Visioconférence avec le comité Européen des régions.
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« Le Comité des régions, l'assemblée politique représentant plus d'un million d'élus provenant de près de 300 régions et 90 000 municipalités en Europe, constitue un élément indispensable pour la démocratie. »
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« Nos membres travaillent sans arrêt pour défendre ces valeurs et lutter contre les discours d'intolérance et, bien sûr, la radicalisation de haine, d'oppression et de xénophobie. »
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« Face à ces menaces, l'Europe doit apporter une réponse qui garantit l'avenir de notre modèle démocratique. Cette réponse doit passer par l'éducation et la promotion des valeurs auprès de la jeunesse. »
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« Cet appel sera au cœur du sommet des villes et des régions que nous organisons à Marseille le 3 et le 4 mars 2022, durant la présidence française de l'Union européenne. »
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« L'État de droit n'est pas une notion abstraite. Il est même très concret et défini par nos textes. C'est une communauté politique fondée sur la justice, la liberté et l'égalité. »
- 12:00Président MacronFait
« Nous nous sommes dotés de nouveaux instruments, notamment financiers. Je pense aux mécanismes de conditionnalité fondés sur l'État de droit mais aussi aux conditionnalités incluant le respect de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. »
- 14:00Président MacronFait
« La vérité est que la démocratie a toujours été menacée, peut-être l'avions-nous un peu oublié. Cela dépend des pays d'où nous venons car je parle à une assemblée qui est faite de beaucoup de femmes et d'hommes qui ont encore mené de leur vivant d'âpres combats pour conquérir ces droits. »
- 16:00Président MacronPromesse
« Je pense en premier lieu à la création d'un mécanisme européen de résilience électorale qui sera présenté au début de l'année 2022 afin que nous puissions mettre en commun nos experts pour anticiper et contrer les cyberattaques visant les processus électoraux. »
- 20:00Président MacronPromesse
« La France continuera de s'engager pour que tous les États membres de l'Union européenne ratifient la Convention d'Istanbul sur les violences faites aux femmes. »
- 22:00Président MacronFait
« Le droit à l'avortement, le droit des femmes à disposer de leur corps, constitue encore une lutte dans notre Europe, un droit à garantir, et nous ne pouvons fermer les yeux sur les atteintes disproportionnées à celui-ci qui existent encore aujourd'hui sur notre sol. »
- 24:00Président MacronFait
« Le nucléaire est une solution souveraine. Pour toutes ces raisons je défends ardemment, en effet, un nucléaire intégré dans la taxonomie et je défends ardemment le fait que le nucléaire n'est même pas équivalent au gaz. Il est moins polluant et il est plus souverain. »
- 26:00Président MacronFait
« Le gaz et le nucléaire ne sont pas équivalents en termes de production de CO2. Le gaz est une énergie fossile, qui produit beaucoup plus de CO2 que le nucléaire. »
- 28:00Président MacronFait
« Le nucléaire est bien meilleur. J'en veux pour preuve qu'à Glasgow, y compris celles et ceux qui tenaient des positions comme la vôtre ont pris des engagements et ont demandé qu'on arrête le financement du gaz à l'international, pas celui du nucléaire. »
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Je souhaite vous remercier très sincèrement de l'opportunité d'engager et d'échanger avec vous sur ce qui nous unit aujourd'hui : l'avenir du projet européen et la défense de nos valeurs démocratiques. Le Comité des régions, l'assemblée politique représentant plus d'un million d'élus provenant de près de 300 régions et 90 000 municipalités en Europe, constitue un élément indispensable pour la démocratie. Cette démocratie de proximité dont je connais votre attachement à ses origines grecques est la fondation de la construction [ INAUDIBLE ] de la cohésion économique, sociale et territoriale et assure le respect de nos valeurs basées sur la subsidiarité, l'État de droit et les droits fondamentaux.
Nos membres travaillent sans arrêt pour défendre ces valeurs et lutter contre les discours d'intolérance et, bien sûr, la radicalisation de haine, d'oppression et de xénophobie. Mais nous assistons aujourd'hui, y compris en France, à une recrudescence de ces actes de violence dont nos citoyens et leurs élus locaux et régionaux sont parfois les victimes. Certains d'entre eux ont même payé de leur vie, comme notre regretté collègue le maire de Gdansk, Pawel Adamowicz.
Face à ces menaces, l'Europe doit apporter une réponse qui garantit l'avenir de notre modèle démocratique. Cette réponse doit passer par l'éducation et la promotion des valeurs auprès de la jeunesse. C'est pourquoi, Monsieur le Président, et en vue de l'année européenne 2022 pour la jeunesse, le Comité européen des régions envisage, en coopération avec la Commission européenne, un projet pilote sur la promotion des valeurs démocratiques par l'éducation.
Votre soutien au nom de la France à cette initiative en faveur de la citoyenneté européenne aurait une portée symbolique forte. Monsieur le Président, à votre appel, les dialogues locaux des citoyens organisés en France inspirent la Conférence sur l'avenir de l'Europe. Nous croyons que ces exercices de démocratie participative vont renforcer la démocratie représentative et vont rapprocher les citoyens de l'Europe.
Mais proposer une nouvelle vision aux citoyens ne peut être crédible qu'à condition que la gouvernance européenne soit réformée. L'Europe a besoin d'une approche du bas vers le haut, en renforçant les capacités de résilience et de relance durable des régions, des villes et des villages. Les défis comme les changements climatiques et démographiques ainsi que les transformations sociétales et technologiques appellent à des solutions concrètes et concertées entre tous les niveaux de gouvernance et avec les ressources nécessaires.
Cet appel sera au cœur du sommet des villes et des régions que nous organisons à Marseille le 3 et le 4 mars 2022, durant la présidence française de l'Union européenne. Et nous sommes heureux de travailler avec la région Sud, son président Renaud Muselier, et en partenariat avec toutes les associations françaises et européennes des collectivités territoriales. Je voudrais vous inviter chaleureusement à Marseille pour adresser les élus locaux et régionaux de l'Europe entière.
Cher président Macron, avant de conclure, je souhaite vraiment vous remercier d'avoir pris l'initiative d'organiser, avec le président du Parlement européen, la cérémonie en l'honneur du président Valéry Giscard d'Estaing, qui a également été membre de notre Comité européen des régions et à laquelle je suis honoré de participer demain à Strasbourg. Je n'oublierai jamais son rôle dans le processus d'adhésion européenne de mon pays, la Grèce, comme d'ailleurs aujourd'hui personne ne peut oublier votre engagement dans le renforcement de la sécurité de l'Europe. Étant grec, je vous assure qu'on ne peut pas avoir la démocratie sans sécurité.
