#RDLS130 : Facebook censure, Covid et vaccins, laïques hypocrites
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« la politique n'est pas malvenue sur Youtube, comme dorénavant c'est le cas sur Facebook, puisque le patron de ce trust a annoncé qu'il réduirait la diffusion des sites politiques »
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« nous avons pris nos propres dispositions, je vous rappelle que si vous voulez parrainer ma candidature, vous allez sur la plate forme "Action Populaire" »
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« l'ancien Président de l’Équateur qui avait un compte avec 1 500 000 abonnés, et, du jour au lendemain, s'est retrouvé sans page »
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« on ne maintiendra pas la France en prison comme ça pendant des mois et des mois et des mois, et on ne sait pas où on va »
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« j'ai dit : le vaccin russe, cubain et chinois, alors là, pfff, c'était le chiffon rouge absolu »
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« notre candidat est très nettement en tête dans les sondages à 38,7% »
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Bonjour c'est la 130ème édition de la Revue de la Semaine. Générique ! [Musique] Je commence par cette Revue de la semaine que vous découvrez sur Youtube.
Nous venons d'atteindre les 488 000 abonnés, c'est un grand sujet de satisfaction pour nous deux qui faisons ce travail, moi de ce côté-ci de l'appareil, et Antoine de l'autre côté, nous avons plutôt confiance dans le réseau Youtube qui, jusqu'à présent, n'a pas marqué de discrimination particulière en ce qui nous concernait par rapport aux autres productions qui paraissent sur Youtube, je veux dire : la politique n'est pas malvenue sur Youtube, comme dorénavant c'est le cas sur Facebook, puisque le patron de ce trust a annoncé qu'il réduirait la diffusion des sites politiques, parce que, l'argument mérite d'être entendu, la politique provoquerait du clivage, et donc une mauvaise expérience de la pratique de Facebook, là on retrouve un argument dont le contenu est une sorte de symbole du mépris pour la politique qui est caractéristique des esprits qui aiment les dictatures et n'aiment pas la démocratie, parce que la démocratie, elle est faite de contradictions et de clivages, et par conséquent, présenter la politique comme un facteur de division c'est une pensée politique en soi, c'est une pensée politique qui est anticitoyenne, voilà alors ça mérite d'être dit, et c'est la raison pour laquelle, nous nous méfions beaucoup de Facebook et de ses différentes succursales qui vendent les données qu'ils accumulent et ensuite nous maltraitent, donc nous avons pris nos propres dispositions, je vous rappelle que si vous voulez parrainer ma candidature, vous allez sur la plate forme "Action Populaire", vous signez, et à ce moment là, vous êtes introduit dans un réseau social qui est celui de "Action populaire", qui vous permet d'échanger les uns les autres et recevoir les informations qui arrivent depuis moi, depuis ceux qui animent cette campagne présidentielle, parce que notre crainte, c'est que, à un moment donné, on nous coupe les réseaux, comme ce fut le cas pour nos camarades de Podemos en Espagne, comme ça a été le cas pour le Président du Mexique, comme ça a été le cas pour je ne sais combien d'autres gens. L'ancien Président de l’Équateur qui avait un compte avec 1 500 000 abonnés, et, du jour au lendemain, s'est retrouvé sans page, et ici en France, à plusieurs reprises, ce sont des pages dans des départements, des Insoumis du Tarn je crois, si mes souvenirs sont bons, mais d'autres départements qui du jour au lendemain ont vu leurs groupes annulés, et évidemment vous ne repartez jamais du même niveau, quelle que soit l'ampleur de votre groupe, l'algorithme ne le propose pas à tous ceux qui sont abonnés à votre groupe, vous voyez évidemment que c'est une réduction considérable de l'opportunité de pouvoir rencontrer des gens qui jusque-là ne s'intéressaient pas vous, et qui à cette occasion le faisaient et donc participaient de ce qui est le suc de la démocratie, ben c'est l'engagement, la participation à des débats, tout ce que vous connaissez si bien, voilà, donc méfiance, et puis l'endroit où vous pouvez nous retrouver librement c'est Youtube, il ne nous manque dorénavant que 12 000 abonnés pour arriver au demi million, je pense que quand on y parviendra, ce sera un bon signe qu'on donnera de ce qui se passe autour de nous. Au moment où je vous parle, je suis sorti de l'hémicycle à l'Assemblée nationale, ici on est dans mon bureau de président du groupe parlementaire "Les Insoumis" parce que nous sommes dans le débat sur "Le renforcement… (je ne sais plus comment ça s'appelle maintenant) …des principes républicains", c'est la loi qui auparavant s'était appelée "loi contre le séparatisme", qui auparavant était annoncée comme "la grande loi laïque de monsieur Macron".
