"Le Macronisme s’est fracassé face à la realpolitik" (Louis de Raguenel)
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
On va on va revenir à un sujet beaucoup plus politique. C'est Bruno Rotaillot qui s'est exprimé dans les colonnes du journal Valeurs actuelles avec des propos assez durs à l'encontre de d'Emmanuel Macron. Le macronisme s'achèvera avec Emmanuel Macron tout simplement parce qu'il n'est ni un mouvement politique ni une idéologie.
Résumé de cet entretien avec Mathieu Devz. La fracture s'accentue entre Emmanuel Macron et son ministre de l'intérieur. Dans un entretien à valeurs actuelles, Bruno Retaillot tacle sévèrement la politique du chef de l'État.
Le macronisme s'achèvera avec Emmanuel Macron, tout simplement parce qu'il n'est ni un mouvement politique ni une idéologie. Il repose essentiellement sur un homme. Je ne crois pas au en même temps car il alimente l'impuissance.
Le En même temps marque de fabrique d'Emmanuel Macron qui revendique une position à la fois de droite et de gauche. Une ligne que Bruno Retaillot ballait d'un revers et il enfonce le clou. Sa présence au gouvernement est un choix guidé par une seule boussole.
Ma présence au gouvernement n'est pas une adhésion au macronisme. Elle est seulement animée par une conviction profonde. Seul l'intérêt de la France compte.
Selon le patron des Républicains, la France insoumise est la première et la pire menace politique. Si la droite ne prend pas ses responsabilités, la gauche mélanchonisée accédera au pouvoir. Nous avons évité le pire, une droite utile mais pas docile.
C'est ce que je défends au gouvernement. Un positionnement assumé avant un tête à tête attendu. Bruno Retaillot sera reçu demain à l'Élysée par Emmanuel Macron. l'occasion de clarifier les lignes ou d'emposer les limites.
Alors avant d'ouvrir le débat avec nos invités du soir, Bruno Rotaillot était en déplacement aujourd'hui avec Annie Genev pour évoquer les rodéos urbains en zone rurale. Mais devinez, il a bien évidemment été interrogé suite à à ses prises de position. écouter sa réponse qui date de cet après-midi.
Nous sommes avec Annie et LR, nous avons décidé collégialement il y a plusieurs mois d'entrer au gouvernement. Pas parce que nous sommes des proches du chef de l'État, pas parce que nous sommes macronistes, c'est simplement parce que nous voulions éviter le pire. Éviter le pire pour nous, c'était d'abord éviter le chaos à la France au bord de la crise financière.
éviter les pire pour nous, c'était éviter les pires. Les pires, c'était la gauche pélanchonisée. Parce que si la droite avait dit non aux prisons de République, alors c'est la gauche pélanchonisée qui aurait gouverné la France.
Il en était absolument pas question. Donc, il y a un gouvernement qui réunit des bonnes volontés, un gouvernement que j'appellerai d'utilité publique où on a des sensibilités différentes et il faut le respecter. Je respecte évidemment à la fois la personne et la fonction présidentielle parce que je suis gauliste.
Ça fait pas de moi un macroniste, chacun le sait depuis longtemps. Voilà, explication. Mais on connaissait plus ou moins la réponse de Bunot parce que ce discours là, il le tient depuis pas mal de temps Louis de Ragnell.
Bien sûr, mais il en fait il c'est un discours qu'il a déjà tenu à plusieurs exactement à plusieurs reprises. Il y a eu le Figaro il y a quelques jours et on en avait déjà beaucoup parlé et puis Bruno Rotaillot, il est président d'un parti politique et la la polémique moi bah je je comprends que les opposants de Bruno Rotaillot s'amusent. Voilà, c'est un prétexte pour marquer leur différence mais en réalité Bruno Rotaillot est président des Républicains.
Tout le monde sait que il y a une il y a une volonté de présenter dans la perspective de la prochaine présidentielle un candidat LR puissant. solide avec de des bonnes idées et donc c'est ça devient aussi immédiatement une cible facile et tout le monde sait autour de la table du conseil des ministres donc au gouvernement que effectivement il s'agit d'un gouvernement d'utilité nationale. C'est le le mot queou avait trouvé et et et Bruno François Baou d'ailleurs avait expliqué dit "Je me réjouis de voir des poids lourds qui pensent pas la même chose dans ce gouvernement." Donc ensuite, faut pas s'étonner forcément que Bonotayo euh marque sa différence et sa différence en fait qui est simplement le rappel de ce qu'il est.
