Bayrou allume la mèche budgétaire - C dans l’air - 16.07.2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
un pari toujours gagnant. ... - L.Sénéchal: Bonsoir.
C'est un régime choc, le pari de la rigueur, un pari risqué. de F.Bayrou pour dire stop à la dette.
Un plan qui a la vertu du courage, de l'audace et de la lucidité, selon l'Elysée, mais qui est fraîchement accueilli par le monde politique. E.Philippe dit que ça ne règle aucun problème, pourtant allié du Premier ministre.
Le chemin est long pour faire voter ce budget et éviter la censure à l'automne. F.Bayrou a-t-il trop crispé, en s'attaquant notamment au 8-Mai?
Les retraités lui pardonneront-ils? Ils sont largement mis à contribution. Que prépare le RN, déjà fossoyeur de M.Barnier et qui enchaîne les déconvenues judiciaires?
Voilà les thèmes de cette édition. Pour répondre à vos questions, nous accueillons D.Seux, éditorialiste économique pour "Les Echos" et France Inter.
N.Saint-Cricq, bonsoir. Vous êtes éditorialiste politique à France Télévisions.
Bonsoir L.Fritel. Vous êtes journaliste politique à "Paris Match".
J.Fourquet, bonsoir. Vous êtes directeur du département opinion à l'institut de sondage Ifop, auteur de "Métamorphoses françaises". 43,8 milliards d'euros d'économies, est-ce que c'est un effort partagé?
F.Bayrou avait promis que tout le monde participerait. Vous avez le sentiment que c'est un effort équilibré? - D.Seux: Il y a une chose certaine, c'est que ce n'est pas de l'eau tiède.
On dit parfois que les centristes...
Ce n'est pas de l'eau tiède. Il a des décisions assez nettes, 2 jours fériés...
La quasi-totalité des Français l'ont entendu depuis 24 heures. Le gel des pensions de retraite, tout le monde en a entendu parler. Ce n'est pas couper les cheveux en 4.
Il a pris son risque. Evidemment, c'est un risque, mais qui est à la hauteur...
On peut discuter des modalités, des mesures...
Chaque parti politique a ses options. C'est à la hauteur de la situation financière. Il est difficile aujourd'hui de ne pas reconnaître que la situation financière est inquiétante.
Ca fait une semaine que les taux d'intérêt français sont plus élevés que les taux d'intérêt grecs pour les obligations à 10 ans. Ils étaient déjà, depuis un an, supérieurs aux taux portugais. Ils sont passés au-dessus des taux espagnols.
Maintenant, au-dessus des taux grecs. Les taux italiens...
Quand on lit la presse italienne, les Italiens attendent tranquillement que les taux français passent au-dessus des taux italiens. On peut se dire que tout ça n'est pas sérieux, pas très grave, pas très embêtant, que ce ne sont que des taux d'intérêt et que c'est de la finance...
Mais ça dit quelque chose. Je finis par un élément chiffré. Il y a 20 ans précisément, une commission avait été mise en place par quelqu'un qui est aujourd'hui dans le débat public, T.Breton, ancien commissaire européen et ancien ministre de l'Economie et des Finances, une commission sur la dette.
Fin 2005, la dette publique était de 1000 milliards d'euros. Chacun de nos téléspectateurs pourra nous demander si nous vivons beaucoup mieux qu'il y a 20 ans... - L.Sénéchal: Est-ce que la riposte à cette hausse de la dette est la bonne?
Pas sûr. A entendre la secrétaire générale de la CGT, S.Binet...
Elle se fait presque menaçante sur RTL. - S.Binet: Il nous prépare une mémoire pour les travailleuses et travailleurs.
Je rappelle au Premier ministre que nous avons eu un très bon exemple l'année dernière. Son prédécesseur a essayé d'imposer 3 jours de carence pour les fonctionnaires et le gel des pensions pour les retraités. Le gouvernement a été obligé de renoncer à ces mesures, qui ont été enterrées.
On ne laissera pas revenir par la fenêtre ce que l'on a empêché par la porte, sachant que la copie que nous présente F.Bayrou est pire que la copie qui était celle de M.Barnier l'année dernière.
Evidemment, la mobilisation s'impose. - L.Sénéchal: Le problème, pour F.Bayrou, c'est que la colère va de S.Binet au RN.
E.Philippe déclare aussi que rien ne règle le problème. - N.Saint-Cricq: F.Bayrou laisse entendre que c'est une copie de travail...
Le spectre est très large. F.Bayrou s'y attendait en considérant qu'il y aurait une levée de boucliers et que ce n'était pas le moment de vérité mais le moment du tollé. - L.Sénéchal: C'est pour ça qu'il a fait ce discours maintenant. - N.Saint-Cricq: Les vacances parlementaires ne vont pas forcément améliorer les choses...
Il est resté flou. Le ciblage est assez précis. Ca ressemblait à un discours de politique générale.
Il y a bien des choses qui ne sont pas définitives. C'est logique que la CGT ait cette attitude par rapport aux salariés. C'est logique que LFI, qui, de toute façon, depuis le début, veut le départ de F.Bayrou et E.Macron, ait réagit ainsi.
Le RN est dans une position solide, même si on ne sait jamais exactement ce qu'ils vont faire. C'est un jeu où tout le monde hurle, dit que ce n'est pas bien. G.Attal se cache.
On ne sait pas où il est passé. Il n'y a plus de majorité, plus de socle commun. E.Philippe considère que le gel n'est pas une solution.
L'année blanche repousse les problèmes. Il pense à la présidentielle, qui est le moment des réformes. Je pense que F.Bayrou imagine qu'il y a des choses qui vont être négociées avec les socialistes.
La fameuse contribution hauts revenus, si on la décrit plus précisément, ça peut réussir à éviter que les socialistes ne votent la censure avec le RN. Il faut être assez calmes. Il faut regarder sur l'Assurance maladie, sur l'emploi...
Les ministres qui ont parlé derrière F.Bayrou n'ont rien dit de plus. Ils ont dit la même chose. - L.Sénéchal: E.Lombard a apporté quelques précisions. - N.Saint-Cricq: En termes de montants.
On a eu sur les retraites, sur le forfait annuel pour les 10 % d'abattement...
Il y a encore des ajustements à la marge, qui, d'après F.Bayrou, peuvent faire changer d'avis les socialistes. Pour l'instant, les socialistes ont dit des choses...
Ca va être la grande surprise de savoir si entre maintenant et octobre, il y aura des avancées ou si des choses vont être dénaturées et jusqu'où il va aller pour gagner la gauche sans perdre la droite. - L.Sénéchal: Ce chiffrage de 43,8 milliards d'euros, c'est F.Bayrou qui l'a décrété.
