Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 8 avril 2025 43 min

Santé mentale : la fin d'un tabou ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

C'est l'heure du second débat de ce sens public volontairement décalé de l'actualité du jour. Je vous propose de revenir sur ce geste fort. Cétait il y a de semaines.

Une parole qui compte. Oui, je suis malade mental. C'est cru, c'est violent à dire, peut-être à entendre aussi, mais je ne veux plus le cacher et je ne veux plus me cacher comme des centaines de milliers de Français.

Je suis bipolaire. Si je me suis tue si longtemps, c'est parce que la maladie mentale fait peur, parce que la maladie mentale reste une maladie honteuse et que oui, j'avais honte. La maladie est pour moi un état depuis très longtemps, mais j'ai décidé maintenant d'en faire un combat, un combat pour tous ceux, des milliers, des centaines de milliers, des millions peut-être qui souffrent en silence alors qu'il est possible de vivre et de travailler avec une maladie mentale.

Ce jour-là, Nicolas de Moran révèle sa bipolarité. Il ouvre, il rouvre le débat sur les maladies mentales en France. Plusieurs questions, comment sont-elles prises en charge ?

Comment lever les tabous avant d'en débattre ? Je vous propose un un témoignage. Il est édifiant Michel Worms.

Il est à la fois chercheur et malade. Il parle de son errance médicale avec Cécile Sou. Cela ne se voit pas mais à 35 ans, Michel vit avec une maladie psychiatrique.

Les premiers signes, il les a ressenti très jeune. Anxieux, très agité dès sa plus tendre enfance, il consulte à 7 ans son médecin sur les conseils d'un enseignant inquiet. On a demandé à ce moment-là bah notre médecin généraliste, en tout cas le mien qui était un un pédiatre qui nous a dit "Bon, écoutez, tout va bien.

Euh il a 7 8 ans, c'est normal, c'est le stress de l'école, puis voilà, c'est des enfants, ils ont tous des soucis, voilà, des trucs un peu basiques, ça va passer, ça va passer. Puis euh bah finalement c'est pas passé du tout. En grandissant son état s'agrave, il commence à avoir une multitude de troubles du comportement comme l'obsession de la symétrie, d'éthique ou encore de l'anorexie.

Mais malgré les signes, personne ne prend au sérieux sa souffrance jusqu'à l'adolescence où il explose et tombe en dépression. J'ai commencé vraiment à m'en rendre compte quand bah quand j'avais 15 ans, voilà, quand il y a eu toute l'amplification des symptômes et c'était bah paire de motivation, j'avais plus envie de rien faire, retrait social, perte d'appétit, troupe du sommeil, euh tristesse, enfin on peut tous les symptômes qui étaient quand même relativement sévères mais aussi sans sans prise en charge particulière. C'est lui qui a 18 ans se prend en main et se présente à l'hôpital de la Salle Pétrière.

Il est très vite diagnostiqué Gill de la Tourette mais là commence une nouvelle errance médicale, celle de la recherche de traitement. Au bout de plus de 10 ans, il trouve des médicaments et début une thérapie qui lui permettent enfin de se stabiliser. On peut vivre tout à fait normalement avec une maladie psychiatrique et c'est j'aime bien justement comparer aux autres maladies chroniques, hein.

C'est quand on a un diabète parfait, on peut très bien vivre avec. On a son traitement qui marche, on fait ses adaptations de mode de vie, on a une vie qui est tout à fait normale. C'est exactement la même chose pour les troubles psychiques quand on a accès à une prise en charge qui fonctionne.

Pour aider les personnes dans son cas, il y a 4 ans, il a créé un podcast, les mots bleus. Aujourd'hui, nous abordons un sujet qui touche de plus en plus de personnes, le burnout. Il s'agit d'un épuisement professionnel et émotionnel qui peut avoir des conséquences dévastatrices sur notre santé mentale et physique.

À travers des témoignages, il veut aider ceux qui vivent avec des troubles psychiatriques. Il y a quelque chose qui se développe pas mal en psychiatrie. C'est ce qu'on appelle la péré et donc c'est des personnes qui souffrent du même trouble que vous. en tout cas qui vivent avec le même trouble que vous, qui sont euh rétablis et qui vont vous apporter des éléments de quotidien, voilà, que les médecins ne vous peuvent pas vous apporter parce qu'ils sont bah ils sont pas là forcément pour ça.

Ils ont pas forcément cette connaissance du trouble, voilà, de l'intérieur et cette ça sert aussi à déculpabiliser la personne de se dire "Bah en fait les problèmes ils sont systémiques en fait, c'est pas parce que moi je veux pas que j'arrive pas à guérir ou en tout cas à me rétablir, c'est qu'en fait les problèmes ils sont là, ils sont tous enfin ils sont là pour tout le monde." Son objectif c'est aussi de désstigmatiser la folie, casser l'image négative qui colle à la santé mentale. Est-ce la fin du tabou des tabous sur la santé mentale ?

On est en débat avec Jean-Massier. Bonsoir, bienvenue. Vous êtes vulgarisateur, politique, chroniqueur, présentateur de l'émission Backseit et sur Twitch.

Lord Arcos, bonsoir. Sénatrice les indépendants de lesson. Lisa Bouansour, bonsoir.

Bienvenue à vous aussi. Vous êtes journaliste santé à 20 minutes et créatrice de la série vidéo Ma tête et moi qui s'adresse essentiellement aux jeunes enfin ce qui porte sur la santé mentale des jeunes. Sophie Dravinel, éditoriste politique est évidemment resté à à mes côtés.

Jean-Massier, vous aviez également témoigné il y a il y a 18 mois. Pourquoi avez-vous choisi de de rendre publique votre bipolarité ? parce que je pense que ça fait partie des de la responsabilité des personnes comme moi qui ont la chance d'avoir de l'audience, de se saisir d'un d'un sujet particulier autour de la maladie mentale qui est celui de sa perception et des tabous qui demeurent autour et que si des gens comme moi peuvent participer à abattre ces tabous en en disant face caméra je suis atteinte de cette maladie alors je pense que c'est utile de le faire que ça peut être utile à d'autres et j'ai au début d'ailleurs, j'ai pas fait exprès de le faire.

