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Conférence de presseBFM TV (sur YouTube)· 11 juillet 2025 54 minFond programmatiqueDéfenseSécuritéEurope & internationalInstitutions & élections

Menace russe, nucléaire, terrorisme...La conférence de presse du chef d'état-major des armées

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 66 %Attaque 19 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 17:30OuverteRéponse directe

    Risque d'engagement majeur face à la Russie ? Comment gagner la guerre avant la guerre ?

  • 18:40OuverteRéponse directe

    Liberté de manœuvre en Afrique après fermeture des bases permanentes ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi la France est-elle la cible principale de la Russie en Europe ?

  • 21:20OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'une menace extrême ? Détournement de la dissuasion nucléaire russe ?

  • 22:40OuverteRéponse directe

    Canaux de communication avec la Russie : risques et besoins ?

  • 24:00OuverteRéponse directe

    Les Français sont-ils en sécurité ? Risque d'extension de la guerre en Ukraine ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:00Chiffre
    « En 2017 le budget de la défense annuelle était de 32,3 milliards. En 2019 35,8, en 2024,2. »
  • 10:30Chiffre
    « Depuis le début de l'année, c'est 33 tonnes de saisie par la marine nationale. L'année dernière en 2024, année record, c'était 48 tonnes saisies. »
  • 0:15Fait
    « le fait que il y a un lead franco-britannique qui a été suscité et qui était attendu et qui aujourd'hui produit des effets quelque chose qui est très important »
  • 0:45Fait
    « autour de ce le franco-britannique, il y ait 30 pays qui qui sont agrégés avec pas d'implication de la part des Américains »
  • 1:15Fait
    « la situation actuelle avec l'incertitude américaine, la menace russe d'une part, l'incertitude américaine est quelque chose qui est beaucoup plus déstabilisant dans les autres pays européens que nous »
  • 1:45Fait
    « on a une certaine autonomie et comme je vous dis, on a aussi construit un modèle d'armée qui nous permet si un jour on doit conduire des opérations seules de le faire »
  • 2:15Fait
    « en Europe, je pense qu'il y a plus beaucoup de pays qui sont capables de faire ça »
  • 2:45Fait
    « le fait que ça soit agrégé coalition des volontaires est quand même plutôt un signal qui est très positif et très fort »
  • 4:30Fait
    « les armées sont pas responsables de la cohésion nationale. On y contribue »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Dans quelques jours, comme chaque 14 juillet, les armées se présenteront au chef des armées et à la nation. Défiler parfaitement, c'est bien évidemment quelque chose qui demande du travail, mais en fait, c'est pas la finalité d'une armée d'emploi. C'est pourquoi je voudrais avec vous ici aujourd'hui faire un tour d'horizon sur notre environnement stratégique et sur les menaces que les armées doivent se préparer à affronter.

Je vais évidemment me concentrer sur ce qui concerne plus directement les armées. Mais en fait, les armées ne sont pas les seuls à défendre les Français. Il y a d'autres d'autres, il y a les forces de sécurité intérieure, il y a les services de renseignement, il y a la diplomatie, il y a les services de secours et bien d'autres qui contribuent en fait tous les jours.

En préambule, je pense que comme moi, vous constatez que l'environnement stratégique est marqué par des crises qui se multiplient et se superposent. On avait auparavant l'habitude de dire qu'en fait une crise chassait l'autre. En fait aujourd'hui c'est plus véritablement le cas.

En fait au contraire les crises se superpose les unes aux autres et s'additionnent sinon se multiplie. Néanmoins, si on cherche à objectiver un peu ça, euh moi je prends en référence chez le CICR qui est quelqu'un qui suit la conflictualité et qui a des indicateurs depuis longtemps. Il y a 30 ans, le CICR estimait qu'il y avait 30 conflits d'un niveau suffisant comptabilisé.

Le décompte du CSR aujourd'hui, c'est 120 conflits. Donc c'est quelque chose qui est objectif et qui en fait n'est pas totalement surprenant. Mais le chiffre est celui-là si on cherche une référence.

Ça veut dire qu'il faut qu'on on intègre, on est bien face à un changement de référentiel stratégique. Pour moi, sans en tout cas, j'ai je peine à discerner quels pourrait être les portes de sortie ou de stabilisation à court terme. J'estime même qu'on est plutôt face à quelque chose que j'appelle les effets cliqués, c'est-à-dire que il y a des étapes qui sont franchies et c'est comme si un peu je ne il y aurait pas de retour en arrière et je pense que c'est un peu la réalité.

Je pense qu'il faut pas qu'on s'attende à un horizon visible à un retour en arrière et donc c'est pas la peine de se dire je vais faire le dos rond et en fait ça reviendra un peu comme avant et je pourrais reprendre mon business pour gérer les affaires. Je pense qu'il y a vraiment un effet cliqué et donc il faut plutôt se préparer à gérer le monde tel qu'il est aujourd'hui face à nous. C'est la réalité.

Pour autant euh je pense pas qu'on puisse dire que la France a été aveugle à ce à ce mouvement qui est initié et qu'aujourd'hui on voit assez nettement. Pour preuve, les deux lois de programmation militaire depuis 2017 sous la volonté du président de la République ont quand même bien identifié et on a deux lois de programmation militaire qui sont assez inédites. Les armées sont conscientes de l'effort qui est fait par la nation pour les soutenir mais en fait c'est surtout par rapport à l'ambition du pays au regarde de la menace telle qu'elle est aujourd'hui.

Si je donne quelques chiffres par rapport à ces deux LPM, en 2017 le budget de la défense annuelle était de 32,3 milliards. En 2019 35,8, en 2024,2. Donc ça ça donne une bonne idée de l'augmentation mais en fait vous le comparez ce qui peut ce qui est important et je vous dis les armées en sont conscientes mais en fait si vous regardez à la vitesse à laquelle le monde évolue et au niveau de menace ça c'est quelque chose qui est finalement assez logique et donc la France c'est pas qu'elle est pas de surprise mais elle avait bien anticipé un risque de dégradation et la nécessité de se réarmer de se réparer d'abord et de se réarmer ce que je vais maintenant c'est je vais caractériser les menaces en commençant tout d'abord par les menaces qui touchent les Français au quotidien les plus proches probablement celles qui vous parleront le plus et j'élargi en fait la focale en direction des menaces hors du territoire national mais dans notre environnement et je terminerai par la menace qui est pour moi la plus dimensionnante mais qui est aussi durable et proche.

Alors en ce qui concerne les menaces qui touchent directement les Français au quotidien euh ces menaces là en fait elles sont caractéristiques de la période qu'on vit qui est une période de compétition. Vous m'avez peut-être déjà entendu euh euh donner ce mot-là. En fait, une compétition qui s'exerce dans tous les champs de l'activité humaine.

Euh ces menaces, elles sont souvent hybrides et difficiles à attribuer. C'est pour ça qu'elles sont utilisées assez facilement par nos compétiteurs. Je constate qu'elles visent à tester notre détermination, nos capacités d' réaction et à fragiser notre cohésion nationale.

J'y reviendrai. Je commencerai par les menaces terroristes et la criminalité. La menace terroriste, c'est pas parce que la guerre de haute intensitaire venue que la menace terroriste a disparu.

Au contraire, elle reste présent. elle reste présent en particulier sur le territoire national, même si euh nos forces de sécurité intérieure, nos services de renseignement ont beaucoup progressé et sont aujourd'hui plutôt capables de déjouer euh les attaques qui sont prévues que de voir les traiter en gérer les conséquences. C'est quelque chose qui est très bien.

