Vaccins, reconfinement : à qui le tour ? #cdanslair 25.02.2021
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 21 %Défensif 44 %
Questions et réponses
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- 2:10OuverteRéponse directe
Les généralistes peuvent donc vacciner avec l'AstraZeneca. Ça veut donc dire, à partir d'aujourd'hui, qu'on accélère ou pas ?
- 3:55OuverteRéponse directe
30 000 généralistes se sont portés volontaires. Comment vous l'expliquez ? Pourquoi il n'y en a pas plus ?
- 4:39OuverteRéponse directe
Juste, quand on a entre 64 et 75 ans, Philippe Amouyel ?
- 5:19OuverteRéponse directe
Dès qu'on aura des doses, vous nous disiez tout à l'heure, Cécile Thibère, on a des doses d'AstraZeneca, c'est pour ça qu'on vaccine ceux qui ont en dessous de 65 ans. On va y revenir parce que tous les pays n'ont pas fait la même chose.
- 7:08RelanceRéponse directe
Et on est tous d'accord. Mais est-ce que vous êtes tous d'accord sur le vaccin AstraZeneca ? Pourquoi je vous pose la question ?
- 8:27OuverteRéponse directe
Vincent Maréchal.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:27PrésentateurChiffre
« 30 000 généralistes se sont portés candidats et ont reçu 10 doses de vaccin AstraZeneca. »
- 2:17Cécile ThibèreChiffre
« Cette semaine, on a reçu 500 000 doses de vaccins AstraZeneca. »
- 2:47Cécile ThibèreFait
« C'est hypertension, diabète, obésité, en gros, les ALD, les affections chroniques. Aussi, insuffisance respiratoire, c'est ça. »
- 3:03Cécile ThibèreFait
« Les cancers aussi, c'est quand on est âgé de 50 à 64 ans seulement. »
- 5:33PrésentateurChiffre
« En doses cumulées en février, on aura à peu près 7 200 000 doses pour tous les vaccins. »
- 5:44PrésentateurPromesse
« 18 juin, c'est l'objectif où on va vacciner toutes les populations les plus à risque, y compris à risque d'être infectées comme les soignants. »
- 5:48PrésentateurChiffre
« Là, on sera à 77 millions de doses selon les données du ministère. »
- 9:51PrésentateurFait
« Pourquoi est-ce qu'on a restreint l'âge en France ? Eh bien tout simplement parce que les données statistiques étaient insuffisantes pour prouver l'efficacité au-delà de 65 ans. »
- 10:52PrésentateurChiffre
« Il y a combien de Français qui ont été vaccinés ? 3,8 millions qui ont eu... »
- 11:08PrésentateurFait
« Ils disent, noir sur blanc, il va falloir considérer le fait qu'on vaccine peut-être les plus de 65 ans. »
- 11:40Philippe AmouyelChiffre
« Ensuite, sur les formes modérées, il peut y avoir des variations, mais 70%, c'est un élément important. »
- 12:00Philippe AmouyelChiffre
« Quand on injecte la deuxième dose à trois mois, on peut obtenir des efficacités de 80 à 90%. »
- 21:01PrésentateurChiffre
« Avec les deux doses, on est à 1,2 million. »
- 21:05PrésentateurChiffre
« On a 80% des résidents d'EHPAD qui voulaient se faire vacciner, qui se sont vaccinés. »
- 36:17InvitéChiffre
« Chaque jour qu'on gagne, c'est des dizaines de millions d'euros d'économies. »
- 37:32InvitéFait
« On est confronté à une deuxième épidémie parce que les caractéristiques de reproduction du virus ne sont pas les mêmes. »
- 45:07InvitéChiffre
« Il y aura un rajeunissement de 5 à 7 ans des patients d'hospitalisation et réanimation. »
- 47:00InvitéChiffre
« On était à 70% de taux d'occupation en réanimation en Île-de-France. »
- 51:35PrésentateurChiffre
« 75% des résidents des EHPAD sont vaccinés. »
- 1:01:55InvitéChiffre
« on serait aux alentours de 17% actuellement d'immunité en particulier chez les sujets jeunes »
- 1:02:40InvitéFait
« les personnes qui avaient contracté la Covid étaient toujours immunisées à 8 mois »
- 1:03:25InvitéFait
« plus simple de vacciner mais c'est limité par des facteurs logistiques »
- 1:04:17InvitéFait
« on a le même problème pour la grippe, on a le même problème pour un tas de vaccins »
Temps de parole
- Présentateur51 %
- Invité21 %
- Invité 220 %
- Invité 35 %
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Bonjour à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Les vaccins débarquent chez les généralistes. Les médecins volontaires peuvent donc depuis aujourd'hui vacciner leurs patients de 50 à 64 ans atteints de comorbidité. 30 000 généralistes se sont portés candidats et ont reçu 10 doses de vaccin AstraZeneca. Un vaccin qui souffre encore d'une mauvaise réputation. Malgré un discours rassurant des scientifiques et de nouvelles études qui confirment qu'ils protègent à 94% des formes sévères. Pendant ce temps-là, les variants galopent.
Le gouvernement évoque une situation préoccupante et une dizaine de départements se retrouvent dans le rouge. La stratégie reste la même pour l'instant, des restrictions locales et le week-end. Alors, les variants peuvent-ils contraindre l'exécutif à changer de stratégie ? Va-t-on vraiment vers une accélération de la vaccination ? Va-t-on éviter ce que le conseil scientifique préconisait depuis un mois ? Le reconfinement national est strict. Vaccin, reconfinement, à qui le tour ? C'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Vincent Maréchal. Vous êtes professeur en virologie à la Sorbonne Université.
Vous êtes cofondateur du réseau OBEPIN, l'Observatoire épidémiologique des eaux usées. Cécile Thibère est avec nous ce soir. Vous êtes journaliste au service sciences et médecine du Figaro. A lire dans votre journal aujourd'hui votre entretien avec le responsable de Moderna en Europe. Et ce titre, vaccin anti-Covid, Moderna se lance à l'assaut du variant sud-africain. Nous y reviendrons dans le détail. Ce soir, avec nous ce soir, le professeur Philippe Amouyel. Vous êtes épidémiologiste, professeur de santé publique, directeur général de la fondation Alzheimer. Et je rappelle que vous êtes ancien directeur de l'Institut Pasteur de Lille.
Enfin, Mylène Ogliastro, vous êtes vice-présidente de la Société française de virologie. Et vous êtes virologue à l'INRA Université de Montpellier. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. Je vais commencer avec vous, Cécile Thibère. Les généralistes peuvent donc vacciner avec l'AstraZeneca. Ça veut donc dire, à partir d'aujourd'hui, qu'on accélère ou pas ? Oui, alors là, cette semaine, on a reçu 500 000 doses de vaccins AstraZeneca. En début de semaine, les médecins volontaires ont dit à leur pharmacie de référence, oui, moi, je veux vacciner. Ils ont obtenu un flacon avec 10 doses à l'intérieur.
Et après, il y a toute une mécanique qui doit se mettre en marche. Il faut recontacter ces patients qui ont des comorbidités, donc les personnes qui ont l'hypertension, du diabète, l'obésité, etc. Et essayer de tout réunir sur une journée. Ce sont ces trois cas particuliers sur les comorbidités ? Alors, c'est hypertension, diabète, obésité, en gros, les ALD, les affections chroniques. Aussi, insuffisance respiratoire, c'est ça. Mais par exemple, je prends des exemples, on est traité pour un cancer. Est-ce qu'on fait partie de ces cas particuliers ? Les cancers aussi, c'est quand on est âgé de 50 à 64 ans seulement. C'est une bonne nouvelle. On accélère Vincent Maréchal.
Oui, c'est une bonne nouvelle. On voit bien que les facteurs limitants, ça a été d'abord l'adhésion des Français à la vaccination, qui a quand même été difficile à faire évoluer. On sent qu'aujourd'hui, comme la ressource est restreinte, les gens ont plus envie, c'est bien. Ça veut dire aussi qu'on a peut-être eu raison de ne pas rendre la vaccination obligatoire. Ça aurait peut-être crispé les gens. Il y avait le deuxième facteur qui était la logistique de déploiement. On l'a expliqué, on favorise une protection d'abord des plus âgés, ensuite des personnels soignants et on décline doucement. Et puis, il y a ces difficultés logistiques et d'approvisionnement.
Et là, on est en train de régler, j'espère, une partie du problème logistique et quelque part, probablement une partie de l'approvisionnement avec un nouveau vaccin et un nombre de doses plus important.
Philippe Amouyel, c'est une bonne idée. Et c'était même incontournable de passer par les médecins généralistes. Juste avec, peut-être pour compléter la question, 30 000 généralistes qui se sont portés volontaires. Comment vous l'expliquez ? Pourquoi il n'y en a pas plus ?
Alors, je crois qu'il y a quand même un point qui est important, c'est qu'il faut pouvoir utiliser en moyenne 10 doses. Donc, il faut créer des rendez-vous, il faut trouver les bonnes personnes au sein de la consultation et les faire venir toutes sur une période assez courte. Donc, il y a un petit aspect logistique. Et je crois que certains de nos confrères généralistes ont eu des limites au niveau de cette organisation. En revanche, c'est excellent qu'on passe par les généralistes et qu'on le fasse tôt pour éviter ce qui s'était passé lors de la vaccination de la grippe H1N1 où ils avaient totalement été exclus.
Et comme on va avoir besoin de vacciner massivement, le plus vite possible, plus on aura de centres de vaccination, de médecins vaccinateurs et d'autres personnels vaccinants, plus on gagnera du temps par rapport à l'épidémie et par rapport aux barrières.
Juste, quand on a entre 64 et 75 ans, Philippe Amouyel ?
C'est un peu le trou noir, puisqu'on n'est pas au-dessus de 75 ans, on n'est pas en dessous de 64 ans. Mais je pense que c'est vraiment une question de disponibilité des doses et des stocks. Dès que les stocks seront reconstitués, je pense que la vaccination pourrait être beaucoup plus large et de la faire en parallèle surtout. Parce qu'au départ, on avait démarre avec les EHPAD, c'était une bonne cible. Mais ce qui aurait été intéressant, c'est ce qui a été fait après, c'est de l'élargir en parallèle à différents groupes. Donc on va pouvoir continuer ça dès qu'on aura des doses.
