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interviewLCI (sur YouTube)· 12 juillet 2025 11 min

Troupes au sol : "les plans sont prêts" (Macron) |LCI

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Il faut bien mesurer l'état d'ébullition qu'il y a au Krèmelin puisque non seulement il y a cette annonce concernant le nucléaire mais il y a aussi une annonce extrêmement importante concernant les troupes au sol. Écoutez Emmanuel Macron la fameuse question des troupes au sol qui a été tellement débattue qui a divisé l'Europe. La France et le Royaume-Uni vont de l'avant.

Au plan opérationnel, nous avons décidé de changer complètement d'échelle la force conjointe dit T Jeff que nous avions créé en 2010 et qui est la base de coopération structurante. Nous faisons passer cette force conjointe du niveau d'une brigade à celle d'un corps d'armée, c'est-à-dire pouvant aller jusqu'à 50000 hommes, capable d'être employé dans un engagement majeur, ce qui représenterait une multiplication par 5 avec la France et le Royaume-Uni noyau dur capable d'agréger d'autres partenaires européens. et d'être mis à la disposition de l'alliance.

Alors, prenons bien, prenons la carte de l'Ukraine. Essayons de comprendre ce que dit ici Emmanuel Macron avec Kir Starmer à son à ses côtés. C'est une annonce considérable hein. 50000 hommes, on est au-delà de certaines estimations qui avaient été données précédemment.

Oui, mais il reste quand même à les trouver. C'est-à-dire qu'il y a une décision de de principe. Donc pour le moment, le le corps expéditionnaire conjoint est de 10000 hommes terre, et mer.

Et l'idée effectivement est de la multiplier par 5. Euh maintenant, il faut trouver euh en France et au Royaume-Uni et il semblerait que ce ne soit pas si facile que ça, mais je pense que c'est sur la longue durée. Et puis il parle d'agréger un certain nombre d'autres d'autres États donc cette coalition de volontaire.

Oui, ce qui est utile de rappeler tout de suite, c'est que la vocation de ce corps n'est pas d'aller faire la guerre aux Russes en Ukraine au côté de l'armée ukrainienne. L'idée, c'est que ce soit un un des troupes qui se pour qui pourraient se déployer après le cesser le feu pour respecter les les modalités de celui-ci. Donc euh c'est intéressant parce que il y a un acte politique qui est très fort et en même temps euh Emmanuel Macron évidemment ne va pas jusqu'à cette transgression des troupes au sol dont il avait parlé il y a il y a il y a plusieurs mois et dont on semblait pouvoir penser que il pourrait arriver pendant le conflit même si c'était pas directement sur le champ de bataille.

C'est ce qu'ils appellent la réassurance, hein. Oui, mais si les Russes s'attaquent de nouveau, ah bah effectivement, c'est tout le problème. Et d'abord, d'abord, il faudrait que les Russes soit d'accord pour ce déploiement.

Et jusqu'à présent, Vladimir Poutine a dit et répété que il n'acceptait pas que soit déployé sur le sol ukrainien des troupes de pays de l'OTAN, ce qui évidemment est le cas des des Français et des Britanniques. Et puis la question aussi c'est qu'est-ce qui se passe si jamais les Russes se remettent à attaquer ? Est-ce que ces troupes qui sont des troupes de maintien de la paix en quelque sorte deviendraient des troupes véritablement de guerre pour frontalement entrer en conflit avec la Russie ?

Alors, soyons clair, si c'est des troupes effectivement de maintien de la paix, si le la paix est brisée par les Russes si les Russes attaquent à nouveau et s'il y a un affrontement direct entre les Russes, les Britanniques et les Français, est-ce que c'est la guerre ? Ah bah s'il y a un affrontement direct, oui, mais ça dépend quel mandat nous aurons parce que c'est pas du tout la paix la le être des forces de maintien de la paix, ça veut dire qu'on sépare les partis. Alors que si on est une force de réassurance, ça veut dire qu'on est comme en Corée du Sud après la deuxème guerre après la guerre de Corée si vous voulez.

C'est c'est absolument pas les mêmes logiques. Donc je pense qu'il faut pour le maintien de la paix, d'abord, il faut une paix à maintenir. Donc ça suppose effectivement qu'il y a un accord.

