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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 7 mai 2025 8 min

Le retour aux fondamentaux de la politique arabe de la France - reportage #cdanslair 06.05 2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

et en Syrie, qui était leur viatique pour alimenter le Hezbollah. - C.Roux: E.Macron avance ses pions pour rester un acteur qui compte dans la région.

Il reçoit demain le nouveau président syrien. Il y a quelques jours, il avait avancé à pas comptés sur la reconnaissance de l'Etat palestinien par la France. - Sa prise de position a été remarquée.

A son retour d'Egypte le mois dernier, E.Macron s'est dit prêt à reconnaître l'Etat palestinien. - E.Macron: On se bat pour Gaza, le retour de la paix et de la sécurité, l'humanitaire et une solution politique.

On doit aller vers une reconnaissance. Dans les prochains mois, on ira. Je ne le ferai pas pour l'unité ou faire plaisir à tel ou tel, mais parce que je pense que ce sera juste. - Une prise de position très vite applaudie par une partie de la classe politique. - Je suis pour, dans la mesure où nous avançons vers cette mesure à 2 Etats.

C'est un Etat palestinien et un Etat israélien avec des garanties de sécurité pour les deux. - F.Hollande: Cette reconnaissance doit venir.

Si elle vient dans un cadre qui permet à des pays qui ne reconnaissent pas Israël de le faire et à d'autres qui ne reconnaissent pas la Palestine ou l'Etat palestinien de le faire, c'est un bon processus. - Mais à droite comme à l'extrême droite, on regrette que le moment ne soit pas bien choisi. - G.Larcher: Est-ce que les conditions sont réunies pour aller plus loin dans la reconnaissance, qui est indispensable, à terme, de la réalité d'un Etat de Palestine?

Non. - S.Chenu: Ce discours permet de dire qu'ils peuvent faire du terrorisme et qu'on leur cède des droits.

C'est un contresens historique et diplomatique. - Israël, Palestine, un sujet sensible. Depuis le 7-Octobre, il déchire la classe politique française.

Pas plus tard qu'au début du mois d'avril, quand le député LFI A.Caron rend hommage aux enfants morts dans la bande de Gaza. - A.Caron: Jamais des enfants n'ont été massacrés en si grand nombre avec un tel sadisme.

Tous les jours, des enfants palestiniens sont brûlés, démembrés, décapités. Et dans cet Hémicycle, les complices sont nombreux. - Il brandit ensuite une photo d'enfant tué à Gaza dans l'offensive israélienne. - Y.Braun-Pivet: C'est interdit, de faire ça. - Sur un sujet si grave, que d'outrances, que de caricatures.

La France a toujours porté cette voix de dialogue et de paix, tandis que vous, votre groupe, n'a cessé d'instrumentaliser ce sujet si tragique à des fins politiques, de souffler sur les braises de l'antisémitisme. - C'est au sein même de la gauche que la question cristallise le plus de tensions. Lors du rassemblement du 1er-Mai, J.Guedj est ciblé et insulté par des manifestants de gauche.

La France insoumise reproche au député juif son soutien trop timide à la Palestine. J.-L.Mélenchon lui-même a tenu des propos durs à son égard. - J.-L.Mélenchon: Un lâche de cette variété humaine que l'on connaît tous, les délateurs. - Le député PS voit dans son exclusion des manifestations l'influence de La France insoumise, qu'il accuse de brutaliser le débat public. - J.Guedj: Quand ça pue l'antisémitisme, on le sent.

Ca me brise le coeur de vous dire ça, que des gens à gauche puissent banaliser, être complaisants. On ne peut pas avoir de cadre normal de débat et de discussion dans ce pays si on est complaisant avec le racisme, avec l'antisémitisme, avec la xénophobie. - Un sujet qui pourrait définitivement acter la rupture entre LFI et les autres membres du NFP. - C.Roux: Je voudrais vous poser cette question. - A.Levallois: Ca devient de plus en plus difficile en raison de la poursuite de la colonisation en Cisjordanie, en particulier.

Le territoire palestinien, qui pourrait devenir autonome, est un véritable gruyère. Il y a des colonies complètement installées, avec des routes de contournement réservées aux voitures israéliennes, qui empêchent toute unité territoriale pour ce territoire qui pourrait devenir un Etat palestinien. S'il y avait une vraie volonté politique, on pourrait y arriver, avec l'idée développée par des diplomates à une époque de garder les grandes colonies qui sont en territoire palestinien et qu'Israël donne en compensation d'autres territoires actuellement sur le territoire israélien. - C.Roux: Est-ce que, quand E.Macron donne le sentiment que la France avance sur ce sujet, il a ça à l'esprit? - A.Levallois: Il faut simplement regarder une carte...

Quand on va sur place, c'est évident que c'est compliqué. - C.Roux: Est-ce qu'il y croit? - A.Levallois: Il n'y a pas d'autres solution.

On est coincés, même dans le raisonnement autour de ce plateau...

Objectivement, il n'y a pas d'autre solution que 2 Etats. En même temps, comment permettre l'établissement d'un Etat palestinien alors qu'il y a eu ce grignotage de ce territoire qui devait être cet Etat palestinien depuis des dizaines d'années? - C.Roux: Je voudrais vous montrer une carte des pays européens qui ont déjà reconnu l'Etat de Palestine.

L'Espagne l'a fait récemment. Est-ce qu'on s'inscrit dans un mouvement européen? - P.Haski: Pas tout à fait.

Les divisions dont on parlait tout à l'heure existent sur ce sujet. La décision de reconnaître ou pas l'Etat de Palestine est déconnectée de la capacité ou pas de le faire naître. C'est une posture politique, une manière de montrer un désaccord avec la manière dont se passent les choses à Gaza.

La France, si elle le reconnaît dans un mois et demi, ce sera pour se démarquer et ne pas être complice, puisque c'est quand même le mot, de ce qui se passe à Gaza. Ce n'est pas avec l'idée que ça va aider à faire naître cet Etat. Il y avait aujourd'hui une déclaration très intéressante de B.Gantz, l'un des chefs de l'opposition centriste en Israël.

Il a déclaré: "Oubliez les 2 Etats. C'est un rêve." Il y a un durcissement de l'opinion.

Le centre de gravité de la classe politique n'est pas de ce côté-là aujourd'hui. - N.Bacharan: Il y a une vingtaine d'années, le grand écrivain israélien Amos Oz parlait d'un conflit immobilier. "On a un appartement.

On va devoir partager. Personne ne va être content. On va être tassés." Il le voyait venir: "C'est en train de devenir un conflit religieux de plus en plus dur." Le Hamas est une organisation islamiste.

Il y a une extrême droite israélienne extrêmement religieuse. Quand on a sorti les colons de Gaza, ce n'était pas les mêmes qu'aujourd'hui. Ils étaient certes ultra religieux, leur démarche était religieuse, mais ils n'étaient pas armés.

Aujourd'hui, en Cisjordanie, les colons sont beaucoup plus durs. Ils sont ultra religieux et armés. Le Hamas est devenu une organisation absolument épouvantable.

La situation est beaucoup plus dure.

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