Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewRadio J — L'interview politique· 6 mai 2026 13 minContradictoireActualité / polémique

Jean-Christophe Cambadélis - L'interview politique du 06/05/25

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:26OuverteRéponse directe

    C'était dimanche sur le plateau du 20h de TF1. Ce n'est pas vraiment une surprise cette affaire non ?

  • 0:52OuverteRéponse directe

    Il avait pourtant promis en 2022, il avait expliqué, faites mieux en disant à ces jeunes recrues, à ces troupes, qu'il était prêt à laisser la place.

  • 1:27OuverteRéponse directe

    Justement, c'est son principal argument de vente, la capacité, jure-t-il, à pouvoir battre le RN. Je vais le citer, c'est l'adversaire principal, le RN, puisqu'il paraît qu'il va gagner.

  • 1:39OuverteRéponse directe

    Honnêtement, je ne le crois pas, je ne sais même pas s'ils seront au deuxième tour. Je pense que nous allons les battre à plate couture.

  • 2:03OuverteRéponse directe

    Alors, il y a aussi du bon taux du côté du PS. Je rappelle qu'au dernier municipal, le PS a passé un accord avec LFI dans un certain nombre de villes.

  • 2:12OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous considérez qu'aujourd'hui, qu'une alliance entre les socialistes et les insoumis est encore possible ? Est-ce qu'ils sont encore, ces insoumis, fréquentables ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:31Invité politiqueFait
    « C'était déjà une indication qu'il se préparait à revenir si c'était nécessaire. »
  • 1:14Invité politiqueFait
    « C'est que le qualifié au second tour, c'était lire Bardella. »

Temps de parole

  • Jean-Christophe Cambadélis64 %
  • Présentateur36 %

1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:08
Présentateur

Bonjour Jean-Christophe Cambadélis, ancien premier secrétaire du PS, ex-député PS de Paris, vieux routier de la gauche depuis plusieurs décennies. On va beaucoup en parler de la gauche bien sûr ce matin et d'abord de la candidature de Jean-Luc Mélenchon qui l'a officialisé pour la quatrième fois consécutive. C'était dimanche sur le plateau du 20h de TF1. Ce n'est pas vraiment une surprise cette affaire non ?

0:31
Jean-Christophe Cambadélis

Ça l'est un peu quand même, parce qu'il n'avait pas trop envie, mais il ne pouvait pas faire autrement. Vu le rejet de LFI, il fallait qu'il s'y colle pour pouvoir éviter la marginalisation. Donc voilà, il va essayer de faire en sorte que LFI soit au deuxième tour de l'élection présidentielle.

0:52
Présentateur

Il avait pourtant promis en 2022, il avait expliqué, faites mieux en disant à ces jeunes recrues, à ces troupes, qu'il était prêt à laisser la place.

1:00
Jean-Christophe Cambadélis

Oui, c'était déjà une indication qu'il se préparait à revenir si c'était nécessaire. Se faites mieux, s'adresser à lui, évidemment. Mais bon, voilà, le problème qu'il a, Jean-Luc Mélenchon, est assez simple. C'est que le qualifié au second tour, c'était lire Bardella. Donc évidemment, ça va lui poser un problème pendant toute la campagne.

1:22
Présentateur

Justement, c'est son principal argument de vente, la capacité, jure-t-il, à pouvoir battre le RN. Je vais le citer, c'est l'adversaire principal, le RN, puisqu'il paraît qu'il va gagner. Honnêtement, je ne le crois pas, je ne sais même pas s'ils seront au deuxième tour. Je pense que nous allons les battre à plate couture. Il est crédible là-dessus ?

1:41
Jean-Christophe Cambadélis

Non, il n'est pas crédible comme sur le reste, mais c'est une manière de faire du bon taux, de faire oublier ce qu'il a fait, de faire oublier sa période antisémite, de faire oublier ses excès dans tout genre, etc. A partir de là, il dit, regardez, elle est où ma carte ? Elle est là ? Non, elle est là ? Non, elle est là. Et puis, en fin de compte, elle n'est nulle part.