Bon, fort heureusement ce débat n'intéresse personne, je veux dire que ça n'a pas d'écho à échelle de masse, puisque vous savez que toute l'actualité est exclusivement concentrée sur les questions du covid, donc on ne peut parler de rien d'autre dans ce pays, du covid du matin au soir, sur toutes les chaînes d'information en continu, bon, les autres espaces ont été rabougris, je considère que cette manière de traiter la réalité par l'information, est un parti pris idéologique, c'est un exercice de dressage, la plupart des gens vivent donc dans l'angoisse, dans la peur, pendus aux lèvres du Président de la République, ou de monsieur Véran, ou de je ne sais qui, de toute cette équipe qui décide du sort des gens, c'est-à-dire à quelle heure vous êtes obligé de rentrer chez vous, qu'est ce que vous allez faire ce week-end, qu'est-ce que vous avez le droit de faire ou pas le droit de faire. C'est donc un moment très particulier, évidemment il ne faut pas le dire trop fort parce que aussitôt, on se fait traiter de tous les noms, mais moi j'ai l'habitude et ça ne me dérange pas, d'abord on me traite de tous les noms et puis ensuite, il faut bien dire que ce que j'ai dit était ce qui était apparemment le plus conforme aux faits eux mêmes, rappelez vous, quand on a annoncé une deuxième vague de l'épidémie, vous vous souvenez de ce sénateur de droite qui avait dit en ricanant que vraiment ce Mélenchon, comment savait-il qu'il y aurait une deuxième vague ? Bah, c'est pas dur, Mélenchon il a juste lu des revues scientifiques dans lesquelles on explique que les épidémies, toutes les épidémies fonctionnent par vagues, de la même manière quand on leur avait dit : "Il faut penser aux déconfinement", on a été traités de tireurs dans le dos, parce que les gens devaient souffrir en silence, et ne pas penser au déconfinement, il fallait qu'ils se concentrent sur leur situation de confinés.
Bon, il a fallu déconfiner les gens et faire un plan, et on l'a appris dans des conditions dont vous vous souvenez, c'est à dire, ça a été un déconfinement assez hasardeux, fort heureusement pour tout le monde, la situation n'a pas immédiatement empiré, la deuxième vague a mis un peu de temps à s'accumuler, et quand la deuxième vague a été là, nous leur avons dit : "Il y en aura une troisième et sans doute une quatrième, donc vous devriez réfléchir sérieusement à des plans d'alternatives au confinement, là aussi on a entendu tout ce qu'on a entendu, maintenant en gros, tout le monde en parle, donc j'estime qu'on a fait un grand pas en avant vers des solutions raisonnables parce que je le répète, on ne maintiendra pas la France en prison comme ça pendant des mois et des mois et des mois, et on ne sait pas où on va, donc dans la période on a eu un autre sujet de satisfaction, ça a été la question des vaccins, là aussi, beaucoup de ricanements au début. "Comment ? " parce que j'ai dit : le vaccin russe, cubain et chinois, alors là, pfff, c'était le chiffon rouge absolu, il ne pouvait y avoir qu'un seul vaccin intéressant : le vaccin américain, d'accord il fallait l'entretenir à -60°, ce que très peu de monde est capable de faire, d'accord il en faut deux doses, et puis finalement ils les vendaient par 5, et nous autres français qui sommes des malins, on en tirait 6, donc, ils nous ont facturé 6, ils se sont gorgés de millions, de milliards de dollars de bénéfices sur le dos des gens, parce que c'est la sécu qui paye, mais la sécu c'est le salaire des gens, c'est un salaire différé des gens, et puis aucun des importants, aucun des dirigeants n'a pensé qu'il y avait quelque chose à dire sur le sujet, et comme vous le savez, ça n'était pas du tout mon avis, et voici que maintenant il y a un vaccin russe traditionnel, voici qu'il y a un vaccin chinois, et en cours, il y a trois vaccins cubains dont l'un qui semble s'approcher de la phase où il est exportable.
