Déclaration du Président Emmanuel Macron et du Premier ministre de la République tchèque Petr Fiala.
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00Emmanuel MacronFait
« Nos présidences reflètent le contexte géostratégique actuel et nous avons successivement la tâche d'organiser la réponse européenne à la guerre en Ukraine. »
- 1:30Emmanuel MacronChiffre
« Notre solidarité massive à l'égard de l'Ukraine, les sanctions rapides, elles aussi massives, à l'encontre de la Russie avec le sixième paquet de sanctions pris il y a encore quelques jours en sont la preuve. »
- 2:00Emmanuel MacronChiffre
« Je veux ici souligner la solidarité exceptionnelle de la République tchèque qui a accueilli plus de 350 000 personnes venant d'Ukraine. »
- 2:30Emmanuel MacronPromesse
« J'ai proposé, il y a quelques semaines, de créer tous ensemble une communauté politique européenne. »
- 3:00Emmanuel MacronFait
« Nous souhaitons que l'Europe avance dans sa transition énergétique, en réduisant sa dépendance aux énergies fossiles et en répondant aux défis climatiques. »
- 3:30Emmanuel MacronFait
« Nous poursuivrons l'action déterminée de l'Union vis-à-vis de nos voisins directs et au-delà, à travers le Sommet avec les Balkans occidentaux qui se tiendra le 23 juin. »
- 5:00Petr FialaFait
« La présidence française a vraiment su gérer ces défis avec beaucoup de succès. »
- 5:30Petr FialaFait
« L'Unité de l'Europe dans les sanctions contre la Russie et dans le soutien de l'Ukraine, c'est vraiment très important. »
- 6:30Petr FialaFait
« La guerre en Ukraine a perturbé l'ordre international. Il a été nécessaire que la France adapte ses priorités à cette situation. »
- 7:30Petr FialaFait
« Nous allons également parler de l'évolution de la guerre en Ukraine, des sanctions contre la Russie et des positions que nous devrons adopter vis-à-vis de la Russie. »
- 8:00Petr FialaFait
« En ce qui concerne les relations bilatérales, je vais parler de notre spécificité de pays intérieur, sans accès à la mer, qui pour l'instant, est assez dépendant des énergies russes. »
- 8:30Petr FialaFait
« Pour nous, la France est le partenaire principal, le plus fort au niveau de l'énergie nucléaire, qui est essentiel pour nos deux pays. »
- 9:00Petr FialaFait
« Je suis heureux que nous ayons réussi, par nos efforts communs, à faire intégrer le nucléaire dans le mix énergétique européen. »
- 9:30Petr FialaFait
« La coopération a déjà commencé et, grâce à ses expériences, la France sera pour nous un partenaire très important. »
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Mesdames et Messieurs, bonjour. Monsieur le Premier ministre, cher Petr, je vous souhaite la bienvenue aujourd'hui à Paris. Merci à toi d'être là. 2022 est une année qui lie étroitement la République tchèque et la France, alors que nos deux pays ont à assumer, l'un après l'autre, la présidence du Conseil de l'Union européenne dans un contexte ô combien tourmenté.
C'est pourquoi je suis heureux d'avoir aujourd'hui cet échange avec toi, afin de lier étroitement le travail en cours de la présidence française qui se termine dans moins d'un mois, et les futures priorités que votre présidence aura à apporter dès début juillet. Nos présidences reflètent le contexte géostratégique actuel et nous avons successivement la tâche d'organiser la réponse européenne à la guerre en Ukraine car cette guerre que la Russie a choisi de mener transforme profondément notre agenda. Il s'accélère, s'intensifie et nous a amenés à des choix historiques, dans un esprit d'unité et de responsabilité.
Notre solidarité massive à l'égard de l'Ukraine, les sanctions rapides, elles aussi massives, à l'encontre de la Russie avec le sixième paquet de sanctions pris il y a encore quelques jours en sont la preuve. Je veux ici souligner la solidarité exceptionnelle de la République tchèque qui a accueilli plus de 350 000 personnes venant d'Ukraine. Je salue aussi nos actions conjointes sur le flanc oriental, avec des chasseurs aériens français et tchèques qui patrouillent aujourd'hui en Estonie.
Démonstration, si besoin en était, de ce travail conjoint et de cette vision commune de notre Europe. Nous échangerons donc sur la situation en Ukraine, les efforts pour aider le président Zelensky à parvenir à un cessez-le-feu, ainsi que sur l'avenir de l'Ukraine dans la famille européenne. Nous reviendrons aussi sur la structuration politique de notre continent.
J'ai proposé, il y a quelques semaines, de créer tous ensemble une communauté politique européenne. Je souhaite que nous puissions en parler, et des moyens d'organiser une véritable concertation politique à cette échelle. Il nous faut aussi répondre aux propositions que les citoyens européens ont formulées le 9 mai dernier sur l'avenir de notre Europe.
Si l'heure n'est pas encore aujourd'hui à la passation de flambeau, il y a plusieurs dossiers urgents sur lesquels nous allons échanger et pour lesquels je sais notre mobilisation commune. Nous souhaitons que l'Europe avance dans sa transition énergétique, en réduisant sa dépendance aux énergies fossiles et en répondant aux défis climatiques. Je sais aussi pouvoir compter sur la présidence tchèque pour mener à bien notre ambitieux agenda en matière de défense, afin d'investir dans les capacités européennes, en matière industrielle pour porter les projets communs et, enfin, nous poursuivrons l'action déterminée de l'Union vis-à-vis de nos voisins directs et au-delà, à travers le Sommet avec les Balkans occidentaux qui se tiendra le 23 juin, la poursuite de notre partenariat renforcé avec l'Afrique, et l'agenda que vous-même avez souhaité pour votre présidence sur ces sujets majeurs.
