Coronavirus : déclaration du Président Emmanuel Macron à l'issue du Conseil européen
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 6:00OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on peut espérer une relance budgétaire de la part de l'Europe ? Est-ce qu'on peut espérer que l'Europe réagira plus rapidement qu'elle ne l'a fait lors de la crise de 2008 ?
- 8:00RelanceRéponse directe
Monsieur le président, il y a deux pays, l'Autriche et la Slovénie, qui ont fermé leur frontière avec l'Italie. Les autres n'en ont pas fait autant. Ce n'est pas une réponse très coordonnée. Est-ce que vous en avez parlé ?
- 10:00OuverteRéponse directe
La Chine et l'Italie ont pris des mesures massives et coercitives. Est-ce que la France pourrait dans le futur prendre des mesures de cette manière-là ou...
- 12:00FerméeRéponse directe
C'est la 1re fois qu'il y a une vidéoconférence dans l'Union européenne ?
- 13:00OuverteRéponse directe
Au point de vue écologique, n'est-ce pas l'avenir...
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10E. MacronFait
« Nous venons à l'instant de tenir un Conseil européen exceptionnel par visioconférence, qui s'est réuni, donc, à notre demande et qui a aussi associé Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, ainsi que la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde. »
- 0:40E. MacronFait
« Il y aura tous les jours une coordination et un appel entre tous les ministres de la Santé et la Commission pour, justement, échanger sur l'évolution de l'épidémie »
- 1:20E. MacronChiffre
« Nous avons d'ores et déjà déboursé au niveau européen un peu plus de 100 millions d'euros sur des programmes de recherche exceptionnels »
- 3:20E. MacronPromesse
« Nous avons déjà pris les 1res mesures, nous continuerons d'en prendre pour aider ces secteurs et aider ces petites et moyennes entreprises. »
- 5:20E. MacronFait
« Nous avons acté aujourd'hui des flexibilités, d'abord en matière d'aides d'Etat pour que sur les secteurs impactés, les Etats membres puissent prendre les dispositifs qui sont requis. »
- 7:20E. MacronFait
« Toutes les mesures de freinage sont utiles, toutes les mesures non coopératives au sein de l'Union européenne sont contre-productives. »
- 9:20E. MacronFait
« Nous avons décidé dans certains départements de fermer les écoles. Nous avons décidé dans certains départements d'interdire tout rassemblement public »
- 11:40E. MacronFait
« Nous avons aujourd'hui aussi acté, la Commission européenne prendra les décisions qui conviennent pour dire que ces slots aériens seront préservés justement pour les compagnies permettant à celles-ci de ne pas tourner à vide »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
-E. Macron : Très bien. Nous venons à l'instant de tenir un Conseil européen exceptionnel par visioconférence, qui s'est réuni, donc, à notre demande et qui a aussi associé Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, ainsi que la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde.
Ce conseil a permis d'acter plusieurs décisions importantes quant à la crise que nous sommes en train de vivre et qui aujourd'hui touche tous les pays européens, celle donc de l'épidémie de Covid-19. D'abord sur le plan sanitaire, nous avons acté d'une coopération à plusieurs égards. Il y aura tous les jours une coordination et un appel entre tous les ministres de la Santé et la Commission pour, justement, échanger sur l'évolution de l'épidémie, mais également coordonner les mesures prises en termes de confinement et en termes de liberté de circulation, d'organisation de nos systèmes scolaires, etc.
Nous avons aussi acté d'une organisation commune et d'une coordination beaucoup plus forte en matière d'équipements. Il y a deux enjeux sur le plan européen : l'enjeu des masques, les masques chirurgicaux et à haute protection dont nous avons beaucoup parlé depuis le début de cette épidémie, et l'enjeu des respirateurs artificiels et donc des équipements indispensables dans les services d'urgence. Et l'Italie a eu à cet égard beaucoup de difficultés ces derniers jours.
Nous avons donc acté là aussi d'une coordination pour mettre ensemble les besoins, pouvoir passer des marchés communs, prendre des décisions communes pour limiter les manques et réussir à apporter une réponse collective. Je faisais part du problème italien il y a un instant, qui a eu à vivre, justement, pour plusieurs services d'urgence, de très grandes difficultés. Nous avons aussi acté de la mise en place autour de la Commission européenne d'un conseil scientifique car nous avons tous ensemble aussi insisté sur l'importance que les décisions qui sont prises et qui sont à prendre dans cette crise doivent avant tout être basées sur des données scientifiques et le consensus des scientifiques en la matière. 2e grand volet de décisions ce soir, c'est en matière de recherche.
Nous avons d'ores et déjà déboursé au niveau européen un peu plus de 100 millions d'euros sur des programmes de recherche exceptionnels pour accompagner, accélérer des programmes déjà en cours. En matière de diagnostic, de traitement et de vaccin, nous souhaitons là aussi que le travail européen s'intensifie. Et donc au-delà des décisions d'ores et déjà actées avec la Commission européenne, nous porterons ensemble de nouveaux projets de recherche et nous nous attacherons aussi à défendre, accompagner nos entreprises comme nos laboratoires publics qui sont impliqués dans les recherches liées au virus en accélérant les délais en particulier et en accompagnant sur le plan budgétaire aussi.
