Le Grand Dossier - Guerre de demain : comment la France se prépare ?|LCI
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Bonjour à tous, soyez les bienvenus sur LCI. C'est l'heure de votre grand dossier. Comment la France se prépare à la guerre ?
L'image de la semaine, la voici. Emmanuel Macron, entouré d'un parterre de militaires sur l'une de nos bases. Nous devons être prêts.
Nous savons ce qu'être occupé signifie. C'est ce qu'a rappelé le chef de l'État il y a quelques jours. La France est-elle réellement prête ?
Elle est en ordre de bataille. Voici la carte des entreprise d'armement française car il y en a 4000 en tout. On va la décortiquer ensemble avec le colonel Michel Goya.
Que fabrique-t-on ? Où excellet-on ? Vous saurez tout de nos atouts mais aussi de nos faiblesses.
Et puis le made in France va-t-il cartonner en Europe ? Regardez à gauche, c'est notre fameux rafale français. à droite l'avion de combat américain, le F35 et bien certains pays seraient prêts à annuler cette commande- làà cette commande américaine.
Est-ce qu'on va pouvoir tirer notre épingle du jeu ? On en parlera aussi dans ce grand dossier. Emmanuel Macron a donc endossé son costume de chef militaire cette semaine en haut zone.
Il ne le dit pas clairement mais c'est comme si nous sommes en guerre. Nul ne sait dire ce qui adviendra dans les mois, les années qui viennent. Ce que je veux, c'est que nous soyons prêts.
Ce que je veux, c'est que nous soyons protégés. Ce que je sais, c'est que grâce à cette culture de l'engagement, à la force de nos armées, à la force de notre armée de l'air et de l'espace, ensemble, nous saurons faire face. Et pour en parler, nous sommes avec Samantha de Bendern.
Bonsoir Samantha. Merci d'être avec nous. Chercheuse à la Royal Institute of International Affairs, ancien officier politique de l'OTAN.
On est avec aussi les deux meilleur colonel de la planète probablement. On voit aussi l'humilité de de nos invités sur ce plateau. Colonel Pierre de Jong.
Oui. D'accord. Deux colonel troup de marine c'est le même plateau.
Mais vous allez voir, vous êtes très complémentaire. Il y en a un qui est mauvais, un qui est excellent. Vous verrez lequel.
On se passe réciproquement régulièrement. Je vous présente quand même colonel Pierre Deong, consultant géopolitique LCI, vice-président de l'Institut et le colonel Michel Goya. Bonsoir colonel, consultant militaire, LCI et historien.
Je vrais je voudrais d'abord revenir sur les mots forts d'Emmanuel Macron cette semaine. Est-ce que c'est important Samantha d'être dans cette posture ? Est-ce que c'est un discours qui doit raisonner un peu partout en Europe pour dire il faut être prêt parce qu'il y a une menace qui monte ?
Je crois qu'il faut vraiment trouver un équilibre entre faire peur aux gens et dire qu'on va être en guerre demain et aussi réveiller les consciences que il y a vraiment une menace. Mais c'est pas une nouvelle menace. Simplement nous étions un petit peu endormis parce que il y avait il y avait pas une guerre kinétique, une guerre physique sur notre continent même si la guerre hybride dure depuis des années.
Et puis il y avait ce ce grand frère américain qui nous protégeait. Et maintenant le le le vrai souci c'est qu'il y a à la fois cette menace qui devient de plus importante et de l'autre côté il y a justement les Américains qui nous lâchent. Donc pour faire comprendre au public qu'il faut se réarmer, qu'il faut dépenser plus sur la dépense, et bien le président doit dire les choses comme elles sont. pas pour forcément pour mais l'équilibre est à trouver est important et que tout le monde ne croit pas demain que il faudra partir vivre ailleurs et que il y aura il y aura une guerre demain en Europe.
Mais la menace est là, c'est comme vous savez euh il y a des incendies et bien il faut protéger sa maison pour pas qu'elle prenne feu et surtout faire attention à ce que la maison du voisin ne prenne pas feu. Donc éventuellement protéger son voisin aussi. Aujourd'hui colonel Pierre Deyong la maison peut prendre feu facilement.
On est incapable de l'éteindre si jamais il y a un truc incapable de savoir quand. Par contre, c'est vrai que les menaces russes sont relativement explicites et on peut considérer que grâce au renseignement qu'on a obtenu, vo que que les services de renseignement ont, c'est que dans les 5 6 7 ans, il peut se passer quelque chose. Maintenant, ce qui est très intéressant également, c'est de voir la posture du chef de l'État parce que c'est vrai qu'en France, on a on a une chance relative.
La chance, c'est qu'on a un chef d'état qui est en haut de la pyramide, chef des armées qui a un vrai pouvoir, une vraie constitution, un vrai pouvoir et puis avec un armement nucléaire, avec une vraie armée et cetera. Donc il peut se positionner. J'aimerais savoir si dans les autres pays européens qui qui ont la même menace, est-ce que dans les autres pays européens, il y a ce genre de posture ?
C'est quasiment impossible parce que ce sont des premiers ministres, ce sont des des chancelers, ils peuvent pas faire ça. Donc on voit que la France quelque part, elle a un discours qui un peu exagéré. C'est vrai que il surjoue le personnage euh entouré par des militaires, la cravate noire, il a un tit.
Et vous trouvez qu'il en fait justement ou que c'est nécessaire ? Oui, il surjoue mais est-ce que c'est pas justement une image qui est nécessaire parce qu'il faut aussi faire passer des messages ? c'est de la pédagogie.
Donc il faut il faut que ça passe. Je veux dire que la force de la France c'est ça. Et très concrètement cette image elle est bien sûr pour les Français mais également elle est exportée dans l'ensemble de l'Europe.
Et là on dit, on voit qu'hi aujourd'hui a aujourd'hui il y a un débat à Bruxelles sur des mesures à prendre et cetera, voir comment on va gérer les centaines de milliards qu' été décidé. Mais quelque part en fait qui va prendre le leadership de tout ça ? Et quelque part en faisant ça inconsciemment ou consciemment le président français se positionne comme je dirais un des leaders en tout cas un leader majeur du système défensif européen.
Et c'est vrai que ça fait des semaines qu'il donne cette image là. Ça a de la gueule colonel Goya quand on voit justement le le chef de l'État français qui est entouré de tous ces militaires et qui a des mots forts et qui il le dit pas clairement, il dit pas "Nous sommes en guerre mais c'est quand même ce qu'il pense." Euh non, d'abord nous ne sommes pas en guerre.
Donc il a pas dire si nous sommes en guerre contre des organisations djihadistes. C'est la guerre est continue. La guerre contre la mouvance djihadiste est continue.
Maintenant nous devons faire face bien sûr en réalité depuis des années effectivement à une menace russe qui s'exerce sous le seuil de la guerre par toutes les les jeux d'influence et de pression que que l'on connaît mais qui peut aussi ça peut nous engager aussi aller au-dessus du seuil de la guerre par le biais de coût militaire. alors pas sur notre territoire mais en périphérie de de la Russie. Euh et c'est une menace à laquelle il faut bah se préparer euh se préparer donc accroître nos moyens conventionnels contestablement pour aller porter le fer s'il le faut en Europe de l'Est protéger des pays d'Europe de l'Est ou de ou d'Europe centrale euh alors que euh bah comme le disait Samantha, l'alli américain fait défaut et que de notre côté bah on a quand même très très largement désarmé pendant au moins 15 ans et que on a beaucoup de mal comme la plupart des autres pays européens d'ailleurs à sortir de cette trappe dans laquelle nous nous sommes enfoncés.
Ça veut dire qu'on s'est un peu reposé sur nos lauriers. On s'est un peu reposer sur la ou qu'on avait des priorités ailleurs. Non, mais il y a un peu il y a un peu de ça.
C'est-à-dire que d'abord on considérait pas qu'il y avait enfin considérait qu'il y avait plus de menaces véritablement existentielles à nos frontières pour la France. La France est devenue une île une île stratégique. Il y a plus de menace d'invasion à nos frontières.
C'est complètement nouveau dans notre histoire. Et donc il y a il y a ce côté bon pas de menace existentielle. Il y a une menace effectivement, il y a un conflit contre des organisations djihadistes, il a des attentats mais c'est pas non plus une menace existentielle.
Euh et pour donc on a la profiter voilà pour des armées, pour être très clair, pour faire des économies sur les armées pour le dire autrement et tout en bah se disant que si il y a des choses sérieuses à faire, ben les Américains seront là. H on va regarder la on va faire un état des lieux de de notre armée notamment quand on regarde l'armée de terre d'abord la force de frappe de notre armée de terre quand on voit le nombre de de chars lecler qu'on a de blindé à rou les systèmes antiichar 265 hélicoptères on peut regarder aussi le poids de la marine parce que voilà on on a on a tous les chiffres quatre sous-marins nucléaires lanceur d'engin c sous-marins nucléaires d'attaque un seul porteavion 41 rafal marine, trois portes hélicoptères et puis si on regarde la puissance de notre armée de l'air, c'est 196 avions de combat, donc 97 rafales. Colonel Pierre Deong, il faut il faut en faire encore plus quand on voit déjà quand on fait l'état des lieux de de tout ce qu'on a dans notre armée, qu'est-ce que vous dites ?
