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interviewLe Média (sur YouTube)· 20 mai 2025 55 min

500 MORTS EN 72H : GAZA MASSACRÉE ET AFFAMÉE , LA FRANCE SILENCIEUSE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Pour ne rien rater de nos programmes, n'oubliez pas de vous abonner à nos deux chaînes YouTube, le Média TV et le Média 247 et d'activer la cloche. Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Au cœur de l'actu émission d'actualité du soir sur le média diffusé du lundi au jeudi à 19h en direct sur le canal 165 de la Freebox sur Molotov et sur lev.fr alors que la bande de Gaza connaît l'un des épisodes les plus sanglants depuis le début de l'offensive israélienne.

Avec plus de 500 morts, 72, la situation humanitaire, politique et médiatique se dégrade à un rythme alarmant. Une autre arme plus lente mais tout aussi destructrice est utilisée la fin. 2 millions de Palestiniens sont aujourd'hui affamés dans la bande de Gaza.

L'aide humanitaire est bloquée et dans une déclaration qui choque jusque dans les milieux diplomatique, Benjamin Netaniau a affirmé que l'État d'Israël doit éviter une famine pour des raisons diplomatiques alors que son gouvernement bloque l'aide humanitaire depuis le 2 mars dernier. Et c'est et c'est dans ce contexte d'escalade qu'une autre bataille se joue, celle de la reconnaissance politique Emmanuel Macron qui affirmé en avril vouloir avancer vers la reconnaissance de l'État palestinien pourrait finalement reculer. Un choix qui n'est pas anodin.

La France aurait pu devenir le premier pays du G7 à franchir ce pas symbolique. L'armée israélienne, de son côté poursuit ses frappes tandis que le premier ministre israélien a déclaré aujourd'hui vouloir prendre le contrôle total de la bande de Gaza. Une déclaration lourde de conséquences sur le plan juridique et politique.

Et pendant ce temps, les civils mais aussi les journalistes à Gaza et en Jordanie occupé son visé emprisonné ou tué. L'information est devenue elle-même une cible. Pour décrypter tout cela, ce soir, nous aurons le plaisir d'accueillir Jean-François Corti, président de médecin du monde, Christophe au Berlin, chirurgien qui a travaillé à Gaza.

Kadija Toufic, reporter en Si Jordanie au Moyen-Orient et Raphaël Maison, professeur et spécialiste en droit international. Au cœur de l'actu, c'est maintenant. [Musique] Bonsoir à tous.

Merci d'être avec nous sur sur ce plateau. Jean-François Corti, vous avez écrit un livre qui s'appelle Géopolitique de l'action humanitaire aux éditions on y reviendra. Un peu plus tard, l'armée justement israélienne a lancé une vaste opération terrestre sur la bande de Gaza appelée l'opération Chariot de Gédéon.

Euh on parle justement de 500 morts en 72h. L'État major de Tsal entend réduire à néant l'enclave. Ses engins blindés sont destructeurs.

Est-ce vous justement le signe d'une militarisation toujours plus euh déshumanisée des opérations en Palestine occupée ? Écoutez, on suit un processus qui chaque jour s'aggrave de plus en plus. On a des meurtres en masse de population civile et depuis au moins 18 mois, je reviendrai même pas sur les années précédentes où il y a eu aussi des milliers de morts gazins en 6 Jordanie, mais là on va se focaliser sur les derniers mois.

C'est des conditions où le système de santé a quasiment été mis à plat. C'est au moins 400 humanitaires qui ont été tués. C'est des 53000 morts au minimum qui ne prend pas en compte tous ceux qui sont restés sous les décombres ou qui meurent par défaut de soin sous des tentes ou des bâches en plastique.

Bref, c'est près de 100 % de la population qui a été déplacée. 90 % de destruction du bâti des infrastructures essentielles. Donc voilà, c'est un tableau où il y a des conditions volontairement créées pour dégrader la santé mentale et physique des populations civiles. l'aide est empêchée, on le sait depuis 18 mois, elle rentre pas de manière proportionnée et depuis 2 mois, elle a été totalement stoppée, même s'il y a des annonces aujourd'hui sur lesquelles on va revenir.

En fait, techniquement, pour reprendre encore un rapport d'amnestie internationale qui date d' jours, on peut dire que techniquement il y a toutes les conditions qui vont dans le sens d'un génocide en ce moment à Gaza. Donc voilà la situation et depuis 2 3 jours en lien avec les opérations terrestres rxie s'accentuent et l'annonce officielle des autorités israéliennes de réoccuper l'entièreté de la bande de Gaza et bien c'est des centaines de morts chaque jour. Donc c'est un carnage et c'est une situation qui est absolument intolérable.

Une réaction docteur Auerlin sur Oui, j'ai j'ai pas de réaction. Moi en ce qui me concerne quand je vais là-bas, je travaille avec ma casquette de chirurgien et et de formateur avec les Palestiniens, dans les hôpitaux palestiniens, dans des équipes entièrement palestiniennes. Et après 50 missions et même bien avant, si vous voulez depuis 25 ans 24, très vite, je me suis posé la question politique.

Voilà. Donc, je n'ai pas de commentaires à faire sur la situation euh humanitaire. Je crois que tout le monde la connaît.

Il n'a pas besoin d'être de l'extérieur pour en parler. Il suffit d'interroger les acteurs palestiniens sur place. Moi, j'ai des dizaines et des dizaines j'ai formé diplômé des chirurgiens.

Il suffit de leur passer un coup de fil. Les directeurs des hôpitaux, le ministre de la santé, je l'ai connu actuel, je l'ai connu comme jeune médecin à l'hôpital naire de Ragnonis. tient maintenant plus de 20 ans.

Maintenant, il est ministre de la santé, il est parfaitement joignable de mettre que son porte-parole Minatabas, il parle parfaitement anglais. Autrement dit, je souffre un petit peu quand on donne l'impression dans les médias occidentaux qu'il n'y aurait finalement que les ONG qui pourraient témoigner. Elles le font et c'est très bien et c'est formidable.

Mais il est clair qu'aujourd'hui on est dans une situation où il y a euh une structure protoétatique, il y a un proto état, il y a des mouvements de libération euh nationale. Euh ce protoétat a été accepté euh comme membre de la Cour pénale internationale, comme état parti. Autrement dit, ce que à mon avis, c'est faire parler, laisser parler les Palestiniens euh et en particulier les laisser développer des actions juridiques par l'intermédiaire de l'advocat, mais auprès notamment de la cour pénale internationale ou ou auprès du gouvernement britannique comme ça a été le cas quelques jours.

Donc si vous voulez que je vous parle de ça, je vous en parlerai parce que depuis 20 ans, je crois connaître assez bien et je remarque en tout cas que les positions des dirigeants politiques ne sont pas bien connues et et c'est ça le sujet si vous voulez où je pense pouvoir être utile. On y reviendra justement plus tard et d'un point de vue juridique justement Raphaël Maison, est-ce qu'on est encore avec tout ce qui se passe et les dernières actualités, est-ce qu'on est toujours dans le cadre du droit humanitaire ? B, je crois que ceux ceux qui n'avaient pas réalisé qu'on était en présence d'un génocide maintenant doivent définitivement ouvrir les yeux.

