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InterviewRMC (sur YouTube)· 26 septembre 2024ContradictoireActualitĂ© / polĂ©miqueImmigration & asileJusticeÉconomie & entreprisesSĂ©curitĂ©

🔮 DIRECT - L'intĂ©grale de l'interview d’Éric Ciotti, prĂ©sident du groupe Union des Droites pour l...

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

GĂ©nĂ©rĂ©e par IA — peut contenir des erreurs. MĂ©thodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRĂ©ponse directe

    Est-ce que l'objectif c'est d'ĂȘtre ministre pour flatter un Ă©go ou pour redresser le pays ?

  • 2:00RelanceRĂ©ponse directe

    Ce gouvernement peut-il rétablir l'ordre dans la rue et dans les comptes ?

  • 4:00OuverteRĂ©ponse directe

    Qui dirige ce gouvernement, Macron, Barnier ou Le Pen ?

  • 6:00OuverteRĂ©ponse directe

    Quelles sont les principales failles pour restaurer l'ordre et la justice ?

  • 8:00OuverteRĂ©ponse directe

    Qu'est-ce qui a dysfonctionné dans l'affaire Philippines ?

  • 10:00RelanceRĂ©ponse partielle

    Est-ce que la faute impute au juge dans cette affaire ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Éric CiottiFait
    « Ce gouvernement, ce n'est uniquement celui de M. Macron. Ce n'est pas le gouvernement de Michel Barnier. C'est celui de M. Macron ou c'est celui de Marine Le Pen ? »
  • 4:00Éric CiottiChiffre
    « On a un impÎt sur la mort qui est sans doute le plus élevé au monde. »
  • 5:00Éric CiottiFait
    « L'INSEE dit que 90% des successions sont sans droit de succession. C'est faux. »
  • 6:00Éric CiottiChiffre
    « Il y a plusieurs centaines de milliers d'OQTF inexécutés dans notre pays. »
  • 8:00Éric CiottiFait
    « La remise en liberté, la veille que le Maroc envoie le laissé-passer consulaire, est une faute. »
  • 11:00Éric CiottiChiffre
    « Les taux de remise en liberté depuis les centres de rétention sont énormes aujourd'hui. C'est presque 50%. »

ModÚle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Apolline de Malherbe. Il est 8h32 et vous ĂȘtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Eric Ciotti.

Merci d'ĂȘtre dans ce studio ce matin pour rĂ©pondre Ă  mes questions. On va Ă©videmment revenir sur le drame, le drame de Philippines, la question des dĂ©faillances de l'État. Vous ĂȘtes prĂ©sident et fondateur du groupe Union des Droites pour la RĂ©publique Ă  l'AssemblĂ©e Nationale, dĂ©putĂ© des Alpes-Maritimes.

Vous avez rĂ©cemment dĂ©missionnĂ© de la prĂ©sidence des RĂ©publicains. Vous rĂ©alisez que vous pourriez ĂȘtre ministre lĂ  quand mĂȘme ? Pour faire quoi ?

Est-ce que l'objectif c'est d'ĂȘtre ministre pour flatter un Ă©go ou d'ĂȘtre ministre pour redresser le pays ? Est-ce qu'objectivement, ceux qui sont dans ce gouvernement qui en quelques jours a dĂ©montrĂ© quand mĂȘme ses contradictions, et ses contradictions elles sont structurelles, c'est un gouvernement macroniste avec un peu de LR, pour faire quoi ? La rĂ©alitĂ© c'est est-ce qu'on peut demain rĂ©tablir avec ce gouvernement l'ordre dans la rue, l'ordre dans les comptes ?

Je ne crois pas, donc je n'ai aucun regret pour rĂ©pondre Ă  votre question. Je comprends bien que vous vous consoliez, mais j'imagine quand mĂȘme qu'Ă  un moment...

Ce n'est pas une consolation. Je ne donne aucun avenir à ce gouvernement, qui est un gouvernement qui, dÚs le départ, est parti sur de mauvaises bases. Moi je souhaite que le pays réussisse, mais nous voyons bien que ce gouvernement, ce n'est uniquement celui de M.

