Conclusion du Président lors de la table ronde sur la thématique agricole à la Ferme d'Étaules.
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15PrésidentFait
« La Ferme France a réussi les grands combats qu'on lui a donnés après la Deuxième Guerre mondiale »
- 2:00PrésidentFait
« On veut bien nourrir en tenant compte de l'objectif de santé publique et de prévention »
- 4:00PrésidentFait
« Ce n'est pas une loi qui fera la chose, droits et devoirs. Mais les droits et devoirs ne se sont pas faits spontanément et donc les lois servent à tordre les comportements lorsqu'ils ont commencé à dériver »
- 5:00PrésidentFait
« Il faut de tout, vous avez tout à fait raison : remettre des légumineuses, avoir aussi notre viande de qualité »
- 6:00PrésidentFait
« On a besoin d'avoir deux choses : organisation de producteurs, contractualisation »
- 7:00PrésidentChiffre
« 760 millions d'euros sont consacrés à la structuration des filières, à leur montée en charge »
- 8:00PrésidentFait
« On doit passer une étape supplémentaire. On fait le rendez-vous de chantier là, après ces premières années d'EGalim »
- 9:00PrésidentFait
« Il faut du bon sens pour mener cette transition et l'avancer »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Merci beaucoup Serge Papin et bravo pour tout le travail qui est fait depuis des mois et qui débouchera dans quelques semaines auprès du Ministre. Je voulais vous remercier pas simplement de votre présence mais des convictions échangées et peut-être partager avec vous quelques mots de conclusion. D'abord vraiment à nouveau je veux remercier la Présidente du Conseil Régional, Présidente du Conseil Départemental, l'ensemble des parlementaires et élus qui sont avec nous et qui, je le sais, sont engagés aussi dans ce combat pour notre agriculture dans une région, un département et ici un terroir qui est ô combien attaché au sujet qu'on a évoqué et remercier évidemment la famille Estivalé qui nous a accueillis et vous avez montré aussi votre conviction pleine et entière.
La Ferme France a réussi les grands combats qu'on lui a donnés après la Deuxième Guerre mondiale, il ne faut jamais l'oublier. On sortait de la guerre, il fallait nourrir le pays et la Ferme France l'a fait et c'est une immense fierté pour nous tous. Et on l'a fait à marche forcée, etc. avec des transitions, avec aussi une productivité qui à ce moment-là s'est installée avec une certaine logique sur les intrants, etc.
Mais nos agriculteurs ont réussi cette mission qui leur avait été donnée au niveau français et européen, et nous avons bâti à travers les décennies quelque chose d'unique : cette politique agricole commune qui est la souveraineté alimentaire de notre Europe. La question est comment on réussit le nouveau défi qui est de bien nourrir la population alors que les goûts changent, alors qu'on veut bien nourrir en tenant compte de l'objectif de santé publique et de prévention, cela a été très bien dit par vous tous et toutes et, au moment où on a des objectifs environnementaux qui sont décisifs, lutter contre le réchauffement climatique, et le secteur au sens large est émetteur, et œuvrer à la biodiversité, et le secteur est protecteur de cette biodiversité. C'est cela notre nouveau défi et il ne se fera pas du jour au lendemain.
Je pense qu'il faut qu'on soit très clair là dessus et les oppositions viennent du fait que par simplisme on peut penser soit qu'on restera sur un ancien modèle soit qu'en quelque sorte, du jour au lendemain, sur la base d'invectives, d'interdits, de démagogie, on arrivera à passer de l'un à l'autre. Moi je partage votre philosophie : Ce n'est pas une loi qui fera la chose, droits et devoirs. Mais les droits et devoirs ne se sont pas faits spontanément et donc les lois servent à tordre les comportements lorsqu'ils ont commencé à dériver.
C'est un peu ce qu'on a commencé à faire il y a trois ans et qu'il va falloir continuer collectivement. Nous sommes engagés dans une très grande transition. Ce qui me rend confiant c'est que la première transition, celle qu'on a gagnée au moment des Trente Glorieuses, on a su le faire.