Je voulais pas parler au monde entier, je voulais parler à mon public, mais ça a dépassé ces canaux-là et j'ai été invité sur d'autres plateaux pour en parler. Et j'ai reçu un un flow de messages d'anonymes de personnes qui m'ont dit que ça leur avait fait du bien et je sous-estimais l'impact de ma propre prise de parole avant de le faire. Je me rendais pas compte à quel point ça concernait un nombre incalculable de personnes et surtout des personnes qui avaient besoin d'entendre des personnes qui devant une caméra disent "Je suis bipolaire et je me soigne." Et ça bah je me rends compte qu'on en a besoin et ce qu'a fait Nicolas de Moran est tout à fait dans cette dans cette ligne là.

Il faut continuer à prendre la parole sur la santé mentale pour les pour les personnes concernées, pour les pères et aidé dents, pour les personnes soignantes aussi. Toutes ces personnes-là doivent s'exprimer pour expliquer ce que c'est parce que c'est un des rares domaines de la santé sur lequel il y a cette chape de plomb un peu bizarre où les gens qui sont atteints n'ose pas en parler, culpabilisent et cetera. Les gens qui euh accompagnent des personnes de qui ont concerné par la santé mentale n'osent pas non plus en parler.

C'est un peu c'est un peu c'est un peu sale. Il faut faut pas trop le dire. Avoir des problèmes de cœur, il y a pas de problème.

Alors du diabète, ça arrive. Alors de la santé mentale, on on n'ose pas, on aime pas en parler. Ça, il faut que ça tombe ce tableau et on espère que ce que vous avez fait, ce que Nicolas de Morand a a fait, d'autres aussi hein, on a entendu le témoignage euh de ce chercheur dans notre sujet d'ouverture, Nicolas de Moran qui a donc sorti un livre, qui en a parlé dans sa propre matinale sur Inter, qui a euh témoigné euh chez chez nos confrères du magazine Le Point avec toujours cette phrase qui qui frappe "Je suis un malade mental".

Lord Darkous, ça change quoi pour vous la prise de parole de personnalité publique Bah d'abord ça m'émeut à chaque fois. Je veux dire que j'ai pas lu le livre de Nicolas Demorant mais j'ai bien sûr lu l'article dans le point. Je connais un peu gens pour avoir été interviewé par lui et du coup ça m'aimeux.

Donc je trouve que c'est un courage énorme. Mais Jean a raison. Je pense que c'est une responsabilité aussi phénoménale de d'avoir de pouvoir dire aux gens bah n'ayez pas peur de le dire et de vous faire soigner.

Mais je voulais vous demander d'ailleurs, est-ce que vous pourriez apparenter ça à un handicap invisible ? Je dis ça parce que au fond euh ça peut handicaper sa vie professionnelle, sa vie familiale, sa vie personnelle. Et euh bon, je je reviens d'un CFA la semaine dernière où où il y avait beaucoup de handicaps invisibles et ces jeunes disaient c'est encore plus dur parce que on est encore moins compris que ceux qui sont poli handicapés ou euh ou euh ou trisomique parce qu'en fait ça ça se voit euh c'est horrible à dire mais ça peut se voir et nous en fait les gens ne comprennent pas et ne comprennent pas en fait et ce que l'on vit comme handicap mais aussi ce que voilà ce ce qui peut nous faire subir un un chemin de vie un peu chaotique avec peut-être la tentation si ce handicap est invisible de continuer de le cacher.

Voyez ce que je veux dire ? Oui, c'est tout le paradoxe. C'est qu'effectivement tout le monde peut comprendre qu'une personne à qui il manque un bras va avoir plus de mal à travailler et handicapé dans son travail.

Tout le monde peut le comprendre. C'est évident. Quelqu'un qui est en train de faire une dépression, il est profondément handicapé dans sa vie professionnelle.

Il est il est il est cloué, je sais ce que c'est. Il est cloué au lit. Il ne peut pas en sortir.

C'est c'est c'est impossible de travailler, de faire face au flot de au flot de la vie. Donc c'est c'est effectivement quelque chose d'handicapant et il y a il y a une réflexion à avoir effectivement sur cette reconnaissance du handicap, sur cette reconnaissance de ce handicap qui est tout à fait invisible et qui doit être visibilisé mais aussi de la bonne manière. Je veux pas non plus qu'on jette l'eau probre sur les sur les malades mentaux qu'on qu'on leur dise que c'est qu'ils doivent sortir du bois et le dire à tout le monde.

Bien sûr, je pense que chacun fait ce qu'il veut ou ce qu'il peut quoi. Ça peut être la tentation parfois voilà de de gens disent il faut que toutes les tous les malades en parlent chacun dans sa vie d'injonction de transparence. Ouais faut y aller molo.

C'est ça reste quelque chose de très intime personnel. C'est ma santé. J'ai moi choisi de le dire et je respecte les personnes qui choisissent de le garder pour eux et qui se soignent à leur manière.

Oui et et puis je vous donne la parole tout de suite Sophie mais je voudrais entendre une première fois Lisa Boumansour pour dans dans ce débat parce que là on parle à c'est votre cas, c'est le cas de Nicolas de Morand bipolarité, il y a évidemment beaucoup d'autres maladies mentales avec peut-être on va pas être trop euh optimiste ou angélique des tabous qui restent quoi pour certaines maladies complètement. Moi je trouve çautère ces prises de parole publiqu notamment de personnes qui sont aussi influentes enfin de montrer qu'on peut être à la tête de la plus grande matin à la radio de France et de souffrir d'une pathologie qui est aussi handicapante au quotidien. Il cache vraiment pas à quel point c'est difficile dans son livre.

Je trouve que ça donne beaucoup d'espoir. Mais effectivement moi quand j'interroge des gens, j'ai j'ai fait plusieurs sujets à la suite de cette révélation. Des personnes qui souffrent de troupes bipolaires, qui souffrent d'autres troupes psychiques comme de la schizophrénie par exemple et qui disent "Bah ouais mais au quotidien c'est pas si facile en fait.

Moi j'y arrive pas, j'arrive pas à en parler. Euh il y en a un qui me disait qu'il avait mis 13 ans avant d'en parler à ses amis ses amis. Euh il y en a parce que le le mot schizophrénie alors il y a peut-être d'ailleurs une responsabilité médiatique des termes qu'on emploie du ou même de de je sais pas de la fiction du cinéma des séries.

Mais euh c'est c'est pas la même chose de dire je suis bipolaire ou je suis schizophrénique. Je tout à fait. Et je pense qu'il y a aussi une parole une prise de parole.