Au niveau de l'UE, la feuille de route, c'est 25 milliards d'euros d'économies. Ca avait été accepté. - N.Saint-Cricq: Il y a des contestations au sein des oppositions sur l'ampleur et la nécessité de faire ces économies.
La levée de boucliers d'aujourd'hui ne nous permet pas précisément de savoir ce qu'il va se passer. On a l'impression que c'est mal barré, pour parler vulgairement, mais il y a...
Quand on discute en off...
Vous parlez de Tartuffe... - L.Sénéchal: Il faudra lire l'édito. - N.Saint-Cricq: Il y a le côté sale boulot à faire...
Les autres chefs de partis se disent qu'ils viendront après le sale boulot. Peut-être le que le timing ne les intéresse pas totalement...
Avoir une censure à ce moment-là...
Les Français sont assez hostiles à cette censure systématique. Il pourrait y avoir une incertitude...
Ils déplorent la stabilité du pays. - L.Sénéchal: Le RN avait tenté de négocier avec M.Barnier...
M.Barnier a appris à ses dépens que le RN avait... - L.Fritel: Le RN avait eu quasiment toutes ses exigences, excepté sur les retraites.
Ca avait été refusé...
Il y a eu une indexation des retraites en janvier qui avait fait que le RN avait obtenu tout ce qu'ils avaient désiré. F.Bayrou, quand il arrive à la suite de M.Barnier, n'avait plus rien à négocier avec le RN.
Il s'est reposé sur les socialistes. Sa feuille de route, c'était...
Il y a des liens entre les équipes de F.Bayrou et M.Le Pen, plus qu'entre les équipes de M.Barnier et M.Le Pen.
En l'occurrence, tout ce qui est discours et volonté de mettre en place la banque de la démocratie, par exemple, la proportionnelle...
C'est un combat de F.Bayrou de longue date, mais aussi un combat de M.Le Pen.
Est-ce que ce sera suffisant pour emporter l'adhésion du RN? Non. Le RN a un électorat qui comprendra des gestes très nets en matière d'immigration.
C'est là-dessus que la plupart des interlocuteurs que j'ai eus avant ou depuis m'ont indiqué leur ligne rouge. Il faudra vraiment envoyer un signal éloquent à son électorat pour justifier une non-censure sur ce sujet. C'est intéressant.
F.Bayrou n'en a pas parlé. Pourtant, c'est demandé par ses alliés de chez LR.
L.Wauquiez et B.Retailleau exigent qu'il y ait des choses qui soient faites quant à l'AME. - L.Sénéchal: L'AME, c'est 1 milliard d'euros. - L.Fritel: C'est au moins symbolique.
Sans doute que de ne pas en parler tout de suite permet de faire émerger ce thème d'ici 2 mois. Quand on sera sur les questions de jours fériés en moins, peut-être qu'il ne s'agira que d'en avoir un seul en moins. - L.Sénéchal: Partir de plus haut pour avoir une marge de manoeuvre. - L.Fritel: Il y a des choses qui ne sont pas très claires.
C'est assez mou, pour pouvoir donner aux oppositions la possibilité de revendiquer auprès de leurs électorats des victoires politiques. Ensuite, F.Bayrou essaie d'alerter l'opinion, de faire monter cette petite musique de la dette, qui devient trop importante pour nos finances publiques et le futur de nos enfants.
Ca fonctionne. Le thème de la dette, aujourd'hui, est dans les principales préoccupations des Français. S'il y a une angoisse suffisamment importante pour que les Français ne demandent pas une motion de censure ou que seule une moitié des Français demandent une motion de censure, ce sera plus compliqué pour les oppositions de censurer et de le justifier auprès de leur électorat. - L.Sénéchal: Dans quel état d'esprit sont les Français au moment d'accueillir cette potion amère? - J.Fourquet: Il y a des sondages qui commencent à être faits.
On est un peu à chaud. On sait que ces mesures sont structurellement impopulaires. J'ai regardé des enquêtes que l'Ifop avait faites en 2004 et 2005, quand J.-P.Raffarin avait supprimé le jeudi de Pentecôte.
A l'époque, plus de 60 % des Français y étaient opposés. On peut penser que les 2 jours vont bénéficier d'un niveau de rejet qui sera encore plus... - L.Sénéchal: 70 % des Français rejettent l'idée de supprimer 2 jours fériés. - J.Fourquet: 60 à 65 % pour un jour.
F.Bayrou, je pense que le pari qu'il fait, c'est à la fois tous ces arbitrages et ces volets de négociations avec les différentes forces politiques, mais il a aussi essayé de s'adresser aux Français, mais par-dessus les états-majors politiques. Le choix du titre de cette intervention, "le moment de vérité", dit la stratégie qu'il y avait derrière: prendre l'opinion publique à témoin en indiquant le niveau de la dette. 3000 milliards ou 3300, ça ne parle pas forcément...
Ca a été multiplié par 3 en 20 ans. C'est 5000 euros par seconde de dette supplémentaire. C'est poser le diagnostic, comme un médecin qui vous annonce que vous avez une mauvaise maladie.
Deuxièmement, c'est la posologie qu'on propose. Ce qui n'a jamais été fait jusqu'à présent, c'était d'essayer de mettre tout le monde à contribution. On peut se dire que c'est une erreur magistrale, parce qu'on va fédérer les oppositions.
Le pari risqué qui est fait, c'est de dire que comme tout le monde va se rendre compte que tout le monde est mis à contribution, ça va contribuer à éteindre le réflexe habituel qui consiste à dire: "Pourquoi nous et pas les autres?" C'est un pari risqué. Il faudra tenir sur le fait que l'ensemble des catégories de la population soit mis à contribution, y compris celles qui sont réputées proches du pouvoir en place.
Les retraités ont voté à 40 % au premier tour de l'élection présidentielle pour E.Macron. F.Bayrou indique que toutes les catégories de population vont être concernées.
A la fois les retraités, les fonctionnaires, les collectivités locales, les hauts revenus, y compris les catholiques, qui voient leur lundi de Pâques...
Tout le monde va voir...
C'est un pari risqué. Il l'a redit plusieurs fois: "Chaque homme et chaque femme qui nous écoute sait que quelque chose ne va plus." L'heure est grave. "Je vous prends à témoin et je vous appelle à la responsabilité." Essayer de mettre les forces politiques de l'opposition devant leurs responsabilités...
Ils vont dire que leur message est passé dans l'opinion. "Si vous censurez, ce sera au nom d'intérêts de partisans, alors que nous défendons l'intérêt général." C'est un chemin de crête étroit. - D.Seux: On ne sait pas si ce qui va l'emporter, c'est l'anesthésie ou la coagulation.
L'anesthésie parce que chaque Français est un peu mécontent. Tout ça s'annule parce qu'on part en vacances. Il y avait les JO il y a un an.