Macron. Ce n'est pas le gouvernement de Michel Barnier. C'est celui de M.

Macron ou c'est celui de Marine Le Pen ? Les ministres, ce n'est ni celui de Marine Le Pen, ni celui de Michel Barnier, c'est celui d'Emmanuel Macron. C'est lui qui a choisi, jusqu'au directeur de cabinet du Premier ministre, c'est lui qui a choisi les ministres.

Regardez tout le pĂŽle Ă©conomique et social, il n'y a que des macronistes. À Bercy, sur les sujets qui ont trait aux impĂŽts, aux pouvoirs d'achat, ce ne sont que des macronistes. On voit la passation de pouvoir entre M.

Armand, qui a bien commencĂ©, on l'a vu avec ses dĂ©clarations autranciĂšres, qui salue le bilan de M. Le Maire, qui dit « je prends un bilan extraordinaire ». Comment voulez-vous, avec ces options, que l'on redresse l'État budgĂ©taire, l'État Ă©conomique du pays, qui est en quasi-faillite ?

Plus de dettes, plus de déficits, plus d'impÎts. Et on a un ministre qui dit « ce qu'a fait M. Macron, ce qu'a fait M.

Le Maire est formidable ». Éric Ciotti, quand mĂȘme, quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage. C'est-Ă -dire que lĂ , vous ne voyez que l'aspect dans la main d'Emmanuel Macron, mais il y a aussi dans la main de Marine Le Pen.

Vous parliez Ă  l'instant des premiĂšres dĂ©clarations du tout nouveau ministre de l'Économie, qui effectivement a commencĂ© par dire qu'il allait parler avec tout le monde, sauf le RN. La rĂ©alitĂ©, c'est que Marine Le Pen a tapĂ© du poing sur la table, que Michel Barnier a appelĂ© Marine Le Pen pour faire amende honorable, et qu'il a recadrĂ© le ministre. Et le dernier acte, ça a Ă©tĂ© que le ministre lui-mĂȘme a dit « je me suis trompĂ©, j'Ă©couterai le RN ».

Qui dirige dans ces cas-lĂ  ? Qui tire les ficelles ? C'est la logique.

C'est la logique qu'on respecte 11 millions de Français qui ont voté pour notre coalition. Celle de l'Union des droites que je dirige, celle du Rassemblement national. C'est la logique, qu'il y ait ce respect, qu'il n'y ait pas ce mépris.

Vous savez, ces élections
 C'est bien ce que je suis en train de dire. C'est bien ce que je suis en train de dire. L'Union des droites, elle est faite là.

Ces élections législatives, ça a été un gigantesque hold-up démocratique. On sait, certains se sont mis d'accord en appelant, certains de ma famille politique ont appelé à voter LFI, comme M. Bertrand.

C'est une abomination quand mĂȘme. Il y a des candidats LFI, insoumis, ceux de M. MĂ©lenchon, qui se sont retirĂ©s pour les RĂ©publicains.

Donc cette coalition des contraires, comment pouvez-vous imaginer qu'elle redresse le pays ? Nous, nous avons fait une coalition cohérente autour de valeurs d'autorité, d'identité, de liberté, autour de la volonté de redonner du pouvoir d'achat aux Français. Il y a une cohérence.

Ce sont les autres qui ne sont pas cohĂ©rents. Parce que comment voulez-vous qu'on gouverne la coalition qu'il a ? Est-ce que vous ne vous dites pas, au fond, il tient les mĂȘmes discours que nous ?

Bien sĂ»r qu'il tient les mĂȘmes discours. Il a toujours refusĂ© de s'associer avec le RN, contrairement Ă  vous. Mais sur le fond.

Je pense qu'il a eu des interrogations, mais c'est Ă  lui de le dire. Ça veut dire quoi il a eu des interrogations ? Vous en avez parlĂ© avec lui ?

C'est Ă  lui de le dire. Mais en tout cas, d'autres ont eu des interrogations. Ce que je veux dire, c'est qu'avec Bruno Retailleau, quel je souhaite de rĂ©ussir, bien entendu, pour le bien du pays, nous avons portĂ© les mĂȘmes textes.

