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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 28 mai 2019 14 minFond programmatiqueEurope & internationalInstitutions & électionsEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

Conseil européen : déclaration à l’issue du dîner informel

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 90 %Attaque 5 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00E. MacronFait
    « Il n'y avait pas d'automaticité du spitzenkandidat, et donc que nos institutions devaient être respectées, que les pouvoirs de chacun devaient être respectés. »
  • 2:00E. MacronFait
    « Pour la 1re fois depuis 1979, l'impossibilité de dégager une majorité au Parlement avec seulement 2 partis, et donc la nécessité de bâtir entre tous les pro-européens une vraie coalition de progrès. »
  • 3:00E. MacronFait
    « Nous avons décidé de donner un mandat à Donald Tusk pour travailler dans les prochaines semaines pour pouvoir dégager, sur la base de notre échange, des propositions de noms. »
  • 4:00E. MacronFait
    « L'urgence climatique et les décisions climatiques que nous devons prendre au niveau européen, c'est le 1er axe. »
  • 6:00E. MacronFait
    « Un pilier social indispensable pour plus de convergence dans notre Europe. »
  • 7:00E. MacronFait
    « Nos concitoyens veulent être protégés. Qu'il s'agisse de l'immigration, qu'il s'agisse de la défense, nous avons besoin d'une Europe plus souveraine. »
  • 8:00E. MacronFait
    « Il nous faudra trouver dans les 4 nominations, de toute façon, des équilibres. Je tiens à ce que ces nominations soient paritaires, que nous ayons 2 hommes et 2 femmes. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

-E. Macron : Alors...

Très bien. Non, je vous ai dit tout à l'heure qu'elles étaient mes intentions. Il y a eu beaucoup de discussions, aujourd'hui, qui se sont faites.

Pour ma part, après plusieurs échanges bilatéraux ces derniers jours, à Paris, au téléphone, j'ai eu l'occasion d'abord, de rencontrer les deux négociateurs des groupes socialistes et libéraux et démocrates, et donc nous avons eu à cinq un déjeuner. J'ai ensuite pu discuter avec les 4 membres du groupe de Visegrad. J'ai vu le président Tusk et la chancelière Merkel, et nous avons eu une première réunion à 28, qui nous a permis d'avoir justement, une discussion nourrie.

Et je veux d'ailleurs, avant toute chose, ici, rendre hommage à deux collègues. Le premier, c'est le Premier ministre de Finlande, qui aujourd'hui accomplissait son dernier Conseil, et qui a été un collègue constructif avec lequel nous avons beaucoup fait avancer des sujets qui n'étaient pas forcément immédiats entre nos deux pays. Et je veux vraiment lui rendre hommage.

Je m'étais rendu il y a quelques mois en Finlande, et vraiment, tous mes voeux l'accompagnent. Et évidemment, nous avons également rendu hommage à Theresa May, suite à l'annonce qu'elle avait pu faire ces derniers jours. Ce Conseil nous a permis de dégager quelques lignes de force.

D'abord, tout le monde a reconnu l'importance du vote des citoyens européens, leur forte participation partout en Europe qui nous oblige, la mobilisation des jeunes et la nouvelle donne qui en sort. La nouvelle donne veut dire une chose : c'est qu'on ne peut pas répliquer les vieilles habitudes. Et la nouvelle donne, elle est simple, une mobilisation en effet inédite, la montée du sujet climatique qui s'impose à nous tous et pour la 1re fois depuis 1979, l'impossibilité de dégager une majorité au Parlement avec seulement 2 partis, et donc la nécessité de bâtir entre tous les pro-européens une vraie coalition de progrès.

Ensuite, nous avons acté ce soir qu'il n'y avait pas d'automaticité du spitzenkandidat, et donc que nos institutions devaient être respectées, que les pouvoirs de chacun devaient être respectés. Il y a un rôle qui est donné au Conseil, un rôle au Parlement, et c'est ainsi que nous procéderons. Et nous avons décidé de donner un mandat à Donald Tusk pour travailler dans les prochaines semaines pour pouvoir dégager, sur la base de notre échange, des propositions de noms, et nous avons pris la décision, au plus tard, lors du Conseil de juin, justement, d'acter les 4 principales nominations politiques qui doivent découler de cette élection.