Parce que je pense qu'aujourd'hui, on est capable de vacciner près de 100 000 à 200 000 personnes par jour, ce qui serait un élément essentiel pour faire la course contre les variants.
Dès qu'on aura des doses, vous nous disiez tout à l'heure, Cécile Thibbert, on a des doses d'AstraZeneca, c'est pour ça qu'on vaccine ceux qui ont en dessous de 65 ans. On va y revenir parce que tous les pays n'ont pas fait la même chose. Et pour les autres doses, pour le Pfizer par exemple, là on est… Alors, en doses cumulées en février, on aura à peu près 7 200 000 doses pour tous les vaccins. D'accord. Ce qui est énorme. Et 18 juin, c'est l'objectif où on va vacciner toutes les populations les plus à risque, y compris à risque d'être infectées comme les soignants. Là, on sera à 77 millions de doses selon les données du ministère.
Donc en gros, là on ne parle pas du tout de pénurie parce qu'on n'a jamais autant fabriqué de ces vaccins.
Il y en a énormément qui sont…
En fait, on est dans des semaines et des mois compliqués. C'est ça. C'est exactement ça. En fait, c'est une période charnière. Février est difficile à passer. Mars, ça va commencer à aller mieux. Et avril, il n'y aura plus de questions à se poser. Il y aura suffisamment de vaccins pour tout le monde. En particulier pour cette tranche d'âge trou noir où effectivement, actuellement, c'est un peu aberrant. Ils ne sont pas éligibles à la vaccination. Alors il y a les 64-75 ans, le trou noir dont vous parliez à l'instant.
Et puis il y a aussi, on va le voir dans un reportage dans un instant, ceux qui ont plus de 75 ans, qui sont éligibles et qui n'arrivent pas à se faire vacciner parce qu'ils n'obtiennent pas de rendez-vous, parce qu'on est toujours face à une pénurie de doses du vaccin, le seul aujourd'hui qui est sur le marché, qui est le Pfizer.
Moderna et Pfizer, oui. Pfizer, c'est le gros du lot. Et puis Moderna vient un peu en appui. Et là, c'est vrai que ça reste compliqué.
– Mylène Ogliastro, sur cette campagne de vaccination qui accélère, donc on voit bien que c'est sous contrainte, mais qui se déporte du côté des généralistes. Et puis ensuite, ce sera au tour des pharmaciens. – Oui, je n'ai pas grand-chose à rajouter à ce qui a été dit. Il y a effectivement probablement un problème de logistique qui rentre à ce conditionnement et puis à l'organisation des médecins. Mais c'est vraiment une très, très bonne chose qu'on monte en puissance de la vaccination. Je crois que là-dessus, on est tous d'accord. – Et on est tous d'accord. Mais est-ce que vous êtes tous d'accord sur le vaccin AstraZeneca ? Pourquoi je vous pose la question ?
Je vais rester avec vous, Mylène Ogliastro, parce qu'il y a eu beaucoup de déconvenues au tout début sur les essais cliniques, notamment concernant le vaccin AstraZeneca. Et le monsieur vaccin Alain Fischer dit « Ce vaccin est de bonne qualité et doit être diffusé ». S'il se sent obligé de le dire, c'est parce qu'il y a encore des doutes ? – Oui, quand c'est flou, il y a peut-être un loup, c'est ce que se disent les gens. En fait, il a été victime surtout du succès, de l'énorme succès des deux premiers, avec des niveaux d'efficacité de plus de 90%. C'est vrai que les vaccins Pfizer et Moderna ont mis la barre très très haute.
Et avec ce vaccin-là, on se retrouve dans un vaccin qui est somme toute relativement classique, avec un niveau d'efficacité entre 60 et 70%. Donc voilà, il a souffert de la comparaison. Au-delà de ça, ça reste un vaccin qui est tout à fait efficace et qui aurait le mérite, en tout cas, de vacciner et de protéger les plus fragiles. Donc il fait partie carrément de l'arsenal de vaccins disponibles. Et oui, compte tenu des enjeux aujourd'hui, avec les variants qui circulent, il faut absolument utiliser ce vaccin, à mon sens. – Vincent Maréchal.
– Les bonnes faits se sont penchées sur l'AstraZeneca, mais elles avaient un lumbago visiblement, parce que ça a été difficile. Effectivement, il n'y a pas eu un raté dans la première étude, c'est qu'il y a eu, dans la mise en place de l'essai de phase 3, il y a eu effectivement un bras dans lequel le dosage, il y a eu un sous-dosage de la première dose, mais qui finalement a été intéressant, parce qu'on a gagné une protection, un niveau de protection plus élevé, donc c'est des fois des erreurs qui nous sourient. Mais on a retenu sur tout le côté, il y a eu une erreur.
Il y a eu un certain nombre aussi de signaux qui ont été tempérés, parce que probablement que le niveau d'anticorps est peut-être un petit peu moins important, donc il y a une question qui se pose.
– Il l'est, il l'est, selon les études.
– Alors il faut attendre que les études se confirment, c'est ça. Et donc ça peut expliquer effectivement, mais ça reste à vérifier, qu'il soit moins efficace éventuellement contre le variant qu'on appelle le variant sud-africain. À côté de ça, il y a d'excellents résultats qu'on a un peu minorés. C'est un des premiers vaccins pour lesquels on a pu montrer que la transmission semble affectée, et ça, il ne faut pas oublier qu'il y a deux bénéfices dans le vaccin, toujours l'intérêt de ce bénéfice individuel d'éviter les formes graves, et ce bénéfice collectif qui est de casser la circulation du virus. Et on a des bonnes données là-dessus.
Et puis plus récemment, effectivement, des données sur une étude écossaise qui est soumise à publication, qui doit encore être validée, mais qui semble indiquer qu'il confère un bon niveau de protection dans des populations effectivement assez âgées. Alors les grands-bretons, nos amis britanniques, ont fait le choix effectivement de vacciner assez largement avec AstraZeneca et de ne pas restreindre à l'âge. Alors pourquoi aussi ? Ça aussi, ça a été un mauvais message. Pourquoi est-ce qu'on a restreint l'âge en France ? Eh bien tout simplement parce que les données statistiques étaient insuffisantes pour prouver l'efficacité au-delà de 65 ans.
Donc c'est pas qu'on a dérecommandé, c'est qu'on a dit en dessous de 65 ans, il y a une efficacité qui est...
Mais est-ce qu'on pourrait changer d'avis ? Justement parce qu'on a maintenant des données réelles, puisqu'on a étudié ce qui s'est passé notamment en Grande-Bretagne ou même en Israël.
Je pense qu'il faut à la fois évaluer le gain du changement de stratégie, est-ce que c'est pertinent ou pas, et puis il faut évaluer l'impact psychologique que ça peut avoir. Parce que dès qu'on change de stratégie, ça crée une forme de doute, donc il va falloir l'évaluer. Donc je crois que c'est un vaccin, donc on va oublier également, en termes de logistique, je vous embête pas, après je vous laisse la parole. En termes de logistique, il est quand même d'abord beaucoup moins cher et il peut être transporté à température un peu plus élevée, ce qui est quand même d'un point de vue logistique beaucoup plus intéressant. Donc il faut bien peser tous les avantages et les inconvénients.
Ces vaccins probablement vont avoir des champs d'utilisation un peu différents.
C'est juste que comme on est dans une phase de pénurie du vaccin Pfizer, le Johnson & Johnson qui tarde à arriver, le AstraZeneca, on en a commandé des caisses et des caisses, du coup ça vaudrait peut-être le coup de se reposer la question de l'âge à partir duquel on peut le prescrire, non ? Oui, et je lisais tout à l'heure un document du Conseil d'orientation vaccinale, les scientifiques qui sont en train d'élaborer la stratégie, et aujourd'hui ils ont fait une mise à jour après avoir lu la fameuse étude écossaise, et ils disent, noir sur blanc, il va falloir considérer le fait qu'on vaccine peut-être les plus de 65 ans. Donc ça y est, c'est déjà quelque chose qui est...
Ils sont déjà en train de réfléchir à ce sujet. Philippe Amouyel, peut-être un mot de votre part sur le vaccin AstraZeneca. Si vous étiez confronté à un patient qui vous dit, ah ben non, moi je ne veux pas le AstraZeneca, je veux le Pfizer parce qu'il a de meilleurs résultats, qu'est-ce que vous lui diriez ?
S'il a moins de 65 ans, parce que c'est l'indication actuelle, je dirais que le vaccin a deux intérêts. Le premier intérêt, c'est d'éviter qu'il fasse une forme grave qui l'amène à l'hospitalisation. Et l'AstraZeneca, ceux qui ont été vaccinés avec une dose, ont eu 0% de forme grave, c'est-à-dire 100% de protection sur la forme grave. Ensuite, sur les formes modérées, il peut y avoir des variations, mais 70%, c'est un élément important. L'autre élément qui est sorti également début février, c'est l'histoire des demi-doses qui avaient été données par suite des erreurs de manipulation qui protégeaient à plus de 90%.
On s'est rendu compte que ce n'est pas la dose qui jouait, c'est le délai, parce que les demi-doses ont eu du retard à l'injection de la deuxième dose en plus. Et ils se sont rendus compte que quand on injecte la deuxième dose à trois mois, on peut obtenir des efficacités de 80 à 90%. Donc, le point sur l'AstraZeneca, c'est qu'il est de la même valeur que les autres. On peut vacciner les soignants. Il faut quand même des études statistiques plus importantes. L'étude n'avait que 788 personnes de plus de 70 ans, l'étude initiale. Même l'étude écossaise est un peu en dessous pour les statistiques.
AstraZeneca est en train de préparer des données d'une nouvelle étude qui devrait sortir dans 5 à 6 semaines sur les plus de 65 ans. Et l'agence a dit qu'elle gardait l'ensemble ouvert, mais elle le restreignait pour l'instant. Donc, dès qu'il y aura des feux verts, je pense que l'extension sera possible. Et c'est une excellente chose parce qu'on peut le faire pratiquer dans un cabinet ou dans une pharmacie.