Ce n'est pas il y a dix ans. C'est l'annĂ©e derniĂšre, en dĂ©but d'annĂ©e, sur la loi immigration. Mais comment voulez-vous que Bruno Retailleau mette en place ces textes, alors qu'il va trouver dans le mĂȘme gouvernement que lui, l'opposition notamment de M.

Migaud ? Ça a commencĂ© dĂšs les premiĂšres heures. M.

Macron a installĂ©, c'est quelque part un peu pathologique chez lui, le en mĂȘme temps, un ministre de droite Ă  l'intĂ©rieur, un ministre de gauche, socialiste, Ă  la justice. Tout ça va conduire Ă  quoi ? À l'immobilisme et Ă  l'impuissance.

Or, on sait bien, et malheureusement, le drame, la tragĂ©die de l'assassinat de Philippines le dĂ©montre, qu'aujourd'hui, les principales failles, en tout cas les principales voies d'amĂ©lioration pour restaurer l'ordre, la justice dans notre pays, sont dans le domaine judiciaire, sont dans la rĂ©ponse pĂ©nale. Ce que vous voulez dire, c'est que Bruno Retailleau aura beau avoir des volontĂ©s communes avec les autres, il ne pourra pas avancer tant que Nidia Migaud sera le ministre de la Justice. Je lui dis chiche, voilĂ , qu'il dĂ©fende les mĂȘmes textes que nous avons dĂ©fendus ensemble.

La réforme constitutionnelle sur l'immigration, pour mettre en place des quotas migratoires, pour que les prestations sociales ne soient pas versées dÚs les premiers jours, pour que l'hébergement d'urgence qui coûte aujourd'hui 2 milliards d'euros à notre pays, qui est embolisé par les trois quarts d'étrangers en situation réguliÚre, soit supprimé. Vous parlez des points qui ont été rejetés par le Conseil constitutionnel dans la loi immigration. Et on peut faire une réforme constitutionnelle.

On peut faire une réforme constitutionnelle. Nos groupes la voteront, ceux du Rassemblement national, ceux de l'UDR. Si M.

Retailleau veut porter cette réforme, nous, nous la voterons. Il y a des blocages. On va y revenir.

Comme moi, il les a constatées. Eh bien, allons-y, levons-les. Nous, nous les voterons, c'est ce que vous dites.

Bien sûr. Dans ce cas-là, chiche. Si toutes les mesures qui vont dans le bon sens, nous les voterons.

Je prends ces exemples. On a porté ensemble la fin des subventions aux associations de migrants. Vous savez, ça coûte 1 milliard d'euros.

Je vais Ă©voquer l'hĂ©bergement d'urgence. L'hĂ©bergement d'urgence Ă  Nile-de-France, chaque nuit, 50 000 lits. Vous allez les mettre oĂč ?

Il faut les expulser. Donc vous préférez les laisser dehors ? Il faut les expulser.

Il y a plusieurs centaines de milliers d'OQTF inexĂ©cutĂ©s dans notre pays. On va y revenir parce qu'Ă©videmment, le drame de Philippines, il traverse tout cela. Mais je reviens quand mĂȘme sur un mot que vous avez prononcĂ©.

Vous avez dit avec une petite pointe d'ironie, il y a rĂ©flĂ©chi. Est-ce que vous pouvez quand mĂȘme vous en dire plus ? Vous ne pouvez pas ouvrir cette porte sans rien dire.

Est-ce que ça veut dire qu'au moment oĂč il y a eu des hĂ©sitations, oĂč vous-mĂȘme, vous avez fait le choix finalement de vous associer avec l'ERN, vous en aviez parlĂ© avec Bruno Rotaillot et qu'il a failli venir avec vous ? Non, je n'en ai pas parlĂ© avec lui. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit.

Je dis qu'il y a eu cette hésitation chez beaucoup de mes amis, ou quelquefois de mes anciens amis, compte tenu de ce qu'ils ont dit aprÚs. Et moi, je prenais, aujourd'hui la droite pourrait gouverner le pays. Bruno Rotaillot n'a pas envisagé de venir avec vous ?