Nous avons longuement parlé des sujets importants sur le fond, et pour moi, ces nominations doivent procéder d'une plateforme programmatique et de ce que nous voulons faire : l'urgence climatique et les décisions climatiques que nous devons prendre au niveau européen, c'est le 1er axe, la construction d'un nouveau modèle de croissance et de progrès pour l'Europe, reposant sur un investissement dans l'innovation et justement, les nouveaux axes technologiques, reposant également sur un approfondissement du marché unique et de sa compétitivité, mais également un pilier social indispensable pour plus de convergence dans notre Europe. Un 3e axe qui est celui des protections, de la sécurité. Nos concitoyens veulent être protégés.

Qu'il s'agisse de l'immigration, qu'il s'agisse de la défense, nous avons besoin d'une Europe plus souveraine. Et un 4e axe qui est l'approfondissement de la zone euro, comme beaucoup l'ont porté. Et donc nous allons définir cette plateforme et l'affiner dans les prochains jours et prochaines semaines.

Sur cette base, Donald Tusk va mener les consultations entre les différents chefs d'Etat et de gouvernement, et avec le Parlement européen pour nous faire des propositions et dégager une voie. (Propos inaudibles) Je ne le dirais pas de cette manière-là exactement. J'ai lu comme vous la déclaration du Parlement qui parle pour lui-même.

Mais le Parlement, selon nos traités, n'est pas celui qui propose et nomme le président de la commission, entre autres. Il doit ensuite l'approuver, mais c'est une compétence du Conseil. Moi, j'ai toujours attiré l'attention de celles et ceux qui veulent ce système, sur le fait que ce sont les mêmes qui n'ont pas voulu les listes transnationales européennes.

Ils sont pour la démocratie lorsque c'est la démocratie décidée par des partis. Donc moi, je pense que nous devons respecter ce qui sort des urnes. C'est-à-dire que les sensibilités qui sortent des urnes, eh bien, doivent être respectées et que les candidats qui seront, in fine choisis, doivent correspondre à ces différentes sensibilités politiques.

Mais ça ne peut plus se passer comme avant. (propos inaudibles) -E. Macron : J'ai pas entendu le début de la question.

Allez-y. Bonjour. -La chancelière vient de dire qu'il y a 4 personnes, plus ou moins, sur lesquelles on va débattre.

Est-ce que pour vous, les personnes en dehors des spitzenkandidat, est-ce qu'il y en a... -E.

Macron : Pour moi, le critère est simple. Ce sont des femmes ou des hommes qui correspondent à ce projet, que nous allons porter, et qui peuvent réunir une majorité au Conseil et au Parlement. C'est le seul critère.

C'est réunir une majorité au Conseil et au Parlement et c'est la seule manière de faire aboutir un nom. Donc il y a des noms. Peut-être d'autres émergeront dans les prochains jours et prochaines semaines.

Ma priorité, c'est d'avoir les gens les plus qualifiés, c'est-à-dire, ceux qui d'abord correspondent évidemment à ce projet et qui le partagent, qui sont les plus qualifiés et qui porteront l'Europe la plus forte possible. Je ne fais pas partie de celles et ceux qui cherchent en quelque sorte, à effacer les compétences ou à avoir des leaders à la tête de la commission et du Conseil qui ne feraient pas d'ombre aux chefs d'Etats et de gouvernements. Nous avons besoin de dirigeants forts, qui ont une expérience forte, une légitimé forte.

On parle de la commission européenne d'un côté, qui est le plus grand exécutif d'Europe. Donc il faut savoir ce que c'est qu'un pouvoir exécutif et avoir les compétences pour le faire. On parle de présider le Conseil européen, ça veut dire qu'il faut une légitimité de dirigeant pour le faire.

On parle de présider le Parlement européen donc il faut une vraie légitimité politique en son sein. Et on parle d'être le haut représentant et donc il faut une connaissance des questions des affaires étrangères, et c'est normal. Il nous faut les meilleurs qui portent le projet qui constituera la plateforme, justement, la coalition de progrès, et il nous faut, celui ou celle qui aura la majorité au Parlement et au Conseil. -Pourquoi est-ce que vous n'avancez pas un nom ?

Mme Merkel, M. Sanchez avancent des noms... -E.

Macron : Mais parce que moi, je suis cohérent depuis le début. Parce que je suis cohérent depuis le début. Moi, je veux rassembler.