Que que c'est déjà bien ou qu'il faut euh mettre encore nos nos forces dessus ? dans ce domaine eu égard à la menace telle qu'elle se présente. Évidemment, c'est c'est c'est pas assez.
Mais je nuancerai un, les Français par rapport aux autres États européens ont fait des efforts récurrents et constants grâce à l'endom nucléaire. Donc on a une armée qui est vaillante, qui a fait ce qu'il fallait. Elle est peut-être faible en effectif mais en fait elle est assez polyvalente.
On couvre l'ensemble du système. On n'est pas si faible en effectif. On est la deuxième armée d'Europe.
Non mais rien du tout. Oui d'accord. Mais par rapport par rapport par rapport à pas grand-chose très concrètement aujourd' on a six brigades.
Une brigade c'est 7000 hommes. En gros, une force combattante de 50000 hommes plus des éléments organique de division autour 20000 hommes. Une force combattant de 70000 hommes.
Alors on peut tourner ça dans tous les sens. Voilà ce qui et et ces gens-là quand ils sont projetés on a plus de défense du territoire parce que c'est supprimé depuis 91. Ça fait pas c'est un des effets induit en fait la comment dire des dividendes de la paix.
Donc on a pas de force prépositionné en tout cas dédier la force la protection du territoire. Ce qui est un vrai sujet au passage. Je retiens dans les chiffres trois chiffres.
C'est une armée à 200 200 chars, 200 avions de combat, 200 hélicoptères. À tout le reste après, bon, il y a plein d'autres choses mais c'est mod un modèle à 200. Quand vous savez que les les les Polonais travaillent sur un modèle à 1400 chars et cetera et cetera.
Donc on voit bien qu'aujourd'hui quelque part faut monter en puissance. On a ça parce que non seulement on a une armée qui est prête pour ça, on a un CF de commandement qui est prêt pour ça, mais on a également une industrie qui est prête pour ça. Donc maintenant, il faut investir des milliards d'euros là-dedans pour pouvoir développer un système.
H oui, colonel Goya. Oui, ben si vous voulez quand vous regardez ces chiffres en fait par rapport à l'armée que l'on a connu lorsque nous sommes nous y sommes rentrés tous les deux euh c'est une armée qui a fondu euh l'armée de terre, elle est euh elle a été divisée par trois par rapport à pour vous ça vous impressionne pas du tout ? Non, pas du tout.
Mais le on parlait les char leclerc, on avait il devait y avoir 1200 chars de bataille que lorsqu'on on est entré dans l'armée. Donc c'est une armée qui a fondu. On a six fois moins de chars, on a quatre fois moins de pièces d'artillerie, on a deux fois moins d'hélicoptères que à l'époque.
Alors évidemment ils sont plus modernes, mais on a perdu énormément de masse. Alors on a réussi à peu près à conserver des capacités, une une autonomie technique dans presque tous les domaines, pas tous. Euh mais au bout du compte, on sait euh on est devenu tout petit, on a une capacité de projection s'il faut aller combattre au loin euh et de toute façon s'il faut combattre à grande échelle, ce sera mécaniquement ce sera au loin de 15000 20000 sol grand maximum.
Quand vous avez vu ce phénomène au fur et à mesure capable en fait quand vous avez vu ce phénomène au fur et à mesure des années, est-ce que ça vous a inquiété ou est-ce que vous dites "Non, c'est dans l'ordre des choses." Ah ben non, mais on est plongé dans une crise, pas idée de la la crise que ça peut représenter dans les années 90 de 2000. Non, mais démissionné moi je suis parti en 2000 parce que j'étais j'étais réfractaire à la réforme qui se mettait en place qui apparmée 2000 et en fait le résultat aujourd'hui c'est que cette armée est exactement celle que j'avais imaginé à l'époque et je l'ai même écrit au ministre.
Donc c'est fait quand je suis parti, j'ai je pensais que cette armée allait se dissoudre. Rappelons-vous que quand j'ai quitté l'armée il y a à peu près une vingtaine d'années, on avait trois corps d'armée, on avait 13 divisions. C'est juste pour un ordre d'idée.
Pardon. Priorité au direct, on écoute Sébastien Lecornu et Éric Lombard. Ça elle a toujours été faite pour donner à nos armées les moyens dont ell disposé mais aussi pour permettre à nos alliés de pouvoir se défendre.
Donc je pense qu'il faut qu'on soit précis dans les temps qui sont les nôtres et donc il y a un effort de défense et donc effectivement ici pour ma troisème visite à Bergerac, c'est la démonstration même de plusieurs choses. La remontée en puissance de notre appareil industriel notamment notre capacité à produire plus de charges modulaire pour faire les obut 155 mm de la la relocalisation de quelque chose qui n'aurait jamais dû d'être délocalisé de mon point de vue qui est la production de poudre. C'est-à-dire qu'un pays comme la France, grande puissance industrielle, grande puissance militaire, s'était mis en situation de dépendance de pays étrangers.
Donc là, désormais, avec cette installation, c'est une capacité de 100000 OBU par an en production de poudre que nous avons retrouvver en l'espace de moins de 2 ans. 3 c'est le modèle même aussi euh de ce qu'est notre industrie de défense, c'est-à-dire elle est nationale. Elle emporte des entreprises euh de taille très diverse aux quatre coins du pays et y compris ici à Bergerac où il y a seulement de cela 4 ou 5 ans, vous aviez 190 salariés ici.
Aujourd'hui entre la remontée en puissance de la production de charge modulaire pour les obut 55 mm plus la production de poudre, on est à 500 salariés et vous avez entendu Thierry Franco, le patron de Rinco, annoncer la construction d'une ligne supplémentaire avec 50 salariés. Donc oui, c'est un peu non pas la vitrine mais la démonstration même de ce que peut signifier ce réinvestissement dans l'appareil de défense qui par ailleurs produit aussi de la richesse et des retombées territoriales. Vous avez évoqué le combat culturel qui t'a mené pour faire comprendre aux gens que produire des armes c'est à sade.
Comment vous l'expliquez ? Bah déjà je pense que l'Ukraine nous a permis quand même de remporter une partie de ce combat. Je vois il y a 3 ans, on avait des initiatives politiques au Parlement européen ou à la Commission européenne pour faire ce qu'on appelle de la taxonomie, c'est-à-dire en clair pour faire peser sur les industrie de défense des charges supplémentaires euh au titre de critères sociétaux.
Bon, les mêmes parfois sont ceux aujourd'hui qui nous engueulent parce que on ne produit pas suffisamment d'armes suffisamment vite et suffisamment grande quantité pour l'Ukraine. Donc on voit bien que le chemin culturel en 3 ans, il a évidemment déjà été largement percuté par l'épreuve du réel et l'épreuve des faits. Deux, on a un modèle que l'on doit aux anciens.
Je pense que dans une société dans lequelle plus personne n'a beaucoup de mémoire, se dire que nos grands anciens nous ont laissé en héritage un modèle de défense et industriel dans lequel on ne voulait dépendre de personne. Et la consécration de cela sont évidemment les programmes autour de notre dissuasion nucléaire qui consacrent notre autonomie. Sauf que sur le conventionnel parfois comme les munitions, quelques exceptions malheureuses ont été faites.
On est en train de les rattraper, on est en train de les corriger. Et ça, ça n'a pas de prix parce qu'en fait c'est un choix de société aussi. Est-ce qu'on délègue notre sécurité à d'autres ou est-ce qu'on se prend en charge nous-même ?
Général Leg a tranché cette question et je note que même l'alternance de 1981 du président Mitteran font qu'il a endossé aussi cet héritage là. Donc il y a une permanence depuis le début de la 5e République. Elle est pas nouvelle.
Après je vais vous dire une chose, pieds dans le plat, le vrai sujet c'est comment une part des élites françaises ont-ils pu laisser le budget militaire annuel tomber à 31 milliards d'euros ? Ce qui est évidemment un seuil qui n'est pas un seuil bas mais qui a été un seuil potentiellement destruction de valeur industrielle. La DGA nous a permis de sauver l'essentiel et là on le voit bien, on est en train de reprendre en masse musculaire et ça c'est clé, c'est clé pour notre appareil de sécurité militaire, c'est clé pour notre diplomatie.
Si vous commencez à dépendre d'autres, voyez bien comment l'Ukraine est dépendante des aides militaires des alliés. On l'a vu encore il y a quelques jours avec la suspension puis le rétablissement de l'aide militaire ukrainienne et puis accessoirement 1 € d'argent public investi dans la défense. Bah vous le voyez bien, on le retrouve ici à Bergerac dans de manière très indirecte et ça il faudrait expliquer ce qu'est le modèle historique français et c'est un modèle au contraire de cohésion et de réconciliation.