Non, absolument pas. Jamais ? C'est pour ça que je ne me satisfais pas de cette situation, parce qu'il pourrait y avoir un ministre de droite comme garde des Sceaux, de la justice et un ministre de l'intérieur de droite qui travaille ensemble.

On a l'impression que ce gouvernement n'est pas de droite. Il est de droite quand mĂȘme, ce gouvernement ? Mais non, il n'est pas de droite.

C'est un alibi. Ce sont des otages. Ce gouvernement, il est macroniste.

Il est fait, voulu, manipulĂ© par M. Macron, du dĂ©but Ă  la fin. Et mes amis, et je les avais prĂ©venus, je les avais prĂ©venus, ils sont allĂ©s tĂȘte baissĂ©e dans ce piĂšge tendu par M.

Macron. Il ne pourra, malheureusement, je le redoute, je le redoute parce qu'il ne pourra rien apporter de bon au pays. Mais tenir tout de mĂȘme, vous ne voterez pas la censure.

Vous n'aurez pas jusqu'Ă  voter la censure. Je ne m'interdis rien. Nous ne la voterons pas mardi prochain.

Nous ne voterons pas la censure des Insoumis. Nous ne voulons pas le chaos pour le pays. Nous voulons le meilleur.

Moi, je souhaite que la France redresse. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que potentiellement, dans quelques mois, vous pourriez la voter ?

Notre pays va mal. Je la voterai s'il y a des mesures qui mettent en péril notre nation et qui portent atteinte aux libertés des Français, je pense en particulier aux hausses d'impÎts. S'il y a des hausses d'impÎts qui frappent les ménages, les classes moyennes et qui globalement frappent les entreprises, parce qu'avoir comme paresse intellectuelle de dire « on va régler la situation budgétaire », vous avez vu les chiffres annoncés hier, ils sont terrifiants.

D'ailleurs, il faut qu'on ait la vérité des chiffres. Moi, je réclame un audit de nos finances publiques. Nous l'avions demandé.

Michel Barnier lui-mĂȘme l'a demandĂ©. Il a demandĂ© Ă  avoir plus d'informations. Oui, mais enfin, il faut un audit indĂ©pendant qui ouvre les placards oĂč les cadavres sont dissimulĂ©s par l'Ă©quipe Macron.

La Cour des comptes commence à l'envisager, notamment la succession sur les entreprises, les plus grosses entreprises. Là aussi, ça serait une folie. On a un impÎt sur la mort qui est sans doute le plus élevé au monde.

Le plus élevé au monde. Les familles, aprÚs avoir travaillé toute une vie, toute une vie, avoir payé la TVA, l'impÎt sur le revenu
 L'INSEE dit que 90% des successions sont sans droit de succession. C'est faux.

On voit bien qu'il y a des familles moyennes qui sont notamment dans certaines rĂ©gions. Dans certaines rĂ©gions, le prix de l'immobilier est trĂšs Ă©levĂ©. Je pense Ă  la mienne qui se voit privĂ©e du patrimoine de toute une vie par l'État qui vient prĂ©lever cet impĂŽt sur la mort.

Moi, je souhaitais mĂȘme qu'on le supprime. Il faut en tout cas le baisser. Emmanuel Macron l'avait promis lors de sa campagne de 2022.

Promesse non tenue, toucher au pacte d'Utreil serait aussi une fouille. Le pacte d'Utreil, c'est quoi ? C'est permettre qu'on ne ferme pas une entreprise quand le chef d'entreprise décÚde, que ses héritiers puissent reprendre l'entreprise.

Mais aujourd'hui, le pacte d'Utreil, il n'est pas plafonnĂ©. On fermerait des milliers d'entreprises. Ça aurait des consĂ©quences trĂšs lourdes en matiĂšre d'emploi.