Si les uns et les autres restent au nom où ils sont, nous aurons un blocage. Parce qu'aucun des groupes n'a la majorité à lui seul et même s'ils se mettent à deux, ils n'ont pas la majorité. Il faut 3 ou 4 groupes pour le faire.

Mon souhait et ce que je considère comme étant mon rôle aujourd'hui, compte tenu de ce que j'ai fait en France et de ce que j'ai toujours défendu, c'est de rassembler et de sortir des logiques trop claniques. Rassembler, ça veut dire, tout faire pour qu'au Parlement, comme autour de la table, on ait une coalition la plus large possible des pro-européens. Mon souhait est que les familles politiques, la nouvelle famille centrale à laquelle la liste renaissance appartiendra, puisse travailler avec les socio-démocrates, avec les verts, avec le PPE, pour justement bâtir une plateforme nouvelle et qu'autour de la table du Conseil tous les pro-européens puissent travailler ensemble.

Je veux rassembler, je veux de la cohérence, je veux de la compétence. -Vous n'avez pas un nom ? -E.

Macron : Non. Parce que je ne veux pas commencer. Aujourd'hui, les uns et les autres par des logiques de partis et parce qu'ils se sont enfermés dans cette logique de spitzenkandidat, font nom contre nom.

Je considère que ma fonction n'est pas de me mettre dans cette logique de partis à laquelle je n'ai pas adhéré, mais d'essayer plutôt d'inviter chacun à trouver, voilà, le bon consensus qui permet d'avancer pour l'Europe. Ma priorité c'est l'Europe et notre projet. (propos inaudibles) -E.

Macron : Mais je pense qu'il nous faut travailler ensemble, c'est le mandat que nous avons donné à M. Tusk. Maintenant, je pense qu'il est indispensable, si nous voulons avoir une commission en ordre de marche pour le 1er novembre et avoir des institutions qui fonctionnent normalement, il est indispensable qu'avant que le nouveau Parlement arrive début juillet, les décisions soient prises pour ce qui est des décisions du Conseil, pour qu'elles soient ensuite soumises au Parlement qui aura à voter non seulement, je le rappelle, sur le président de la commission mais sur chacun des commissaires que celui-ci aura à choisir dans un dialogue avec les Etats membres. -Est-ce que justement les verts ce sont vos prochains alliés ?

On voit qu'il y a déjà des appels du pied à ce groupe. -E. Macron : Au parlement européen, il faut que plusieurs familles politiques travaillent ensemble.

Et donc la force centrale doit travailler avec les conservateurs, avec les socio-démocrates et je souhaite qu'elle puisse travailler aussi avec les verts. -La dynamique est du côté du centre, si j'ai bien compris. -E.

Macron : la dynamique est du côté du rassemblement et la dynamique est du côté de la construction d'un projet cohérent. Et je vais pas vous redire à la seconde où je vous dis que moi, mon souhait de là où je vous parle en tant que Président français est de rassembler. Je ne vais pas vous dire que moi, je soutiens un nom.

J'ai vu deux Premiers ministres socio-démocrates, deux Premiers ministres libéraux, chacun avait ses noms, je veux essayer de les faire travailler ensemble. C'est ce que je veux essayer de faire avec le groupe de Visegrad, avec la chancelière. Nos partenaires, et j'ai eu à coeur de les rassembler, et de les écouter ces derniers jours, doivent pouvoir se rassembler autour d'un projet commun. -Est-ce que le gouvernement a la possibilité de limiter le nombre de licenciements ? -E.

Macron : Je vais pas ici...

Je vais pas ici commenter un sujet domestique. Le gouvernement est à l'oeuvre. Et les engagements qui avaient été pris par General Electric devront être tenus.

Moi, je veux avoir avant tout un mot pour les salariés du groupe General Electric dont je sais au moment où nous nous parlons l'angoisse, un mot pour les élus qui sont très préoccupés et nous serons extrêmement vigilants pour que tous les engagements pris par General Electric soient tenus, et je veux vous dire, ici, la mobilisation du Premier ministre, du ministre de l'Economie et des Finances et de tout le gouvernement pour que toutes les solutions soient trouvées. (Propos inaudibles) -E. Macron : Non, je ne m'immisce pas dans les sujets.

J'ai entendu comme vous les déclarations aujourd'hui qui ne sont pas aussi négatives que ce que vous dites, mais après, chacun vit sa vie politique interne, comme il veut. (Propos inaudibles) -E. Macron : Mais je ne fais jamais de politique fiction.

