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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 4 juillet 2024 10 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalImmigration & asileSolidarités & famille

Aquilino Morelle - Dans les coulisses d'une cohabitation - #cdanslair, l'invité 03.07.2024

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Vous avez publié il y a 7 mois 'La Parabole des aveugles'. Vous montiez à l'époque la probabilité que M.Le Pen arrive aux responsabilités. C'était un livre prémonitoire. On est restés aveugles 7 mois de plus. Ca vous surprend?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Vous disiez que renvoyer dos à dos LFI et le Rassemblement national était l'ultime banalisation du Rassemblement national. Il y a des appels à faire barrage au RN. On découvre que le front républicain n'est pas mort. Ca vous surprend?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    A l'époque, dans votre livre, vous disiez qu'il fallait que le président de la République rappelle à ses côtés des personnalités pour bâtir ses projets de convergence. Ce n'est pas ce qui est en train de se passer de manière contrainte par les circonstances?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Une question que je pose à tous mes interlocuteurs en ce moment. Les gens qui nous regardent ont l'impression qu'on est dans un saut dans l'inconnue, qu'on va au-devant d'une crise institutionnelle. Quel est le scénario que vous privilégiez, à ce stade?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Quand vous entendez M.Le Pen parler de coup d'Etat administratif parce qu'il y a eu des nominations dans le dernier Conseil des ministres, c'est le jeu normal des institutions? Est-ce que l'appareil d'Etat peut se braquer et refuser le suffrage des Français?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Puisque vous avez anticipé ce qui s'est passé, dans votre livre, ce livre dont vous étiez venu nous parler en novembre, vous pensez qu'on va au-devant d'une crise institutionnelle? Quel est votre état d'esprit, vous qui connaissez parfaitement les arcanes du pouvoir? Est-ce qu'il y a une inquiétude chez vous sur ce saut dans l'inconnue qui attend les Français dimanche soir?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00A.MorelleFait
    « Le RN progresse de manière continue depuis 40 ans, 20 ans, 10 ans, depuis 7 ans, 2 ans. »
  • 3:00A.MorelleFait
    « Il y a 3 chantiers principaux: le déclassement du pays, la maîtrise de l'immigration, l'Europe. »
  • 5:00A.MorellePromesse
    « Ce qui est le plus probable aujourd'hui, c'est que le RN arrive à obtenir une majorité relative. »
  • 7:00A.MorelleFait
    « Les 3 cohabitations que la France a connues ont été dures. »
  • 9:00A.MorelleFait
    « Le 1er devoir d'un fonctionnaire, c'est d'obéir aux instructions qui lui sont données. »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... - C.Roux: Bonsoir.

Bienvenue dans ce "C dans l'air". Mon invité est A.Morelle.

Merci d'avoir accepté cette invitation. Vous êtes l'ancien conseiller politique de F.Hollande.

Vous avez aussi été conseiller politique auprès de L.Jospin. Les années de cohabitation à Matignon, on va en reparler.

On parle beaucoup en ce moment d'une éventuelle cohabitation avec J.Bardella ou d'autres, puisque les scénarios sont multiples et posés. On va aussi en parler avec nos experts de "C dans l'air".

Vous avez publié il y a 7 mois "La Parabole des aveugles". Vous montriez à l'époque la probabilité que M.Le Pen arrive aux responsabilités.

C'était un livre prémonitoire. On est restés aveugles 7 mois de plus. Ca vous surprend? - A.Morelle: Non.

Ce n'est pas surprenant. Le RN progresse de manière continue depuis 40 ans, 20 ans, 10 ans, depuis 7 ans, 2 ans. Il y a une montée en puissance continue.

C'est surprenant. Ca a accéléré cette probabilité d'arrivée du RN au pouvoir avec J.Bardella à Matignon.

Moi, j'avais pensé à M.Le Pen à l'Elysée. C'est la décision du président de la République de dissoudre l'Assemblée qui a accéléré les événements. - C.Roux: Vous disiez que renvoyer dos à dos LFI et le Rassemblement national était l'ultime banalisation du Rassemblement national.

Il y a des appels à faire barrage au RN. On découvre que le front républicain n'est pas mort. Ca vous surprend? - A.Morelle: On verra dimanche prochain s'il n'est pas mort.

Pour l'instant, on voit un front républicain dans les déclarations et dans les retraits des candidats. C'est une chose importante... - C.Roux: Les électeurs n'ont pas suivi? - A.Morelle: Les électeurs vont se prononcer.

Que feront-ils en entendant ce qu'ils entendent, qui est quand même un peu cacophonique, pas très harmonieux? Qu'est-ce qu'ils vont décider? Est-ce qu'ils vont aller dans le sens de ce que les chefs des parti leur demandent de faire ou est-ce qu'ils vont décider de prolonger la dynamique qui est celle du RN?

C'est ça, la grande inconnue. - C.Roux: A l'époque, dans votre livre, vous disiez qu'il fallait que le président de la République rappelle à ses côtés des personnalités pour bâtir ses projets de convergence.

Ce n'est pas ce qui est en train de se passer de manière contrainte par les circonstances? - A.Morelle: D'abord, on a perdu 7 mois. 7 mois dans un quinquennat, c'est beaucoup.

Il aurait fallu faire à froid, quand le président avait une majorité, quand ça avait un sens. Il y a 3 chantiers principaux: le déclassement du pays, la maîtrise de l'immigration, l'Europe. Il fallait essayer d'avancer sur ces 3 moteurs, qui sont les moteurs de l'avion RN.

Le faire maintenant, 7 mois plus tard, avec un président affaibli par cette décision qui se retourne contre lui et avec une majorité qui ne sera même pas la majorité dont disposait le président avec ses 245 députés à l'Assemblée...