Mais ce qu'évoque la Cour des comptes, ce n'est pas de supprimer le pacte d'Utreil pour tout, c'est-à-dire pour les PME, les TPE, mais pour les plus grosses entreprises. Personnellement, j'y suis opposé, que ce soit les petites ou les grandes. L'idée, et pour moi je le redis, c'est une paresse intellectuelle.

On est le pays au monde oĂč les dĂ©penses, les prĂ©lĂšvements, les dĂ©penses publiques sont les plus Ă©levĂ©es. Au monde, 58%, et les prĂ©lĂšvements obligatoires, donc les impĂŽts, les taxes, les cotisations sociales, sont les plus Ă©levĂ©es au monde. Chaque annĂ©e, nous gagnons la coupe du monde des impĂŽts.

Et la seule idĂ©e, au lieu de s'attaquer aux dĂ©penses, j'ai Ă©voquĂ© des pistes tout Ă  l'heure, l'hĂ©bergement d'urgence, l'immigration, les fraudes de toute nature. Ils ont quand mĂȘme dit, le ministre du Budget hier a dit, ce sera notre prioritĂ©, ce sera de baisser les dĂ©penses. La fonction publique.

En quelques années, on a 13% d'augmentation de la population, 44% par exemple, d'augmentation de la fonction publique territoriale. Je ne m'attaque pas aux collectivités, mais je dis, il y a une structure notamment, qui a explosé, ce sont les intercommunalités. Je vois moi dans ma vie.

Qui se sont rajoutées, alors que d'autres n'ont pas été supprimées. Il y a, je crois dans la métropole, plus de 10 000 agents. Il n'y en a eu aucun de moins, dans les communes, et notamment à Nice.

Donc c'est beaucoup ce qui s'est rajouté aux autres. Tout ça conduit à quoi ? A une augmentation de 25% de la taxe fonciÚre à Nice.

Donc ces dĂ©penses, Ă  un moment, il faut les arrĂȘter, de tous les niveaux, au niveau de l'État, au niveau de certaines collectivitĂ©s, et notamment des intercommunalitĂ©s. Et dans ce temps-lĂ , Éric Ciotti, il y a pourtant des grands dysfonctionnements, notamment dans la transmission, des informations, dans les demandes faites de diffĂ©rents services. On le voit avec ce terrible drame de Philippines.

Le ministre de l'IntĂ©rieur, Bruno Retailleau, qui dĂ©clare hier, c'est Ă  nous, responsables publics, de refuser la fatalitĂ© et de faire Ă©voluer notre arsenal juridique pour protĂ©ger les Français. S'il faut changer les rĂšgles, alors changeons-les. Éric Ciotti, Ă  vos yeux, qu'est-ce qui a dysfonctionnĂ© ?

D'abord, il faut peut-ĂȘtre changer les rĂšgles. SĂ»rement, et Bruno Retailleau a raison. Mais dans cette affaire, si la loi avait Ă©tĂ© appliquĂ©e, si les juges avaient pris les bonnes dĂ©cisions, eh bien, ce drame aurait Ă©tĂ© Ă©vitĂ©.

À quelle dĂ©cision vous pensez ? Je pense Ă  la dĂ©cision du juge de la libertĂ© de la dĂ©tention, qui est une dĂ©cision d'opportunitĂ©, qui malheureusement Ă©tait tragiquement erronĂ©e, puisque la remise en libertĂ©, la veille que le Maroc envoie le laissĂ©-passer consulaire, est une faute. Sauf que...

Est une faute. Sauf que, Éric Ciotti, il n'avait pas le choix, juridiquement parlant. Non, non, non, c'est faux.

Il avait totalement le choix. C'est faux. C'est l'appréciation souveraine du juge.

Il aurait pu trÚs bien motiver sa décision par le dernier critÚre de la loi qui prévoit l'attente des mesures pour l'expulsion. Donc, on attendait un laissé-passer consulaire. Il était en cours d'arrivée.

Donc, la décision est heureusement...

Je vais ĂȘtre trĂšs prĂ©cise lĂ -dessus. Heureusement qu'il y a des JLD qui prolongent jusqu'Ă  90 jours. Je vais ĂȘtre trĂšs prĂ©cise lĂ -dessus, Éric Ciotti.