Et cette transition c'est une transition du modèle en même temps qu'une transition démographique, et c'est qu'au fond on a plusieurs objectifs. Le premier c'est de bien nourrir et donc réussir à s'adapter aux goûts, vous l'avez très bien dit, à des régimes devenus flexitariens comme disent nos éleveurs maintenant, c'est le mot maintenant adapté, c'est-à-dire qu'il faut de tout, vous avez tout à fait raison : remettre des légumineuses, avoir aussi notre viande de qualité, rester dans un modèle complet d'alimentation, réussir à avoir de l'entrée de gamme jusqu'à de la très haute qualité mais pouvoir accompagner également tous les portefeuilles et tous les ménages français vers une alimentation de qualité parce que c'est évidemment bon pour notre nation mais c'est aussi une formidable politique de prévention sur le plan sanitaire. Ce sont ensuite des économies qu'on fait et je crois que tout cela est transparent pour notre population.
Le deuxième objectif c'est de préserver, renouveler le vivant parce que vous êtes des entrepreneurs du vivant comme le dit votre ministre, ce qui veut dire réussir en reprenant de l'agriculture de conservation, en réintroduisant de la légumineuse, avoir de la variété dans la production, entretenir notre sol et nos terres. Je crois que maintenant vous avez pleinement intégré au modèle productif la nécessité justement de travailler le sol dans la durée, de le préserver, de préserver toutes ses capacités, de remettre de la biodiversité. On parlait tout à l'heure des haies que vous êtes en train de planter et du plan "haies" que nous avons pu faire.
Vous êtes des aménageurs de nos paysages, de notre nature, et ce service doit être reconnu. Il doit être valorisé et c'est un objectif aujourd'hui de notre modèle agricole, à la fois pour reconquérir de la biodiversité et pour mieux résister aux aléas climatiques parce que, comme le disent beaucoup de vos représentants, nous sommes cette fois-ci avec un toit aujourd'hui, mais vos productions se font pour la plupart du temps sans toit et donc elles sont soumises à tous les aléas et aux dérèglements que nous connaissons. Et puis le troisième objectif c'est d'assurer notre avenir comme nation, ce qui est à la fois le renouvellement des générations à la transmission et la souveraineté alimentaire, on en a beaucoup parlé, qui est de dire qu'on veut coopérer mais coopérer ce n'est pas dépendre.
C'est choisir de coopérer, d'échanger, c'est de se dire que ce qui est essentiel pour tenir le pays va être dans notre main, nous Français et Européens, et c'est en effet ce qui a été au cœur du plan protéines pour retrouver tout cela. Ces trois grands objectifs, on ne les tiendra que si on arrive à réconcilier, on le sait bien, le consommateur, le producteur le transformateur, le distributeur. Or aujourd'hui depuis une quinzaine d'années cela s'est accéléré.
C'est ce qu'on essaie d'enrayer depuis les États généraux et la loi EGalim. Ils ont joué les uns contre les autres, beaucoup trop. Au moment où on se parle, le lait on a fait le boulot, vous l'avez fait !
C'est une filière qui s'est approprié les indicateurs, qui a réussi à préserver de la valeur y compris pour les producteurs, même si c'est trop peu et pas encore assez. Mais, au moment où on a cette bonne négo sur le lait, aujourd'hui même des grands distributeurs demandent - 10% à des producteurs de charcuterie, du jour au lendemain, rétroactifs au 1er octobre. Comment vous voulez que cela tienne une seule seconde ?
Au moment où je vous parle, cela s'est passé ce matin, le grand distributeur n'est pas là autour de la table en question mais on se fiche du monde quand on continue de faire cela, c'est-à-dire qu'on fait en quelque sorte des petits efforts sur des couloirs de nage et on continue à détruire de la valeur ailleurs. Et, vous l'avez très bien dit, si on fait cela on détruit qui ? Les producteurs, des familles comme celle-ci qui se sont installées, qui ont fait un investissement.
Donc on est fichu. Si à un moment on ne prend pas conscience que c'est une équipe qui joue ensemble, que ces quatre composantes sont indissociables, on n'arrivera pas à ces objectifs. Et donc, pour ce faire, on a commencé à prendre des lois, et moi comme vous je préfère ne pas en prendre, parce que les acteurs ne continuent pas à jouer partout leurs droits et devoirs.
