Énergies renouvelables : La réponse sèche du ministre Philippe Baptiste à Bruno Retailleau
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Le grand matin Sud Radio 7h9h Jean-Jacques Bourdin. Avec nous Philippe Baptiste, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation. Bonjour.
Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin. Vous avez tenu à répondre parce que au sein du gouvernement les avis divergent.
De quoi s'agit-il ? Il s'agit d'énergie renouvelable qu'a dit dans une tribune publiée dans le Figaro hier le ministre de l'intérieur Bruno Rota. L'intermittence des énergies renouvelables fait courrir le risque de blackout.
L'Union européenne ne doit pas favoriser les énergies renouvelables mais les énergies décarbonées. L'éolien et le photovoltaïque n'apportent au mix énergétique français qu'une intermittence coûteuse à gérer. Il n'y a aucune raison de continuer de les financer par des subventions publiques.
Voilà. Moratoire, plus d'argent public pour les renouvelables. Que lui répondez-vous ?
L'avenir de l'énergie, c'est l'électrique. On a besoin d'augmenter notre production électrique pour réduire notre dépendance aux hydrocarbures. C'est fondamental parce que d'abord ça nous coûte très cher.
C'est des enjeux géostratégiques. Ça veut dire qu'on importe de l'énergie qui vient de Russie, du Golf, des États-Unis. Enfin, on n'est pas autonome.
Donc, on a besoin d'augmenter notre production électrique. Faut d'abord faire du nucléaire, c'est évident, mais ça ne suffira pas. Pour augmenter notre production, on a besoin de jouer toutes les cartes.
Le nuclé associé, je ne sais pas moi, à l'hydro, mais c'est ce qu'on fait aujourd'hui. C'est ce qu'on fait aujourd'hui. Les capacités en hydro, elles sont saturées.
Le nucléaire, on fait le maximum. Les prochaines centrales, elles arriveront vers 2038 et cetera. Donc, on fait comment pour augmenter pour aller au-delà ?
Comment on fait ? Et ben aujourd'hui, ce qui est disponible, ce qui est faisable et ce qui a des coûts qui est qui sont relativement compétitifs, c'est le NRB. Mais non, mais je veux dire c'est et donc et en particulier par qu'une l'électricité produite par les éoliennes et par le solaire est plus cher.
Plus cher, c'est vrai ou c'est faux ? Mais mais d'abord le coût de production des différentes sources d'énergie est un débat d'une technicité, d'une complexité sans nom. Je je veux dire enfin je et donc honnêtement le sujet il est pas là.
Le sujet c'est aujourd'hui les capacités disponibles si on veut décarboner et bien effectivement il y en a autour des ENR, il y en a autour de l'éolien en mer en particulier l'éolien en mer qui n'est qui n'est pas du tout enfin qui a pas du tout les problèmes d'intermittence qui sont mentionnés. Donc techniquement toutes ces solutions mais non mais justement je prends l'exemple de l'éolien en mer qui n'est pas intermittent donc vous avez pas forcément les problèmes de stockage. Après les problèmes de stockage oui ils existent mais après on a un tel niveau de production justement nucléaire aujourd'hui qui permet d'assurer un SOP qui est extrêmement fort qu'on peut développer des ENR on a un boulevard pour faire ça.
Donc pourquoi ne le ferions-nous pas ? Et d'ailleurs le débat a été tranché et je crois que le président de la République l'a rappelé de manière extrêmement claire aujourd'hui. On est bien dans une logique de mixte.
Si je peux faire cette mauvaise caricature pour décarboner, on a besoin de faire feu de tout bois. Oui. Lorsque notre pays finance la construction de renouvelable, il subventionne avec l'argent du contribuable français la consommation électrique de nos voisins.
Non mais laissez-moi finir, c'est pas moi qui parle, c'est Bruno Rota. Non mais je crois que tout ça c'est ce débat est un peu caricatural. C'estàd que quelqu'un lorsqu'il dit ça, il dit vrai ou il ment ?
Mais non mais aujourd'hui on a il m ou il dit vrai ? Moi mais moi je veux la réponse fait les baptistes. Mais moi je dis les choses très clairement.
Je veux dire ça tout ça il y a effectivement je crois que le le il y a il y a il y a un peu de enfin simplifier le débat sursimplifier le débat en permanence sur des débats qui sont complexes derrière ben il y a une forme de populisme un petit peu et ça je pense qu'il faut sortir de ça brun en s'exprimant. Je pense que je pense qu'il faut être clair sur le fait que aujourd'hui on a du populisme dans les mots de Bruno Rill. Non non mais ce que je veux dire c'est que aujourd'hui Mais non mais ce qui est important et ce qu'il faut expliquer aux français c'est qu'on a besoin d'augmenter notre production électrique parce que demain on va avoir des voitures électriques, on va avoir du chauffage électrique et donc on a besoin de planifier ça et pour ça on a besoin de faire du nucléaire à fond mais on a besoin de faire du renouvelable à fond aussi parce que c'est ça l'avenir.
