ZEMMOUR / LE PEN, C'EST LA GUERRE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
La guerre Le Pen - Zemmour, les candidats LR qui veulent tailler dans la fonction publique et Anne Hidalgo qui essaye de se relancer. C’est le sommaire du numéro 2 de la Guerre du trône. Ça barde à l’extrême droite.
Menacée par Éric Zemmour, Marine Le Pen a décidé de rendre coup pour coup. C’était ce vendredi à Bruxelles : Le choix qu’il fait, qui est de mettre de côté, quitte à le mépriser d’ailleurs, une grande catégorie de Français, si j’en crois ses dernières déclarations, puisqu’il a déclaré que seules votaient pour moi les catégories populaires, un ghetto d’ouvriers et de chômeurs, dit-il. Je voudrais lui rappeler que ce qui fera qu’il ne sera pas président de la République française, c’est que lorsqu’on aspire à être président de la République française, on aspire à être le président de tous les Français.
Le lendemain, Zemmour lui répond. Pour moi, madame Le Pen enferme ses électeurs dans un ghetto politique, puisqu’elle ne s’ouvre pas aux autres, qu’elle ne veut pas, qu’elle n’aime pas les gens de LR, de l’électorat qu’on peut qualifier de bourgeois, de CSP plus. Du coup, elle condamne ses électeurs, les classes populaires, à ne jamais arriver au pouvoir.
Au même moment, Marine Le Pen en remet une couche. Je crois qu’on ne peut pas se présenter comme candidat à la présidentielle et venir cibler telle ou telle catégorie. C’est l’ensemble des Français qui ont intérêt à me voir élue, j’en suis convaincue.
Et hier dimanche, ça continue. Invité du Grand Jury sur RTL, Éric Zemmour déroule à nouveau son argumentaire anti Le Pen. Le vote pour Marine Le Pen ne sert à rien puisqu’elle ne peut pas gagner la présidentielle, puisqu’elle n’a pas l’alliance avec une partie de la bourgeoisie, des CSP plus.
Que vous avez, vous, Eric Zemmour ? En France, on ne gagne pas… C’est le Parti Communiste des années 60. Vous savez le Parti Communiste est monté jusqu’à 25%, il n’a jamais gagné parce qu’il était enfermé dans un ghetto politique.
Marine Le Pen n’a pas les CSP+, affirme Éric Zemmour. Ces derniers seraient derrière lui. Il a raison.
Deux enquêtes récentes le confirment. Je sais, les sondages… Mais ces deux études sont un peu plus sérieuses. La première, réalisée par IPSOS pour le Monde et la fondation Jean-Jaurès s’appuie sur un échantillon de 16 000 personnes.
La seconde, réalisée par l’IFOP, repose sur un échantillon de 4 500 personnes. Les conclusions sont assez voisines. Selon l’IFOP, Zemmour mord sur l’ancien électorat de François Fillon et les franges les plus aisées des lepénistes.
La patronne du RN conserve en revanche le socle populaire de son électorat. Pour sa part, l’institut IPSOS note que 57 % des électeurs lepénistes approuvent l’affirmation suivante : “Pour établir la justice sociale, il faut prendre aux riches pour donner aux pauvres”. Chez les électeurs d’Éric Zemmour, poursuit IPSOS, la proportion est strictement inverse.
Bref, le vote lepéniste reste un vote de classe. Tandis que celui en faveur d’Éric Zemmour est un vote identitaire, exempt de toute préoccupation sociale. C’est d’ailleurs la condition pour que se noue un pacte avec la fraction la plus réactionnaire de la bourgeoisie.
La lutte des classes s’invite donc à l’extrême droite. Ce n’est pas le moindre paradoxe dans une période où la gauche connaît un effondrement historique. Le naufrage est total.
Chez les Républicains, l’heure est à la surenchère. Tant qu’il était question de recourir à une primaire, aucun des candidats n’avait envisagé de tailler dans les effectifs de la fonction publique. En tout cas, ils n’en parlaient pas.
Mais depuis la décision de s’en remettre à un congrès pour départager les candidats à l’investiture, la question revient sur le tapis. Car le militant LR est convaincu depuis toujours que les fonctionnaires sont en surnombre. Quand ils ne se roulent pas les pouces.
Valérie Pécresse a été la première à dégainer : Je supprimerai 150 000 postes dans l’administration administrante, je “débureaucratiserai” vraiment, c'est-à-dire que tout ce qu’on a promis, je le ferai. 150 000 postes. Qui dit mieux ?