Euh cette offensive actuelle évidemment, c'est d'abord la violation par Israël du d'un cesser le feu qui a été validé par les Nations- Unies et qui a été rompu à la mi-mars. Euh donc, il faudrait sans doute faire pression pour y revenir. Ça serait la moindre des choses.

Et ce cesser le feu exigeait l'arrêt des opérations, le retour de l'assistance humanitaire, mais aussi l'échange des prisonniers, la fin du siège de Gaza, le retrait de l'armée israélienne. Voilà quels étaient les termes de l'accord qui avaient été acceptés. Par-delà cela, évidemment pour moi, c'est la poursuite du génocide à la fois par des bombardements comme vous l'avez dit qui tuent à peu près 100 personnes par jour, l'aggravation de la famine, cette ce projet d'offensive qui évidemment fera énormément de morts.

Donc ça c'est une violation évidente des ordonnances de la Cour inciale de justice qu'elle a rendu il y a 1 an, plus d'un an et alors on se doutait bien qu'Israël ne ferait rien. Mais que font les autres États ? Les États-Unis, on sait bien qu'ils soutiennent Israël, mais les ordonnances de la Cour exigent de tous les États qu'il préviennent le génocide et puis la vie rendue cet été, qu'il prennent toute une série de mesures de type sanctionnatrice contre Israël.

C'est ça qu'on attend et c'est ça qui n'a pas eu lieu. Et donc Israël poursuit son offensive. Donc c'est c'est vraiment insensé.

Et moi, je me souviens pas d'avoir vu une situation où sous nos yeux tous les jours euh se déroule un génocide sans réaction majeure et c'est bien parce que ce génocide est soutenu par en premier lieu par les États-Unis et puis ensuite par un certain nombre d'États occidentaux. Donc la puissance est là et et les États ne respectent pas leurs obligations qui ont clairement été dites. Et oui, une intervention très courte justement, je crois qu'il y a une confusion et cet de confusion d'ailleurs, elle elle vient d'en haut, c'est-à-dire de nous faire croire que le droit humanitaire ça consiste uniquement à donner, à boire, à manger, à permettre les conditions de survie, à permettre à un système de santé de fonctionner.

Ce n'est pas vrai. Le droit humanitaire international ou le droit international, c'est exactement la même chose. C'est-à-dire que c'est celui qui s'occupe au niveau de la cour pénale des crimes de guerre.

Et les crimes de guerre, c'est pas simplement d'affamer les populations, je dis simplement entre guillemets les armes interdites, le la résistance, le droit à la résistance, le l'asymétrie des moyens utilisés. Il y a tout un listing de crimes de guerre absolument détaillé, très précis juridiquement. Euh et moi depuis euh 23 ans euh j'assiste presque quotidiennement à à la euh à des à des fautes qui correspondent à un droit humanitaire qui est qui est violé.

Donc je crois qu'il y a un risque notamment du côté occidental euh d'endormir peut-être un petit peu euh les les populations. Une fois qu'il y aura l'eau, l'électricité et quelques accès à la santé, on aura l'impression que le droit humanitaire est respecté. Non, le droit humanitaire c'est le droit international.

On peut pratiquement retirer le mot humanitaire d'ailleurs qui veut pas dire grand-chose parce que humain la médecine humanitaire, moi j'ai fait des cours de médecine humanitaires pendant très longtemps. Je me pose sur la question de savoir ce que c'est. Le médecin est forcément humanitaire mais la question du droit dépasse très largement euh la l'accès aux populations au au minimum.

Oui. Et ici évidemment c'est cette thématique du génocide se mèle clairement à celle du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes dans une situation coloniale où on a des des règles qui doivent s'appliquer et qui relèvent de ce droit des peuples à disposer d'eux-même qui est un droit construit dans les années 60 et qui a une dimension politique évidente hein. Donc on n'est pas quand on parle de génocide visant un là c'est un génocide d'une nature un petit peu particulière puisque le groupe cible si vous voulez dans ce génocide c'est un peuple qui a le droit de disposer de lui-même.

Donc finalement c'est la première figure dont est saisi un juge international de génocide commis dans un contexte colonial. C'est la première, je dis pas qu'il y en a pas eu auparavant, mais c'est la première fois euh qu'on a ce type de de saisine d'un juge pour ce type de phénomène. Et c'est très important parce que le droit, on dit toujours que le droit de 1945 48 était formidable.

C'est pas tout à fait vrai parce que la convention de 1948, elle elle ne prévoyait pas de s'appliquer au territoire colonisé. C'est énorme, les États socialistes avaient protesté mais vous avez un article dans l'inconvention qui permet d'exclure son application au territoires coloniaux. Donc là, c'est évidemment cet article est obsolète mais là on se retrouve dans ce type de situation qui mêle, je veux dire une tragédie évidemment pour les êtres humains qui sont à Gaza mais aussi des dimensions politiques d'émancipation extrêmement importante.

Vous vouliez réagir ? Oui, enfin on a évoqué le droit international humanitaire. il est pas censé arrêter la guerre, il est censé essayer d'un peu l'humaniser, hein.

Il a été élaboré, comme ça a été rappelé autour du 20e siècle, consolidé et de la vie de beaucoup de spécialistes, il est bien écrit, bien construit. Le problème, c'est qu'il n'est pas politiquement respecté par de nombreux états et il n'a pas été souvent respecté. Aujourd'hui, en République démocratique du Congo, il est pas respecté ou sou il est pas respecté.

Au Yémen, en Afghanistan non plus. Mais la spécificité du contexte euh de Gaza, c'est que on est dans un contexte de blocus qui date de 17 ans et qui s'est substit lequel s'est substitué un siège. C'est-à-dire qu'on passe une situation d'enfermement de pénurie à une destruction massive en plus de de des pénuries.

Donc ça passe sur le stade du sièg. Les sièges sont encadrés par le droit international. C'est on peut pas faire n'importe quoi et notamment on doit pouvoir évacuer des blessés, on doit pouvoir faire rentrer de l'aide de manière proportionné et tout ça c'est battu en brèche depuis moins 18 mois et par une démocratie.

Et c'est ça le problème, c'est que on nous renvoie souvent et si on fait le lien avec nos autorités françaises ou européennes, on nous renvoie le fait que l'État d'Israël est forme de rempart démocratique, mais euh on observe à l'image de ce qui se passe en Ukraine un de poids de mesure qui est assez flagrant sur la mesure la manière dont les Européens ont de manière légitime au lendemain la tentative d'invasion massive en 2022 de l'Ukraine par la Russie ont développé en 15 jours 3 semaines des sanctions contre monsieur Poutine qui même un mandat d'arrêt international sur la tête pour avoir exfiltré déporté notamment des enfants d'Ukraine en Russie pour la situation de l'État d'Israël. il y a zéro sanction quoi. Donc on est on est sur des sur des postures aujourd'hui communicationnelles d'indignation de nombreux États dont le gouvernement en français mais sans qu'il y ait d'impact réel sur sur enfin et de pression objective sur l'État d'Israël.