Étant européen, je suis rassuré que, dans ces temps d'incertitude et de changement, l'Europe se trouve sous votre leadership. Votre capacité à rassembler autour de valeurs communes démocratiques va renouveler notre projet européen et le rendra plus ambitieux pour nos citoyens. Monsieur le Président, merci encore d'être ici aujourd'hui avec nous pour ce débat et la parole est à vous.
Merci beaucoup. Merci, Monsieur le Président, pour vos mots. Je souhaite saluer toutes et tous, Mesdames et Messieurs les membres du Comité européen des Régions.
Merci de m'accueillir à travers cet échange par visioconférence. Je suis très heureux, en effet, de me trouver devant vous aujourd'hui, à précisément un mois de la présidence française du Conseil de l'Union européenne et je tiens à vous remercier, cher Apostolos, pour cette invitation. Merci beaucoup.
La présidence française aura à cœur d'associer à ses travaux et à ses ambitions l'ensemble des institutions des organes européens, dont le Comité européen des régions, et vous avez rappelé la représentativité, l'importance de votre comité, l'importance aussi dans une Europe où la subsidiarité est une valeur essentielle que je ne veux pas oublier et où à chaque fois que l'Europe a subi ou eu à subir des critiques d'une bureaucratie parfois galopante, c'est à chaque fois qu'elle a oublié ce principe de subsidiarité et l'importance de celles et ceux qui la font vivre au plus près de nos compatriotes. La crise pandémique l'a montré avec aussi beaucoup de force, sans nos élus locaux nous aurions été incapables de faire face à ce choc que nous avons subi. C'est tout à fait vrai en France où les maires en particulier et l'ensemble des collectivités territoriales ont joué un rôle essentiel.
C'est vrai partout en Europe, tant sur le plan sanitaire qu'économique. Les régions sont aussi aujourd'hui au cœur de la reprise que nous avons choisi d'accompagner au niveau européen et, qu'il s'agisse de l'accompagnement, de la relance économique, de la numérisation ou de la transition écologique, les investissements d'avenir dans nos territoires sont absolument essentiels, du plan de relance à la politique de cohésion européenne et, là aussi, les régions y jouent un rôle absolument clé. C'est pourquoi votre travail compte tout particulièrement en ce moment et je veux vous assurer qu'il sera pleinement pris en compte pendant notre présidence parce que vous êtes cette matrice quotidienne de la démocratie locale européenne.
C'était aussi le combat, vous l'avez rappelé et je veux le faire à mon tour, du maire de Gdansk, Monsieur Adamowicz, qui était l'un des vôtres. Le prix que vous avez choisi de créer en sa mémoire signifie beaucoup à nos yeux à tous, à nos yeux d'Européens et aux yeux de la France, et je veux vous en remercier. Il est synonyme de lutte contre les discriminations, contre l'intolérance, la haine, mais aussi de promotion de la liberté.
C'est pourquoi je me réjouis d'avoir aujourd'hui avec vous une discussion sur les valeurs qui fondent l'Union européenne parce que le respect de la dignité humaine, la liberté, la démocratie, l'égalité, l'État de droit ainsi que le respect des droits de l'homme, y compris les droits des personnes appartenant à des minorités, sont essentiels à proprement parler à notre Europe. Et, dans l'architecture de nos valeurs et de notre droit, elles sont au cœur. Nous savons, nous les Européens, que la démocratie, l'État de droit et la protection des droits fondamentaux ne sont jamais un acquis.
Nous savons aussi qu'elles constituent un bloc insécable. On ne pourrait pas choisir quelques uns de ces droits ou choisir une partie des valeurs européennes qui nous arrangerait ou de ce qui va avec en oubliant le reste. C'est d'ailleurs pour cela et pour ces valeurs que Pawel Adamowicz a vécu et que, malheureusement, Pawel Bogdan Adamowicz est tombé.
Pourtant notre Europe continue à faire face à des défis, des contestations et des critiques face à ce que nous pourrions vouloir considérer comme conquis. Je voudrais ici juste faire quelques remarques dans le temps qui m'est imparti. D'abord, évidemment, rappeler l'importance de la défense de l'État de droit.
L'État de droit n'est pas une notion abstraite. Il est même très concret et défini par nos textes. C'est une communauté politique fondée sur la justice, la liberté et l'égalité.
Il dit la valeur des lois et qui fait la loi. Il dit qui juge et au nom de quoi il juge et à tout droit il assigne des devoirs, à tout pouvoir un contre-pouvoir. Et, au sommet de l'édifice, il place la protection de nos libertés fondamentales.
C'est tout cela l'État de droit. Et, pour assurer le respect du droit par tous, il faut une justice indépendante et impartiale, dans les conditions de nomination, de révocation et surtout d'exercice qui soient exemptes de pressions. Il faut aussi des pouvoirs non corrompus, des contre-pouvoirs actifs et, j'y reviendrai, des médias libres et pluralistes.
La défense de ces principes suppose une grande fermeté et une aptitude à ne pas transiger quand l'essentiel est en jeu. C'est pourquoi nous nous sommes dotés de nouveaux instruments, notamment financiers. Je pense aux mécanismes de conditionnalité fondés sur l'État de droit mais aussi aux conditionnalités incluant le respect de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
Ils viennent appuyer les procédures existantes telles que celles fondées sur l'article 7 du Traité sur l'Union européenne. Celle-ci a ses propres mérites. Elle cible les atteintes aux valeurs fondamentales et ouvre la voie à des points de situation réguliers susceptibles de conduire à des sanctions politiques.
Cet élément est essentiel et sera au cœur des prochaines semaines et des prochains mois. Nous le savons car, dans plusieurs États membres, ces notions sont remises en cause et leur effectivité est aujourd'hui fragilisée. Notre devoir est de mettre en place tous les dispositifs pour que, dans leur intégralité, ces droits, ces règles et ces contre-pouvoirs soient restaurés.
Je veux ici dire l'enjeu qu'il y a derrière et qui est utilisé par beaucoup des ennemis de notre projet politique. C'est en quelque sorte de montrer qu'il est possible de donner les mêmes droits et la même place dans le concert des nations et dans notre Union européenne, à des démocraties devenant de proche en proche illibérales, c'est-à-dire des démocraties où il n'y a plus en quelque sorte qu'un formalisme démocratique et où la substance de l'État de droit est progressivement vidée de son contenu. C'est bien un combat historique et existentiel que nous menons et que nous devons continuer de mener.