Donc lĂ , il y a pour moi...

Parce que pour prolonger...

Il y a pour moi une faute et beaucoup de juristes. Vous estimez que la faute, elle impute au juge ? C'est l'appréciation du magistrat.

Il devra en rendre compte ? Je pense aujourd'hui que toutes les professions devraient avoir ce rendez-vous de responsabilité. Les policiers, dÚs qu'ils commettent une erreur, ont ce rendez-vous de responsabilité.

Pourquoi il n'y aurait aujourd'hui que cette corporation qui est totalement irresponsable ? Éric Ciotti, on va ĂȘtre trĂšs prĂ©cis. En effet, un juge des libertĂ©s et de la dĂ©tention a validĂ© la sortie du centre de rĂ©tention du meurtrier prĂ©sumĂ© de Philippines.

C'était le 3 septembre. Il y a trois critÚres selon lesquels un juge des libertés et de la détention peut prolonger, pour la quatriÚme fois en l'occurrence, le séjour dans ce centre de rétention. Un, si l'étranger a fait obstruction à l'exécution d'office de la décision d'éloignement.

Ça n'Ă©tait pas le cas en l'occurrence. Deux, s'il a prĂ©sentĂ© une demande de protection contre l'Ă©loignement ou une demande d'asile. Ça n'Ă©tait pas le cas en l'occurrence.

Et trois, si la dĂ©cision d'Ă©loignement n'a pu ĂȘtre exĂ©cutĂ©e en raison d'un dĂ©faut de dĂ©livrance des documents de voyage par le consulat, le fameux laissĂ©-passer. Ce critĂšre aurait pu totalement...

Je ne suis pas d'accord avec vous. Pour une autre erreur. C'est vous dire combien il y avait une erreur.

Vous n'ĂȘtes pas magistrate, vous n'ĂȘtes pas juriste. Non, mais en termes juridiques...

Heureusement, beaucoup de magistrats utilisent ce critĂšre pour aller jusqu'aux 90 jours de rĂ©tention. Sauf qu'en l'occurrence, Éric Ciotti, une autre erreur, donc ce n'est pas pour dire que tout s'est bien passĂ©, il y a une vraie erreur qui a Ă©tĂ© faite, mais l'erreur a Ă©tĂ© faite en amont. Vous le savez, on a perdu plus d'un mois parce qu'on s'est trompĂ© de service pour appeler le Maroc et leur demander le laisser-passer.

Sur la demande du laisser-passer consulat. C'est ce mois perdu qui entraßne également à cela. Le juge, il ne fait qu'appliquer les rÚgles-là.

Il a une libertĂ© d'apprĂ©ciation. Ça s'appelle l'individualisation de la dĂ©cision judiciaire. Ce n'est pas automatique.

La préfecture n'a d'ailleurs pas fait appel de cette décision du juge des libertés des enfants. Il y a un principe constitutionnel, c'est l'individualisation. Moi, je conteste cette décision, mais au-delà, qu'est-ce que dit cette affaire ?

Cette personne est rentrée sur le territoire national. Elle commet un crime en 2019, quelques jours aprÚs son arrivée. Elle est condamnée en 2021 à 7 ans de prison. 2019 plus 7 ans, ça fait 2026.

Pour moi, si la peine a un sens, cette personne aurait dĂ» ĂȘtre toujours en prison. Elle est libĂ©rĂ©e. DeuxiĂšmement, est-ce que cette personne...

Par automaticité de remise de peine. Je conteste, je l'ai toujours fait. Vous pouvez regarder mes amendements à l'Assemblée.

Depuis 2009, je conteste cette automaticitĂ©. Moi, quand on est condamnĂ© Ă  un an de prison, on doit faire un an de prison. À 10 ans, on doit faire 10 ans de prison.

Autrement, nos concitoyens et les victimes ne comprennent plus rien. DeuxiÚmement, cette personne aurait pu purger sa peine au Maroc. Là aussi, il faut qu'on négocie avec les pays.