On se dit qu'à la rentrée, ça ira mieux. Au contraire, coagulation: les forces d'opposition, et c'est le pari de S.Binet, se regroupent les unes aux autres et ça fait bouger le gouvernement.
Tout est aussi une question de communication. Vous évoquez la question des retraités. Il y a eu un raté de communication assez essentiel sur les retraités. - L.Sénéchal: On en parlera tout à l'heure.
Il y a eu un jeu de deux entre F.Bayrou et E.Lombard, qui a dû apporter des précisions pour les retraités les plus modestes. - D.Seux: On fait un teasing pour tout à l'heure. - L.Sénéchal: Pour l'instant, on va voir que ce plan est rejeté à la quasi-unanimité par la classe politique, à l'exception des LR, qui proposent des modifications. - F.Bayrou: Je dis "moment critique" parce que l'urgence est là. - Les annonces de F.Bayrou à la une de la presse.
Le gouvernement fait le service après-vente pour faire accepter son budget. Pas d'austérité... - A.de Montchalin: C'est un budget de liberté pour les Français. - Pas de gel du salaire des Français. - A.de Montchalin: C'est une année de stabilité.
On n'a pas de nouvelles hausses de salaires. - Pour les ministres, l'heure est grave. La dette explose.
Il faut tailler dans le vif. Y compris avec des idées inédites dévoilées par leur chef hier. - F.Bayrou: Il faut travailler plus, il faut que toute la nation travaille plus pour produire et pour que l'activité du pays dans son ensemble soit plus importante dans l'année et pour que la situation de la France s'améliore.
Je propose donc que 2 jours fériés soient supprimés pour tout le pays. - Dans le viseur: le 8-Mai et le lundi de Pâques. Tollé dans les rangs des oppositions. - J.-P.Tanguy: Ce n'est pas une idée, supprimer des jours fériés.
C'est un effet politique. Nous ne sommes pas un pays du tiers-monde qui doit exploiter les Français parce que le gouvernement est incapable de faire des économies. ... - L'Etat veut trouver près de 44 milliards d'euros et ramener le déficit à 4,6 % du PIB.
F.Bayrou annonce Une année blanche, une baisse des dépenses de santé, mais aussi la diète pour la fonction publique. 3000 postes supprimés et 1/3 des départs à la retraite ne seront pas remplacés. - E.Lombard: Il faut réduire le déficit afin de stabiliser la dette.
Pour réduire les déficits, il y a plusieurs méthodes. Il y a diminuer les dépenses de l'Etat. Nous le faisons très activement pour 30 milliards de mesures. - Le Medef a applaudi.
Les Républicains veulent que le gouvernement aille encore plus loin dans les économies. - L.Wauquiez: Le plan qui a été présenté hier par F.Bayrou a au moins le mérite de chercher des solutions.
Ce que je constate depuis hier, c'est la somme des réactions irresponsables de tous ceux qui rejettent tout en bloc. La conviction de la Droite républicaine, c'est que ce n'est pas comme ça qu'on sortira le pays de l'impasse. - Le gouvernement promet des hausses de recettes et réfléchit à la suppression de niches fiscales.
Insuffisant pour LFI et la CGT. Ils sont vent debout et prévoient des manifestations à la rentrée. - E.Coquerel: Les 3/4 des mesures annoncées aujourd'hui, celles qui sont précises, sont celles qui attaquent les services publics, les prestations, les retraités.
Celles qui ne sont pas précises, dont on ne connaît ni l'ampleur ni le contour, ce sont les quelques mesures promises pour attaquer les plus privilégiés. - S.Binet: Nous appelons l'ensemble des travailleurs à se syndiquer dans leurs entreprises pour que, ensemble, nous puissions nous mobiliser à la rentrée. - Le gouvernement Bayrou menacé aussi de censure.
C'est déjà acté du côté du RN. - C'est la fin de l'histoire. F.Bayrou écrit le dernier chapitre de son histoire à Matignon. - Le Premier ministre misera sur un soutien du PS pour passer son budget.
Tractations en vue, mais pour le moment, le PS n'est pas du tout convaincu. - C'est à F.Bayrou de nous dire quelles sont les marges de négociation. - O.Faure: Sur les bases actuelles, la perspective actuelle et la censure... - Rendez-vous lors des débats sur le budget à l'Assemblée, le vrai moment de vérité pour F.Bayrou. - L.Sénéchal: Question.
On vient de voir une position de principe de départ, qui est de s'opposer à ce plan. - N.Saint-Cricq: Avec, à chaque fois, "dans les conditions actuelles"...
ça ne marche pas". Par ailleurs, c'est la même chose que dit B.Retailleau.
Il y a des nuances. On est dans la nuance du "très inacceptable" ou "pas si mal", mais il faudra changer les choses. La position des socialistes n'est pas un rejet à la LFI.
Ca traduit différente personnes qui peuvent composer la philosophie du PS. F.Hollande a dit qu'il voterait la censure parce que le RN ne la votera pas et que le gouvernement ne tombera pas.
Il va y avoir une négociation entre la ligne N.Mayer-Rossignol et la ligne plus dure. Il y a les municipales.
Ils ne sont pas forcément prêts. E.Macron ne veut pas de dissolution...
S'il y en avait une, ce ne serait pas une bonne nouvelle pour l'opposition. - L.Fritel: Ils ont dit plusieurs fois, notamment au congrès, qu'ils ne se réallieraient pas avec LFI.
Même en cas d'accord national...
Du côté du PS, il n'y a pas du tout une envie de censurer. Au contraire, ils sont embêtés, au vu des échéances qui arrivent. - L.Sénéchal: Il y a une mise en garde d'E.Coquerel, président de la Commission des finances.
Il dit que le gouvernement souhaite des discussions. Mais il espère que les socialistes n'iront pas. Il est déjà en train de penser qu'ils iront. - D.Seux: Avec E.Lombard, le ministre de l'Economie, le grain à moudre est du côté des hausses d'impôts des plus aisés.
Vis-à-vis de leur électorat socialiste, c'est très frappant. 2e raison, c'est faire mordre la poussière à E.Macron qui, depuis 2017, est contre et ne veut pas bouger là-dessus.
Il y a un signal intéressant dans ce qu'a dit F.Bayrou sur ce sujet. Il a dit: "Fromage et dessert." En 2025, il y a une contribution sur les hauts revenus, au-delà de 250 000 euros pour une personne seule et 500 000 euros pour un couple.
Elle existe déjà. Elle est reconduite. Par ailleurs, il a annoncé une autre mesure, sur le capital improductif.
On ne sait pas très bien ce que c'est. Si on décrypte, ça veut dire l'argent qui est logé dans les holdings. Les dividendes.
C'est fromage et dessert alors qu'on attendait seulement fromage. - L.Sénéchal: C'est la taxe Zucman? - D.Seux: On ne sait pas.