Et c'est vraiment dommage parce que comme ça a été rappelé depuis 2024, il y a la Cour internationale de justice qui a deux trois reprises rappelé qu'il y avait un risque plausible de génocide. Il y a des rapports de Amnestie Internationale Human Watch qui rappelle qu'on est dans une situation probable de génocide. Nous par exemple médecin du monde on n'est pas une organisation de juriste.

On n'est pas spécialisé pour qualifier juridiquement situation. Cependant, nous avons des équipes sur le terrain, une centaine de soignants. C'est des Palestiniens, donc ils connaissent bien la situation à Gaza.

Ils bossent là-bas avec nous depuis longtemps et ils observent des meurtres de masse, l'aide empêchée, des créations de conditions de vie indienne. Donc tout cela, ça fait partie des piliers factuels de ce qui permet de définir un génocide et nous observons cela aussi en ce moment. Rapidement et après on laissera par rapidement.

Je crois que l'argument de d'Israël démocratie, on est allié à Israël parce que c'est une démocratie et est complètement dépassée. On sait très bien que Israël ne traite pas de la même manière les citoyens juifs et ses citoyens palestiniens et qu'Israël occupe militairement depuis fort longtemps le territoire palestinien. Donc je crois et comme un génocide donc cet argument de la démocratie et mon avis il est vraiment complètement éculé.

Il y a une autre spécificité de la situation, c'est que quand même le NU s'estime en quelque sorte en charge de la situation depuis 1947 48 puisque c'est quand même le NU qui a proposé ce plan de partage et qui ensuite a suivi la situation. Donc l'assemblée générale s'estime être avoir une responsabilité particulière s'agissant de cette situation et une responsabilité je trouve qu'elle n'assure pas complètement en ce moment. On a une belle résolution le 18 septembre 2024, mais depuis lors, je trouve l'assemblée générale un peu en retrait, de même d'ailleurs que le responsable politique zonusien euh que je trouve également en retrait au regard de la gravité de la situation actuelle.

Merci Radia, justement, tu es reporter en si Jordanie occupé. Qu'est-ce que toi en tant que journaliste tu as pu constater sur le terrain ? Alors effectivement là, si Jordanie est occupé euh c'est une situation qui est euh est désastreuse, hein.

On a des euh des Palestiniens qui sont encore boutés euh de chez eux. Euh on a affaire à des euh des des scènes des scènes absolument effroyables. Euh voilà, il y a pas d'autres mots.

On est confronté à l'horreur, hein. Voilà. Moi, en tant que journaliste étrangère, c'est vrai que c'est c'est c'est choquant en fait de d'aller sur ce terrainlà et de voir en fait de constater de mes propres yeux effectivement qu'il y a des crimes qui sont commis à l'encontre des civils palestiniens mais aussi à l'encontre des des journalistes palestiniens.

Et donc la situation est tout aussi catastrophique en si Jordanie occupé notamment depuis le lancement de l'opération Mur de fer à Génine par l'armée israélienne en janvier dernier. La situation en fait dégénère complètement hein. Les Palestiniens qui vivaient justement ces réfugiés hein de de la Nakba, ses descendants de réfugiés de la Nakba qui vivaient dans des camps de réfugiés à Génine à Toul Cararem.

Euh euh Anna Plous également sont doutés par exemple dans le camp de réfugié de Génine, il y a il y a il y a quasiment plus de de réfugiés. Ils ont été forcé et sommé d'aller ailleurs. Donc ils sont pour certains hébergés chez des proches, d'autres qui doivent justement bah louer des appartements, ils ont pas forcément les moyens. euh ils vivent dans des conditions absolument terribles.

Euh et donc c'est vrai que bon effectivement aujourd'hui le traitement médiatique euh repose beaucoup hein sur ce qui se passe à Gaza et c'est très bien, il faut en parler mais à côté il faut pas oublier qu'il y a la si Jordanie occupée et que aujourd'hui on a affaire à à à des choses hein des factuellement des des des scénarios des scènes absolument terribles, terrifiantes. Et donc on a aussi derrière le gouvernement israélien qui ne qui ne cache absolument pas ses intentions de vouloir annexer cette ce territoire palestinien. On a une multiplication justement des colons qui s'installent en six Jordanie occupées.

À Masafariat par exemple, il y a une montée des violences qui est absolument terrible depuis notamment la sortie du film israélo-palestinien film documentaire No Otherland. qui documente justement ses violences, ces crimes euh à Masa Safariata contre des Palestiniens. Et depuis en fait que le film a été oscarisé, euh voilà, il y a tous les jours en fait, je reçois des messages, des des vidéos, des photos euh de Palestiniens qui veulent à ma Safariata et qui me disent "Regardez, c'est terrible.

Aujourd'hui, toute la journée, il y avait un colon qui restait devant chez moi et qui a été très violent avec ma femme, qui a tapé mes enfants, euh qui a fait saigner mon oncle. Enfin voilà, c'est tous les jours comme ça. Euh c'est de la violence 24h sur 24.

Vraiment, il y a pas de répi et ça s'est exacerbé après le 7 octobre. Les Palestiniens vraiment sont sont au bout du bout en fait. Je je sais pas comment le dire autrement.

Et les Palestiniens vraiment n'en peuvent plus. C'est c'est c'est trop en fait. C'est trop.

Ça dure depuis des années, aujourd'hui c'est encore pire. Euh donc voilà, je je sais pas quoi vous dire de plus que si ce n'est que que les Palestiniens sont au bout quoi. Il y a pas de vie.

Il y a pas de vie tous les jours. C'est de la violence. 24h/ 24, c'est des morts à répétition, des Palestins qui sont tués par l'armée israélienne, des civiles, des enfants.

Euh pour vous donner un chiffre, on est à peu près à plus de 980 Palestiniens qui sont tués en six Jordani occupées, qui ont été tués en six Jordani occupées euh depuis le 7 octobre par l'armée israélienne. On a euh environ 199 enfants palestiniens tués par l'armée israélienne en six Jordani occupées. à peu près 20 22 femmes palestiniennes tuées par l'armée israélienne également.

Donc voilà, c'est des féminicides à répétition, des infanticides à répétition. Donc voilà, c'est c'est la réalité du terrain. Moi, c'est ce que je constate quand je suis là-bas, quand je travaille, c'est très dangereux aussi pour les journalistes palestiniens de de travailler malheureusement de faire leur travail correctement parce que ils sont visés aussi.