Ensuite, il y aura nécessairement une résolution probablement des des Nations- Unies pour cela, mais vous avez d'autres types de force. Vous avez d'interposition et là effectivement qui peuvent réagir ou d'imposition de la paix et tout dépend effectivement du mandat qui leur est confié. Je pense qu'il il y a plusieurs choses.

D'abord en effet comme comme vous dites Sylvie, c'est c'est extrêmement hypothétique. C'est dans le cadre la l'hypothèse d'un accord de paix qui est pour le moment très loin d'arrivée. Les négociations sont totalement arrêtées.

Et en deuxièmement, je pense qu'il faut le lier à l'annonce fondamentale de la coordination nucléaire. Parce que à ce moment-là, si des forces franco-britanniques européennes sont une force d'interposition en de pour maintenir un cesser le feu, Vladimir Poutine saura que s'il s'en prend à ces forces là, il s'en prend à l'Europe et donc à deux puissances nucléaires qui guettent. Donc c'est un c'est un c'est il faut lire comme un ensemble cohérent.

Oui, attendez, vous avez quand même de nouveau la le pied sur le frein. Décidément, ce soir Emmanuel Macron dit "Nous avons décidé de changer complètement d'échelle. La force conjointe, nous avons créé en 2010.

Nous faisons passer cette force conjointe du niveau d'une brigade à celle d'un corps d'armée, c'est-à-dire pouvant aller jusqu'à 50000 hommes." Si on dit ça, alors on tient ou non cette promesse, mais si on dit ça, c'est pas simplement pour dire "Oui, on est prêt au cas où on a besoin il y a quand même une démarche plus offensive." Non, mais euh politiquement, je c'est effectivement très important, mais vous voyez par exemple cette force de 10000 hommes qui a été créée en 2010, en 2017 euh à l'époque où j'étais justement parce que j'ai assisté, il y avait les exercices qui permettaient de déclarer l'opérationnalité de la force.

Donc il y a quand même eu 2 ans entre le moment où la décision a été prise et le moment où ses forces étaient euh en mesure d'intervenir. Là, si vous multipliez par 5, ça va ça va prendre encore du temps. Encore une fois, c'est une décision qui est évidemment importante, mais ça prend du temps.

Vous rester avec nous Michel Polaco parce que il y a une autre déclaration qui nous est parvenue président de la République qui est encore plus catégorique puisqu'il dit nous sommes entrés dans la phase concrète c'est-à-dire que des centaines de militaires qui sont déjà mobilisés un étatmajor est bâti en vue de planifier cette force. Écoutez, vous réagirez. La question nous a été posée il y a encore quelques semaines.

Est-ce que votre coalition des volontaires est quelque chose de concret ? C'est simplement quelque chose de concret. Ce sont des centaines de militaires qui sont déjà mobilisés.

C'est un étatmajor qui est bâti. Ce sont des décisions et des planifications déjà pris. La question nous était posée il y a encore quelques semaines.

Est-ce que votre coalition des volontaires est quelque chose de concret ? Michel PACO, qu'est-ce qu'il est en train ici d'expliquer quand on parle de planification ? Le premier noyau de ce que sera ce que sera cette force opérationnelle.

Il envoie un message à Moscou pour leur dire "Nous ne restons pas indifférents, nous ne restons pas immobiles. Nous nous organisons pour le casou, nous approchons des poitrines des lieux où se passent les combats, même si n'entrons pas sur le territoire ukrainien." Donc ça veut dire que si d'aventure il y avait un dépassement par exemple des frontières de l'Ukraine vers la Pologne ou d'autres pays, à ce moment-là nous serions directement touchés et donc nos intérêts vitaux seraient directement en jeu.

Donc nous, je dirais que nous augmentons la capacité pour nous de décider que nos intérêts vitaux sont en jeu. Et donc ça veut dire que on franchirait une une étape, un échelon, une marche vis-à-vis des Russes et pour eux, ce serait évidemment une alerte. Maintenant, faut quand même bien regarder que ce qu'annonce le président Macron, et je ne suis évidemment pas là pour détruire son discours qui veut être dissuasif, ça veut quand même dire que il faut des moyens importants pour que ce soit crédible.