Il y a 25% des dĂ©tenus qui occupent nos places de prison qui sont saturĂ©es et qui empĂȘchent une bonne rĂ©ponse pĂ©nale. Il faut qu'on nĂ©gocie avec les pays. Ils nous envoient des Ă©trangers.

Lorsqu'ils commettent un crime, un délit, on leur renvoie. C'est la prison et l'avion. Et à tout le moins, dÚs le jour de sortie, ça a été fait d'ailleurs, il faut que cette personne soit placée en centre de rétention et qu'elle y reste jusqu'à ce qu'elle soit expulsée.

Au fond, ce ne soit pas un nombre de jours, mais que ce soit en fonction du jour oĂč le laissĂ©-passer, jusqu'Ă  ce qu'un laissĂ©-passer arrive. Il y a des pays, c'est plusieurs annĂ©es. En Allemagne, aujourd'hui, c'est 6 mois.

Ça nĂ©cessitera sans doute une rĂ©forme constitutionnelle. L'Europe permet jusqu'Ă  18 mois. Le JLD doit intervenir 4 fois pour renouveler en 90 jours. 4 fois.

Mais on perd du temps. Il y a des erreurs de procédure. Il y a des avocats qui exploitent tout ça, qui font libérer.

Les taux de remise en liberté depuis les centres de rétention sont énormes aujourd'hui. C'est presque 50%. Selon certaines villes, sortons certains cras, en fonction de la personnalité du JLD.

Tout ça n'est pas normal. Mais au-delà, il faut qu'on reprenne le cours de notre destin. Les Français, trÚs majoritairement, qu'est-ce qu'ils nous disent ?

Ils ne veulent plus de l'immigration. Et qu'est-ce que...

La politique, pour moi, c'est du bon sens. Quand on est Ă©tranger, en situation rĂ©guliĂšre, ou irrĂ©guliĂšre a fortiori, qu'on vient dans un pays, qu'on y commet un dĂ©lit ou un crime comme un viol. Mais on doit en ĂȘtre expulsĂ© par tous les moyens.

MĂȘme quand on est en situation rĂ©guliĂšre ? Bien sĂ»r. Bien sĂ»r, parce qu'ĂȘtre en situation rĂ©guliĂšre...

C'est-Ă -dire que vous ĂȘtes en sursis, vous ĂȘtes rĂ©gularisĂ©, sauf si ? Oui. Si vous allez Ă  l'Ă©tranger, vous, si vous allez en AlgĂ©rie, ou au Maroc, ou en Tunisie, que vous commettez un crime, vous croyez que vous allez y rester ?

Non. L'ordre est mieux défendu dans ces pays que chez nous. Que chez nous, d'ailleurs, j'ai vu cet été au Maroc, que les autorités marocaines, qui sont trÚs soucieuses de l'ordre, et elles ont raison, je leur rends hommage, et d'ailleurs, elles ont bien joué le jeu dans cette affaire.

Elles ont envoyé le laisser-passer consulat. Et je les en remercie. Les autorités marocaines se sont inquiétées de jeunes issus de l'immigration venant de France, qui ont mis le bazar dans leur rue cet été avec des rodéos.

Ça veut dire que nous, on a laissĂ© faire qu'il y a trop de laxisme, qu'on n'Ă©coute pas les Français. Donc la justice est laxiste pour vous concernant Ă  ce qu'a affirmĂ© Mehdi DĂ©migo. C'est notre systĂšme qui est laxiste.

Il faut remettre de l'autorité à tous les niveaux. Il faut écouter les Français. Il faut du bon sens.

Combien on a eu Lola ? On a aujourd'hui Philippines. Quel prénom demain ?

Vous savez, on a des centaines de milliers d'OQTF qui ne sont pas exécutés. On a des centres de rétention. Il n'y a que 1 800 places pour 700 à 800 000 clandestins dans notre pays.

C'est tout notre systĂšme qui est laxiste, dites-vous. Éric Ciotti, merci d'ĂȘtre venu Ă  ce micro. PrĂ©sident et fondateur du groupe Union des droites pour la RĂ©publique Ă  l'AssemblĂ©e nationale et du parti. des sales.

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