Marine Tondelier raconte les coulisses de la réunion à l'Élysée autour d'Emmanuel Macron
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Ce sera pas vous donc à Matignon ? Mais là ça va être personne pour l'instant si j'ai bien compris et je j'ai une pensée pour votre collègue qui va faire le pied de grue devant l'Élysée toute la nuit au cas où Emmanuel Macron renverrait un mail à 1h53 du matin. Ce que je comprends quand même c'est que je suis sortie de cette réunion en vous disant il mentent.
Ils disent que le socle commun existe encore mais mais ça n'est pas vrai. Je viens de passer sur une chaîne concurrente à la votere une demi-heure à expliquer que c'était une fable et un mensonge. On me dit mais si mais si messi et tomber les annonces progressivement de Édouard Philippe qui dit qu'il n'ira pas au gouvernement de Retaillot qui dit que le socle le commun n'existe plus.
C'est-à-dire que vous savez, on a l'impression de une comédie musicale où en fait le décor est en train de tomber, tout ça, tout le monde tombe, s'entraîne et et le chef d'orchest continue à dire "Si si, jouez jouez les musiciens, c'est parce que lorsque vous êtes sorti de la réunion Marine Tendelier, vous donniez l'impression que les choses allaient aller vite quand même, que qu'est-ce qui a pu se passer selon vous alors que vous vous étiez à l'intérieur, vous étiez à l'Élysée Mais parce que le problème c'est qu'on peut avoir la sensation depuis 1 an qu'il y a une guerre en gros en gros entre pour simplifier entre la droite et la gauche pour être nommé et que Emmanuel Macron garde le pouvoir parce qu'il veut pas le rendre. Ça c'est vrai. Et donc on peut se dire qu'à chaque fois qu'un gouvernement tombe, c'est de la faute de la gauche qui est méchante, qui veut pas faire de compromis et cetera.
Mais nous en faisons énormément de compromis. Déjà le fait de ne pas être à Matignon, c'est pas consenti, mais c'est un fait. Le fait d'aller faire des réunions avec Bruno Retaillot, c'est quand même pour moi ça un coût moral et je le fais pour la France.
Et donc tout ce qu'on peut faire pour être sérieux, pour essayer de trouver des solutions, nous le faisons. Mais quand vous vous adressez à un président de la République qui il voit bien, il est dans la même réunion que moi, il voit bien que le modem dit nous notre problème avec monsieur le cornus c'était l'opacité, on n pas confiance et un qui demande qui partte et l'autre qui qui est Gabriel Atal qui est quand même son président de groupe qui s'est passé comment quand on fait tout ça et qu'à la fin, je vous raconte la fin après je vous raconterai mais qu'à la fin Emmanuel Macron dit "Écoutez, j'ai écouté tout le monde donc eux ils sont 210, vous vous êtes 191 donc c'est eux qui gagnent en gros." Et je lui disais "Mais attendez, attendez, attendez, ils sont 210 de rien du tout, ils sont pas ensemble." Et là, alors que il s'était donné en spectacle toute la réunion, ce moment-là précis, tout le monde se redresse et personne n'ose contredire le chef parce que finalement, c'est leur dernier salut.
C'est cette emprise d'Emmanuel Macron sur sa majorité, sur le pays où personne n'ose de contredire. Et donc du coup, à la fin se termine comme ça. Et chacun a pris la parole.
On on est arrivé à l'Élysée chacun notre tour. Vous avez vu déjà et j'en suis très fier que les seuls qui ont été capables de faire une arrivée commune c'est nous et que enfin voilà moi je suis fier de ça quand je les vois chacun arriver même R Bruno Retaillo et Laurent Voquier qui sont du même parti sont pas capables d'arriver ensemble parce qu'ils ne se parlent plus. C'est ça la réalité de ce sole soi-disant commun qui n'est plus un socle et qui n'a plus rien de commun.
Nous nous arrivons ensemble, nous sommes organisés, nous nous préparons ensemble, nous communiquons ensemble la réunion, nous nous revoyons avant de sortir pour caler nos déclarations. On est une équipe. On est une équipe.