Je vois notamment dans le milieu de la culture dans le milieu du sport il y a beaucoup de prise de parole sur le trouble dépressif enfin sur la dépression sur le trouble anxieux et cetera. J'ai je fais pas de classement évidemment dans les troupes psychiques, mais il y en a qui sont encore plus marqués, j'ai l'impression que d'autres. Euh et c'est il y a aussi des milieux dans lesquels on en parle très peu.

Euh on parle beaucoup là de bah par exemple du milieu médiatique, du milieu culturel et cetera. Euh par exemple le milieu politique. Mais ça j'ai prévu j'ai prévu un chapitre sur le milieu politique.

Donc vous inquiétez pas, ça m'intéresse beaucoup parce que effectivement révéler qu' qu'on souffre d'une maladie mentale, c'est exposer une faiblesse et je pense que dans certains milieux, c'est beaucoup plus compliqué. Et bien justement, vous me coupez la parole mais on y reviendra peut-être tout à l'heure deque alors non de performance parce que pour moi effectivement tout cela et cette difficulté ou cette timidité aussi à en parler, elle a beaucoup à voir selon moi au regard que l'on porte sur les malades sur les malades mentaux pas seulement sur la défiscience mais sur les exigences de performance en matière de beauté et performance en matière intellectuelle avec toujours cette question de savoir est-ce que on est assez performant dans notre société et ce regard terrible qui est celui d'une exigence de performance. Bon, on va parler de politique mais sur sur le côté des l'aspect des décisions qui sont prises ou pas pris parce que l'ord la santé mentale est censée être une grande cause nationale cette année.

On est au mois d'avril. Que s'est-il passé en 3 mois ? Alors, pas grand-chose et sur sûrement pas sur le plan budgétaire.

Ouais. Moi, si je prends juste mon département, l'Agence régionale de santé et le département de Sonition de faire un vrai contrat territorial pour la santé mentale et y mettre les moyens. Bon, c'est va lieu commun de dire que les collectivités sur tous les départements sont à l'os.

On n rien vu venir en fait et on fait avec les moyens du bord pour essayer de de mettre des urgences psychiatrique plus sensibilisé, commencer à voir si les infirmières pourraient pas aussi jouer un rôle et cetera. Mais tout ça à moyen constant. Et donc en effet euh bon j'étais de celle qui avait en effet appelé de ses vœux cette grand cause nationale.

C'est ce que Michel Dar avait fait également pendant pas du tout les moyens. Ça donne pas du tout les moyens. Il y a un problème de médecin c'est évident.

Enfin, moi je le vois euh euh mes hôpitaux n'ont n'ont plus de services dédiés. Euh euh j'ai un grand centre psychiatrique Barténie Duran. Euh régulièrement euh voilà, ils sont en surcharge et et euh et du coup les médecins, les les malades pardon, ne sont pas pris en charge comme il le faudrait.

Mais euh mais voilà, on va dire que c'est toujours un peu on vient toujours au moyen financier, mais euh quand on on n' pas le moyen humain, euh il faut bien essayer aussi de pouvoir euh essayer de de de mieux payer ces ces euh ces médecins et pour qu'on ait plus de de gens qui aillent vers cette cette spécialité et ça va en manquer pendant un bon moment. Ouais, pendant un bon moment. On va faire avec vous dans dans 2 minutes le le bilan un peu de l'action d'Emmanuel Macron, mais je je voudrais qu'on ess Lisa Bouton, est-ce que on peut dire que tant de millions de Français souffrent de maladie mentale ou est-ce que c'est tellement tabou que c'est impossible de répondre à cette question ?

En fait, tout dépend ce qu'on met aussi derrière le terme de de maladie mentale. Il y a plein de troubles qui existent. Les troubles anxieux, les troubles du comportement alimentaire, les addictions.

Quand on additionne tout ça, on se rend compte que je crois qu'il y avait quasiment c'était une personne sur deux au cours de sa vie qui qui qui sera sujet à un trouble de santé mentale et si c'est pas nous-même, ça sera nos proches. Je pense que tout le monde est concerné par cette question. C'est vraiment c'est vraiment global.

Oui, on a on a trouvé cette cette étude, ce sondage ipsos qui a été publié en octobre 2024 sur la dépression. La question posée c'était au cours de l'année écoulée avez-vous souffert de dépression pendant quelques semaines ou plus ? Oui, plusieurs fois 22 %.

Oui, une fois 25 %. Ça veut dire que un français sur deux seulement dit ne pas moi ça m'a frappé hein, ne pas avoir s'ouvert d'une dépression dans l'année vac. Ça veut dire quoi ?

Que la France est massivement dépressive. Voilà. Je je pense que c'est parce que les gens mettent des des mots passent sur les mêmes mots muux, c'est-à-dire qu'ils n'ont peut-être pas forcément fait une dépression mais il ils mettent ce mot-l dessus.

Clair. [Musique] Etth frappant et je parle pas du tout du coup des maladies comme celle de euh de de gens, c'est je dis toujours que avec le Covid les gens qui allaient bien vont mal et ceux qui allaient mal vont très mal. Et en fait, je pense que ça a accentué euh véritablement en fait ce ce problème.

Je sais qu'on fera après un focus sur les jeunes, mais je pense que ça a été vraiment un salut public là-dessus de d'avoir pu réouvrir les écoles très vite parce que je pense que sinon on aurait eu des jeunes encore plus en en souffrance. Mais sur les sur les adultes euh je pense qu'en fait il y a peut-être alors après on va peut-être en parler mais l'addiction au psychotrope euh il a aussi euh se de se rassurer en prenant de temps en temps euh euh quelques psychotropes mais euh en en pensant du coup avoir été dépressif alors que finalement je pense pas que on soit capable de mettre un nom véritablement sur un vrai une vraie maladie ou euh ou un vrai mot. Euh, il y a aussi une banalisation du terme burnout et de tous ces sujets-là qui font qu'aujourd'hui, je suis pas sûr que les gens sachent exactement ce qu'ils ont.

Jean-Masser, c'est peut-être on parlait de vous parlez de la performance, c'est peut-être d'autant plus difficile qu'il y a quand même une injonction notamment sur les réseaux sociaux à afficher une vie superbe. Vous voyez ce que je veux dire ? Mais vous avez parfaitement raison.

C'est l'un des travers de de la culture web que que j'aime par-dessous tout par ailleurs, c'est qu'effectivement on y trouve un certain discours, une certaine posture qui consiste à être heureux matin, midi et soir, à manger sain, à être et on sait que c'est faux. On sait que c'est faux. Même les créateurs de contenu les plus heureux se réveillent mal le matin parce que c'est le matin et qu'on est tous on est tous mal le matin.

