Tom Laperche et Franck Cammas : "Quand on traverse l'Atlantique, il faut aller vite, mais aussi aller au bon endroit"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Défensif 15 %
Temps de parole
- Invité43 %
- Présentateur31 %
- Présentateur 226 %
≈ 2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France Inter, Mathilde Munoz, le 5-7. Il est 6h21, ils ont mené la course de bout en bout entre Le Havre et Fort-de-France. Franck Cammas et Tom Laperche, vainqueurs cette nuit de la Transat Café-Lore, qu'on appelait avant Transat Jacques Vabre. Ils ont franchi la ligne d'arrivée en Martinique après dix jours et demi en mer, à bord de leur trimaran géant dans la catégorie ultime. Et malgré le décalage horaire défavorable, ils sont en direct ce matin avec nous. Merci, bonjour à tous les deux et bravo !
Bonjour, merci !
En fait, c'est une victoire à trois, vous deux et votre bateau, c'est ça ? Bateau exceptionnel !
Oui, le trimaran S-Vers-Lazartique, vraiment un magnifique trimaran bleu qu'on a réussi à mener à travers l'Atlantique. Hyper heureux du résultat et à trois, nous deux, le bateau, puis toute une équipe, beaucoup de gens autour qui travaillent pour que le bateau soit au 100% de sa performance, qu'il y ait des gens qui croient au projet aussi autour et qu'on ait une belle histoire.
Franck Kamas, vous qui avez fait beaucoup de courses en multicoque, vous êtes encore bluffé par ce type de machine ? C'est ce qu'on fait de mieux ? Oui, c'est ce qu'on fait de mieux. C'est clairement les bateaux les plus rapides que l'on peut voir en course au large. Et puis, c'est des bateaux qui progressent. C'est des plateformes technologiques avec plein d'innovations qu'on doit mettre au point. C'est pour ça que SVR Lazarti a été mis à l'eau il y a quatre ans et peut-être juste maintenant à la fin de sa mise au point et tout le monde progresse. Donc, je suis ravi de participer à ces développements technologiques. Il y a le bateau, d'accord, mais il y a surtout les deux marins quand même.
Tom Laperche, en tente parfaite, ça a fonctionné comme sur des roulettes pendant cette course ?
Oui, en tente parfaite avec Franck. Forcément, une vision assez différente, d'expérience différente. Franck, il a participé plein de fois à cette course-là. Il a beaucoup d'années d'expérience en course au large. Il a même le record de victoire sur cette course. Et oui, aujourd'hui, la cinquième victoire. Je connais la route. Ça donne des idées. Comment vous vous êtes organisé ? Vous êtes complémentaire sur le bateau ? Oui, je peux en tente parce qu'il faut être complémentaire. En double, on alterne un peu chacun de notre tour à être responsable du bateau, responsable de la vitesse, des réglages du bateau, mais aussi de choisir la trajectoire et regarder la météo.
Et là-dessus, c'est quand même quelque chose qui est très important. Quand on traverse l'Atlantique sur des bateaux, il faut aller vite, mais aussi aller au bon endroit, faire la plus belle trajectoire par rapport aux évolutions du vent. Et on est assez content de ce qu'on a réussi à faire. Et le fonctionnement aussi, ça a été limpide. On a toujours été super raccord dans tous nos choix. Donc ça, c'est une belle réussite.
Alors, vous le disiez, vous n'avez pas la même expérience. Tom Laperche, vous avez 28 ans. Franck Hamas, bientôt 53 ans. Un palmarès long comme le bras. Donc, 5 Transat Jacques Fabre et Café Laure. La Solitaire du Figaro, la Route du Rhum, la Volvo Ocean Race, le record du trophée Jules Verne. Qu'est-ce que vous retenez, vous, de ces 10 jours en mer avec Tom Laperche ? Qu'est-ce qu'il vous a apporté, Tom ? Oui, il m'apporte la fraîcheur. C'est vrai que c'est notre génération. Et Tom, il a en plus, à 28 ans, une belle maturité et une façon de naviguer qui est lui et sienne, mais qui ressemble à l'état d'esprit que j'ai quand je vais à bord. Donc, c'est pour ça qu'on s'est très bien entendu.