Vous arrivez écoutez, je vous ponctué toutes mes phrases de du mot insoumis. Donc on posera une vraie question insoumis on parlera. Oui, mais la première fois j'ai coupé c'est pour dire insoumis sur le déroulé là les insoumis n'étaient pas invités donc ils n'était pas là.
Nous arrivons ensuite dans le hall de l'Élysée. Donc il y a une sorte d'antichambre donc pour attendre que tout le monde soit là. Et quand tout le monde est là dans les invités, la le salon des ambassadeurs, on a déjà fait des réunions d'urgence sur l'Ukraine et cetera dans cette pièce que nous connaissons s'ouvre.
Et là, première surprise, il n'y a pas de plantable. Normalement quand on rentre dans le salon, on cherche son nom pour savoir où s'asseoir et il y a toujours une petite réflexion sur bah tiens, pourquoi ils ont mis un tel à cause ? On essaie de comprendre comment ça a été fait. là rient.
Et donc on se retrouve parce qu'Emmanuel Macron arrive toujours quelques minutes après, on se retrouve un peu comme dans un escape game où vous dites "En fait il y a pas de règle, il faut qu'on s'assoit et rien que pour devoir s'asseoir, on va devoir coopérer pour décider ensemble comment on s'assoit, le plan de table franchement de liberté. C'est ennuyeux les plans de table." Non mais c'était intéressant c'est que moi j'ai j'ai essayé de briser de la glace en disant ben je pense que c'est un une épreuve au socle commun pour savoir qui encore dedans.
Donc je pense que le socle commun doit est censé s'asseoir à côté du président et donc je vous dis ça et je je vais regarder qui va s'asseoir à côté de lui. Et et personne ne bougeit donc c'était Et vous vous étiez à côté de qui ? Ah ben moi, je me suis mis en face euh et euh euh Fabien Rousell était juste à la gauche du président, logique euh et euh et Olivier Fort également, ce qui nous permettait de nous voir parce que en fait des fois vous êtes tous alignés, vous devez vous pencher comme ça et moi je trouve que nous voir, pouvoir lire dans le regard de l'autre pendant la réunion était quelque chose d'important.
Ça durite 3 que le président arrive, euh quelle est l'atmosphère ? Les échanges sont extrêmement formels ou au contraire, c'est assez informel, je sais pas, peut-être que certains tutois, tuttoi comment ça se passe ? Bah, il y a toujours des mots enfin c'est très formel parce que le président parle donc un président ça s'écoute quand il parle et on essaie tous de comprendre ce qu'il allait faire.
Moi j'ai j'ai quand même compris que Gabriel Atal arrivait là en ne sachant absolument pas ce qui allait se passer alors que c'est le chef du parti euh présidentiel. Je et donc il y avait une forme de d'attente et puis finalement rien ne se passait trop dans ces déclarations puisqu'il a posé trois questions en début de réunion. La première est-ce que vous voulez une dissolution ou pas ?
On a compris que les Macronistes et tout le camp présidentiel n'en voulaient vraiment pas et on comprend pourquoi. Deuxièmement, est-ce que le socle commun existe encore ? Donc c'est quand même un peu bizarre de nous poser cette question là à nous ou de la poser au socle commun devant nous mais bon c'est intéressant.
Et troisièmement, quel compromis êtes-vous prêt à faire ? Donc on a fait un long tour de table là-dessus et puis après Emmanuel Macron a embarqué un peu le essayer de faire la synthèse de partir sur les retraites ce qui n'est pas son rôle. Ce qui sera le rôle du prochain premier ministre en réalité qu'il n'arrive pas à nommer.
Et puis nous avons rebondu les uns les autres et nous avons continué avec les collègues de gauche et colo à revendiquer Matignon parce que ce qui nous était dit. Est-ce que c'était tendu ? Non, ce qui a beaucoup tendu, c'était la conclusion.