Monsieur ministre vous avez annoncé ce matin la mobilisation un autre élément pardon il y a un autre élément de bataille culturelle. Il y a un autre élément de bataille culturelle pour compléter le propos du ministre qui est la raison pour laquelle on passe la journée ensemble, c'est la bataille culturelle des investisseurs et des financeur puisque en réalité la question qui a été posée de façon publique c'est est-ce que l'investissement dans la défense est un investissement socialement responsable ? Et ce que nous avons dit avec force avec le ministre depuis ce matin à toute la place, c'est que non seulement c'est un investissement socialement responsable, mais c'est un investissement socialement indispensable parce que cet effort de défense, il garantit la paix. qui garantit la paix dans la durée.
Et la paix européenne, c'est une paix pour la démocratie, pour les libertés d'expression, pour les libertés publiques, pour la transformation écologique. Et donc, il y a aujourd'hui cette convergence que nous avons voulu faire entre l'industrie financière et l'industrie de défense de façon à ce que les uns et les autres travaillent ensemble au service d'un projet qui est le projet démocratique européen. Vous faites un appel aux français, comment vous allez les encourager à participer à cet effort ?
L'appel aux Français vise à leur expliquer d'abord que nous avons dans l'effort national d'investissement un effort particulier pour la défense. Ensuite, ce sera évidemment la liberté de chacun, mais de même qu'aujourd'hui les Français peuvent investir dans des fonds qui sont des fonds de transition écologique, des fonds sur l'eau, des fonds de développement durable qui sont des fonds qui sont évidemment excellents, et bien il y aura à l'avenir des fonds spécialisés. Le premier c'est celui qui sera lancé par BPI France, la banque publique d'investissement. pour le grand public afin qu'il participe à l'effort de défense et notamment au financement d'usine comme celle-ci à Bergerac, c'est-à-dire quelque chose de très concret qui va permettre d'embaucher, de donner du travail à des bergeris et ce cette alliance, elle est elle est très féconde et encore une fois ça ouvre de nouvelles possibilités pour les Français.
Est-ce que vous pouvez vous engager à ce que ce placement soit rémunérateur pour les Français qui investiront au moins 500 € dedans ? Il y a un principe dans les placements, c'est que quand on investit à long terme dans les entreprises, l'inconvénient c'est que on doit garder son argent pendant plus longtemps dans les fonds parce que c'est des entreprises, mais la rentabilité sur longue période, elle est toujours plus élevée. C'est d'ailleurs ce que démontrent les investisseurs de long terme.
Et donc oui, l'investissement dans les entreprises mais dans toutes les entreprises est un investissement pour ceux qui peuvent avoir leur argent immobilisé pendant quelques années qui est plus rentable mais il n'est pas garanti. Donc il peut avoir des hauts et des bas. En l'occurrence c'est un investissement qui va être très sûr parce que nous allons faire un effort continu dans les années qui viennent d'augmentation des budgets de la défense.
Le ministre a été très clair là-dessus et c'est nécessaire et donc c'est une activité économique qui va prendre plus de place. Le ministre l'a rappelé, on était à un niveau historiquement bas de dépenses militaires et donc il faut qu'on gagne en muscle, que nos entreprises de défense se développe et pour ça on a besoin de l'investissement de tout le monde. Et juste un mot en complément pour pas être trop long, le ministère des armées a vocation aussi à être le tir de confiance de cela euh en donnant de la visibilité sur les secteurs sur lequels il doit y avoir de l'investissement et certains segments évidemment sont sans risque parce qu'ils ont naturellement de l'avenir soit parce qu'il s'agit d'innovation spatiale, intelligence artificielle quantique, soit parce que vous êtes sur des infrastructures ou des équipements dont la durée de vie est très longue. prendre l'exemple d'un sous-marin nucléaire lanceur d'engin qui permet la permanence à la mer de notre composante océanique de notre dissuasion nucléaire.
Le SNLE de 3e génération qu'on est en train de de construire, d'imaginer et de construire, on est sur des dates de durée de vie qui nous emmènent jusqu'en 2080. Donc c'est exactement ce que dit le ministre. On est sur des délais d'amortissement et d'investissement qui peuvent être redoutablement intéressants.
La réalité est là pour un certain nombre d'investisseurs. Mais sauf qu'on change de modèle si vous voulez. c'est que on avait besoin de redémarrer euh la montée en puissance des budgets militaires pour acheter des armes.
C'est ce qu'on a fait. 30 milliards d'euros, 31 milliards d'euros en 2017, milliards d'euros cette année. Mais désormais, comme en plus, il y a des opportunités à l'export, on a toute une industrie de défense qui s'était un peu recreugevillé sur elle-même et pour cause la diminution des crédits lui a fait beaucoup de mal et tout d'un coup, elle a une crise de croissance à gérer.
Et ce qu'on a essayé de faire ce matin, c'est de se dire bah comment on réconcilie aussi capitalisme et patriotisme, comment on est capable de récupérer des fonds, des fonds propres pour ces entreprises pour leur permettre de développer non seulement leur capacité de production. un coaberg est un bon exemple ou des capacités d'innovation. Ce qu'on joue derrière hein, c'est est-ce que la France reste dans les trois ou quatre premiers pays dans les 20 ou 30 prochaines années euh sur le segment armement et donc capacité à produire, capacité à innover, capacité à exporter ou est-ce qu'au contraire on décroche au moment où de grands pays pas citer l'Inde par exemple, la Turquie sur le segment terrestre et autres sont en train de conquérir des parts de marché.
Donc là, on joue aussi la survie du modèle français, un modèle d'autonomie mais aussi un modèle industriel dans lequel derrière vous avez beaucoup de sous-traitants, beaucoup de capacité à aussi faire vivre des fournisseurs de matière première. La nétrocellulose pour la poudre produite à Bergerac vient des filières forestières d'Aquitaine. Pardon, on aurait dit ça il y a 5 ou 10 ans.
Ça paraissait complètement fou. Donc en plus y compris sur le volet durable pardon de ce clin d'œil mais il y a aussi un un circuit court local industriel qui s'organise et ça c'était pas forcément évident il y a 10 ouous 15 ans. Monsieur Lombard, cette usine rin aussi, elle est aussi porteuse pour la voilà pour la réaction de Sébastien Lecornu, ministre des armées avec Éric Lombard, le le ministre de l'économie qui sont tous les deux en ce moment même à Bergerac dans une usine qui produit de la poudre à munition sur le site de Le Renco pour être plus précise. colonel Pierre Deyong Young, il y a plusieurs choses qui qui sont ressorties de de cette déclaration des deux ministres, notamment de de Sébastien Lecornu, qui insiste sur la nécessité d'être autonome dans un certain nombre de domaines.
On voit qu'il veut il veut clairement soutenir l'armement français en se rendant sur place et en multipliant ses déplacements. Alors, c'est fait que le ministre, il fait le job comme on dit, indéiablement, il a la manœuvre, il est présent, il est il a il a un discours structuré, il connaît son sujet, c'est indénégéniable. En plus, il part d'un avantage énorme, c'est que l'armée française, encore une fois euh la plupart de ces matériels, en tout cas ces matériels lourds, c'est du matériel français.
Donc, on a une industrie pour euh euh capable en fait de fournir l'armement et tout tout ce qu'il faut l'armée française. Le seul problème maintenant, c'est le gap. C'est quoi ?
C'est le décalage qu'il y a avec l'Union européenne. Parce que l'Union européenne rentre dans la dans la même dispositif, c'est en fait, on va investir 800 milliards pour c'est le dernier chiffre dernier chiffre à la mode, va investir dans le domaine de l'armement. Le problème, est-ce que l'ensemble des Européens va accepter d'acheter des matériels français ? parce que très très concrètement on est là.
Prends exemple les avions par exemple les avions qui fait des avions. Bon, il y a bien sûr il y a d'Ass qui fait des avions. Il y a l'Euro Fighter donc c'est les britannique avec Airbus, vous avez le Grippen suédois et puis vous avez euh le bah le F35 américain.
Donc on voit bien que le seul avion c'est ce serait éventuellement le rafale. Est-ce que l'ensemble des Européens même si aujourd'hui ils ont acheté le F35, ils en ont pour 40 ans mais supposons que ben on peut est-ce que l'ensemble des pays européens va acheter des des modèles français ? Donc c'est le problème il est là.
B, on en débattra dans dans un instant parce qu' il va en être question justement. On va on va comparer le Rafale et le F35 et comprendre pourquoi il y a des alliés européens et des alliés tout courts même qui qui voudraient suspendre leur contrat. D'abord, une autre réaction sur la déclaration des des deux ministres avec vous, Samantha.
C'est important d'essayer de convaincre les Français d'investir dans dans la défense de notre pays. Oui. Alors, quand on pense investissement de défense, on pense tout de suite à l'idée qu'on va investir dans des armes qui vont tuer des gens.
Mais c'est c'est c'est pas ça du tout. D'abord investir dans la défense, c'est surtout investir pour sa propre sécurité. C'est comme là encore une police d'assurance.