Euh ça a été le cas, il y a un euh les léger bugs. On va juste reprendre tout à l'heure euh Radia. Donc il y a eu une annonce aussi enfin ce matin dans la presse qui expliquait que justement Emmanuel Macron prévoyait peut-être de reculer justement la reconnaissance comme annoncé en avril en avril dernier de d'un état de de la Palestine. juridiquement peut-être Raphaël Maison que représente justement la reconnaissance d'un état palestien par un pays comme la France et qu'est-ce que ça changerait justement si la France reconnaissait l'état de de Palestine en droit et en diplomatie ?

Bah déjà, je pense qu'il n'était pas clair que Macron avait clairement annoncé qu'il qu'il reconnaîtrait, hein. Ça restait un petit peu vaporeux tout de même. Il en a parlé plusieurs fois et là c'est ça serait donc je dirais que c'est une forme de soutien politique.

Bien sûr, ça serait certainement appréciable puisque plusieurs autres États européens ont reconnu la Palestine ces derniers mois. Euh mais la Palestine est déjà reconnue par 100 plus de 147 États, je crois, c'est-à-dire les deux tiers des membres de l'ONU. Euh donc et c'est un état non considéré comme un état non membre de l'ONU depuis 2012.

Donc cette stature étatique, c'est finalement une manière de soutenir l'accession à l'indépendance de la Palestine. Donc c'est un Sime politique certainement. Mais d'après ce que j'ai vu, alors je sais pas si on a les mêmes informations, il semblerait que le président français aurait suggéré que peut-être cette reconnaissance par la France devrait aller de père avec une une reconnaissance d'Israël par les États qui ne le reconnaissent pas encore.

Donc finalement, ce processus de reconnaissance de la France viendrait accompagner la normalisation de l'État d'Israël pour les États qui ne reconnaissent pas encore Israël. Alors moi je trouve ça un petit peu inquiétant parce que là pour le moment ce qu'on attend essentiellement de la France c'est qu'elle prenne les mesures qu'a demandé la Cour internationale de justice s'agissant de la prévention du génocide qu'elle prenne les mesures qu'a demandé la Cour internationale de justice qui a exigé la Cour internationale de justice et que la France a voté d'ailleurs dans la résolution de l'assemblée générale du 18 septembre 2024 c'est-à-dire des mesures et menant Israël à se retirer déjà cesser son offensive génocidaire. se retirer du territoire occupé, démanteler l'économiste, les colonies, ça doit être fait immédiatement.

Ce sont ces mesures là qu'on attend la reconnaissance. Là, on n'est pas, je veux dire, c'est intéressant mais là, on est dans l'urgence de mesures concrètes que la France peut tout à fait prendre avec d'autres États et c'est ça qu'on attend, hein, si vous voulez. Moi, je pense qu'à l'heure actuelle, la question c'est pas tellement celle de la reconnaissance de l'État de Palestine.

Tant mieux, mais je déjà état non membre de l'ONU. La question qui se pose, je pense peut-être maintenant et certains juristes l'avancent, c'est celle de l'exclusion d'Israël de l'ONU, hein, puisqu'un état peut être exclu de l'ONU. S'il euh Et pourquoi ça n'a pas déjà été fait ?

Ah, c'est un peu compliqué si vous voulez. C'est pas quelque chose qu'on fait facilement euh parce que c'est sur recommandation de l'assemblée générale, pardon, c'est sur décision de l'assemblée générale mais sur recommandation du conseil de sécurité. Donc, c'est pas évident.

Mais je crois que c'est un thème qu'il faut commencer à porter puisque ça a été fait pour l'Afrique du Sud. C'est-à-dire pas sous cette forme là exactement, je vais pas entrer dans les détails techniques, mais la l'Afrique du Sud a été écartée des travaux de l'assemblée générale à partir de 1970 et ça s'est prolongé. Je crois que ça contribuerait à l'isolement d'Israël.

Ça serait une bonne idée que de soutenir ce principe d'exclusion, même si on narrive pas à une exclusion formelle, empêcher Israël de participer aux travaux de l'Assemblée générale. Israël considère que les Nations- Unies sont un marais de bill antisémite. Israël a broyé la charte des Nations- Unies sous les yeux des représentants de tous les pays.

Israël viole systématiquement les ordonnances de la Cour. Israël a été considéré comme violant quatre obligations fondamentales du droit international. l'interdiction de l'annexion, la violation du droit du peuple palestinien à disposer de lui-même, l'interdiction de l'apartide et maintenant le génocide.

Il est temps il est temps peut-être d'écarter hein Israël des travaux de l'assemblée générale. Pourquoi ? Pourquoi ? parce que je pense qu'à l'heure actuelle, je peux pas le dire parce que je ne suis pas de l'intérieur, mais je suis certains juristes qui connaissent bien la machineusienne et qui disent que à l'heure actuelle, il y a une offensive par Israël et les États-Unis à l'intérieur de l'ONU pour modifier l'organisation et la la condu la conduire à changer de principe.

C'est très dangereux aussi hein. Donc là, je crois que maintenant ce qu'il faut ce à quoi il faut réfléchir, c'est adopter les sanctions qui sont exigées immédiatement d'Israël face à un génocide en cours, hein, et puis aussi envisager d'exclure Israël de l'assemblée, en tout cas de l'ONU ou de des travaux de l'assemblée générale. Vous voulez Oui.

Oui. par le par le mécanisme de la perte de l'accréditation qui passerait pas par le conseil de sécurité. Non, je voudrais juste rappeler un mot puisque monsieur Macron a prononcé le mot historien euh histoire de dans des conditions assez assz assez curieuses.

Donc jeais rappeler qu'il y a 3000 ans euh Gaza était une ville état. Une ville état, c'est une ville qui décide de se donner euh une loi avec une police pour faire respecter la loi et une définition territoriale avec une armée pour protéger les fondir. C'est ça la définition d'un état.

Donc c'est le début de l'intérêt général qui prime l'intérêt particulier avec égalité de tous les citoyens devant la loi. Ça c'était il y a 3000 ans à Gaza et à peu près il y a 3000 ans et bien cinq villétats qui sont Gaza, Hélelon, Gat, Écron et Hdot ont décidé de s'associer et de constituer la Philistia. Donc la Philistia Philastine en tant que ville état, cinq ville état, elle a existé il y a 3000 ans.

Donc on n' pas le son de démocratie, surtout d'histoire à donner à la population palestinienne. La deuxième chose, c'est que l'État moderne de Palestine, il est né de la du démantellement de l'Empire ottoman qui a été divisé en un certain nombre d'États. Euh certains avaient un statut divers confiait leur politique étrangère à l'un ou à l'autre.

Mais la notion d'état moderne, elle est née euh après la guerre de 14 et l'État de Palestine avait un passeport. Euh il fallait avoir une nationalité palestinienne. J'ai même vu un document de demande de la nationalité euh palestinienne de Shimon Perrez.

Vous voyez donc c'était ça euh euh l'idée. Des accords internationaux ont été passés par l'État palestinien entre la guerre de 14 et et 1948. Il y a même eu des accords qui ont été passés avec la puissance mandataire des des de véritables accords internationaux.