Et donc les cubains ont décidé que pour ce qui est de ce vaccin, il serait en licence libre pour les pays pauvres, c'est à dire que pour tous ceux qui se sont moqués de nous en nous disant que si on voulait ces vaccins, c'est parce que c'était idéologique, et qu'on leur expliquait que non, c'était pour qu'on ait la liberté, et bien maintenant, ils vont pouvoir découvrir que la liberté et l'idéologie font bon ménage, puisque la liberté permet de choisir un vaccin qui sera d'accès libre pour toute une série de pays, bien sûr comme d'habitude, le gouvernement allemand a été plus malin que monsieur Macron, madame Merkel a été directement discuter avec monsieur Poutine pour mettre au point la commercialisation du vaccin russe, et au passage, on a appris que c'est dès le mois de novembre que des experts français sont allés en Russie, et ont conclu dès le mois de novembre que le vaccin était performant, puisque il garantit dans 92% des cas une immunité complète aux personnes qui sont vaccinées, exactement ce qu'on disait, mais que eux cachaient, les macronistes, donc cette équipe de ribouldingues et filochards sont là, au gré des événements, ballottés, ayant à chaque fois cet air, vous savez, des méprisants, des arrogants, ils vous regardent de haut, ils se moquent de vous, et puis après, ils sont là tout penauds, puisqu'il faut bien faire comme on leur a dit, et on leur a dit des choses qu'on n'avait pas besoin d'inventer, que tout le monde pouvait trouver aussi simplement que nous mêmes nous l'avons fait, ils sont donc dans un mépris qui les coupe de la réalité, après quand vous les regardez d'un peu près, ils ont l'air singulièrement fatigués et on le comprend, et donc on peut penser que les décisions qu'ils prennent sont de plus en plus déraisonnables. Je vous signale qu'après le Conseil de défense, on est passé à une situation où ici, à l'Assemblée nationale, ils ont aboli la commission d'information et d'enquête sur les conditions dans lesquelles est gérée l'épidémie, et ainsi de suite, le champ des libertés va se réduisant, donc je vous disais que je suis ici à l'Assemblée nationale parce que nous sommes dans le débat sur "le renforcement des principes républicains". Alors la situation est assez spéciale, je dois bien vous le dire, pourquoi ?
Parce que bon, je vais vous résumer notre position pour que vous compreniez bien, c'est une position de principe : pour nous la liberté de conscience ne se discute pas. La liberté de conscience ça veut dire la liberté de pensée, de croire ou de ne pas croire comme on le veut, évidemment la liberté de conscience c'est l'ouverture directe à la liberté du culte, dans l'Histoire, la liberté du culte a précédé la défense de la liberté de conscience. C'est parce qu'il y avait un problème dans l'exercice du culte, que petit à petit, a émergé cette idée que la conscience était et devait rester libre, puisque toute façon elle l'était, quels que soient les tourments qu'ont infligeait aux gens, de toutes façons ils pensaient comme ils voulaient, bon donc notre principe de base c'est ça : liberté du culte, liberté de conscience, indifférence de l'État à l'égard des religions.
Alors dans un premier temps, comme il s'agissait de taper tant qu'ils pouvaient les musulmans, parce que cette loi n'a pas d'autre sens que ça, c'est une loi électoraliste, mais dans laquelle se sont fait attraper une série de gens qui se croyaient très malins en se disant : "Ah ah, nous allons faire une loi contre les musulmans et nous allons être en compétition les uns avec les autres, " alors les Républicains essayent d'être plus antimusulmans que les marcheurs, lesquels essayent d'être plus antimusulmans et que les Républicains et que le Front National, et tout ça à la fin a donné une comédie pitoyable qui a duré pendant deux ou trois jours, et alors comme nous défendions le droit des musulmans à pratiquer leur religion sans qu'on les soupçonne aussitôt d'être des terroristes, alors nous avons