Ça peut paraître un peu moins visible mais néanmoins, il y a une vraie menace et elle est traitée. Ça ça veut dire qu'il y a la mission pour les armées poursuite de la mission Sentinelle qui néanmoins s'adapte en permanence dans sa forme, sur le fond et sur la forme. Euh la menace, elle est aussi liée à ce qui se passe dans le reste du monde et en particulier au proches et Moyen-Orient qui est généralement un peu le le bassin ou en tout cas le vivier des risques de menaces exportées avec des risques de répercussion sur le territoire national.

De fait, les armées indirectement sont engagées sur ces théâtres là, par exemple en Irak pour justement essayer de contrer au plus loin possible cette menace là et limiter ses capacités de projection. C'est le cas en Irak, je vous l'ai dit, mais elle n'agissent pas seul. Les services de renseignement sont également mobilisés.

Je pense que ça passe aussi par le contrôle des trafics d'armement dans l'océan Indien et la Corne de l'Afrique. À cela s'ajoute bien évidence sur le territoire national et vous le constatez, une criminalité et des trafics qui augmentent en volume et en niveau de violence. Cette lutte contre la criminalité organisée, c'est pas la mission des armées, c'est les forces de sécurité intérieure.

Pour autant, bien souvent, ces trafic, ils ont des connexions assez importante avec l'étranger. Et donc, c'est à ce titre-là que en coordonisation avec les FSI, on garde quand même un œil et qu'on s'y intéresse de près. De fait, fin juin, ce sont près de 2,5 tonnes de cocaïne qui ont été interceptées dans les Antill et 2,5 tonnes qui ont été interceptés en Nouvelle-Caledonie.

Depuis d'année, depuis le début de l'année, c'est 33 tonnes de saisie par la marine nationale. L'année dernière en 2024, année record, c'était 48 tonnes saisies. On est probablement parti pour battre ce record cette année.

Les minerais sont quelque chose qui sont aussi extrêmement convoités dans le monde aujourd'hui et qui nourrissent des trafics. D'où la lutte que nous menons contre leur paillage illégal en Guyane dans le cadre de l'opération Harpie. Je pense qu'il faut également évoquer la prédation des ressources aliotiques qui est un enjeu majeur pour la France.

Euh d'autant plus qu'on est la 2e zone économique exclusive du monde. On possède la 2e ZDE du monde avec 10 10,2 millions de kilomèr d'espace maritime. C'est bien évidemment quelque chose qui est très important dans le domaine de la criminalité.

Euh il faut ajouter les menaces cyber euh dont une partie est d'origine criminelle ou sous-traitée qui vise aujourd'hui en tout cas qui peut menacer tous les pans de la société. Pas seulement attaquer les armées, c'est le cas aussi mais c'est pas le cas. C'est pas la seule cible, voire même probablement pas la cible majeure.

On est probablement un peu plus durci mais vous vous voyez bien, ça vise des hôpitaux, ça vise des écoles, ça vise des collectivités territoriales, mais les réseaux de transport, mais les réseaux de de gestion énergétique ou les PME. Il y a un deuxième niveau qui est comment notre quotidien, le quotidien des Français est ciblé indirectement par l'action de de grands compétiteurs qui comporte un certain nombre de menaces. C'est le cas par exemple dans tout ce qui concerne l'espace ou sous les mers où en fait se situent des équipements satellites ou câbles qui nous permettent de communiquer, de nous positionner en fait qui sont très présents dans la vie de tous les jours des Français sans qu'on le relie directement à ça.

Dans l'espace, il y a des actions de brouillage et d'espionnage de nos satellites par les grands compétiteurs. Sous les mers, ce sont des câbles qui ont été sectionnés alors que 95 % du trafic internet fonctionne via ces câbles là. Il y a également des menaces qui sont plutôt des risques entre guillemets qui sont exogènes, qui sont liés au changement climatique.

Même si en fait l'impact du changement climatique est souvent catalyseur de chaos, mais même dans leur forme propre changement climatique, c'est d'une nature différente, mais ça peut nous nous poser de gros problèmes. Cyclone, inondation, feu, les causes sont diverses mais le changement climatique joue un rôle et ces effets se feront de plus en plus sentir dans l'avenir. Et en fait, on le ressent nous-même sur le territoire national outreem évidemment mais même sur le territoire national métropolitain.

Je constate que ça c'est forcément quelque chose par l'ampleur que ça prend quelquefois la répétition, quelque chose qui met en tension les moyens de l'État qui sont des moyens finis par définition et que bien évidemment je constate que chacune de ces crises est finalement toujours au moins ponctuellement instrumentalisé pour dénoncer les insuffisances de l'État. De fait, les outurs sont également touchés par toutes les menaces que j'ai évoqué spécifiquement euh avec en surcroix l'effet éloignement. Euh j'appelle, j'évoque souvent le terme de tyrannie des distances, ça rend tout plus compliqué et c'est là aussi quelque chose qui est très très dimensionnant.

La zone indoacifique, elle a cette spécificitél du fait de par son hyper éloignement entre guillemets, mais c'est aussi parce que la zone, j'y reviendrai, c'est dans cette zone que se joue la lutte pour le dealership mondial entre les Américains et la Chine et que forcément ça a aussi paroché un impact sur nous. et notre sécurité et les menaces. Pour nous, ça veut dire que ça signifie qu'on doit éviter de durcir cet antagonisme.

Parallèlement, on se doit absolument de rester un allié fiable vis-à-vis de nos partenaires dans la zone, notamment en les aidant, comme je vous l'ai dit, sur tout ce qui est les conséquences du changement climatique pour tous ces petits pays. C'est probablement d'ailleurs finalement en fait la préoccupation majeure et c'est dans ce domaine-là qu'il faut les aider et une aide strictement militaire et quelque chose qui c'est pas que ça les laisse indifférent, c'est que c'est pas leur priorité et en tout cas pas du tout la priorité de leur population. Ce que je constate si je prends le depuis tout ce que je vous ai dit sur la la partie menace terroriste mais encore plus sur ces menaces qui vise un peu le quotidien des Français.

En fait toutes ces menaces directement ou indirectement finalement menace et cible la cohésion nationale. La cohésion nationale c'est vraiment le centre de gravité de tous les pays et le centre de gravité de notre pays aussi parce que c'est un élément clé de la résilience de la nation. La cohésion nationale, elle fait bien évidemment notre force, mais ça peut être aussi une vraie source de faiblesse.

Elle fait notre force quand on est forte, quand notre cohésion nationale est forte, c'est quelque chose qui dissu est faible le risque et que ça inhibe notre capacité de réaction et notre volonté de se défendre. Et donc, on comprend comment nos compétiteurs et nos adversaires ont intérêtement à attaquer cette cette cohésion nationale. Le mode d'action privilégié pour la fragiliser et la désinformation.

Soit en exploitant les menaces euh qui ont été écrites précédemment, soit directement. Ces menaces sont difficiles à contrer car elles agissent en seement le doute. Elles agissent généralement en choisissant un terra favorable et elles sont souvent difficiles à attribuer.

En tout cas difficiles à attribuer formellement et en fait on voit généralement toujours qui est derrière, à qui profite le crime entre guillemets. Et en fait formellement pour l'attribuer, c'est quelque chose qui n'est pas si simple que ça. C'est bien évidment le but.

Je j'estime que les menaces hybrides, ça peut se définir comme quelque chose qui vise finalement à freiner la capacité de décision parce qu'en fait, il y a un flou qui demeure et que sauf à pas prendre des risques mais affirmer une volonté et finalement attribuer ou en tout cas cibler quelqu'un. De manière formelle, c'est pas si simple que ça. En plus de euh il faut bien évidemment pas ignorer ce qui se passe ailleurs dans un monde où tout est lié.

Et donc on en ressent également est le plus proche les Français. Donc généralement sur le territoire national métropolitain ou mer. Là c'est quelque chose qui est l'Afrique.

