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InterviewLe Figaro (sur YouTube)· 6 mai 2025 14 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsDéfenseÉconomie & entreprises

Macron a-t-il raison de recevoir le président syrien Al-Charaa ?

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:10OuverteRéponse directe

    Est-ce une bonne idée qu'Emmanuel Macron reçoive Ahmed Al-Charaa ?

  • 0:45OuverteRéponse directe

    Pourquoi cette visite est-elle importante pour Al-Charaa ?

  • 1:50OuverteRéponse directe

    Est-ce que cette visite est de l'affichage ou une stratégie diplomatique ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Les Européens sont-ils naïfs vis-à-vis du nouveau régime syrien ?

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Ahed Alchara sera reçu ce mercredi par Emmanuel Macron. Le dirigeant syrien de transition effectue ainsi son premier déplacement en Europe alors que des violences communautaires ont lieu dans son pays. En mars dernier, vous vous rappelez, il y avait eu 1700 qui avaient été tués.

Des combats continuent en ce moment contre des druses. Il y a des il y a des tensions avec Israël. C'est dans ce contexte là qu'Emmanuel Macron va recevoir Ahmed Alara à l'Élysée.

Alors est-ce une bonne idée ? C'est la question qu'on vous pose aujourd'hui sur le site du Figaro. Et pour y répondre, pour y voir plus clair, je suis avec George Malbruno.

Bonjour George. Bonjour. Merci d'être avec nous aujourd'hui.

Grand reporter au Figaro, spécialiste du Moyen-Orient. Cette visite d'Amédal Chara demain, c'est un événement. Oui, parce que c'est la première fois qu'Armed Al Shara effectue une visite en Europe, hein, depuis qu'il a renversé Bachar Alassad le 8 décembre dernier.

Euh donc c'est important, c'est une visite importante dans un pays qui représente pour la Syrie aussi un enjeu particulier parce que la France a été la puissance mandataire euh en Syrie au siècle dernier. Et donc voilà, les proches d'Armé d'Achara que j'ai interrogé sont tout à fait satisfaits. Vous savez qu' il avait été officiellement invité en février par Emmanuel Macron.

Oui. lors de cette conférence, voilà qui n'avait pas à l'époque donné de date. Entre-temps, vous avez fait allusion, il y a eu début mars, ces massacres d'Ala.

Il y a eu euh il y a quelques jours et ça continue encore les tensions entre les druses et des factions euh radical hein autour d'Armé d'Alchara et donc cette visite tombe à un moment un petit peu délicat je dirais à la fois pour pour Chara et surtout pour pour Emmanuel Macron parce que effectivement ces tensions répété à la fois vis-à-vis des alaouites vis-à-vis des Druses donc vis-à-vis deux importantes minorités qui composent la mosaïque syrienne. montre qu'en fait Ahmed Alara est un dirigeant qui ne contrôle pas ses éléments les plus radicaux et c'est bien ça son problème. Donc il doit il doit se trouver de nouveaux alliés qui pourraient être justement ses minorités Drus àou kurde mais les Druses et les Alaites sont du dans une posture d'opposition jusqu'à aujourd'hui. que il est il est dans une position difficile et c'est aussi pour ça qu'effectivement c'est bien pour lui de venir à Paris de il va se respectabiliser en faisant ça.

Oui, mais il est déjà en grande partie respectabilisé parce que c'est quelqu'un qui a été comme vous le savez djihadiste, qui ne l'est plus, qui est un islamiste conservateur mais qui est pragmatique, qui est sensible aux pression et qui écoute autour de lui. Et donc c'est vrai qu'il a il a il a surpris par toutes ces qualités que je viens d'énoncer simplement. Il est à la tête d'un pays qui est aujourd'hui morcelé.

Il ne dirige qu'une certaine partie de la Syrie. Euh, il y a de larges ps du pays qui lui échappent, hein. Et il est aussi à la tête d'un pays sans le sous puisque les sanctions internationales, en particulier américaines, interdisent par exemple au pays du golf au Qatar qui avait promis 120 millions de dollars à Ahmed Alara pour qu'il puisse payer ses fonctionnaires.