G.Zucman est un économiste qui a réussi à faire signer par 8 prix Nobel américains un texte dans "Le Monde". Son idée est de créer une taxe sur le patrimoine des 800 plus grandes fortunes françaises. ...les 1800 plus grandes fortunes françaises. - L.Sénéchal: Ceux qui ont plus de 100 millions d'euros.
C'est 2 % du capital chaque année. Ils paient la différence. Question. - D.Seux: Entre 20 et 30, selon les estimations.
La gauche y est évidemment favorable. Elle est ravie de ce texte dans "Le Monde" et du soutien des prix Nobel. Elle dit qu'ils ont beaucoup gagné d'argent et peuvent en rendre un petit peu et ceux qui y sont opposés disent: "2 % la 1re année, au bout de 10 ans, ça fait 20 % du capital des entreprises donné à l'Etat.
Est-ce que c'est raisonnable? Est-ce que ces personnes ne vont pas partir?" Il y a un débat économique.
Le PS aimerait monter dans ce bateau, même si ce n'est pas 2 %. Il aimerait mettre le pied dans la porte à la fois du gouvernement Bayrou et d'E.Macron. - L.Sénéchal: Il y a un chemin au Parlement.
Ca passerait par le Parlement. La taxe a déjà été rejetée au Sénat. - N.Saint-Cricq: Quand on dit "faire payer les riches", dans l'opinion... - L.Sénéchal: Ca rapporterait 20 milliards... - N.Saint-Cricq: Sauf s'ils partent.
Il faudrait une unification de la fiscalité sur les riches, c'est la thèse d'E.Macron. Ce serait un mauvais signal pour les riches.
Il y aura probablement...
Les socialistes ont dit qu'ils allaient faire des propositions pour aller sur cette proposition de contribution "fromage et dessert". Ce serait difficile pour le RN de dire qu'ils n'en veulent pas parce qu'ils sont devenus moins libéraux...
M.Le Pen s'intéresse aux plus malheureux. Pour LR, ce serait compliqué de dire qu'ils n'en veulent pas.
C'est une piste de travail du gouvernement. G.Larcher a proposé une année blanche.
Il l'a. D'un autre côté, on s'intéresse aux hauts revenus. Peut-être qu'ils vont calculer, dans l'abattement forfaitaire de 2000 euros pour les retraités, quelque chose qui montrera que les retraités les plus pauvres peuvent être protégés.
Après, ce sera...
Une histoire de communication. Qui l'emportera sur le "tout le monde contribue"? L.Wauquiez a parlé de responsabilité.
E.Macron a commencé il y a 3 jours, au moment du discours sur l'armée...
Il a dit: "Ceux qui n'ont que la souveraineté, la patrie et la nation à la bouche, qui considèrent qu'il faut qu'on soit indépendants, vous serez responsables..." Pour une fois, E.Macron n'a pas savonné la planche de F.Bayrou.
Aujourd'hui, il a reconnu que le budget et son intervention étaient courageux, audacieux et lucides. C'est déjà qu'il y a un petit bouger du côté d'E.Macron pour considérer...
Les thématiques de F.Bayrou l'ont plutôt emporté. C'est l'été.
Il va falloir passer notre temps à scruter cet été meurtrier. - J.Fourquet: Sur les socialistes, on entend qu'ils seraient tout à fait preneurs de cette taxe, même si elle était amendée.
Il leur faudra absolument un totem à présenter à leurs électeurs pour leur faire passer l'idée qu'ils ont soutenu, qu'ils n'ont pas censuré le budget. On dira que les socialistes sont des traîtres...
Le PS a été traumatisé de ne pas pouvoir mettre les pieds dans une manifestation, notamment quand les syndicats de la fonction publique ont défilé. Quand on regarde la sociologie du PS, il y a une base de fonctionnaires qui est très importante. L'année blanche, les suppressions de postes, c'est totalement inacceptable pour cet électorat.
L'autre composante de l'écosystème socialiste, ce sont les élus locaux. Les élus locaux et les collectivités locales sont également mis à contribution. Le PS, vis-à-vis de leur appareil militant et de leurs électeurs, ne peut pas signer un soutien à ce projet du gouvernement sans avoir en contrepartie quelque chose qui, symboliquement, ferait contrepoids et qui devrait peser significativement sur la fiscalité des plus hauts revenus. - L.Sénéchal: Vous vous rappelez le soutien d'E.Macron au plan Bayrou.
E.Philippe, c'est l'inverse. Pourquoi est-ce qu'il critique le plan Bayrou?
Pourquoi il se différencie à ce point? - J.Fourquet: Sans doute qu'il considère que ce n'est pas assez massif. - L.Sénéchal: La retraite à 67 ans... - J.Fourquet: On voit que lui qui veut passer pour quelqu'un qui incarnerait une rigueur en termes de comptes publics, il va pouvoir critiquer en disant que ça ne va pas assez loin... - L.Sénéchal: C'est le seul à dire ça.
On promet du sang et des larmes, et il en promet encore plus. - N.Saint-Cricq: Il fait ça pour exister. - L.Fritel: Il a oublié le "quoi qu'il en coûte".
Ce n'est pas la 1re fois qu'il attaque F.Bayrou, notamment depuis qu'il est à la tête du gouvernement. Il y a une sorte de petite concurrence entre les 2 qui est sous-jacente.
Il n'y a pas encore les velléités présidentielles de F.Bayrou...
Manifestement, E.Philippe a concentré ses flèches contre F.Bayrou.
C'est lui qui a notamment décidé du fait qu'il n'y avait pas assez de projets du gouvernement portés à l'Assemblée nationale et que c'était trop d'initiatives parlementaires. Ca ne change pas grand-chose, en fin de compte, surtout dans la circonstance actuelle de notre Assemblée nationale, qui est ingouvernable. Il a aussi une envie de faire en sorte que son projet soit considéré par les plus libéraux à droite comme le projet qui gagnera la présidentielle sur une droite anciennement UMP.
Sur LR et l'amendement Zucman, cette question pourrait être problématique pour ce parti, dans la mesure où ça reste un parti d'autoentrepreneurs, avec une partie qui se considère libérale et qui ne veut pas voter pour le RN, qu'elle accuse d'être socialiste sur le plan économique. L'autre partie veut retrouver les classes populaires qu'elle a pu déserter. En ça, E.Philippe sait qu'il a un créneau. - D.Seux: Je dirais que les autres candidats à la présidentielle, Mélenchon, Bardella, Retailleau, ne sont pas identifiés sur l'économie.
E.Philippe fait une trace économique. C'est son créneau jusqu'à maintenant.
Il a tenté sur l'éducation...
La réforme des retraites, ça reste lui. Il a parlé des 67 ans...