Pourquoi l'Afrique ? Parce que je pense que s'il y a bien deux continents dans le monde qui sont très intimement liés qui sont très intimement en fait à des répercussions assez fortes chez l'autre et en ce qui nous direction factuellement et ce n'est que factuel je constate que l'Afrique est un continent qui est marqué par l'instabilité instabilité chronique et donc une vraie difficulté à conduire des opérations sur le long terme. C'est également un continent qui est frappé par le développement des groupes armé terroristes.

En 2024, c'est en Afrique qui a eu le plus d'attentats terroristes, le plus de pertes civiles liées à des attaques terroristes et je pense que c'est durable. C'est également un continent qui est touché par le changement climatique et qui dispose de minera rares et donc convoités. Et donc c'est aussi un lieu où les grands compétiteurs sont forcément extrêmement présents.

Qu'est-ce que ça veut dire pour l'Europe et pour la France en particulier ? Je constate que l'instrumentalisation de l'immigration clandestine est quelque chose qui nous déstabilise dans le fonctionnement même de nos sociétés. Je constate que les guerres d'accès aux ressources augmentent l'instabilité qui est déjà présente avec des conséquences sur la ligne précédente.

La France évidemment a une position particulière en Afrique et en particulier en Afrique de l'Ouest historiquement et elle a été pour ceci directement attaquée dans le champ informationnel par les grands compétiteurs qui bien évidemment camouflent derrière cette attaque eux-mêmes des visées extrêmement prédatrices. Ceci vous le savez a conduit à l'évolution de nos dispositifs. Le but étant de limiter l'exposition de la France et des forces armées et des armées en ce qui me concerne, mais pour autant évidemment de maintenir un vrai niveau d'influence et de maintenir la capacité à défendre nos intérêts.

En fait, mon sentiment très clair est que l'Afrique a encore un besoin de France et elle l'exprime souvent et que la France ne peut pas se désintéresser de l'Afrique car elle y a bien évidemment des intérêts mais aussi des enjeux. Le prochain Moyen-Orient maintenant euh on assiste à une rupture stratégique des équilibres depuis le 7 octobre avec un un déchaînement de violence sans précédent sur mer, sur terre et dans les airs et où euh les stratégies laissent difficilement percevoir des voies de sortie de crise. La France agit toujours en terme de ligne de conduite en protection des populations et pour défendre le droit à la sécurité.

Nous défendons également la liberté de circulation en mer rouge dans le cadre de l'opération Aspidè. Nous appuyons l'ONU dans le cadre de la finule mais également nos partenaires dans la la région. C'est le Liban pour la finule mais aussi comme partenaire c'est la Jouranie, c'est les Émirats arabes unis, c'est le Qatar, c'est l'Irak également avec une seule ligne de conduite engagement, c'està-dire la fiabilité de notre positionnement.

Enfin, on œuvre au respect des traités don prolifération l'Iran qui est concerné principalement. Nos grands compétiteurs bien évidemment sont à de menace périphérique. Euh les grands compétiteur, je citerai la Chine et l'Iran, la Chine qui est définie comme compétiteur systémique s'oppose évidemment principalement aux États-Unis, mais en fait, il y a pas de vraie distinction.

On n'est pas épargné par les effets de la compétition dans le domaine économique et technologique en particulier. On a été de fait espionné, on est espionné et on fait l'objet de campagne de dénigrément. Dernièrement, vous avez sûrement bien identifié la campagne que la Chine a habilement conduite visant à discréditer notre industrie d'armement et directement le rafale suite à la perte d'un appareil dans le cadre des des confrontations assez dures entre l'armée de l'air indienne et l'armée de l'air pakistanaise.

La Chine, c'est également elle qui remet en cause la liberté de circulation en mer de Chine méridionale et qui agit directement pour influer sur les modes de gouvernance dans cette région du monde. L'Iran, elle pratique le terrorisme d'État et elle détient aujourd'hui des otages qu'elle a transformé en otage d'État. Elle mène des actions déstabilisatrice au PMO où elle a une part de responsabilité lourde par son soutien à des proxyterroristes comme le Has, le Esbola ou encore les outils.

Elle peut aussi décider, et la menace a été agitée de fermer le D3 d'Ormouse. Enfin euh je pense qu'il existe de fait aujourd'hui une réelle tentation de relance du programme nucléaire militaire mais cette fois en dehors de toute surveillance. Enfin, il y a la Russie et qui constitue la dernière partie de mon exposé, un autre grand compétiteur qui a ouvertement désigné la France comme son premier adversaire en Europe.

Par moi qui l'ai dit, c'est la Russie qui l'a dit. Alors, la Russie euh elle est partie prenante de toutes les menaces que je viens de décrire depuis le début à la fin et elle constitue à ce titre une menace ou presque toute une menace durable, proche et qui est pour moi la plus dimensionnante. Tout d'abord, la Russie, c'est une vraie puissance militaire, conventionnelle et nucléaire.

Et c'est quelque chose qui est assumé en fait, la Russie est construite sur son système de force et elle y consacre aujourd'hui encore des efforts énormes, colossaux qu'on a du mal à imaginer. Elle a tous les attributs d'un état totalitaire. C'est un univers qui est relativement fermé.

Quand je dis ça, je ne choque personne. Une capacité de décision très centralisée et également un conditionnement de la population dès le plus basage qui est quelque chose qui est à bien prendre en compte. Enfin euh j'estime que la la Russie probablement de par sa mentalité, mais aussi de par les moyens qu'elle a aujourd'hui à sa disposition, se positionne plus souvent en puissance de nuisance plutôt qu'en puissance de construction.

La la Russie se développe vraiment une capacité de nuisance et elle le fait très très bien. Je vous l'ai dit, une puissance conventionnelle et une puissance nucléaire. uneance conventionnelle.

Quand on parle de modèle d'armée complet, en fait la Russie est un modèle d'armée complet mais jusqu'au bout des ongles. Et dans la dans la dans l'armée russe aujourd'hui. Euh je je ne vois pas de capacité qui manque depuis les capacités de brouillage de guerre électronique au système de défense solaire au système d'artillerie feu dans la profondeur avec un étagement en système de force conventionnelle très engrainé avec la guerre informationnelle.

Réussir à mettre tout ceci en jeu et le faire efficacement est probablement un autre sujet. Mais globalement sur le papier, l'armée russe dispose de tout ce qu'il faut. Tout ça c'est la puissance conventionnelle.

La puissance nucléaire aussi. Quand la Russie est obligée de réduire ses priorités, la dernière chose sur lequelle elle fixe ses priorités, c'estes sa dissuasion nucléaire, qui a une distance duation nucléaire qui est aussi complète avec des vecteurs terrestres, des vecteurs sous-marins, des vecteurs aviation à rayon d'action, des armes stratégiques, des armes tactiques avec une une doctrine, une chaîne de commandement qui est extrêmement robuste, testée, sondée. Donc c'est véritablement quelque chose sur lequel s'appuie la Russie pour poser sa puissance.

La Russie c'est une vraie profondeur stratégique. Je pense que quand on parle d'un pays avec une profondeur stratégique, c'est probablement la Russie qui est l'exemple le plus le plus fort. Profondeur stratégique comme je l'ai dit depuis bien sûr géographique hein.

La Russie c'est 11 fuseaux horaire. Donc ça donne quand même une idée de la surface couverte. C'est ce qui lui permet de tenir économiquement.

C'est aussi par la capacité à sa population à durer ou voir même endurer même si la situation est compliquée. En fait, c'est quand même, je pense là aussi historiquement, culturellement, un peuple qui est capable d'endurer des choses qui nous semblent d'ailleurs complètement inimaginable. Donc c'est c'est quelque chose qui est bien fait.