Et la deuxième chose, c'est que c'est c'est de se dire "Ben oui, j'ai investi dans la défense mais demain, si la menace s'en va, où est-ce que mon investissement va aller ?" Et ce qu'il faut comprendre, c'est que beaucoup d'industrie de défense ont des capacités qui vont beaucoup plus loin que la défense. Elles vont elles vont elles ont des capacité de se convertir dans des applications civiles.
Moi, j'ai travaillé pendant très longtemps justement sur la conversion des entreprises de défense des pays d'Europe de l'Est pour qu'elles deviennent des entreprises qui construisent du matériel civil avec les mêmes euh avec les mêmes machines, avec les mêmes le même personnel, les mêmes technologies, mais les applications civiles. Donc c'est aussi une façon une façon de voir la chose, c'est de se dire ça va créer des emplois en France, ça va permettre de la croissance en France, ça va créer des des décribuables, des entreprises qui vont contribuer au trésors français. Et puis une dernière chose sur est-ce que les Européens vont vouloir acheter français quand on crée euh quoi que ce soit dans la défense, on a besoin de de composants de composants électroniques, on a besoin de roues, on a besoin de caoutchou, on a besoin de tout un tas de choses qui ne sont pas forcément fabriquées en France mais dans d'autres pays européens.
Donc investir dans l'armement européen, c'est pas forcément un choix entre investir en France et investir en Pologne ou dans les Pays-Balles. C'estàdire qu'il est possible d'aller construire avec des composants qui viennent d'autres pays pourvu qu'ils soient européens avec la dépendance sur une technologie urdé composant étranger ne soit pas si importante. Et dernière chose, il y a des tout un tas de de PME dans dans toute l'Europe qui ont besoin d'investissement aujourd'hui. en France aussi.
Mais par contre la France a un problème, c'est qu'elle n'est pas très concurrente du point de vue fiscal et du point de vue administratif pour ceux qui voudraient investir dans les petites entreprises qui elles vont fournir tous les composants pour les les rafales, les safranes et cetera et cetera. Donc voilà, c'est un dossier qui est qui est très large et très complexe mais avec des opportunités qui vont bien au-delà que que de l'armement et qui peuvent être pérennes avec des applications civiles aussi. Justement, puisque vous parlez de toutes ces entreprises, je voudrais qu'on aille les voir ensemble devant les cartes.
Colonel Goya, vous avez joué à Pierrefeuille Ciseaux, c'est vous qui avez perdu. Donc vous venez avec moi devant le grand écran. Il faut savoir qu'il y a 4000 entreprises d'armement françaises dans le pays.
Alors évidemment, on n'a pas eu le temps de mettre les 4000. Donc on vous a mis les principales. Vous avez en rouge notamment les les sites industriels d'armement terrestre. jaune, c'est l'aéronautique.
En bleu, c'est tout le domaine naval et puis ensuite orange multidomaine et blanc autre. Euh d'abord on a un pôle naval en Bretagne Normandie avec notamment on a pris un exemple de de ce qu'on pouvait fabriquer sur place. Ce sont les sous-marins français du programme Barracuda à Cherbourg.
Est-ce que vous pouvez nous en parler ? Ça c'est une image de synthèse, hein. Oui.
Oui, tout à fait. Alors, faut bien comprendre qu'effectivement un désavantage français, c'est qu'on a des industriels dans les les principes dans tous les domaines. Voilà.
Donc on a Naval Groupe dans le domaine naval, on va parler des des avionneurs ensuite dans le domaine terrestre. On a de quoi faire les matériels majeurs pratiquement de manière autonome. Donc là dans le domaine naval effectivement les constructions se sont dans autour dans la en Bretagne autour de la Bretagne.
Parmi les produits que de Naval Groupe, il y a le sous-marin. Donc voilà le pôle Naval et euh on fabrique aussi des frégates et cetera. Le sous-marin Barakuda, c'est une classe de sous-marins dit d'attaque.
Donc c'est sous-marins qui sont destinés à couler d'autres navires. Il sont pas destinés à lancer des missiles intercontinentaux. Donc c'est sous-marins d'attaque qui peuvent être nucléaires à propulsion nucléaire ou à propulsion classique diesel électrique.
Donc ce que vend donc il y a un certain nombre de sous-marins qui vont équiper la marine nationale sous-marins nucléaires d'attaque nucléaire à propulsion nucléaire et ensuite on exporte des sous-marins à propulsion conventionnelle. C'était notamment ces sous-marins que l'on vous a envisagé enfin de de vendre à l'Australie et puis on sait ce qui s'est passé par la suite. Mais retournement de l'histoire, il est pas impossible que finalement on on leur vende.
Hm hm. On va s'intéresser maintenant au pôle aéronaval. Donc là, on est plutôt dans dans le sud-est dans la région province ou alors Alpô d'Azur.
Oui. Alors, faut bien comprendre Toulan, c'est la grande base opérationnelle en réalité de la Marine nationale et que là on fait surtout de l'entretien. C'est là que sont entretenus, enfin qu'on fait l'entretien, la maintenance du du porte-avion Charles de Gold, ce qui prend quand même beaucoup de temps, c'est qui est quand même en soit d'ailleurs une action industrielle de grande ampleur.
Et puis le pôle aéronautique dans le Sud-Ouest, là on est plutôt du côté de de Bordeaux et Toulouse avec notamment le rafale qu'on ne présente plus, meilleur avion du monde évidemment qui est qui est fabriqué à à Méignac notamment. Effectivement, on a l'avantage d'avoir là aussi deux avionneurs en réalité. Donc Airbus qui fabrique notamment les avions de transport, la 400M et d'Assut qui est voilà qui est là aussi à la pointe de l'excellence en terme de d'aviation de combat évidemment avec le l'avion rafale qui maintenant est un véritable hit en terme de d'exportation.
Donc on le voit alors c'est bien comprendre que cet appareil c'est un appareil polyvalent. C'est certainement actuellement dans sa version F4, il a évolué. Donc ça c'est la 4e version du rafale qui est en cours.
La 5e est en préparation. C'est certainement le meilleur avion polyvalent au monde. C'est-à-dire queil peut la faire à la fois de c'est un excellent chasseur aérien.
Il peut abattre tout ce qui est dans le ciel. Il peut frapper au sol, on voit tout ce qu'il peut transporter. Euh voilà.
Donc c'est en terme de de polyvolant, c'est ce qui se fait de mieux. Alors, les Américains, on va en parler sans doute, euh, on va le comparer tout à l'heure avec F35 qui fait pas tout à fait le même boulot, mais voilà, son seul défaut par rapport au ces concurrents américains, c'est qu'il n'est pas complètement furtif, c'est-à-dire que on le voit au radar pour faire simple, mais ceci dit, c'est un évidemment un excellent appareil. Et puis il y a aussi, on va revenir sur sur l'autre carte puisqu'on a évoqué tous les autres pôles, il nous manque aussi le pôle spatial terrestre.
Alors, attention, le pôle spatial et terrestre éventuellement terrestre. Oui, en Île-de-Fance, c'est pas du tout la même chose. Alors, pour être très précis, alors là, le grand constructeur des matériels terrestres, c'est KNDS France.
En fait, c'est un consortium désormais franco-allemand. Et donc, dans sa version française, il produit bah les équipements majeurs de l'armée de terre. Alors, il rénve le Charles Leclerc, c'est d'ailleurs à l'origine, c'est c'est cette société qui a fabriqué le Charles Leclerc sous un autre nom.
Euh c'est tous les véhicules de combat de l'infanterie euh française, les véhicules de transport de de combat et le Canon César notamment. Euh si on parle du Canon César, c'était si on remontre juste l'autre carte, on n'est pas tout à fait dans le pôle euh terrestre qu'on qu'on montrait tout à l'heure. On est plutôt ici, on est plutôt à à Bourge.
Donc là, on va pouvoir s'intéresser en fait, comme vous le voyez sur la carte, les les les pôles de construction terrestres sont pratiquement dans toute la France. Euh et traditionnellement, originalement, l'industrie euh terrestre s'était plutôt concentrée dans le massif central. Donc le canon César, c'est quand même de nos c'est l'un de nos petits bijoux.
Oui. Alors euh globalement les on a peut-être par rapport à ce qu'on voyait dans le domaine naval ou aérien peut-être plus de difficultés dans le domaine terrestre à exporter parce qu'on a fait des choix. Euh, on a fait des choix notamment pour tous nos véhicules de combat à l'exception du Leclerc du Cher Leclerc de véhicules à roue, ce qui pose peut-être certains problèmes lorsque il faut combattre à grande échelle sur un champ de bataille européen un peu compliqué comme l'Ukraine.
Euh mais voilà donc mais malgré tout, ce sont d'excellents eng parmi eux, celui que bah qui a fait un tabac aussi à suite de son du retour d'expérience en Ukraine, c'est le canon César. Donc vous voyez, c'est un canon euh tiré sur un véhicule à roue euh mais qui est quand même extraordinairement puissant. Globalement plus un engin sur chenille sera peut-être plus lourd, plus puissant, peut tirer plus loin.