Enfin, nous avons évoqué les conséquences économiques et financières de l'épidémie. Nous avons déjà vu, durant ces derniers jours, les réactions sur les marchés européens et plus largement sur les marchés mondiaux qui dénotent fébrilité, instabilité, inquiétude. Nous avons aujourd'hui à faire face tout à la fois aux conséquences liées au Covid-19 et dans le même temps aux déstabilisations des marchés mondiaux liées en particulier aux tensions sur le pétrole et aux décisions récemment prises qui ont fait chuter fortement les prix du pétrole.
Tout cela crée beaucoup de volatilité et des risques importants. Face à ceci, il y a évidemment d'abord des réponses nationales que nous prendrons pour, évidemment, accompagner nos services de santé afin qu'ils puissent répondre à cette crise, mais aussi pour accompagner tous les secteurs qui sont touchés sur le plan économique, en particulier les petites et moyennes entreprises. Chaque Etat membre prendra les décisions qui lui revient de prendre en la matière avec un cadre de flexibilité budgétaire et réglementaire indispensable.
Nous avons aussi acté que tous ensemble, nous sommes prêts à prendre les décisions nécessaires, les mesures indispensables pour faire face à cette épidémie, pour faire face aussi à toutes les conséquences auxquelles elle peut donner lieu et éviter toute forme d'instabilité financière et économique. Nous prendrons donc toutes les mesures nécessaires en la matière. C'est ce que nous avons agréé ce soir.
La Banque centrale européenne aura à s'exprimer jeudi quant à elle et nous poursuivrons évidemment ces échanges de manière régulière. Nous aurons un conseil physique le 26 mars prochain et nous poursuivrons cette coordination très étroite tous ensemble. -Est-ce qu'on peut espérer une relance budgétaire de la part de l'Europe ?
Est-ce qu'on peut espérer que l'Europe réagira plus rapidement qu'elle ne l'a fait lors de la crise de 2008 ? -E. Macron : En tout cas, c'est notre volonté complète.
Je pense que nous devons avoir des réponses le plus tôt possible et le plus fort possible. C'est la voix que nous avons portée ce soir. C'est le consensus qui s'est dégagé ce soir.
Il y a d'abord la réponse que nous devons porter sur le plan sanitaire. C'est la priorité absolue, et celle-ci a un coût, et ce coût et les contraintes budgétaires de tel ou tel Etat membre ne doivent pas empêcher de prendre les bonnes décisions en la matière. Ensuite, nous devons accompagner les secteurs économiques qui sont les plus touchés par cette crise.
Evidemment, le secteur touristique, celui de l'aviation civile, le secteur du commerce et plusieurs autres qui sont impactés, d'une part par les conséquences qu'il y a d'abord eues sur l'Asie, d'autre part par les fermetures qui sont décidées et les conséquences de cette épidémie. Là aussi, nous avons déjà pris les 1res mesures, nous continuerons d'en prendre pour aider ces secteurs et aider ces petites et moyennes entreprises. Au niveau européen, nous avons acté aujourd'hui des flexibilités, d'abord en matière d'aides d'Etat pour que sur les secteurs impactés, les Etats membres puissent prendre les dispositifs qui sont requis.
Ensuite pour que toutes les clauses qui sont d'ailleurs prévues dans nos traités puissent être activées afin que la contrainte budgétaire, pour celles et ceux pour qui elle existe, ne soit pas un rempart. Pourquoi ? Parce que nous avons absolument besoin d'accompagner nos économies, d'accompagner en particulier les plus petits acteurs économiques pour éviter tout défaut et toute propagation de cette crise.
C'est une Europe unie et une Europe qui doit prendre en considération le fait que nous vivons aujourd'hui une crise exceptionnelle qui suppose des réponses exceptionnelles. -Monsieur le président, il y a deux pays, l'Autriche et la Slovénie, qui ont fermé leur frontière avec l'Italie. Les autres n'en ont pas fait autant.
Ce n'est pas une réponse très coordonnée. Est-ce que vous en avez parlé ? -E.
Marcon : Il y a des réponses qui, en effet, relèvent du droit national. Nous avons aujourd'hui parlé de tout ce qui relève de la coordination. Moi, je considère que toutes les mesures de freinage sont utiles, toutes les mesures non coopératives au sein de l'Union européenne sont contre-productives.
Tous les pays sont aujourd'hui touchés. Est-ce que si nous avions, il y a quelques semaines, décidé une fermeture des frontières, j'avais eu l'occasion de le dire en me rendant à Naples, nous aurions apporté une réponse efficace ? Non.
Parce qu'on l'a bien vu. Il suffit d'une personne, d'un groupe de personnes, d'un voyageur pour que dans un bassin de vie, les choses se répandent. Donc il faut là aussi savoir raison garder.