2:00
Présentateur

Le bon taux mélanchoniste. Alors, il y a aussi du bon taux du côté du PS. Je rappelle qu'au dernier municipal, le PS a passé un accord avec LFI dans un certain nombre de villes. Est-ce que vous considérez qu'aujourd'hui, qu'une alliance entre les socialistes et les insoumis est encore possible ? Est-ce qu'ils sont encore, ces insoumis, fréquentables ?

2:16
Jean-Christophe Cambadélis

Moi, j'ai toujours dit que non. Je pense qu'il ne faut pas faire d'accord avec la France insoumis. C'était déjà le cas au moment de la NUPES, puis après, même avec le nouveau Front populaire.

2:26
Présentateur

En 2022, puis en 2024 ?

2:27
Jean-Christophe Cambadélis

Pour une raison toute simple, c'est qu'indépendamment de la nature de Jean-Luc Mélenchon, le titien d'entrée à la NUPES et au nouveau Front populaire, c'était le fait que la gauche abdique sa culture de gouvernement et son bilan. Ce qui fait qu'elle n'avait plus de colonne vertébrale et qu'aujourd'hui, elle est incapable d'être définie. Personne ne sait ce que c'est que la gauche non-mélenchoniste. Aujourd'hui, elle se définit par rapport à Mélenchon.

2:52
Présentateur

Est-ce que ce n'est pas ça le problème ? Parce que justement, les bons scores de Jean-Luc Mélenchon en 2017 et 2022, je rappelle qu'il a fait 19,6, puis 22%. Est-ce que ces bons scores ne se nourrissent pas de la faiblesse des candidats socialistes ? Benoît Hamon qui avait fait 6 en 2017, puis Anne Hidalgo 1,6% en 2022.

3:11
Jean-Christophe Cambadélis

Incontestablement, Mélenchon a profité dans les deux dernières élections présidentielles du vote utile. C'est-à-dire de cette idée à gauche qu'il faut qu'un candidat de gauche soit au deuxième tour de l'élection présidentielle. Ce n'est pas anormal. Mais je crois que ceci est terminé. Parce qu'aujourd'hui, plus personne ne pense que voter Mélenchon, c'est utile à la gauche et au pays.

3:36
Présentateur

Justement, qui dans le segment, on va dire, socialiste ou social-démocrate, peut être devant Mélenchon au premier tour ? On a des candidats potentiels ou déclarés au PS, un certain nombre. Olivier Faure, Jérôme Gage, Boris Vallaud. On a toujours François Hollande, l'ancien président, toujours sur la brèche. On peut citer aussi Bernard Cazeneuve ou un peu à côté Raphaël Glucksmann. C'est qui le meilleur candidat selon vous ?

3:58
Jean-Christophe Cambadélis

Celui qui sera soutenu par les autres. Parce que tout le problème est là. Il y a pléteur de candidats. Pour moi, ce n'est pas un sujet. C'est comme ça, toutes les élections présidentielles. Un peu plus que d'habitude. Un peu plus que d'habitude, évidemment. Puisque maintenant, on n'est plus candidat devant le pays. On est candidat devant son parti. Donc, ça participe de l'émiettement des candidatures.

Mais la question, au fond, si on veut la résumer, c'est qu'en novembre-décembre, au moment où l'opinion se tournera vers l'élection présidentielle définitivement, parce que ce sera dans trois mois ou quatre mois, ceux qui seront moins bien lotis devront se désister face à celui qui sera en tête dans l'opinion. Si cela est réalisé, Mélenchon n'existera pas. Si cela n'est pas réalisé, si c'est « oui, j'inverserai la tendance dans les urnes », à ce moment-là, il y aura plusieurs candidats de la gauche classique, la gauche de gouvernement. Et évidemment, Mélenchon peut non pas être au deuxième tour, mais être en tête de la gauche. Et c'est son objectif stratégique, comme on dit maintenant.