Et donc on va devoir continuer d'avancer et au fond à vous écouter, je fais cette étape à mi parcours, je pense que cette philosophie que j'évoque est de plus en plus partagée. Moi je pense qu'il ne faut pas se tromper pour certains distributeurs ou transformateurs qui ne jouent pas le jeu aujourd'hui de la valeur qui revient dans le cours de ferme. Ils sont en train d'avoir un métro de retard parce que nos concitoyens évidemment regardent le prix, ils continueront à regarder le prix.
Nous on va continuer aussi à les accompagner pour qu'on puisse bien manger partout. C'est le rôle du chèque alimentaire, c'est ce que font aussi les collectivités territoriales pour leurs cantines quand elles sont en charge de ces politiques, pour l'organisation de leur filière. Nous on va l'accompagner mais le consommateur, de plus en plus, va demander à ce qu'on réponde à ces trois objectifs et il sera au rendez-vous.
Et donc je pense que l'intérêt c'est que les quatre acteurs essentiels soient alignés. Pour réussir cette bataille, très rapidement, je rejoins totalement d'abord ce qui a été dit par Serge Papin et on va le faire avec le Ministre. Dès que le rapport sera remis, le Ministre a déjà commencé à y travailler avec ses collègues de Bercy, on ira dans le sens de la plus grande transparence, visibilité et organisation parachevée.
Je m'explique. Les indicateurs oui, c'est ce qui a commencé, c'est ce qui marche. Le lait a été évoqué à plusieurs reprises, les œufs ont su le faire aussi.
Il y a comme cela plusieurs filières qui ont su s'organiser de mieux en mieux. La transparence : il faut non seulement, vous l'avez très bien dit, que cette transparence soit entre les acteurs, qu'elle ne soit pas intermédiée par un des acteurs par rapport aux deux autres, qu'elle soit absolue et que, quand on dit transparence, c'est cette transparence de la composition du prix et donc d'où va la valeur, et qui est quelque part les mécanismes qui la préservent. Et visibilité oui, il faut du temps.
J'ai dit qu'on était dans une transition, on ne fera pas cela du jour au lendemain. Cela suppose des investissements de tous les acteurs. Les investissements, on les engage sur une certaine durée pour amortir et donc, s'il n'y a pas de visibilité sur les prix, on a en plus de l'aléa climatique, l'aléa d'investissement, et donc il faut pouvoir donner de la visibilité dans cette contractualisation, c'est clé sinon c'est simple on ne pourra pas faire cette transition parce que les revenus sont trop fragilisés dans beaucoup de filières.
Et donc on va avancer là-dessus aussi par le parachèvement de l'organisation productive. On a besoin d'avoir deux choses : organisation de producteurs, contractualisation. L'organisation de producteurs est essentielle et on le voit bien : S'ils laissent un marché c'est qu'il y a des organisations de producteurs qui avaient commencé avant, vous en êtes l'exemple vivant.
Mais, partout où les producteurs restent divisés, ils sont confrontés à quoi ? Des transformateurs qui eux sont quelques uns, des grands distributeurs qui sont encore moins nombreux et 67 millions de consommateurs. Donc c'est le producteur qui se fait avoir.
C'est évident ! Quand les producteurs s'organisent en construisant un cahier des charges, en donnant leurs règles du jeu, en bâtissant des règles de qualité, mais déjà s'organisent, alors ils peuvent garder de la valeur et défendre dans le temps. Et ensuite, si ces organisations de producteurs se tressent, se marient avec la contractualisation pluriannuelle sur cette base tripartite, alors là on a un chemin, très clairement, parce que les règles ne sont plus les mêmes, parce qu'on joue beaucoup plus à armes égales, parce qu'on sait se dire entre partenaires où va la valeur et comment on travaille dans le temps, ensemble.