été repeints, si j'ose dire, en suppôt du cléricalisme, donc c'est le reproche que m'a fait monsieur Darmanin qui est une sorte de petit bonhomme un peu agité qui se croit très drôle avec des blagues de politiciens de troisième zone, et qui a fait la réponse à mon discours, si vous voulez, vous même vous pouvez en vérifier la tenue si elle vous paraît digne d'intérêt, vous verrez que c'est un discours qui posait les principes, et à quoi il a été répondu par des ricanements dans les bancs, des hurlements tout autour de nous, aussi bien Corbière que moi, Corbière a fait une magnifique intervention, nous avons parlé au milieu des hurlements, du hourvari et au banc des ministres, vous les aviez, là, qui riaient, vous savez comme ils le font toujours quand ils veulent vous montrer leur mépris, le fait que ce que vous dites ne les intéresse pas, et qu'ils sont tellement supérieurs que ça les fait rire, la plupart d'entre eux sont assez incultes sur les sujets que nous abordons, et comme ils ne connaissent pas l'Histoire de France, comme ils ne connaissent pas l'Histoire de ces idées, alors ils les manient à l'emporte-pièce, c'est à dire qu'en réalité ils ne sont pas capables de les manier, tant et si bien qu'après avoir fait pendant deux jours des accusations sur notre cléricalisme, n'est-ce pas, alors en plus ils le font toujours bien, c'est très personnel, c'est : "Comment vous monsieur Mélenchon qui étiez laïc hier, aujourd'hui vous êtes devenu un suppôt du cléricalisme". Ils écrivent mon histoire, ils la réécrivent et je suis censé être responsable de leurs caricatures, je rappelle qu'hier, ils me traitaient de bouffeur de curés, hier, je veux dire dans les dix dernières années, et maintenant voilà que tout d'un coup, me voilà posé dans le personnage du gars qui défendait mieux que tout et tout le monde la laïcité, c'est vrai, je défendais la laïcité mieux qu'eux, notamment quand eux étaient tous aux pieds de Nicolas Sarkozy qui allait faire le chanoine de Latran et donc Darmanin, vous savez, fait dans le côté banquet, et les blagues de fin de banquet donc il est là, il ricane, il fait ses petites blagues à deux balles, il est très content parce que ça fait rire ses potes du banc du gouvernement, mais intellectuellement c'est affligeant, et ceux qui regardent ça dans le monde sont consternés de voir à quel niveau est arrivée la culture générale des gouvernements français. Alors je dis, ils manient mal cette affaire, parce que après avoir pendant deux jours dit sur tous les tons qu'ils voulaient interdire le foulard, alors on leur disait : "Mais écoutez, vous n'avez rien compris, on a interdit le foulard aux serviteurs de l'État et des services publics pour que le service public soit neutre, mais la société n'est pas laïque, les gens ont le droit de penser ce qu'ils veulent, et de se mettre sur la tête ce qu'ils veulent dans la rue, vous ne pouvez pas faire une police du vêtement". "Ah, disaient-ils, regardez en Iran, on impose et on envoie en prison les femmes qui ne portent pas le foulard", bah précisément, leur disons-nous, c'est ce qu'on ne veut pas faire ici, on ne veut pas faire le contraire, alors les uns veulent mettre en prison parce que les gens ne portent pas des foulards, et les autres veulent les y mettre parce qu'ils en portent, tout ça est absurde, et ne permet pas de gérer une société dans le respect des convictions de chacun, dès lors qu'on admet l'idée que quiconque porte un foulard, ce qui est le plus important ce n'est pas ce qu'il y a sur la tête, mais dans la tête, c'est-à-dire que le port d'un foulard ne fait pas de quelqu'un un terroriste, c'est un comportement absurde que de dire le contraire, et très injurieux pour des millions de braves gens dans notre pays qui respectent leur foi, alors après, on a le droit d'être contre, mais ça c'est un autre combat, c'est un combat où on essaye de convaincre, ou on donne des arguments, bon, mais c'est pas à la loi d'aller faire ça.