C'est très, très fluide dans nos échanges, dans notre prise de décision. Il n'y a pas besoin de se parler longtemps. Donc, j'ai l'impression que c'était mon frère de bateau. Même si c'était la première fois qu'on naviguait ensemble, on s'est… On se chamaille parfois entre frères quand même. Ça arrive. On a fonctionné très, très bien. Et on n'a pas eu le temps de se chamailler. C'était court comme course. Et donc, on se croisait beaucoup, en fait. Et on n'a pas trop le temps de se parler. Et vous, Tom Laperche, qu'avez-vous appris de Franck Hamas ?
J'ai appris beaucoup de choses. Bien profité de son expérience, de la gestion du risque sur ce genre de bateau, sur ce genre de traverse de l'Atlantique où il faut savoir, à certains moments, s'engager et y mettre de l'intensité. À d'autres moments, être plutôt conservateur. Ce genre de placement de curseur. Et puis, sinon, un super partage dans les complémentarités, dans la gestion du bateau pour qu'on arrive à accomplir toutes les tâches.
Donc, ça veut dire que vous avez envie de continuer à naviguer ensemble ?
Oui, évidemment. Et puis, content aussi de bénéficier de la présence de Franck au sein de l'équipe dans tout ce qui est la partie design, évolution technologique. On en a parlé. C'est un sport mécanique avec beaucoup d'évolution permanente et un développement technique qui est passionnant. J'adore la technique. Franck aussi. Il a un gros bagage dans le design de bateau, dans la mise au point, dans le développement. Et je suis ravi d'avoir participé ces derniers mois à faire évoluer ce trimar en réseau de l'Azartique. Et j'espère qu'on puisse encore faire des super choix et être ambitieux dans les mois et années à venir.
Je sais que parmi vos projets, Franck Hamas, il y a le Vendée Globe, le prochain Vendée Globe qui manque encore à votre palmarès. Pourquoi se frotter à cette course ? Vous n'avez jamais fait Tour du Monde en solitaire ? Non, non, jamais. C'est un nouveau challenge. C'est pour ça que j'adore me réinventer. C'est très excitant de se donner de ce genre de défi. Et puis le Tour du Monde en solitaire, c'est un défi évidemment très haut. Et ce que j'aime aussi, comme le disait Tom, j'aime aussi concevoir un bateau pour ce défi, un bateau neuf pour faire le Vendée Globe.
Et les monocoques, alors cette fois-ci c'est des monocoques, avec des foils, c'est encore une série où il y a beaucoup de choses à tester, à développer. J'ai pas mal d'idées que j'aimerais mettre en œuvre. Et donc aboutir à ce Tour du Monde, ça serait une belle histoire. Vous aimez la voile dans sa globalité. Toutes les types de courses en solo, en équipage, des gros, des petits bateaux, vraiment tout. C'est quoi le programme des prochains jours pour vous ? Vous rentrez comment ?
Tom, il va rentrer en bateau.
Ça lui manque.
Non, non, on a quelques heures pour profiter de retrouver tout le monde, profiter de toute l'équipe, tous les gens qui sont autour du projet. C'est super sympa de les retrouver avec une victoire à la clé. Et tout le monde a participé depuis même des années parce que c'est du travail qui s'est pas juste les dix derniers jours de course. Et puis après, on a quelques jours sur place en Martinique pour profiter de cette belle île, remettre le Trimor en pleine santé. Puis on le ramène à la voile en repartant dans une petite semaine. On rentre en Bretagne.
Et pour le coup, moi, je ferai le retour avec une partie de quelques équipiers, avec une partie de l'équipe technique qui continue à avancer sur des jobbies, sur progresser.
Et bien, profitez bien de ces quelques jours de repos bien mérités en Martinique après votre très belle victoire cette nuit sur la Transat Café. Alors, merci infiniment, Franck Kamas et Tom Laperche, parce que je sais qu'il est tard maintenant pour vous. Merci d'avoir été en direct avec nous sur France Inter. Et merci beaucoup à notre reporter qui est à vos côtés, Massarango, qui a pu gérer ce duplex en direct de Fort de France. Merci.