Alors expliquez-moi pourquoi cette phrase est fausse ? Pourquoi ? Lorsque Bruno Rotaillot dit, je le cite, lorsque notre pays finance la construction de renouvelable, il subventionne avec l'argent du contribuable français la consommation électrique de nos voisins.
Pourquoi est-ce que c'est faux ? Mais parce que d'abord le jeux dire la la subvention quelque part aux énergies et à la production énergétique, elle est dans tous les secteurs. C'est vrai pour le nucléaire, c'est vrai aussi c'est vrai aussi pour les énergies qui sont les énergies renouvelables.
Les ordres de grandeur, on parle de quelques milliards qui sont autour de la subvention pour les énergies renouvelables sur une facture énergétique globale pour la France qui doit tourner à peu près dans les 120 130 milliards à peu près par an. Donc je veux dire, on est sur des montants qui sont des montants qui sont qui sont extrêmement faibles et c'est le moyen de prévoir et de préparer le système de production énergétique de demain. On en a cruellement besoin.
On n pas le choix. Pourquoi dit-il ça ? Mais parce que aujourd'hui que l'on finance la consommation électrique de nos voisins et de l'argent public.
Mais non, mais parce que aujourd'hui on exporte de l'énergie. Donc comme on exporte de l'énergie, on peut réduire ce débat à ça. Mais mais c'est évidemment c'est c'est pas ça.
Pourquoi aujourd'hui on est on est en capacité de surproduire ? C'est parce que demain ce qu'on voit aujourd'hui, c'est que demain on va avoir besoin de plus d'énergie électrique parce que l'avenir de l'énergie en France, en Europe, c'est l'électricité. Oui.
Oui. Non, mais ça j'ai ça j'ai compris. Vous teniez vous teniez à faire cette mise au point hein.
Vous teniez Philippe Baptiste. Non, non, mais je pense que c'était important parce que c'est un débat qui est un débat de science et un débat de technologie aussi. C'est un débat dans votre gouvernement.
Mais c'est pas vous êtes ministre d'un même gouvernement et vous avez mais vous avez deux opinions diamétralement opposées sur la question. Non mais je crois que le débat a été tranché hier de manière extrêmement claire par le président de la République qui a rappelé quelle était la position du gouvernement. Oui.
Bah oui. Vous vous allez le dire à Bruno Rotaillot là. Je crois que le président Mais comment fait-il que Bruno Rotaillot a cette position là selon vous ?
Je pense qu'il faut demander à monsieur Bruno Rotaillot. Non mais vous allez lui dire vous avez je sais pas moi je pense que c'est Oui. Non non non mais je vous sens non mais je vous sens remonter en colère.
Non non non pas du tout. Moi je mais non mais moi je rappelle simplement ce que c'est que je pense que c'est fondamental de revenir en particulier quand il s'agit d'objets technologiques comme cela à ce qui est la science qui est la technologie et à ne pas caricaturer les débats. Ça c'est fondamental.
Il caricature il fait du populisme vous l'avez dit. Mais là, mais non, mais attendez, je je je ne parle pas spécifiquement de ce débat là, je le dis en général, ces grands débats qui sont des grands débats de science, de technologie, on peut pas les résumer à deux ou trois mots clés simplement. C'est pas vrai.
Je veux dire, c'est des débats qui sont complexes et expliquer aux français qu'on peut résumer ça en trois opinions ou quelques mots comme ça, c'est pas vrai. Je dire, il faut expliquer la compatoir sur l'argent public pour les renouvelables, vous dites non. Mais non, mais je veux dire, enfin la question c'est est-ce qu'on veut continuer à investir dans les énergies ?
Oui ou non ? On va arrêter, on qu'est-ce qu'on va faire ? On va arrêter de construire des centrales et on va arrêter de construire des des énergies enfin des des capacités d'énergie renouvelable.
Et bien sûr que non. Et alors, on fait quoi ? Donc ça veut dire que demain, on se met dans les mains on se met dans les mains de la produ de de de producteur du des du de gaz aujourd'hui comme on le fait aujourd'hui ou de ou deou d'hydrocarbure.
La réponse est non. Évidemment, c'est pas ça l'avenir de la France. Oui, l'avenir de la France c'est la recherche et l'avenir de la France c'est la recherche dans les énergies renouvelables.