C'estàd que on voit bien que ça ne marche pas, que le socle commun n'existe plus, que y compris monsieur Vaquier dit l'inverse de monsieur Retaillot, enfin ça n'avait aucun sens. Et la conclusion de monsieur Macron, c'est dire "Écoutez, je vous ai écouté et arithmétiquement ils sont 210, vous êtes 191 donc ils sont plus nombreux." Il dis "Mais attendez, vous parlez vous nous reparlez là après de ce qu'on vient de voir pendant une semaine et aujourd'hui du socle commun." Il dit "Oui, oui, ils sont 210" et il regarde et c'est là où je vois personne bouger.
Il y a quand même un côté très hypocrite des gens qui depuis tout à l'heure défilent sur les plateaux télé pour dire "On n'y est plus, pas du tout et cetera mais qui à ce moment précis de la Réunion ont été pris de cours et n'ont rien dit." Je je le dis parce que j'y ai assisté et voilà. Et alors après dans les arguments, c'était intéressant un moment il y a le le groupe, vous savez les centristes qui dit "Un bon compromis, ce serait un un ce serait un deal en gros où tout le monde souffre un peu." Bon, j'étais quand même obligé de lui rappeler que on avait pris un peu d'avance sur la douleur quand même à gauche.
Il dit "Là on met les compteurs à zéro, celui si tout le monde souffre un petit peu alors ce sera bien." Mais nous souffrons beaucoup et depuis longtemps de voir ce qu'ils font de notre pays, de voir les 43 reculs environnementaux. Mais là tout recommence à zéro.
C'est ce qu'il vous dit Marine Telier et ce qu'il dit c'est que tout recommence à zéro. On remet les maître des horloges et des chronomètres et chacun fait des efforts. Ben oui, mais j'ai la sensation d'en faire beaucoup et je vois pas lesquel il fait et moi je suis préoccupé parce que si on le fait c'est pas pour des questions de circonscription de je ne sais quoi.
On le fait pour les Français parce qu'on est comme les Français 86 % sont navrés du spectacle politique et j'en fais partie. Donc quand on m'invite à une réunion à l'Élysée et même si j'ouvre le mail à 5h du matin et qu'il a été envoyé à 2h du matin, je le lis. Je rappelle c'est Châtelin qui est en circonscription qui revient depuis Grenoble.
Enfin, on est à notre poste, on est responsable, on fait ce qu'on peut mais on peut pas l'être pour deux, pour quatre ou pour 10. Vous avez l'air agacé Serge. Pas du tout.
Non non non, c'est on est tous agacés. Donc c'est pas de ma faute. Non mais j'ai Marine Tolé Tendeli a utilisé un mot qui me plaît beaucoup, c'est douleur.
Moi je moi ce que je vois, ce que les Français vivent en ce moment, le spectacle qu'on nous donne à voir c'est quoi ? C'est les hommes, les femmes et les hommes politiques français qui ont été mises dans un bocal. Ils sont comme des mouches dans un bocal.
Le bocal est fermé. Et il y a un monsieur au-dessus du bocal qui s'amuse à de temps en temps mettre un peu d'air dans le bocal pour que quand même il ne meur pas complètement. Ça veut dire quoi ça ?
Ça veut dire que Emmanuel Macron est fait du du sadochisme quelque part comme on a rarement vu ça en politique. C'est quelque chose d'inoui. Je voudrais rebondir sur ce qu'a dit Anne Charlen tout à l'heure concernant les premiers ministres mais Emmanuel Macron n'a jamais aimé les premiers ministres.
Il ne veut pas de premier ministre. Il veut des collaborateurs premier ministre. Non non c'est pas vrai.
Il y a eu des cohabitations mais non absolument pas absolument pas. Il y a eu des cohabitations. La logique et là moi je rejoins et pourtant ça me fera pas un immense plaisir que que en fait la cohabitation il aurait dû l'assumer il y a un an.
Il aurait dû assumer la sa défaite politique et effectivement faire venir à Matignan. Mais il ne fait jamais ça pour une raison très simple, c'est qu'il ne veut pas cohabiter avec personne. Je remarque que vous rejoignez notre comité de soutien et ça mme je dois dire.