Là, on a un engin euh qui qui est pratiquement ce qui se fait de mieux actuellement comme au buusier. Il peut tirer jusqu'à 40 km et il peut se déplacer très vite. Peut tirer évidemment avec une très très grande précision et il peut se déplacer très vite.
L'obus a pas eu le temps d'arriver sur l'objectif que le le véhicule a déjà quitté sa position. et c'est déjà installé sur une autre position, ce qui le met à l'abri de ce qu'on appelle la contrebatterie. Donc excellent engin.
Là aussi euh on a multiplié la la production française, donc c'est un hit français. Merci beaucoup colonel Goya. Euh colonel Pierre Deon, vous vous allez pouvoir dire du mal de tout ce qu'a dit euh le le colonel Goya.
Quelle idée ? Non, certainement pas. Mais d'une manière générale, on a vu qu'on est techniquement très bon.
Est-ce qu'on en produit assez de tout ça ? J'aurais pu rajouter deux choses. C'est les sous les au-delà des sous-marins dans dans l'ouest de la France à Brest et à Saint-Azer, on fabrique des des des lampes bateau, des des des TCD transport de d'hélicoptères et et le porte-avion qui se fait qui se fait qui se fait dans le qui se fait dans l'ouest de la France et c'est c'est une technologie extrêmement avancée.
Je note toutefois qu'il y a un problème sur les catapultes. Les catapultes sont d'origine américaine. Donc là, on a un sujet et qu'on a pas traité parce que on est dans un sujet très particulier, très tendu.
Donc on a on a une espèce d'imbation des matériels parce qu'en fait c'est eux qui fabriquent les catapultes. Donc je ferme la par ferme la parenthèse. Évidemment on fabrique le problème il faut vendre.
Rappelez-vous la phrase du du de monsieur Morin. Faut faut les vendre et il faut les produire aussi. Oui mais il faut pas casser le sujet parce que alors on a l'outil industriel ça c'est indénégiable.
Mais rappelez-vous monsieur Morin en 2011 dans une espèce de de grand raout militar militaire ou politico militaire ou avec des militaires en tout cas qui disaient qu'en fait le rafal était beaucoup trop sophistiqué et qu'on avait du mal à le vendre. Aujourd'hui, on sait que c'est comme le le Die Michel, c'est un des avions les plus performants au monde. Mais il avait raison l'ancien ministre.
Ah ben il est totalement tort. Mais il il a bien sûr qu'il est totalement tort. Il a fallu il aurait dit beaucoup plus prudent.
Si on veut vendre un un appareil, on dit pas qu'il est trop sophistiqué, qu'il est trop cher. On dit juste qu'il est génial. C'est qu'il ser une balle dans le pied.
C'est Et c'est exactement ce que fait euh notre ministre le cornu actuellement. lui, il fait il fait la promotion de tout ça et et je regrette au passage que notre ministre n'est pas rajouté les bons discours qu'il fait où il parle de quantique parce qu'en fait là on parle beaucoup de de conventionnel tel qu'on pouvait l'imaginer il y a encore quelques années mais aujourd'hui le vrai sujet c'est pas être quantique artificielle de parler de drones de robots et de soldats augmentés donc on voit qu'il y a il y a plein de sujets en cours et là je rejoins je je joins à 100 % c'est qu'en fait le le le système militaire les budgets militaires permettent de de tirer des technologies totalement avancées qui peuvent servir évidemment pour l'armée mais évidemment dans domaine civil. Allez, dans un instant, nous serons avec Pascal Boniface.
Bonsoir Pascal Boniface, directeur fondateur de l'IRIS, co-auteur avec Hubert Vedrine de l'ouvrage L'atlace des crises et des conflits aux éditions Armand Colin. Je viens vous voir dans un tout petit instant, mais d'abord je voudrais qu'on fasse un petit détour par Bruxelles pour aller retrouver Magalie Bartes et Éric Jos. Il y a un sommet européen crucial qui se tient en ce moment même en Belgique.
C'est là où vous trouvez Magalie. Les dirigeants de l'Union européenne discute de l'ADUraine mais surtout de la question du renforcement de la défense européenne. Et il y a un mot d'ordre.
Prenez vos distances avec les Américains. Oui. Bonsoir à tous.
C'est vrai que quand on regarde les chiffres, les Étatsmembres et bien ils achètent 60 % plus de 60 % de leur équipement militaire aux États-Unis aujourd'hui. La préférence européenne dans ce domaine, c'est vraiment le combat de la France depuis des mois voire des années. Et ça y est, elle est inscrite noir sur blanc dans le livre blanc sur la défense qui a été publiée par la Commission européenne où il est dit que pour profiter des prêts pour le réarbement de l'Europe et bien il faut acheter en priorité des matériels fabriqués dans l'Union européenne avec au moins 65 % c'est précis de composants locaux.
Ce sevrer en fait de l'équipement américain, on sent maintenant que c'est la priorité des Européens tellement ils ont pris euh conscience que les États-Unis pouvaient leur imposer des restrictions d'utilisation tellement aujourd'hui ils sont dépendants de la maintenance euh des pièces détachées. Alors il y a quelques temps, tout ça ne posait aucun problème. Acheter américain, c'était même une garantie de sécurité pour les Européens.
Et puis tout a changé. On le voit quand on regarde ce que fait la 13 atlantiste Allemagne qui a fait sauter tous les verrou de l'orthodoxie. budgétaire pour investir désormais massivement dans son outil de défense.
On le voit aussi quand on regarde le Portugal hein qui devait acheter des F35 américains et qui est en train de revoir ses plans pour acheter européens et pourquoi pas d'ailleurs des rafales. Il est vraiment stupéfiant de voir ici à quel point l'investiture de Donald Trump c'était il y a 2 mois jour pour jour a complètement changé la donne et fait voler en éclat toutes les certitudes des Européens sur la fiabilité. de l'allié américain.
Merci beaucoup Magalie Bartes avec Éric José. Je voudrais vous faire écouter Urçu la Vlon qui s'exprimait justement là où se trouve actuellement Magalie Bartes où elle disait justement qu'il fallait en finir avec ce business avec les Américains. Écoutezla.
D'ici à 2030, l'Europe doit disposer d'une position de défense européenne forte. L'état de préparation à l'horizon 2030 signifie que l'Europe doit s'être réarmée et avoir développé les capacités nécessaires à une dissuasion crédible. Nous devons acheter plus européens car cela signifie renforcer la base industrielle et technologique de la défense européenne, stimuler l'innovation en Europe et créer un marché européen pour les équipements de défense.
Pascal Boniface, quand quand on entendait notamment Magalie Bartes qui disait que l'investiture de Donald Trump avait changé beaucoup de choses, est-ce que vous êtes d'accord avec ça ? Est-ce qu'il nous a fait du bien dans notre prise de conscience et dans notre volonté de prendre nos distances de Tout à fait. Il y avait deux solutions en fait.
Soit les Européens tétanisaient, demandaient grâce et faisaient tout ce que les Américains leur demandaient de faire en espérant que Donald Trump revienne sur ces positions. Mais là, ça a été exactement l'inverse. C'est les Européens ont mûri très rapidement.
Ils sont devenus, ils sont sortis de leur adolescence géopolitique pour devenir adultes en quelques semaines et que l'on voit effectivement comme l'a dit Magalie Bertes que le Portugal réfléchit à ne plus acheter des F35 mais plutôt du matériel européen. Et surtout ce qui est important dans cette réunion donc c'est le une sorte de BU European Act parce que si on augmente les budgets de défense pour acheter le matel américain, on sera toujours dépendant dans la mesure que du fait des nomes iftar, les Américains contrôlent conservent le contrôle des armements et donc là ça va être un boost pour la base industrielle de défense européenne et c'est une très bonne chose. Donc on on est en passe vraiment de prendre les bonnes décisions et de se dire on rentre dans une nouvelle ère.
Les Américains nous ont dit très vertement, très fermement et très brutalement qu'il ne fallait plus compter sur eux. Et bien, on va compter sur nous-mêmes. Hm.
Samantha de Bendern, on on sait à quel point vous êtes inquiet depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Néanmoins, est-ce que sur ce coup-là, vous lui dites merci parce que c'est un mal pour un bien pour les Européens ? Non, non, vous ne direz jamais merci à Donald Trump.
Non, je ne lui dis pas merci parce que c'est d'autant je je salue ce ce cette volonté d'avoir une autonomie stratégique européenne, même si en tant que britannique, je sais que mon pays est exclu et je comprends pourquoi il est exclu. Mais en même temps, je peux pas m'empêcher de de d'avoir un petit peu de recul d'historique sur ce qui se passe parce qu'imaginez-vous là, nous sommes en Europe, nous sommes en train de de se féliciter de cette autonomie stratégique européenne. Le le le grand la grande nouvelle de la semaine, ce sont les Allemands qui vraiment de façon très déterminée disent "Nous vous nous ne voulons plus acheter Américain." Dans un sondage récent, 76 % des Allemands disent "Aujourd'hui, "Nous devons acheter Américains." et et cette nouvelle alliance franco-allemande qui qui est qui est qui est magnifique dans un contexte historique sur le continent européen, ce continent qui a pu mettre à bas la menace allemande grâce à l'allié américain.