Et pour boucler la boucle sur AstraZeneca, toujours avec vous, professeur Amouyel, on a entendu parler des effets secondaires qui étaient peut-être plus marqués avec le vaccin AstraZeneca, notamment des soignants qui se retrouvaient cloués au lit. Qu'est-ce qu'on en sait ? Est-ce qu'il faut assumer des effets secondaires qui sont peut-être un peu plus lourds qu'avec les autres vaccins de type ARN ?
Non, apparemment, il n'y a pas de différence. Le vaccin ARN, l'effet secondaire apparaît généralement à la deuxième dose. Ça, c'est le premier point. Et l'effet sur les soignants, c'est qu'on a pu avoir enfin, dans une population de soignants qui est relativement jeune, les plus de 60 ans ou les plus de 50 ans chez les soignants sont relativement rares. Donc, peu d'essais là-dessus. Mais quand on a eu le vaccin AstraZeneca, on a vacciné massivement des services et des effets secondaires qui, dans les deux cas, passent avec la prise d'un peu de paracétamol extrêmement rapidement.
Il y a une question juste qui se pose, et peut-être que Philippe a la réponse, ou ma collègue a la réponse, c'est quand même que les personnels soignants ayant été massivement exposés à des infections virales, je ne suis pas sûr qu'on ait fait une sérologie à tous les personnels soignants qu'on a vaccinés. Donc, il y a peut-être quelque chose qu'il faudra revoir, c'est s'il n'y a pas effectivement un biais lié à la vaccination de personnes qui auraient déjà été infectées. Mais je ne sais pas s'il y a des informations sur cette question. Alors, est-ce que vous avez des informations ?
C'est une question qu'ils avaient posée par Vincent Maréchal. Peut-être Mylène Ogliastro ? Non, je n'ai pas eu d'informations. J'essaie avec Philippe Abouyel non plus.
Alors, non, mais en revanche, il y a eu un papier qui montre que vacciner avec une seule dose d'AstraZeneca des personnes qui ont déjà été séropositives accorde une protection qui voisine les 90% aussi.
Allez, sur le papier, c'est une deuxième phase de la campagne de vaccination qui est donc lancée aujourd'hui avec des doses à disposition des médecins généralistes volontaires pour les 50-64 ans atteints de comorbidité, sur le papier seulement. Car dans les faits, les doses continuent de manquer. Laura Radeau, Léa Dermidjian et Arnaud Fora.
Des généralistes qui vaccinent dans leur cabinet ou en entreprise. Une première depuis ce matin pour les patients de 50 à 64 ans atteints de comorbidité. Une nouvelle étape dans la campagne de vaccination qui commence en douceur. Notamment suite au retard de livraison du seul vaccin concerné, AstraZeneca. 9 millions de doses étaient attendues d'ici fin mars. Ce sera finalement 6 millions. Et pour la première semaine, moins de la moitié des généralistes a passé commande en pharmacie. Alors là, il y en a, on en a reçu 9. D'accord ? 9 flacons. 9 flacons qu'on a reçus mardi après-midi. A l'intérieur de chaque flacon, 10 doses par médecin.
Mais mauvaise surprise hier, l'un d'eux a annulé sa commande, faute d'avoir pu trouver les 10 patients nécessaires. On a eu un désistement, un médecin qui, au final, en s'apercevant que c'était pas possible vis-à-vis de son activité, ne va pas pouvoir honorer le flacon qu'il avait commandé. On se retrouve avec un flacon qui va rester au frigo parce qu'on n'a pas encore eu l'autorisation de nous, pharmaciens, de le faire. Des pharmaciens qui regrettent de ne pas pouvoir vacciner eux-mêmes. Ils ont pourtant les installations ainsi que le savoir-faire. Surtout, on a une force de frappe. On voit à peu près 300 à 350 personnes par jour.
On connaît nos patients, on connaît les priorités et on sait faire surtout. Donc, on aurait dû, je pense, nous inclire un peu plus rapidement avec les médecins et j'espère qu'il n'y aura pas trop de gâchis. D'autant qu'il faut aussi rassurer les patients. Le vaccin du laboratoire AstraZeneca n'a pas toujours bonne presse. Moins efficace, notamment face aux variants, plus d'effets secondaires, sur les plateaux télé, le gouvernement fait de la pédagogie. Les dernières études scientifiques
montrent que le vaccin AstraZeneca est très efficace sur les formes graves. Et c'est ce qu'on recherche. Parce qu'au fond, pourquoi cette stratégie vaccinale sur les personnes âgées et sur les personnes vulnérables ? Parce que ce sont celles qui développent les formes graves.
Dans la course au vaccin, la France a certes rattrapé son gros retard sur ses voisins italiens ou allemands. Mais l'attente n'est pas finie pour bon nombre de personnes âgées très vulnérables au virus. Chaque jour, cette retraitée de 75 ans enchaîne les coups de fil au centre de vaccination du Val-de-Marne.
Les dotations quotidiennes de vaccins ne nous permettent...
Et à chaque fois, la même réponse. Bonjour, le centre de vaccination de Suisse est contraire de suspendre temporairement si ils ont une insuffisance de vaccins. C'est assez déprimant, il faut reconnaître. Donc c'est vrai que ça démotive. Ça démotive. Alors, il arrive un moment où la première semaine, on fait ça tous les jours. Après, on fait ça tous les deux jours. Puis là, très probablement, avec les réponses que j'ai obtenues aujourd'hui, je ne vais pas rappeler avant la semaine prochaine. Une chasse au rendez-vous qu'elle pratique depuis près d'un mois, y compris sur Internet. Son but ? Reprendre une vie normale et surtout se protéger. Je n'ai pas d'urgence actuellement.
Bon, ça peut venir, parce que si j'attrape le Covid, la Covid, c'est sûr qu'il m'arrivera des ennuis, parce que j'ai quand même des antécédents d'asthme, etc. Et je ne suis pas persuadée que je supporterais une intubation. Une autre catégorie de personnes attend toujours son tour. Les 65-75 ans résidant chez eux ne sont toujours pas éligibles à la vaccination en France. A l'opposé, la Bulgarie vient de totalement changer sa stratégie. Toute sa population, sans restriction d'âge, peut désormais se faire immuniser.
Et nous allons revenir sur les stratégies de vaccination, en particulier sur la stratégie française de vaccination. Mais d'abord cette question. Pourquoi m'interdire de choisir le produit avec lequel j'accepte d'être vaccinée ? Philippe Amouyel sur cette question.
Je crois que c'est pour l'instant à cause du manque de doses. Le jour où on avait des doses de toute nature et de tout type, on pourrait avoir un choix. Mais ce que je trouve très intéressant dans cette réflexion, c'est que quand même, au début de la vaccination, tout le monde s'est posé des questions sur ces nouveaux vaccins ARN, par exemple de manipulation génétique et autres délires. Et là, tout d'un coup, il y a une appétence pour les vaccins ARN qui est exceptionnelle. Et c'est très bien. Et c'est très bien.
Cécile Thibère, on parlait des effets secondaires tout à l'heure concernant la vaccination. Vous avez des chiffres qui sont plutôt rassurants ? Oui. Du coup, selon le dernier rapport de l'agence du médicament, donc chaque semaine, elle regarde combien de cas d'effets indésirables on lui déclare. Ils sont toujours signalés ? Oui, après l'agence les valide ou pas, on va dire. D'accord. Mais donc là, depuis début février jusqu'au 16, elle avait enregistré 350 cas avec AstraZeneca et c'était pour la très, très grande majorité des cas de syndrome grippot, donc des maux de tête, etc. Et en fait, c'est des symptômes qui sont transitoires, bénins, qui n'ont pas de conséquences.
Il n'y a pas eu d'hospitalisation, il n'y a pas eu de décès, etc. Donc la balance bénéfice-risque de ce vaccin, elle est largement positive. Cette autre question, pourquoi ne pas d'abord finir de vacciner les plus de 75 ans ? On s'interroge sur les stratégies de vaccination. On a vu à la fin du reportage que certains ont dit bon, allez maintenant, on vaccine tout le monde.
Oui, sauf qu'il y a une carence sur les deux vaccins qui sont recommandés, qui sont le Moderna et le Pfizer. Et aujourd'hui, entre la carence et la logistique, on voit cette dame d'ailleurs, je ne sais pas quel âge elle avait, mais elle rentre peut-être dans cette catégorie de gens qui souhaiteraient se vacciner, mais qui n'arrivent pas à trouver un créneau pour le faire à proximité. Donc il y a probablement un stress qui est un stress lié à l'approvisionnement tout simplement en fait.
Et vous nous disiez tout à l'heure, Cécile Tiberg, c'était une question de semaine, que courant mars, on devrait avoir des approvisionnements de vaccins qui permettent justement de résoudre cette situation et d'absence de rendez-vous. Chaque semaine, de toute façon, on va avoir des approvisionnements au gré du rythme de fabrication, mais clairement, en mars et surtout en avril, en avril, ça ne sera plus du tout un problème, cet approvisionnement en vaccins. Jusqu'en mars, ça va être encore un petit peu tendu. Donc voilà, il va falloir patienter, mais ça va se débloquer. Il y a combien de Français qui ont été vaccinés ? 3,8 millions qui ont eu... Avec les deux doses ?
Non, 3,8 millions en tout, première et deuxième dose. Et avec les deux doses, on est à 1,2 million. Et il faut savoir aussi qu'on a 80% des résidents d'EHPAD qui voulaient se faire vacciner, qui se sont vaccinés. Qui se sont vaccinés. On verra que ça aura changé la vie dans les EHPAD. Est-ce que ce qui se passe avec les variants, Mylène Ogliastro, peut nous conduire à changer notre stratégie de vaccination ? Alors, la changer radicalement, j'ai du mal à vous répondre. En tout cas, oui, les variants, l'importance de la montée en puissance, fréquence surtout, notamment du variant anglais, inquiète. Et on peut voir
sur les dernières enquêtes flash, son augmentation est avérée. Donc voilà, c'est un variant qui reste somme toute sensible au vaccin,
qui peut être complètement maîtrisé comme le virus historique, je ne sais pas si on peut l'appeler comme ça. Donc voilà. En revanche, sa plus grande transmissibilité, donc il est 50% plus transmissible, plus contagieux que le virus historique, inquiète beaucoup. Parce que ça veut dire qu'on va se retrouver avec beaucoup plus de personnes infectées, et donc potentiellement beaucoup plus de personnes hospitalisées. Et donc ça, effectivement, ça inquiète. Ça veut dire aussi que le virus va beaucoup plus circuler et donc quand il circule, il change, il mute.