Le deuxième grand défi, c'est la protection de la démocratie et de nos démocraties contre toutes les formes de manipulation. La vérité est que la démocratie a toujours été menacée, peut-être l'avions-nous un peu oublié. Cela dépend des pays d'où nous venons car je parle à une assemblée qui est faite de beaucoup de femmes et d'hommes qui ont encore mené de leur vivant d'âpres combats pour conquérir ces droits et en avoir la plénitude mais, dans je dirais une bonne partie de notre Europe, nous pensions que ce combat était gagné.
Pour autant il y a toujours, et nous le voyons aujourd'hui, à son fondement même une fragilité de la démocratie et la vulnérabilité à ces manipulations parce qu'au fondement même de la démocratie, il y a la possibilité de sa propre contestation et ce qui est la force suprême de notre démocratie, celle de faire exprimer toutes les voies, de leur donner une place. Quand nous sommes assaillis par des puissances autoritaires qui utilisent tous les moyens de la manipulation et de la guerre hybride, elle utilise ce qui est une force de la démocratie pour venir nous saper dans nos fondements. Les puissances autoritaires qui ont désigné notre Europe comme ennemi œuvrent de manière totalement décomplexée, ce qui est un fait nouveau des dernières années.
Et leur mode d'action reste insidieux tandis que leur portée est décuplée par les moyens numériques. Parfois ils viennent sous couvert d'être journalistes, ils créent des chaînes ou des sites d'informations. D'autres fois ils utilisent ce qu'on appelle des trolls.
Ils multiplient les messages directs ou indirects. Ils stipendient des partis politiques, des activistes, dans nos pays pour manipuler la vie démocratique et la fragiliser. Manipulation de l'information, exploitation des plateformes en ligne, de leurs failles de modération, attaques cyber, tous les moyens sont bons pour amplifier les contenus et installer le doute.
Et il y a aujourd'hui un spectre qui va de la quasi intervention politique à la propagande, jusqu'à la menace cyber quasi militarisée. Ce spectre est utilisé aujourd'hui par les ennemis de l'Europe et de la démocratie libérale pleinement sur nos territoires. La confiance des citoyens s'en trouve ébranlée et les conséquences ne sont pas encore pleinement prises en compte par beaucoup des décideurs de l'Europe et parfois beaucoup de celles et ceux qui pourtant défendent sincèrement la démocratie.
Je vais dire ici que, si nous voulons défendre notre Europe, nos principes, notre démocratie et nos valeurs, nous ne devons pas nous laisser faire et agir pour mieux protéger nos processus électoraux, nos représentants élus, nos journalistes, nos citoyens, et la possibilité même d'un débat apaisé, rationnel et libre. C'est ce qui ressort du Plan d'action pour la démocratie européenne présenté par la Commission en décembre dernier. Ce plan fixe un cap pour défendre l'intégrité des élections : liberté et pluralisme des médias et lutte contre la désinformation.
Je pense en premier lieu à la création d'un mécanisme européen de résilience électorale qui sera présenté au début de l'année 2022 afin que nous puissions mettre en commun nos experts pour anticiper et contrer les cyberattaques visant les processus électoraux. Je pense aussi à l'encadrement du financement des partis politiques afin d'accroître la transparence des dons faits aux partis et se prémunir de l'ingérence d'acteurs étrangers. Je pense enfin à la régulation des publicités politiques en ligne.
Il s'agira de renforcer les obligations de modération relatives à la lutte contre la désinformation, et d'obtenir davantage de transparence sur l'origine des algorithmes de diffusion des publicités, notamment en période électorale. Troisièmement, la vitalité de la démocratie nécessite des médias indépendants. Qu'est-ce que cela signifie concrètement ?
Là aussi, nous pensions que c'était une évidence. D'ailleurs, nos expériences et nos chemins démocratiques font qu'il est maintenant devenu presque surprenant que des dirigeants politiques puissent s'exprimer sur ce que les médias doivent être, parce que nous avions acquis une telle maturité collective que moins les politiques s'occupaient de la vie des médias, mieux c'était, car cela signifiait que cette vie était libre et indépendante de toute intrusion et de toute pression. Néanmoins, il faut aujourd'hui revenir aux fondamentaux, car ils sont là aussi menacés par ces déstabilisations que j'évoquais.
Avoir des médias indépendants, cela signifie que les lignes éditoriales ne doivent pas être, ne peuvent pas être dictées par les financements, ensuite que l'accès à l'information ne doit pas être réservé aux médias les plus complaisants, et enfin que chaque journaliste doit pouvoir exercer son métier sans être menacé et exposé à des poursuites abusives, voire à des attaques physiques. Ces impératifs se traduiront en 2022 par deux initiatives importantes. La première concernera les poursuites judiciaires abusives.
La deuxième sera l'acte pour la liberté des médias. Ce texte complètera notre gamme d'instruments visant à soutenir l'indépendance des médias, et en agissant sur le cadre de gouvernance et de financement des structures médiatiques. Sous présidence française, la liberté des médias sera aussi au cœur d'un évènement afin d'alimenter une réflexion avec les journalistes, mais aussi les universitaires et les intellectuels, pour poursuivre ce combat, et, si je puis dire, l'actualiser aux menaces hybrides et aux nouvelles déstabilisations que nous avons à vivre, qui sont parfois malheureusement le fait de décideurs européens, ou de pressions étrangères et non européennes.
L'État de droit et la démocratie doivent servir une priorité : la jouissance par les citoyens de leurs droits et libertés sans discrimination aucune. Un enjeu majeur aujourd'hui réside dans l'exclusion d'une partie de nos concitoyens en raison de leurs convictions, de leurs origines ou de leur orientation sexuelle. La seule énonciation de ces motifs en révèle toute l'injustice.
Et pourtant, malgré le poids de l'histoire, des discriminations continuent de ternir le visage de l'Europe. Là encore, je me félicite de l'engagement des institutions européennes pour agir contre ces dérives. L'année 2021 a vu naître la première stratégie européenne de lutte contre l'antisémitisme et de soutien à la vie juive, qui est une formidable avancée.
Parallèlement, la Commission a réagi contre des politiques locales ciblant des personnes LGBTQ+, avec un succès rapide dont je me réjouis également. Elle a aussi largement marqué son engagement en présentant la première stratégie de l'Union européenne en faveur de l'égalité des personnes LGBTQ+. Pour renforcer leur protection, la France, dans la perspective de la présidence du Conseil de l'Union européenne, aura à cœur d'agir encore davantage à travers la sphère pénale en proposant d'intégrer les crimes des discours de haine à la liste des infractions pénales européennes, sur le plan civil en favorisant la reconnaissance mutuelle de la parentalité dans les situations transfrontières, et enfin pour la vie sociale en agissant pour la pleine intégration dans la société.
