On ne peut même plus parler d'écologie … Voici pourquoi !
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- invitéFait
« Il y a un besoin surtout à l'approche des élections de se différencier des différents candidats et donc ils font de la surenchère par rapport à ce que pensent leurs propres électeurs. »
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Le côté baclash écologique, vous vous l'observez comme tout le monde ? il est surtout présent pour moi dans la sphère euh bruyante, le baclash écologique euh donc la sphère médiatico politique. Euh et effectivement, il y a un besoin euh surtout à l'approche des élections de se différencier euh des différents candidats et donc ils font de la surenchère par rapport à ce que pensent leurs propres électeurs.
Euh souvent euh dans la population dans son ensemble, on concerne on constate pas de baclash mais par ailleurs la population dans son ensemble est historiquement schizophrène. C'est-à-dire que historiquement on dit on veut préserver. Sauf que quand même quand on fait un choix opérationnel, nous bah on va quand même prendre la bagnole, voir prendre l'avion, voir acheter un truc qui a pas été cultivé de manière terrible, mais quand même c'est moins cher et cetera.
La politique, vous vous avez longtemps baigné dedans. Vous étiez secrétaire d'état à l'écologie sous euh Édouard Philippe. Donc quand même, je précise, ça fait 6 ans que j'ai arrêté la politique mais euh à l'époque et est-ce que ça a changé ?
C'était compliqué pour vous mais aussi pour votre ministre de tutelle qui était Nicolas Hullaude. C'est d'ailleurs pour ça qu'il s'était qu'il était parti du gouvernement de de gagner ses arbitrages. C'est c'est toujours le cas.
Quel Quel souvenir vous avez gardé de ça des de passer des arbitrages face à Ber, face à Matignon, face à l'Élysée quand on est secrétaire d'État à l'écologie ? Ah bah pour être très franche, horrible. [rires] Euh c'est extrêmement difficile.
Je crois que ça l'a toujours été mais à mon avis c'est plus difficile que jamais. C'est plus difficile que jamais parce qu'on est vraiment dans une situation où ça rejoint peut-être un petit peu ce que disait l'or à l'instant. Il y a une sorte de yatus entre ce qu'il faut dire pour être élu et la réalité de terrain.
Ce qu'il faut dire pour être élu quand même cliver, accentuer vraiment le clivage, l'aspect punitif de l'écologie et la réalité de ce que les gens vivent au quotidien et de ce qu'ils veulent au quotidien. Quand vous dites cliver, c'est qui qui clive ? c'est c'est les politiquam les responsables politiques parce que c'est une façon de créer tout un nouveau ou en tout cas d'accélérer le disons que c'est une façon de créer de nouveaux électeurs que d'accentuer cette dimension d'écologie punitive.
On est rentré dans une dans une aire et dans un moment qui est extrêmement idéologique, très déconnecté de la réalité, de ce que vivent leur parlait par exemple de l'exemple d'Épinal. On parlait des platanes sur les Champs-Élysées, mais c'est pareil dans toutes les villes. Les Français je pense et c'est ce qui montre aussi dans certains des sondages que par il y a 68 % des Français qui disent qu'il serait extrêmement gêné de voter pour un candidat qui ne mettrait pas une priorité affichée sur l'écologie.
Et bien et à la fois on voit que aux dernières municipales, pardon, je vous coupe, mais les mairies, les grosses mairies tenues par les des Europe les verts n'ont pas forcément gagné. Elles ont même parfois perdu. Donc comment comment expliquer cette dicotomie ?
Effectivement, quand vous regardez là le résultat des élections municipales sur cette grande ville, c'està-dire plus de 100000 habitants qui étaient vertes euh écologistes, et bien aujourd'hui il y en a plus que quatre. Donc, on peut se dire mais c'est un recul de l'écologie. Je crois qu'il y a deux choses qui sont vraiment très différentes.
Il y a l'écologie politique et là j'y reviendrai. Et puis il y a la vie quotidienne des Français. Et je crois que les les moi je le je le vois, j'ai été élu dans le Voclus, j'y vais extrêmement souvent, même dans les mairies les plus à l'extrême droite, il y a encore des projets liés à l'écologie qui émerge.
Et je crois que ce que ça veut dire et c'est quand même une grande révolution, je pense, pour beaucoup d'entre nous qui sommes dans la salle, c'est qu'il faut qu'on arrête de parler d'écologie. Non pas parce qu'il faut qu'on arrête d'en faire, mais en fait parce que c'est devenu et ça doit être tellement important qu'on peut pas continuer à parler d'écologie comme on le faisait avant parce que sinon en fait on sert la soupe aux extrêmes qui du coup réutilise tout ce vocabulaire qui est emprégné qu'ils ont réussi à à dire et et accuser d'être sous la grande bannière qui c'est pas tellement ce que je veux qui savent même pas tellement ce que ça veut dire mais d'écologie punitive. Pour vous donner un exemple très concret, euh même le mot écologie ou les mots comme le développement durable ou euh tous ces mots-là vont être associés par des parties extrêmes tout de suite ramené à des sujets comme les taxes la taxe carbone par exemple et tous ces sujets-là vont être amalgamés et ça va servir aux parties d'extrême pour faire du judo et c'est-à-dire utiliser ces mots-là pour gagner les élections.
Mais alors comment il faut en parler de l'écologie si on peut plus parler de développement durable ? On peut peut lui dire je pense qu'il faut qu'on fasse un vrai travail pour revendre l'écologie et pardon mais j'utilise le mot à dessin en utilisant un vocabulaire beaucoup plus lié au quotidien des Français. C'est des efforts point d'effet mais je pense qu'il faut aller encore plus loin sur la santé par exemple sur soit la qualité des solds sur tous ces sujets-l qu'on réinvente la façon dont on parle l'écologie.
