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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 28 septembre 2021 43 minAutoproduitFond programmatiqueSantéSolidarités & famille

Clôture des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie par le Président Emmanuel Macron

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Emmanuel MacronChiffre
    « 1 % de nos compatriotes souffrent de schizophrénie, 2 % de troubles bipolaires. Un cinquième environ sont concernés par la dépression. »
  • 4:00Emmanuel MacronFait
    « L'Organisation Mondiale de la Santé considère que ces troubles sont la première cause de handicap au monde. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Merci, Monsieur le ministre des Solidarités et de la Santé, de nous accueillir. Je suis très heureux d'être parmi vous. Comme me le disait le ministre, c'est la première fois qu'un président vient dans cette salle.

Je prononce beaucoup de discours depuis l'Élysée et je suis particulièrement heureux de m'exprimer devant vous ici, aujourd'hui. Je sais que je viens clôturer des travaux et donc je veux remercier l'ensemble de celles et ceux qui y ont pris part, délégués interministériels, le président de la Commission nationale de psychiatrie, cher Professeur, et saluer aussi la présence ici de plusieurs délégués interministériels, le directeur général de la CNAM, de plusieurs parlementaires et de présidents de fédérations hospitalières et hospitalières privées. Je vais m'adresser à vous avec beaucoup d'humilité parce que je n'aurai pas la prétention d'épuiser le sujet ou même d'utiliser des grands mots.

Mais il m'a été dit que les travaux qui sont menés depuis deux jours avaient permis de partager beaucoup de constats robustes, avaient permis aux médecins, à l'ensemble des soignants, aux patients et à leur famille, aux chercheurs, aux enseignants, d'échanger sur la question de la santé mentale et de la psychiatrie dans notre pays et la nécessité d'avancer sur ce sujet. Je voulais aujourd'hui simplement partager avec vous quelques convictions, en clôture de vos travaux et pour la suite. D'abord, très clairement, l'urgence n'a pas attendu la crise et le moment où nous nous retrouvons.

La santé mentale est un enjeu majeur, insuffisamment dit, assumé dans notre pays. Mais les faits sont là et, à côté des faits, on voit très clairement que les moyens mis pendant longtemps n'ont pas été à la hauteur. Et la considération non plus. 1 % de nos compatriotes souffrent de schizophrénie, 2 % de troubles bipolaires.

Un cinquième environ sont concernés par la dépression. L'Organisation Mondiale de la Santé considère que ces troubles sont la première cause de handicap au monde. En quelque sorte, il n'y a plus à documenter l'importance de ce que représente la santé mentale pour nos sociétés, et en particulier la nôtre.

Ceci d'autant plus qu'à chaque fois que l'on parle d'une personne qui est touchée, ce sont des proches, des familles qui sont déstabilisées, dont le quotidien est ainsi bousculé, parfois empêché ou à repenser. Avec aussi un impact fort avec d'autres pathologies, nous l'avons évoqué avec plusieurs de vos confrères il y a quelques heures. Les comorbidités sont nombreuses et les réductions d'espérance de vie désormais documentées.

Et, en quelque sorte, la méconnaissance, la peur, le refoulé, ont fait que, dans notre société, à la souffrance s'est ajoutée une forme de culpabilité et une inefficacité collective à ne pas mettre justement la psychiatrie à la bonne place. Les chiffres donnés récemment par la Cour des comptes l'ont aussi montré, qui ont permis d'établir qu'entre 2 008 et 2 018, si les dépenses dédiées à la psychiatrie avaient augmenté de 12 %, c'était par rapport à un objectif national de dépenses d'assurance maladie qui avait lui, dans la même période, progressé de 23 %. Et alors même, on le sait bien et nous le mesurons aujourd'hui pour l'hôpital, que la dynamique de ces dépenses était très contrainte et qu'on avait demandé beaucoup d'efforts, le taux d'effort était en quelque sorte deux fois supérieur en psychiatrie.