Les femmes elles aussi, quoique représentant la moitié de notre humanité et celle de notre continent, souffrent encore en Europe de discriminations, de haine, d'actes de violence ou encore d'atteinte à la liberté de disposer de leur corps. La France continuera de s'engager pour que tous les États membres de l'Union européenne ratifient la Convention d'Istanbul sur les violences faites aux femmes. Et, de façon complémentaire, la France soutiendra l'initiative annoncée par la Commission sur les violences contre les femmes et les violences domestiques afin de doter l'Union des outils nécessaires pour prévenir ces violences, protéger les victimes et sanctionner les auteurs.
Les femmes doivent également trouver toute leur place dans la vie politique et professionnelle. Ainsi, certaines initiatives législatives mériteraient de progresser significativement dans les mois à venir, et nous y œuvrerons. Je pense naturellement à la directive sur l'égalité des rémunérations entre les femmes et les hommes, dont le but est de réduire le différentiel actuel et persistant de 14 %.
J'évoquerai pour finir le droit à l'avortement. Vous mentionnez, et je vous en remercie, Président, la mémoire du président Giscard d'Estaing que nous honorerons demain. Il a eu le courage, comme Président, de passer des textes importants portés par celle qui fut la première présidente de notre Parlement européen, Simone Veil.
Aujourd'hui encore, indépendamment des spécificités culturelles propres à chacun des États membres, le droit à l'avortement, le droit des femmes à disposer de leur corps, constitue encore une lutte dans notre Europe, un droit à garantir, et nous ne pouvons fermer les yeux sur les atteintes disproportionnées à celui-ci qui existent encore aujourd'hui sur notre sol. Voilà les quelques remarques que je souhaitais partager avec vous, et je conclurai simplement dans la ligne de votre propos, Président, en disant que tout cela constitue l'agenda des prochains mois, mais à coup sûr aussi celui des prochaines années, tant la démocratie est en train de changer, d'être déstabilisée, ainsi que l'État de droit au sein de notre Europe. Et la montée d'un conservatisme d'une forme nouvelle, profondément antilibérale et revenant sur nos valeurs et nos textes fondamentaux, est une préoccupation que nous ne pouvons pas ignorer, car il est aussi en train de travailler nos sociétés de l'intérieur.
Je crois que tout cela doit nous interroger sur les réponses en profondeur que nous devons apporter. Ceci est relayé par des menaces venant de l'extérieur qui sont ennemies du projet européen depuis ses origines, et qui le sont plus encore aujourd'hui. Il me semble que tout cela nous impose de nous doter de trois choses.
La première, d'un sentiment d'appartenance au projet commun. Si nous ne retrouvons pas ce sentiment d'appartenance, si le rapport à la démocratie et à l'État de droit devient une espèce de relation abstraite, secondaire, alors, nous perdrons nos citoyens. C'est un travail que vous menez chaque jour et dont je veux vous remercier, car au contact des spécificités de nos territoires, ce sentiment d'appartenance à ce que notre démocratie a d'existentiel, de charnel pour notre Europe, vous en êtes des relais essentiels.
La deuxième chose, c'est qu'il nous faut en même temps bâtir un demos européen. C'est pourquoi je continuerai de me battre pour cette Conférence sur l'Avenir de l'Europe, pour les conclusions que nous aurons à en tirer au mois de mai, et, comme vous l'avez très bien dit d'ailleurs, pour aussi l'indispensable réforme institutionnelle qui doit en découler pour avoir une Europe plus proche du terrain, plus subsidiaire, dans laquelle nos concitoyens ont le sentiment d'être, avec leurs élus de proximité, les véritables décideurs, avec lesquels on arrivera à sortir cette idée que l'Europe est devenue lointaine, distante, parfois technocratique. Et dans le même temps, nous avons aussi besoin de bâtir les règles pour que cette Europe existe davantage à travers tous les territoires.
C'est aussi pour cela que je crois profondément aux listes transnationales et à la possibilité d'un débat lors des élections européennes vraiment européen. Enfin, après l'appartenance, le demos européen et tout ce qui va avec, nous avons besoin de protéger notre démocratie. C'est pour cela que la souveraineté de l'Europe, son indépendance et sa souveraineté militaire, technologique et industrielle, est indissociable de la force de sa démocratie.
Si nous laissons nos démocraties faibles, elles finiront par être balayées. Si nous laissons une seule seconde s'installer l'idée qu'étant démocrates, nous serions vulnérables aux attaques hybrides et aux provocations, que nous serions dans l'incapacité de tenir nos frontières ou de ne plus protége nos territoires, alors nous prendrions la responsabilité funeste de laisser croire à nos compatriotes que la démocratie serait devenue un régime faible. C'est tout le contraire !
C'est un régime fort vis à vis des ennemis et des déstabilisations mortelles. Mais c'est aussi un régime fort, car, protégeant ses frontières, il sait protéger en son sein la contestation, le pluralisme, les oppositions et la générosité de valeurs qui sont les nôtres. C'est par cet équilibre que nous nous sommes faits et que nous devons construire l'avenir.
Je ne serai pas plus long, Président, en vous remerciant à nouveau de m'avoir accordé la parole et de me faire l'honneur de pouvoir m'exprimer ainsi devant vous. Merci beaucoup. Merci beaucoup, Monsieur le Président.
J'invite maintenant les six présidents de nos groupes politiques ainsi que notre premier vice-président pour un tour de table, et je vous redonnerai la parole pour votre dernière remarque. On commence avec Monsieur Geblevicz du groupe PPE. Vous avez la parole pour trois minutes.
Monsieur le Président Macron, je souhaiterais vous remercier pour cette intervention forte et inspirante. C'est pour moi un grand honneur que de m'adresser à vous au nom du groupe PPE et du Comité des régions. Durant la présence française, nous, dirigeants régionaux et locaux, nous espérons pouvoir travailler avec vous pour placer nos territoires sur la voie de la relance, pour apporter des résultats par rapport aux objectifs du Pacte vert, pour revitaliser l'industrie de l'Europe et pour trouver de bonnes réponses en fin de compte pour ce qui est des demandes accrues en matière d'énergie et d'électricité.