C'est c'est c'est c'est c'est rigolo de le dire comme ça, mais le problème c'est qu'en fait c'est une vraie culture qui va s'adresser notamment à des jeunes qui vont considérer qu'il faut être absolument musclé. à la salle deux fois par semaine minimum euh pour entretenir le corps le plus parfait avec l'esprit le plus sain, avec la réussite professionnelle la plus formidable. On parle de performance, la performance professionnelle, parlons-en aussi, cette espèce de de de de délire de mon métier, ma vie doit être une ligne droite vers le succès absol d'une d'une maladie mentale, mais certainement pas.

Je ne vais pas me reconnaître à moi-même. Je vais me cacher à moi-même les symptômes et je vais je vais je vais je vais faire quoi ? Je vais tomber dans les trucs les pires.

Je vais prendre de la drogue. Je vais prendre je je je vais chercher de l'aide auprès des gens qui ne savent pas m'aider. Il y a des charlatans partout sur le territoire qui proposent n'importe quoi.

Et donc on passe à côté on passe à côté d'une aide médicale. Pardon de vous poser une question qui est quand même assez personnel mais est-ce que vous vous sentez plus fort depuis que vous en avez parlé de votre bipolarité ? Pas particulièrement parce que il se trouve que moi dans mon travail depuis 10 ans sur internet, j'ai un discours assez contreculturel vis-à-vis de cette ce culte de la performance.

Moi, je ris avec ma communauté euh de de mes galères, de mes difficultés, de voilà, je suis un antierhéros absolu sur internet, ça fait marrer mes fans, donc tout va bien, je continuerai. Euh donc non non non, il y a il y a pas vraiment de il y a pas vraiment de changement vis-à-vis de moi. Par contre, encore une fois, j'ai senti que ça avait aidé des gens et ça c'est très important et c'est pour moi c'est le plus important les réseaux sociau juste excusez-moi mais on parle des jeunes hein.

Alors c'est pareil pour les influenceuses et cetera. J'ai vu un reportage l'autre jour d'une maman qui voyait tellement en fait sur les réseaux de clichés des mamans parfaites avec les enfants qui vont très bien et cetera, qu'elle était tellement dans ce cercle vicieux qu'elle est tombée complètement en burnout parce que elle elle n'était plus aussi parfaite dans sa vie quotidienne et ça a été un drame pour l'ensemble de la famille pendant les les réseaux sociaux quand même essayons d'être un peu équilibré Lisa Boumour c'est aussi un espace où on peut se confier bien sûr tout à fait quand quand on souvenu de maladie mental donc ça c'est pas neutre quoi complètement et alors Il faut pas non plus virer à l'aiagnostique en se disant moi je trouve je trouve de tels troubles. Mais en tout cas, moi ce que je vois enfin par exemple dans la série que j'ai faite où je donnais la parole à des jeunes qui souffraient de trou psychiques, très souvent les discours qui revenaient, enfin il y avait à la fois pour les personnes qui témoigaient, c'était le fait un peu de comme si elles arrivaient à clore un chapitre de leur vie en se disant voilà je je je raconte ce qui m'arrive.

Et puis pour les personnes qui voyaient ce témoignage, il y avait aussi quelque chose de l'ordre de "Ah mais ça ressemble un peu à ce que je vis ou alors qu' peuvent mettre les doigts là." Il en parle bien par exemple Nicolas de Moran dans son livre du fait qu'il a souffert d'un trouble enfin qu'il a souffert de dépression pendant des années qu'il a mis 10 ans avant de diagnostiquer. Là c'est le trouble bipolaire mais ça peut être le cas de plein de troubles.

C'était notre reportage d'ouverture c'est ce récit d'une errance médicale. Et moi j'avais le cas par exemple dans trouble des conduites alimentaires qui est pas connu qui est pourtant le plus commun qui s'appelle l'hyperphagie boulimique et personne ne connaît ce trouble alors qu'il est reconnu par le DSM qui est le manuel des des maladies mentales. Et dans le témoignage de la jeune fille qui témoignait, il y a plein de gens en commentaire qui disaient "Mais c'est fou, je n'avais jamais entendu parler de ça.

C'est exactement mes symptômes." Et c'est quoi ce qui pard et c'est quoi comme maladie ? C'est en fait c'est le fait de prendre des quantités extrêmement importantes de nourriture en très peu de temps sans avoir ce qu'on appelle de comportement compensatoire comme la boulimie, donc sans se faire vomir et cetera.

C'est des personnes qui vont prendre du poids, on va souvent dire bah en fait c'est un manque de volonté et en fait ça n'a pas de rapport. Enfin c'est vraiment une maladie mentale. C'est c'est autre chose.

On touche à la culpabilisation. Exactement. Exactement. et on arrive dans un endroit qui est très difficile où là encore comme on nous rend responsable de tout ce qui nous arrive en bien comme en mal, on a l'impression d'être responsable quelque part un peu de sa maladie.

Fin par y croire quoi et on finit par se dire qu'effectivement moi si je prends mon cas personnel, je fais pas de sport, je joue énormément aux jeux vidéos et je mange trop gras, trop sacré, trop sué. Voilà, ça va pas. Bon, une fois que j'ai dit ça, non mais voilà, une fois que j'ai dit ça, la première dépression que j'ai fait dans ma vie, je me suis posé la question : "Est-ce que c'est pas un peu de ma faute ?" Moi quand je vois sur les réseaux sociaux les sportifs et cetera, "Il's ont l'air d'avoir une vie formidable.

Est-ce que je suis pas un peu coresponsable de ma maladie ?" Et la réponse est non. Il est juste en train de m'arriver un truc, un pépin de santé.

C'est des choses qui arrivent, on peut attraper un rhume. C'est des choses qui arrivent ça. Ça se guérit, ça se soigne, on peut on peut on peut on peut passer outre.

Et ben, c'est exactement pareil pour la santé mentale. On est là aussi les tabous ne nous aident pas parce qu'on en vient à culpabiliser et à penser qu'on est à la base de notre maladie. Encore un mot et ensuite le bilan d'Emmanuel Macron.

On y va. Ce que je trouve intéressant, c'est justement moi je toutes les prises de parole de grands sportifs. Je pense à Michael Phelbs en premier, je pense à Simon Bales.