Par ailleurs, depuis 1948, Israël a passé un certain nombre d'accords internationaux précisant qu'il ne s'appliquaient pas à l'Asie Jordanie, Jérusalem Est Gazar. Donc à travers ces accords qui lui ont échappé peut-être Israël a déjà reconnu un état palestinien. Bon c'est une formule.

Voilà. Donc parler de dire que c'est l'histoire qui verra s'il y a un génocide, euh jouer cette carte de la reconnaissance de l'État, euh c'est quelque chose quelque chose de vraiment indécent euh dans les circonstances actuelles. Monsieur Cortier, moi je voulais juste revenir sur la situation actuelle en ce moment que peut-être on n pas tout développé aussi sur moi, j'appelle pas ça une crise humanitaire, je parle d'une crise d'humanité parce qu'on a tellement franchi toutes les frontières de l'abject mais il y a quand même des choses importantes à avoir en tête.

D'abord, on l'a rappelé peut-être que la faim, la soif, la destruction du bâti est utilisé comme une arme de guerre. Euh et nous nous avons sorti un rapport la semaine dernière qui fait une corrélation très forte entre des taux de malnutrition explosifs chez des enfants de 6 mois à 5 ans, chez des femmes enceintes à l'étente et euh le siège est euh ça son intensité hein avec euh près de 20 % de malnutrition en ce moment notamment alors que l'on parle de 0,8 % de malnutrition avant 2023. Donc on voit bien qu'on est en train d'affamer volontairement avec la main de l'homme toute une population dans son entièreté.

Les gens ont faim devant nos centres de consultation à Darbala, Gaza City, il y a des que de patients qui ont faim et qui ont soif. Donc ça, je pense qu'il faut le redire. Ensuite, les annonces récentes des autorités israéliennes, il faut les prendre avec beaucoup aussi de on va dire de gravité.

Ils ont annoncé officiellement qu'ils allaient reconquérir Gaza euh et le ministre Smotrich a rappelé que toute la population serait concentrée. Enfin, c'est lui qui utilise ces termes hein dans le sud de la Bande Gaza autour de Rafa où il y a rien qui est préparé pour accueillir ces gens-là. Et dans un second temps potentiellement, on peut imaginer qu'il soit expulsé en dehors de la bande de Gaza pour réaliser le plan de la rivière de monsieur Trump.

Qu'est-ce qui s'est qu'est-ce qu'est-ce qu'il faut noter à ce moment-là ? C'est que les autorités israéliennes ont annoncé qu'il y aurait 4 à 5 hubs logistique dans le sud de la bande de Gaza où 50 à 60 camions pourraient rentrer par Kem Chalom pour stocker la nourriture qui sera ensuite distribué à quelques p de la population sur des critères un peu fous mais que ce dispositif serait géré par des mercenaires et des boîtes privées américaines sous supervision des militaires israéliens. Alors, il faut vraiment avoir en tête que ça c'est une manière de balayer aussi tout l'approche humanitaire contemporaine et la raison humanitaire qui est fondée sur des des approches d'impartialité, d'indépendance, de neutralité.

Parce que lorsque vous faites bosser des parties prolantes au conflit et ça va être le cas avec les boîtes américaines, il y a aucune aucun de ces principes élémentaires qui sont respectés. Et de fait aujourd'hui avec les annonces et ce qui se passe en ce moment, c'està-dire que on va pousser la population vers l'ouest, il va y avoir une occupation en cours de pratiquement tout le nord du territoire pour ensuite occuper tout le territoire. Il y a un dilemme qui se présente auprès des Nations- Unies, des ONG, c'est-à-dire ça fait déjà des mois qu'on essaie de bosser dans des conditions difficiles, hein.

On a perdu médecin du monde, on a perdu nous des des membres de nos équipes. Il y a 400 humanitaires qui ont été tués, je le rappelle. Mais ça nous met dans un dilemme parce qu'à la fois on a des équipes prisonnières, à la fois on est sur des fins de stock et c'est pas avec ce qui va rentrer, même les annonces qui sont faites aujourd'hui de faire rentrer une centaine de camions par jour pendant 5 jours, c'est pas ça qui va inverser la tendance de la famine qui qui est là.

Et donc on on va être sur une situation où euh est-ce qu'on continue à bosser, comment, avec quoi ? Et surtout on on s'est opposé et on l'a annoncé clairement. On ne sera pas des opérateurs de ce qui se présente comme étant euh une un déplacement forcé de population contraint.

Euh ça euh c'est pas dans les prérogatives des euh acteurs humanitaires. Ça me renvoie une à les années 84 à l'époque de l'Éthiopie où il y avait eu une réforme agrare et où il y avait eu une grande famine et où toutes les ONG étaient présentes et en fait c'était une famine qui était organisée par le pouvoir en place et personne disait rien et à l'époque Mass Frontière était partie du pays en claquant la porte. Aujourd'hui on ne sera pas nous des opérateurs d'une déportation massive de population.

Euh voilà et on est dans ce contexte-là très difficile. Et le 2è point et je m'arrêterai là pour l'instant, ça rejoint ce qui était dit sur la 6 Jordanie, c'est qu'il y a aussi euh des mesures pour les enregistrements euh des ONG internationales et israéliennes qui sont de plus en plus restrictives et on est dans des process aujourd'hui de réenregistrement jusqu'au mois de juin. Mais la législation israélienne impose de plus en plus à ce que les ONG ne fassent pas du ce qu'on appelle du témoignage, du piédoyer et au fond ne critique pas ce qui est fait dans la région.

Ne soit pas donc les ONG ne puissent pas être dans leur travail qui est pour la plupart des être dans l'action du terrain mais aussi faire du témoignage, dénoncer le non respect du droit international humanitaire ou autre. Et donc on est on est en train d'imposer euh des cadres restrictifs où en gros si vous êtes pas si vous parlez d'une situation que vous ne trouvez anormal et ben vous allez dégager vous allez pas être enregistré. Et c'est la même chose pour les organisations euh israéliennes qui ne pourront plus recevoir de financement notamment de l'international.

Et donc ça restreint ce qu'on appelle l'espace humanitaire. Et aujourd'hui en 6 Jordanie, vous avez des sièges de culte carême, de main génine, des destructions massives d'habitation. C'est au moins 50000 personnes qui ont été déplacées depuis le début de l'année qui vont pas revenir chez ell hein.

C'est des opérations qu'on avait pas vu depuis un certain temps avec des bombardement, des chars, des destructions massives d'habitats et plein de checkpoint à différents endroits qui font que les ONG ont du mal à bosser, qu'il y a des sièges d'hôpitaux aussi, qu'il y a des gens qui meurent par défaut de soins. Voilà et on est dans ce on est dans ce processus là aujourd'hui qu'il faut pouvoir aussi dénoncer en si Jordanie. raison ce ce processus là d'organisation de distribution de l'aide qui vient d'être exposé même si vous n'avez pas tous les détails bien entendu il s'agit d'un coup de force aussi de la part d'Israël et il s'agit de notamment de mettre à l'agence Lunra he l'agence d'aide de secours réfugié palestinien c'est c'est tout à fait c'est tout à fait assumé et ça a fait l'objet je je le signale puisque je suis là comme juriste, que ça a fait l'objet d'une d'une autre demande de la d'avis de la part de la cour de l'assemblée générale devant la courtiale de justice.