Et donc pédopsychiatrie et psychiatrie ont fait l'objet de sous-investissements importants, avec des conséquences que vous connaissez mieux que moi, qui ont été la perte d'attractivité dans plusieurs endroits et donc ce qu'on appelle souvent les fermetures de lits mais ce qui est en fait la désaffection de professionnels et le manque de soignants. Le deuxième élément qui documente l'urgence de vos Assises et de ces journées, c'est évidemment la pandémie qui l'a établi et qui en quelque sorte, comme sur plusieurs autres sujets, a révélé ce que nous n'avons pas attendu de découvrir là, j'y reviendrai, mais avec encore plus de cruauté et de crudité [ INAUDIBLE ] société, les contraintes réelles que nous faisions porter sur toute la vie sociale mais également sur l'école, très concrètement avaient des conséquences directes et immédiates en termes de santé mentale. Celles-ci venant décupler des inégalités déjà existantes sur le plan social et sanitaire puisque ce sont dans les endroits déjà les plus touchés par ces inégalités qu'on a vu flamber encore davantage le sujet justement des tentatives de suicide chez les enfants et les adolescents.

La sortie de l'épidémie, dans laquelle je veux croire que nous nous trouvons, nous parlons dans une salle qui a un passé un peu lourd en la matière puisque c'est celle où nous avons tous suivi les points du ministre ou du DGS tout au long de l'épidémie. Dans cette pandémie, au moment où j'espère que nous en sortons, nous voyons aussi, évidemment, les conséquences en termes de santé mentale. Les Covid longs s'accompagnent de troubles multiples qui sont en train d'être documentés, que vous êtes en train d'étudier, d'établir, et les traumatismes sont multiples chez celles et ceux qui ont vécu le Covid, comme chez celles et ceux qui ont perdu des proches ou étaient profondément perturbés par les conséquences que je viens d'évoquer.

Et cette pandémie intervient, comme souvent d'ailleurs dans l'histoire de l'humanité, à un moment de notre société où les grandes peurs sont venues bousculer les habitudes et se traduisent aussi par des souffrances qui sont tangibles, établies. Mais les angoisses que vivent nos jeunes ou nos moins jeunes et qui parcourent la société et qui traversent les débats démocratiques, ne sont pas innocentes dans le quotidien qui est le vôtre et ce que vivent nos compatriotes. Et, en quelque sorte, la pandémie a signé [ INAUDIBLE ] ce mental que vous plaidez, qui a longtemps été trop peu vu et qui a, je pense, affecté l'efficacité collective.

Nous pouvons aujourd'hui établir qu'il se réinscrit dans un tout. Nos compatriotes l'ont vécu et le vivent dans les suites de la crise. La deuxième chose, je pense que tout le monde a compris le terme de prévention.

Les fameux gestes barrières, sur lesquels tant de pédagogie a été faite, ne correspondaient pas à un tropisme français naturel. Nous avons collectivement vu l'importance d'une politique de prévention et l'impact qu'elle pouvait avoir. Troisième élément, je pense que nos compatriotes comme tous les professionnels de santé, grâce à cette crise, ont mesuré la force du décloisonnement entre les disciplines, entre le public et le privé, entre le strict médical et le médico social et le " hors tout ".

Et, enfin, je pense que nos compatriotes ont aussi pleinement mesuré qu'ils étaient eux-mêmes acteurs de leur santé et qu'ils étaient des éléments de cette prévention, qu'ils avaient une capacité par leurs choix, leurs décisions, leurs actions, de participer à la solution collective. Et donc ceci, je pense, est un socle sur lequel nous pouvons établir des solutions nouvelles, en tout cas essayer d'avancer avec plus d'efficacité sur beaucoup de choses qui font votre quotidien, sur beaucoup d'expérimentations, de pratiques que ces dernières années vous avez développées, mais que nous devons désormais mettre au coeur d'une stratégie qui, à l'issue de ces Assises, doit se déployer et nourrir la feuille de route de 2018, la compléter, lui permettre de gagner en intensité. Et donc je voudrais juste, fort des échanges que j'ai pu avoir avec les uns et les autres, du travail qui a été fait sous l'autorité du ministre, que je remercie, et de ce que vous avez discuté, juste insister sur trois points qui me semblent s'inscrire dans ce que nous pouvons tirer comme leçon de la crise et être des éléments structurants de notre stratégie à venir, à l'issue de ces Assises.