Euh et donc c'est bien évidemment un aspect important pour la résilience et la capacité à soutenir l'État. Constatons néanmoins que, mais je pense que Poutine depuis les années 2000 a vraiment remis euh l'endoctrinement et en particulier au niveau des des plus jeunes un entrînement extrêmement fort, la remontée en puissance du des héros de la Grande Guerre patriotique euh ce qui est ce qui est très très fort et qui se ressent aujourd'hui dans le fonctionnement de l'État. Euh fort de ces atouts, le Cremelin le Créemelin, je vous l'ai dit, a fait de la France une de ses cibles prioritaires avec en fait des choses qui bien évidemment se caractérise un peu dans tous les domaines.

Bien évidemment sous forme de guerre hybride, multimilieu, multicham, ça veut dire un peu partout on est confronté un peu physiquement mais c'est vrai aussi dans l'espace, dans le cyber, dans les fonds marins. Je vais un peu vous décrire ça. C'est vrai dans le, je vous le dis dans le champ informationnel euh l'exemple le plus fréquent si on pense en dehors du terre international, c'est l'Afrique où on était confronté.

On est encore confronté à une guerre informationnelle extrêmement forte de la part de de l'Afrique, de la de la Russie qui cible les pays où on est, mais en fait les autres pays aussi. Et vous avez probablement des exemples. En fait, personne n'est dup à à Bangi, on brûle le drapeau français et qui a un drapeau russe qui est sorti de je ne sais pas où.

Enfin, il y a pas de miracle. Après, on peut toujours dire que le hasard fait bien les choses. Je pense qu'il y a pas de hasard. surtout qu'on a des informations très précises qui expliquent bien qu'il y a le système russe qui est mis en place pour conduire une guerre informationnelle qui ne cible pas que la France mais prioritairement la France parce que je pense qu'ils ont identifié que si la France euh a des difficultés dans ce domaineel finalement ça fera un effet domino puisqu'il considère que c'est probablement nous qui effectivement tenons le mieux l'affaire mais qui cible aussi en fait globalement les autres pays occidentaux mais c'est on est la cible principal je pense que c'est aussi via des proxis donc ça Ça c'est le cas en Afrique mais c'est aussi sur le territoire national.

Territoire national c'est via des proxis ou des agents un peu jetables, utilisables une fois. Euh là aussi, vous avez relaté dans vos dans vos dans vos médias les moldaves qui ont été arrêtés dans l'affaire des étoiles de la ville, les cercueil devant la tour Effel, le fauxite s'engager.fr, la rumeur des punaises de lip dans les goo et en fait il y a plein d'autres exemples et en fait c'est quelque chose qui sature l'espace et qui en fait qui est là aussi qui on peut on peut pas nier une forme d'efficacité parce que ces trucs là deviennent assez autoporteurs et continuent longtemps probablement après que les Russes aient lancé la première pièce pour faire fonctionner ça.

Alors, le champ informationnel, c'est globalement connu, mais je pense que les action les agressions sont caractérisées aussi dans d'autres champs et d'autres milieux. C'est vrai dans l'espace. Alors, c'est quelque chose qui est très loin de l'espace.

Pour autant, les manœuvres de satellites russes, soit pour gêner nos trajectoires de satellites, soit pour s'approcher pour les brouiller, soit pour s'approcher pour les espionner, quelque chose qui est en fait un peu la vie de tous les jours dans l'espace. On a aussi des indices euh et vous en avez entendu parler de volonté de militarisation dans l'espace avec l'introduction de satellite spécialisé qui serait probablement un peu un peu au titre du droit de non militarisation de l'espace en dehors des règles. Mais ça c'est un peu aujourd'hui la remise en cause des des traités quelque chose qui est malheureusement assez fréquent en mer et sous les mers.

Donc c'est d'abord les sous-marins nucléaires d'attaque russes qui régulièrement pénètrent en Atlantique nord et ensuite descendent quelquefois en Méditerranée et qui cherchent évidemment à surveiller les zones qui sont importantes pour nous mais également chez les Britanniques éventuellement aussi chez les chez les sur les côtes américaines avec des donc ça c'est un peu pour l' c'est vraiment les sous-marins nucléaires d'attaque en fait une présence gênante. Il y a des moyens spécialisés d'action sous la mer, soit à partir de bâtiment de surface, c'est le Ganta qui est particulièrement identifié, qui a de grosses capacités, qui peut intervenir très très profond à plusieurs milliers de mètres sous la surface. Ils ont aussi des sous-marins spécialisés euh avec des des capacités de porter des sous-marins fi conduire des actions plus précises le long des câbles.

Donc tout ceci est extrêmement préoccupant et mérite véritablement qu'on s'y intéresse. On est engagé avec nos alliés en Atlantique nord mais également avec les pays baltes, les pays scandinaves pour déjouer ces malèves d'intimidation. Mais en fait sous l'eau euh et à partir de de la surface se conduisent des opérations assez intenses.

Dans les airs, friction, interaction sont fréquentes avec nos patrouilles et drones euh et un peu dans tous les espaces. Une fois qu'on est dans les dans l'espace aérien international, c'est quand même un peu la zone où on a l'habitude de dire plutôt nous des espaces qui appartiennent à tout le monde. En fait, les Russes disent plutôt un espace qui appartient à personne sous-entendu.

En fait, c'est quelque chose à conquérir. Mais ça c'est vrai. C'est vrai en mer Noire, c'est vrai au-dessus de la Syrie, c'est vrai en Méditerranée, c'est vrai quelquefois assez loin en Atlantique Nord.

Donc c'est des comportements non professionnels souvent dangereux. Vous avez euh vous avez vu illumination d'un Atlantique 2 par des conduites de tir, mais c'est aussi des escortes de chasseurs identification et je signale aussi les vols de l'aviation à long rayon d'action. Donc ça c'est les bombardiers stratégiques russes qui sont basés plutôt sur la partie nord de la partie nord de la de la Russie dans la région de Mourmans qui en fait qui conduisent des longs vols plutôt au-dessus enfin au-dessus de l'espace maritime en contournant la Norvège et en descendant quelquefois au-delà de la Grande-Bretagne ce qu'ils n'ont pas fait depuis longtemps parce qu'en fait ils sont bien occupés.

Je pense que ça s'il y a des signes aussi qui ne trompent pas mais quelquefois qui sont descendus en dessous de la en passant au sud de la Grande-Bretagne et ensuite en remontant, c'est arrivé une fois en remontant par la Manche en direction donc des vols de longue distance. C'est bombardiers l'aviation russe à rédaction. Elle a bien évidemment une mission antinavire de recherche des surfaces et principalement de rechercher les groupes de porte-avion américains ou alliés.

Mais en fait c'est aussi des bombardiers du haut euh comme la la doctrine russe le prévoit capable d'emporter l'arme nucléaire. Dans le cyber, en Europe, il y a eu des attaques cybernes multiples qui ont été attribuées. Les Russes avancent évidemment masqués avec une capacité à sous-traiter vers des groupes qui dans l'absolu quand on remonte directement ne veulent pas dire grand-chose.

Mais en fait, on voit là aussi assez très clairement de quoi il s'en il en retourne. La France cherche maintenant à attribuer, à dénoncer ces attaques là. Attribuer quelque chose qui est important en fait.

Attribuer, être capable d'attribuer est une chose et ensuite le sortir, c'est-à-dire officiellement attribuer est une étape suivante. C'est ce qu'on fait avec nos alliés. Voilà, je pense qu'il faut pas non plus excuire des actions comme celles qu'on subit certains de nos voisins.

Pour l'instant, c'est pas le cas et tant mieux sur le territoire national. Par exemple, des sabotage qui ont visé des usines d'armement allemandes ou des grands dirigeants de ces sociétés. Voilà, la Russie c'est une menace durable.