Bref, ils nous font ça pendant deux jours, et puis là, il se réveillent parce que nous on leur dit : "Écoutez, voilà un amendement : on demande que les élus ne participent plus avec leurs écharpes à des cérémonies religieuses quelles qu'elles soient", alors pas question d'aller faire le défilé derrière la Vierge qui nous a protégés en 1643 ou en 1650 ou en 1830 de la peste, bon, et autres choses que nous abandonnons aux croyants sans difficulté, qu'ils le fassent si ça leur convient, mais la République ne s'associe pas à ça, parce que elle est à tous ses enfants, quelles que soient leurs convictions, alors là c'est eux qui crient : "Comment ? La société n'est pas laïque, il est normal que nous allions aux cérémonies religieuses", nous dit-on, "Elles sont inscrites dans le temps, c'est culturel plus que cultuelle", enfin blabli blabla, et depuis tout à l'heure, c'est cette leçon-là, et me voilà repeint en bouffeurs de curés parce que je proteste contre le fait que le Président de la République soit chanoine de Latran, et parce que mon ami Alexis Corbière a déposé cet amendement pour que les élus de la République ne participent plus à des cérémonies religieuses, alors évidemment il y a des exceptions, quand il y a une tuerie et notamment dans une église à Nice, c'est normal qu'après on y aille pour manifester notre solidarité, notre fraternité avec les croyants de la religion catholique, ça c'est normal, alors on nous a d'abord répondu : "Mais ça sert à rien tout ce que vous dites, parce que c'est déjà tranché par la jurisprudence", c'est vrai, alors si c'est déjà tranché par la jurisprudence et qu'à cause de ça on ne l'écrit pas dans la loi, on peut enlever tout le reste, parce que toutes les autres mesures que prévoit ce texte, qui paraissent comme ça des mesures de : "scrogneugneu, on tient les affaires en main, bien comme il faut", tout existe déjà dans la loi, par exemple les braiments contre la polygamie, comme si la polygamie était admise en France, non elle est interdite, de la même manière les certificats de virginité n'ont jamais été autorisés en France, et l'ordre des médecins interdit aux médecins d'en délivrer, donc ils ont pourtant mis tout ça dans la loi, alors pourquoi ne mettent-il pas que les élus ne doivent pas aller ceints de leurs écharpes dans les cérémonies religieuses, au motif que la jurisprudence l'interdit déjà. Bon vous voyez qu'ils pataugent dans les contradictions, et à l'instant je viens d'entendre un élu qui s'appelle Marc Le Fur, qui est un homme extrêmement engagé et constant dans ses opinions, dire que la société n'est pas laïque, et que par conséquent c'est son devoir d'élu, lui il dit : "Je vais au premier rang à la Messe pour Sainte Barbe, à la Messe pour je ne sais pas quoi, et je ne sais quelle autre messe".
Et évidemment le même personnage qui, un jour avant, nous faisait des cours de laïcité, en a même profité pour dire : "Si vous voulez vous attaquer à quelqu'un, attaquez-vous à moi", on ne va pas faire ça, ce n'est pas notre sujet de nous attaquer aux gens, mais la chose dont on est sûr, c'est que ce maître ès-laïcités votait contre la loi sur les signes religieux à l'école en 2004, à l'époque, ça ne le dérangeait pas que des gens mettent un foulard pour aller à l'école, alors on a essayé de clarifier, mais nous on est sur un chemin de crête, ça m'a beaucoup étonné de me retrouver dans cette situation où les uns me dénonçaient comme un clérical, moi qui ai passé ma vie dans le sens contraire, simplement parce que je respecte les religions, que je défends la liberté de culte, et que je ne suis pas d'accord pour que l'on veuille montrer du doigt comme ça, les musulmans, et les transformer en suppôts du terrorisme, et puis à l'inverse, depuis maintenant, ça a repris cet après midi, me voilà à nouveau représenté comme un ennemi des religions, alors que la veille encore, on m'a présenté comme l'ami de toutes les religions. Vous voyez, tenir un point de vue philosophique aussi précis que celui qui est le nôtre, au fond depuis le début, depuis les premières lois laïques, depuis la grande Révolution de 1789, mais auparavant le Siècle des Lumières, pour ceux qui défendaient la liberté de conscience, bon ben, c'est notre sort, on a toujours été traité de cette façon-là, faut pas s'étonner, Jean Jaurès a été beaucoup beaucoup beaucoup maltraité, alors nous, c'est pas trop grave, on parle au milieu des hurlements, lui aussi bon, mais lui il y a quelqu'un qui est descendu de son banc pour lui mettre un coup de poing pendant qu'il était à la tribune, pour l'instant personne ne s'est risqué à venir nous donner un coup de poing, ou en donner un à Alexis Corbière, je pense qu'ils seraient reçus d'une manière qui les dissuaderait d'y revenir, mais j'ai pas envie d'en faire l'essai, je crois que vous le comprenez tous, moi je pense que on ne peut pas participer à un débat comme celui ci sans prendre la mesure de qui nous sommes, même pas nous, nous Français, notre pays est un des rares pays qui a inscrit la laïcité dans sa constitution, nous nous y trouvons avec le Mexique et je crois deux ou trois autres comme ça, mais le Mexique c'est absolument certain. Et donc on doit toujours se comporter d'une manière qui donne de la laïcité la véritable signification, ce n'est pas un athéisme d’État c'est une manière de vivre où l'état est chez lui, la religion chez elle, et cette mise à distance permet que les divers cultes existent, il n'y a pas un culte qui domine les autres et qui impose sa loi aux autres, chacun fait ce qu il croit nécessaire de faire, et n'a jamais aucun problème avec l'autorité politique, sinon, s'il vient à violer les lois, comme tout le monde, et nous Français, on doit faire attention à ne pas donner de la laïcité l'image d'une pratique qui serait, au cas présent, antimusulmane, c'est le contraire, c'est parce que la laïcité existe que le culte musulman peut avoir sa place tranquillement, sans que personne ne lui cherche noise, dans un état où il y a aussi des catholiques, où il y a aussi des protestants et ou il y a aussi des juifs.