D'abord, essayer d'établir le maximum sur le triptyque : considération - information - prévention. Ensuite, prendre des décisions claires, en y mettant les moyens en termes d'organisation des soins, en gardant le socle de ce qui fait la force du modèle français et prendre des décisions là aussi un peu plus volontaristes en matière de recherche. Je parlais du triptyque considération - information - prévention parce qu'il va, je pense, ensemble et il concerne en quelque sorte la place de la psychiatrie, plus largement de la question de la santé mentale, dans la société.

Je pense, et ma présence ici a vocation à en témoigner et à le signifier pleinement, que vos professions méritent la considération : considération pour une discipline, pour des disciplines, celle de la psychiatrie mais plus largement de tous les métiers qui touchent la santé mentale, considération à l'égard des médecins, infirmiers, psychologues, etc. Je pense que cette considération doit aussi conduire à ce que ce sujet et vos professions prennent une place différente dans le débat public et dans la société. D'abord, en ayant une politique d'information assumée qui, comme nous l'avons fait d'ailleurs pendant la crise, je dirais nous appuyant maintenant sur cette pratique et étant conforme à ce que l'OMS en effet dit depuis plusieurs années et ce que porte notre Directeur général de la Santé dont je salue la présence ici aussi parmi nous, c'est développer plus massivement des messages d'informations générales relatives aux questions de santé mentale. [ INAUDIBLE ] sont en quelque sorte acteurs d'un dialogue, d'une capacité à prévenir ou à interpeller l'autre.

Ensuite, de développer des messages d'informations générales en matière d'addiction, dont les liens avec les troubles psychiatriques sont aujourd'hui établis et dont les liens avec les questions de santé mentale ne sont plus à décrire. Et enfin, en parallèle, de développer les formations aux premiers secours en santé mentale. Nous avons vu là aussi l'efficacité des efforts qui ont été décidés par le passé.

Ils restent encore timides quand on compare la France, là aussi, aux pays qui sont les plus avant-gardistes. Mais, dans tous les secteurs de la société, nous devons multiplier très fortement le nombre de secouristes formés, ils sont à peine 10 000 aujourd'hui, ce qui nous met très loin des pays qui sont les plus ambitieux en la matière. Il est établi que nous pouvons largement atteindre le chiffre de 60 000 d'ici à 2 023, par un effort de formation relativement modeste mais ce qui permettra, là aussi, une meilleure information et formation et donc une plus grande efficacité.

Je souhaite que nous puissions aussi ouvrir, avec l'Éducation nationale, un travail visant à ce que nos enfants et nos adolescents soient, sur ces trois sujets que je viens d'évoquer, davantage formés et sensibilisés. Je le disais tout à l'heure crûment à certains de vos confrères, nous avons, en tant que nation, sur la base de recommandations scientifiques et comme d'ailleurs l'ont fait beaucoup d'autres nations développées, nous avons fait ce choix de demander à nos enfants de porter un masque, à 6 ans. C'est un choix lourd.

Je dois dire qu'il m'a longtemps perturbé et j'ai longtemps douté. Nous l'avons fait et nos enfants ont d'ailleurs montré une formidable adaptabilité et maturité. Mais il est quand même étonnant que nous ayons considéré, parce qu'il y avait une épidémie, que nos enfants étaient capables de comprendre qu'il fallait porter un masque parce qu'il y avait un virus, somme toute pas si simple à comprendre, mais qu'ils ne seraient pas aptes à comprendre des messages simples sur d'autres questions de santé publique.

N'attendons pas, sur des sujets d'intérêt commun et des sujets de santé publique et de santé collective, qu'ils arrivent au collège ou parfois dans les études supérieures ou parfois jamais, pour les sensibiliser de manière apaisée mais pour qu'ils comprennent et qu'ils soient aussi et commencent à être des acteurs bienveillants. Et je pense que ce travail, et je sais l'implication du ministre en la matière, est absolument clé pour permettre à l'école de remettre une politique de prévention, de détection là aussi de troubles et de pathologies, et de permettre aussi d'oeuvrer à une école davantage bienveillante. Au-delà de ce travail à l'Éducation nationale, l'enquête nationale Santé publique 2022 à laquelle plusieurs d'entre vous contribuent, et je les en remercie, permettra aussi d'établir une situation pour nos jeunes dans tout le territoire et, là aussi, d'améliorer l'information par une amélioration du travail scientifique de connaissances.