Enfin, en fait, on se rend compte que même des champions olympiques, même des champions du monde peuvent souffrir de de dépression, de troubles anxieux. Et par exemple, elle qui a décidé pendant les Jos de Tokyo de dire "Moi, je fais une pause en fait interromp parce qu'on l'a le sang de son, je vais pas réussir à reprendre le film mais c'est pas grave, il y a aucun problème. Je vous suis, je suis là pour suivre mes invités." Simon en régie, je suis sûr que vous me suivez aussi puisque effidement c'est une icône de la gymnastique qui a été multiédaillé médaillé d'or olympique et puis après les jeux de Tokyo ben elle s'arrête complètement.

Écoutonsla. Je pense qu'il faut faire une pause mentale quand ça ne va plus sinon votre corps décidera pour vous. Et c'est ce que j'ai fait à Tokyo.

C'était le pire moment pour moi, mais je suis très heureuse de l'avoir fait. Ce qui s'est passé, c'est que j'ai pu me concentrer sur moi-même et je continue à travailler sur moi-même, à suivre une thérapie et à m'assurer que tout est en ordre. Et c'est grâce à ça qu'à la salle de sport, on peut se concentrer sur le sport.

Pourquoi c'est important que des sportifs prennent la parole ? Ça ça rejoint ce qu'on disait sur le culte de la performance et cetera et cetera. C'est le lieu extrême de la performance. pas montrer ses faiblesses, on doit pas montrer ses failles, qu'elle soit physique, qu'elle soit psychique et et que du coup des personnes comme ça qui arrivent à être parce qu'elle arrive à être aussi performante après elle est revenue enfin elle a fait des goos à Paris qui étaient blou c'est ça en fait et c'est montré que tout le monde a des failles et même des personnes qui sont qui sont des icônes pareilles au niveau du sport mais même dans d'autres niveaux enfin on parlait de Nicolas Demoran pareil qui présente une matinale. montre qu'en fait c'est pas une question de faiblesse, c'est pas une question de personnalité, c'est pas une question ce que vous disiez tout à l'heure de qu'est-ce que je fais dans ma vie, je fais pas de sport, elle fait beaucoup de pas je pense que Oui, voilà.

Donc voilà, c'est pas une question de ça et donc je pense ça aide des personnes à déculpabiliser aussi énormément, à avoir moins honte et puis avoir un peu d'espoir aussi parce que ces sujets-l sujets lourds et franchement quand on regarde les chiffres de trou bipolaire schizophréniste, ça peut faire un peu peur de voir que des personnes peuvent revenir à un niveau pareil, peuvent présenter une matinale. Ça donne de l'espoir aussi à des à des personnes qui vivent avec des maladies mentales. Et si c'était l'heure de tenir ma promesse, le bilan d'Emmanuel Macron, c'est grâce à vous Sophie de Ravinel puisque il y a eu beaucoup de choses qui ont été dites en matière de santé mentale ces dernières années.

Absolument Thomas, c'était une urgence républicaine. Peut-être certains s'en souviennent, c'était en 2018 et puis bien avant évidemment c'était donc bien avant la crise sanitaire du Covid qui a fait exploser ce dossier aux yeux des Français pendant la crise et après cette crise en septembre 2021. Donc Emmanuel Macron présente 30 mesures pour répondre aux urgences en psychiatrie en conclusion des assises qui étaient consacrées à ce sujet.

Elles avaient été posées sur la table, au moins en intention avait été posé sur la table. près de 2 milliards d'euros sur 5 ans. Sans doute pour relancer la machine, la dynamique publique, le gouvernement s'est encore adressé aux Français sur ce dossier, c'était il y a quelques mois, en octobre 2024 avec et Michel Barnier et avec quatre objectifs prioritaires pour promouvoir la santé mentale érigée en cause nationale. pour 2025.

Elle touche presque un français sur 5 et sans doute beaucoup plus avait souligné le premier ministre d'alors Michel Barnier. Les quatre points évoqués comme une priorité du moment sont en réalité permanents depuis toutes ces années. Alors cite ces quatre points.

Il y avait la digmatisation, le développement de la prévention et du repérage précoce, l'amélioration de l'accès aux soins partout sur le territoire, l'accompagnement des personnes dans tous les aspects de leur vie. Et toujours et même aujourd'hui, Emmanuel Macron présente ce sujet comme une priorité. Sinon, sa priorité, il l'a réplété encore la semaine dernière auprès d'une jeune influenceuse Miel à Beitball.

On l'écoute. Face à ça, on a on est en train et on continue et on narrête pas d'essayer d'apporter des réponses avec tous nos soignants pour donner plus de moyens. On l'a fait dès avant la crise Covid puis pendant et après avec les fameux Séures et on va continuer.

On lâchera pas cela. Bon, ce que vous nous décrivez ce sont des années de priorité avec quel bilan ? Et bien, comme souvent, c'est nuancé entre gris clair et gris foncé.

Euh pour le professeur euh Pierre-Michel Yorka, responsable du service de psychiatrie au CHU2, Clermontferrand est directeur des soins de la fondation fondamentale. Euh ce serait mentir que de dire qu'il ne se passe rien. Les initiatives ont été soutenues, dit-il, de l'argent a été injecté, mais les politiques ont de grandes difficultés à quoi à tracer un chemin, surtout dans un secteur qui connaît les mêmes difficultés que n'importe quel autre secteur de la santé aggravé par le fait qu'il s'agit de la psychiatrie.

L'affaire à entendre le professeur Yorka se résume en quelques mots. Il y a eu une prise en compte mais pas vraiment de prise en main. Merci Sophie Lord.

Est-ce qu'on peut dire que la psychiatrie c'est le parent pauvre d'un hôpital qui lui-même est très pauvre ? Oui, tout à fait, tout à fait. et euh euh je enfin on pe nos mots.

Enfin, c'est pour ça que déjà essayer d'instituer des des urgences psychiatrique particulière avec une meilleure formation en fait he même du SAMU à à ces à ces malades et une prise en charge. Je vous donne un exemple. Moi chez donc chez moi toujours hein dans les sonnes euh des jeunes ayant ét obligé d'être allité dans un un service pédiatrique de bébé et donc prenant en fait les médoc les médicaments dans la l'armoire pharmacie des bébés.

Donc prenant l'ensemble de du tube puisque c'est bien sûr c'est des des doses de bébés euh et et personne pour les gérer pour essayer de les mettre ailleurs. Enfin bon donc oui bien sûr bien sûr. Et et comme le dit madame Ravinel plus on s'éloigne des métropoles, plus en effet on se retrouve puissance 1000 avec ce désert médical en fait qui touche tous les secteurs de la santé mais qui touche particulièrement ce secteurl.