Mais notre attente la plus importante vis à vis de la présidence française, c'est de trouver un vaccin tout particulier, celui contre le déclin de la démocratie, contre la confiance qui se réduit vis à vis des institutions en Europe. Et je pense véritablement que l'on pourra le faire ensemble. Au niveau de la conférence sur l'avenir de l'Europe, le Comité des régions et notre équipe, régionale et locale, représentent un million de dirigeants politiques élus en Europe.
Avec eux, nous avons commencé un voyage ambitieux afin de proposer des innovations au processus de prise de décision de l'Union européenne, pour qu'il puisse correspondre aux attentes des Européens modernes. Monsieur le Président, les Européens modernes ne sont plus satisfaits d'une union qui se borne à apporter aux gens la paix et la stabilité uniquement. Bien entendu que c'est très important, mais ils veulent pouvoir s'engager, pouvoir donner des indications sur le cap que prendra l'Europe demain.
Ils veulent une Europe neutre en carbone. Ils veulent véritablement qu'on leur dise que les grandes entreprises paient leur part juste de l'impôt. Ce qui les intéresse, c'est une communication avec l'Europe, certes, mais ils veulent également qu'on tienne compte des perceptions de leurs villes, villages et cités.
Nous devons répondre à leurs attentes. J'ai été très ému que, durant votre intervention, vous ayez fait allusion à notre grand ami Pavel Adamovich, le maire de Gdansk. Pavel croyait véritablement en une Europe commune, mais il croyait en une Europe se fondant sur le terrain.
Chaque jour, dans sa ville, la ville de Gdansk, il promouvait de grandes idées européennes auprès des citoyens. En fait, l'Europe, il la rapprochait des citoyens, des citoyens de Gdansk. Il la rendait réelle, cette Europe.
Il établissait un véritable lien entre sa ville et l'Europe, et nous voulons en faire autant. Nous voulons disposer véritablement d'un instrument efficace nous permettant d'en faire autant, pour qu'on puisse s'impliquer véritablement dans la politique européenne et je pense que durant la présidence française, on pourra mener ce travail-là ensemble, je vous remercie. Merci Monsieur Geblewicz.
Je souhaiterais maintenant donner la parole, au Président Rouillon au nom du PSE, pour trois minutes s'il vous plaît. Monsieur le Monsieur le Président de la République, chers collègues, au nom du groupe socialiste et en ma qualité de maire, je vous remercie de votre présence à notre session plénière du Comité européen des régions. Notre comité n'est pas un machin bureaucratique, mais une assemblée politique au service du projet démocratique européen.
Représentant des 100 000 collectivités locales de l'Union européenne, le Comité européen des régions sera un partenaire stratégique de la présidence française de l'Union européenne. Le rebond de la pandémie et la lutte contre le changement climatique créent une situation d'urgence qui légitime des décisions européennes audacieuses pour une croissance écologique et sociale. A cela s'ajoute une nouvelle coalition allemande plus que jamais progressiste, européenne et francophile qui s'engage à défendre un Etat fédéral européen décentralisé selon les principes de la subsidiarité.
Cet accord est favorable à une convention constituante qui traduira en droit primaire de l'Union ce que les citoyens attendent. Fort de ce contexte favorable, bref, un parfait alignement des planètes, la présidence française devra relever deux défis. Le premier défi sera d'absorber le choc des transitions écologique et numérique.
Les perdants de la crise sanitaire sont légion. Les Etats ne pourront pas faire face à la colère grandissante si les régions et les communes d'Europe ne sont pas associées à la mise en œuvre du Fonds social pour le climat et à la mise en place d'une réglementation européenne pour les travailleurs exploités par les plateformes numériques. Le second défi de la présidence française est de faire face à la crise démocratique.
Une grande majorité des Européens pensent que les maires et les élus régionaux n'ont pas assez d'influence en Europe. Le milieu des millions d'élus locaux européens peut contribuer à convaincre nos citoyens que l'appartenance à l'Union européenne est une chance et une opportunité. Monsieur le Président, appuyez-vous sur les forces territoriales et sur la popularité de ses élus.
Le Comité européen des régions représente les territoires au cœur du processus décisionnel européen. Pourtant, il n'a qu'un rôle consultatif. La présidence française devrait saisir l'opportunité de la conférence sur le futur de l'Europe pour renforcer son rôle.
Trente ans après sa création par Jacques Delors, pourquoi ne pas donner à notre assemblée politique un pouvoir législatif qui renforcera la légitimité de l'intervention européenne dans les domaines de la cohésion territoriale, de l'action locale des droits fondamentaux et de la citoyenneté. Le Comité européen des régions aime l'Europe. Il peut être un allié sûr, pour ceux, qui comme vous, Monsieur le Président, je souhaite consolider le projet européen.
Osez nous faire confiance, merci de votre attention. Merci beaucoup Merci beaucoup Monsieur Rouillon. Je voudrais donner la parole maintenant au président Decoster du groupe Renew.
La parole est à vous pour deux minutes. Monsieur Decoster, Monsieur le Président de la République. Bienvenue au premier Président de la République française à participer à une session du Comité européen des régions.
C'est un honneur pour le comité et c'est un honneur encore plus particulier pour le groupe Renew Europe, que je préside depuis maintenant deux ans. Vous le savez mieux que quiconque, notre famille politique se distingue par son attachement au dépassement. Eh bien, c'est ce que nous faisons ici au Comité des régions en prolongeant nos mandats locaux et régionaux d'un engagement européen bénévole mais toujours passionné, nous le faisons, car nous pensons que l'Europe en a besoin pour être mieux connectée aux réalités de terrain qui sont notre quotidien, pour être davantage incarnée aux yeux de nos concitoyens.
C'est la plus value du Comité des régions au sein du processus décisionnel communautaire. Et si nous avons nettement progressé dans notre coopération avec le Parlement européen, la prise en compte de nos travaux par le Conseil est un véritable territoire de progrès. Nous comptons sur la présidence française pour marquer une vraie rupture sur ce plan là, comme nous comptons sur elle pour soutenir la nécessaire mise à niveau des ressources du comité pour remplir pleinement ses missions, c'est le projet Cinderela.
Il doit être mis en œuvre, mis en marche si j'osais, mais sûrement pas avec des souliers de vair. Incarner l'Europe sur tous les horizons, c'est aussi le développement du réseau des conseillers Union européenne, inspiré des correspondants Europe mis en place au sein des conseils municipaux en Autriche ou encore dans le pays de Saint-Omer. La présidence française pourrait favoriser encore ce déploiement en associant tous les élus volontaires et favoriser ainsi l'émergence du dèmos européen que vous venez de mentionner.