Et donc ça sous-tend aussi qu'il peut également avoir des mutations qui vont se fixer et favoriser l'émergence à terme de nouveaux variants. Ce qui, dans un contexte avec une population un petit peu en mosaïque, avec des gens vaccinés, une dose, deux doses, peuvent aussi, ces nouveaux variants, rencontrer des pressions de sélection qui peuvent aussi amener à sélectionner des variants qui vont tenter d'échapper au système immunitaire. Donc voilà un petit peu tous les enjeux qui pèsent aujourd'hui.
Alors, juste pour être bien sûr d'avoir compris, quand vous dites pression de sélection, j'essaie juste de résumer, ça voudrait dire que pour les personnes qui ont été vaccinées, si la continuation reste forte, il pourrait y avoir une forme de résistance avec des variants qui seraient de plus en plus forts, pardon de le dire comme ça, mais est-ce que c'est ça ou est-ce que j'ai mal compris ? Non, non, vous avez tout à fait compris, c'est au final, plus le virus se circule et plus il se multiplie et plus il va accumuler de mutations. Donc, ces mutations arrivent au hasard et ensuite, elles vont permettre de résister à un environnement qui va changer.
Alors, l'environnement changeant, ça peut être effectivement rencontrer un niveau d'immunité qui va faire qu'on va sélectionner dans cet ensemble de mutants des variants qui vont avoir un avantage parce qu'ils vont échapper au système immunitaire. Et c'est un petit peu le contexte, vraisemblablement, dans lequel ont émergé le variant sud-africain et le variant brésilien qui tous les deux sont arrivés dans des environnements avec des populations fortement infectées et dont beaucoup avaient été immunisés.
Alors, je vous pose cette question parce que Marie-Paul Chieny, qui est souvent invitée sur le plateau de C'est dans l'air, qui est présidente du comité vaccin COVID-19, dit comme le sujet devient la très forte circulation du virus, la question de vacciner les jeunes et les enfants, Philippe Amouyel, peut se poser ?
Oui, parce qu'en fait, ce qu'on voit là, c'est la circulation qui est importante. Plus il y a de virus qui circulent, plus il se multiplie, puis il risque de muter et puis peut-être qu'on verra un jour apparaître un variant français. Donc l'idée, c'est de faire la course contre cette progression du variant, en baissant le niveau de contamination de la population. Donc ce qu'il faudrait, c'est passer à des tests de dépistage un peu plus massifs que ce qu'on fait actuellement pour isoler les gens et en parallèle, vacciner massivement et vacciner là où le virus circule.
Et là où le virus circule, les derniers résultats de l'enquête de Pasteur Paris ont également montré qu'il y avait des taux de circulation beaucoup plus importants chez les jeunes. C'est dans ces populations. Donc il faudrait les vacciner pour bloquer également toute mutation. Et ça voudrait dire
changer un peu notre stratégie de vaccination ?
Vous savez, ce virus s'adapte en permanence. Donc il va falloir que nous aussi on s'adapte à ce virus et à son organisation. Déjà, on ne pensait pas avoir, il faut se rendre compte que c'est quand même une chance inouïe d'avoir un vaccin en moins d'un an. Maintenant, le virus a tendance à essayer de contourner le vaccin. Il faut aller plus vite que le virus, vacciner et vacciner tous ceux chez qui il circule en masse, c'est-à-dire en particulier les moins de 55 ans.
Sur la stratégie de vaccination et les variants, Vincent Maréchal ?
Les variants, c'est le sujet du jour. C'est-à-dire qu'effectivement, ça a été très bien dit, le variant britannique, il est bien contrôlé par les vaccins qu'on a aujourd'hui. Le variant brésilien, les résultats sortent un peu au fil de l'eau. Donc on a quelques hésitations sur le vaccin AstraZeneca. Mais rappelons que le variant sud-africain n'est pas le variant dominant en France. Aujourd'hui, la question principale, c'est le variant britannique. Et puis, on a globalement plutôt de bons résultats.
Il faut aussi savoir que si jamais les variants, et on a cette impression-là, convergent vers un certain nombre de combinaisons de mutations particulières, les gens qui fabriquent les vaccins, notamment les vaccins ARN, on pense notamment à Moderna qui l'a annoncé il y a quelques jours, mais Pfizer a probablement la même possibilité de le faire, peuvent faire évoluer très rapidement la composition des vaccins pour orienter ces vaccins vers ces formes variantes. Donc quelque part, vaccinons massivement avec ce qu'on a qui marche bien, qui devrait faire diminuer le niveau de circulation. Et effectivement, on a dans l'arsenal technologique la possibilité de faire évoluer les vaccins.
Mais des variants qui galoperaient, est-ce que cela pourrait, c'est un peu le scénario catastrophe, mais gêner, rendre inopérante
notre stratégie de vaccination ? C'est compliqué. En fait, ces variants d'échappement, aujourd'hui, ce qu'on sait surtout, c'est qu'ils ont un risque d'émerger chez des gens qui ont une immunité naturelle, parce que cette immunité naturelle, elle n'est pas forcément de la même qualité que l'immunité vaccinale.
Dans le cas des vaccins, il faut bien rappeler que la grande différence entre quelqu'un qui s'est fait infecte naturellement par le virus, qu'il soit classique ou invariant, et quelqu'un qui s'est vacciné, c'est que le vaccin a été optimisé de manière à faire monter son niveau d'immunité à un niveau tel que les formes classiques et les variants qui circulent aujourd'hui pourraient être bloqués. Donc il y a une stratégie qui est différente. Aujourd'hui, on ne fait pas de pari. On se dit qu'on a des vaccins, que plus le virus circule, plus on prend un risque. Donc l'objectif, et ça a été rappelé très bien là, c'est vraiment de bloquer la circulation.
Et puis il va falloir faire attention à ne pas être franco-centré parce que quand bien même on arriverait ou même au niveau de l'Europe ou de la Grande-Bretagne à juguler la circulation du virus, ce qui n'est pas encore fait, eh bien le virus va circuler ailleurs dans le monde. Et ces variants qui sont sélectionnés, qui au Brésil ou en Afrique ou en Asie, sont des variants qu'on va retrouver chez nous quelques mois après. Donc il y a une vraie question qui est d'avoir une vision globale, une vision planétaire et de produire les vaccins pour des pays qui vont avoir besoin à faible coût de s'équiper avec des vaccins efficaces. Et je pense que dans l'arsenal actuel, on a ce type de vaccins.
Philippe Amouillel, vous êtes conscient sur le fait qu'on arrivera à gérer quoi qu'il arrive la question des variants. Je cite Bruno Lina, qui est un virologue et encore une fois aussi un invité récurrent de Cédan L'Air qui explique qu'il n'est pas acté qu'une revaccination soit efficace contre les variants. Alors là, c'est le signe. Une catastrophe, c'est une personne qui a été vaccinée, qu'on voudrait protéger contre un nouveau variant et qui du coup ne serait pas protégée par une revaccination. Ça, c'est des choses... On a des données scientifiques là-dessus ?
Il n'y a plus de questions. Il n'y a plus de questions. Alors, pardon, Philippe Amouillel, allez-y. Non, non, moi, ça ne me dit rien sur cette notion de revaccination. Je crois qu'en effet, on peut envisager déjà sur les capacités à résister. Les capacités à résister ne sont pas sur des données pour l'instant cliniques. Peut-être à part l'étude sud-africaine sur le vaccin AstraZeneca, mais on a besoin encore d'enrichir. Les gens n'ont pas encore rencontré une fois vaccinés ces nouveaux variants. Ça ne devrait pas tarder puisqu'ils sont en train de devenir majoritaires en France. Ça, c'est le premier point. Ensuite, la protection, elle est plus large que ce qu'on voit.
Peut-être que le temps d'élimination du virus sera plus long, mais peut-être que quand même ils vont pouvoir se protéger contre le virus. Maintenant, dans tous les cas, on peut imaginer que cette immunité va peut-être se réduire au cours du temps, comme pour la grippe, que le vaccin va muter, qu'il va falloir envisager des rebouces et ce qu'on appelle des revaccinations.
C'est-à-dire, pardonnez-moi, tous les ans, on se fera vacciner contre le Covid ?
Tous les ans ou tous les deux ans. Quand on prend les coronavirus de type A, on sait que c'est les petits rhumes qu'on fait. On fait des rhumes tous les hivers. Donc, la probabilité d'en refaire, voilà. Mais c'est juste une vaccination. On fait ça pour la grippe aussi. Donc, ce n'est pas un souci, à mon avis, technique. Après la réponse, il va falloir l'étudier et voir ce que ça donne dans des populations humaines. Aujourd'hui, c'est beaucoup des tests in vitro sur des résistances à l'élimination du virus chez des sujets vaccinés ou à partir de sérums de patients immunisés.
Est-ce que la vaccination suffira pour éviter un rebond des hospitalisations quand vous regardez l'état de l'épidémie en France, Philippe Amoyel ?
Oui, tout à fait. C'est pour ça qu'il faut faire cette course et en particulier avec le vaccin AstraZeneca. Alors, bien sûr, c'est chez les personnes de 65 ans, mais dès qu'on pourra passer et remonter l'âge, ce sera également très utile parce qu'aujourd'hui, ce qui nous bloque dans le système, c'est la saturation de l'hospitalisation et de la réanimation. Si on arrivait à contrôler cela, ça permettrait énormément de réduire la pression et de ne pas nécessairement aller en confinement ou aller en couvre-feu.
Donc, il est vraiment important, au moins, c'est le premier effet de ces vaccins, c'est de réduire les formes graves, formes graves qui sont celles qui vont être hospitalisées et mises en réanimation et éviter cette saturation qu'on est en train de voir monter actuellement dans certains départements.
Puisqu'on cherche la méthode la plus rapide pour éviter que la stratégie de vaccination soit gênée par l'explosion des variants sud-africains, britanniques, mais surtout sud-africains, Pfizer va tester une troisième dose de vaccin contre les variants.