Entre autres évidemment la question de la la question de la recherche sur les éoliennes sur terre. Il y a un débat autour des éoliennes terrestres. Bien sûr, mais c'est un débat mais c'est un débat de plus en plus rejeté par les Français.
Mais c'est un débat qui ne se résume pas à deux phrases. C'est un débat qui a un débat qui est complexe. Oui.
Et la complexité, je crois que en politique, il faut aussi qu'on l'assume. Bien. Merci beaucoup.
Merci d'être venu. Philippe Baptiste, ministre français de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation. Dites-moi, à propos de recherche et innovation, dans le budget, vos crédits vont être rabotés un peu ou pas ?
Le débat le débat budgétaire est en cours. Mais la question, moi ce que je peux vous dire, c'est que investir dans la recherche, investir dans l'innovation, c'est pas simplement investir pour les laboratoires des chercheurs, c'est investir pour le pays demain. Parce que les produits qu'on voit aujourd'hui dans l'industrie, dans nos entreprises, c'est les produits qu'on qui reposent sur la recherche.
Donc ça veut dire que quelque part investir dans la recherche, c'est investir dans l'avenir, c'est investir dans nos emplois. Et donc ça c'est fondamental. Et la France malheureusement sur ce sujet-là, on est en retard.
Ça fait 25 ans qu'on investit pas assez et donc moi effectivement je suis l'avocat. Il faut qu'on augmente notre effort de recherche et quand je dis on c'est pas seulement l'État, c'est l'État et surtout les entreprises. Philippe Baptiste, une dernière question, j'allais l'oublier, mais mais les étudiants étrangers, là encore, vous êtes en désaccord avec Bruno Rotaillot parce que vous vous pensez que c'est une chance pour la France les étudiants étrangers, il faut en faire venir, il faut continuer à les accueillir.
Mais monsieur Bourdin, expliquez-moi comment on va faire pour construire les centrales nucléaires dont on parlait tout à l'heure si on n pas les étudiants internationaux, les étudiants étrangers. Je je prends cet exemple au hasard justement pour rebondir. Mais vous savez par exemple dans le domaine des sciences et des technologies les ingénieurs, les techniciens, les chercheurs aujourd'hui on n pas assez de français et d'Européens qui font leurs études sur ces sujets-là.
Et moi, si demain je vais pas chercher des étudiants internationaux pour remplir ces filières et pour faire les talents demain dont on a besoin dans les entreprises, mais c'est notre industrie qui s'effondre. Mais Bruno Ro veut accueillir moins d'étudiants étrangers, il a tort. Est-ce qu'il a tort ?
Oui. Non, mais je pense que fondamentalement ce qu'il faut, moi je crois aujourd'hui la France est évidemment une Mais est-ce qu'il a tort ? Laissez-moi reposer les termes du débat.
Non, non, parce que vous pouvez répondre à la question et expliquer derrière. Renversons, renversons le noir. Moi ce que je peux vous dire, c'est que on est une grande puissance pour l'enseignement supérieur.
On attire beaucoup d'étudiants étrangers. C'est une force de la France. Par contre, maintenant se pose, il y a des vraies questions.
La vraie question, c'est est-ce qu'on a une politique claire pour savoir en gros quelle filière on privilégie ? Ben moi je vous dis aujourd'hui non. Donc je pense qu'il faut qu'on travaille là-dessus.
Donc je vous ai dit par exemple plus de sciences, plus de technologie. Est-ce qu'on a les bons étudiants ? C'estàd qu'est-ce que les étudiants qu'on fait venir aujourd'hui ils sont top au niveau académique ?
Il y en a qui sont très très bien mais il y en a qui sont un petit peu moyens. Donc peut-être qu'il faut faire un vrai effort là-dessus. D'accord.
Ça c'est le deuxième point. Alors le choix de l'étudiant accueilli. Voilà le choix des disciplines, le choix de l'étudiant et puis le troisème sujet c'est est-ce que on n pas un sujet de précarité aussi des étudiants qu'on fait venir et ça il faut travailler.
Non la question c'est pas moins mais c'est mieux et ça là-dessus on travaille on va travailler avec Jean-Noel Barreau avec le ministre des affaires étrangères pour justement mettre en place un dispositif qui nous permet d'améliorer tout ça. Merci Philippe Bartiste d'être venu nous voir ce matin. C'était vigoureux mais c'est le jeu.
C'est comme ça. Merci beaucoup. Il est 7h23.
Euh Laor Lecler rappelle des titres de l'actualité.
Bruno Retailleau