Non mais c'est lui n'a pas changé, il a toujours été comme ça. Donc tous ceux qui feignent de découvrir que Bruno Rotaillo est de droite, bon bah jamais caché mais c'est DLR mais je dis alors oui différence c'est que entre son entrée et depuis il est devenu président des LR. Voilà, il a la double casquette.
Bien sûr, mais après il y a un vrai sujet de fond, c'est que Emmanuel Macron sur la question du le dossier algérien où François Baou s'était engagé très fortement. François Baou avait fixé un ultimatum à l'Algérie, avait expliqué qu' avait parlé de de réponse gradué, avait dit que la réponse la riposte graduée pouvait aller jusqu'à la révision des accords de 1994 et même de ceux de de 68 et il ne s'est rien passé. Donc euh Bruno Taillo aussi est confronté à à quelque chose d'assez simple, c'est que de l'autre côté, il y a le Rassemblement national qui lui met la pression euh qui qui explique bah en fait Bruno Rotaillot, vous parlez beaucoup et donc qu'est-ce que vous faites ?
Et ben Bruno Rotaillot renvoie aussi cette pression sur Emmanuel Macron parce qu'il lui il dit "Je veux avancer sur le dossier algérien et Emmanuel Macron en tout cas puisque ça dépend de lui manifestement ne veut pas il y a deux stratégies hein. On on l'a évoqué il y a deux stratégies. Il y a il y a il y a il y a la diplomatie prenée par monsieur Barreau, appuyé également par monsieur Macron et puis euh il y a la volonté d'agir avec le rapport c'est tout simplement.
Exactement Rachel Cann. Non mais être aux responsabilité c'est agir quand même à moi. C'est ça.
On est on occupe le poste pour ça. Oui ben oui exactement d'avoir de de plus grandes responsabilités que nous en tant que citoyens ici ou là. c'est-à-dire de prendre des décisions.
On a des enjeux qui sont majeurs, des défis qui sont majeurs aussi. Donc en fait des personnes qui ont ce poste là en responsabilité euh comme aime bien le dire Emmanuel Macron en européen en responsabilité c'est de de faire des choix et des choix extrêmement fermes pour protéger l'ensemble des citoyens français. Moi cette situation algérienne elle me terrorise.
Hm hm. C'estàd que nous avons deux otages que la France refuse d'aller chercher et notre confrère mais c'est très grave. Et après on a un président de la République qui donne des leçons au monde à certains pays qui veulent chercher leurs otages notamment Israël.
Pour moi, c'est vertigine, c'est insoutenable. Ophil rock c'est vrai que c'est c'est le seul en tout cas du gouvernement qui qui a une on va dire une stature voilà c'est après on l'aime on l'aime pas peut-être mais même les gens je crois qui qui ne l'apprécient pas pour ses idées reconnaissent en lui une stature et comme c'est le seul déjà à avoir cette espèce d'assurance d'évidence de dire bah la politique c'est ça la politique c'est des gens qui parlent et qui agissent ils parlent pour expliquer ils agissent parce qu'il faut le faire c'est c'est c'est puis c'est il a raison en même temps parce que Pourtant, il s'en sort très bien parce que sa position, elle est pas évidente. Elle est pas évidente parce que d'un côté il est dans un gouvernement en effet qui a un gouvernement, on peut même plus appeler ça mou, on appelle ça en état de putréfaction.
Et de l'autre côté, il est étalonné par le RN qui lui impose en effet de vous dire "Fais les choses alors fais les choses." Donc c'est pas évident et pourtant moi je trouve qu'il s'en sort relativement très très bien. Je trouve que c'est un vrai maestre de la politique parce que sans faire desbrouff, il est solide, il est constant et ça je trouve que en moins parce que ça fait pas longtemps qu'il est qu'il a ce poste, je trouve quand même que c'est la seule figure de enfin c'est une des rares figures du repère du gouvernement en fait et et qui montre dans les sondages aussi et ça veut dire aussi ça explique beaucoup de choses aussi.
C'est important de de rappeler Bernard mais ce qui peut sembler désordre c'est qu'un ministre d'un gouvernement exprime une voix contre le président de la République mais Rota il est pas membre de En marche. Hm hm. ensemble pour la République.