Donc, imaginons-nous dans un contexte historique juste de voir à quel point les alliances basculent et et moi qui suis à la fois une européenne convaincue, je ne peux pas m'empêcher de penser que le modèle français avec sa vraie autonomie stratégique et son et son son désir de rester vraiment de de se satisfaire toute seule de sa propre défense est tellement important parce qu'aujourd'hui nous sommes d'une Europe unie. Mais qu'est-ce qui va se passer demain ? Qu'est-ce qui va se passer demain si par exemple une Allemagne réarmée tout d'un coup il y a l'AFD prusse au pouvoir ?
Donc si vous voulez on on on se pour moi c'est très très dur de de de d'avoir du recul sur ce qui se passe parce qu'on est tellement dans un élan vers l'avant maintenant parce qu'on est tellement pris par à la fois cette cette peur de la Russie qui qui nous menace de ce désarroi vis-à-vis de l' des États-Unis qui qui nous quittent. Mais nous en Europe, sommes-nous vraiment unis et je pense que avec ce désir de réarmer l'Europe, il faudra vraiment réfléchir à une résilience de nos démocraties et une résilience de nos systèmes pour pas que ce réement de l'Europe ne ne mène à une situation encore plus complexe. Peut-être une réaction de de Pascal Bonifas, que pensez-vous de de ce que dit Samantha de Bender notamment sur cette incertitude en Europe ? elle existe mais en tout cas il y a moins d'incertitude si on va vers une défense européenne que si on n'y va pas.
Effectivement la FD n'est pas encore au pouvoir en Allemagne fort heureusement et en tous les cas n'est pas en faisant rien que on l'empêchera d'arriver au pouvoir. Donc le fait qu'il y ait un dynamisme européen et une volonté d'agir de façon souveraine meilleure façon d'éviter le pire. On a le choix entre ne rien faire, entre vouloir rester sous protection américaine de façon inutile parce que pendant 4 ans ça ne sera pas ça ou au contraire de dire on a et l'horizon 2030 c'est un très bon horizon parce que bien sûr la la base industrielle et technologique de défense européenne elle sera pas prête l'an prochain mais on a jusqu'à 2030 pour la bâtir et faut faire dès maintenant en achetant européen tel que c'est prévu tel qu'on l'a prévu au Bruxelles parce que le paradoxe ça serait d'acheter plus d'armes américaines pour se protéger de la Russie qui est en alliance ou en partenariat avec les États-Unis.
Non, moi je suis plutôt agréablement surpris par les décisions qui sont prises. On a un peu l'impression que l'Europe devient gauliste et que c'est une très bonne chose par rapport à l'autonomie. Alors, il faut pas que la France commence à bombarder les autres pays en disant on vous l'avait bien dit, mais en tous les cas dans la bonne direction et profitons de ce moment parce que en fait, on n pas le choix.
Les Américains ne nous protègent plus et les Russes continuent de nous menacer. Donc, il faut bien qu'on agisse seul. Oui, je voudrais rebondir sur sur votre déclaration.
Vous dites "On va dans la bonne direction. En même temps, on part de loin quand on regarde les chiffres." Regardez, Urs La Vlen a raison de tirer la sonnette d'alarme et pas que elle. 78 % des armes européennes proviennent de pays extérieurs à l'Union européenne.
C'est considérable, colonel Goya ? Oui. Mais pourquoi aussi ?
Euh pourquoi est-ce que les Polonais par exemple euh lorsqu'ils décident d'acheter très vite, il décident d'investir ? C'est un peu le cas qui va se présenter pour tous les pays européens maintenant. dire voilà ça y est on achète mais on se retrouve qui va vendre et là d'un seul coup les Polonais ont dit bah nous on va acheter des chars des black panthers sud-coréens qui sont au passage des compies du lecler et comment est-ce qu'ils font leur choix non mais parce que si ils regardent ce qu'il y a sur le marché tout de suite.
Et pourquoi le sud-coréen en premier ? Ben parce que en Corée du Sud on a anticipé le fait que un jour il faudrait peut-être remonter en puissance et passer véritablement en économie de guerre. Eux ils sont menacés.
Eux, ils sont se préparent à au coup de siffl à passer tout de suite en situation de guerre. Donc vous avez on a rien en rayon. Non non, c'est pas ça.
C'est que les et contrairement moi ça fait des moins au moins 15 ans que je je prendre ça d'anticiper ce genre de chos mais par exemple dans les en Corée du Sud là où vous pouvez produire sans charge don un exemple et en réalité il y a des chaînes de production pour en produire 200 c'est du plus c'est du en plus. C'est payé par l'État mais c'est préparé. Et donc au coup de sifflé, il y a un problème mais on on augmente la production très vite.
Nous comme on a rien anticipé et bien là on est lié. Faut fabriquer des nouvelles chaînes de production c'est long. Ça demande des investissements considérables.
Donc il faut des années d'inertie avant de pouvoir profiter effectivement enfin d'avoir des effets matériels de l'investissement que l'on fait l'ont fait maintenant par manque encore une fois par manque de vision et par manque d'anticipation. Alors justement, ce sera peut-être lors de notre revanche avec le fameux rafale français. Vous rêviez d'en parler depuis tout à l'heure.
Juste une information qui fait froid dans le dos. Environ 1100 F35 ont été commandés par de nombreux Européens, notamment le Danemark, le Royaume-Uni, l'Italie, la Norvège, la Finlande, les Pays-Bas, la Belgique, la Pologne, la Suisse et l'Allemagne. Tous sont achetés des F35.
Alors, la révolte est en marche puisqu'il y a une fronde des de des de pays européens et des alliés. Regardez, ce sont ceux qui voudraient casser leur contrat, le Portugal, la Suisse, le Canada et l'Allemagne. Je voudrais vous faire écouter le euh le le futur chancelier allemand qui expliquait justement qu'il regrettait d'avoir acheté CF35.
Absolute priorité. Ma priorité absolue sera de renforcer l'Europe le plus rapidement possible pour que nous obtenions peu à peu une véritable indépendance vis-à-vis des États-Unis. Je n'aurais jamais cru devoir dire cela dans une émission de télévision, mais au vu des dernières déclarations de Donald Trump, il est clair que les Américains, en tout cas cette administration sont largement indifférents au sort de l'Europe.
Colonel Pierre Deuyon, qu'est-ce qui nous a pris à nous européens d'acheter autant de F35 ? On a on a la comparaison entre le l'avion américain et l'avion français. Il y a à peu près les mêmes caractéristiques.
Ah non, pas du tout. En tout cas, dans ce que nous on a écrit, il y a à peu près les mêmes caractéristiqu à part que le le français est est moins cher. C'est quoi la différence ?
C'est quoi la différence ? Bah, il y a deux euh comment dire ce que disait tout à l'heure, le Raphael, il est polyvalent. Le F35, non, globalement c'est un mauvais avion, il vole mal.
Il s'appelle son petit nom c'est le Lightning l'éclair mais en fait il peut pas voler par temps d'orage parce que ça ça perturbe toute son électronique de bord mais il a deux qualités un il est furtif effectivement c'estàdire que il échappe au radar donc il peut pénétrer dans les défenses aériennes. C'est pour ça que les Israéliens par exemple utilisent pour aller frapper en Iran. Donc ça c'est une qualité qui est quand même très très importante.
Et une zone deè deuxième qualité il y a plusieurs versions du F35 A B et C. Euh la version B, c'est un décollage vertical et donc vous pouvez avoir un engin euh h un bon engin malgré tout hein euh de de dit de 5e génération qui peut décoller par exemple d'un porte hélicoptère d'un petit engin. Donc vous avez des marines espagnoles ou autres qui disent bah nous euh ça vous intéresse, on a des des portes hélicoptères et on peut avoir l'équivalent de la du rafale marine sur un petit un petit bateau.
Donc ça nous intéresse. Ça c'est les deux qualités. Pour le reste euh bah le rafale est est quand même globalement beaucoup plus polyvalent et supérieur, moins cher et surtout on dépend pas euh de de d'une maintenance électronique qui est euh située au Texas.
Il y a un point très important en fait, c'est le prix à payer à l'OTAN. Donc l'ensemble des pays européens étaient obligé de de comment dire de de payer leur cotisation et c'était l'achat de matériel américain. Le F35 était vraiment le produit phare.
Regardez un exemple. On a un rafale qui est sur le marché depuis quasiment 20 ans. On l'a vendu à qui ?
En Europe ? On l' et en matériel d'occasion à la Grèce, à la Croatie, à la Serbie. La Serbie c'est pas encore livrée.