C'est pour ça que j'ai tenu à ce triptyque considération - information - prévention. S'il n'y a pas de considération à un travail méthodologique, y compris de notre appareil statistique, il est parfois difficile d'établir une information générale parce qu'on a du mal à informer sur ce qu'on connaît peu ou mal. Et donc cette étude jouera un rôle important et je sais que vous avez travaillé à sa méthodologie et je vous en remercie, pour justement améliorer là aussi à la fois nos pratiques et notre information.

Dans ce cadre, et qu'il s'agisse de l'information ou de la prévention, la culture de l'évaluation continuera d'être portée et soutenue par le ministère, et je sais là aussi combien le ministre y est attaché. Prévention enfin, pour ce qui est de ce premier axe, parce que nous avons en quelque sorte collectivement avancé, en améliorant fortement la prévention sur le début de la vie. En effet, la mission des mille premiers jours, à laquelle plusieurs d'entre vous ont collaboré, qui a été demandée par le secrétaire d'État Adrien Taquet et le ministre Olivier Véran, que j'avais lancée à l'Élysée et que Boris Cyrulnik avait pilotée avec plusieurs confrères, a permis d'améliorer très fortement la prévention pour les nouveaux-nés et les enfants avant 3 ans, avec plusieurs éléments qu'il nous faut continuer à déployer : le congé paternité qui permet d'avoir la présence du père pendant un mois et qui a été mis en oeuvre depuis juillet et qui permet, là aussi c'est sur la base d'éléments établis, évalués, d'améliorer les conditions de développement de l'enfant et de l'équilibre familial ; la détection de la dépression post-partum qui est un point extrêmement important.

Elle touche 30 % des mères environ, et nous savons que cette dépression a des conséquences plus qu'importantes, non seulement sur le nouveau-né mais sur le reste de la famille, et que celle-ci, si elle est proprement détectée, évidemment va être empêchée ou réduite, et ses conséquences largement atténuées. À cet égard, ce qui a été proposé dans le cadre de la mission Cyrulnik et qui est en train d'être déployé dans le cadre de la PMI et de l'ensemble des dispositifs mis en place, est un élément important de cette politique de prévention. L'entretien post-natal obligatoire avec une sage-femme, à partir de 2022, sera là aussi déployé, qui permettra cet échange pour toutes les jeunes mères, les nouvelles mères.

Et le développement de ce bébé box, dans les maternités dans notre pays, permettra aussi l'ensemble des messages de santé publique pour les jeunes parents, ce qui est un élément important de leur formation et de la prévention de plusieurs troubles qui ont été clairement identifiés. Ce travail que nous sommes en train de déployer depuis maintenant deux ans pour les mille premiers jours, doit constamment être évalué, amélioré et est une base, mais il montre que, lorsqu'on arrive à mettre tous les acteurs autour de la table, on arrive à avoir des progrès réels. Sans cette mission, je le dis très clairement, nous n'aurions pas abordé ce continent et ouvert chacun de ces sujets.

Mais il se passe beaucoup de choses après les mille premiers jours, sur lesquels nous n'avons pas eu toujours la même exigence, et je souhaite donc que nous puissions poursuivre cette politique de prévention ambitieuse sur l'ensemble du champ. C'est pour ça que je souhaite qu'on ouvre la question avec l'Éducation nationale sans tabou, en lien avec la médecine scolaire. Mais c'est aussi pour ça que je souhaite qu'on puisse développer, au-delà des formations aux premiers secours en santé mentale qui sont un élément-clé de cette politique de prévention, que nous puissions déployer plusieurs initiatives que vous avez menées ces dernières années et qui ont montré leur efficacité : les maisons des adolescents dont j'ai pu mesurer l'importance et l'efficacité pour les adolescents et leurs familles, souvent en termes de prévention et de lutte contre les récidives pour certains, dans les difficultés qui sont connues, et permettant aussi d'accompagner les familles.

L'objectif que nous devons nous donner est d'en créer une par département, d'augmenter sur trois ans également les efforts qui sont faits dans les politiques de prévention et le développement, en particulier des accueils familiaux thérapeutiques qui sont un élément-clé là aussi pour éviter la détérioration de certaines situations connues. Le deuxième élément, en tout cas le deuxième axe sur lequel, à vous lire et à vous écouter, il nous faut avancer plus fortement, c'est l'organisation des soins, là aussi en tenant compte de ce qui est maintenant clairement établi et de ce que, je crois, nos compatriotes ont pu mesurer, c'est-à-dire mettre plus de moyens, décloisonner et continuer à innover. Le modèle français nous est envié par beaucoup d'autres pays en termes d'organisation de nos soins et il est le fruit de nos innovations historiques, il est le fruit de votre travail et de celui de nombre de vos prédécesseurs.