Oui, en fait, il y a deux, c'est pour ça que je voulais interdire. Je crois qu'il y a deux questions et Bill Gates, je crois, a fait une intervention qui a été beaucoup commentée et qui n'est pas, pour moi, d'une très grande clarté. Il ne faut pas mélanger deux questions. Il y a la question de la revaccination avec le même vaccin qu'au départ, qui peut avoir pour objectif de refaire monter un niveau d'immunité chez des gens. Alors, notamment, on sait que chez les personnes âgées, l'immunité diminue, elle vieillit également et cette capacité à faire persister l'immunité au cours du temps est moins bonne.
Donc, ça peut être une stratégie, effectivement, de revacciner une troisième fois pour remonter le niveau d'immunité. Et puis, il y a l'autre vaccination qui est de revacciner mais avec un vaccin différent, ciblé sur les variants. Donc, ça, ce n'est pas la même stratégie et quand on nous revaccine chaque année contre le virus de la grippe, on n'est pas vacciné avec le même vaccin que celui de l'année précédente. On est vacciné avec un vaccin légèrement modifié qui tient compte, justement, du variant en circulation. Donc, c'est là où il y a une petite ambiguïté, souvent, dans la vision qu'on peut avoir des choses.
Alors, c'était la recommandation du Conseil scientifique. Fin janvier, un reconfinement strict pour quatre semaines mais le gouvernement continue de croire en sa stratégie de restriction locale comme dans les Alpes-Maritimes ou à Dunkerque alors qu'une dizaine de départements préoccupent le gouvernement et pourraient aussi faire l'objet d'un reconfinement ciblé. Donc, le week-end, Aubry Perrault, Paul-Rémy Barjavel et Ariane Morisson. Ce matin à Dunkerque, pour les habitants comme pour ce commerçant, le réveil est compliqué.
Vendredi soir, c'est rideau.
Vendredi soir et jusqu'à lundi matin, son magasin devra rester fermé. La ville sera confinée. La nouvelle tombée hier est difficile à encaisser.
Les gens viennent principalement le samedi. C'est quand même une journée qui compte au moins pour 30% de types d'affaires dans la semaine. Donc, c'est vraiment très embarrassant. Et autre question qu'on se pose, comment on fait avec le personnel ? Aussi, c'est un sujet important. On les faisait déjà travailler avec leurs horaires étalés sur toute la semaine. On ne va pas les faire venir tôt le matin. Donc, comment on fait ?
Mais à Dunkerque, la situation sanitaire s'est fortement dégradée. Ici, le taux d'incidence a dépassé les 900 cas pour 100 000 habitants. Plus de 4 fois plus élevé que la moyenne nationale. Dès demain, donc, interdiction de sortir de chez soi le week-end. Les commerces non alimentaires devront fermer ces jours-là. Dans les lieux recevant du public, la jauge passe de 10 à 15 mètres carrés par personne. Masque obligatoire partout. Des restrictions supplémentaires qui divisent.
Il faut s'en sortir. On ne peut pas continuer comme ça. Déjà une année, c'est déjà pas mal. Il y a le couvre-feu à 18 heures. Donc, je veux dire, déjà, c'est une mise aussi. Et tous les jours, on sait qu'il faut se dépêcher de rentrer. Pour les cours, c'est compliqué. Et plus voir la famille du tout, c'est très compliqué. Je pense que ça ne sert à rien. Si on confine, c'est tout le temps et pas le week-end. Est-ce qu'on ne va pas faire le week-end ? On va le faire la semaine.
Une ville devenue symbole du virage opéré par le gouvernement cette semaine avec des confinements plus ciblés. Première zone concernée lundi, Nice et les communes du littoral. Suivie donc hier de Dunkerque et de son agglomération. Des restrictions locales en fonction du taux d'incidence. Une dizaine de départements sont actuellement sous surveillance. Une stratégie du cas par cas qui est venue défendre en personne hier dans le Nord le ministre de la Santé.
Allez bien, bienvenue à la carte. Merci. Quand vous avez l'hôpital qui est plein, la réanimation qui est pleine, que vous transférez des malades intubés, ventilés dans des ambulances pour aller les soigner dans d'autres hôpitaux du territoire, lorsque vous avez un taux de circulation du virus qui est tel que celui que nous connaissons ici en ce moment, la chance pour le territoire, c'est d'agir.
Agir. Les élus locaux en avaient bien l'intention, mais plus tôt.
Bien, vous avez entendu comme moi hier les annonces du ministre de la Santé.
Ces dernières semaines, ils assurent avoir fait des propositions, comme la fermeture des écoles ou le dépistage massif, pour éviter ou retarder ce reconfinement. Résigné, ce maire regrette aujourd'hui qu'elle n'ait pas été entendue.
Il y a eu la réunion hier où on a échangé un peu, mais on n'a pas su ce qu'allait dire le ministre de la Santé. Donc, sur sa proposition, on n'a pas débattu, si je puis dire. Donc, il n'y a pas eu un débat au sens noble du terme. C'est-à-dire, bon voilà, il y a eu des questions qui ont été posées sur la vaccination par mes collègues, mais il n'y a pas eu de débat sur l'opportunité ou non d'un confinement le week-end. Mais voilà, à Dunkerque,
a-t-on encore le temps de discuter ? Ce centre de dépistage a été lancé en urgence avec la flambée des cas de Covid. Des tests qui révèlent que le variant britannique a bel et bien envahi la ville.
On se rend compte que les choses ont évolué très rapidement. Que sur le Dunkerquois, le variant anglais, il a pris toute la place. Il est quasiment à 100% en implantation. Il n'y a plus que ça dans les PCR positives. On ne s'attendait pas à voir des chiffres varier aussi vite au jour le jour. Et là, clairement, au jour le jour, on avait toujours la même tendance à la hausse avec toujours la même pente d'augmentation. Ça, on ne s'attendait pas à ça. On pensait peut-être un peu naïvement que ça allait augmenter un petit peu moins vite. Là, on a été très, très surpris.
Et finalement, en 15 jours, dans la région, la photographie finalement de la répartition n'a plus rien à voir entre aujourd'hui, il y a 15 jours.
Face à une situation qui paraît désormais difficilement contrôlable, le ministre de la Santé mise aussi sur les vaccins avec la livraison de 16 000 doses supplémentaires dans le territoire de Dunkerque. – Et on en vient à cette question posée par Jean-Pierre. Dans le Barin, certains pays de l'Union européenne ont opté pour un confinement total. Pourquoi notre solution de confinement locaux aurait-elle les mêmes résultats ?
– Alors, il faut voir que le poids du confinement total est très, très lourd. Ça, maintenant, on le connaît bien. On connaît les risques psychologiques, on connaît les risques économiques. Il faut voir que chaque jour qu'on gagne, c'est des dizaines de millions d'euros d'économies, de bouffées d'oxygène pour l'économie. Donc, c'est de tenir le plus longtemps possible. Et après, la question du confinement local, c'est effectivement de dire que, et on le voit très bien sur la plupart des indicateurs, il y a un panachage des situations épidémiologiques sur le territoire national. – Ça, c'est classique ? – Classique, c'est difficile à dire parce que le classique en matière de Covid, il n'a pas…
– Non, mais ce que je veux dire, c'est que ça vous surprend de voir une carte de France qui ressemble un peu à des taches des léopards comme ça, avec des endroits très touchés, donc beaucoup moins.
– On l'a vu, en fait, on l'a vu depuis le début de l'épidémie. Alors, ça ne s'est pas toujours allumé au même moment, au même endroit, mais c'est ça depuis le début. Alors, effectivement, l'intérêt, c'est d'identifier, à mon avis, en regardant tous les indicateurs, identifier les vraies causes. Est-ce que c'est, effectivement, les gestes barrières qui sont un petit peu relâchés, les gens qui se réunissent alors qu'il ne faudrait pas, les mesures d'isolement dont on oublie de parler en France, quand on essaie d'avoir des chiffres sur l'efficacité des mesures d'isolement, on n'en a pas. Et donc, si les gens sont positifs et qu'ils ne s'isolent pas, évidemment, ils font circuler le virus.
Donc, il y a tout un tas de conditions qui ne sont peut-être pas les mêmes aux endroits où il fait très chaud, très beau, où on a du mal à mettre un masque, des endroits où il se passe des choses un peu différentes, où le climat est froid et on vit à l'intérieur. Donc, il y a un panachage. L'idée, c'est d'agir sur un territoire pour éviter de finalement faire porter le poids d'un confinement partout ailleurs. C'est surtout ça, la stratégie.
Philippe Amouyel, est-ce que la situation est encore sous contrôle ou est-ce qu'on est confronté à une deuxième épidémie ?
Alors, on est confronté à une deuxième épidémie parce que les caractéristiques de reproduction du virus ne sont pas les mêmes. Et là, le variant britannique est en train de dominer largement en France. Donc, on a un deuxième type, c'est toujours le coronavirus, mais on a un deuxième type d'épidémie. Dans ce deuxième type d'épidémie, ce qu'on constate, c'est que les gestes barrières, pour qu'ils soient efficaces, il faut les respecter beaucoup plus strictement que ce qu'on a connu précédemment à cause de cette augmentation régulière des taux. Autre élément aussi, c'est que l'impact que l'on voit de manière disséminée et hétérogène est tout à fait normale.
C'est-à-dire qu'on démarre en plusieurs foyers et ces foyers vont varier. Première épidémie, c'était les Hauts-de-France, c'était le Grand Est, c'était la région parisienne. Deuxième épidémie, ça s'est étendu vers le sud, vers Bordeaux, vers Toulouse. Donc là, on est dans la même situation. Alors, ça a démarré à Dunkerque. Peut-être qu'il y a eu des circonstances de rencontres particulières, d'échanges, qui ont fait que ce virus, beaucoup plus transmissible, a tout d'un coup explosé. Et ces chiffres, on les avait anticipés avec un certain nombre de projections qu'on a pu faire à partir des données des enquêtes FLASH 1 et 2 de Santé publique France. Donc ça, on s'attend un peu à ça.