Si F.Bayrou lui vole ce thème économique, il n'est pas content. Il a envie de dire: "Je peux faire mieux." - L.Sénéchal: Il rappelle que le 8-Mai férié avait été supprimé par le général de Gaulle.
V.Giscard d'Estaing était allé encore plus loin en arrêtant les commémorations. 20 ans plus tard, en 1995, il se justifiait. - V.Giscard d'Estaing: A Londres, ce n'est pas férié.
Aux Etats-Unis, ce n'est pas férié. Si vous regardez la Bourse de New York, elle était ouverte lundi. La nôtre était fermée.
Je m'étais dit que ça aurait plus de caractère aux yeux de la jeunesse de dire qu'on va se souvenir dans une perspective qui est la réconciliation européenne. - L.Sénéchal: F.Mitterrand avait rétabli le 8-Mai férié en 1981.
C'était une bonne idée, de toucher à ce symbole? - J.Fourquet: Il y a le fait que ce jour soit férié et le fait qu'on commémore ou non.
Rien n'empêche que le 8-Mai, s'il n'était plus férié, les autorités politiques et institutionnelles, les grands médias, fassent des émissions et commémorent, fassent des manifestations autour de cette grande victoire. Si on veut être un peu grinçant, je ne suis pas convaincu que des millions de Français, le 8-Mai, participent aux commémorations et se souviennent de ce moment historique. On voit qu'on joue un peu avec les mots.
Ce qu'il y a derrière le lundi de Pâques et le 8-Mai, c'est cette idée que F.Bayrou a martelée hier, selon laquelle il fallait que la France "se remette au travail", notamment au moment du mois de mai. Le lundi de Pâques ne tombe pas tous les ans au mois de mai...
Mais on voit comment, dans cette période, les ponts succèdent aux ponts. F.Bayrou a voulu marquer les esprits.
Il savait que ces 2 jours fériés supprimés seraient impopulaires, mais il a essayé de créer un électrochoc pour dire "il faut que l'on sorte de cette culture du temps libre et des loisirs et que, collectivement, nous reprenions le chemin du travail et de la production". - L.Sénéchal: Il y a un côté punitif pour les Français. - J.Fourquet: Cette perte de centralité du travail...
J'avais été marqué par cette publicité cette année, où un voyagiste avait fait la liste des ponts possibles avec un slogan qui dit "32 jours de vacances en posant 5 jours". - L.Sénéchal: C'est fallacieux.
Ca inclut des week-ends. - D.Seux: C.Cornudet raconte que F.Bayrou et E.Macron sont tombés d'accord sur l'idée qu'il fallait faire travailler plus et que les jours fériés étaient peut-être une bonne idée.
F.Bayrou avait une idée plus précise en disant: "Il faut donner des jours." Ils ont cherché les jours.
Hier, il a mentionné le 8-Mai. Ce matin, la ministre du Travail évoquait le 15 août. Le 15 août est une fête religieuse. - J.Fourquet: Avec le lundi de Pâques. - N.Saint-Cricq: De toute façon, l'obsession de Giscard à l'époque, et de De Gaulle, était le jour chômé.
On confond les commémorations, le férié, le chômé...
On ne peut pas accuser le général de Gaulle d'avoir considéré que le 8-Mai... - D.Seux: Tout le monde a été marqué, y compris au gouvernement, par un article du "Parisien" en début d'année qui montrait comment bien profiter du mois de mai 2025, qui indiquait la stratégie pour avoir 6 semaines de vacances en mai. - L.Sénéchal: Une catégorie, jusqu'ici, avait été épargnée par les différentes mesures d'économies: les retraités.
F.Bayrou voudrait geler leurs pensions l'an prochain et remplacer leur abattement de 10 % par un forfait de 1000 euros. Comment les retraités ont accueilli cette annonce? - Ce matin, au marché de Suresnes, les efforts demandés aux retraités animent les discussions autour du café. - On va encore payer.
On n'a pas le choix. - De toute façon...
Il faut que tout le monde participe. Il y a un effort national. Tout le monde doit participer.
On fera avec...
En plus, la plupart des retraités sont propriétaires. 70 % des retraités sont propriétaires. On est favorisés. - Avec des pensions qu'ils jugent plutôt confortables, l'annonce d'un gel des retraites est plus facile à digérer que pour cette retraitée qui touche 900 euros par mois. - Je suis à la retraite.
Je continue à travailler. Je n'ai pas les moyens d'arrêter et de payer une voiture ou quoi que ce soit. Maintenant, il faut faire des efforts, mais il faut que ce soient les politiques qui font des efforts en premier.
Arrêter de dépenser pour la gabegie...
Partout, à gauche et à droite... - Les retraités, on a moins besoin de choses, c'est vrai.
On s'habille moins. On mange moins. Mais on a des enfants.
Je pense aussi à nos petits-enfants, qui ont aujourd'hui besoin de nous. Le salaire des ménages ne suffit plus. - A quelques kilomètres de Fontainebleau, ce couple accuse lui aussi le coup.
Une année blanche en perspective et des dépenses de santé dans le viseur du gouvernement. - Ce sont tous mes médicaments. Au moins, je me soigne et je ne vais jamais à l'hôpital. - Lucien, 90 ans, a des problèmes cardiaques et pulmonaires.
Il prend tous les jours une dizaine de médicaments. Certains ne sont déjà plus remboursés. - Les médicaments, ce n'est pas moi qui les demande.
On me les prescrit. Si mon médecin me les prescrit, je pense qu'il considère que j'en ai besoin. - Tu prendras un café? - Oui. - Avec sa femme de 71 ans, ils touchent 2200 euros nets de retraite à deux. - On n'est pas malheureux.
Il y en a qui sont dans des situations beaucoup plus difficiles, malheureusement. Mais c'est vrai qu'on a dans la tête, maintenant, cet objectif. "Ca, on peut renoncer.
Le restaurant, finalement, on reste à la maison..." - Les seniors sont des cibles faciles pour le gouvernement, mais la colère couve. - On a l'impression qu'on ne nous entend pas.
On ne va pas dans la rue. On ne fait pas de grosses manifestations. Les retraités restent chez eux.
Je pense qu'avec ces mesures, les retraités seront plus enclins à voter pour le RN qu'avant. - Selon une étude de la Fondation Jean-Jaurès, le vote en faveur du RN a considérablement progressé chez les seniors. De 12 % aux législatives de 2022, il est passé à 26 % en 2024. - L.Sénéchal: Question. - D.Seux: Jusqu'à maintenant, et on parle des retraités imposables...
C'était une réduction de 10 % plafonnée à 4321 euros, je crois. L'idée, c'est de remplacer cette réduction d'impôt de 10 % par ménage par un abattement annuel de 2000 euros par personne. Très concrètement, et c'est là l'erreur de communication de F.Bayrou hier, en réalité, pour certains retraités...