L'esprit qui est le nôtre depuis le début, la méthode qui est la nôtre est simple. D'abord, écouter les scientifiques, les spécialistes et ne céder à aucune forme de panique. Ensuite, tout faire pour freiner la diffusion de l'épidémie.
Pourquoi ? Parce que quand on freine, on s'organise mieux, on évite aussi qu'il y ait une trop grande pression trop rapidement sur les services hospitaliers et l'ensemble des services de santé, et on peut mieux s'organiser. C'est ce que vous nous voyez faire depuis des semaines et ce sur quoi le gouvernement travaille.
C'est ce qui suppose ensuite de prendre des mesures de fermeture, de restriction de la vie sociale, et c'est là-dessus que nous voulons une meilleure coordination européenne. Et puis nous souhaitons à chaque fois que ce soit proportionné. Pourquoi ?
Parce qu'il faut que ce soit utile et parce que nous ne sommes qu'au début de cette épidémie. Et si nous prenons des mesures qui sont disproportionnées, ce sont des mesures avec lesquelles nous ne pourrons pas vivre dans le temps, et c'est donc contre-productif. Je crois que ce sont, très sincèrement, de mauvaises décisions.
La coordination européenne est beaucoup plus efficace. Les mesures de confinement sur les régions qui sont touchées sont plus efficaces. Les mesures de responsabilisation des personnes malades à qui on demande de rester à la maison, de prendre des mesures barrières sont beaucoup plus efficaces. -La Chine et l'Italie ont pris des mesures massives et coercitives.
Est-ce que la France pourrait dans le futur prendre des mesures de cette manière-là ou... -E.
Macron : Ecoutez, nous prenons les mesures adaptées au moment où elles sont décidées. Et donc à chaque étape de cette épidémie, le ministre de la Santé, le directeur général de la santé ont d'abord communiqué de manière très transparente la situation et les décisions qui en découlaient. Aujourd'hui, il n'y a pas lieu de prendre des décisions de cette nature.
Si demain ou après-demain, il y avait lieu de le faire pour telle ou telle raison, nous l'expliquerions et peut-être les prendrions-nous. Mais aujourd'hui, nous avons pris dans les zones qui sont les plus infectées, où l'épidémie a beaucoup progressé, certaines mesures de contrainte. Nous avons décidé dans certains départements de fermer les écoles.
Nous avons décidé dans certains départements d'interdire tout rassemblement public qui, justement, pouvait l'être. Dans le reste du territoire, nous avons eu des mesures plus proportionnées, plus réduites. Pourquoi ?
Parce que l'épidémie n'est pas au même niveau, parce que ça ne nous semblait pas nécessaire. Et donc tout dépend de la nature et de l'évolution de l'épidémie. Donc nous devons nous adapter et accepter aussi que cette doctrine s'adapte.
Aujourd'hui, pour la France, ça n'est pas nécessaire d'aller plus loin que ce que nous sommes en train de décider. Voilà ce qui a été acté aujourd'hui. C'était, je crois, un Conseil européen qui était important.
Il sera suivi sans doute d'autres rendez-vous. Un dernier point parce que ça va donner lieu aussi à beaucoup de commentaires. Je l'ai vu ces derniers jours à juste titre.
Vous avez peut-être vu que dans plusieurs aéroports européens, il y avait des compagnies qui faisaient tourner des avions quasiment à vide, ce qui est évidemment une hérésie économique, mais plus encore une hérésie écologique et environnementale. Ces avions tournaient pour ne pas perdre la disponibilité des slots aériens qui leur étaient donnés. Nous avons aujourd'hui aussi acté, la Commission européenne prendra les décisions qui conviennent pour dire que ces slots aériens seront préservés justement pour les compagnies permettant à celles-ci de ne pas tourner à vide lorsque, justement, il n'y a pas suffisamment de passagers.
Je pense que c'est une réponse de bon sens très importante. Et je remercie la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, de l'avoir prise ce soir parce qu'elle répond là aussi à ce que nous sommes en train de vivre et elle montre que dans ces crises que nous sommes en train de vivre, il faut continuer +d'avoir cette préoccupation et ce combat écologique parce que ce que nous sommes en train de vivre, c'est une vraie crise mondiale. Elle implique une coordination européenne et internationale.
Mais nous aurons d'autres crises mondiales à vivre. Et donc nous ne devons pas oublier l'ensemble de nos priorités, notre grand agenda aussi et l'agenda écologique en fait partie. -C'est la 1re fois qu'il y a une vidéoconférence dans l'Union européenne ? -E.
Macron : C'est exact. -Au point de vue écologique, n'est-ce pas l'avenir... -E.
Macron : Alors ça ne peut pas remplacer toutes les réunions parce que le contact humain, parce que les échanges dans la durée, les échanges y compris hors de la réunion physique sont importants. Mais je pense que c'est quelque chose qui permet de la réactivité et de la simplicité dans le contexte qui est le nôtre. C'est à la fois, en effet, pertinent sur le plan sanitaire comme sur le plan environnemental.
Merci à vous. Bonne soirée. Bon courage.
Emmanuel Macron