Donc ce qui se passe actuellement, c'est qu'on surveille. Et je pense que des informations comme celles dont dispose Vincent par le réseau Bépine peuvent encore aider à surveiller mieux et à déclencher des mesures le plus vite possible en amont. Alors, ce qu'avait dit le maire de Dunkerque, c'est qu'il voulait mettre des mesures de prévention. C'était peut-être vrai il y a 15 jours quand il a lancé l'alerte. Aujourd'hui, il va falloir des mesures un peu plus musclées. Et le confinement, pour réduire les poches de déplacements et de contaminations qui surviennent le week-end, qui sont déjà bien couvertes la semaine par le couvre-feu, pourraient être utiles.
Et on va voir d'ici 15 jours comment ça se passe en gardant un œil sur les 20 autres départements qui sont susceptibles de passer de ce côté-là. L'intérêt, c'est de ralentir, de ne pas confiner et parallèlement, de monter la charge vaccinale, de vacciner à tour de bras. C'est une espèce de course contre la montre. Il y a un petit trou de souris et on va peut-être pouvoir éviter un confinement national.
C'est jouable, dites-vous. Alors que je le précisais tout à l'heure en lançant le deuxième reportage que le Conseil scientifique était plutôt alarmiste il y a encore un mois en disant on n'y arrivera pas sans un confinement strict de 4 semaines. Oui, en fait, le Conseil scientifique voulait ce confinement de 4 semaines tout simplement pour revenir à un contrôle de l'épidémie parce qu'actuellement l'épidémie n'est plus contrôlée quand on a 25 000 nouveaux cas par jour, 30 000 hier. On ne peut pas croire que l'assurance maladie va appeler tout le monde, qu'il va y avoir du tracing, donc il suffit des cas contacts, que les gens vont s'isoler. Enfin, ce n'est pas possible, c'est fini.
Donc, en gros, l'objectif du confinement prôné par le Conseil scientifique c'était de revenir à ces 5 000 cas par jour, reprendre le contrôle sur l'épidémie, gagner du temps en termes de vaccination, notamment des plus âgés, et puis ralentir surtout la pénétration des variants et notamment le Sud-Africain qui, a priori, semble résister aux vaccins AstraZeneca. C'est en Paris. De la part de l'exécutif, de dire, Philippe Amouriel disait, il y a un trou de souris. C'est encore jouable.
En tout cas, visiblement, le gouvernement, il n'y a pas d'annonce particulière aujourd'hui, le gouvernement a décidé de continuer sur cette stratégie-là, encore une fois, alors que nos voisins européens, on peut parler notamment de l'Allemagne ou de la Grande-Bretagne, qui étaient passés par un confinement très strict et qui commencent à imaginer une réouverture et notamment les écoles. De toute façon, on n'a pas de boule de cristal et les scientifiques ont bien du mal à prévoir ce qui va se passer tant il y a de facteurs qui changent entre les variants, la météo, les comportements des gens, l'adhésion aux mesures. Donc c'est très compliqué.
Il y a des nouvelles modélisations de l'Institut Pasteur qui sont assez alarmistes, qui tendent aussi plutôt vers un durcissement des mesures. Mais honnêtement, on ne sait pas du tout ce qui va arriver. Après, je discutais avec un épidémiologiste de l'Université de Montpellier hier qui me disait que confiner le week-end, en fait, c'est une sorte de demi-mesure qui peut permettre au mieux de décroître un tout petit peu le R, le taux de reproduction du virus. Mais ça ne va pas vider les services de réanimation qui sont déjà quand même bien remplis. On est à 3 800 patients en réa actuellement. On a encore un peu de marge. On a un tout petit peu de marge, mais ce n'est pas énorme.
On ne peut pas se permettre de laisser le virus partir trop vite parce qu'on sait que derrière, des services vont être débordés. Mylène Ogliastro, sur cet aspect-là sur la stratégie de vaccination sous l'effet des variants et la stratégie du gouvernement de confiner comme ça par petites touches.
On a l'impression que c'est vraiment au millimètre pour que la vie reste ce qu'il en reste parce qu'il y a quand même le couvre-feu, il y a quand même des mesures de restrictions assez nombreuses, mais essayer de ne pas tomber dans un scénario qui peut être par exemple celui de l'Allemagne qui avait décidé d'un confinement plus vaste avec, je le précise, je le rappelle, la fermeture des écoles alors que là, on a des enfants qui sont encore en vacances. La question se posera peut-être à la rentrée, à votre avis. Oui, le confinement, ça a été dit, des effets délétères qu'il est important de prendre en compte dans une décision politique.
l'Allemagne a confiné, donc a adopté des mesures plus strictes. Effectivement, on pourrait se dire que j'agis vite et fort et ça permet d'avoir des mesures plus efficaces. Après, c'est vraiment cette balance du coup d'un confinement strict. La question de l'Angleterre est légèrement différente parce que l'Angleterre avait un peu vraiment laissé beaucoup, même partir l'épidémie à volo avec, sans restriction, sans geste barrière. Et là, l'amorce du déconfinement va être très, très lente. Mes collègues à Oxford, ils sont coincés chez eux et ils ne resteront pas de retour dans les laboratoires avant le mois d'avril-mai.
Donc, ça reste quand même des solutions qui sont allégées dans les pays où l'épidémie a flambé de manière très... qui seront... Enfin, le retour à la normale sera très lent. Donc, voilà, les essais, les essais, pourquoi pas essayer ça, c'est adapté à ses poches où vraiment l'épidémie n'est plus du tout sous contrôle. On accepte un niveau d'hospitalisation très élevé. C'est 20 000 cas par jour. Donc, c'est vraiment énorme. Un niveau de mortalité aussi élevé. Donc, voilà, c'est... On essaye de jouer une espèce de balance entre le coût et puis le bénéfice à s'épargner un confinement strict. Vous avez raison d'évoquer la situation en Grande-Bretagne.
D'ailleurs, Boris Johnson a évoqué un plan d'ouverture très précis avec des échéances. Réouverture des écoles le 8 mars. Nous, on a des écoles qui sont toujours ouvertes. C'est les vacances, mais elles sont restées ouvertes. Et les musées et les pubs en extérieur, réouverture prévue le 12 avril. Il y a une question qui est posée en ce moment sur le rajeunissement des patients qu'on voit aussi en réanimation. C'est une donnée qu'on n'arrive pas à vérifier de manière scientifique. Ce sont des témoignages de responsables de services de réa qui disent qu'en ce moment, on voit arriver des patients plus jeunes.
On le voit à plusieurs endroits. Il y a des collègues qu'on a appelés dans l'Est de la France qui le voient dans le Sud de la France. On avait ce matin une réunion avec l'ARS Île-de-France qui nous dit qu'on voit la même chose aussi. C'est un rajeunissement. On l'évoquait tout à l'heure. Soit c'est parce qu'on protège mieux les personnes âgées. Il faut croiser toujours ça avec les courbes d'incidence dans les classes d'âge aussi. Si le virus circule plus chez les jeunes, évidemment, les jeunes entre guillemets. J'aime bien qu'on dise jeunes parce que jeunes, c'est jusqu'à 50 ans. On est jeunes. Vous et moi. Vous surtout. Il faut croiser. Il faut voir de quoi ça vient.
Ce qui serait ennuyeux, c'est qu'effectivement, ça correspond à des virus avec des propriétés différentes. Ça, ça serait ennuyeux. Mais il s'agit peut-être tout simplement d'une conséquence entre le croisement entre la classe d'âge la plus touchée et le fait qu'elle va à l'hôpital comme les autres. Depuis le début, il n'y a pas que des gens de 75 ans dans les services de réanimation. Mais ça mérite en tout cas qu'on se pose sur cette question de façon sérieuse.
Philippe Amouyel, sur le rajeunissement des patients, est-ce que vous avez des données supplémentaires ?
Oui, alors il y a une certaine cohérence. Il y aura un rajeunissement de 5 à 7 ans des patients d'hospitalisation et réanimation. Ce qui est intéressant, c'est que ça tombe à un moment où on a quand même réussi plus de 80 % de ceux qui voulaient se faire vacciner en EHPAD. Et je vous rappelle que c'était quand même la moyenne d'âge provenait de ces populations. Donc ça pourrait être un effet aussi du vaccin. Peut-être que c'est le variant, mais ça peut être aussi le vaccin. Ce serait plutôt une bonne nouvelle et ce serait une stratégie de vacciner très rapidement.
Juste une question, j'allais dire très basique. Si les chiffres de contamination augmentent jour après jour, si les chiffres d'admission en réa augmentent jour après jour, est-ce que ça ne veut pas dire que la stratégie n'est pas la bonne, Philippe Amouyel ?
Non, alors ce qui est intéressant de savoir, c'est les réanimations parce que c'est le seul chiffre fixe. Sur les positivités tous les jours, ça dépend de comment on teste, qui on teste, dans quelle population on teste. Ce qu'il faut suivre, c'est les hospitalisations et les réanimations parce que là, les chiffres sont fixes. Et il faut savoir que les effets sur ces zones-là sont à peu près trois à quatre semaines après les temps de contamination. Donc on a un certain retard. Ce qui serait aussi intéressant de voir, c'est par exemple les eaux usées également pour pouvoir mettre ça et voir la cinétique et savoir à quel moment il faut frapper pour mettre la mesure en place.
Alors puisque vous surveillez les eaux usées, qu'est-ce qu'on peut tirer comme leçon sur ce qui nous attend ?
Les eaux usées, elles nous disent qu'il y a des territoires sur lesquels le niveau de circulation est très élevé. On est très surpris d'avoir des situations dans lesquelles les eaux usées avaient montré une grosse circulation virale avec effectivement une incidence dans la population. Alors même si on peut discuter de différentes façons de l'évaluer, on ne voyait pas d'explosion dans les services.
D'accord, il y a une décorrelation.
Oui, et là, je pense notamment à l'île de France qui était sur un niveau élevé mais plutôt sur quelque chose qui ressemblait à un plateau. Là, le fait est qu'on reste sur un plateau voire même sur une réaugmentation avec une situation hospitalière qui se dégrade. Donc il est en train de se passer quelque chose et on fait bien de le dire, c'est vrai que les mesures qu'on prend aujourd'hui ne vont avoir d'effet que dans quelques semaines. Donc il ne faut pas se tromper. Je ne vais pas regarder le dernier chiffre mais je crois qu'on était à 70% de taux d'occupation en réanimation en Ile-de-France. Il y a quelques semaines, c'était 50%. Donc on commence à charger sérieusement le dispositif.