C'est ça qui compte, et il faut que l'on puisse rendre cette idée désirable dans le monde entier, si on veut débarrasser le monde de cette erreur, et des fois ce crime qui consiste à mettre la religion au pouvoir de l’État, et si on ne le fait pas, eh bien on valide l'idée d'après laquelle la laïcité serait d'essence athée, et donc anti religieuse, et donc impraticable dans les sociétés qui sont majoritairement de telle ou telle religion, en l'occurrence ceux auxquels on pense en ce moment ce sont les musulmans. Voilà l'enjeu de cette bataille, et puis il y a aussi un enjeu d'unité nationale, j'espère qu'il n'y a pas trop de monde qui regarde ces débats parlementaires, parce que c'est à pleurer quoi, de voir le déchaînement antimusulman, ce sont des hypocrites qui sont là, c'est-à-dire, dès qu'on leur dit : "Mais vous vous êtes en train de montrer du doigt les musulmans", "Non non, pas du tout", et alors monsieur Darmanin revient régulièrement nous citer son grand père qui était musulman, comme si, parce que son grand père était musulman, lui serait absolument indemne et insoupçonnable d'activités, de pensées, de pratiques qui stigmatisent les musulmans, tout ça est lamentablement au ras du sol. Bon, une fois mis de côté les conditions déplorables dans lesquelles se déroule ce débat, j'ai oublié de vous dire que en plus, ça s'appelle "temps programmé", donc nous les Insoumis nous avons 3h30, et la ReM a 6h, plus 3h pour le Modem, plus 2h30… enfin bref, vous avez compris, mais nous on n'a pas le droit d'aller au-delà, alors on passe une bonne partie de notre temps à ronger notre frein sur notre banc, pour ne pas brûler le temps de parole, et dès qu'il y en a un qui prend la parole, après il fait des excuses aux autres en disant : "J'ai parlé trop longtemps", enfin bon, c'est très désagréable comme manière de travailler, mais enfin on tient la tranchée, mais ce qui va être le plus inquiétant à la sortie de ce texte, c'est pas tous ces commentaires absurdes qu'on a entendus dans les bancs, ce qui est grave, c'est les dispositions qui sont prises, celle qui répètent la loi, bon, mais ce sont les nouvelles, par exemple, la décision que toutes les associations qui reçoivent une subvention doivent signer une charte républicaine qui est… un truc insupportable, avec des formules extrêmement floues, certaines risibles, mais dedans, il y a quand même toujours des petits adjectifs qui donne un pouvoir incroyable au Préfet et au Préfet tout seul, sans intervention du juge, sur les associations, pour les agréer ou non, pour revenir ou non sur les subventions, et voire pour obtenir leur dissolution.