Ce sera beaucoup plus fragile et beaucoup plus incohérent. - C.Roux: Une question que je pose à tous mes interlocuteurs en ce moment.

Les gens qui nous regardent ont l'impression qu'on est dans un saut dans l'inconnue, qu'on va au-devant d'une crise institutionnelle. Quel est le scénario que vous privilégiez, à ce stade? - A.Morelle: Ce qui est le plus probable aujourd'hui, c'est que le RN arrive à obtenir une majorité relative.

Ca ne veut rien dire. Quand vous avez 220 députés, et même 240, que vous êtes loin du compte des 289, ce n'est pas la même chose que d'avoir 260 ou 275 députés. Dans un cas, c'est très difficile de gouverner.

Dans l'autre cas...

Dire "je ne gouvernerai pas parce que je n'ai que 270 députés", ça me paraît impossible. - C.Roux: Vous avez été à Matignon pendant la cohabitation entre L.Jospin et J.Chirac.

Quand vous entendez M.Le Pen qui parle de titre honorifique en parlant du président de la République...

On se dit qu'on pourrait aller vers une cohabitation dure. Quelle est votre lecture de ces déclarations par rapport à ce que vous avez vécu aux responsabilités? - A.Morelle: Les 3 cohabitations que la France a connues ont été dures.

Peut-être pas au vu et au su des Français, mais dans l'appareil d'Etat et dans les antichambres du pouvoir, c'était dur. Les rapports humains, les décisions, le fait que le président de la République, en l'occurrence J.Chirac, avec les pouvoirs qui étaient les siens, les pouvoirs résiduels...

Il a quand même essayé de faire tout ce qu'il pouvait pour prendre un certain nombre de décisions et il n'y est pas parvenu en politique intérieure. Au jour le jour, semaine après semaine, Conseil des ministres après Conseil des ministres, c'était dur. - C.Roux: Qui avait vraiment le pouvoir, entre ces deux-là? - A.Morelle: Pour ce qui est des affaires intérieures, c'était le Premier ministre.

Pour les affaires internationales ou européennes, c'est un pouvoir partagé. A l'époque, L.Jospin et J.Chirac, sur beaucoup de questions internationales, étaient grosso modo d'accord.

Aujourd'hui, si J.Bardella arrivait à Matignon avec le président Macron en face de lui, sur un certain nombre de sujets importants comme la guerre en Ukraine ou la politique européenne, ils seraient en désaccord net. - C.Roux: Quand vous entendez M.Le Pen parler de coup d'Etat administratif parce qu'il y a eu des nominations dans le dernier Conseil des ministres, c'est le jeu normal des institutions?

Est-ce que l'appareil d'Etat peut se braquer et refuser le suffrage des Français? - A.Morelle: La formule renvoyait à l'idée qui flottait dans l'air selon laquelle, au cours de ce dernier Conseil des ministres avant le 2d tour, le président procéderait à une vague sans précédent de nominations.

Ca ne s'est pas produit. Il y a eu des nominations habituelles. La formule était inadaptée.

Là, on a une situation classique pour le président. Avant une échéance électorale, il essaye de préserver un certain nombre de fonctions dans l'appareil d'Etat. Le 1er devoir d'un fonctionnaire, c'est d'obéir aux instructions qui lui sont données.

Si un gouvernement qui plaît ou qui ne plaît pas est issu de ces élections, les fonctionnaires doivent appliquer cette politique... - C.Roux: Ou démissionner.

Certains ont signé des tribunes, notamment dans l'Education nationale. - A.Morelle: Il y a là-dessus des positions très claires au point de vue du droit.

Le fonctionnaire doit être loyal au gouvernement qui l'emploie. Il lui reste néanmoins, en tant que citoyen et que personne, la possibilité de refuser des ordres qui seraient manifestement illégaux, mettant en jeu gravement l'ordre public, ou alors, pour des problèmes de conscience, dire qu'il ne peut pas accepter de faire une chose. Il doit logiquement obéir au gouvernement, qui est légitime. - C.Roux: Puisque vous avez anticipé ce qui s'est passé, dans votre livre, ce livre dont vous étiez venu nous parler en novembre, vous pensez qu'on va au-devant d'une crise institutionnelle?

Quel est votre état d'esprit, vous qui connaissez parfaitement les arcanes du pouvoir? Est-ce qu'il y a une inquiétude chez vous sur ce saut dans l'inconnue qui attend les Français dimanche soir? - A.Morelle: Inquiétude, non.

Je ne suis pas inquiet de tempérament et par philosophie. Ce qui est vrai, en revanche, c'est que nous avons une crise sociale, économique, industrielle très forte qui vient de loin. Nous avons désormais une crise politique.

Elle a été ouverte dès 2022 avec une majorité présidentielle faible qui n'a pas tiré les enseignements de cette situation politique. S'il n'y a pas de majorité claire qui se dégage dimanche, la question est ensuite de se demander si cette crise parlementaire déboucherait sur une crise institutionnelle et de régime. - C.Roux: La démission du président? - A.Morelle: Ca le regarde.

Au-delà, beaucoup de gens mettent maintenant en question les institutions mêmes de la Ve République. Moi, je considère que la Ve République a une bonne institution. Elle l'a prouvé.

On va être dans une situation de plus en plus tendue. - C.Roux: Merci beaucoup, A.Morelle.

Tout était écrit depuis 7 mois. Votre livre est toujours dans les librairies. On poursuit cette discussion sur cette crise institutionnelle.

Aquilino Morelle - Dans les coulisses d'une cohabitation - #cdanslair, l'invité 03.07.2024 · Pourquijevote