Là, il ne faudra pas trop attendre quand même avant de prendre des mesures.
Parce que si on attend trop, on n'aura pas d'autre perspective que de taper fort.
Oui, taper fort et puis surtout si vous tapez quand vous êtes à 99% de réanimation, vous faites ce qu'on fait à Nice, c'est-à-dire qu'on envoie les patients à Brest, je crois, qui ont commencé les transferts.
Alors ce sont les premiers effets très visibles de la campagne de vaccination. Le retour à la vie normale dans les EHPAD. Le retour des sorties, des visites après des mois d'enfermement et d'isolement. Reportage Juliette Vallon et Arnaud Fora. Dans ce petit village niché au cœur de la Bourgogne, c'est le grand jour pour les résidents de cette EHPAD.
On a de la chance avec le temps.
Leur première sortie hors de l'établissement depuis un an.
Ça va, Jackie ?
Ça vous fait du bien de sortir, de prendre l'air ?
Oh ouais.
Vous en rêviez un peu ? Oui. Parmi eux, Pierre, 67 ans, arrivé ici il y a quelques mois seulement. Il découvre le village pour la première fois.
C'est un artiste donc il va voir les jolis monuments qu'il y a dans le village. Donc là, commencer par ce joli la voir. Alors est-ce qu'il vous inspire, celui-là ? Oui. Alors venez voir, on va aller jeter un petit coup d'eau.
Une sortie rendue possible aujourd'hui grâce à la vaccination. Tous ces résidents de l'EHPAD ont reçu leur deuxième dose la semaine dernière. On sait qu'on est encore loin d'être sortis de toute cette situation mais en tout cas, c'est un nouveau départ, c'est vraiment une autre vie qui commence quand même. C'est beaucoup de bonheur de les voir enfin reprofiter de la vie. Dernier arrêt devant la boucherie du village.
Si jamais vous êtes perdus ou vous voulez faire des petites emplettes, ils sont là pour ça.
La commerçante est émue de les retrouver.
On se faisait du souci pour eux, les savoirs comme ça, enfermés. Puis bon, on n'avait pas tellement de nouvelles, alors on pensait que tout allait bien au mieux, quoi.
Première sortie, premier contact physique aussi pour Laurence et son père, atteints de la maladie d'Alzheimer.
« Bonjour ! » « Bonjour ! » « Ça va, papa ? Tu me reconnais ?
C'est super ! » « Eh ben, ça va ? »
« Ouais, ouais, ouais. »
« Ouais, ouais, ouais. » « T'es content de me voir ? » « C'est vrai ? » « Ça fait longtemps quand on ne s'était pas vu. »
« Oh ben, ça va s'arranger. »
« Oh ben, ça va s'arranger, oui. Tu vois, ça s'arrange aujourd'hui. » Après des mois de communication à travers une vitre, Laurence n'a pas hésité à donner son accord pour la vaccination. On se disait qu'il y aurait eu n'importe quoi pendant cette période-là. On n'aurait peut-être même pas pu dire au revoir. Enfin, c'était une angoisse. C'est un beau cadeau d'anniversaire
qu'on lui fait et qu'on nous fait à nous. Un peu de marron, je vous ai emmené. Ces couleurs-là, ça va peut-être être un peu trop foncé. C'est 34, ça peut être pas mal.
Avec la vaccination au sein de l'EHPAD, c'est également le retour d'Alexandra, à la coiffeuse. Cet après-midi-là, elle chouchoute Monique, 89 ans. « J'étais pas bien coiffée. Et moi, j'aimais toujours bien coiffée. Je serais mieux dans ma peau. Parce que pour moi, ça comptait beaucoup la coiffure. » « Un petit peu de dignité, ça fait du bien, quoi. Ça fait du bien. Il y a le petit sourire qui est là parce qu'ils se rendent compte qu'ils sont bien coiffés, qu'ils se sentent propres. C'est génial, quoi. » L'assouplissement des règles de confinement, c'est aussi plus d'activités en groupe.
« On peut échanger, au moins pas forcément avec tous, mais on peut se revoir, disons, entre copains. »
Dans la salle à manger, place à l'atelier de composition florale. Une activité indispensable, selon la directrice, pour maintenir les résidents en forme.
« Travailler la dextérité, l'utilisation des ciseaux, la découpe des fleurs, leur mémoire. Est-ce que ces fleurs-là, elles vous rappellent un bouquet de mariés quand vous étiez plus jeune ? Est-ce que ça vous rappelle ce que vous aviez dans votre jardin ? Voilà. Donc ça fait travailler énormément de choses. »
La vaccination contre le Covid ou la promesse pour ces résidents de retrouver enfin un peu de leur vie d'avant. 75 personnes, des personnels des EHPAD sont vaccinés. 75% des résidents des EHPAD sont vaccinés. Et les personnels sont vaccinés aussi. On les voyait avoir encore le masque ? Les personnels ? Oui. Oui, parce qu'ils peuvent... Enfin, voilà, ils sont vaccinés avec AstraZeneca, qui est un petit peu moins efficace. Ils peuvent toujours être porteurs. C'est une précaution supplémentaire. C'est pour limiter les risques. Cette question. « Mon père vient de recevoir la deuxième injection du vaccin Pfizer. à partir de quand sera-t-il immunisé ? » Philippe Amouyel.
15 jours. 10-15 jours. Il atteint les 90% au bout de 10 à 15 jours.
Et votre horaire ? Oui, allez-y.
Il est déjà à 50% minimum. Il est entre 50 et 70% d'après les études israéliennes. Et une semaine, à 10 jours après, il aura atteint le seuil maximum.
On voit les effets sur la vie de ces résidents des EHPAD qui peuvent retrouver une activité, ressortir, etc. ce sont eux qui allaient le plus souvent dans les centres de réanimation. On voit d'ores et déjà l'effet de la campagne de vaccination, outre sur la qualité de vie, bien sûr, on l'a vu, mais aussi sur les arrivées en service de réa.
Oui, tout à fait. C'est à peu près… C'est les tendances qu'ont les patrons de services de réa en disant, tiens, on voit moins de personnes âgées. Les estimations sont aux alentours d'une baisse de l'âge de 5 à 7 ans, ce qui est important en moyenne dans ces circonstances. Et finalement, c'est ce qui a été observé également relativement tôt au niveau des programmes de vaccination israéliens. En particulier, cette baisse du pourcentage de poids relatif des personnes de plus de 65 ans par rapport à celle de moins de 65 ans.
Et vous parlez d'Israël, c'est vrai que les études en situation réelle des effets de la vaccination sont spectaculaires. Et on voit même un retour quasiment à la vie normale.
Bien sûr, oui. Non, non, c'est devenu une référence. Alors, à telle enseigne que les Israéliens sont en train de vacciner les jeunes avec des signes de comorbidité entre 12 et 16 ans. Donc, ils sont en train même de tester des choses qu'on n'a pas anticipées, même dans les essais de phase 3. Donc là, il y a un succès, effectivement, en termes d'hospitalisation qui est spectaculaire.
Mylène Ogdiastro, sur ces images qu'on vient de voir et plus généralement sur le fait qu'on commence à mesurer les effets de la campagne de vaccination, même si, bien sûr, ça ne va pas assez vite. Mais ça commence à se voir. Oui, tout à fait. C'est vraiment encourageant. Et si on, effectivement, on rajoute à ça les chiffres encourageants de l'étude écossaise, les chiffres en Israël, la même tendance amorcée en Angleterre, oui, c'est vraiment quelque chose d'encourageant. Après, ceci étant dit, il faut garder, vraiment, continuer à être vigilant et continuer à vraiment limiter la circulation de ce virus. Un mot sur la réflexion, peut-être, avec vous, Cécile Tibère, autour des passeports.
En gros, on se n'est vacciné, on a un QR code et on peut avoir une vie normale. On a vu qu'encore une fois, c'est Israël qui était en train de mettre en place ce genre de procédure. On sait que le gouvernement n'en veut pas, pour l'instant, évidemment, parce que tout le monde n'est pas vacciné, mais il réfléchit. Oui, c'est vrai que jusqu'à maintenant, tous les représentants du gouvernement ont eu l'air de repousser cette idée, parce qu'en même temps, elle ne colle pas avec le fait que le vaccin n'est pas obligatoire. Donc finalement, c'est peut-être une décision qui va reposer sur les groupes privés, les compagnies aériennes, le tourisme, etc.
Donc voilà, ça sera peut-être pour partir à l'étranger qu'il faudra avoir ce passeport. Et certains pays européens touristiques, il y a un Conseil européen qui a lieu en ce moment et qui réunit les 27, certains pays, l'Italie, la Grèce, poussent pour un passeport de vaccination qui pourraient relancer une activité. Oui, c'est complètement dans leur intérêt économique d'avoir des touristes qui viennent et qui n'apportent pas le virus, mais qui apportent de l'argent. Donc oui, on peut imaginer que ça prenne forme. Là, on est un peu trop tôt. Pour le moment, on y va un petit peu à tâtons avec tous ces vaccins.
Mais quand ça sera bien installé, comme le disait Philippe Amouyel, si ça devient quelque chose de chronique comme la grippe et qu'on doit être vacciné tous les ans ou tous les deux ans, il est envisageable que ça arrive. Et nous revenons maintenant à vos questions. J'ai plus de 75 ans. Impossible d'avoir un rendez-vous dans un centre de vaccination en Gironde. Dois-je chercher dans un autre département ? Est-ce qu'on a le droit de chercher dans un autre département quand on n'a pas de rendez-vous dans le sien ? Oui ? Je ne sais pas. Qui peut répondre à cette question ?
Bonne question.
Bon, personne ? Philippe Amouyel, vous pouvez répondre ou pas ? Il n'y a pas de limite
parce qu'en fait, vous appelez sur des plateformes, des personnes peuvent se faire vacciner. Il y a une stratégie qui consiste à appeler et à se faire mettre sur des listes pour justement éviter les pertes de doses, c'est-à-dire être disponible à partir d'un certain moment de la journée quand on sait que les patients ne viendront plus parce qu'il y a des annulations de rendez-vous, il y a des gens qui ne viennent pas, surtout avec les vaccins Moderna mais aussi avec les vaccins Astra qui ont une durée un peu plus longue mais pas tellement finalement et que ça peut être aussi un moyen d'avoir une vaccination mais c'est extrêmement difficile actuellement.