La France est le pays qui, par ses propres innovations, par l'invention des psychotropes, a permis justement de transformer profondément l'asile en hôpital psychiatrique, de ne plus simplement enfermer mais traiter. Et le modèle de développement des centres justement médico psychiatriques a permis, là aussi, de développer un accompagnement, un traitement, dans un cadre adapté, de manière très innovante. La difficulté c'est que ce modèle, profondément ancré sur le territoire, qui s'est structuré à travers le temps par les manques de moyens que j'évoquais, a bâti ses propres fragilités.

Et nous le savons, et vous le savez mieux que moi, la psychiatrie française a établi l'importance du secteur, ces dernières années des projets territoriaux de santé mentale. Elle a marqué, à travers justement cette structuration sur un territoire, des efforts inédits d'ailleurs par rapport à beaucoup d'autres disciplines en termes de décloisonnement et de coopération, avec beaucoup d'autres acteurs hors du champ disciplinaire. Mais le manque de moyens des centres médico psychologiques a très clairement fragilisé certains territoires et les difficultés, plus largement, que connaît l'hôpital public, ont aussi fragilisé cette stratégie.

Il nous faut donc continuer à nous appuyer sur le continuum qu'il y a entre la ville et l'hôpital, plutôt le renforcer, garder la logique de secteur et se donner plus de moyens pour rebâtir une attractivité et une plus grande innovation. Pour cela, nous l'avons testé pendant la crise, il nous faut en quelque sorte mieux organiser la prise en charge la plus précoce et, si je puis dire, en amont dans le cadre d'un parcours de soins, et donc mieux articuler le travail des psychologues avec celui des psychiatres. Nous avons durant la crise, parce que c'était une demande qui s'est exprimée avec beaucoup de force et qui correspondait à un besoin, décidé la prise en charge par l'Assurance maladie pour les enfants et les jeunes adultes.

Sur la base de cette expérimentation, nous allons mettre en place, à partir de 2 022, des consultations de psychologues qui seront remboursées pour toute la population, à partir de 3 ans, sur un forfait qui sera une première consultation à 40 euros, les autres étant à 30 euros, qui sera adressée, donc, par prescription médicale à des psychologues dans le cadre d'un forfait de consultations, qui pourra être renouvelé, si la prescription médicale le propose. J'ai vu comme vous que toute la profession des psychologues n'était pas totalement ravie de ce sujet. Il y a une forme de paradoxe à considérer qu'accédant à une demande historique, qui est de rembourser les psychologues, cela suscite des protestations, parce que je pense qu'il ne faut pas sous-estimer les différences extrêmes qui existent au sein de cette population.

Il y a beaucoup de psychologues qui vivent très bien de leur profession, qui n'ont pas besoin de s'inscrire dans un parcours de soins à proprement parler, ni d'être remboursés, et qui facturent des consultations bien supérieures, en termes de tarifs, à celui que je viens d'évoquer. Ils pourront continuer à exercer leur profession de la même manière, je veux ici le dire clairement. Il y a aussi beaucoup de psychologues qui ont été formés, qui n'arrivent pas à vivre de leur métier.

Et nous avons sur le territoire beaucoup de nos compatriotes qui ne peuvent accéder à des consultations auprès de psychologues si elles ont des tarifs qui ne sont pas encadrés. Et je ne pourrai pas expliquer à des médecins que nous irions rembourser des consultations de psychologues au titre de l'Assurance maladie, si elles n'étaient pas préconisées par un médecin, et dans le cadre d'un parcours de soins. L'encadrement qui a été proposé par l'ensemble des équipes et le ministre me semble donc juste et équilibré, la tarification réaliste, pour rester pudique, quand je compare à d'autres spécialistes, mais je ne veux pas vous ouvrir d'autres fronts, Monsieur le Ministre, et je veux ici rappeler, en tout cas, qu'elle permettra totalement aux psychologues qui veulent pratiquer hors de ces parcours de soins, de continuer à le faire comme ils le font aujourd'hui.