On n'a pas les statistiques, encore. A.de Montchalin a promis à l'Assemblée il y a une heure de les transmettre.
Je ne sais pas si on les aura très vite. 1/4 des retraités vont voir leur facture fiscale augmenter. Ce sont les plus aisés.
Ceux qui ont une pension supérieure à 20 000 euros. Pour une partie importante des autres imposables, il y aura un gain fiscal. L'exemple que donne le ministère des Finances depuis ce matin est le suivant: 2 retraités qui ont chacun une pension de 15 000 euros par an vont avoir un gain, avec le nouveau système, de 1000 euros par an.
Ce gain semble supérieur à la perte que va représenter, par ailleurs, le gel de leur pension pendant un an. Donc il y a des gagnants, ce qui est surprenant par rapport à tout le bruit qu'on a entendu hier. J'entendais encore le représentant du RN ce matin qui ne croyait pas en cette affaire. - L.Sénéchal: Est-ce qu'il n'aurait pas fallu trouver un mécanisme plus simple à expliquer? - D.Seux: D'une certaine manière, il est plus juste. dans l'affaire alors que l'abattement de 10 %, et je promets de ne plus donner aucun chiffre après, coûtait 4 milliards à l'Etat.
Il reprend 1 milliard. - L.Sénéchal: Les retraités, c'est le socle électoral d'E.Macron.
Ca lui avait coûté cher de toucher à la CSG, pour les retraités les plus aisés. - J.Fourquet: E.Macron avait déjà tenté de demander des efforts aux retraités les plus aisés.
Mais ce, en ciblant une certaine catégorie de retraités. Tout ça s'était mal terminé politiquement et sondagièrement. E.Macron, en bout de course, avait dû revenir sur cette décision.
Là, c'est peut-être la même histoire qui risque de se jouer. Quand c'est mal embarqué, les choses ont du mal à être remises d'aplomb par la suite. Ce retraité de la périphérie de Fontainebleau a dit que les retraités ne défilaient pas et qu'on ne les entendait donc pas.
Les retraités s'expriment différemment. - L.Sénéchal: Ils ont beaucoup de relais, depuis la CGT jusqu'au RN. - J.Fourquet: Ils sont proportionnellement plus nombreux dans les urnes.
Comme ils votent davantage que la moyenne des Français et que nous avons un pays qui vieillit, ils représentent plus de 35 % des inscrits sur les listes électorales. Mais sur différents scrutins, leur poids électoral peut monter jusqu'à 40-45 % des votants. Quand vous regardez les politiques économiques qui ont été menées au cours des dernières années, on voit qu'en filigrane, cette catégorie de la population n'a jamais été oubliée, loin s'en faut.
Un exemple très parlant: la décision qu'avait prise E.Macron pendant la campagne électorale de 2022 d'annoncer le recul de l'âge de départ à la retraite à 64 ans, qu'il savait être très impopulaire dans l'ensemble de la population, mais populaire chez les retraités. Les retraités qui n'allaient pas être concernés directement par cette mesure allaient l'être indirectement.
Toute mesure qui vise à équilibrer financièrement le système des retraites va leur profiter. Les retraités n'ont donc pas été oubliés, loin s'en faut, au cours des dernières années. - N.Saint-Cricq: Il y a eu des choses de communication.
C'est un sujet compliqué. On peut dire qu'on a un abattement de 2000 euros par an. Encore faut-il payer des impôts.
Ceux qui sont en dessous risquent de rentrer dedans, et ce sera pour eux, mais encore faut-il payer des impôts pour avoir cet avantage. Deuxièmement, il a employé l'expression "petites et moyennes retraites". Personne n'est d'accord sur la notion de "petite retraite".
Quand vous dites "20 000 par an", en termes de retraite, ça semble quelque chose d'assez faible. D'autres vont considérer que c'est énorme parce qu'ils ont moins. Il faut partir du principe que la retraitée qu'on a vue croit aux 1 % d'inflation.
Si c'est 1 % d'inflation mais que tout augmente, ça va être compliqué. Les retraités sont revendicatifs, mais pas tant que ça. Certains ont la culpabilité de dire qu'il faut faire un effort...
Ils savent qu'on dit que les actifs sont moins bien rémunérés que les non-actifs. Elle parle de la gabegie. Cette idée qu'on a travaillé très longtemps, qu'on a mérité notre retraite...
Comme s'ils ne comprenaient pas que c'était par répartition. C'est comme si on avait mis dans un cochon, une tirelire, à la caisse d'épargne...
A côté de ça: "Maintenant qu'on a des petits-enfants, des enfants...
On dépense beaucoup pour certaines personnes et c'est nous qui payons." Il faut faire comprendre la logique qu'il y a derrière, ne pas culpabiliser des retraités qui sont par définition plus malades, plus angoissés, en fin de vie... - L.Sénéchal: C'est une question de justice ou de justesse. - N.Saint-Cricq: Les moyennes retraites, c'est une notion...
On a peut-être chacun une définition à nous. Tout ça peut bien s'arranger ou devenir une espèce de boulet d'incompréhension. - L.Sénéchal: L'année blanche aussi.
Elle va engendrer une baisse de revenus de 1 % chez les plus modestes et de seulement 0,3 % chez les plus aisés. - D.Seux: Je ne vais pas rentrer dans la technique, mais...
J'ai promis de ne plus donner de chiffres. Une étude de l'Institut des politiques publiques modifie le regard si vous intégrez le gel du barème de l'impôt sur le revenu. - L.Sénéchal: Est-ce que c'est corrigé au point où ça revient à l'équilibre? - D.Seux: Si vous gelez le barème de l'impôt sur le revenu...
L'impôt sur le revenu, il y a 10 % des ménages qui payent 75 % d'impôts sur le revenu. Ils sont assez concernés par le gel du barème de l'impôt sur le revenu. Par définition, ceux qui touchent des prestations sociales sont les moins aisés.
C'est assez normal qu'ils soient davantage concernés que des gens qui ne touchent pas de prestations sociales. - L.Sénéchal: Rien sur l'immigration.
C'est une demande immédiate formulée par Les Républicains de L.Wauquiez. B.Retailleau demande une nouvelle réforme de l'AME.
C'est pour parler directement à leurs électeurs? - L.Fritel: Oui, pour aussi parler aux électeurs qui sont partis chez M.Le Pen. - L.Sénéchal: Suppression, même de l'AME, pour le RN. - L.Fritel: J'ai tendance à dire que, sur les questions économiques, il y a 2 façons de voir les choses.
Là, il n'y a pas de "en même temps" possible. Soit vous augmentez les impôts, soit vous dégraissez...
Aujourd'hui, avec le RN, c'est un triptyque. Vous devez prendre en compte la question migratoire parce qu'aujourd'hui, 30 % des gens votent pour le RN, en grande partie pour les questions migratoires. Si vous voulez faire en sorte que tout le monde considère que tout le monde participe, il va falloir cranter ce sujet.