Il faut attendre un tout petit peu que les stocks soient reconstitués et à partir de là on pourra vacciner à tour de bras, c'est important.
Patience encore un peu donc. Ma mère de 87 ans a un rendez-vous pour le 3 juin et un second pour le 1er juillet. Alors oui, à qui le tour ? Le délai est-il normal ?
Alors lequel ? Celui entre les deux doses, oui. On lui propose le 1er juin, c'est assez surréaliste.
Nos médecins plébiscitent le vaccin AstraZeneca qui serait aussi bon que les autres. Alors pourquoi l'Afrique du Sud l'a-t-elle mis de côté ?
Alors c'est ce qu'on disait tout à l'heure, il y a quelques études qui méritent d'être renforcées qui semblent suggérées notamment sur les formes modérées puisque ça ne portait pas sur les formes graves. L'étude qui fait référence c'est sur les formes modérées de la maladie que les gens vaccinés par le vaccin AstraZeneca étaient infectés, pouvaient être infectés par le variant brésilien et qu'il n'y avait pas de gain en termes d'efficacité sur les formes modérées. La question n'a pas assez des gens dont la médiane d'âge est de 31 ans donc des gens qui ne sont pas du tout ceux qui nous intéressent qui sont les personnes les plus âgées aujourd'hui.
C'était sur 2000 personnes c'était une toute petite étude.
Donc c'est vraiment une étude pilote qui mérite d'être confirmée.
Mais en gros c'est parce que le variant sud-africain est largement majoritaire en Afrique du Sud. C'est 9 contaminations sur 10 donc en fait par précaution ils se sont dit bon on n'est pas sûr que ça marche ce vaccin AstraZeneca on ne va pas lancer notre campagne en grande pompe avec ce vaccin si on n'est pas sûr. Mais c'est vrai que ça a été très commenté et ça a jeté le discrédit sur ce vaccin. Mylène Obliastro sur cette question. Oui j'aurais la même réponse.
C'est vrai que les données sur ce variant sud-africain ne sont pour l'instant pas très claires et en tout cas c'est un variant qui est extrêmement minoritaire en France pour l'instant en dehors de Mayotte qui subit de plein fouet ce variant. Donc voilà pour l'instant les vaccins AstraZeneca sont tout à fait efficaces contre le variant anglais qui circule qui est majoritaire en France. La moitié des nouveaux cas sont attribués au variant anglais en France. J'ai 44 ans mais je préférerais encore l'AstraZeneca à rien car à mon âge on n'est pas à l'abri du Covid long.
C'est vrai que c'est bien d'en reparler parce qu'on oublie on parle toujours des formes graves on oppose des formes graves et rien n'a attrapé alors d'abord il y a tout un gradient dans les signes cliniques et de fait il y a plusieurs problèmes qui se posent il y a des gens qui gardent le virus pendant longtemps et on mélange souvent les deux questions puis des gens qui font effectivement des formes avec des signes cliniques plusieurs mois après des fois six mois après il y a une étude chinoise qui montrait que 80% des gens avaient encore un ou plusieurs signes de la maladie sans que le virus soit ça peut être quoi ? Par exemple l'absence de vous ?
Alors ça c'est une vraie question il y a des signes neurologiques il y a des signes de fatigue souvent et il y a des consultations en France qui sont en train de se structurer je crois qu'il y en a toujours une à Surène où on s'intéresse à cette question-là on essaye d'évaluer la composante
Et qui touche davantage les jeunes du coup ? C'est une personne qui nous interroge à 44 ans ?
Je n'ai pas les statistiques elles touchent on a ces formes-là chez des gens jeunes ça c'est sûr après est-ce que c'est plus fréquent chez les gens jeunes que des gens âgés ça je ne saurais pas le dire
Il y a une étude en cours je crois en Ile-de-France sur ça qui n'est pas encore publiée Alors le vaccin empêche-t-il d'être contagieux Philippe Amouyel ?
Alors ça c'est le point important tout à l'heure c'est le premier effet qu'on cherche pour diminuer la charge hospitalière en revanche sur la transmission c'est-à-dire est-ce que quand on est vacciné qu'on se fait réinfecter parce qu'il y aura un petit moment est-ce qu'on est contagieux à un moment ou à un autre ou pas ou est-ce qu'on est protégé on n'a pas tout à fait la réponse mais quand même en Israël les résultats qu'il y a sur le Pfizer semblent montrer qu'en effet le Pfizer protégerait bien de la transmission de même les données sur AstraZeneca je crois qu'il y en a une partie dans l'étude écossaise également montrent que apparemment ça protège ce qui est une excellente nouvelle alors la seule étude c'est un peu caricaturale qui permettrait de le savoir théoriquement les Anglais ont pensé à la déposer c'est prendre des sujets jeunes qui ont été vaccinés les mettre dans une pièce les contaminer et regarder s'ils projettent non c'est sérieux les Anglais ont proposé ça et ça a été accepté ou pas ?
non
en ce moment des jeunes qui voudraient être ensemble dans une pièce et faire la fête par exemple je suis sûre que vous en trouverez plein qu'on nous laisse vivre normalement que ceux qui veulent se protéger le fassent on ne peut pas vivre comme ça éternellement
ah c'est une question philosophique il y a quelques semaines ou quelques jours il y a une tribune dans le Lancet où justement on a reparlé de ce contrat intergénérationnel on a dit finalement les personnes âgées vous nous faites peser un très lourd tribut il y a deux solutions soit on vous enferme soit vous vous autoconfinez alors ça pose plein plein de problèmes les gériatres ont réagi notamment en expliquant que c'était pas si simple que ça la question il faut être raisonnable aussi c'est que les gens on peut choisir de ne pas se vacciner on peut choisir d'être malade mais en France on sera soigné donc il faut bien voir que ces gens qui vont refuser de se faire vacciner s'ils ont un problème on va de toute façon s'occuper d'eux donc de toute façon ils vont peser sur le système je pense que collégialement collectivement c'est important d'avoir une action collective, solidaire
et vous avez raison de le rappeler en fait ce débat intergénérationnel il est émergé comme ça à intervalles réguliers pendant toute la pandémie et au final dans aucun pays d'ailleurs je ne sais pas peut-être je parle sous votre contrôle Philippe Amouyel il y a toujours eu cette solidarité intergénérationnelle ça n'a jamais pris
non aucun pays n'a actuellement confiné en fonction de l'âge élément qui est très intéressant c'est l'enquête de l'Institut Pasteur sur le taux d'immunité de la population actuellement on voit que on serait aux alentours de 17% actuellement d'immunité en particulier chez les sujets jeunes qui sont beaucoup plus immunisés donc ils ont rencontré plus souvent le virus que chez les personnes beaucoup moins jeunes qui l'ont rencontré moins souvent ça veut dire que ces personnes ont tendance à entre guillemets s'auto-isoler donc rendre ce type d'auto-isolement obligatoire poserait un certain nombre de questions et puis alors pour prendre un élément caricatural l'isolement extrême d'une personne âgée c'est la mise en EHPAD et on sait ce que ça a donné
Si je suis vaccinée en mars serais-je encore couverte de façon optimale l'hiver prochain ?
Alors Mylène Ogliastro c'est ce qu'on disait tout à l'heure peut-être qu'il faudra une revaccination je ne sais plus quel d'entre vous parlait de booster une première vaccination Alors il y a des études qui ont montré donc à 8 mois que les personnes qui avaient contracté la Covid étaient toujours immunisées à 8 mois donc 8 mois c'est simplement le recul le seul recul qu'on avait donc ce qui va changer ce qui peut changer la donne c'est les variants et si de nouveaux variants émergent effectivement il faudra peut-être un boost vaccinal avec une version adaptée du vaccin pour l'immunité je pense qu'à 8 mois on peut être confiant si le virus ne change pas entre temps N'est-il pas plus facile de confiner que de vacciner ?
En ce moment, si On marche sur les deux jambes je crois qu'on est en train de faire les deux Je plaisante mais ce n'est pas facile de prendre la décision de confiner en ce moment
Oui, je pense que c'est plus simple de vacciner mais c'est limité par des facteurs logistiques qu'on évoquait tout à l'heure le confinement il a un poids qu'on n'est plus vraiment prêt à supporter de façon collective on sait que le confinement a fortiori on sait qu'il y a différents niveaux de confinement aussi mais un confinement comme celui du mois de mars d'il y a un an je pense que plus personne ça passerait plus aujourd'hui à votre avis ?
Je ne sais pas c'est difficile à dire parce que quand on interroge les gens aujourd'hui notamment dans les villes qu'on a mis sous un peu sous mesure de surveillance voire même sous des confinements partiels le week-end apparemment les gens adhèrent quand même ils ont quand même envie qu'on règle le problème maintenant je pense que ça dépendrait beaucoup des mesures qui seraient proposées un confinement sec avec fermeture de l'école pas y gagner
N'est-il pas honteux Mais souvent ils sont d'accord Alors allez-y Philippe Amouyel
Ils sont d'accord parce qu'ils ont l'impression qu'il suffit d'un grand coup de confinement un coup et puis après on est débarrassé ça c'est vraiment pas garantie
N'est-il pas honteux que de nombreux soignants refusent de se faire soigner Philippe Amouyel se faire vacciner
Il n'y a pas que là on a le même problème pour la grippe on a le même problème pour un tas de vaccins c'est une vraie question je n'ai pas de réponse la question qu'on peut se poser c'est faut-il comme on l'a fait pour certains vaccins rendre la vaccination des soignants obligatoire
On n'en a pas parlé depuis le début de l'émission c'est une erreur personne ne parle du variant californien même new-yorkais est-il confirmé que les vaccins n'ont aucun effet sur son variant
Il y a moins d'infos sur le variant californien
Et il y a bel et bien un variant californien
Il y a un variant californien
Merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir aux alentours de 23h30 je rappelle que vous pouvez retrouver C'est dans l'air en podcast sur toutes les plateformes Tout de suite c'est à vous Demain c'est Accès de Tarlet C'est à vous