Donc on voit qu'en fait et la Grèce pourquoi la Grèce nous l' acheté ? Parce qu'ils sont en tension avec les Turcs et les Turcs on va en verer F35. Ce que je veux dire, c'est qu'encore une fois c'est qu'il y avait un marché. le marché autienen était dominant et la vraie révolution c'est MER ce qui vient de le dire c'est le fait que les Allemands considèrent qu'aujourd'hui bah c'est une absurdité d'acheter du matel américain et je pense qu'aux États-Unis je pense qu'il va y avoir des contrefeux extrêmement importants dans les semaines qui viennent ils vont pas laisser le leur industrie comment dire aéronautique militaire leur échapper comme ça c'est un des produits phares et encore une fois je rajoute à ce que vient de dire Michel Goya c'est qu'en fait c'est un engin qui n'est pas encore au point il est très récent faut savoir que le le F35 c'est la 5e génération alors que le rafale c'est la 4 génération il est il est à un tout petit peu inférieur encore juste parce que il est plus vieux tout simplement.
Ce que je veux dire c'est qu'en fait il y a donc ce marché du F35 la 5e génération les Américains ils vont se battre comme des chifonniers pour le pour le pour le faire et on voit déjà que la communication américaine depuis quelques jours en direction des Européens c'est vous inquiétez pas on va vous régler le problème. Le problème encore une fois c'est que les Américains peuvent contrôler effectivement l'emploi le l'emploi l'appareil et au pire il peut vous empêcher très concrètement de faire tout ce qui est maintenance. Donc encore une fois le le marché c'est un marché de but c'est notamment ce que disait le général Christophe Gomard il y a quelques jours.
Il disait "Si les États-Unis attaquaient le Groenland, aucun pays européen ne pourrait faire décoller ses F35 pour le défendre. Il dispose d'un système de blocage si le plan ne convient pas au Pentagone. C'est extrêmement effrayant.
Pascal Boniface. Autre réaction aussi, c'est celle de Florence Parli qui déjà en 2019, alors qu'elle était ministre des armées, disait ceci : "La clause de solidarité de l'OTAN, c'est l'article 5, c'est pas l'article F35." Les grands expressions, c'est c'est la citation que j'allais faire effectivement et à partir du moment où l'article 5 n'existe plus, puisque les Américains ne gardissent plus la sécurité des Européens, et ben il y a plus d'achat de F35.
Donc en fait Florence Paris à l'époque protestait par rapport à ce que dit Beya et Pierre Dejong sur le fait que les paysant se sentaient obligés d'acheter du matériel américain pour avoir la protection américaine. Il y avait une pression américaine de dire "N'achetez pas français, vous faites partie de l'OTAN qui vous protège" c'est quand même plutôt nous que les Français donc acheter américains. Mais à partir du moment où cette protection n'existe plus, il y a plus aucune raison d'acheter le matériel américain.
Surtout comme cela a été dit, c'est que ils ne sont pas autonom qu'ils sont toujours contrôlés de Washington. Donc si on veut euh une autonomie stratégique, c'est avec des matériels qui soient autonomes. Pourquoi de Gaulle a doté la France d'une industrie nationale de défense ?
C'est pour que sa politique d'indépendance stratégique soit servie par une industrie de défense autonome également. Et sans industrie de défense autonome, il y a pas d'autonomie stratégique. Donc il faut maintenant effectivement acheter européen, construire européen et être autonome de façon européenne.
Ça manda de Bandern. Non, ce ce qu'il y a quand même une chose qu'il faut comprendre que la transition euh de de matériel américain à matériel non américain européen va pas se faire si vite. Je rappelle quand même queà l'intérieur des pays de l'OTAN euh sur qui faisait partie du pact de Varsoville, la République tchèque, la Pologne, la Slovaquie et compris les Pays-Balt, beaucoup de leur aviation aujourd'hui est faite de MIG, de soy, de Yak, que ce soit l'aviation, les avions de chasse, que ce soit les avions de transport ou les hélicoptères.
Et donc aujourd'hui, ce sont des des avions de l'OTAN qui sont des avions grosso modo russes qui dépendent encore de la Russie pour leur pièces de rechange, pour leur composant, pour la maintenance. Bon, c'est c'est en train de de se euh de de diminuer et pour être remplacé par en beaucoup de cas par des Américains. Donc, vous imaginez les pays de de l'Europe de l'ast qui sont qui ont fait tous ce transfert de soviétique à américain pour une grande partie qui aujourd'hui vont être obligés de repenser à un transfert vers des rafales ou ou des des des d'autres avions quand je peux même pas penser à d'autres que que les Français.
Mais le GR le Gripen, mais le Gripen, il a un composant américain et britannique qui fait que justement le le comment dire l'anormitard que vient d'évoquer euh Pascal Bonifa et les Américains pourent nous interdire les utilités. Voilà. Et puis les Américains sont responsables de toute la maintenance des avions.
Donc même s'il y avait pas le kill switch, il aurait toute la maintenance et et les pièces de rechange. Donc si si on se plonge là-dedans à l'échelle otanien et à l'échelle européen avec ce mélange d'Américain, d'Européens et d'ancien soviétiques, ben on n pas sorti de l'auberge et n'importe quoi. Voilà.
Et donc il faut trouver des des bah des réponses européennes et je pense que des opportunités pour les industriels sont quand même très très intéressantes si si s'il se dépêche. Colonel Pierre de indénieblement de toute façon on n pas le choix. Encore une fois, c'est vrai que pendant 30 ans, il y aura un espèce de tuilage entre les Alors, c'est pas plus les soviétiques ont disparu là pour le coup.
Les derniers, c'est c'est les Polonais quand ils ont ils sont débarrassés de leurs chars soviétiques, les T80, ils ont acheté justement des chars chars coréens parce que quand en donnant les vieux chars qu'ils avaient aux Ukrainiens, ils sont fait rembourser par l'Union européenne. Il y a un programme qui s'appelle la FEP, la facilité européenne de paix. Donc tout le matériel qui est donné à l'Ukraine est remboursé par l'Union européenne.
Donc c'est grâce à ça qu'ils ont eu des fonds. Ces fonds, ils voulaient racheter des des blindés neufs malheureusement mais il y en avait pas sur le marché. Donc ils ont acheté les Sud-Coréens.
Donc c'est vrai que c'est une obligation. On peut bien sûr on peut pas raisonner aujourd'hui. Enfin si c'est pas raisonnable de rester sur le modèle dans lequel on était.
En plus les français nous ça nous coûtait cher. Pourquoi ? Parce qu'un exemple le rafale est très cher.
Pourquoi ? Parce qu'on on le fabrique en comment dire en quantité relativement limitée. Pourquoi le F35 va être moins cher ?
Parce qu'ils ils en font 1000. Donc bien évidemment espèce de truc industriel fait que naturellement bah le le rafale va rester cher même s'il est plus person. Là, ça y est, pour vous, on est véritablement en train de prendre ce virage.
Le virage du Made in France, made in on va dire, on va dire les modalités, on les connaît pas encore. Je parle sous le contrôle de Michel. Enfin, encore une fois, on n pas les modalités, ce sont que des paroles ou est-ce que vous pensez que ça vraiment être on saura dans quelques mois.
Vous savez, dans le domaine de l'armement, on est sur les cycles longs, 10 ans pour concevoir un matériel et 30 ans dans votre simplement. Après, vous avez des contrats, des contrats de F35, un contrat, c'est des contrats énormes, hein. Là, on parle à chaque fois de milliards, hein, euh, d'euros ou de dollars.
Euh, ça se casse pas comme ça, quoi. Il y a des pénalités à payer si on décide d'abandonner et puis ensuite on décide d'abandonner le F35. Pourquoi ?
Euh, les pays qui ont fourni des F16 à l'Ukraine, c'était en attendant les F35. Euh, s'il y a pas des F35, ben vous achetez quoi ? Les rafales, certes, mais peut pas augmenter la production à vitesse grand V.
Donc, il faudra attendre des années. Euh donc ça pose aussi très concrètement des tas de problèmes. Alors effectivement, on sera sur un tuilage mais globalement on va dans le bon sens et c'est la bonne c'est le bon moment effectivement d'investir dans les entreprises de défense française.
C'est c'est le bon moment donc d'investir. Mais alors, où va-t-on trouver tout cet argent pour en parler ? Bonsoir Emmanuel Oriol, merci de nous avoir rejoint.
Vous êtes professeur d'économie à la Toulouse School of Economics. Vous allez être très précieuse sur ce sujet. Comment est-ce qu'on va bien pouvoir trouver tout cet argent ?
Est-ce que les Français sont prêts à payer et à mettre la main à la poche ? On en parle dans un instant. À tout de suite dans le grand dossier.
Guerre de demain, comment la France se prépare. Bonsoir, c'est l'objet de notre grand dossier sur LCI. Merci de nous rejoindre.
La France doit se tenir prête. C'est le mot d'ordre d'Emmanuel Macron. Mais alors, qui va payer ?
Jette Partouche. Bonjour. Merci de nous avoir rejoint.
On a une mauvaise nouvelle, c'est les Français. qui vont devoir payer. Mise la contribution.