Sinon, vous créez un sentiment d'envie, d'injustice, de la part des Français, vis-à-vis d'une certaine catégorie de la population et vous donnez envie aux gens que le gouvernement soit censuré. F.Bayrou doit avoir l'opinion publique de son côté.
Il va falloir qu'il aille sur ce sujet. Le risque, c'est que s'il va sur ce sujet, il risque de se mettre à dos les socialistes. Est-ce qu'il compte sur le Parlement?
Est-ce qu'il compte sur l'opinion des Français pour faire pression sur les parlementaires? - J.Fourquet: Il y a 2 mantras ou 2 automatismes dans la vie politique française.
LFI et une partie du PS, sur toute question, la réponse qui fuse, c'est qu'il faut chercher l'argent chez les riches, d'où la taxe Zucman, etc. Pour avoir les bonnes grâces du PS sur le vote ou la non-censure de ce texte, il faudra donner du grain à moudre dans cette direction. L'autre mantra, qui fonctionne sur la même logique au RN, c'est de dire qu'une grande partie de nos problèmes économiques et budgétaires résident dans le coût faramineux de l'immigration et qu'il faut donc maîtriser les flux migratoires et mettre en place des politiques sociales sur le logement, l'AME, qui soient moins généreuses.
Ces 2 formations politiques fonctionnent avec ce type de mantras. L'effet, c'est de dire qu'il n'y a pas besoin de demander des efforts à tous les autres. Il faudrait une catégorie de la population qui porte la responsabilité qui est à l'origine de nos problèmes économiques et sociaux. - L.Sénéchal: Le RN devrait surfer sur la colère coalisée des Français.
Pourtant, au RN, le moral n'est pas au beau fixe. Le parti multiplie les déboires judiciaires. - La perquisition aura duré plus de 9 heures.
Mercredi dernier, les policiers de la brigade financière quittent le siège du RN, les bras chargés de documents administratifs saisis. La justice enquête sur des financements de campagne électorale. Depuis le Parlement européen, J.Bardella réagit. - J.Bardella: Le harcèlement et l'acharnement judiciaire, politique et financier que subit le RN est inédit sous la Ve République.
Aucun autre mouvement politique n'a subi un acharnement aussi dur et aussi violent. -3 campagnes électorales sont concernées: les présidentielles de 2022, les législatives de la même année, mais aussi les européennes de 2024. L'enquête se concentre sur 3 faits présumés. ...
Sur les plateaux télé, le RN ne répond pas vraiment sur le fond. - L.Jacobelli: Tout a été pris: nos listes de candidats pour les prochaines législatives, nos stratégies pour mener les futures campagnes, un certain nombre de secrets de fabrication...
Aujourd'hui, le RN est un livre ouvert. - J.-P.Tanguy: On a été espionnés.
Un juge en particulier estime qu'il doit connaître toutes les affaires et les détails des campagnes. - La carte de la persécution, qui rend X.Bertrand un brin moqueur. - X.Bertrand: Quand est-ce qu'ils vont arrêter de jouer les pleureuses, les dirigeants du RN?
Il était en train de chouiner sur votre plateau. C'est la vérité. Il était là, à se plaindre.
La théorie du complot...
Il ne faut pas croire aux coïncidences. Ca fait beaucoup d'affaires pour lesquelles les dirigeants du RN ont été condamnés. Le RN, ses dirigeants ont un problème avec le financement public, avec l'argent public. - Le RN et sa gestion de l'argent public dans le viseur de la justice à Paris et à Bruxelles.
Il y a une enquête sur des irrégularités financières. Le groupe parlementaire dans lequel siégeait le RN est accusé d'avoir pillé les caisses de Bruxelles, suspecté d'avoir indûment dépensé plus de 4,3 millions d'euros entre 2009 et 2024. La gauche s'insurge. - Le vrai visage de l'extrême droite, c'est la corruption.
Le RN crie au scandale, à l'acharnement. Il nous expliquera que nous sommes tous complotistes, que nous cherchons à confisquer la démocratie, qu'ils n'étaient au courant de rien, etc. La vérité, c'est que J.Bardella ne travaille pas pour les Français au Parlement européen.
Il brille ici par son absentéisme. C'est de notoriété publique. Par contre, il pille ses ressources avec beaucoup d'assiduité. - Interrogée à la radio, M.Le Pen affirme ne pas avoir eu connaissance des faits. - M.Le Pen: J'ai bien conscience que le Parlement européen nous cherche des noises matin, midi et soir et en toutes circonstances.
Ce que je note, c'est que normalement, il y a un contrôle du Parlement européen. Tout d'un coup, il n'y a plus de contrôle pendant 5 ans et au bout de 5 ans, on vient nous dire que c'est horrible, que nous avons des désaccords sur la manière dont les contrats ont été passés ou pas passés. Je pars du principe que le Parlement européen, qui est un organe politique, mène à l'égard de son opposition une guerre de tranchées. - Quasi au même moment, la Cour européenne des droits de l'homme a débouté M.Le Pen et refusé de suspendre sa peine de 5 ans d'inéligibilité.
La série noire se poursuit pour le parti d'extrême droite. - L.Sénéchal: Question. - L.Fritel: Ca peut avoir 2 effets.
Le RN a attiré des électeurs aussi sur un discours qui était "mains propres", comparé aux autres... "Mains propres, tête haute", comparé aux autres partis politiques de droite qui pouvaient avoir certaines affaires derrière eux.
Mais ça peut aussi renforcer le discours antisystème. L'électorat du RN est un électorat très anti-Europe. Ce n'est pas pour rien que le RN est le 1er parti de France depuis 2014 aux élections européennes.
C'est avant tout parce qu'il y a une dynamique très anti-européenne. Concernant les affaires françaises, les arguments avancés par le parti...
Nous qui suivons le RN, on n'y pense même plus. Ce parti n'est jamais financé par des banques françaises parce qu'il y a un fort rejet. Ils se sont donc tournés vers des banques tchéco-russes.
Leur dette a été rachetée par un fonds qatari. Ils ne trouvent toujours pas preneur. - L.Sénéchal: J.Bardella était le mois dernier dans le trio de tête du classement et recule de 9 places dans le classement de bonne opinion.
M.Le Pen perd 7 places. Ca commence à peser, ces affaires? - J.Fourquet: Peut-être, en partie, même si les électeurs qui votent historiquement pour le RN sont convaincus que le "système" mettra tous les bâtons possibles dans les roues de ce parti pour l'empêcher d'accéder au pouvoir.
Beaucoup de ces électeurs vont acheter...