Et bien, ces 120 millions de dollars ne peuvent pas être fournis par le Qatar parce que sinon le Qatar serait sanctionné par les États-Unis. Donc c'est un homme qui est confronté à de multiples défis sécuritaires, économiqu engagé un processus de transition euh qui a constitué un nouveau gouvernement qui est un peu qui est différent du premier qui était complètement monocolore avec des islamistes bons. Aujourd'hui, il garde le pouvoir, lui et ses hommes.

Il garde les ministères régaliens. C'est quelqu'un qui crée pas un démocrate. Ce sera un autocrate à coloration islamiste. et il a ouvert son gouvernement à des postes de technocrate notamment pour gérer l'économie.

Donc voilà, on a une une vision un petit peu comme ça mitigée de ce monsieur et mais qui est face à des problèmes très importants et en particulier justement, il doit se constituer de nouveaux alliés pour pouvoir pour pouvoir marginaliser euh les durs, les radicaux, les djihadistes qui sont autour de lui qui l'ont aidé à prendre le pouvoir et qui aujourd'hui lui mettent des bâtons dans les roues mais il n'a pas le pouvoir de les soumettre. D'accord. Est-ce que Est-ce que c'est de l'affichage ?

On a beaucoup parlé de communication euh de son point de vue. Est-ce que c'est c'est la question que qu'on se pose aujourd'hui ? Alors, c'est quelqu'un qui communique très bien.

Je l'avais raconté par le menu dans la double page, j'avis faite en février, hein, en révélant notamment la boîte de communication britannique qui euh qui travaille auprès de lui. C'est quelqu'un qui est fasciné par les réseaux sociaux, qui a une armée électronique, hein, qui a un certain nombre de de chercheurs bienveillants à l'étranger, qui immédiatement [Musique] rela. Je vous invite à aller sur sur des réseaux Twitter aujourd'hui.

Vous verrez qu'un certain nombre de de chercheurs ou de journalistes à droite à gauche relais tout ça. Euh il a il est conscient effectivement de ses nouvelles technologies. Euh c'est quelqu'un qui effectivement a multiplié les discours très agréables à entendre auprès de ces interlocuteurs euh qui mais qui encore son problème c'est qu' il est incapable de tordre le bras à j'allais dire à tous les salopards, à tous les djihadistes, les islamistes radicaux qui autour de lui aujourd'hui et bien le le gêne l'embarrasse et lui disent "Tu ne dois pas aller trop loin dans le sens d'une ouverture." H et donc il est il est comme ça un petit peu prisonnier de radicaux et et il est aussi soumis aux pressions de l'étranger qui qui lui disent il faut que justement ouvrir il faut plus ouvrir justement vous parliez des des des États-Unis c'est c'est eux qui détiennent en fait la clé de voûte en levant les sanctions en partie en partie sur la levée des sanctions.

L'Amérique Donald Trump est assez réticente à l'égard de d'Armé d'Alchara même plus qu'assez réticente. Elle a elle maintient des sanctions sévères. Elle ne reconnaît pas encore son gouvernement.

Certes, il y a eu deux trois parlementaires qui sont allés et l'Amérique a donné une liste d'exigences, crois qu'il y en a sep Armé d'Alchara avant que que qu'il soit retiré des listes terroristes et avant qu' qu'il y ait une une plus grande comment je dirais un plus grand engagement américain à son égard. Donc les États-Unis restent extrêmement euh extrêmement euh extrêmement vigilant à son égard et euh et donc c'est aussi une des raisons pour lesquelles il est dans une situation fragile. Effectivement, alors on a bien compris pourquoi est-ce qu'Améed Alchara euh venait en France de son point de vue, pourquoi Emmanuel Macron le reçoit ?

Ben Emmanuel Macron, je vous le dis, en février l'avait invité sans qu date. Euh je dirais qu'Emmanuel Macron aime bien aller vite souvent. Euh et donc là, il l'invite pour lui dire clairement des choses.