La guerre en Ukraine pour la Russie est existentielle et elle veut absolument obtenir ce qu'elle a fixé comme objectif ou au moins ce que Poutine a fixé comme objectif avec probablement comme objectif ou état final recherché si on parlait dans le vocabulaire militaire affaiblir l'Europe et démanteler l'OTAN. C'est l'objectif de la Russie. C'est l'objectif de Poutine.

Pour y arriver, elle a mis en place avec la guerre en Ukraine et elle s'est réorganisé de manière assez rapide et efficace une économie de guerre qui tourne à plein régime aujourd'hui. Cette économie de guerre, je pense qu'aujourd'hui c'est une partie de l'équation qui fait tenir l'économie russe. Et donc il y a pas de raison, voir même une forme de d'impossibilité de stopper ça brutalement.

Ça veut dire que la Russie va continuer à se réarmer à ce rythme là. Et donc on estime avec malgré les pertes qu'elle subit, les pertes incroyables qu'elle subit, pour autant euh avant 2030 constituera à nouveau une force qui constituera une vraie menace à nos frontières sur le flanc est de l'Europe. On comprend bien qu'en Ukraine se joue d'une part la sécurité de l'Europe mais je pense aussi en fait la place des pays européens dans le monde dans le monde de demain dans le monde qu'on est en train de décrire aujourd'hui et que si le point de sortie en Ukraine était une victoire russe et une défaite ukrainienne en fait on a souvent on se dit souvent que c'est une défaite occidentale, je pense que ça serait ça devient de plus en plus du fait de la posture américaine quelque chose qui serait une vraie défaite européenne et que cette défaite européenne en fait, on la suivrait et on les prendrait.

Donc l'Ukraine bien évidment doit être défendue comme tel, mais je pense que la défense de l'Ukraine, c'est aussi un peu la manière dont on conçoit et ce qu'on est prêt à faire pour poser l'Europe telle qu'elle doit être demain et et vivre au milieu du monde d'aujourd'hui. Et vous comprenez bien que si jamais c'était pas le cas, euh prend je pense que pour prendre une image et qui a déjà été utilisée, on deviendrait quand même un peu les herbivores dans un monde de carnivore et c'est pas une position très confortable de se retrouver en bout de chaîne alimentaire. Donc pour cette raison-là, il faut être extrêmement vigilant.

Donc réponse qui doit être européenne aujourd'hui, je pense vraiment sur le sujet européen, même si on doit absolument conserver le lien avec les Américains, ce qui est à mon avis leur intention aussi, même si leur le lien devient plus incertain et leur niveau d'engagement va forcément baisser. C'est quelque chose qu'ils ont annoncé aujourd'hui sur le terrain. Ça s'est pas encore concrétisé.

Je pense que ça arrivera. Je ne crains pas un retrait total américain. C'est ni dans leur intérêt et ça ne se fera pas comme ça.

Mais néanmoins, la nécessité pour les Européens d'augmenter leur capacité de défense, c'est quelque chose qui est essentiel. On est aussi engagé dans le cadre de l'OTAN pour la protection du flanc est. Euh, on a parlé hier, le Premier ministre britannique, le président de la République, on parlait de la coalition des volontaires.

Euh, coalition des volontaires qui est quelque chose qui a été suscité lors d'une réunion relative à l'Ukraine par un dirigeant européen en demandant qu'il y a un lead franco-britannique qui se mette en place, que bien évidemment la Grande-Bretagne et la France ont pris à leur compte avec des développements intéressants. On pourrait éventuellement y revenir dans les questions. Voilà, je pense il faut néanmoins être aussi conscient que je pense que la menace russe aujourd'hui, elle est quand même, je sais pas si on dit d'abord, faut pas être trop exclusif, mais en tout cas Poutine joue un rôle déterminant dans la menace que constitue aujourd'hui la Russie vis-à-vis du continent européen et les visées russes sur l'Ukraine.

Je pense que c'est esprit de revanche, volonté de laisser une trace dans l'histoire qui détermine ces décisions et je pense que c'est quelque chose qui peut conduire à tous les excès. Donc un vrai niveau de vigilance face à cet ennemi, je vous l'ai dit, qui est durable et déterminant. Pour conclure euh rapidement, je pense que dans le monde que je viens de décrire aujourd'hui, il y a quatre marqueurs qui permettent de comprendre et de voir à quoi on est confronté.

Le premier marqueur, c'est un emploi de la force désinhibé. L'emploi de la force aujourd'hui, c'est l'outil principal des relations internationales. Beaucoup de pays considèrent que c'est le moyen le plus simple et le plus rapide d'obtenir des résultats et que dans ce domaine là, quand on choisit des modes d'action où on produit le plus de pertes possible, c'est quelque chose qui permet d'afficher sa détermination.

Première chose. La deuxième chose, le deuxième marqueur, c'est contestation de l'Occident et de l'ordre établi après 1945. un un ordre qui s qui se s'appuie sur le droit international qui aujourd'hui est constaté avec une vraie volonté de mettre en place un ordre alternatif.

Poutine est le chef de fil de cette volonté de désoccidentalisation et il en tire profit. Le troisème marqueur, c'est la puissance de l'information. L'information tout sous tous. bien évidemment l'information en terme de renseignement pour être capable de comprendre mais aussi l'information champ informationnel guerre informationnelle dans le champ des perceptions pour attaquer en particulier la cohésion nationale de ses adversaires.

Le dernier marqueur qui peut vous sembler d'un niveau différent, mais je pense que pour autant c'est quelque chose qui est extrêmement important et que pour beaucoup de pays en fait c'est quand même un vrai angle d'approche, c'est l'impact du changement climatique catalyseur du chaos mais en fait vraie préoccupation et si on ne le prend pas en compte déjà c'est quelque chose qui un jour nous arrivera ça nous arrive déjà et il y a beaucoup de conséquences et les armées doivent anticiper mais je pense qu'en terme de sécuritaire c'est un driver assez fort. Enfin, pour conclure la conclusion de ma conclusion, je pense qu'il faut néanmoins qu'on fasse tous preuve. En tout cas, je j'essaie de garder moi une forme de lucidité euh et constater que consciemment ou inconsciemment aujourd'hui en fait il y a une forme d'acoutumance à la violence qui augmente et que si vous réfléchissez dans ce que vous présentez dans vos médias, est-ce qu'il y a 5 ans vous auriez considéré normal que un état tire 300 missiles sur un autre et qu'en fait on dise que c'est pas très grave parce qu'en fait il y en a 95 % qui avaient été interceptés.

En fait c'est très grave et c'est pas normal. Est-ce qu'à 5 ans, on aurait considéré que tirer des missiles antinavires contre des navires de commerce, même si la plupart du temps, même pas toujours, ils sont interceptés, en fait c'est quelque chose de normal. Non, c'est pas normal et il faut contrebattre ça impérativement.

Et en fait, est-ce qu'il y a 5 ans, on aura imaginé qu'il y a des batailles terrestres qui se livent où il y a plusieurs centaines de milliers de morts par jour, voire quelquefois au-delà du millier. Ceci n'est pas normal. Et ça, je pense que c'est quelque chose auquel on doit faire attention, mais pour autant qui caractérise un peu euh la manière dont le monde aujourd'hui se positionne.

Voilà. Merci beaucoup. Je pense qu'on pourra prendre de l'ordre de cinq questions.

Bonjour Nicolas Barot du Figaro. Deux deux questions. Est-ce que de votre point de vue ici monsieur euh est-ce qu'il y a un risque que la France soit engagée dans un conflit majeur à à courte échéance face à la Russie d'une manière ou d'une autre ?

Et euh comment dans ce cas-là pour remporter cette guerre avant la guerre ? Comme vous dites, cette compétition dès aujourd'hui, quel moyen vous faut-il ? Merci.