Ce lundi, votre secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Clément Beaune et Marie-Pierre Vedrenne, Vice-présidente de la délégation [ INAUDIBLE ] Micro, s'il vous plaît qu'ils ont présenté véritable modem de la présidence française traduit des préoccupations fortes pour nos collectivités. Oui, nous pouvons encore faire mieux et nous pouvons mieux agir pour la relance en n'étant plus systématiquement associé à la définition initiale de ces outils. Oui, nous avons besoin d'une véritable puissance européenne pour ne plus revivre des stratégies comme celles que nous avons connues la semaine dernière à Calais.
Oui, enfin, nous souhaitons que notre appartenance à l'Europe signifie le respect de ses valeurs fondatrices partout dans ses Etats membres. En conclusion, Monsieur le Président de la République, le groupe Renew Europe, ses 50 membres représentants un membre sur six du Comité européen des régions seront vos partenaires, les partenaires de la présidence française engagés, je crois pouvoir d'ores et déjà vous le dire, enthousiastes. Merci beaucoup, Monsieur Decoster. la parole est maintenant au Président Ortyl au nom de l'ECR, et vous avez la parole pour deux minutes bien sûr.
Merci beaucoup, Monsieur le Président de la République, merci d'être présent, à notre session plénière. Le micro. Le micro revenu.
Nous sommes le groupe des conservateurs et réformistes européens. Il y a beaucoup d'idées qui circulent pour réformer l'Union européenne. Des idées très différentes, nous avons aussi des divergences mais il y a des choses qui nous rallient, c'est garantir la sécurité de nos citoyennes et citoyens dans les villes d'Europe.
En tant que conservateurs, nous sommes d'accord avec le gouvernement libéral quant à la nécessité de garantir la sécurité énergétique de l'Europe. Il y a également la sécurité alimentaire grâce à la PAC et il y a la souveraineté énergétique grâce à la sécurité d'approvisionnement énergétique. Nous voulons développer l'agriculture et une énergie nucléaire propre et efficace.
Par contre, sur la question des migrations très importantes, nous ne sommes pas d'accord sur tous les points. À la frontière orientale de l'Union européenne, une attaque hybride est menée et des migrants illégaux sont instrumentalisés par le régime du président biélorusse Loukachenko. Nous devons résister à cette pression migratoire et j'espère que pendant la présidence française, les idées néfastes dans ce débat ne reviendront pas.
J'attends de vous que vous nous garantissiez que la politique de l'Union européenne continuera à se reposer sur des frontières extérieures sûres qui seront bien défendues et que les différents pays qui défendent ces frontières extérieures seront soutenus. Merci. Merci.
La parole est maintenant à Monsieur McCarthy. C'est à vous. Bienvenue au Comité des régions, c'est vrai qu'il n'y a pas de forces sans unité et on l'a entendu dans votre discours de cet après-midi, l'unité des objectifs ça a été évident.
Bon, merci du soutien que vous avez octroyé pour maintenir le protocole nord irlandais qui garantit qu'il n'y ait pas de frontière dure au niveau de l'Irlande comme voisin le plus proche de l'Union, c'est vrai que nos pays ont accru leur coopération dans toute une série de domaines dans le domaine des transports durant les six derniers mois. Il y a eu une augmentation de 50% des liaisons ferry entre l'Irlande et la France et cela va s'accroître avant l'été prochain. Nous nous situons au côté de nos pêcheurs, secteur qui est important pour toutes nos communautés, pour l'alimentation et la stabilité alimentaire.
Je poserai la question suivante Monsieur le Président, les relations de l'Union avec le Royaume-Uni comment les entrevoyez-vous ? Que va-t-il se passer si le Royaume-Uni déclenche l'article 16 comme il en a menacé pour votre présidence à venir ? J'espère que vous pourrez avancer sur des domaines nécessitant des investissements, des domaines qui très souvent, se sentent oubliés.
Les zones rurales, insulaires, montagneuses. On doit se concentrer sur un développement intelligent en nous concentrant sur ces régions. La meilleure façon de ce faire et bien, c'est d'agir.
Je suis d'accord avec votre appel pour plus de subsidiarité, mais j'en appellerai, moi, pour plus de subsidiarité encore et moins de centralisation, une meilleure prise de décision au niveau de l'Union européenne. Je pense que Next Generation EU va pouvoir nous aider à construire la reprise après la pandémie. Souvent, ce sont des gouvernements centraux qui contrôlent le budget.
On devrait le décentraliser aux villes, aux régions. La conférence sur l'avenir de l'Europe pour terminer, j'espère que nous poursuivrons le travail ensemble avec vous et avec d'autres de Cork à la Corse, il faut entendre les citoyens, les écouter. Si vous donnez pouvoirs aux régions, et bien l'Union deviendra un succès, quoi qu'il en soit.
Merci Monsieur le Président. Merci. La parole est maintenant au président du groupe des Verts, Monsieur Voß.
Monsieur le Président Macron, un tout grand merci de votre temps et de votre engagement pour l'Union européenne et dans la conférence sur l'avenir de l'Europe, nous espérons que d'ici le printemps, nous pouvons continuer à compter sur votre soutien pour financer la conférence et pour la mener à bien. Les manifestations régionales contribuent à la participation de nos citoyennes et citoyens. Il y a beaucoup d'enthousiasme pour l'Europe qui se manifeste en France.
Vous avez beaucoup d'expérience dans la consultation citoyenne, notamment pour le tournant énergétique. Vous avez vu que c'était possible et on a pu réduire aussi en Allemagne les vols à courte distance. Nous faisons nous aussi des efforts.
Nous espérons que nous allons pouvoir réaliser justement ce tournant dans le transport. Pour mon groupe Les Verts, nous pensons que nous avons des liens étroits avec la France, mais votre position sur la taxonomie de l'énergie nous préoccupe. Classer l'énergie nucléaire comme durable et permettre son financement dans le Pacte vert nous semble en contradiction avec une politique énergétique européenne durable et favorable au climat.
Le micro de monsieur Voß est coupé. concernant les coûts, la Cour des comptes s'est exprimée également, la venue d'un atome dans la taxonomie verte n'est pas crédible. Cela risque de tuer dans l'œuf les investissements dans le renouvelable.
Et cela risque de miner la confiance dans les produits financiers verts qui doivent financer la relance en Europe. Les investissements dans le nucléaire appartiennent au passé, au siècle dernier. Merci de votre attention.
Merci Monsieur le Président. Merci d'être présent. Quand je vous redonne la parole.