Les questions ont été plaidées il y a quelques semaines he devant la Cour inciale de justice de cette atteinte majeure au travail de l'UNRA qui est une une agence extrêmement importante. Donc c'est c'est tout à fait délibéré hein et comme le rappelait ma collègue Monique Chemilier Gendre qui appelaidé devant la cour le droit au secours enfin au sommet des droits fondamentaux il a le droit du peuple à disposer lui-même qui est un droit noble et politique. Puis il y a toute une série de droits ensuite droit droit à la nourriture, droit à la santé, droit à ne pas être torturé puisque la question de la torture se pose aussi de de façon tout à fait criante à l'heure actuelle.

Et puis en dernier, vous avez le droit au secours. C'est vraiment le dernier droit, le dernier droit de l'homme et c'est celui-ci qui est en train d'être atteint par ce mécanisme. Vous allez peut-être revenir après sur les déclarations de de Netaniaou qui dit "On est obligé" et et donc ça c'est tout à fait frappant parce que Smotrich l'avait déjà dit hein. et et donc on aimerait bien pouvoir que tout le monde meure de famine mais on peut pas vraiment il y a une forme de pression intionnale et ça c'est très révélateur du fait que les auteurs d'un génocide agissent quand même mais là ils ont les les mains très libres mais il y a quand même une forme de contrainte qui s'exerce sur eux donc là ça sera la contrainte de laisser passer un petit peu d'aide et de la gérer avec cette fondation de mercenaires qui finalement je dirais porte gravement atteinte à une agence Onusienne.

Donc c'est aussi un exemple de cette offensive d'Israël contre le NU et contre les agences de l'ONU qui qui ont fonctionné au moins un certain temps de manière rapidement après on écoutera justement et même au-delà de ce qui dit Raphaël Maison, c'est une atteinte absolument extraordinaire la structure de santé qui existe avec des des directions, avec des hôpitaux, avec 2000 médecins et chirurgiens avec on a on a cité les les chiffres de la santé, mais ces chiffres sont fournis depuis toujours par le ministère de la santé et la l'Organisation mondale de santé reprend ses chiffres, les analyse et les diffuse tous les mois. Donc la question à laquelle il faudrait qu'on arrive quand même et le plus vite possible euh c'est celle déjà de la situation juridique de la résistance palestinienne parce que euh monsieur Netaniaou dit qu'il va occuper réoccuper la bande de Gazar. L'objectif militaire a déjà été déclaré de multiples fois et il n'a pas été atteint.

H et lorsqu'il y a une guerria qui se bat contre une armée conventionnelle, tant qu'il y a de la guerria, l'armée a perdu. Donc, il faut commencer à envisager cette situation, c'est-à-dire envisager le statut juridique et le statut d'interlocuteur des groupes armés palestinien. Et on peut remarquer d'ailleurs que il y a un un mass bching depuis le 7 octobre au matin alors que les textes juridiques qui sont sortis, que ça soit de la Cour pénale ou de la Cour internationale de justice, parle de groupes armé palestinien sans mentionner le Has.

Donc ça c'est la première question. J'ajouterai réévaluer euh la question du gouvernement de Gaza, j'allais dire la représentativité des Palestiniens puisque finalement ce qui Israël utilise cet argument de la guerre contre le terrorisme pour cibler d'abord les combattants du Hamas mais ensuite aussi et ça y est là récemment c'est tout à fait clair mais c'était déjà clair avant avec le docteur Abou Safi qui est considéré comme terroriste parce qu'il dirigeait un hôpital parce qu'il est donc lié en quelque sorte au gouvernement de Gaza hein. Donc cette cette thématique de la guerre contre le terrorisme permet de d'affirmer une volonté d'éradication des combattants, ensuite d'affirmer la volonté de cibler également sans problème les représentants du pouvoir civil, y compris des médecins et puis par contagion évidemment toute la population et ça ça a été dit dès l'origine hein.

H Ethadia, est-ce que tu as eu des retours sur cette question justement de la représentation des Palestinien en en politique vu que tu tu as suivi aussi sur place les questions politiques. Est-ce que tu nous entends plus c'estàdire pense Oui. Est-ce que vous m'entendez ?

Oui. Ouais. C'est-à-dire ce que ta question apporte sur ce que pensent les Palestiniens des politiques euh français des Oui.

Euh non, pas français, justement sur place en interne. Ah, sur place en interne. Alors euh c'est très difficile de répondre en fait à cette question parce que finalement il y a pas de politique en fait.

Vous savez quand quand vous n'avez pas d'état, c'est en fait c'est il y a pas de structure de vie. humaine là-dedans en fait en si jordanie occupé parce que déjà vous êtes sur un territoire qui est occupé hein par Israël. Euh donc c'est ces gens-là les les Palestiniens, ils n'ont pas d'état.

Donc ils n'ont pas de représent de vrais représentants finalement euh de de ce qu'ils portent comme projet de vie. Euh ce qu'il faut savoir, c'est que les Palestiniens, en fait, Mahmoud Abbas, hein, qui est à la tête de l'autorité palestinienne euh n'est pas vraiment en fait légitime hein, à représenter les Palestiniens. C'est ce qu'ils me disent eux.

Euh ce qu'il faut savoir, c'est que l'autorité palestinienne déjà à plusieurs reprises hein, elle a muselé des des voix euh de Palestiniens, des journalistes qui ont tentent par exemple de travailler sur euh sur des dérapages entre guillemets, je sais pas si on peut dire des dérapages, mais en tout cas sur des crimes, disons-le clairement, sur des crimes de l'autorité commis par des crimes commis par l'autorité palestinienne. Euh moi, j'étais sur le terrain par exemple en décembre 2024 et en janvier 2025. Et en fait, j'ai j'ai pu constater que l'autorité palestinienne jouait faisait le jeu un petit peu de de d'Israël et des États-Unis.

C'est-à-dire qu'ils étaient venus dès décembre 2024, ils ont assiégé le camp de réfugié de Jénine, ils l'ont affamé, ils ont assoiffer les gens là-dedans. Ils leur ont rendu la vie infernale. Il y avait il y avait plus d'eau, il y avait plus d'électricité.

Quand on marchait euh euh il y avait pas de sol, quoi. C'était des des marécages, il y avait de la boue partout. C'était vraiment des conditions de vie mais inhumaines.

Donc ça c'est c'est l'autorité palestinienne hein qui avait assiégé ce camp. euh qui avait aussi tué d'une balle dans la tête la jeune journaliste palestinienne Sheld Shed El Sabar. Elle avait 21 ans.