Or, ces moyens importants, ce sont évidemment des hommes, nous en avons peu. Ce sont évidemment des armes, nous en avons peu. Et le plus important, c'est une alliance politique, c'est-à-dire une politique commune que pour l'instant l'Europe n'a jamais su fabriquer et qui pour l'instant n'existe toujours pas, sinon à travers le temps, mais sinon ça n'existe pas. et on est en train d'essayer d'en fabriquer un embryon avec les Britanniques de manière à je dirais enrichir l'OTAN, renforcer l'OTAN tout en gardant un peu nos deux spécificités puisque nous nous avons décidé que nous gardions la main sur une certaine catégorie de nos armements.

Alors question sur ce plateau, est-ce que c'est le moment effectivement d'y aller même contre la volonté des Russes ? Est-ce que les Français et les Anglais ce seraient le pas d'après ? simplement de dire en cas de résolution des Nations unies de toute façon là les Russes peuvent faire un plus obstacle pe avoir le véau à l'ONU où est-ce qu'il faut aller plus loin et être prêt à défier les Russes mais écoutez ils ont les Russes ont envoyé des nord-coréens on aura droit d'aller tout à fait à l'invitation de l'armée ukrainienne d'être présent sur le territoire ukrainien mais après il faut en en tirer les conséquences ensuite faut trouver la la génération de force et là je suis d'accord avec Michel Polac aujourd'hui la posture opérationnelle de l'armée française c'est 30000 homm C'està dire il y en a 30000 qui sont en opération, il y en a 30000 qui reviennent et il y en a 30000 qui partent.

C'est 90000. Je rappelle que la force d'action terrestre c'est 77000 hommes. Et donc là quand vous avez 50000 hommes, ça veut dire que vous engagez la moitié des forces terrestres.

C'est ça que ça veut dire. Et et ces forces là on ne les Mais ça m'intéresse d'avoir vos avis sur ce principe. Regardez sur les réseaux sociaux la passion que ça suscite.

Il y a ceux qui disent exclus d'envoyer des troupes au sol quelle qu'elle soit. fusent des troupes au sol de maintien de la paix parce que si il faut se battre ensuite et puis ceux qui c'est le moment d'y aller. Vos avis là-dessus vous ?

Mais moi je dis je dis oui à ce moment-là il fait il faut il faut y aller mais je je vous dis on n'ira pas sauf si on y va en coalition et pour le moment est la coalition pas de coalition les anglais la dernière fois ils ont déjà reculé il voul ils ne voulaient plus à un certain moment que faire de l'instruction sur les arbitres coalition déjà regardez le français doute déjà du partenaire français écoutez moi moi j'ai fait j'ai vu des tas de générations de force dans ma vie il y a il y a plein de promesses en permanente et quand il faut y aller Ben, il reste les Français, un peu les Britanniques et puis les autres, ils se dégonflent. C'est ça que j'ai vécu toute mon existence de soldat. Alors, permettez que je sois un tout petit peu pessimiste.

Alors, je dis oui, il faudrait y aller mais on verra qui est capable qui a voilà et qu'est-ce que vous allez dire qui allit pour y aller. Ce qui est un peu déstabilisant, c'est que il y a 3 mois, on nous a fait tout un foin de des cinq nations cadres donc qui étaient l'Allemagne, la Pologne, l'Italie, la France et la Grande et la Grande-Bretagne. Et là, on se retrouve avec du bilatéral alors qu'on pourrait s'attendre à une on pourrait s'attendre à une initiative commune européenne. parion tu parlais tout à l'heure de d'européenisation de la de la défense.

Là, on est complètement dans du bilatéral. Ex l'Allemagne, exite la Pologne, exite l'Italie. Voilà.

Comment que va penser Mers de cette affaire ? Votre avis à vous, c'est quoi ? Bah à mon avis, c'est qu'on a tâtonné pendant quelques mois.

Il y a eu la il y a eu la réunion des chefs d'étatmajor, je sais pas si vous vous en souvenez, avec les 30 chefs d'étatmajors, y compris les Australiens, les Canadiens et cetera. On a eu ce format. Mais votre avis à vous, attendez, on parle d'envoyer des hommes au sol, vous me dites "C'est du bilatéral, on va voir et c Mais non, mais il faut il faut arrêter l'hypocrisie.

Si on fournit des des missiles scalpes qui sont capables de d'anéantir des zones de lancement russes, des postes de commandement russes et c rien compris. Alors, vous êtes pour ou contre ? Moi je suis pour.

Je suis pour. Bien entendu. Je suis pour.

Arrêtons l'hypocrisie.