Excusez-moi Nous avons le vice-président du Comité des régions, M. Vasco Cordeiro, pour deux minutes : Monsieur le Président, c'est un grand honneur de vous recevoir au sein de l'Assemblée des élus et représentants locaux et régionaux de l'Union européenne. Le débat sur l'avenir de l'Europe intervient dans un cadre d'une conférence, celle sur l'avenir de l'Europe, une idée que vous avez défendue et qui a été mise en musique cette année.
Ecoutez les citoyens européens, c'est vital pour sauver le projet européen. Mais l'action, c'est tout aussi important pour éviter les frustrations et la méfiance. Donc à ce stade, la question qui se pose, et ce de plus en plus, n'est pas de savoir si nous écoutons les citoyens.
C'est plutôt dans quelle mesure nous sommes prêts à faire ce que les citoyens nous demandent de faire. Est-ce qu'il va s'agir d'un exercice isolé ? De toute façon, cela nous renvoie à la force de la démocratie.
Nous devons montrer que nous sommes prêts à changer l'Union avant les prochaines élections européennes et nous devons le faire en ancrant ce travail à partir des villes, des régions, où le travail ne doit pas s'interrompre. Il y a deux ans, le président du Comité européen des régions et celui du Comité européen économique et social ont proposé un mécanisme de consultation avec les villes, les citoyens, les régions et la société civile. Voilà la proposition concrète, valable, soutenue par cette assemblée, et encore plus aujourd'hui.
Pour clore, je souhaiterais mentionner trois éléments qui figurent dans la déclaration trilatérale signée par le ministre des Affaires européennes, de la France, de l'Espagne et du Portugal, à Lisbonne, le 5 novembre dernier. Premièrement, une politique de cohésion renforcée pour garantir qu'on ne laissera personne au bord du chemin dans ces temps pleins de défis. Il n'y a pas d'union sans cohésion.
C'est ce que nous pensons. Deuxièmement, avoir une Europe sociale. Les engagements de Porto ont été une percée, mais le conseil s'est borné à en prendre bonne note.
Donc la question, pour moi, revient et revient encore : la France est-elle désireuse, s'engagera t-elle à déployer des efforts pour qu'on construise une Europe sociale ? Je parle depuis le milieu de l'Atlantique, depuis les Açores, que j'ai eu l'honneur de présider à deux reprises. Alors vous le comprenez, le troisième sujet que je voulais saluer dans cette déclaration conjointe, c'est bien entendu l'attention portée aux régions ultrapériphériques, qui font tout autant partie de l'Union que les capitales.
Leurs besoins et leurs spécificités doivent être pleinement prises en compte dans les politiques européennes. Je vous remercie, monsieur le Président. Merci.
Merci beaucoup, Vice-Président. Alors, monsieur le Président, Macron, je vous redonne la parole pour vos remarques finales, si vous voulez. Si, Président, juste quelques mots.
D'abord merci à tous les présidents de groupe et aux vice-présidents pour leurs interventions. Je vais ici redire, plusieurs d'entre vous sont revenus sur le sujet des droits et d'États de droit, et je ne répéterai pas ce que j'ai tenu dans mon propos introductif, mais vous pouvez compter sur la détermination de la présidence française. Il y a eu ensuite une question qui portait sur les frontières.
Je veux là, de la même manière, cela rejoint ce que je disais dans mon propos final, nous avons besoin, en effet, d'améliorer notre système de protection des frontières communes et, je dirais, nous savons très bien que notre réponse, et c'est la seule qui permettra de faire converger les différences idéologiques qui existent parfois entre les différentes formations politiques, c'est d'avoir une approche complète sur le phénomène des migrations, c'est-à-dire une politique d'aide et de développement avec les pays d'origine de ces migrations. Entre autres, nous aurons à le traiter dans le cadre du sommet entre l'Union européenne et l'Union africaine qui se tiendra fin février. Mais ce n'est pas exclusif des autres aires régionales.
Ensuite, une meilleure protection des frontières extérieures. Et là, il faut une vraie politique d'investissement solidaire et d'efficacité, à la fois avec des instruments communautaires, mais sans doute une solidarité, une réactivité interrégionale, parce que nous sommes confrontés à un phénomène nouveau, qui est la menace hybride dans le cadre de laquelle les phénomènes migratoires sont utilisés par des puissances hostiles. Nous l'avons vu avec la Biélorussie.
Et puis un dispositif, ensuite, reposant sur responsabilité et solidarité pour la gestion des femmes et des hommes qui sont ensuite sur le sol européen, et éviter les phénomènes et les comportements non coopératifs entre les États membres. Et j'espère que celles et ceux pour lesquels nous aurons à décider des mesures fortes de solidarité sur les frontières extérieures sauront avoir la même solidarité, l'esprit de responsabilité, quand il s'agit de gérer les statuts de l'asile ou la question migratoire à l'intérieur de l'Europe. Les États membres sont confrontés à des situations différentes selon qu'ils sont pays de premières entrées, pays d'arrivées secondaires.
Il faut donc, pour ça, réussir à trouver les bons compromis. Sur le protocole nord-irlandais, je considère que c'est pour nous une question existentielle, à deux égards. Le protocole irlandais, au fond, c'est de savoir comment concilier l'accord du Vendredi saint et l'intégrité du marché unique.
C'est ça, le débat que nous avons eu pendant de longs mois avec nos amis britanniques. Ce protocole est donc tout à la fois une question existentielle pour les Européens : ne pas transiger sur l'unicité et l'intégrité de notre marché unique, sans quoi, si là aussi il n'y a plus de frontières, s'il n'y a plus de règles, tout partirait à vau-l'eau. Mais c'est une question de guerre et de paix pour l'Irlande.
Et donc, je pense qu'il ne faut pas jouer avec ce sujet. Mais c'est un sujet que nous traiterons en Européens de manière solidaire, comme depuis le premier jour. Qu'il s'agisse de la pêche, qu'il s'agisse du protocole nord-irlandais, qu'il s'agisse des sujets migratoires, ce sont des sujets entre l'Union européenne et la Grande-Bretagne.
J'ai ensuite été interrogé sur la taxonomie. Je vais là-dessus tenir une position, en m'abritant, si vous m'y autorisez derrière les experts, parce qu'en climat comme en matière de santé, je pense que c'est toujours mieux de décider en se référant à celles et ceux qui, experts de ces questions, nous disent ce qu'il en est. Ce que les experts du GIEC écrivent, c'est que le nucléaire fait partie des solutions pour décarboner nos économies.