Vous vous trouvez aussi vous trois, je sais pas Jean-Marc, qu'est-ce que vous en pensez quand vous entendez ça ? Le côté baclash écologique, vous vous l'observez comme tout le monde. Il est surtout présent pour moi dans la sphère bruyante, le baclash écologique, donc la sphère médiatico-politique.
Euh et effectivement, il y a un besoin surtout à l'approche des élections de se différencier des différents candidats et donc ils font de la surenchère par rapport à ce que pensent leurs propres électeurs. souvent dans la population dans son ensemble, on concerne on constate pas de baclash mais par ailleurs la population dans son ensemble est historiquement schizophrène. C'est-à-dire que historiquement on dit on veut préserver.
Sauf que quand même quand on fait un choix opérationnel nous bah on va quand même prendre la bagnole, voir prendre l'avion, voir acheter un truc qui a pas été cultivé de manière terrible mais quand même c'est moins cher et cetera. Donc mais de ce point de vue, moi enfin dans la population dans son ensemble, je constate pas de changement. Je pense pas qu'il y a de enfin quand tous les t tous les études d'opinion et cetera montrent qu'il y a pas un changement majeur et il continue à y avoir des tas de trucs qui avancent euh de fait.
Mais est-ce qu'il faut du coup changer notre manière de parler d'écologie ? Est-ce que c'est le fait d'en parler qui est ça dépend qui est on ? Si vous me posez la question comme journaliste, je vous répondrai peut-être. [rires] Euh [raclement de gorge] ce qui est sûr, c'est que euh je ne crois pas que les gens euh soient prêts facilement à se sacrifier au profit de au profit d'un d'un bénéfice collectif non incarné.
Ça, je crois que c'est compliqué. Donc, ça veut dire que si on veut vendre quelque chose qui est bénéfique pour la collectivité, il faut que pour nombre d'entre nous, pas pas tout le monde tout le monde mais bon nombre d'entre nous, il y ait aussi un bénéfice individuel qui soit associé. Si je reprends l'exemple du bio, il y a un argument environnemental mais il y aussi un argument sanitaire.
Positiez la question tout à l'heure, est-ce que c'est bien qu'il y ait des gens qui cultivent bio ? Bah si vous habitez à côté d'un champ, c'est mieux. Oui, pour votre propre santé, hein.
Donc le le il y a un certain nombre d'éléments sur lequel pareil en ce qui concerne la baisse de la mobilité motorisée, partout où il y a des alternatives, bah ça fait un environnement plus tranquille. Je sais pas si vous vous rappelez un des trucs qui était extraordinaires au moment du Covid, c'était le calme. H c'était juste extraordinaire.
On entendit les oiseaux chanter. Enfin, je veux dire, on cétait au début c'était un choc puis après c il y a eu une espèce de cet aspect là en particulier a été assez extraordinaire. Moi je trouve sur cet aspect là encore une fois pas surtout mais sur cet aspect là ça été assez et on avait dit à l'époque que tout changerait après.
On pourit plus recommencer comme avant et en fait on a recommencé tout comme alors on a recommencé l'essentiel. Oui. Pas pas tout mais l'essentiel.
Euh donc je crois pas queil y ait une une baisse d'envie et puis en ce moment, il y a un mot qui est en train de faire son apparition qui remplace un peu écologie dans le domaine qui est le mien, c'est-à-dire le sujet énergétique. Ça va être souveraineté. C'est-à-dire qu'on s'est rendu compte que dans les zones qui étaient très fortement importatrices d'hydrocarbur, ce qui est alors je rappelle que la France importe 99 % de son pétrole et 100 % de son gaz et que si je me mets au niveau de l'Union européenne, c'est respectivement 97 % du pétrole et 90 % du gaz.
D'accord ? Donc en gros, on est à poil et on s'est rendu compte que de décarboner parce qu'il fallait préserver le climat ou de décarboner parce qu'il y a plus, en fait, c'est les mêmes actions. Et on le voit bien là à la suite du conflit au Moyen-Orient, le gouvernement s'apprête à annoncer une accélération de l'électrification.
Donc, il va pas le faire au nom de l'environnement, il va le faire au nom de la souveraineté. En pratique, c'est la même chose. Euh si on dit à quelqu'un euh il faut que tu passes à la voiture électrique au nom de l'environnement, il va éventuellement dire "Ah tout ça c'est un truc de bobo machin et cetera." Si on lui dit il faut que tu passes à la voiture électrique parce qu'il va plus y avoir de pétrole et que c'est comme ça qu'on préserve ta mobilité, il va peut-être voir les choses de façon différente à condition que la voiture électrique soit accessible aujourd'hui.
Une voiture électrique elle sera ni plus ni moins accessible que les voitures thermiques d'aujourd'hui qui sont pas accessibles neuves à tout le monde. Je veux dire c'est pareil un peu plus cher le l'électrique quand même. Non, il y a des voitures neuves électriques aujourd'hui à moins de 20000 € et il y a tas de gens qui achètent des voitures thermiques SUVUV à beaucoup plus de 40000.
Donc non, cet argument du prix quand on raisonne en coup complet en plus il cesse d'être vrai. Enfin je non c'est pas vrai ça. Par contre il y a la force de l'habitude, ça c'est très clair.
Donc il y a un il y a il y a une une un processus de vente à faire et un processus de pédagogie à faire. Alors là où je vais reboucler avec la discussion précédente, c'est que la pédagogie et la politique particulièrement par les temps qui courent, c'est compliqué de leur faire bon ménage.
Brune Poirson