Effectivement, c'est ce que propose Éric Lombard. En fait, précisément le ministre de l'économie propose deux choses. La première, d'abord écoutez, un nouveau fond va être créé par BPI France.
Les Français pourront par des tickettes 500 € placer leur argent sur du long terme parce que c'est du financement d'entreprise. Donc le ministre de l'économie demande en fait à la BPI, la banque publique d'investissement qui dépend donc de l'État de lever 450 millions d'euros pour investir dans la défense. Comment précisément ?
En offrant la possibilité aux Français qu'ils souhaitent d'acheter des actions dans les entreprises estamp défense. Minimum de la mise 500 €. En gros, les 4000 PME qui sont répartis sur le territoire français et qui sont estampés de défense aujourd'hui vont ouvrir leur capital pour permettre aux Français de devenir actionnaires.
Ce fond de 450 millions d'euros, c'est un fond qui sera ouvert une fois par an. Donc chaque année, les Français vont avoir la possibilité d'acheter des actions pour rentrer dans le capital de ces entreprises. Dans ce cas-là, vous achetez des vous achetez vos actions à un fond public.
Deuxième possibilité, on écoute Éric Lombard. Les grands réseaux bancaires, les grands réseaux d'assurance vont mettre à disposition d'autres fonds, des fonds purement privés pour que celles et ceux qui le souhaite sur une base de volontariat et ça s'adresse évidemment à celles et ceux qui ont un peu d'épargné à long terme. C'est pas comme le livré de l'argent qu'on peut placer et reprendre de de mois après.
Donc le ministre de l'économie demande ici aux réseaux bancaires privés, aux grands groupes d'assurance d'offrir eux la possibilité à leurs clients d'acheter des actions dans des fonds d'investissement qui ont pour thématique la défense. C'est donc du capital, c'estàd qu'on ne parle pas d'argent qu'on va mettre sur un livret et dont on pourra disposer comme on veut avec le rendement immédiat. Sinon, on serait plutôt dans le cas de figure d'un emprunt national et c'est pas ce dont il est question aujourd'hui.
Dans un cas comme dans l'autre, avantage comme inconvénient, avantage, vous offrez du capital à votre entreprise estampillé défense qui sera donc mieux valorisée. Une entreprise qui est mieux valorisée, c'est une entreprise qui peut emprunter, qui peut donc acheter des machines pour produire, qui peut embaucher du personnel et qui peut donc booster sa production. de vos rendements dépendent, vous le voyez, de la performance de l'entreprise, sachant que la dynamique c'est d'accélérer les commandes, donc mobiliser toutes les entreprises du tissu industriel français.
Il y a fort à parier que vos actions prennent de la valeur. Inconvénient, c'est du long terme, c'estàd vos rendements, vous ne les aurez pas tout de suite parce que c'est bloqué pendant un délai de minimum 5 ans. C'est ce que vient d'expliquer Éric Lambard à l'instant.
OK. Merci beaucoup Jette Partouche pour toutes ces informations. On est aussi avec Emmanuel Oriol.
Bonsoir. Merci de nous avoir rejoint. On le rappelle, vous êtes professeur d'économie à la Toulouse School of Economics et membre du Cercle des économiste et du conseil d'analyse économique.
Quand on entend ce que dit Jad notamment sur la les Français qui pourraient notamment aider pour et investir dans dans dans la défense française, est-ce que vous dites que si c'est sur la base du volontariat, ça va marcher ? Alors euh il y a il y a plusieurs euh il y a plusieurs points. Donc il y a plusieurs options évidemment.
Oui. Oui. Oui.
Donc déjà bon, on parle d'une somme qui est relativement modeste, hein, 450 millions. Il faut savoir que les pannes des français c'est 6000 milliards d'euros. Donc pour le ramener à des sommes qu'on peut comprendre, c'est comme si on vous demandait d'investir 7,50 € quand vous avez 100000 €.
He c'est ce genre de ratio. Donc c'est relativement c'est l'épaisseur du trait, hein, c'est pas grand-chose. Et euh il faut savoir que les grands groupes de défense ont aucune difficulté à se financer.
Ils sont c'est des entreprises publiques, elles ont des actions. Airbus trouve tout à fait facilement ses financements. Ceux qui ont du mal à se financer, c'est les ETI, les entreprises taille intermédiaire, les start-up et les PME qui sont en dessous.
Et alors, il y a plusieurs raisons à ça, mais elles ont des marches très faibles. En fait, il y a une étude qui vient de sortir du trésor qui est très intéressante, qui compare la profitabilité de ces entreprises avec celles d'entreprises comparables qui seraient pas dans la défense et leurs marges sont plus faibles que les autres. Elles ont moins de fonds propres, elles ont moins de trésorerie.
Alors, pourquoi euh il y a plusieurs raisons. On peut penser qu'une des raisons, c'était parce que avec toutes les normes G, donc euh euh tout ce qui était développement durable, gouvernance, la défense était mal vue et donc elles avaient du mal à se financer par les par les banques. Mais c'est pas que ça, c'est aussi la structure industrielle à laquelle elles sont confrontées.
Quand vous avez des gros groupes avec qui ont du pouvoir de mono de monopson, c'estàdire qui sont très gros donneurs d'ordre et que vous avez des sous-traitants, ils peuvent un peu les étrangler en fait. Et donc les marges sont plus faibles dans ces secteurs qui sont euh en dessous. Donc là, il y a un un petit souci à mon avis de structure industrielle et euh donc ce que vise euh le le ministre de de l'économie, c'est qu'on arrive à financer ces entreprises, ce tissu industriel qui est donc en dessous he des gros groupes.
Est-ce qu'on arrivera à financer ça si c'est sur la base du volontariat ? Bah de toute façon, ça va être basé sur des questions de rentabilité, hein. Là, il s'agit de financer des entreprises qui vont avoir des commandes, des carniers de commande assez plein visiblement.
Donc c'est rentable, c'est pas le problème. Là, la question c'est leur marge. Est-ce qu'elles vont faire suffisamment de marges pour justement rémunérer correctement les les actionnaires qui investi là-dedans ?
Donc il y a il y a cette questionlà. Mais oui, et l'acteur principal, ça va être bien évidemment l'État, hein. C'est lui qui achète des armes, c'est pas on exporte 30 % notre production en France.
Donc on va peut-être vendre à nos un peu plus à nos voisins européens parce qu'ils vont moins acheter américains. Donc c'est un marché qui est assez dynamique. Mais le gros viendra bien sûr de Bern.
Oui, par rapport aux sous-traitants qui se font donc squeezés par par ces grands groupes qui qui achète qui leur achète à eux mais avec qui a beaucoup de concurrents. À partir du moment où les entreprises, les grosses entreprises de défense européenne vont arrêter d'acheter en Chine, en Corée du Sud, aux États-Unis, et bien les les sous-traitants français auront une plus grande force de frappe parce que ils seront obligés de remplacer un vide qui sera fait. Donc ça ça pourrait potentiellement être un très bon investissement pour ceux qui décident de d'acheter parce que ce sont des sociétés qui tout d'un coup auront un grand vi d' combler.
Ah oui oui. Non, je suis pas en train de d'essayer de décourager les auditeurs sur ces investissements. Je vais moi-même si s'il y a je peux le faire en prendre des départs mais euh aussi par patriotisme bien évidemment mais quand même en tant qu'économiste, je suis obligé d'attirer l'attention sur une structure industrielle qui est particulière avec des gros groupes très puissants et des sous-traitants.
He c'est ça la structure, c'est neuf grands groupes, 4000 sous-traitants. Vous voyez bien que le rapport de force, c'est un peu comme qu'on voit les agriculteurs qui râent face à Carrefour, voyez, c'est bien sûr. Mais vous parlez du patriotisme.
Est-ce que colonel Goya, vous vous pensez que c'est une valeur assez importante pour les Français pour qu'ils aient envie d'investir dans notre défense ? J'en suis sûr. J'en suis perdu.
Vous pensez que ça va marcher ? Oui, je pense que ça va marcher effectivement. Euh d'abord oui un peu par patriotisme.
Ensuite, il faut bien l'avantage si vous voulez de ce genre de de produit euh appelé comme ça euh c'est euh en réalité c'est comme ça qu'on finance qu'on a financé les guerres dans le passé hein. C'était souvent par les des emprunts auprès de la la population. Euh et c'est l'avantage c'est que on redonne de l'argent aux français quoi.
Euh contrairement euh au comment dire à la au remboursement de la dette par l'État qui se fait par sur le marché international où l'argent finalement va repartir à l'étranger là par le biais de de l'empr c'est l'argent qui va revenir au français euh sous forme de pouvoir d'achat et qui va revenir un peu dans dans le circuit économique. Donc je pense que ça marché d'une manière générale d'ailleurs les emprunts et les grands emplois comme ça ça enfin sous votre contrôle mais globalement ça marche ça marche c'est pas un emprunt là mais merci merci beaucoup d'avoir été avec nous dans dans ce grand dossier invitation dans un nom an.
Emmanuel Macron