5:11
Présentateur

Dans les années 90-2000, vous aviez été, selon l'expression consacrée, le mécanicien de la gauche plurielle. Comment, aujourd'hui, la rassembler ? Hier, il y avait un meeting avec Olivier Faure, Marine Tondelier et quelques autres. Mais on ne voit pas trop comment, justement, arriver à ce que vous décrivez, c'est-à-dire un processus de sélection où le mieux placé, où les moins bien placés se rangent derrière le mieux placé.

5:32
Jean-Christophe Cambadélis

D'abord, on sait deux choses. Qu'il n'y aura pas de primaire de la petite gauche, la gauche néo-mélenchoniste. C'est ce que vend Olivier Faure, quand même. Oui, enfin, c'est ce qu'il dit pour l'instant. Mais cette gauche n'est pas non-mélenchoniste, puisqu'elle a appelé à voter au municipal pour Jean-Luc Mélenchon. Donc, c'est une petite contradiction. Et puis, je ne pense pas qu'il y aura de primaire de la gauche sociale-démocrate, puisque Blixmann ne veut pas, Cazeneuve non plus, vraisemblablement Hollande non plus. Donc, qu'est-ce que l'on peut faire ? On peut prendre un engagement. Ils font campagne.

Et en décembre, ceux qui sont, encore une fois, moins bien lotis se retirent devant celui qui est en situation de représenter cette famille politique.

6:19
Présentateur

Ça veut dire que les sondages sont le juge de paix ?

6:22
Jean-Christophe Cambadélis

Les sondages, le nombre de signatures peut-être de citoyens derrière leur candidature, le nombre d'élus, parce que cela donne une représentativité. Bref, ce qui fait une candidature devant l'opinion. Donc, messieurs, mesdames, allez-y, mais garantissez-nous qu'au mois de décembre, vous saurez vous retirer devant le mieux placé. Alors, est-ce que ce mieux placé, ça pourrait être François Hollande ?

6:48
Présentateur

Lui, il pense que compte tenu de son expérience et compte tenu de la situation géopolitique, des tensions planétaires, des guerres au Proche-Orient, en Ukraine, etc. Il peut avoir une carte à jouer. Est-ce que vous pensez qu'il pourrait y avoir un retour en grâce du président dans l'opinion ? Soulignons que pour l'instant, ce n'est absolument pas le cas.

7:06
Jean-Christophe Cambadélis

Ce n'est pas le plus mal loti. Dans une période historiquement bousculée, avec des événements de guerre, de tensions avec les États-Unis, économiquement difficiles, au moins, il a un bagage. Je pense qu'il peut rassembler le pays au deuxième tour. Il y en a d'autres qui peuvent le faire. C'est à voir avec leur campagne ce qu'ils seront capables de mettre en avant. Mais bon, je crois qu'en tout état de cause, seule une candidature sociale-démocrate peut rassembler le pays au deuxième tour.

7:47
Présentateur

Il y a quelques semaines, Lionel Jospin est décédé. Vous étiez proche de lui. Est-ce que vous regrettez cette époque, cette façon de faire de la politique ? Au funérail, au cimetière du Montparnasse, Martine Aubry, dans son discours, avait déclaré qu'il faisait de la politique comme on n'en fait plus. Vous êtes d'accord ?

8:03
Jean-Christophe Cambadélis

Tout à fait, oui. C'est une autre époque. Mais il ne faut pas se lamenter sur l'époque précédente. Il faut agir dans l'époque actuelle. Donc, il faut essayer de mettre un peu de raison dans cette folie des égaux. C'est ce que je tente de faire sur votre chaîne.

8:22
Présentateur

Parlons un peu des conséquences économiques et sociales du conflit en cours. Choc pétrolier, on peut le dire, même si le ministre de l'économie, Roland Lescuir, avait employé cette expression puis rétro-pédaler en s'excusant pour ne pas effrayer l'opinion et les marchés. Mais ça en est un. On a la hausse du prix à la pompe. On a déjà des conséquences sur le prix des matières premières, des coûts de production et sans doute bientôt sur l'inflation et la baisse du pouvoir d'achat. Vous êtes inquiet sur le climat social en France ?