Oui. Euh Jean-Massier, effectivement le le les Français ne sont pas égaux. Alors, on peut le dire devant la santé pour tous les hôpitaux, mais particulièrement en matière de santé psychiatrique.

Oui, particulièrement en matière de santé psychiatrique, il existe des déserts médicaux, il existe des coins en France où c'est euh très difficile d'avoir rendez-vous avec un avec un médecin psychiatre. Par ailleurs, il y a aussi un un enjeu important en matière de santé mentale sont les urgences. Pour être moi-même passé aux urgences psychiatriques, je je vois bien l'importance que ça peut avoir notamment dans la prévention du suicide.

Ne pas avoir de service d'urgence à disposition près de chez soi, c'est un risque de passage à l'acte malheureusement. Et pour revenir sur les sur les sur les sur les consultations en médecine psychiatrique, on se rend compte que quand on met 8 mois à avoir un un rendez-vous avec un psychiatre, déjà ça aide pas du tout à soigner le trouble au moment où on le ressent. Par ailleurs, on tombe très rapidement dans des médecines alternatives sur internet.

On va trouver tout un tas de charlatans, de psychopraticiens de je sais pas quoi qui vont faire des séances pour 80 € d'apposition des mains et de médium qui se sont développés si je peux pendant la crise du Covid. Mais bien sûr et les gens se tournent vers eux parfois faute de mieux et puis parce que aussi beaucoup de gens peut-être ne savent pas très bien comment ça marche et ils voient psycho, ils se disent ça doit être un psychiatre. Ça ça arrive aussi.

Donc, faisons attention à lutter contre le charlatanisme et faisons aussi attention à apporter une aide au moment où elle est nécessaire à des personnes qui en ont besoin. Heureusement, il y a la péré etence, il y a des associations partout dans les territoires qui accompagnent les gens qui sont soutenus par les élus locaux et il y a des associations comme par exemple l'association Nightline créée par des étudiants qui ont créé une ligne d'écoute pour les étudiants la nuit, ce qui est une super bonne idée. C'est exactement ce dont on besoin les avent reçu et formidable beaucoup mieux que le le l'application en fait pareil gouvernementale de d'offrir un psi à à des jeunes étudiants qui étaient soi-disant isolés et et très et très mal au moment du Covid.

Nightlight est en effet une très belle très belle illustration. Allez-y parler des jeunes un peu plus en ça renforce aussi une inégalité enfin purement économique aussi. Enfin, par exemple, le fait en fait que les hôpitaux soient remplis euh enfin que les les urgences enfin qu'il y ait plus de place pour hospitaliser des gens, ça pousse des personnes à du coup aller vers le libéral.

Et le libéral, on voit les enfin par exemple à Paris une consultation d'un psychiatre, c'est facilement 100 € la séance. Qui peut mettre 100 120 € la séance ? C'est vraiment pas la majorité des Français.

Oui, parce que c'est pas remboursé. Exactement. Enfin voilà, c'est secteur 1 et il y a souvent des gros dépassements d'honoraires ou en tout cas ceux qui qui bah qui ont encore de la place parce que sinon les autres ne prennent plus de patient parce qu'ils en ont déjà trop et donc ça crée une inégalité aussi bah en terme de ou descente ou descente qui coûte très très cher et on bourre de médicament les malades sans forcément les les soigner par ailleurs sur le plan psychologique.

Alors, vous parliez de la jeunesse, on va faire un zoom sur euh sur les euh euh les 15 24 ans, les 15 25 ans, avec Quentin Calmet tout de suite. Euh rebonsoir Quentin.Oonsir.

Plusieurs études qui ont euh alerté récemment sur l'état de santé des jeunes en France. Oui, prenons celle de l'hop novembre dernier. On retient ses chiffres.

Un jeune sur deux a déjà traversé un épisode dépressif et un sur qu a eu des pensées suicidaires. Autre chiffre important dans cette étude, 68 % des jeunes entre 11 et 24 ans se disent stressés. Principales inquiétudes qui reviennent dans l'étude, je vous les donne dans l'ordre.

Ne pas réussir à tout faire via ensuite le stress autour de son orientation professionnelle. La quantité de travail en cours, que ce soit au lycée pour 43 % des jeunes ou pour les étudiants, 58 % d'entre eux. et avec évidemment des suicides de d'adolescents qui font malheureusement régulièrement la une de l'actualité.

Tout à fait. On repense à Chanel 12 ans harcelé sur les réseaux sociaux qui s'est donné la mort à l'automne 2021. LINE 13 ans.

Elle aussi s'est suicidée à cause du harcèlement dont elle été victime. C'était en mai 2023. On pourrait continuer à citer les prénoms Nicolas, Lucas, autant de cas qui ont bouleversé la France.

Beaucoup de politiques qui parlent d'un harcèlement longtemps quand on est aux cours d'école et qui changent d'échelle et de proportion à cause des réseaux sociaux. Et justement le le Sénat s'interroge ces jours-ci sur la santé mentale depuis la crise Covid. Exactement.

Le Covid-19. Une nouvelle mission d'information a vu le jour et doit rendre son rapport en juin prochain. Les sénateurs recevaient notamment il y a quelques jours Franck Bélivier, chercheur délégué minist pardon, il est délégué ministériel à la santé mentale.

Écoutez ses pistes d'explication sur les mauvais chiffres de la santé mentale des jeunes depuis mars 2020 précisément. Les périodes de confinement ont été des périodes de forte consommation de réseaux sociaux et avec leur contenu en boucle angoissant. C'est probablement un facteur qui a joué également et les indices de violence intrafamiliale ont également augmenté pendant cette période d'addiction chez les parents qui sont également pourvoyeurs de violence intrafamiliale qui ont pu jouer.

La perte des ruptures scola des des ruptures de rythme scolaire, de loisirs et de sociabilité en général sont également un un élément que l'on peut convoquer dans la compréhension de ce qui s'est passé. Les écrans qui reviennent donc là encore comme source d'isolement et d'accès sans filtre à des informations difficiles parfois rabâchées en boucle. Enfin, signalons aussi que la précarité Thomas est un facteur de dégradation de la santé mentale.

Les difficultés financières pouvant se rajouter aux préoccupations des jeunes. Ce qui s'est passé donc l'année dernière, c'est que le Sénat a voté une résolution en janvier 2024 pour faire de la santé mentale des jeunes une grande cause nationale. Ça c'était effectivement des images de de janvier 2024.