Donc ça a été l'épété de fois il vous qui êtes un ancien mon cher Thierry vous souvenez sans doute de la phrase de merci pour votre compliment un ministre ça ferme sa gueule si ça veut l'ouvrir ça démissionne. Mais c'était du temps où il y avait une majorité au gouvernement d'un seul parti qui était le parti socialiste. Là c'est plus du tout le cas.
C'est un gouvernement composé de personnalités pour une utilité nationale. Et donc Bruno Rota il est pas là pour faire la pub de Gabriel Atal, de Madame Borne ou d'Emmanuel Macron. Donc il exprime une certaine différence et il exprime, ça a été dit à l'instant, j'en termine parce qu'il est aussi un chef de parti et qui parle à ses électeurs, à ses à ses à ses adhérents et aussi qui veut dresser une ligne.
Alors est-ce que cette ligne elle correspond au macronisme ? Certainement pas. Maintenant, elle qui sera lui-même en créer une, c'est important, mais euh ça me semble tout à fait bon pour le débat démocratique qu'on est cela parce qu'on aurait pu avoir Jordan Badela, premier ministre, qui aurait pu prononcer ce type euh de phrase si il n'y avait pas eu cette dissolution et surtout cette alliance contre le Rassemblement national et on aurait eu effectivement une cohabitation beaucoup plus dure.
Le macronisme a été à l'origine d'un projet politique contre la bipolarisation. Il a en réalité depuis l'été 2024 créé la tripolérisation de la Saint République. Jusqu'à l'été 2024, il n'y a jamais eu de tripolérisation dans la vie politique française.
Donc c'est un nouveau débat, c'est un nouveau moment institutionnel et politique. Il est pas très agréable. On en a mon cher Tierry, vous le savez pour 2 ans.
Ça va être extrêmement dur. Ceci étant, quoi qu'on dise, c'est normal que Retaillot et d'autres gouvernants s'expriment. Alors, il y a a il y a des thèmes que que que Macron n'aime pas évoquer, hein, c'est tous les sujets, on en parlait hier, mon cher Louis, de Ragnell, c'est ces problèmes de de violence, de de sécurité, c'est pas des thèmes porteurs.
On aura un sondage qu'on va vous soumettre dans quelques instants et on sera avec Bruno Bartochetti qui réagira à ce sondage. Mais mais c'est vrai, c'est ces thèmes là, c'est pas il aime pas ça Macron. Il en fait il a beaucoup aimé au début de son premier quinquena.
Il en parlait beaucoup, il montrait les muscles sur ce sujet et puis il s'est très rapidement rendu compte que le en même temps, je crois que c'est vous qui disz ça d'ailleurs tout à l'heure, le en même temps est totalement incompatible avec l'efficacité en matière de sécurité, d'immigration. Alors ça ça fait bon dire les macronistes d'entendre ça, mais la réalité c'est que vous pouvez pas en même temps euh dire que euh les on doit être ferme avec les les autorités algériennes et en même temps faire le rapport Stora. Et en fait, c'est des illusions tout ça.
À l'épreuve de la de la réelle politique, de la vraie vie, euh le le macronisme s'est s'est fracassé et et Emmanuel Macron, je sais pas s'il s'en est rendu compte, mais il s'est dit "Je n'y arriverai pas, donc je renonce et donc il faut arrêter de parler de tous ces sujets et c'est pour ça qu'il s'exprime sur bien d'autres sujets. Et la victoire du Montventou et c'est pour ça aussi je pense que il est beaucoup plus à l'aise sur la politique internationale parce que là vous avez pas des Français entre guillemets pour l'embêter, pour lui poser des questions qu'il fâchent. Euh, il peut voir ce soir.
Il est il est à Berlin là pour le coup. On va pas le reprocher d'aller enfin l'Allemagne a un pays important en Europe. Mais mais mais pardon, je termine juste là-dessus.
Euh l'internation, il a trouvé en fait une échappatoire euh au problèmes des Français en allant euh en faisant ses déplacements à l'international et bah moi je suis le premier à le regretter. Moi je trouve qu'il voyage beaucoup trop à l'étranger. Alors je sais qu'il y a des enjeux énormes mais il devrait se concentrer quand même d'abord et avant tout.
C'est on doit s'occuper de sa maison. C'est la politique domestique, la politique intérieur. Exctement.
Bruno Retailleau