Euh, malheureusement, en fait, aujourd'hui, quand il y a un risque et je je faisait le constat, dans nos dans nos documents d'étatmajor, on a l'habitude de classer en disant "OK, la menace la plus probable et la moins dangereuse et la moins probable mais la plus dangereuse en fait aujourd'hui ce qui sort tout le temps, c'est la plus dangereuse." Et donc, il faut qu'on soit il faut quand même être raisonnable. Après, en fait, la France en Europe n'est pas toute seule. géographiquement, elle est à l'intérieur du continent européen.

Il y a des outils de défense collective de défense collective et la France est un pays doté. Donc on n'est pas probablement le pays euh le plus menacé directement. Pour autant, je pense que c'est un peu ce que se disaient les Ukrainiens avant 2014 et même certains qui se le disaient avant 2022 et que face à un compétiteur russe, un adversaire russe tel que je vous l'ai décrit qui a identifié la France comme son principal adversaire en Europe, à défaut de se faire attaquer directement et lourdement sur le territoire national, il y a beaucoup d'autres options.

Et enfin pour répondre à votre question ou précision sur gagner la guerre avant la guerre, en fait notre vrai objectif c'est pas de gagner la guerre en fait c'est d'éviter la guerre et donc d'où gagner la guerre avant la guerre et dissuader nos adversaires de le faire. Je pense que dans le monde d'aujourd'hui, c'est pas avec des bonnes intentions qu'on peut dire qu'on va dissuader nos adversaires de nous attaquer, que ça soit sur le territoire national, que ça soit dans les différents milieux ou que ça soit outreem et que notre capacité à afficher notre détermination d'être prêt parce qu'en fait gagner la guerre avant la guerre, c'est complété par en étant prêt à s'engager dans une guerre de haute intensité. En fait, c'est le meilleur moyen pour ne pas se retrouver aujourd'hui confronté à un engagement majeur.

Et ceci, oui, probablement a un coût et nécessite de bien réfléchir à ce dont on a besoin. Bonjour, mon général Franck Alexandrefi. Donc, je voudrais qu'on parle un petit peu de l'Afrique, s'il vous plaît.

Les bases permanentes ont été fermées et de ce fait, avez-vous retrouvé votre liberté de manœuvre sur le continent africain ? Merci pour cette question sur l'Afrique effectivement qui est quelquefois je constate qu'on a peut-être un peu tendance à l'oublier parce que il y a des crises d'une intensité très supérieure. Pour autant la France est quelque chose l'Afrique est quelque chose qui est très important pour la France et comme j'ai dit il y a encore en Afrique et dans de nombreuses parties de l'Afrique un vrai besoin de France donc on doit y rester vigilant.

Vous avez raison de dire de citer les bases permanentes qui quand je vous parlais d'instabilité et il y a une autre caractéristique qui est un peu une caractéristique mondiale qui est souveraineté. Euh je pense que nos bases permanentes qui ont été historiquement une vraie force euh parce qu'on était au contact de nos partenaires africains euh parce qu'on était très réactif parce qu'on y stationnait des troupes permanentes, est devenu aujourd'hui dans les facteurs instabilité et souveraineté quelque chose qui comportait plus d'inconvénients que d'avantage. C'est pas que notre système ne fonctionnait plus, c'est qu'en fait les inconvénients liés à notre présence permanente devenait insupportable en particulier parce que on était agressé non pas militairement principalement, mais on était agressé dans le champ des perceptions.

Et vous comprenez bien quand je vous dis souveraineté qui est de plus en plus revendiquée par les pays africains, nous français souveraineté, on sait ce que ça veut dire. Quand en 66 le général de Gaul dit il faut que la France renforce sa souverainteté ou retrouve sa souverainteté, en fait il identifie quelque chose qui est pour lui le marqueur principal d'une perte de souveraineté ou d'une souveraineté constée, c'est des bases étrangères sur son territoire et il demande aux Américains et aux Canadiens de quitter la France. En fait, on doit comprendre ça, que les Africains puissent avoir la même vision ou en tout cas quand dans le champ informationnel quelqu'un nous attaque sur cet angle là en disant "Vous êtes occupé, vous êtes pas souverain". en fait ça marche.

Et donc c'est pour ça la volonté, c'est pas parce que notre système de base permanente ne produisait pas des effets positifs, c'est que dans le champ informationnel, les effets négatifs étaient bien supérieurs à ça. Et donc oui, c'est c'est pour ça qu'il y a eu une vraie une vraie conception, une nouvelle la mise en place d'un nouveau dispositif qui a visé à fermer nos dispositifs permanents. Ça veut pas dire qu'on a plus de partenariat avec nos nos partenaires africains de de de d'action de coopération.

Mais c'est quelque chose qui est là aussi, je pense que c'est important au rythme de chaque pays. En fait, il y a pas une politique africaine. En fait, chaque pays a son tempo, a ses besoins et en fait, c'est chaque pays qu'il faut traiter.

La mission de de monsieur Bokel dans ce domaineel était très efficace parce qu'en fait, il a pris le temps d'aller dans chaque pays, de décliner les besoins et en fait tout ne s'est pas fait d'un seul coup parce que chacun vit suivant ses ses contingences politiques du moment, ses élections, ses différentes choses. et on est en train, j'estime, à l'été, d'aboutir quasiment sur nos dispositifs terminal en ce qui concerne la finalement le transfert des bases permanentes. Et en fait, le but étant bien de ce qu'on a déjà fait avec un certain nombre de pays puisque tout le monde n'est pas au même rythme, mais vraiment d'engager une coopération qui soit équilibrée.

Je pense que ça c'est le terme clé. Il faudra apprendre des deux côtés parce que en fait c'est bien à deux qu'on fait de la coopération mais j'estime qu'on a beaucoup avancé dans ce domaine là et si je regarde si je fais le point moyen de comment vous parlez de l'Afrique dans les médias aujourd'hui en fait on est passé sous un vrai seuil de visibilité et que pour autant en dessous il y a quand même un certain nombre de choses qui se font encore. Donc j'estime qu'on avance dans la bonne direction.

Monsieur Mercher, donne marché après. Oui, bonjour Noéie Bisserbe du Wall Street Journal. Pourquoi dites-vous que la France est devenue la cible principale de de la Russie en Europe ?

Est-ce que vous pensez qu'aujourd'hui la France fait face à une menace plus grande que que ses voisins européens ? En fait, c'est pas moi qui le dit, c'est Poutine qui a dit "Mon adversaire, la France est mon adversaire principal en Europe." Ça veut pas dire qu'il s'occupe pas des autres pays, mais ça veut pas dire qu'il s'occupe que de nous.

Euh mais je pense que la France, elle affiche sa détermination dans le soutien à l'Ukraine. Euh on a euh le président de la République et notre diplomatie qui conduit des actions fortes. On a nos armées auxquelles on est on est confronté euh euh face aux Russes en Afrique, en particulier, euh à la la guerre informationnelle russe sur lequel on a quand même investi ce domaine-là. et on ne fait pas que se défendre.

Donc je pense que en tout cas Poutine a choisi de cibler la France probablement comme peut-être le pays avec la Grande-Bretagne et d'autres comme le plus volontaire et qu'en fait il était utile de s'opposer directement à la France et de le de décrire la France comme son ennemi principal en Europe. Oui, c'est Jean-Dominique Merchet. J'ai deux questions.

Euh hier est apparu dans le communiqué, dans la déclaration commune de Northwood, cette notion de menace extrême. Sauf de ma part, c'est une notion nouvelle dans le lang vocabulaire stratégique. Qu'est-ce que c'est qu'une menace extrême ?