Elle documentait justement les euh cette incursion de l'autorité palestinienne dans ce scand réfugié. Et à plusieurs reprises, il y avait des soldats de l'autorité palestinienne qui lui demandaient de supprimer les rushes, de supprimer ses photos et cetera. Et quelques jours après, en fait, elle a reçu une balle dans la tête.

D'un autre côté, on a l'autorité palestinienne bien évidemment qui dément, qui dit que c'est le djihad islamique, les combattants armés qui lui ont tiré une balle dans la tête par erreur et cetera. Moi, j'ai fait un travail de documentation, c'est-à-dire que je suis allée voir l'autorité palestinienne, je suis je suis allée voir le djihad islamique, les combattants armé euh pour essayer de comprendre et de de voir un peu ce qui s'est ce qui s'est passé quoi. Mais en fait, je me suis rendu compte très vite sur le terrain, c'est que que en fait lorsque Shadaza, cette journaliste palestinienne, était elle était donc dans le camp de réfugié, en fait la balle est arrivée là où il y avait des soldats de l'autorité palestinienne.

C'était une zone qui était complètement sous contrôle de l'autorité palestinienne. Il y avait pas des membres de il y avait pas de membres du djihad islamique ni du ni des voilà du Hamas ou du des combattants armés. ils avaient évacué cette zone là justement.

Donc euh donc voilà euh donc vraiment il y a ce rejet hein de de Mahmoud Abbas et de ses sbir hein de la part de la population palestinienne. Finalement en fait euh les seuls qui sont vraiment légitimes à se à représenter les Palestiniens, à représenter euh ce qu'ils désirent, à représenter justement leur voix sur les Palestiniens eux-mêmes. Il y a personne aujourd'hui qui est capable de porter au effort leur voix, de porter au effort cette légitimité justement à à à vouloir vivre librement.

En fait, il y a que même parce que on sait très bien que l'autorité palestinienne, elle est corrompue aussi. Euh donc et puis elle est elle travaille euh elle travaille main dans la main avec le gouvernement israélien. Donc c'est très compliqué en fait quand quand vous avez pas d'état, quand vous avez pas justement quand vous vivez sous occupation, en fait il y a pas de vie.

Il y a pas de vie. Euh voilà, c'est c'est la destruction tous les jours, c'est des crimes tous les jours, c'est des des Palestiniens qui meurent tous les jours, des Palestiniens qui sont boutés de chez eux. euh des conditions infernales pour les enfants, pour les jeunes filles qui ne peuvent plus aller à l'école.

Voilà. Voilà ce que c'est que la vie en fait sous occupation et la vie quand on n pas d'état. C'est ça.

Merci R. Oui, vous voulez réagir F. Oui, c'est l'impunité hein qui qu'elle décrit.

Je pense c'est un un des problèmes des projets actuels qui sont avancés. Bon, je parle même pas du du projet de Donald Trump qui qui quand même a permis de faire avancer cette idée sur laquelle on allait quand même mettre la main sur Gaza. et les projets qui ont été avancés par la ligue la ligue arabe, les États-abs qui ont été validés d'ailleurs par l'organisation de la coopération islamique et par et soutenu par des États européens sont tout à fait problématiques puisque justement l'idée c'est de d'organiser un futur qui serait nécessairement sous l'autorité palestinienne telle qu'elle est à l'heure actuelle.

Et ça, je pense que ça ça va être quand même un peu difficile à admettre pour les Palestiniens parce que dans le droit, moi je sais c'est à eux de décider bien sûr puisque justement le droit à l'autodétermination qui a été rappelé par la Cour, c'est d'abord l'autodétermination politique. C'est aux Palestiniens de déterminer qui qui doit les représenter. C'est le premier point et c'est pas aux États occidentaux arabes ou autres de dire ce sera l'autorité palestinienne parce que elle me semble d'après ce que j'entends qu'elle est quand même largement discrédité. ce que décrit votre journaliste.

En fait, ça fait l'objet d'un cadre juridique interne si vous voulez avec des accords de sécurité. Elle a dit il y a pas d'institutions aussi, il y a des forces de police très importantes en 6 Jordanie qui sont craintes. Et on on voit pourquoi, puisqu'il a été décrit l'intervention dans le camp de génine qui était parfaitement assumée, je crois, par l'autorité palestinienne.

Donc si vous la question de la la représentativité, elle se pose clairement ou de de l'acceptation, elle se pose clairement, me semble-t-il, hein, je suis pas palestinienne, hein, donc je veux pas parler à leur place pour l'autorité palestinienne. Et c'est pourtant cette autorité qui est mise en avant dans tous les projets internationaux qu'on a vu justement. Alors je viens de recevoir une information qui vient tomber.

Donc Emmanuel Macron, Kier Starner et Marc Carnet affirment qu'ils ne resteront pas les bras croisés face aux actions scandaleuses du gouvernement Netaniaou. Donc ils ont prévenu euh justement que qu'ils allaient euh euh enfin qu'il menaçaient en tout cas Netaniaou euh de mesures concrètes s'il ne cessait pas son offensive son offensive pardon militaire qui et s'il ne débloquaient pas les humanitaires. Et je cite, ils ont dit nous sommes déterminés à reconnaître un état palestinien en tant que contribution à la réalisation d'une solution à deux états et nous sommes prêts à travailler avec d'autres à cette fin.

Donc on voit qu'il y a eu un changement sont les mesures concrètes en fait en tout cas elles pas été elles ont pas été annoncé mais on a l'impression quand même que il y a un léger durcissement si on peut dire ça comme ça de déclaration dans le discours dans le dans le discours dans la communication effectivement on a l'impression qu'il y a il y a une forme de de changement mais concrètement on l'a rappelé des mesures tangibles telles que par exemple remise en question d'un accord d'association entre l'Europe et l'État Israël comme on a pu le faire avec la Russie en 3 semaines après la tentative d'invasion, ça il y a toujours rien. Le fait d'arrêter d'envoyer les armes là-bas et du côté allemand, américain et anglais, on est encore actif pour pour continuer à à aider aux opérations militaires parce que il faut un soutien logistique conséquent, quasi en flux tendu d'un point de vue militaire. Ça ce serait des mesures tangibles qui mettraient une pression sur les autorités israéliennes.

Donc donc on est on est encore sur des gesticulations communicationnelles de compassion mais on narrête pas un génocide avec des mesures compassionnelles euh et communicationnelles. D'autant plus que la l'accord d'association Union européenne Israël enfin l'Union européenne est le premier partenaire commercial d'Israël et il y a toute une série de mesures qui peuvent être envisagées. Euh là, bon les mesures concrètes, ça fait quand même 18 mois 19 mois qu'on qu'on les attend et et là on a toutes les bases juridiques pour les adopter sans aucun problème.

Elles doivent être adoptées. Alors, il nous reste 5 minutes rapidement. Oui, très vite.