Il l'a eu au téléphone à plusieurs reprises. Euh il est pragmatique Emmanuel Macron, il ne se fait pas d'illusion sur ce la personne de d'Armé d'Alchara, mais c'est aussi Armé d'Alcha l'homme politique syrien le plus influent. Et en en France, et je crois qu'ils la France a raison de de considérer que euh on ne peut pas jouer un échec d'Arméal Shara parce que sinon c'est le peuple syrien euh qui empérait les conséquences.

Et si vous me permettez une dernière remarque, je dirais que Emmanuel Macron s'inscrit dans la lignée de ses prédécesseurs qui ont toujours été empressés de découvrir le nouveau raï syrien. 1999, Jacques Chirac reçoit à l'Élysée un jeune qui s'appelait Bachar Alassad, qui était le fils de son père mais qui n'était pas encore président de la République. Il espère le chaprenait.

En 2000, il va Jacques Chirac aux obsèques. Il est le seul chef d'état occidental à aller aux obsèques de son père. Ensuite Bachar Elassad va décevoir Jacques Chirac.

Ensuite, Nicolas Sarkozi vous souvenez, en 2008 reçoit en grande pompe sur les Champs-Élysées. Bachar Elassad le découvre hein euh lors du sommet de l'Union pour la Méditerranée euh et quelques années après, Nicolas Sarkozy rompera avec le dictateur qui réprimait ses opposants. Je veux dire voilà, il y a un rôle historique de la France, une commune, il y a une histoire commune et puis a bah il y a cette volonté effectivement de peser peser et de nouer les relations avec les dirigeants syriens parce qu'on considère à juste titre que la France a un rôle à jouer au Liban qui est voisin de la Syrie.

Le problème c'est que souvent la souvent on a été en conflit avec la Syrie au long du Liban. Aujourd'hui, c'est ça c'est Oui. Et donc euh voilà, je pense que Emmanuel Macron a bon, vous savez, il faut pas attacher plus d'importance à cette à cette rencontre qu'elle n'en qu'elle n'en aura.

C'est est important. Mais voilà, il faut encourager le leader syrien à à aller dans le sens euh de l'ouverture encore plus et encore une fois ce que je disait à changer d'alliance, aller vers des alliés, en particulier les Kurdes qui sont nos alliés dans la lutte contre Daesh et vis-à-vis desquels le pouvoir syrien est assez méfiant parce que les curdes ont des exigences, c'est de de vouloir être intégrés dans l'armée mais en gardant leur leur bataillon. Euh Ahmed Al Shara lui ne veut pas et puis il est pas exclu que la France compte tenu du fait que les États-Unis euh se retirent de Syrie progressivement mais là des déjà les États-Unis ont 2000 hommes environ dans le nord-est syrien au côté des Cves ont déjà engagé une partie de leur de leurs hommes vont se retirer et il est pas exclu que la France prenne leur place de manière à à peser un peu plus dans ce rapprochement dans ces négociations qui sont difficiles entre Chara justement et les Kurdes pour pour élargir pour élargir la base d'Armé Alara qui et bien si on avait une carte, on le verrait aujourd'hui ne gouverne que sur peut-être un/ers un/4 de la Syrie effectivement du pays.

Je voulais vous faire réagir aussi alors il y a des il y a beaucoup de critiques à cette visite forcément regardez ça c'est un article une interview présidée par Hug Maillot avec Fabrice Balanche qui disait les Européens sont très naïfs vis-à-vis du nouveau régime. Est-ce que vous partagez cette analyse ? Non, ils sont pas naïfs.

Ils sont conscients. Ils sont ils savent qui est Armed Alara. Ils savent qui qui sont les les radicaux autour de lui.

Euh je pense que Ahmed Al Shara a a changé, hein. Il est c'est un islamiste conservateur. Il sait qu'il est à Damas aussi, que l'islam d'Amenassen est un islam sfi et il il ne pourra pas transposer le modèle islamojihadiste d'idleb à Damas.