Et ma deuxième question, elle porte dans les dans les ce que nous avons affiché, il était fait état concernant la Russie d'un détournement de la vocation défensive de la de la dissuasion nucléaire. Alors, comment on voit aujourd'hui cette menace ? Enfin, quel est le comment vous imaginez le seuil nucléaire ?

On voit un pays comme la Russie qui fait la guerre en Ukraine. On voit l'Iran attaquer un état qu'on sait être doté de l'arme nucléaire, même si c'est pas officiel. Donc ça bouge.

Donc on a comment je crois qu'on on parle d'épaulement ou euh chez nous, mais comment vous voyez les choses à ce niveau-là ? Merci. Alors, monsieur Mercher, la dissuasion nucléaire. qui est un domaine réservé du président de la République justement parce que c'est la dissuasion nucléaire et que la dissuasion nucléaire, elle repose sur sa crédibilité et que la crédibilité de la dissuasion nucléaire, c'est tout un tas de petites choses.

C'est comme un peu gagner la guerre avant la guerre. Tout ce qu'on dit sur la dissuasion nucléaire, c'est quelque chose qui euh soit l'affaiblit, soit la renforce. Et donc c'est un exercice qui est très cadré et qui doit le rester, j'estime, et que comme moi, vous avez constaté que les présidents de la République s'expriment sur la dissuasion nucléaire une fois par mandat.

Je pense que c'est pour ça que c'est comme ça. Maintenant sur le sujet menace extrême sans rentrer menace extrême de fait cadre nouveau. On parle de diss à deux pays.

Donc je pense que il y avait volonté de ne pas utiliser vitau. C'est quelque chose qui veut déjà dire quelque chose de très précis pour dans la dissuasion française. Donc je pense que c'est comme ça qu'il faut le dire.

Ça veut aussi dire que c'est pas assez logiquement si on veut conserver la crédibilité, on dégaine pas la menace de la dissuasion nucléaire à tout moment. De fait, ça me fait la transition avec votre deuxième question qui est probablement quelque chose où on a vu de manière assez désordonnée et d'ailleurs sur des tonalités différentes quand le président Poutine s'exprimait sur la dissuasion claire. C'était quelque chose qui était assez posé euh assez précis et en fait conforme à la doctrine russe avec beaucoup d'autres personnes qui ont parler de la dissuasion nucléaire russe plus exactement qui ont agité sa menace où je suis pas sûr que la crédibilité de la dissuasion nucléaire russie est gagnée parce qu'il y a eu beaucoup de menaces et finalement assez peu d'effets. tant mieux et c'est quelque chose qu'il ne faut provoquer.

Maintenant, quand vous parlez du seuil, en fait, par définition, le seuil, il doit être difficile à fixer parce qu'autrement la dissuasion peut être facilement contournée. Voilà, ce qui est sûr, c'est que la Russie a utilisé comme membre permanent du conseil de sécurité parce que face c'est quelque chose qui est pas anodin. Les cinq membres du conseil de sécurité, c'est les pays qui étaient autorisés à disposer d'une arme nucléaire avec une définition qui est que la dissuade du nucléaire est fait quelque chose qui est fait pour dissuader et se défendre.

Constatons que la Russie pays doté attaqué un pays non doté et finalement a utilisé un peu mal utiliser sa dissuasion nucléaire puisqueen fait il l'a utilisé pour conduire des opérations offensives sous une forme de couverture nucléaire en disant ça va suffire à finalement dissuader les autres pays d'aider l'Ukraine. Et je constate que dans ce dans ce jeu-là euh probablement que la dissuasion nucléaire russe a un peu perdu de sa crédibilité, en tout cas de sa clarté d'emploi. Merci mon général John Lester de AP euh pour ce briefing qui va m'empêcher de dormir.

Si j'avais à résumer un peu, je dirais que c'est une poudrière que vous décrivez dans les poudrières. Le danger, c'est toujours les étincelles. Le directeur de la DGSE l'autre jour disait à nos confrères de LCI que lui, il avait ordre de du président de garder ouvert les canaux pour pouvoir parler à son à l'autre côté.

Euh côté militaire, quel qu'est-ce qui reste de ces canaux là ? Parce que dans le temps où il y avait des signes allemands, quand les pays se comprenaient par exemple dans la dissuasion nucléaire, le les danses un peu choréraphies où les gens comprenaient ce que faisait l'autre, là dans l'imprévisibilité, on a plus de danger de incompréhension dans ces coups-là. Dans ces moments-là, ce serait peut-être utile d'avoir un canau, un téléphone, quelque chose.

Qu'est-ce qui risque ? Qu'est-ce qui manque ? Et qu'est-ce que vous souhaiterez de ce côté-là ?

Est-ce que vous souhaitez qu'il y ait plus de contact entre les militares français européens et vos homogl russes ? Alors, la première chose, je vous l'ais dit, en fait, euh la DGSE, en fait, c'est une partie de sa mission. Et bien ça, maintenir des canaux ouverts quand en fait il y en a plus.

Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, pour maintenir un canal ouvert, pour peu qu'on le veuille, il faut quand même être deux un de chaque côté, ce qui est pas vraiment le cas. Euh troisièmement, euh en fait euh il faut faire attention à ce qu'on fait.

Je veux dire, vous avez constaté que quand il y a eu des reprises de contact, c'était pas au niveau du Smain, même s'il y en avait eu avant. En fait, c'est quelque chose qui a été instrumentalisé par les Russes euh contre un peu la cohésion euh de de l'Alliance atlantique ou la cohésion avec nos partenaires. Donc en fait oui, il y a une nécessité de maintenir des contacts et en fait ces contacts là sont plutôt maintenus à un niveau subalterne qui sont des contacts techniques et il y a peu de zones où c'est fait mais il y a quelques zones où c'est fait mais mais c'est c'est quelque chose qui est assez connu et tous nos partenaires, en tout cas beaucoup de nos partenaires le font. les partenaires qui ont des longues frontières avec la Russie.

En fait, vous pouvez pas travailler sans être capable de vous parler mais c'est des contacts qui sont très infrain pour permettre de déconflicter ou de trouver la solution. Donc ça répond à une partie du besoin. Merci Ulis Goset de BFM TV général.

On est à la veille du 14 juillet. Que dites-vous aux Français ? Est-ce que ils sont en sécurité ?

Est-ce que la guerre en Ukraine que vous avez très bien décrite peut s'étendre au-delà des frontières de l'Ukraine ? Et vous avez dit déjà que nous étions attaqués, que nous étions la cible principale de la Russie. Mais en terme de guerre, je dirais pas traditionnelle, mais la guerre qui est menée en Ukraine peut-elle s'étendre au-delà des frontières ?

Est-ce que Poutine veut aller au-delà de l'Ukraine ? Et qu'est-ce que vous dites au fond aux français ? Est-ce qu'il y a une menace de guerre au cœur de l'Europe ?

Est-ce qu'ils sont en sécurité ? Est-ce que vous redoutez une guerre qui s'étend en Europe ? Et est-ce qu'on a les moyens d'y faire face ?

Merci. Alors, quant à s'adresser directement au français, c'est quand même pas exactement mon rôle. Euh pour ça, il y a des autorités politiques.

Comme je vous l'ai fait ce matin, moi je décris la situation, je décris la menace et ça répond à une partie de vos questions. En fait, le risque de guerre en Europe, c'est pas qu'il existe, c'est qu'en fait il est déjà là. En fait, il y a déjà la guerre sur le continent européen.

Soyons bien clair, c'est pas parce que c'est au-delà de la frontière de l'article 5 qu'il y a pas la guerre en Europe aujourd'hui. La guerre en Europe, elle est là sous nos yeux et je vous l'ai dit avec des jours où il y a plus de 1000 morts. C'est ça la réalité.

La deuxième chose, c'est que la Russie dans ses intentions, au-delà de sa déclaration de faire la France de son adversaire principal, en fait cette menace là, elle est quand même présente. Après, est-ce que ça veut dire que il faut faire peur aux Français ? Je ne pense pas.

