Russie : la réalité de la menace C dans l'air 10.03.2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
que lorsque la population à l'impression d'être manipulée. - C.Roux: S.Lecornu réunit les responsables des partis politiques pour les informer.
Eux ne croient pas à la menace russe. C'est une charge qui est venue d'une partie de la droite, du RN et de LFI aussi. E.Macron est accusé de dramatiser la situation et de jouer avec les peurs des Français. - E.Macron: La Russie est devenue pour les années à venir une menace pour la France et l'Europe. - E.Macron a-t-il été trop alarmiste mercredi soir lors de son allocution? - E.Macron: La paix ne peut plus être garantie sur notre continent même.
La menace russe est là et touche les pays d'Europe, nous touche. Qui peut donc croire, dans ce contexte, que la Russie d'aujourd'hui s'arrêtera à l'Ukraine? - A gauche, LFI accuse le président d'attiser l'angoisse des Français. - M.Bompard: Quand on tient des propos aussi graves que le président de la République hier en disant que les troupes russes sont aux portes de la France...
J'ai entendu le ministre des Affaires étrangères dire que le front se rapprochait chaque jour un peu plus des frontières françaises. Je crois que c'est une manière d'imposer des sacrifices sociaux. - M.Le Pen ne croit pas non plus à une menace russe directe pour la France. ...
Mais, et c'est assez rare pour être souligné, E.Macron peut compter sur une partie de l'opposition pour prendre sa défense face à la cheffe de file du RN. - O.Faure: C'est un patriotisme de papier.
D'une certaine façon, elle est l'adversaire de l'intérieur. Elle est celle qui, en réalité, est sur les canons de beautés du trumpisme. - Les socialistes se disent favorables à une hausse des dépenses militaires que le gouvernement aimerait porter à 100 milliards d'euros par an.
C'est aussi le cas d'une partie de la droite, et plaide pour une défense européenne. - F.-X.Bellamy: Il faut d'abord prendre la gravité de la situation, l'importance pour les Européens de se donner les moyens de la maîtrise de leur destin, de la protection de leur continent. - Avec son discours offensif, E.Macron s'est mis à dos toute la galaxie des médias Bolloré, dont le "JDD", qui qualifie le président de "belliqueux".
Les invités sont presque systématiquement opposés à la ligne de l'Elysée. - Est-ce qu'on a besoin d'être dans une provocation? "Du sang et des larmes, la patrie a besoin de vous", dit-il. - Sur Europe 1, animateurs et chroniqueurs, tous les éditorialistes. - E.Macron aime nous faire peur, nous donner du stress.
On a par moment, le sentiment que la Russie est à nos portes. - J'espère qu'E.Macron ne compte pas marcher sur Moscou. - Une vision qui amoindrit l'ampleur de la menace russe.
Dans "Valeurs actuelles", F.Fillon reprend même le narratif du Kremlin concernant V.Zelensky. ...
Une guerre de l'information et de la désinformation que le gouvernement entend bien mener. - S.Lecornu: Sur la menace russe, on n'a jamais varié.
On a un système politique et médiatique qui n'a parfois pas envie de le voir. Vous n'avez pas un agent de la DGSE ou un officier d'état-major qui considère que la Russie n'est pas une menace. Je ne sais pas en quelle langue il faut le dire.
Peut-être russe, pour certains. - Le ministre des Armées réunira jeudi les chefs de tous les groupes parlementaires pour les informer de l'état réel de la menace de manière confidentielle. - C.Roux: On peut peut-être rebondir sur cette phrase du ministre des Armées, qui dit qu'il n'y a pas un service français qui considère que la Russie n'est pas une menace.
C'est le cas aussi à l'étranger? - L.Mandeville: Exactement.
C'est ça qui est très frappant. Les 26 pays qui se sont réunis autour d'E.Macron et de K.Starmer sont absolument sur la même ligne, la ligne de cette menace russe qui se déploie.
Les services allemands ont donné un pronostic très alarmiste en disant que la Russie, si on lui offre sur un plateau la capitulation de l'Ukraine ou une paix, elle sera enhardie et attaquera, à horizon 3-4 ans, un pays de l'Otan pour tester l'Occident. Il y a aussi tous les services baltes. Ils sonnent l'alarme depuis plusieurs années.