Alors c'est donc une loi qui ne sert à rien pour les ¾ des articles qu'elle contient, mais qui pour le quart qui sert à quelque chose, met en cause, une fois de plus la liberté, et réduit une fois de plus le champ de cette liberté, et vous savez comme moi que ça a eu une conséquence dans le classement mondial, la France est passée de "démocratie où il n'y a rien à dire", bon, c'est la démocratie, à une "démocratie insatisfaisante", c'est un événement particulièrement grave et déshonorant pour notre pays, et c'est avec toutes ces mesures accumulées les unes à côté des autres, que progressivement se dessine un paysage d'une Présidence très autoritaire, et d'une société française qui sera bientôt placée sous un régime de contrainte, de surveillance extrêmement sévère, et ça c'est grave, parce que ce n'est pas sûr que tout le monde s'en rende compte, et quand les gens s'en rendent compte, eh bien souvent c'est trop tard. Bon, il y a aussi une actualité plus directement politique, la nôtre d'abord, nous venons d'éditer la première de nos quatre revues qui correspondent à la mise en débat du programme "L'avenir en commun", dans cette nouvelle phase, et puis il y à l'émission du dimanche 7 février, qui est un investissement important pour nous, qui permet d'illustrer, de montrer comment cette discussion pourrait avoir lieu sur le premier sujet qui est la Constitution, alors bon cette séquence, elle va être en ligne, et elle va y rester, donc vous pourrez vous y référer autant de fois que vous le voudrez, elle comporte, comme vous le savez, des moments un peu forts, avec la présence d'hologrammes de citoyens qui viennent discuter avec moi, mais aussi des moments de confrontation avec des gens qui ne sont pas d'accord avec nous, ça permet de mettre un peu plus en relief le sujet qu'on aborde, la partie discussion, c'est pas forcément discussion entre gens qui sont d'accord. Enfin je ne finis pas sans vous dire qu'au moment où j'enregistre cette Revue de la semaine c'est le jeudi, et j'attends le dimanche avec anxiété, pas seulement parce qu'il y a cette émission qu'on fait, mais parce qu'il y a une élection présidentielle qui a lieu en Équateur, et à l'heure à laquelle nous parlons, notre candidat est très nettement en tête dans les sondages à 38,7%, et il est possible que on obtienne une victoire au premier tour, si on ne l'a pas au premier tour, le deuxième sera plus difficile pour nous c'est incontestable, mais si nous l'avons au premier tour, évidemment, c'est une revanche formidable, parce que ça veut dire que un après l'autre, on aura reconstitué l'arc qui avait été constitué du vivant de Chavez entre le Venezuela, l’Équateur, la Bolivie et l'Argentine, un temps on avait pensé avoir avec nous le Pérou, mais ce ne fut pas le cas, cependant au Pérou aussi il y a une élection présidentielle qui se profile, et notre candidate Veronica Mendoza, est la deuxième dans les sondages dans un paysage extrêmement éclaté, mais enfin cette chance existe, alors comme vous le savez, ce n'est pas par romantisme, même s'il peut y en avoir, que j'évoque si souvent l'Amérique latine, c'est parce que c'est en Amérique latine que nous avons été le plus durement martyrisés dans les années 70 avec les dictatures militaires partout, et le plan Condor qui coordonnait la chasse aux militants sur tout le continent, où à l'époque il n'y avait pratiquement que deux refuges, le Mexique qui accueillait l'asile politique, et Cuba qui accueillait les réfugiés, les soignait comme vous le savez.
Alors maintenant tout ça a été renversé, il y a eu une chaîne dans un premier temps de sortie des dictatures, puis une chaîne de gouvernement rompant avec le libéralisme, pratiquant une politique, à la vérité, assez classiquement social-démocrate de partage des richesses sans trop trop toucher à la structure de la propriété, ce fut le cas dans tous ces pays, et puis ils avaient dit : "Ben ça y est, c'est fini, maintenant ça fait dix ans que ça dure, vous avez perdu ici, vous avez perdu là", en fait on a perdu nulle part, et ils ont pris leurs putschs pour des victoires électorales. Bolsonaro n'est élu que parce que Lula est envoyé en prison alors qu'il faisait 60 % d'opinions favorables dans le vote, là en Bolivie, nous n'avons pas perdu, ils ont fait un putsch pour chasser Evo Morales, et il y a le seul endroit où on ait vraiment perdu une élection, c'était en Argentine, et vous savez, c'était l'époque où les libéraux avaient trouvé l'idée qui marchait : Macri, Macron, Trudeau au Canada, bon, c'est-à-dire toutes sortes de gens qui apparaissaient comme ça, comme des champignons, formidables, libéraux, jeunes, intelligents, nanani, nanana, bon ! Jusqu'à ce que les gens aient affaire à eux, et découvrent que c'était des brutes, je ne parle pas de Monsieur Trudeau, mais je parle de Bolsonaro, je parle de Macri, en tout cas on a gagné au premier tour l'élection en