Ça, c'est la clé. Nous on va l'accompagner avec des changements de lois, j'y suis tout à fait ouvert et, sur la base de vos travaux, le Ministre aura à proposer cela et je pense que la question a été posée, c'est celle aujourd'hui de la compatibilité de certaines dispositions de la Loi dite LME avec la Loi EGalim, c'est tout à fait vrai. On doit passer une étape supplémentaire.
On fait le rendez-vous de chantier là, après ces premières années d'EGalim. Il faut passer ce cap sur la base du travail de Serge Papin. Le deuxième levier pour avancer dans le sens qu'on évoque depuis tout à l'heure c'est pour moi l'investissement, c'est-à-dire que tous ces changements on les accompagne aussi en investissant et en aidant à investir l'ensemble de nos producteurs, de nos agriculteurs.
C'est au cœur du plan France Relance, 760 millions d'euros sont consacrés à la structuration des filières, à leur montée en charge. Et, à travers ces 760 millions d'euros, ce sont des choses très concrètes que vous avez d'ailleurs qualifiées : c'est la capacité à s'équiper, à porter des projets et à transformer le modèle dans le temps. Et je crois qu'il est bon que la nation investisse justement dans son agriculture pour qu'elle soit au rendez-vous de ces trois grands objectifs que j'évoquais tout à l'heure.
Nous avons eu des dispositifs qui ont eu beaucoup de succès, en particulier ceux du plan protéines, c'est pourquoi j'ai demandé au gouvernement qu'il soit réabondé pour qu'on puisse justement, là aussi, accompagner l'ensemble des producteurs qui veulent aller sur ce chemin de la plus grande souveraineté et d'une production sur notre sol et on aura là aussi à continuer à répondre. Et le troisième grand instrument à travers si je puis dire l'ensemble des mesures Serge Papin, il y a le plan France Relance, il y a un esprit collectif. Je pense qu'il faut, sur ces grandes transitions, retrouver quelques éléments simples qui nous ont toujours permis de réussir, à nous Françaises et Français : D'abord une forme de bon sens, on le qualifie parfois de paysan dans notre pays.
Le bon sens n'est pas interdit, sur tout et sur tous les débats d'actualité. À chaque fois qu'on perd le bon sens, on perd beaucoup d'énergie et de temps dans des divisions idiotes. Je pense qu'il faut du bon sens pour mener cette transition et l'avancer.
Il faut du respect et de la bienveillance entre les parties prenantes et la capacité à se réconcilier parce que c'est une bataille nationale et la capacité à le mener au niveau européen. Parce qu'en méthode nous nous sommes battus pour avoir une PAC qui est à un niveau satisfaisant, maintenant il va falloir la décliner. C'est tout le travail des prochains mois, il est ô combien important.
À ne pas surtransposer, cela a été très bien dit et cela aussi j'y tiens, et avec beaucoup de pragmatisme le Gouvernement a su aussi s'adapter à des transpositions passées qui auraient mis à mal beaucoup de filières. Et vous avez aussi des Ministres de la Transition et de l'Agriculture qui ont su faire ce choix et vous accompagner mais nous ne sommes pas au bout de la route. Voilà les quelques mots que je voulais partager avec vous.
Je vous remercie infiniment de ce que vous faites chaque jour parce que j'en mesure la force et l'importance, je vous l'ai dit tout à l'heure. Vous avez nourri le pays dans un moment où on a dû tout fermer. Il n'y a aucune fatalité.
On a réussi la bataille des Trente Glorieuses pour nourrir le pays, on réussira celle que j'évoque à l'instant qui est la bataille de nos générations : Bien nourrir, protéger notre environnement et rebâtir notre souveraineté alimentaire grâce aux instruments que je viens d'évoquer et à l'esprit, au sens pratique qui est celui qui a, si je puis dire, animé tous ces débats et à la bonne volonté de tous les acteurs que vous êtes. Merci infiniment. Je vous laisse le Ministre dans les heures qui viennent pour que vous puissiez poursuivre avec lui ce débat et ce travail mais je voulais vous dire vraiment l'engagement de tout le Gouvernement et le mien derrière vous parce que c'est une bataille d'intérêt national.
Merci infiniment.
Emmanuel Macron