Il y a un an, je m'étais rendue sur une base estonienne. On avait eu un rapport circonstancié d'un haut responsable de l'armée estonienne qui expliquait qu'ils étaient occupés en Ukraine, mais qu'une Russie à laquelle on donnerait la possibilité d'une pause pourrait se reconstituer. Il y a une vraie menace.
C'est pour ça que cette idée du va-t-en-guerre, c'est ne pas vouloir voir la réalité. Derrière ce pacifisme, il y a un alignement très problématique. On se demande pourquoi ces partis qui ne cessent de parler de souveraineté et qui critiquaient l'Otan avant...
Au moment où l'Europe essaie de mettre sur place une défense de l'Europe, tout d'un coup... - C.Roux: Ils répondent.
S'ils étaient autour de la table, ils diraient: "L'Europe de la défense, c'est la spoliation des moyens de défense de la France." - L.Mandeville: Pour l'instant, la défense de l'Europe, c'est avant tout la mise en commun de toutes les capacités.
Ca permet d'évaluer les capacités de tous les pays européens pour savoir comment, dans l'urgence, organiser l'aide à l'Ukraine et faire monter cette industrie de l'armement européen. - C.Roux: Peut-être une comparaison avec d'autres pays.
On parle de la dramatisation de la menace russe. C'est ce que disent certaines forces politiques dans le débat politique français. En Pologne, on ne rigole pas.
On a appris cet après-midi qu'ils allaient informer leurs citoyens. - J.André: Ils sont en train de mettre en place un système d'information et de distribuer des petits livrets de survie en cas d'attaque.
Pour revenir sur ce qu'on disait à l'instant...
Il y a une réalité. On entre dans un moment plus dangereux, que ce soit avec les Américains ou les Russes. L'Europe n'arrivera pas à peser politiquement et diplomatiquement dans ce monde si elle n'est pas unie ou équipée pour le faire.
Si on prend ce qui s'est passé lorsque la Russie, à l'époque, en 2008, rentre en Géorgie...
L'Europe, seule, ne peut pas faire grand-chose. Si on prend la fameuse ligne rouge de F.Hollande...
Si les Américains ne sont plus derrière vous, comment vous négociez avec les Russes? De la même manière, la ligne rouge de B.Al-Assad sur l'emploi des armes chimiques...
Les Américains avaient dit: "Finalement, on ne vous suit pas." On arrive dans un système tellement tendu au niveau international qu'il faut que l'Europe s'arme aussi. Cet armement, ce n'est pas juste des canons, mais aussi un armement politique, diplomatique qui va peser dans les crises à venir.
Derrière l'Ukraine, ça ne va pas être la France, mais la Moldavie, la Géorgie... - C.Roux: Pardon de le dire comme ça, mais pourquoi c'est grave?
Il y a peut-être des gens qui disent: "Les Russes considèrent que les positions de l'Otan, c'est une agression. Au fond, c'est la zone d'influence russe. Il y a des populations russophones dans ces territoires..." - L.Mandeville: C'est grave car la Russie se considère comme un empire et un empire n'a pas de frontières.
Cette mentalité impériale ira aussi loin qu'elle ne rencontrera de résistance. Si vous regardez l'histoire russe, ils ont poussé jusqu'en Finlande, jusqu'en Pologne. Ils se sont battus avec les Suédois.
Où s'arrêtera la volonté impériale de la Russie? Par ailleurs, c'est grave car cet empire qui veut se reconstituer, et donc qui ne connaît pas de limites, c'est aussi le pouvoir d'un régime qui ne connaît pas de limites sur aucun plan, sur le plan moral. Poutine, c'est une destruction du droit, de la vérité.
Si on le laisse avancer sur tous les plans, sur le plan politique, sur le plan médiatique, on se laissera submerger. C'est pour ça que pour moi, ce n'est pas seulement un enjeu européen. C'est frappant que le président ait parlé d'une coalition de volontaires.
Les Canadiens, par exemple, ont été associés à cette réunion. On parle aujourd'hui, pourquoi pas, des Australiens. Pourquoi pas les Japonais... - C.Roux: Ca va au-delà de l'Europe?
C'est ce qui reste de l'Occident? - L.Mandeville: C'est une coalition de l'Occident.
Dans cette coalition, les Américains, pour l'heure...
J'ai passé 8 ans aux Etats-Unis, donc j'espère...
Emmanuel Macron