion dans le pays d'origine.

Donc il faut aussi travailler je dirais avec la la volonté politique ferme que je que je décrivais donc pour empêcher les entrées. Il faut aussi travailler avec cette volonté politique ferme sur des expulsions pour qu'elles soi efficace. Parce que si des clandestins ont l'espoir d'être régularisés ou si des clandestins, comme c'est le cas en France savent qu'ils ont moins de 10 % de probabilité d'être expulsés lorsqu'ils ont une EQTF, alors évidemment nous ne sommes pas pris au sérieux.

C'est ça que je je crois très important, c'est d'être pris au sérieux, qu'il y ait une quasi automaticité entre la violation de la loi et euh ensuite la sanction qui pour un migrant clandestin signifie l'expulsion immédiate. On a parlé de l'Italie, on a parlé de l'Espagne, on voit que ce sont des voix qui sont, si ce n'est antagoniste, en tout cas différentes sur cette question migratoire. Est-ce que selon vous l'Union européenne est encore capable de parler d'une seule voie sur ce sujet ou est-ce qu'on est on est destiné ?

Est-ce que l'Europe est destinée au fond à être divisé sur sur cette question migratoire ? Alors moi je dirais que comme j'ai un petit peu le je dirais l'antériorité sur plusieurs années, vous l'avez dit, j'ai été directeur de Frontex, il m'arrivait très régulièrement d'être auditionné par le Parlement européen lorsque j'étais directeur de Frontex et à l'époque vraiment c'était des voies de gauche, c'était une quand même une vision très angéliste et et plutôt laxiste. Depuis 2024, nous avons un Parlement européen où il y a au moins un tiers des membres qui sont favorables à une politique extrêmement ferme.

Le Rassemblement national et notre groupe d'alliés des patriotes, mais aussi le groupe de George la Mélogne et les conservateurs et réformistes européens et même la droite entre guillemets classique du Parti populaire européen. Nous avons à plusieurs reprises formé des alliances de vote au Parlement européen pour, je le disais, faire voter ce règlement sur les expulsion, pour faire voter un règlement sur les pays tiers sûr qui permet de refuser de prendre des demandes d'asile et de dire à ces étrangers et bien vous pouvez aller dans tel ou tel autre pays hors de l'Union européenne pour faire la demande d'asile. Donc optimiste politiquement sur la capacité euh à trouver des des majorités fermes.

C'est ça. Donc ce sera la démocratie qui à la fin gouvernera. Merci beaucoup Fabrice Lerry pour votre intervention ce matin sur Sud Radio.

Je rappelle que vous êtes député européen du Rassemblement national et ancien directeur exécutif de Frontex, l'Agence européenne de garde de frontière [musique] et de garde côte. Merci d'avoir pris le temps de répondre à nos questions. Bonne journée à vous.

On est bien sur Sud Radio, il est 10h28 et dans un instant, comme vous en avez l'habitude, vos grands débats de l'été. Les chroniqueurs sont en train de se préparer pour des débats enflammés. à tout de suite sur Sud Radio.