Euh simplement simplement encore une fois euh les Ahmed Alara doit euh doit ne deviendra pas un social-démocrate mais il sera il sera un autocrate à la sauce moyenne-orientale comme le sont ses voisins à coloration islamiste hein proche des Turcs, proche de l'Arabie Saoudite probablement mais ça nous empêche pas d'avoir des relations avec ces deux pays. Donc je pense qu'il faut se garder je pense d'avoir des des images un peu trop manikennes. [Musique] C'est il a il a effectué effectivement une six premiers mois qui qui qui sont relativement encourageants et dans un contexte extrêmement difficile.

Encore une fois, ces principaux, je dirais euh ces principaux détracteurs sont ses anciens amis qui le coincent, qui le qui le contrôle en partie et qui lui disent "Il faut pas il faut pas que tu euh ouvres davantage la société." Oui, il faut comprendre qu'il vit effectivement avec la pression finalement de de sa base et qui et enfin voilà, c'est et c'est ce qu'on dit depuis début décembre en fait. depuis le début décembre parce qu'il faut il faut voir qu'il a que 30000 hommes pour pour assurer la sécurité de la Syrie.

Donc c'est pas assez et parmi ces 30000, il y en a quand même quelques milliers qui sont des radicaux bons, des djihadistes et cetera. Donc tout le tout le tout l'enjeu pour Chara, c'est de de de trouver d'autres alliés pour constituer d'autres forces de sécurité. Et pour ça et bien pour ça, c'est vrai que les événements qui se sont passés ces derniers temps, aussi bien auprès des alaouites qu'auprès des Druses, n'incite pas à l'optimisme parce que parce que et bien ces deux communautés aujourd'hui sont très remontées contre le pouvoir syrien.

Donc donc voilà. Donc je pense qu'il faut et puis dernière raison, je pense que Armed Alara tout le monde sait qui il est mais je pense que c'est quand même l'homme politique syrien qui est probablement le plus influent aujourd'hui. Et donc si jamais il venait à échouer, la Syrie sombrerait dans une dans une dans un chaos, dans des règlements de compte encore plus sanglant que ce auquel on a assisté ces derniers temps.

Donc je pense que c'est un mauvais paris que de jouer sa perte. Oui effectivement. Regardez, ça c'est la la réponse à la question du jour. 20 moins de 25 % des gens, moins d'un quart des gens trouvent que Emmanuel Macron a raison de recevoir Améd Al Chara à Élysée.

Vous vous le disz aussi, le scénario qui qui est à craindre, si on parit contre lui, c'est un scénario finalement à la Libye. C'est-à-dire Oui, c'est un scénario à la libyenne ou à l'irakienne, c'est-à-dire un pays qui qui sombre dans la guerre civile, morcelé. Et lui parce qu'il a été en prison en Irak, parce qu'il a été djihadiste en Irak, il a vu en 2003, 2004, 2005, il a vu justement un Irak qui était morcelé, cassé par le nouveau pouvoir américain, le nouveau pouvoir iakien.

Lui, il veut un état syrien qui reste centralisé. Alors, évidemment, les Kurdes ne sont pas contents, les Druides sont pas contents, les Alaïes non plus. Donc, il doit fois créer un état hein relativement centralisé mais en écoutant probablement davantage les minorités qu'il ne l'a fait jusqu'à maintenant. effectivement et on suivra ça en tout cas on suivra sa sa visite demain avec peut-être une prise de parole avec Emmanuel Macron, une intervention en tout cas on verra la forme que cela prendra.

Merci en tout cas George d'avoir été avec nous. Merci à vous du Figaro d'avoir été nombreux à nous suivre. Pour ceux qui nous regardent sur YouTube, vous n'hésitez pas bien sûr à vous abonner à notre chaîne YouTube pour recevoir toutes nos vidéos.

Je vous souhaite une très bonne journée sur le site du Figaro.

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