Éric Ciotti bien sûr. Je propose la suppression, sur le quinquennat, de 250 000 postes d’agents publics, notamment, qui serait d’ailleurs permise par le passage, le retour aux 39 heures dans la fonction publique. Valérie Pécresse en propose la suppression de 150 000 ?
Ce n’est pas suffisant ? Oui moi je suis 250 000, c’est la moitié du programme Fillon. Xavier Bertrand s’est montré plus malin.
Je pense que l’on doit réduire le nombre de fonctionnaires à l’occasion des départs en retraite et des fins de contrat, mais moi je veux être capable de faire du sur-mesure. A l’hôpital par exemple, je ne toucherai pas aux cheveux d’un seul soignant, je pense qu’il en faut davantage. Si l’on augmente les effectifs à l’hôpital, c’est donc qu’on les baissera ailleurs.
Où ? Xavier Bertrand ne le dit pas. Et Michel Barnier, le candidat préféré des militants, pense-t-il lui aussi qu’il faut réduire le nombre des fonctionnaires ?
Moi je ne dis pas cela. Je ne dis pas cela parce que je ne pense pas qu’on puisse rendre les fonctionnaires responsables quand l’État ne fonctionne pas. Il y aura des redéploiements, il faut plus de fonctionnaires de police sur le terrain, il faut plus de professeurs mieux payés.
Comme Xavier Bertrand, Michel Barnier reste dans le flou. Peut-être parce que l’un et l’autre ont une chance d’être désignés par les militants et qu’ils n’entendent pas se lier les mains par des promesses inconsidérées. À l’heure où les Français réclament davantage de service public, c’est plus prudent.
Samedi, Anne Hidalgo était à Lille pour lancer officiellement sa campagne. La candidate est dans les profondeurs des sondages, derrière Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot. Au point que certains socialistes se demandent s’il ne serait pas urgent de chercher une roue de secours. “Pas question” a répondu la maire de Paris.
Je porte en moi la détermination, celle d’une femme politique qui sait ce que cela suppose de courage pour ne jamais renoncer. Alors je suis là devant vous et j’irai jusqu’au bout ! Elle a ensuite déroulé son programme.
Et là surprise : la candidate socialiste redécouvre le social. Notre politique du travail sera d’abord celle d’une rémunération digne pour chacune et chacun. Digne pour les premiers de corvée, en augmentant les salaires.
Oui, et digne pour les premiers de cordée aussi. Les premiers de cordée qui doivent partager équitablement la valeur ajoutée dans les entreprises. La place des salariés doit être reconnue dans les entreprises.
Le syndicalisme, ici à Lille, le syndicalisme doit être non pas encadré mais favorisé, car pour nous les socialistes, ce n’est pas à l’entreprise seule ou à l’État uniquement de trancher la question des salaires. Ce n’est pas à l’entreprise seule de trancher la question des salaires… Le propos est savoureux. Qui a cassé le Code du travail en 2016 avec la loi du même nom ?
Qui a renversé la hiérarchie des normes en faisant primer les accords d’entreprise sur les accords de branche ? Le gouvernement de François Hollande. Le Medef en rêvait, le PS l’a fait.
Mais bon, dira-t-on, ça, c’était avant. À l’époque où Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur réprimait à tout-va les manifestations contre la loi travail, allant jusqu’à réclamer leur interdiction. Eh bien, justement il était à Lille, ce bon Cazeneuve.
Et de quoi a-t-il parlé ? Du dialogue social ! On m’a donné huit minutes et ce n’est pas moi que vous êtes venus entendre.
Vous comprenez bien que j’aurais mille autres choses à vous dire, mais on me réinvitera peut-être, sait-on jamais. Et je pourrai vous dire le reste. Sur les inégalités sociales qui se creusent, sur la démocratie sociale qui appelle le besoin de corps intermédiaires avec lesquels on dialogue.
Oui, vous avez bien entendu, le roi du tonfa et de la grenade de désencerclement déplore le manque de dialogue social. C’est aussi crédible que si le préfet Lallement nous disait qu’il allait passer le prochain week-end avec des gilets jaunes sur un rond-point. Si vous avez aimé cette émission, si vous voulez nous soutenir, n’hésitez pas à vous abonner à notre chaîne Youtube.
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Marine Le Pen