C'est pas quelque chose qui est utile. En revanche, je pense qu'il y a un vrai une vraie nécessité de prise de conscience et que je comprends bien que les Français n'aient finalement pas envie de se dire en fait il y a la guerre sur le continent européen, on est l'adversaire numéro 1 désigné par les Russes et que ça veut dire que il y a un niveau de menace qui existe. Je pense que il faut pas chercher à faire peur mais il y a un vrai sujet de prise de conscience et je pense qu'à ce titre là la revue nationale stratégique qui est un document important en terme d'actualisation de la menace mais qui est dans la continuité parce qu'en fait comme je l'ai dit c'est pas quelque chose qu'on découvre brutalement je pense que la la diffusion de la RNS doit être l'occasion d'une vraie prise de conscience d'une vraie diffusion de de ce qu'est aujourd'hui l'environnement stratégique en fait que les Français voient mais je pense que derrière il doit y avoir un qui doit se passer, c'est-à-dire OK, une fois que je comprends l'environnement stratégique d'ailleurs, pas seulement dans la guerre en Europe, mais en fait, il y a déjà les attaques qu'on subit sur le territoire national, mais il y a aussi l'Afrique, il y a aussi le prochrient, il y a aussi la zone indopacifique, il y a l'espace en fait c'est malheureusement le monde dans lequel on vu, mais en fait on n'est pas là pour décrire le monde qu'on aimerait bien voir.

En fait, en tout cas, mon métier, c'est de décrire le monde tel qu'il est aujourd'hui et en fait de me préparer à remplir les missions qu'on va fixer. Donc, c'est ça que je fais. Mais je pense que là aussi quand on parle de cohésion nationale, la cohésion nationale qui est qui est je le répète le point le plus important, la cohésion nationale, elle peut pas se elle peut pas se trouver s'il y a pas prise de conscience ou en tout cas déni dans quel monde vit-on.

Je pense que les Français sont assez bien conscients de ça. Ce qu'il faut, c'est quand même en tout cas leur parler très clairement et pas faire peur. Juste dire voilà ce qu'il en est.

Et donc conclusion et c'est un peu dans quel monde voulez-vous que vos enfants vivent demain ? Parce que c'est un peu ça. Il y a instantanément, c'est ce que je vous ai décrit.

Mais derrière c'est un peu je dis bien si Poutine réussit à prouver que par la force en fait on a tout. Je dis que on peut être inquiet. On peut être inquiet directement pour notre sécurité, mais on peut aussi être inquiet sur en fait ce que sera l'Europe qui devra se dire en fait c'était ma responsabilité parce que c'est notre responsabilité et je n'ai pas réussi à faire.

Et ça sera le signal qui sera envoyé très clairement au reste du monde en disant les Européens ne prendront jamais leur responsabilité. Une de Oui, mon général Clément Daniè de l'Express, vous avez parlé de la coalition des volontaires. La Russie voit ses échanges aussi.

On peut avoir l'impression de loin que ça stagne. Qu'est-ce que cette coalition peut délivrer quand bien même il n'y aurait pas de cesser le feu en Ukraine ? Je pense que le premier effet de la coalition, c'est quand même un premier message qui a envoyé à Poutine en disant en fait les Européens sans les Américains ont été capables de se dire attention, il faut qu'on se prépare à faire quelque chose.

Et je pense que ça c'est probablement quelque chose qui est sous-estimé pour autant qui est très important. Mais pour autant, on n'est pas allé au bout de l'affaire comme vous l'avez décrit en fait le le sujet coalition des volontaires avec un lead franco-botannique, je l'ai dit, qui avait été suggéré, demandé par un des un des présidents lors d'une réunion niveau présidentiel et chef d'état, chef de gouvernement. Euh cette coalition, il y avait un partage des rôles qui était établi parce qu'en fait il faut il faut voir comment chacun s'articule et qu'en fait le rôle de la coalition des volontaires c'était finalement euh avec un accord de cesser le feu qui se mettait en place, le rôle des Européens, coalition des volontaires était de dire on va faire en sorte que cette paix se poursuive, c'estàdire se cesser le feu dur et donc c'était des mesures de réassurance pour éviter que finalement la guerre reprenne.

Si si je décris un peu les choses, quand il y aura un accord de cesser le feu 1200 km de front, je sais pas comment ça se passera mais ça va pas de revenir instantanément totalement clair. J'en suis sûr et certain. Impossible à surveiller complètement.

Il faudra se limiter à notre niveau d'ambition probablement mais ça c'est ceux qui négocieront le cesser le feu qui devront s'en charger. En revanche, il y arait une vraie volonté de réassurance et ce qu'il faut empêcher, c'est qu'on ait de nouveau si on arrivait à un accord de cesser le feu, un nouveau 24 février 2022. Parce que ça, on voit bien que vivre avec une guerre comme on la vit aujourd'hui pour le monde, c'est compliqué.

C'est compliqué pour les Ukrainiens et c'est pas acceptable pour les Européens en terme de responsabilité. Donc c'est comme ça que se positionne. Je pense néanmoins, ce dont il faut être probablement un peu plus conscient, c'est que le sujet coalition des volontaires, le fait que il y a un lead franco-britannique qui a été suscité et qui était attendu et qui aujourd'hui produit des effets quelque chose qui est très important et que autour de ce le franco-britannique, il y ait 30 pays qui qui sont agrégés avec pas d'implication de la part des Américains.

Quelque chose qui est extrêmement important. On doit être conscient probablement nous Français que la situation actuelle avec l'incertitude américaine, la menace russe d'une part, l'incertitude américaine est quelque chose qui est beaucoup plus déstabilisant dans les autres pays européens que nous. En fait, de par notre positionnement qui nous fait de nous quand même des bons alliés de l'OTAN et personne ne le conteste aujourd'hui.

Pour autant, on a une certaine autonomie et comme je vous dis, on a aussi construit un modèle d'armée qui nous permet si un jour on doit conduire des opérations seules de le faire. Si on produit des opérations seul et pas en coalition, c'est plus compliqué, c'est plus risqué, on produit moins d'effets. Mais en fait, c'est quand même quelque chose que je dois avoir dans mon tiroir et ne pas devoir dire au président de la République, monsieur le président, on est tout seul, donc en fait on ne peut rien faire.

C'est pas ça. Et en Europe, je pense qu'il y a plus beaucoup de pays qui sont capables de faire ça. Ça veut dire que pour les autres pays, devoir se dire "Oui, mais finalement, je dois m'engager" et les Américains disent soit non, soit peut-être en fait est quelque chose qui est très déstabilisant.

Et donc il est logique que ça prenne un peu de temps et le fait que ça soit agrégé coalition des volontaires est quand même plutôt un signal qui est très positif et très fort et donc il faut tenir. Mais tout ce qui a été fait de toute façon est très utile pour la suite. Dernière.

Merci beaucoup. Grégory Philippe CCITF. Vous évoquiez la question très importante de la cohésion nationale.

On voit qu'en Europe, certains pays réfléchissent à rétablir par exemple un service national sous différentes formes. Est-ce que vous en tant que chef d'étatmajor c'est une piste qui vous semble intéressante à explorer ou non ? Sur le sujet cohésion nationale en fait les armées sont pas responsables de la cohésion nationale.

On y contribue. Il y a un certain nombre de choses sur ce dont vous parlez. Vous étiez probablement au vœux du président de la République.

Il a demandé au ministre des armées et au chef d'étatmajor des armées de lui faire des propositions dans ce domaineel. Ces propositions étaient remises et donc le président de la République prendra cette décision. Très bien.

Merci beaucoup. Bonne journée à tous. Merci.

M.