En fait, l'idée a été reprise ensuite par Michel Barnier pour faire en fait de la santé mentale en général une grande cause et ensuite donc repris par François Baou dans son discours de politique générale. Merci beaucoup Quentin, je reprends votre chiffre sur ces ces suicides, ses pensées suicidaires. Un jeune sur qu a eu des pensées suicidaires.

Évidemment, c'est c'est la la réponse. Enfin, il y a rien de plus compliqué que qu'un acte suicidaire, mais donc la réponse des pouvoirs publics l' forcément. Quand quand on est sénatrice comme vous et qu'on cherche à agir, qu'est-ce qu'on peut proposer comme solution ?

Ben moi, je me bats pour un dépistage beaucoup plus précoce en fait hein, des premières alertes et ça commence alors déjà dans la petite enfance, moi je vois on essaie de mettre en place des formations en périnatal en fait et surveiller les 1000 premiers jours du de l'enfant du bébé. On sait qu'il peut se passer des choses à ce moment-là et c'est important et je pense que c'est c'est primordial. Quand vous parlez des premières alertes, pardon, je vais je Ah, les premières alertes, c'est un enfant qui va avoir un comportement euh euh enfin qui va avoir du mal à s'endormir, qui va sans parler de de ses vis physique, hein.

Euh là, on tombe dans dans encore autre chose, mais qui va avoir euh du mal à suivre en effet des mouvements, euh la voix de ses parents et cetera. Enfin, il y a quand même des choses qu'on peut voir très rapidement. Après, à l'école, moi je me bas sur un un plan majeur ces temps-ci, euh c'est le manque de médecin scolaire parce que aujourd'hui euh moi je prends toujours l'exemple de les sur 36 postes pour à à pourvoir, 14 finalement ont été pourvus 14/ 36.

Donc ça veut dire qu'on a une rotation de médecins qui font euh 15 établissements dans la semaine. Donc il ne se posent pas. Donc en effet, les mé les les jeunes ou les professeurs des écoles n'ont pas le temps d'aller les voir en disant il y a tel enfant qui a tel comportement, il faudrait peut-être le voir.

Et c'est les premiers lanceurs d'alerte en fait hein qui permettent ensuite de pouvoir aller voir des spécialistes. Et donc franchement quand il y en a quand il y a des spécialistes disponibles pour la pédopsychiatrie, mais mais voilà, je pense que sincèrement ça commence aussi en milieu scolaire parce que on peut avoir aussi des des parents qui sont dépassés ou qui ne savent pas et qu'on n pas qui on n pas expliqué et donc on doit avoir un relais euh par les pouvoirs publics et ça commence du coup par l'école parce que avec un donc un un dépistage, une prise de conscience C'est un dépissage le plus tôt tôt possible. Quand on parle de santé mentale notamment des jeunes, il y a évidemment, on a on en a parlé les uns et les autres, mais je voudrais qu'on détaille un avant et un aprèscrise Covid.

On va euh écouter Olivier Verrand qui à l'époque était ministre de la santé, parler de des situations dramatiques créées par les confinements. La santé mentale des Français s'est ainsi significativement dégradée entre fin septembre et début novembre avec une augmentation conséquente des syndromes dépressifs observés pour tous les profils socio-démographiques. Elle s'avère encore plus marquée pour les personnes déclarant une situation financière difficile mais aussi pour les 18 24 ans.

Et enfin pour les personnes qui déclarent déjà des antécédents sur le plan psychiatrique. On est au mois de novembre 2020 quand euh Olivier Verron euh fait cette déclaration. Jean-Mier, à quel mo à quel point ça marque une rupture le le Covid ou une prise de conscience ?

Je sais pas un peu les deux déjà le Covid a eu ce site de particulier qu'il a touché tout le monde au même moment à peu près partout sur la même planète. Donc donc ça aide mine de rien à à dater les choses et à voir comment les choses ont pu évoluer. Et il se trouve que très tôt effectivement les autorités ont communiqué sur le fait que on constatait parmi les effets secondaires du Covid une dégradation de la santé mentale des jeunes.

Le président de la République lui-même avait déclaré c'est dur d'avoir 20 ans en 2020. avait reconnu dans une conférence de presse, ce qui avait d'ailleurs enclenché une action gouvernementale ensuite aidée par les par les par les sénateurs, je m'en souviens, sur la prise en compte de la détresse psychologique des étudiants et et je me souviens plus de votre question, je suis désolé. Vous m'avez demandé à quel point ça a été enfin il y a un avant et un après sur la question et et peut-être est-ce que ça a aggravé parce que en fait on se dit est-ce que ça existait avant ?

Il y avait de toute façon beaucoup de jeunes qui euh euh qui avaient des maladies mentales ou qui et qui n'en parlaient pas, qui n'osaient pas en parler ou est-ce que il y a eu un effet quand même déclencheur avec l'isolement, la précarité et cetera. Il y a eu il y a eu un effet déclencheur avec l'isolement, notamment des jeunes qui se sont retrouvés dans un cocon familial dans lequel il y il y a des violences, notamment des violences contre les contre les femmes, contre les mamans. Des des jeunes se sont trouvés projetés d'un seul coup dans un monde d'adultes en vivant sous le même toit que leurs parents sans avoir la respiration de l'école ou avoir la respiration du travail des parents.

Donc ça ça a pu jouer ce rôle-là. Ça a joué un rôle aussi dans la rupture des liens sociaux qui sont extrêmement importants pour les jeunes, notamment l'adolescente quand on se construit quand on se construit au regard des autres quand on pardon mais on est à l'âge des des des premiers et mois et des premières des premiers amours et et bah oui bah pour beaucoup de jeunes ça n'a pas eu lieu. Ils étaient seuls chez eux avec l'incapacité de passer du temps à jouer au foot avec des copains, aller au cinéma et cetera.

Donc oui, ça ça ça a eu un rôle de de marqueur assez assez violent et on a parlé de génération sacrifiée. Vous parliez tout à l'heure justement de d'une certaine de des relations qu'on peut avoir avec des charlatans. C'est vrai que il y a eu un rapport à la science ou un rapport à la médecine, un rapport à la santé qui a aussi pris du recul qui a été aussi l'occasion d'une forme de défiance chez les Français, chez une partie des Français.

