Clémentine Autain & Romane Bohringer : la déclaration d'amour à leurs mères absentes
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Fait
« les traumatismes de l'enfance sont quand même les plus les plus violents, les plus durables »
- 3:00Fait
« C'est comme si elle arrivait à mettre des mots sur des scènes »
- 6:00Fait
« la mémoire elle est construite et nous on s'est construit plutôt dans l'opposition, dans l'envie de faire autrement »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
quand on vit un traumatisme et singulièrement dans l'enfance parce que je pense que les traumatismes de l'enfance sont quand même les plus les plus violents, les plus durables, ça fait vachement de bien de sentir qu'on a des sœurs de vie en fait euh avec qui on partage on partage la douleur et on partage aussi le plein de choses qui qu'il y a dans ma vie. Au début, quand on discutait, on discutait aussi beaucoup de comment on était maman et on on s'est rendu compte qu'on était maman de la même manière, c'est-à-dire avec beaucoup d'angoisses très similaire de pas y arriver, de vouloir bien faire, de vouloir absolument être comblé cette angoisse d'abandon qui est la nôtre, qui est en fait pas celle de nos enfants mais qu'on voulait pas transmettre. Vous aviez quel âge quand elle vous a abandonné à votre père ? 9 mois je crois.
Enfin, pas vraiment abandonné, elle est partie. N'ayez pas peur de dire abandonner, abandonner. C'est sans doute comme ça que vous vous êtes senti.
Je me souviens voir ouvert le livre. Donc finalement je ne en fait à cette époque-là, on se connaissait pas si intimement du tout. Je n'avais aucune idée que notre histoire était si similaire.
Clémentine me dit "J'ai écrit un livre sur ma maman, je te l'envoie." J'ai ouvert le livre. Je crois que les premiers mots c'est euh je t'avais euh je t'avais rangé, je m'étais arrangé dès les six premiers mots, j'en ai encore le le frisson.
C'est comme moi, c'est quelque chose que j'ai totalement enfoui. C'est comme si elle était mes mots et je peux dire ça sur 97 % des chapitres du livre. C'est comme si elle arrivait à mettre des mots sur des scènes.
Enfin, c'était comme j'étais sidérée, j'étais stupéfaite. J'ai refermé, j'ai fait une plongée dans le livre, j'ai refermé le livre, j'étais effondrée. J'ai appelé mes producteurs immédiatement en disant "Moi, je sais parce qu'elle était ma parole." J'avais une idée de comment filmer mais je n'avais pas une idée de comment dire.
Et donc filmer moi une enfant qui déambule dans un couloir et tout ça c'est toujours été c'est dans mon fantasme dans mes dans mon imagerie. En revanche les mots me manquaient. C'est un film qui qui raconte une histoire géaire qui est celle de Roman avec sa maman et de moi avec ma maman et qui parle au fond d'une d'une colère, d'une mémoire défaillante par rapport à des mamans qui étaient pas en état de s'occuper de nous, qui étaient prises par la dépression, l'addiction.
Et et quand nous on arrive à la maturité, qu'on devient des mamans, on s'interroge en fait sur ces femmes et on est en peut-être plus en capacité de les regarder non plus seulement comme des mères mais comme des des femmes qui avaient qui étaient dans l'incapacité en fait de s'occuper de nous. Donc c'est c'est un cheminement, c'est un film sur un cheminement et et peut-être qu'il va de la codère au pardon mais en passant par plein de plein de billets et je pense que ça interroge beaucoup aussi la mémoire qu'on se fabrique parce que la mémoire elle est construite et nous on s'est construit plutôt dans l'opposition, dans l'envie de faire autrement, dans l'envie de s'en sortir. Puis à un moment donné, il faut aussi regarder ces failles et et et la blessure qu'on a en nous qui est liée à cette histoire et qui fait écho à à des millions de femmes en fait aujourd'hui qui sont prises par l'alcool, qui sont prises par la drogue, qui sont prises par la dépression et qui n'arrivent pas à élever leurs enfants.
Et ça ça crée des blessures profondes, ça crée de la maltraitance. Et donc ce film, il parle de ça. Moi, j'étais vraiment euh comme spectatrice euh omnibulée par des films comme bon ben alors je vais faire des grandes mais euh toutes les films qui faisaient le portrait de mère comme ça euh euh vulnérable alors que ça aille de une femme sous influence partie girl, l'incompris, ponette, l'enfance nu, enfin c'est des films qui m'ont et j'ai toujours rêvé de faire un film sur cet enfant.
Il est par brive dans le film et j'aurais pu faire tout un film sur filmer une enfance mais j'ai toujours ces films qui m'ont vraiment hanté. Euh j'ai toujours eu un fantasme qu'un jour je ferai moi-même un film sur cet enfant. Cet enfant qui finalement est le même pour nous deux.
Euh euh et je me suis euh offert la possibilité de faire ce film un peu fantasmé sur l'enfance blessée. C'est vous que vous avez envie d'en raconter à travers cette histoire. Vous êtes comme écrit Perrec, une enfant qui joue à cache-cache et qui ne sait pas ce qu'elle craint ou désire le plus. rester caché, être découverte.
C'est aussi un cri d'alarme, hein. Plus vous laissez les femmes dans la souffrance et dans l'incapacité de résoudre leur propre failles, plus vous avez des enfants qui subissent les conséquences de ça. Et c'est vrai qu'on on met beaucoup aussi sur les mères, on leur met beaucoup sur le dos.
Elles doivent être des bonnes mères, c'est lourd aussi. Et et elle là, c'est une époque aussi où il y avait l'attention entre ces femmes qui cherchaient à être libre et je pense que les deux et Maguy et ma mère cherchai à être des femmes libres. On est en en plein post 68.
Enfin c'est c'est cette ambiance. Elles veulent être libres. Et comment on fait pour être une femme libre tout en étant une maman suffisamment bonne comme dit Winnie Cot.
C'est ça le c'est ça le l'équation. Et je pense qu'elles elles ont payé un peu les peau cassé de quelque chose qui qui se cherche encore. Je veux dire c'est pas c'est pas du tout simple aujourd'hui non plus.
Et et donc moi je je le vis comme ça et je trouve que le fait qu'il y ait deux histoires, ça renforce ça renforce en fait le le la dimension plus globale d'un d'un fait de société qu'il faut regarder en face. [Musique] [Musique]
Clémentine Autain