Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewLe Figaro (sur YouTube)· 27 novembre 2014 9 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleCulture, médias & sport

Noël Mamère: «Éric Zemmour est capable de passer à l'engagement politique»

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Ce livre redonne une caisse de résonance à Éric Zemmour, comment répondez-vous à cette critique ?

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Selon vous, Éric Zemmour est-il devenu un politique ?

  • 3:00OuverteRéponse partielle

    Faut-il l'attaquer en justice pour des propos racistes ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Comment analysez-vous l'utilisation de l'histoire par Zemmour ?

  • 7:00OuverteRéponse directe

    Que pensez-vous de la responsabilité des médias dans la montée du conservatisme ?

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[Musique] On ne parle que de ça. Le suicide français d'Éric Zemour est un des bestsellers de cette rentrée. Noël ma mère a décidé de lui répondre par livre interposé.

Bonjour Noël ma mère, merci d'être au Figaro. Ce livre s'appelle Contre Zemmour, réponse au suicide français. Évidemment, le reproche qu'on vous fait là dans les dans les interviews, c'est de dire bah avec ce livre, en le défendant sur les plateaux, et ben vous redonnez encore une caisse de résonance à Eric Zemour et à son livre.

Alors première précision, je l'ai écrit avec Patrick Farbias qui est le co-auteur de ce livre. Oui, je sais que c'est la critique que l'on nous adresse, mais on ne peut pas rester sans réponse face à un tel succès. Ce succès, il est significatif de l'avancée des idées néoconservatrices dans notre pays.

Donc, c'est pas la personne d'Éric Zémour qui nous intéresse, c'est ce qu'il porte. C'est quand l'on voit l'importance des des conférences qu'il fait qui tournent au meeting finalement comme ce qu'il a fait à Béier avec Robert Ménard il y a quelques semaines. Ce qui nous intéresse, c'est de voir comment il est devenu d'une certaine manière, il est passé du statut de journaliste à une un statut politique de porte étendard d'un courant d'idée qui ne date pas d'aujourd'hui qui s'est construit comme nous l'expliquons dans ce livre dès les années 68 avec Ain de Benoît et le le groupe de réflexion le Grèce et depuis 40 ans, il y a à la droite de la droite euh des intellectuels qui ont nourri des formations politiques, je pense en particulier à l'extrême droite que représente aujourd'hui madame Le Pen et à côté la droite extrême qui ont nourrit cette réflexion et qui aujourd'hui sont capables de produire comme le fait Zemmour une sorte de récit à des Français qui sont complètement perdus par la mondialisation la précarité qui sentiment c'est un politique pour vous pour moi aujourd'hui Zour est un politique.

D'ailleurs si nous avons écrit ce livre c'est pas un livre de journalisme bien que j'ai été journaliste pendant longtemps mais c'est un livre politique. Oui, un politique d'extrême droite, écoutez, c'est un politique qui en tout cas défend des idées qui sont qui sont défendues aussi et qui sont promus par l'extrême droite. C'est quand même un livre qui est fondé si vous voulez, il est d'extrême droite dans la mesure où son livre est fondé sur la peur.

Et donc je pense que tout ça ça doit être cité. En effet, vous faites plusieurs fois le parallèle avec le climat délétaire des années 30. C'est l'expression que vous utilisez dans ce livre.

On a envie de vous demander jusqu'où ça peut déraper selon vous ? Bah écoutez, si on se bat contre le le livre de d'Éric Semour et contre les idées qu'il défend, c'est qu'on sait qu'il n'est pas tout seul et qu'aujourd'hui il y a un climat. Regardez le dernier sondage qui est paru chez un de vos confrères ce matin, je crois que ça s'appelle Metro News euh qui est un sondage d'opinion way qui montre qu'il y a aujourd'hui une majorité de Français qui considèrent que les idées conservatrices sont justes et dominantes.

Donc ça veut dire qu'il y a une sorte de victoire culturelle de d'une partie de la droite et cette partie de la droite c'est la partie la plus détestable, celle qui est à la limite entre la droite extrême et l'extrême droite. dites hémorragie comme s'il voulait fédérer toutes les chapelles de l'extrême droite et de la droite extrême en opérant un holdup idéologique sur leur fond de commerce. Selon vous donc on se on se dit qu'il est voilà qu'il a abandonné son rôle de polémiste, on va dire pour la sphère politique.

Selon vous quelle est son ambition personnelle aujourd'hui ? Ah je ne suis pas dans la peau de je pense qu'il peut soit il agit pour quelqu'un soit il agit pour une famille politique en étant une espèce de de vitrine on va dire. Oui, il est le portandard mais je pense qu'en même temps il est dans un il est tout à fait capable de suivre le même chemin que Robert Ménard, c'est-à-dire passer de ce statut de journaliste.

Bon, pour Robert Ménard, c'est vraiment un virage à 180°, ce qui n'est pas le cas d'Éric Zemour qui a toujours été sur à peu près sur la même ligne, mais je pense qu'il est tout à fait capable de de franchir le pas et de passer à l'engagement politique. D'ailleurs, il l'a reconnu au cœur d'une interview, je ne sais même pas si c'est chez vous ou dans au Figaro ou dans un autre une autre publication où il a dit "Oui, je reconnaî que je fais de l'entrisme dans les médias." Donc c'est bien qu'il y a aujourd'hui puis je pense qu'il a cette volonté de cette volonté de reconnaissance comme étant quelqu'un qui est devenu une sorte d'idéologue de cette de ce nouveau courant. enfin pas de ce nouveau courant de ce courant de pensée qui malheureusement devient dominant et que des gens comme moi doivent combattre avec des moyens politiques et voilà justement qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ?