Et c'est vrai, on le disait tout à l'heure, euh ce ce confinement, il y a aussi un regard critique qui a été porté sur le monde politique très fort sur les choix qui ont été posés de confiner, de confiner aussi sévèrement, de confiner aussi longtemps et ça on peut pas l'exclure chez les jeunes en particulier qui conservent parce que ça a déclenché peut-être des choses qui auraient pu être déclenchées autrement mais que tout ça c'est encore à construire et je pense qu'on est encore largement dedans. Alors alors alors que c'est assez injuste ce que je vous dis tout à l'heure, c'est pour l'école, on a même reproché que le la France soit dans les premiers à déconfiner. Ça a été le bordel hein, il y a pas d'autres mots.

On recevait les consignes du de la rue de Grenelle en même temps que les parents et cetera le lundi matin. Mais n'empêche que du coup, il y avait de nouveau cette reprise de contact entre eux qui ça peut-être quand même été bénéfique. Ceci étant, le Covid a aussi été un moment où on a commencé à prendre la parole sur soi et sur sa santé.

ça peut aider aussi beaucoup de gens à communiquer. Et est-ce que justement les les jeunes parlent plus facilement de leur santé mentale que d'autres générations ? Oui, il y a vraiment une différence qui est criante.

Enfin, je le vois bien moi quand j'interroge des gens qui souffrent de différents troupes psychiques. C'est notamment quand des personnes doivent en parler à visage découvert. Enfin, c'est c'est plus facile d'en parler chez les jeunes.

Je pense qu'il y avait énormément enfin les stigmates sont en train sont encore là, mais je pense que il y a un intérêt pour le sujet. le fait enfin c'est aussi un cercle bénéfique en fait plus on en parle et plus on se dit en fait je suis pas tout seul donc ça amène d'autres personnes à en parler notamment avec le témoignage des réseaux sociaux les réseaux sociaux il y a plein de choses négatives mais il y a aussi cet aspect qui a été très positif de de enfin moi je le vois par exemple avec les témoignages que j'avais de jeunes qui disaient bah je me sens beaucoup moins seul je me sens compris et puis l'entraide effectivement est extrêmement important enfin c'est c'est quelque chose qui est assez primordial quand on souffle de trou psychiqu donc donc ça aide Bien sûr. Bon et dans le monde politique alors on est tous on est tous des malades qui signent.

Oui. Non mais c'est au contraire encore un tabou absolu. Vous en connaissez des collègues qui viennent vous parler de de dépression de barout.

Oui. Oui. Oui.

Ouais. Ça a déjà été le cas. Euh c'est vrai qu'on en parle moins que d'avoir un problème au cœur ou ou des problèmes de de diabète ou ou de ménopause.

Enfin je veux dire même si aujourd'hui là aussi c'est un sujet moins tabou. Euh mais euh oui oui oui oui, on en parle un peu et c'est vrai que mine de rien entre vous entre nous oui c'est ça entre nous entre nous alors c'est déjà pas mal on en parle pas voilà c'est clair que moi par exemple j'ai souvent affiché que j'ai eu des cancers parce que ça peut aider pour le dépistage et cetera, mais c'est vrai que je suis pas sûre qu'on en ait beaucoup qui puissent prendre la parole sur ces sujets-là. Après, je pense qu' nous on est les seuls à comprendre parce que souvent on nous plaisante sur le Sénat, sur le côté paisible, le train du sénateur et de la sénat ça bose beaucoup mais on se rend absolument pas compte de la surtout les 3 jours concentrés du C où on siège où on passe d' d'une réunion à l'autre.

Ça a été le cas aujourd'hui mais même pas le temps d'aller déjeuner, de faire quoi que ce soit et on passe d'un sujet à l'autre au cours d'un moment. Merci d'être Merci d'être dans l'émission. Non mais ce que je veux dire c'est que du coup c'est vrai que mine de rien si on veut bien faire les choses, on est on est en tension en fait en permanence et obligé de de bien faire son job aussi.

Vous parlez de politique quasiment tous les jours dans votre émission. Est-ce qu'il y a un politique qui est venu se se confier à vous ? Jamais face à une caméra.

Ouais toujours en dehors des caméras. Une des premières questions aujourd'hui que je pose aux politiques quand je les rencontre hors caméra, c'est comment tu vas toi ? Et la plupart du temps, ça va pas très fort.

Il faut dire les choses. Les élus n'ont pas le droit de se plaindre. Faut faut dire la vérité.

On parlait de train de sénateur Marine Le P d'être condamné et c inauditif vis-à-vis des électeurs car comment ça va aux gens au plus personne personne vous demande comment vous allez-vous mais quand on quand on parle des élus locaux quand on parle des maires quand on voit la charge de boulot qu'ils ont la complexité du travail la tension l'isolement la violence du monde politique l'agressivité des rapports qui est normal au demeurant en en en démocratie donc quand on met tout ça dans le même panier moi je suis désolé je tire la sonnette d'alarme sur l'état de santé mental de nos élus. Je trouve qu'ils ne vont pas bien. Ils et elle ne vont pas très bien.

Mais je sais pas si vous avez remarqué, il y a en effet d'ailleurs des maires qui ont démissionné ou qui se mettent qui se mett en retrait. C'était le cas à Périgueux par exemple parce que je connais bien cette ville et c'est vrai que les gens ne comprennent pas. Elle dit c'est parce qu'elle veut pas finir son mandat.

Est-ce que Mais en fait la charge mentale est est absolument terrible. Donc et je pense que ça contribuera au fait que l'année prochaine on aura peut-être certains qui ne vont plus représenter parce que en fait d'année enfin de mandat en mandat la charge devient de plus en plus compliquée avec avec une petite ajoutant elle n'est pas assez forte, elle n'est pas assez résistante il ou elle. Oui il ou elle.

Mais souvent beaucoup des femmes qui sont en matière de responsabilité qui se qui s'additionne. Merci beaucoup à tous et à toutes d'avoir participé à ce débat. Je renvoie à votre série vidéo ma tête et moi et Jean-Massier à votre émission backsit sur Twitch.

À très bientôt sur sur Public Sena. Voilà, c'est la fin de cette émission. Je vous dis à demain 18h 22h.

Vous pouvez retrouver nos débats sur publicsenat.fr sur notre plateforme ou alors en podcast. Noter enfin que le député européen Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti socialiste, sera l'invité d'Oriane Mansini demain sur Public Sénat dans la matinale.

Belle soirée. Merci. la

Santé mentale : la fin d'un tabou ? — Laure Darcos · Pourquijevote