D'abord, je voudrais féliciter votre journaliste pour son courage simplement de d'être là-bas sur place et de rapporter les faits qu'elle a rapporté. Je voudrais ajouter à ce propos d'ailleurs de l'autorité palestinienne que Fatou Bensoua qui a été la meilleure procureur de la Cour pénale internationale depuis sa création a bien précisé que elle est enquêtée sur les crimes de guerre commis par toutes les parties, c'est-à-dire les groupes armés palestiniens Israël et l'autorité palestinienne. Ça fait partie de la feuille de route qu'elle a donné à son successeur.

Juste un mot sur les camions. Rappelons que avant le 7 octobre dans un état stabilisé qui n'était pas un état de guerre aigu, c'était 500 camions qui entrait à Gaza tous les jours. Donc c'est ça, il faut bien se mettre à la mesure de 2 millions d'habitants, c'était 500 camions.

En ce qui concerne les déclarations, je crois que là aussi ça a été dit en filigramme même assez nettement par votre journaliste, la représentativité ça veut dire qu'il faut qu'il y ait des élections. Par contre, je pense que lorsque vous dites qu'il n'y a pas d'état, s'il y a un état, mon maître Gilles De malheureusement disparu, qui m'a tout appris dans le peu que je connais disait "Un état, c'est comme un enfant, c'est-à-dire c'est un état de fête. il rempit les critères, il est là, il est vivant.

Et ce n'est pas parce qu'on lui retire une partie de ses prérogatives ou de son pvoir que l'État disparaît. L'État, c'est le peuple. Autrement dit, l'État palestinien, il existe et toutes les factions palestiniennes, et ça je peux vous en parler pendant des heures réclament des élections. réclame des élections et notamment les les leas a dit qu'il voulait en organiser l'année prochaine mais il a déjà dit c'est en 2021 ça a été annulé et les deux fois précédents où il y a un gouvernement de l'Union nationale Israël a lancé une offensive militaire justement parce que un gouvernement national soit été constitué en 2007 soit était en en voie de constitution et j'ai entendu les plus haut responsables du Hamas me dire nous voulons des élections même si nous les perdons et même à la limite nous souhaitons les perdre car nous sommes pour un état démocratique.

Nous considérons qu'une minorité dans un dans un parlement et ça ça nous c'est ça nous signifie quelque chose particulièrement en ce moment pas de leçon à donner. euh une minorité, une opposition, un rôle à jouer, un rôle à jouer. Donc c'est tant qu'il n'y aura pas d'élection et tant qu'on prétendra euh désarmer finalement la seule force militaire qui défend les Palestiniens, il n'y aura pas d'avancé.

Et je dois dire que ces deux euh nécessités s'inscrivent parfaitement dans le droit international. Depuis des décennies, le Hamas explique et c'est même lui qui par l'intermédiaire de ses avocats, a saisi le plus tôt la cour pénale internationale. C'est lui qui a organisé après la guerre de 2014 euh une cellule palestinienne de recueil de preuves qui a permis de constituer des dossiers et ces 3000 plaintes individuelles qui sont parvenues sur au bureau des victimes et la cour périale internationale.

Autrement dit, le Hamas a préu ou l'administration de Gaza, peut-être pour ne pas choquer ceux qui nous écoutent et qui fonctionnent quand même depuis 17 ans qui assure la sécurité, l'éducation et la santé, cette administration euh réclame des élections. Elle est parfaitement capable euh d'en d'en organiser. Très bien.

Peut-être est-ce que vous auriez 30 secondes chacun pour qu'on conclure cette émission ? Peut-être sur votre livre. sur mon livre peut-être pas mêm une partie sur le le fait de m'interroger sur est-ce que c'est la fin du droit international humanitaire euh après l'épisode de Gaza.

Je ne pense pas parce qu'il reste ça reste des textes solides et clairement ce qui est clair c'est que les occidentaux ont perdu la dernière légitimité qu'ils avaient de le mettre en avant alors même qu'ils sont pas capables de de ne pas entretenir un depois de mesure comme on l'a vu sur sur sur la Russie. Le dernier point, c'est que et ça a été rappelé aujourd'hui euh il tous les États qui ont signé traité de Rome et pour prévenir les crimes de masse ont l'obligation aujourd'hui de tout faire pour empêcher ce qui se passe à Gaza. Ils ne le font pas encore.

Donc ils sont susceptibles de passer devant des juridictions un jour et il faut vraiment aller au-delà de gestirulation communicationnelle. Il faut des actes tangibles et il y en a. Merci à Jean-François Cortier Rapha.

Moi, je dirais simplement qu'il faut sanctionner au plus vite l'État d'Israël. et et qu'il faut aussi cesser de réprimer les mouvements qui cherchent à défendre le peuple palestinien en France. Merci Radia, un dernier mot, oui, pour conclure rapidement.

Ah, le son, le micro peut-être le micro. Ouais, vous m'entendez ? Oui.

Oui. Pour rebondir très rapidement sur ce qu'a dit monsieur, effectivement l'état de Palestine existe. Ce que je veux dire par là, c'est que c'est pas un état qui est qui est reconnu, qui enfin on reconnaît pas sa souveraineté.

En fait euh les Palestiniens vivent sous occupation, ils sont dépourvus de leurs droits humains, euh ils peuvent pas circuler librement. Cétait pas un reproche. Non non, j'entends j'entends tout à fait effectivement.

Non, mais je je juste pour éclaircir sur ce point, j'entends parfaitement ce que je voulais dire par là effectivement, c'est que ce sont des personnes, voilà qui qui qui n'ont pas de droit d'humain, qui n'ont pas ce droit aussi à la dignité humaine. Donc donc voilà, c'était juste pour rebondir sur sur cela et et merci beaucoup en tout cas pour pour votre intervention très très pertinente. Merci.

Et vous vouliez dire un dernier mot peut-être, docteur ? Un dernier mot peut-être pour évoquer une deuxième fois Gilles de Vert, mon compagnon et formateur et mentor. On a écrit ensemble deux petits livres pédagogiques, le premier en 2014 et tout le monde s'est moqué de nous.

Tout le monde s'est moqué de Gilles Deant mais tout ce que tu dis là, ça n'arrivera pas. Et on a écrit un deuxème livre en 2022. Tout ce qui était écrit en 2014 demeurait valable et a même prévu tout ce qui allait se passer.

Et dans le livre de 2022 qui s'appelle pas le chemin de la cour comme le premier, le chemin de la cour pénale internationale, le livre de 2022, ça s'appelle les dirigeants israéliens devant la cour pénale internationale. Et là encore, tout le monde nous a dit "Mais on ne le verra jamais." Et ben non, le droit c'est comme le médecine, ça progresse, ça progresse petit à petit et 3 jours avant sa mort et bien il a les mandats d'arrêt que personne n'attendait ou sont arrivés.

H merci beaucoup merci à tous et merci d'avoir regardé au cœur de lecture sur votre Freebock sur Molotov sur notre chaîne YouTube Leemia 247 et sur lemediatv.fr. N'hésitez pas à nous laisser un commentaire si vous nous regardez sur YouTube ou bien à nous envoyer par mail à contact@lemediatv.fr si vous nous avez regardé à la télévision.

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