Ont adhéré à l'idée que plus on va s'approcher de la victoire, plus le système va être violent dans ses attaques. Là où ces affaires peuvent déstabiliser le RN, c'est à la marge, sur les futurs électeurs qui pourraient rallier le RN, notamment un électorat de droite. On voit comment monsieur Ciotti a rallié le RN au moment des législatives, mais qu'il n'y a pas eu, derrière, de suites à cette initiative, parce qu'il y avait cette question des affaires, notamment.
Autre problème posé par les affaires, c'est que tout ça va perturber l'agenda et la stratégie du RN. On voit que, par exemple, le vote ou non d'une motion de censure, les prises de position très virulentes ou non qui seront celles du RN vis-à-vis du gouvernement sont, en partie, conditionnés par le calendrier judiciaire. C'est ça aussi qui peut perturber et expliquer en partie le décrochage de quelques points des 2 figures actuelles du RN, plus le fait que, face à un B.Retailleau qui était assez à l'offensive sur les questions de sécurité et d'immigration, par réflexe de politicien et de défense du pré carré régalien sur lequel ils ont beaucoup misé historiquement, le RN a beaucoup critiqué l'attitude de B.Retailleau en disant que tout ça n'était que de la communication et qu'il n'y avait pas de suite concrète donnée à ses propos tonitruants.
Peut-être que ça a pu déstabiliser une partie de l'électorat qui oscille entre la droite et le RN en disant: "Ne critiquons pas de manière pavlovienne et attendons de voir s'il y a des résultats." Ce baromètre a aussi été réalisé après le fait que le RN n'a pas voté en faveur d'une motion de censure sur la question des retraites, alors que son électorat est très en faveur d'un retour à 62 ans. C'est cette espèce de va-et-vient, ce flou, dans la lignée actuelle, occasionnée par les déboires judiciaires, qui peut expliquer ce tassement. - N.Saint-Cricq: On peut répondre sans qualifier de chouineurs les gens du Front national que c'est peut-être un hasard si ça tombe toujours sur eux, mais c'est comme quelqu'un qui serait multirécidiviste, qui irait au tribunal, qui dirait: "Comme par hasard, vous m'avez encore arrêté", et à qui on dirait: "Comme par hasard, tu as encore fait quelque chose de délictueux." Si vous rajoutez à ça les éternels candidats... - L.Sénéchal: Les fameuses brebis galeuses. - N.Saint-Cricq: Ca fait un petit moment qu'il y en a.
Tout le monde n'est pas sur la ligne du "il faut crier à la honte et à l'acharnement". Quelqu'un qui a vocation à exercer le pouvoir ne peut pas entrer en guerre contre les magistrats qui, certes, pour certains, peuvent avoir des idéologies, comme les autres, mais qui, globalement, font leur boulot. Renaissance, 2022... "La République, c'est moi", c'est LFI...
Le MoDem...
Il n'y a pas une couleur politique qui est spécialement ciblée. Tout ça est passé au crible. - L.Sénéchal: Avec des issues très différentes.
E.Philippe... - N.Saint-Cricq: Personne n'a été mis en examen, pour l'instant. - L.Sénéchal: Il ne nous reste pas beaucoup de temps.
Je voudrais qu'on passe à vos questions. Question. - D.Seux: On pourrait peut-être, mais il faut avoir conscience de 2 choses.
Quand on parle de ces 211 milliards, de quoi parle-t-on? On parle d'allégements de cotisations sociales, des subventions de la SNCF...
C'est un mélange de choses très différentes. La seconde chose à avoir en tête, c'est qu'une fois qu'on tient compte de ces subventions, les prélèvements sur les entreprises sont, en France, les deuxièmes les plus élevés de l'UE après la Suède. Ce sont des aides pour compenser.
La simplicité serait: moins de prélèvements, moins d'aides. Mais en France, on adore les choses complexes. - L.Sénéchal: Question.
ALD, c'est le fait que les médicaments soient pris en charge à 100 %. A priori, non. Il n'est pas question de revenir...
Il est question de revenir sur la gratuité des médicaments qui ne traitent pas directement la maladie. - J.Fourquet: Mais dans le reportage précédent, Vous avez vu que l'armoire à pharmacie du monsieur...
Des médecins vont vous dire qu'il y a des pathologies connexes qui se greffent à la maladie principale et qu'il faut donc aussi...
Après, ça va être la question de savoir si l'administration ou la Sécurité sociale peuvent... - L.Sénéchal: Dérembourser certains médicaments concernant certaines maladies. - J.Fourquet: Et avoir le dernier mot par rapport à un diagnostic... - N.Saint-Cricq: Si on demande aux syndicats de médecins de prescrire moins... - J.Fourquet: Le Premier ministre a indiqué qu'on avait 20 % de Français en ALD.
C'est beaucoup. En Allemagne, ce serait 5 %. On voit encore un certain nombre de spécificités françaises. - L.Sénéchal: C'était un chiffre qu'on ne connaissait pas avant que F.Bayrou ne le cite hier.
Question. Là, il fait référence...
Il y a 2 choses dans les annonces du Premier ministre. La suppression de 3000 postes chez les fonctionnaires immédiatement, avant le non-remplacement de 1 fonctionnaire sur 3 parti à la retraite. - D.Seux: Le non-remplacement d'un fonctionnaire parti à la retraite en 2027, on n'y est pas encore. 3000, c'est sur 5 à 6 millions de fonctionnaires.
Je n'ai pas la capacité de faire le calcul. - L.Sénéchal: C'est très peu de choses.
C'est forcément symbolique. - D.Seux: Ca représente le millième. - L.Sénéchal: Question.
Qui s'y colle? Rires. - J.Fourquet: Ca n'a pas été évoqué hier.
Sur la question des robots... - L.Sénéchal: C'était dans le programme de B.Hamon. - J.Fourquet: Sur la question des robots, notamment ceux utilisés dans le secteur industriel...
La France est très en retard en termes de parc de robots installés par rapport à des pays, non pas du Sud-Est asiatique, mais à l'Allemagne, à l'Italie, à la Grande-Bretagne. Cette taxe serait une bonne idée. Ce n'est pas sur la force de travail que les choses vont être prélevées, mais c'est... - L.Sénéchal: Retarder... - J.Fourquet: Ou alourdir le fameux impôt de production dont le ministre a parlé hier. - L.Sénéchal: Question. - N.Saint-Cricq: A priori, il a envisagé de tenir jusqu'en 2027.
Si F.Bayrou tombe, on parle bien de S.Lecornu, mais on ne voit pas pourquoi un simple changement de personne pourrait changer quelque chose au fond.
Il n'y avait déjà pas une bonne majorité, mais là, elle est en train de...
Plus on va s'approcher de 2027, plus ça va être l'enfer. Chacun voudra exister. - J.Fourquet: E.Philippe... - D.Seux: E.Macron est un grand brûlé de la dissolution.
François Bayrou