Je pense que c'est un premier élément qui, s'appuyant sur la demande sociale qu'il y a, le besoin qu'il y a, est en cohérence avec cette volonté de faire plus de prévention, de prendre en charge le plus rapidement possible nos compatriotes qui sont en souffrance. Cette mesure est une mesure que j'assume, qui me paraît bonne et proportionnée. Ensuite, il y a quelques jours, la revalorisation des consultations libérales a été décidée pour la psychiatrie, la pédiatrie, et actée avec la Caisse nationale d'assurance maladie, et je pense qu'elle contribue à améliorer l'attractivité de ces professions.

Or nous savons bien que, dans le secteur libéral, ces professions sont très peu attractives. La revalorisation est une première réponse mais je souhaite que pour préparer la prochaine convention, nous puissions réfléchir à d'autres formes de tarification. Plusieurs professionnels - et d'ailleurs j'échangeais tout à l'heure avec certains d'entre eux, qui étaient hospitaliers - mais conscients de la difficulté, le prônent, et ça n'est pas propre qu'à vos disciplines, sont en faveur d'ouvrir une réflexion sur les intéressements à la situation de santé publique sur le territoire, à regarder aussi comment on peut rémunérer, en quelque sorte, la mission, et pas simplement l'acte, ou une série de missions identifiées.

Je pense que ça correspond plus à la réalité de vos pratiques et d'ailleurs à la réalité de la pratique de plusieurs professions ici présentes. Et je pense qu'il nous faut ouvrir ce chantier de manière apaisée mais volontariste, pour pouvoir là aussi rebâtir, si je puis dire, en tout cas reconsolider dans plusieurs endroits du territoire une médecine libérale en psychiatrie, qui est indispensable pour la continuité des soins. Évidemment, renforcer l'organisation des soins en la matière, c'est aussi faire un effort sur l'hôpital, je l'évoquais tout à l'heure, et donc c'est ouvrir des portes dans le cadre de la stratégie qui est déclinée par le ministre, celle permise par les accords du Ségur de la Santé, avec 8,2 milliards d'euros, qui ont prévu des revalorisations des salaires et des grilles de carrière sans précédent, et qui donc là aussi vont nous aider à rebâtir l'attractivité de vos métiers à l'hôpital, mais également l'ouverture de postes dans toutes vos disciplines.

Et je veux ici souligner en particulier l'importance de la création de postes en pédopsychiatrie. Je veux aussi saluer le travail qui a été fait ces derniers mois pour que, en quelque sorte, une paix des braves soit trouvée sur le sujet de la formation, qui est un sujet extrêmement important. Mais le nouveau cadre qui a été bâti permet, je crois, de rendre cette formation plus adaptée.

Il nous faut maintenant, sur la base de ce qui a été acté par le ministre et proposé par vous-même, réussir à construire toute l'attractivité, à l'issue de cette formation, dans le cadre hospitalier. Le Ségur permet d'y répondre. Ce seront donc plus de créations et d'ouvertures de postes, ce seront donc aussi des options qui permettent d'avoir une formation plus valorisante, et ce seront des débouchés de carrière et des grilles de carrière qui doivent répondre à cela.

À côté des carrières, il y a évidemment les locaux, et la psychiatrie sera l'un des axes du plan d'investissement massif de 19 milliards d'euros initié par le Ségur, et il permettra de rénover ou reconstruire les structures ambulatoires et d'hospitalisation, dans les territoires, selon les besoins et les priorités. Là aussi, il y a un besoin massif, nous le savons, et ça va avec les conditions de travail, mais bien évidemment aussi les conditions de soins et l'efficacité des soins, car je sais les situations critiques dans lesquelles plusieurs d'entre vous se trouvent aujourd'hui. Mais les chiffres sont là, qui témoignent de notre situation collective.

En soixante ans, on est passé de 120 000 à 40 000 lits. Alors évidemment, il y a à côté de ce phénomène, le développement de la médecine ambulatoire, de l'hôpital de jour, qui est des pratiques de l'innovation et du changement des pratiques, qui est une très bonne chose, et je ne suis pas en train de dire qu'il faudrait retrouver les chiffres d'il y a 60 ans, cela n'aurait aucun sens. Mais il est clair que dans certains territoires, ce mouvement a été trop brutal et l'ajustement trop rapide, et il ne permet pas de répondre à la réalité des besoins.