Vous parlez évidemment et vous pointez du doigt le rôle des médias, on l'a évoqué au début de cette conversation qui l'invite énormément parce que voilà c'est un bon client comme on dit dans notre dans notre milieu. On sait que ça va que ça va faire du spectacle et donc du coup on l'invite puisque c'est synonyme d'audience. Selon vous, faut faire quoi aujourd'hui avec Est-ce qu'il faut par exemple est-ce qu'il faut l'attaquer en justice pour des propos racistes par exemple ?

Il a été attaqué en justice pour des propos racistes, il a été on a tendance à banaliser un peu tout ça en l'invitant tout le temps. Bien sûr, il a été condamné. Il a été condamné, ce qui n'a pas empêché les médias dans lesquels il a prononcé ses phrases racistes de le de le conserver.

Donc quand vous regardez les États-Unis qui pourtant n'est pas un pays dans lequel le racisme est évacué comme viennent le prouver les derniers événements de Ferguson, le président de la ligue de basket qui avait prononcé des mots racistes a été exclu, a été viré purement et simplement. En même temps, je pense que c'est oblique de considérer que ce sont les médias qu'il faut accuser. Les médias, ils ne sont que le reflet de la société.

Et moi, je me souviens très bien que je me battais contre ceux qui nous expliquaient. Bien sûr, ça a un effet d'amplification, mais sont pas les médias qui sont la cause de la montée du conservatisme dans notre pays. De la même manière que ce n'est pas les médias, contrairement à ce qu'on a dit dans les années 80 qui ont construit qui ont favorisé le le Front National.

C'est dans la société. Et en fait, comme nous le disons dans ce livre, euh Éric Zémour et le suicide français, ce n'est que le miroir de nos impuissances, des impuissances de la gauche, de ces de ces défaites, de sa paresse idéologique, de ses renoncements de la gauche et des écologistes. Nous avons une responsabilité collective et ce que nous devons faire, c'est ce qu'a fait la droite en 40 ans qui a été capable, enfin cette famille de la droite de construire un récit que l'on retrouve dans le suicide français.

Mais je pense que l'ardente obligation de la gauche et des écologistes aujourd'hui, c'est d'être capable de de construire et de proposer aux français un récit qui emporte la majorité et qui évacue ce poison. Vous lui avez parlé Eric Zemour d'ailleurs depuis que ce livre est je l'ai croisé à l'occasion d'une interview à RTL où lui est arrivé pour faire sa chronique mais le livre n'était pas encore sorti. Pour vous dire le vrai, je n'ai pas envie de débattre avec lui parce que c'est pas la c'est pas la personne de Zemour qui m'intéresse.

C'est son J'imagine qu'on a dû vous proposer. Oui, bien sûr. J'ai dit non parce que je pense que du coup accepter de débattre avec lui, ce serait le remettre au centre.

C'est exactement dans dans le livre. Vous lui avez envoyé un exemplaire du livre ? Non mais il m'a pas envoyé le sien.

Certes, mais comme c'est une réponse aussi. Pourquoi pas ? Pourquoi pas ?

C'est une suggestion à laquelle est-ce que vous pourriez lui mettre comme comme dédicace ? Ah, la dédicace que je lui je le connais depuis euh longtemps parce que j'ai été journaliste, donc on a eu l'occasion de se de se croiser. Ben je je lui dirai que dans la dédicace que j'espère que euh que pour moi il la la France n'est pas suicidaire mais que j'ai plus de raison d'espérer que de désespérer et que j'espère qu'il s'est lourdement trompé comme je l'ai démontré avec Patrick Farbia dans ce livre.

Vous parlez de la façon dont Zemour utilise l'histoire et la et la réécrit, la détourne au service de ses idées, de ses opinions. Vous taclez deux autres personnalités, c'est un petit peu plus surprenant dans le livre. Laurent Dutch et Stéphane Bern.

Enfin, c'est pas le centre du livre. Non, c'est pas le centre du livre mais du coup quand on lit liv, il a été accusé à juste titre de présenter. Je ne placai pas Stéphane Ber niveau que Laurent Dutch.

Je pense que Laurent D, c'est plutôt du côté d'une certaine idéologie, c'est-à-dire qu'il il regarde les les rues de Paris. Je crois qu'il avait fait un livre qui qui avait très bien marché mais à travers un certain filtre idéologique et donc en oubliant un certain nombre de contextes historiques. Stéphane Merd c'est pas la même chose.

Je je sais pas quel est le quelles sont les opinions politiques de Stéphane Merde. C'est pas le problème. Mais il fait partie il fait partie de ces personnages médiatiques.

Vous êtes où vous dites la la régression modèle Zemour devient tendance en parlant. Mais oui, parce que si vous voulez, Stéphane Bern, il fait son beurre si je puis dire sur la vie des princesses et des princes d'avant cette réalité que nous essayons de décrire dans le livre selon laquelle les rois, les princes et et et les Nantis devaient leur richesse à ceux qu'ils exploitaient, c'est-à-dire les paysans et les CERFs. Et on a jamais vu dans les émissions de Stéphane Bern cet aspect des choses que l'on veut cacher.

Voilà, c'est mais ça nous considérons pas du tout que un homme comme Stéphane Bern attaqué comme Éric Zemour. Bien sûr, bien sûr. C'est pour vous montrer la tendance et tout hein.

Merci en tout cas d'avoir accordé un peu de temps au Figaro aujourd'hui Noël ma mère pour ce livre contre Zemmour. C'est aux éditions les petits matins. Merci beaucoup.

Merci. [Musique]

Noël Mamère: «Éric Zemmour est capable de passer à l'engagement politique» — Noël Mamère · Pourquijevote