Plus généralement, c'est bien un agenda de souveraineté européenne que nous allons continuer de bâtir et qui, j'en suis sûr, continuera aussi de structurer la présidence de l'Union européenne par votre pays. Voilà, cher Petr, cher ami, ce que je voulais dire en t'accueillant aujourd'hui à Paris, et en te remerciant d'être là pour pouvoir évoquer les grands sujets du prochain Conseil européen et de la présidence que tu auras à conduire. Monsieur le Président, cher Emmanuel, Mesdames et Messieurs, c'est un grand plaisir pour moi d'être ici pour cette visite de travail en France, et j'aimerais remercier encore une fois le président Macron pour son aimable invitation.
J'ai eu l'occasion de rencontrer le président Macron plusieurs fois pendant les réunions du Conseil européen mais, cette visite, c'est notre première rencontre bilatérale et donc je m'en réjouis vraiment beaucoup. Nous avons beaucoup de sujets en commun. Nous avons des relations historiques avec la France, avec beaucoup de contacts à différents niveaux qui se sont intensifiés ces dernières années.
La France est parmi nos partenaires stratégiques. Notre coopération se développe avec succès dans différents domaines. Comme disait Emmanuel, l'année 2022 est vraiment une année tchéquo-française, au moins parce que nous prenons le relais de la présidence de l'Union européenne, ce qui renforce encore nos relations et nos contacts.
La passation de flambeau aura lieu dans très peu de temps, et ce sera la deuxième fois que la République tchèque se chargera de cette tâche. La présidence française a dû faire face à d'énormes défis, certains imprévisibles à l'avance. Ce sont des défis causés par la guerre en Ukraine et je suis heureux de pouvoir dire dès à présent, avant la fin de la présidence française, que la présidence française a vraiment su gérer ces défis avec beaucoup de succès.
Le principal succès, je crois, c'est que la France a réussi à unir les États membres avec des positions communes, comme Monsieur le Président en a parlé. L'Unité de l'Europe dans les sanctions contre la Russie et dans le soutien de l'Ukraine, c'est vraiment très important. La guerre en Ukraine a perturbé l'ordre international.
Il a été nécessaire que la France adapte ses priorités à cette situation, et effectivement elle a bien réussi. Pendant nos entretiens, nous allons échanger au sujet de toute une série de thèmes d'actualité. Certains ont été mentionnés.
Il va falloir parler du renforcement de la défense européenne, c'est un grand devoir pour l'avenir. Il va falloir parler de la sécurité énergétique, ce qui est un sujet très important pour la République tchèque, mais aussi pour toute l'Europe. Nous devrons parler des conséquences de la guerre en Ukraine, telles que la montée des prix et l'inflation dont souffrent beaucoup de pays.
Il va falloir parler aussi de la façon de gérer la vague de réfugiés. Nous allons également parler de l'évolution de la guerre en Ukraine, des sanctions contre la Russie et des positions que nous devrons adopter vis-à-vis de la Russie. Donc je me réjouis de cet échange qui nous attend et je vais essayer de présenter à Monsieur le Président notre position centre-européenne et notre vision, comment continuer pour vraiment aboutir à ce que nous souhaitons, c'est-à-dire la victoire de l'Ukraine, que ceux qui utilisent la voie de la force pour aboutir à leurs objectifs ne puissent pas être victorieux.
En ce qui concerne les relations bilatérales, je vais parler de notre spécificité de pays intérieur, sans accès à la mer, qui pour l'instant, est assez dépendant des énergies russes. Nous voulons nous en débarrasser et nous aurons besoin du soutien et de la solidarité d'autres pays européens. En ce qui concerne la coopération bilatérale, je vais mentionner quelques points, trois en particulier : la sécurité énergétique.
Pour nous, la France est le partenaire principal, le plus fort au niveau de l'énergie nucléaire, qui est essentiel pour nos deux pays. Dans le but de la " dérussification " de l'énergie, le nucléaire est tout-à-fait essentiel. Je suis heureux que nous ayons réussi, par nos efforts communs, à faire intégrer le nucléaire dans le mix énergétique européen, et je suis convaincu que nous allons continuer dans cette politique commune.
Mais notre coopération a un potentiel plus large, par exemple dans le domaine de l'industrie de la défense qui, dans le contexte de ce à quoi l'Europe fait face, gagne une nouvelle importance, avec la modernisation par exemple de l'armée tchèque. C'est une tâche de beaucoup plus grande actualité qu'il y a quelques mois et c'est un espace de coopération entre nous. Le troisième point bilatéral que j'aimerais mentionner, c'est la coopération et la construction des voies rapides de chemin de fer.
La France a beaucoup d'expérience dans le domaine. La coopération a déjà commencé et, grâce à ses expériences, la France sera pour nous un partenaire très important. Je me réjouis de notre entretien imminent.
Je suis convaincu que le résultat sera que la République tchèque et la France seront des partenaires stratégiques avec des positions communes sur les questions les plus importantes et que notre coopération sera importante pour l'avenir de l'Europe, dans ces mois difficiles où elle fait face à des défis que personne d'entre nous ne pouvait imaginer il y a quelques mois.
Emmanuel Macron