Et donc le Ségur doit permettre, par les investissements bâtimentaires, là aussi, d'adapter intelligemment, sur le terrain, les réponses. Ce cap ambitieux que nous avons donc fixé avec le Ségur vise à remettre des moyens, mais derrière tout cela, à mes yeux, c'est du sens, de l'humain, dans le système de santé. Et je crois qu'il était à cet égard urgent de reconnaître et de valoriser le rôle de nos soignants, et d'améliorer leurs conditions de travail.

Il nous faut aussi mieux reconnaître le rôle des infirmiers en psychiatrie. Ce sont leurs qualités humaines qui permettent au quotidien de prendre soin de nos malades, et il faudra là aussi davantage développer leur expertise et leurs compétences, que ce soit à l'hôpital, en domicile, en ville, ce qui impliquera l'augmentation du nombre d'infirmiers de pratiques avancées, au-delà de ce que le Ségur avait indiqué, nous le savons. Et donc sous l'autorité du ministre, les travaux seront finalisés pour permettre d'ajuster, justement, cet investissement, en regard des besoins que les travaux des derniers mois, la crise et vos Assises ont permis d'établir et, si je puis dire, de consolider les constats qui avaient été faits il y a maintenant un peu plus d'un an.

Au cœur de la psychiatrie de secteur, que j'évoquais tout à l'heure, nous allons aussi renforcer les centres médico-psychologiques, qui sont cet élément-clé, historiquement caractéristiques du modèle français, pour conforter leur rôle de coordination des soins et de la trajectoire des patients, en créant dès que possible des postes supplémentaires, qui réduiront les délais d'attente, qui sont parfois devenus insupportables. Il y a une très grande hétérogénéité entre les territoires mais on le sait, dans les territoires qui sont le plus en tension, ce sont des délais qui sont supérieurs à 18 mois, pendant lesquels évidemment, la santé des personnes souffrantes se dégrade. Et là aussi, on voit que nous avons le travail que j'évoquais, à faire en prévention, mais l'amélioration de l'organisation de nos soins est une manière aussi de mieux soigner, en soi, parce qu'elle permet de prendre le plus précocement et le mieux possible les formes détectées.

C'est pour ça que 800 postes seront ouverts, à cet effet, à partir de l'année prochaine. Nous devrons tous nous mobiliser pour les pourvoir et les déployer au mieux sur le territoire, avec l'ambition de renforcer plus d'un quart des CMP et des CMP infanto-juvéniles, et de réduire, donc, au maximum les délais d'attente. C'est un effort massif, là aussi, mais que j'assume pleinement parce que la situation que nous constatons sur le territoire commence à avoir des conséquences qui sont bien connues dans nos hôpitaux, et qui m'étaient encore rappelées tout à l'heure.

Ce sont les arrivées aux urgences et c'est en quelque sorte le cycle infernal que nous connaissons lorsque l'offre de soins est inadaptée. Et donc renforcer les CMP, c'est, là aussi, permettre d'abord de prendre en charge, dans des délais qui sont des délais souhaitables, humains et plus efficaces, et éviter de dégrader les situations que nous connaissons déjà dans nos urgences et auxquelles, là aussi, depuis avant le Ségur et avec le Ségur, nous avons cherché à apporter des réponses. Ensuite il faudra fortifier les dispositifs déjà mis en place.

J'évoquais tout à l'heure l'importance des maisons de l'adolescent, mais je souhaite qu'il y ait aussi des efforts qui soient faits avec des équipes mobiles dédiées à la prévention et aux soins des troubles somatiques, qui s'ajoutent aux troubles psychiques, et qui seront mis en place. Une quarantaine d'équipes mobiles sera ainsi déployée. Vingt nouvelles équipes mobiles de psychiatrie de la personne âgée dans les EHPAD et les autres établissements sociaux et médico- sociaux seront ainsi déployées, avec à chaque fois une évaluation de ces nouveaux dispositifs pour en voir l'efficacité, ajuster là aussi notre réponse, et avec une politique d'évaluation dans laquelle vous serez profondément et particulièrement associés, mais à laquelle je crois beaucoup.