Bolivie, après un coup d’État et une sévère purge dans les rangs des syndicalistes paysans et salariés, on a regagné en Argentine, en dépit d'un pilonnage judiciaire terrible contre une bonne partie des dirigeants de notre mouvement, et si nous gagnons en Équateur, ce sera là-aussi contre un pilonnage juridique incroyable, l'ancien Président Rafael Correa ayant 18 inculpations contre lui. bon ça fait quand même beaucoup, donc cette victoire apurerait la situation et permettrait que, bon ben, on retrouve un point d'appui dans la rupture avec les néolibéraux, donc c'est un week-end qui va quand même être bien intéressant pour nous tous, et bien sûr, au delà du week-end, je vous invite tous à vous retourner vers ces résultats, regarder, analyser, comprendre, notre monde va beaucoup bouger, beaucoup beaucoup bouger politiquement, des révolutions citoyennes continuent d'éclater un peu partout dans le monde, en ce moment c'est en Inde, c'est quand même le pays le plus peuplé du monde, donc ça a de l'importance, ou ils sont à égalité avec les Chinois, ou un petit peu devant, je ne sais plus où on en est exactement, mais enfin, c'est du même ordre, c'est plus d'un milliard d'habitants, et dans le monde entier, la covid a frappé les économies traditionnelles d'une manière extrêmement dure, et les relations politiques dans les peuples et entre les peuples sont en situation de tension, donc le fait que nous ayons un signal positif venant de l'Amérique latine nous donne des points d'appui pour la suite de cette histoire que nous allons écrire, et évidemment, notamment en France, avec ma candidature à l'élection présidentielle, moi je me situe dans le droit fil de cette vague, vous le savez, je ne vous l'ai jamais caché, et je ne crois pas un seul instant que l'on puisse, telle qu'est la société aujourd'hui, s'arranger avec le système, faire des petits compromis par ci par là, un petit peu de peinture verte, un petit peu de peinture rose et puis hop, c'est parti pour un tour, non, cette époque là est finie, il faut vraiment bifurquer, il faut changer, et c'est ce à quoi nous nous préparons, alors évidemment ne rêvez pas !
Personne ne va venir me féliciter chez les importants, leurs journaux, leurs radios, leurs télés et dire : "Ah, c'est formidable, ces gens là ont des idées géniales", non c'est le contraire, et on va nous taper taper taper encore tellement nous leur faisons peur, parce qu'ils voient qu'ils peuvent perdre même en utilisant les méthodes de brutes qui sont les leurs, comme ça a été le cas en Amérique latine. Bref, je retourne sur mon banc, à l'intérieur de l'hémicycle, pour continuer à défendre nos positions, en vérité ma position à moi est un peu singulière, parce que comme j'ai un temps de parole spécifique pour Président de groupe, alors j'ai déjà dévoré, je crois, pratiquement tout maintenant, je dois, si vous voulez, aussi participer à tenir la tranchée, c'est à dire je suis là, je passe des arguments, on discute quand il faut, mais ce sont les autres qui parlent parce que nous sommes une équipe, il n'y a pas que moi dans cette équipe, il y a les autres, là il y a Corbières qui tient le rôle magnifiquement, il y a Coquerel qui est là souvent, Lachaud, Pannot, enfin bref, tout le monde défile dans l'hémicycle, Jean-Hugues Ratenon a fait une superbe intervention ce matin, on sait tous qu'on défend un point de vue historique, et on sait que dans cent ans, exactement comme nous avec la loi de 1905, quand ils vont recommencer à se peler sur le sujet, nous savons que nos lointains héritiers, héritières, regarderont ce qu'on a dit cette fois-là pour essayer de bien comprendre quelles sont les lignes conductrices d'une véritable et authentique pensée laïque, pas cette usurpation de la laïcité qui est faite pour taper les musulmans d'une manière absurde, alors qu'on peut dire que d'une certaine manière, même la liberté de pensée doit énormément dans l'Histoire à Averroès, et à des courants de cette nature, qui à l'époque étaient beaucoup plus développés que ne l'était le prétendu Occident chrétien. Bon alors, si ça vous a plu, vous mettez un pouce bleu, parce qu'à nous, ça nous fait plaisir, à Antoine et à moi, et puis si vous découvrez, et ben abonnez vous, c'est gratuit, ça le sera toujours, et ça vous permet d'être informé à temps des moment où on passe, de ce qui va se passer, et bon peut-être que vous deviendrez familiers de notre chaîne, alors tout le monde n'est pas là out le temps, il y a 488 000, mais beaucoup beaucoup quand même sont là très souvent, et pour nous, c'est un grand sujet de satisfaction que de savoir qu'à tout moment, on peut échanger avec nos amis, ceux que notre pensée intéressent, à cet endroit précis, donc plus vous nous aidez à le faire vivre, plus on est fort, plus on est entendu, et à la fin j'espère, plus nous marquerons de points. – Sous-titrage : Le Crayon d'oreille - *
Jean-Luc Mélenchon