Ce que je veux dire, c'est que tous les collaborateurs de de de d'Emmanuel Macron depuis 2017 au fond dans sa tête, je dis pas qu'ils étaient tous comme ça, pour lui était des collaborateurs. Il n'a jamais assumé, pardonnez-moi, je finis après que je suis pas je reste pas très longtemps donc jeis pouvoir en placer une. Les institutions de la 5e République, il les a bafoué depuis toujours. et le spectacle qu'on a vu cet après-midi par exemple de tous ces hommes et femmes politiques qui on qui a reçu comme par hasard ce sont ceux qui qu'il a tenté qu'il a réussi à réduire il les a réduit comme portion congru et il a laissé les extrêmes gagner parce que c'était sa logique c'est une faute de les recevoir cet après-midi.
Bien sûr mais bien sûr c'est pas bah c'est toujours le problème du premier ministre. Il y a pas de premier ministre. Emmanuel Macron ne conçoit pas une bien sûr.
Non, mais je suis d'accord, je suis d'accord avec vous sur le sur là sur pas venir mais c'est toujours comme ça. C'est pas nouveau. C'est que le premier ministre n'existe pas pour Emmanuel Macron.
C'est lui qui dirige la France et donc il a ce petit bocal où il y a les mouches qui se qui s'ébrouent à l'intérieur paniquant et on est dans cette situation. avait une question qui était pas illégitime en en un mot qui était de dire la question pour lui était de savoir s'il y avait une majorité qui était d'accord pour éviter la la dissolution à quelles condition de la dissolution c'est le pouvoir du président de la République c'est l'article 12 de la constitution donc il a làdus parce que je vois sortir les dépêches où il dit à la sortie voilà tout le monde voulait éviter la dissolution c'est faux et Édouard Philippe lui a dit très clairement en lui disant arrêtez de dire que nous voulons éviter la dissolution à tout prix vous Vous pouvez dire que certains ici préfèrent qu'il n'y ait pas de dissolution, mais le à tout prix n'a pas de sens. Et ça lui a été dit clairement.
Tout comme les partis de gauche, les communistes, les socialistes et les écologistes lui ont dit "Nous, on trouve juste que la dissolution ne résoudra pas le problème, ne donnera pas plus de budget à la France, va bloquer le pays pendant un mois, va causer comme la première 15 milliards de de coûts pour l'économie, 0,5 points de croissance. Et tout ça pourquoi ? Pour que vous ne suiviez pas le résultat.
Donc moi, je ne vois pas en quoi la dissolution serait une solution. Exactement. Qu'est-ce qu'il a en tête selon vous ?
Marineelier, vous nous avez fait un récit très détaillé et très intéressant de cette réunion et notamment le le la fin de la réunion, le fait que le président de la République a mis la dimension arithmétique sur la table. Qu'est-ce qu'il a en tête selon vous ? Il veut nommer quelqu'un du socle commun ?
C'était assez clair. Il a dit sont 210 donc je choisirai dans ce socle commun. Il n'a cité personne.
Aucun nom n'a été cité ni par lui ni par nous. C'était pas l'objet. Faut quand même vous dire que sur les plateaux télé, on parle beaucoup de noms.
Ça occupe beaucoup d'antennes et je peux comprendre pourquoi sans doute ça intéresse aussi les téléspectateurs de savoir qui a la sûr que ça nous c'est pas làdessus qu'on est. Mais nous c'est pas làdus. Vous ne lui avez même pas demandé si l'hypothèse de reconduire Sébastien Lecornu, il l' Non, parce que nous nous portons une hypothèse, c'est quelqu'un de gauche écologiste et nous ne donnons pas de nom parce que quelque part vous voyez on arrive ensemble, je dis pas que ce serait la même chose si c'était l'un ou l'autre mais on est aligné, on sait pourquoi on le fait, on sait ce qu'on porte et donc finalement moi je fais confiance à à l'équipe avec laquelle je suis venue tout à l'heure.
Yeah.
Marine Tondelier