J'en fais pas en France, j'en fais pas en Europe non plus, et je vous redis : il y a des compétences qui sont celles du Parlement et qui sont celles du Conseil. -Par exemple, le fait que la Danoise Mme Vestager soit danoise, donc pas dans la zone euro, c'est un problème pour vous ou pas ? -E.

Macron : Je l'ai dit. Moi, la clé, c'est que les gens qui seront aux postes les plus sensibles partagent le projet et soient les plus charismatiques, inventifs, compétents possible. C'est ça, je n'ai pas d'autres préconditions.

Il nous faudra trouver dans les 4 nominations, de toute façon, des équilibres. Je tiens à ce que ces nominations soient paritaires, que nous ayons, 2 hommes et 2 femmes, je tiens à ce que nous ayons les meilleurs profils possibles, je tiens à ce qu'il y ait des équilibres évidement, de sensibilités de familles politiques, mais aussi géographiques. Allez-y. (propos inaudibles) Alors je le souhaite, je l'organiserai, puisque c'est à la France d'en prendre l'initiative, dès que possible.

D'abord, il est évident que le nouveau Président ukrainien souhaite organiser ses élections, nous aurons des contacts. Je vais lui parler très prochainement. Nous aurons à nouveau un échange et peut-être une visite, et dès que les conditions politiques seront prêtes de ce côté, nous le ferons. (propos inaudibles) E.

Macron : Pas autre chose, que ce que je vous ai dit là. C'est très cohérent de la part de la chancelière qui appartient à une famille politique qui est membre du PPE, donc c'est tout à fait normal. Non.

Mais bien sûr que les choses devront changer. Ce que je suis entrain de vous dire, c'est que, ces élections marquent une nouvelle étape pour l'Europe. A maints égards sur le plan politique, sur le plan de la participation, de l'enjeu climatique et de ce que nos peuples nous ont dit.

On va pas faire comme ça s'est toujours passé. Et pour la 1re fois depuis 1979, les équilibres sont nouveaux. Donc chacun va devoir bouger et nous allons devoir bâtir un consensus.

Et dans ce cadre, je considère que le rôle de la France, s'étant affranchie justement, de la prison du spitzenkandidat, c'est de construire un rassemblement dynamique, crédible et qui correspond au projet et au fond, de ne pas s'enfermer dans les noms, de d'abord porter un projet et une exigence de compétences. Voilà. Toute dernière. -Est-ce que vous avez été déçu d'être arrivé 2e derrière... -E.

Macron : Non, mais je fais pas de psychologie. Ecoutez, beaucoup me voyaient, plutôt voyaient la liste, je dirais qui soutient la majorité présidentielle, beaucoup plus loin. Moi, je préfère toujours que ceux qui portent les extrêmes ou le nationalisme soient relégués derrière.

Je constate qu'il y a 5 ans, ils étaient en tête, loin devant toutes les forces politiques, très loin devant les forces qui étaient au gouvernement. Ca n'est plus le cas. Nous avons contenu leur place et nous avons installé, en effet, l'alternative que les Français ont décidée depuis maintenant un peu plus de 2 ans.

Ca veut dire une chose : nous devons nous battre. Nous battre, pour avoir des résultats, changer le quotidien de nos concitoyens, nous battre pour mettre plus d'humanité, de proximité dans le projet qui est aujourd'hui porté par le gouvernement. Nous battre aussi pour que cette Europe, soit plus tangible, plus sensible pour nos concitoyens et puisse continuer de les convaincre qu'elle est une création politique, civilisationnelle inédite, qu'elle est 70 ans de paix, qu'elle est une aire de progrès, et que le nationalisme serait le retour aux égoïsmes, aux retraits, aux replis, à l'effacement, face à la Chine et aux Etats-Unis et peut-être même à la guerre.

Donc pour toutes ces raisons, je considère que le résultat de dimanche est une bonne base. J'aurais préféré faire mieux, mais il me dit simplement une chose : il faut continuer de se battre, il faut continuer de se mobiliser pour nos concitoyens en France comme en Europe. C'est la tâche que j'ai demandée au gouvernement.

Et d'ailleurs, dès demain matin, j'aurai l'occasion, autour de la table du Conseil des ministres de dire au gouvernement ce que j'attends de lui pour les prochains mois et l'année qui s'ouvre. Je vous remercie. Merci à vous.