Ce n'est pas l'Europe, la France qui l'invente, c'est ce que le GIEC écrit. Et donc décider de se priver de du nucléaire serait tout simplement une posture complètement contraire à ce que les scientifiques et les experts du climat nous disent. Et ce d'autant plus que cela aggraverait notre situation en termes de souveraineté et d'indépendance.
La stratégie qui est la nôtre est de décarboner nos économies. Il nous faut pour cela développer le renouvelable. Plusieurs l'ont fait, nous continuons de le faire.
Les énergies renouvelables, aujourd'hui à technologie constante, nous permettent de produire de l'électricité, mais sont des sources d'électricité intermittentes. Elles ne sont donc pas totalement substituables, même avec nos interconnexions, aux sources de production d'électricité non intermittentes, lesquelles sont principalement le charbon, le gaz, le nucléaire. Parmi ces sources de production d'électricité non intermittente, de très loin le nucléaire est celle qui émet le moins de CO2, mais de très loin.
La priorité de l'Europe, c'est d'abord de sortir du charbon. Pour sortir du charbon et garder la soutenabilité de la fourniture d'électricité pour nos concitoyens, les États membres vont aller un peu vers le renouvelable, mais pour plusieurs décennies, massivement, vers le gaz et vers le nucléaire. Le gaz et le nucléaire ne sont pas équivalents en termes de production de CO2.
Le gaz est une énergie fossile, qui produit beaucoup plus de CO2 que le nucléaire. Et donc elles ne sont même pas équivalentes. Le nucléaire est bien meilleur.
J'en veux pour preuve qu'à Glasgow, y compris celles et ceux qui tenaient des positions comme la vôtre ont pris des engagements et ont demandé qu'on arrête le financement du gaz à l'international, pas celui du nucléaire. À côté de cela, en matière de souveraineté, beaucoup d'entre vous ont évoqué les risques. Le gaz, nous ne l'avons plus dans notre sol.
Le gaz aux Pays-Bas s'est effondré, en Norvège, il réduit fortement. Consommer plus de gaz, c'est importer du gaz russe, turc ou venant d'autres puissances. Nul n'est besoin ici de décrire ce que cette situation de dépendance accrue voudrait dire pour notre Europe.
Le nucléaire est une solution souveraine. Pour toutes ces raisons je défends ardemment, en effet, un nucléaire intégré dans la taxonomie et je défends ardemment le fait que le nucléaire n'est même pas équivalent au gaz. Il est moins polluant et il est plus souverain.
Pour ce qui est, ensuite, des remarques qui ont été faites par plusieurs présidents sur la subsidiarité, le travail avec votre comité, je veux vous dire ici, d'abord que nous travaillerons dans la durée de cette présidence, avec vous, sur l'ensemble des chantiers, celui de la cohésion sociale, celui des régions ultrapériphériques, comme l'a dit très justement le vice-président, et comme cela a été rappelé par plusieurs d'entre vous aussi, Président [INAUDIBLE] entre autres, et Président, également, De Coster, l'importance de votre rôle sur la transition climatique et digitale, et l'importance de votre rôle dans les réponses sociales à la crise. Et donc, je pense en effet que quand on parle de subsidiarité et de l'ouverture à des réformes, l'idée que votre comité, et surtout que celles et ceux que vous représentez, et dont vous êtes, ait un rôle accru et que nous réfléchissions peut-être, selon les secteurs, à produire la norme différemment, est une réalité. J'en parle également pour mon pays, lequel est plus centralisé que beaucoup d'autres.
Moi-même, qui ai plutôt une réputation d'être quelqu'un qui prend les décisions quand il doit les prendre, j'ai acquis la conviction que sur beaucoup de sujets de politique publique, le logement, la transition écologique ou d'autres, la décentralisation était ... mais la décentralisation, y compris comme vous l'avez d'ailleurs exprimé, et je souscris à cette approche, du pouvoir normatif et de la responsabilité, est sans doute un élément de plus grande efficacité, et en tout cas, un élément qui permet de faire face aux chocs que nous avons à vivre.
Et donc ce que nous avons à réarticuler, on le voit bien, c'est d'avoir une Europe qui se concentre sur les sujets d'intérêt généraux, qui supposent beaucoup d'unité, sur les sujets de puissance, comme vous l'avez dit, et de souveraineté, qui sont existentiels, sur ces règles, et qui sachent aussi y mettre plus de subsidiarité sur certains sujets du quotidien, où la centralisation de la norme et l'uniformité de la norme deviennent contre-productives, parce qu'elles ne sont pas adaptées à l'hétérogénéité des conditions de terrain, parce qu'elles ne sont pas comprises par nos compatriotes et parce qu'au fond, les acteurs ont besoin d'être aussi producteurs de normes sur le terrain. Et à cet égard, pourquoi ma présence n'est pas simplement, si je puis dire, à caractère diplomatique ? Mais par la conviction que vous avez un rôle important à jouer.
Et vous l'avez dit, après ce moment fondateur que Jacques Delors a supporté, je pense que les prochains mois et les prochaines années doivent nous conduire à savoir oser cette confiance, comme vous l'avez très bien dit, mais avancer de manière concrète sur des réponses beaucoup plus proches du terrain. Voilà les quelques mots que je voulais avoir en réponse, et je vous en remercie beaucoup, à vos interventions. Et je voulais vraiment terminer en vous remerciant pour ces convictions partagées et votre franchise, et vous remercier tout particulièrement, Président, pour votre accueil et aussi pour votre attachement à la francophonie.
Parce que je suis très sensible au fait que vous ayez eu l'extrême délicatesse de vous exprimer en français, ce qui me touche beaucoup et est important. Alors, Monsieur le Président, je veux vous remercier pour tout ce dont on a discuté aujourd'hui. Je crois que vous avez bien compris de nos discussions que nous nourrissons de légitimes espoirs envers la France, et bien sûr la France est un pays fondateur de l'Europe, un pays des Droits de l'Homme, et aujourd'hui un pays fédérateur d'un agenda ambitieux, en faveur d'une souveraineté européenne.
Et puis, Monsieur le Président, cher Emmanuel, si vous me le permettez, je ne peux que saluer votre engagement pour le renforcement des valeurs démocratiques dans une Europe forte, unie et solidaire, avec, et pour tous les citoyens. Alors, je veux et nous voulons que vous sachiez que nous sommes vos alliés. Vous pouvez compter sur nous.
À demain, Monsieur le Président, et merci beaucoup d'être parmi nous. Au revoir.
Emmanuel Macron