8:49
Jean-Christophe Cambadélis

Je suis inquiet sur le pouvoir d'achat. Il suffit de faire ses courses pour s'apercevoir que tout augmente, que ce soit les œufs, la baguette ou le reste. Et je vois les difficultés aussi budgétaires parce que cette situation nous coûte déjà un milliard d'euros. L'intervention qui n'en est pas une de la France qui est simplement de la protection d'un certain nombre de nos alliés nous coûte déjà un milliard. Et on avait décidé de mettre un milliard de plus dans les dépenses de défense. Donc dans un moment où on est extrêmement serré budgétairement, nous avons tout à la fois des difficultés budgétaires et de l'inflation.

9:34
Présentateur

Il y a une question, un débat qui s'est installé, c'est celui des profits pétroliers. Résultat total en hausse de 50% au premier trimestre. Les insoumis veulent nationaliser. Les oppositions dont le PS veulent surtaxer les profits. Mais Sébastien Lecornu refuse le total bashing. Et Patrick Pouyanné, le patron de Total, menace d'arrêter le plafonnement des prix à la pompe. Je crois que c'est autour de 2 euros le litre de sans plomb. Qu'est-ce que vous pensez de ce débat ? Est-ce qu'il faut surtaxer les pétroliers ?

10:04
Jean-Christophe Cambadélis

D'abord, il faut garantir le fait que l'on ne dépassera pas les 2 euros. Bon, donc après, il ne s'agit pas d'avoir une position punitive vis-à-vis de l'entreprise totale. Il faut qu'ils soient en capacité d'équilibrer leurs comptes. Il faut quand même de surprofits. Il ne faut pas pleurer non plus sur leur situation. Mais ceci doit être la compensation du maintien d'un niveau acceptable pour l'ensemble des Français.

10:37
Présentateur

Cet après-midi, à l'Assemblée nationale, les députés réunis en commission examinent la suspension de l'accord d'association entre l'UE, entre l'Union européenne et Israël. C'est une demande des insoumis. Je rappelle que ces échanges entre les deux parties, c'est 42 milliards d'euros. Qu'est-ce que vous pensez de cette demande et de cette possibilité qu'avait évoqué d'ailleurs le ministre des Affaires étrangères ?

11:00
Jean-Christophe Cambadélis

Tout à fait, mais je crois que c'est la solution du pot, si je peux me permettre. C'est-à-dire que, comme on ne peut pas peser, qu'on ne pèse pas dans le débat, dans le combat ou dans le conflit au Moyen-Orient, on utilise cette carte. Mais c'est une carte qui devrait être européenne et qui doit s'appuyer sur une proposition. Il ne s'agit pas simplement de dire que l'on va s'arrêter d'avoir un accord avec Israël. On aurait pu le faire beaucoup plus tôt. On ne l'a pas fait plus tôt. Maintenant, la situation est quasiment terminée à Gaza. C'est au moment où Israël combat l'Iran qu'on se propose de supprimer l'accord avec ce pays. Je trouve que tout ceci est idéologique et non pas politique.

Il y a sûrement à mener une discussion sérieuse avec Israël sur la situation au Moyen-Orient, mais pas de cette manière.

12:08
Présentateur

En quelques secondes pour conclure, on ne pèse pas, dites-vous, la France est absente aujourd'hui des rapports de force géopolitique, notamment sur le Moyen-Orient.

12:16
Jean-Christophe Cambadélis

Oui, le grand échec du président de la République qui part dans quelques semaines, on vient de le dire avec humour, c'est sa politique internationale. Il aura tout raté.

12:32
Présentateur

Merci Jean-Christophe Cambadélis d'avoir répondu aux questions de Radio-G et très bonne journée à vous.