Valentin Foubert : "En saut à skis le mental est aussi important que le physique"
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Bonjour Valentin.
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Comment est-ce que vous percevez ce qui est plutôt un compliment a priori ?
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C'est votre meilleure performance, un saut à ski de 140 mètres.
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Comment est-ce qu'on passe de skieurs lambda, comme je dirais, comme vous et moi, quand vous étiez enfants peut-être, à ce saut à ski ?
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Mais comment vous êtes-vous lancé dans ce club, au départ ?
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Qu'est-ce qui vous plaît là-dedans ?
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France Inter, Marion Lourdes, le 6-9.
Dernier épisode de notre série sur ces sportifs français en route pour les JO d'hiver de Milan-Cortina. Et ce matin, nous sommes avec Valentin Foubert. Bonjour Valentin. Bonjour. Un savoyard de 23 ans seulement et votre discipline, c'est le saut à ski. Meilleur vœu donc. On dit que vous êtes la pépite du saut à ski français. Comment est-ce que vous percevez ce qui est plutôt un compliment a priori ?
Alors moi, je ne serais pas d'accord sur ces mots-là. Je pense juste que pour l'instant, j'ai fait un début de saison assez incroyable. On verra pour la Suisse.
Vous avez signé par exemple il y a quelques jours, il y a deux semaines à peine, une place la meilleure que vous ayez eu dans votre carrière, place de quatrième au concours du Grand Tremplin de Klingenthal en Allemagne. C'est votre meilleure performance, un saut à ski de 140 mètres. On a du mal à se figurer la distance. Mais comment est-ce qu'on passe de skieurs lambda, comme je dirais, comme vous et moi, comme les Français qui ont la chance d'aller au ski, quand vous étiez enfants peut-être, à ce saut à ski ?
Eh bien, ça, je dois tout à mon club. De toute façon, notre club, il nous pousse un peu à tester à peu près tous les sports, en fait, quand on est jeune. Que ce soit le ski de fond, le ski ou bien le saut à ski. Et on va dire que j'ai bien aimé le saut, donc je suis resté en saut.
Mais comment vous vous étiez lancé dans ce club, au départ ?
C'est comme ça, un peu à Courchevel, 95% des enfants vont au club des sports, même je dirais peut-être 100%, je pense.
Oui. Et donc, vous vous lancez, vous commencez, vous choisissez le saut à ski parce que ça vous plaît. Qu'est-ce qui vous plaît là-dedans ?
En fait, moi, j'aime bien les sports de glisse, j'ai toujours bien aimé le ski. Après, le ski à le pas, moi, je vous avoue, je ne comprenais pas grand-chose quand j'étais petit, j'étais un peu dans les nuages. Justement. Oui, à planer et tout. Et j'avais des capacités un peu spéciales que le saut à ski demandait, donc la souplesse, l'explosivité, que mon premier coach a remarqué, donc Tony Deloppe. Et donc, il m'a dit de continuer là-dedans. Donc, j'y suis allé, la tête baissée et foncée.
Comment est-ce qu'on se prépare au niveau physique et au niveau mental aussi ?
Je pense que dans notre sport, le physique, c'est tout aussi important que le mental. En physique, on va faire un peu tout ce qui va être de l'explosivité. Donc, sur les musculations, on ne va pas mettre beaucoup de poids, mais on va plus chercher à faire des bons ou de l'explosivité. Pareil, on fait beaucoup de gainage pour réussir à tenir un peu notre forme de vol. Tout comme les chevilles, les chevilles, c'est aussi quelque chose qu'on travaille, à ramener à fond, à travailler le muscle.
Donc, vous faites des exercices pour les chevilles. Il faut se gainer pour être aussi aérodynamique, j'imagine. Et pour le mental ?
Le mental, moi, j'ai un psy du sport que je suis depuis maintenant trois ans. Il change beaucoup. Mais là, pour l'instant, j'ai trouvé un très bon psy. Du coup, on travaille les peurs, on travaille la confiance et on l'envoie.
Vous n'avez jamais peur ?
Alors, peur de ne pas réussir. Je n'ai pas peur de tomber.
Pas peur de la hauteur ? Pas peur de la vitesse ?
Non.
Peur de rater ?
Oui, peur de rater. En tout cas, c'est ça qui est drôle. C'est qu'on a plus peur des choses qu'on ferait mal que la vitesse. Par exemple, la vitesse, on dit souvent qu'il n'y a pas assez de vitesse, il n'y a pas assez de hauteur, il n'y a pas assez. On veut plus, ces choses-là.
La presse dit que la France attendait quelqu'un comme vous depuis dix ans. Pourquoi est-ce que la France n'était pas si bonne, pas si brillante depuis dix ans en saut à ski ?
Alors, moi, je pense que c'est plus au niveau des athlètes, on va dire. Dès qu'il y a eu un athlète qui est devenu assez fort, je prends l'exemple de Jonathan, il a arrêté assez vite. Jonathan Niroil, qui était devenu de plus en plus fort et qui a arrêté. Mathis Contamys, c'est pareil, parce que Mathis, je pense que ce qu'il voulait commencer, c'est une vie un peu plus normale, on va dire. Moi, je n'ai pas cherché à autre chose que le sport.
Votre premier coach dont vous parliez tout à l'heure, il dit qu'il n'aurait jamais parié un euro sur vous au début à cause de votre détachement, notamment. Est-ce que c'est quelque chose que vous avez travaillé, ça ?
On va dire que c'est arrivé tout seul. Comme je disais, je n'avais plus la tête dans les nuages qu'être ici, dans le moment présent.
Et maintenant, à l'inverse, on dit que vous êtes perfectionniste.
Oui, oui, c'est un coup de dire ça.
Valentin Foubert, dans cette dernière ligne droite avant les JO, puisqu'on le disait, c'est dans à peine deux mois. Qu'est-ce que c'est votre programme ? Est-ce que vous allez faire une préparation intensive ? Vous avez des étapes particulières à suivre ?
Pour les JO, on a quand même, je pense, une semaine de préparation, un peu comme les Mondiaux. Donc on va bien s'entraîner, que ce soit physiquement comme mentalement, pour être sûr que la technique, on l'a toujours, entre guillemets, et qu'on avance sans regarder derrière soi.
Vous les sentez bien, ces JO ?
Oui.
On va vous souhaiter une très très bonne chance. Et puis bravo, Valentin Foubert, pépite du saut à ski français très attendu aux JO de Milan-Cortina. Ce sera dans moins de deux mois. Merci beaucoup de nous avoir répondu ce matin sur France Inter.
Yes, merci. Merci.