L'évaluation devrait nous permettre de mesurer d'une part l'efficacité de ce que nous déployons, qui est souvent le fruit d'expérimentations lancées dans les territoires les plus innovants, mais elle doit nous permettre aussi de mesurer les coûts induits par le non soin ou le mauvais soin. Je pense que c'est un élément important pour bien mesurer l'efficacité de la dépense en santé sur vos sujets. Si on veut proprement mesurer l'efficacité en particulier des investissements que je viens ici de décrire, d'assumer et de vous annoncer, on a besoin, pour les évaluer, de regarder leur efficacité évidemment d'un strict point de vue de santé mentale, mais il faut aussi mesurer les soins et les souffrances évités, ainsi que les conséquences directes et indirectes.

Je pense que c'est le seul moyen d'avoir un débat public apaisé, et aussi de distinguer, dans le cadre des débats démocratiques, la nature des dépenses dont nous parlons. Enfin, le troisième axe de réflexion sur lequel je voulais revenir devant vous, c'est celui de la recherche. Je l'évoquais tout à l'heure, et plusieurs de vos confrères me le rappelaient aussi, la recherche, c'est d'ailleurs le cœur du modèle hospitalo-universitaire français, et ça l'est particulièrement dans vos disciplines, la recherche a toujours avancé main dans la main avec la clinique.

Elle a d'ailleurs permis ces avancées extrêmement fortes dans la clinique française que je rappelais tout à l'heure. Nous sommes à un moment clé pour la recherche en neurosciences et en psychiatrie. Nous avons décidé d'investir massivement dans les domaines qui sont absolument essentiels pour vos disciplines, celui des neurosciences, celui de l'intelligence artificielle, celui aussi des dispositifs médicaux, car c'est la convergence de plusieurs champs disciplinaires, qui là aussi étaient jusqu'alors séparés, qui permettra, j'en suis convaincu, des avancées profondément transformantes pour notre compréhension du cerveau, de la santé mentale, mais également pour l'innovation thérapeutique.

Nous voyons bien d'ailleurs, dans en quelque sorte l'ébullition intellectuelle, l'enthousiasme qu'il y a autour de l'ensemble de ces sujets. Les neurosciences, l'intelligence artificielle, l'ensemble de ces innovations permettront à coup sûr, dans les années qui viennent, des améliorations du soin au quotidien et une transformation de nos pratiques. Je crois que c'est une caractéristique aussi du modèle français auquel nous croyons, celui dans le cadre duquel les innovations technologiques sont toujours au service de l'humain et du soin.

C'est pourquoi, quand je regarde les choses, je ne peux pas dire que nous avons totalement pris les décisions qui conviennent en termes de recherche. Je ne suis pas une autorité compétente en la matière, loin s'en faut ! J'essaie de suivre les choses et de comprendre ce qui m'est dit.

J'ai vu que des processus avaient été lancés, mais, au-delà de ce que nous avons déjà déployé en termes d'intelligence artificielle, de neurosciences et de ce que nous finançons dans le cadre du Plan Innovation santé 2030 que j'ai annoncé il y a quelques mois, qui est un plan massif de 7 milliards et demi d'euros, ces projets qui avaient été soumis en psychiatrie n'avaient pas été couronnés d'un franc succès. On ne peut pas se retrouver avec des programmes pluriannuels inexistants en la matière. C'est pourquoi l'État soutiendra un programme de recherche ambitieux dans ce domaine, financé dans le cadre du PIA 4, et y mettra 80 millions d'euros en en confiant le pilotage à l'Inserm et au CNRS, pour justement cadrer le programme de recherche qui devra répondre aux meilleurs standards internationaux.

En quelque sorte, je souhaite qu'on rouvre le sujet de ce programme de recherche et que nous puissions bâtir, sur la base de la décision, prise et établie, elle, que 80 millions d'euros seront, dans le cadre du PIA 4, dédiés donc au sujet de la santé mentale. C'est aussi dans ce cadre qu'il faudra soutenir l'Institut de stimulation cérébrale en cours de création à l'hôpital Sainte-Anne, ainsi qu'un nouveau centre e-CARE pour la prise en charge et la recherche sur l'enfant à l'hôpital Robert-Debré afin de lutter contre les inégalités à la racine, dans la ligne droite de la politique des " 1 000 premiers jours " que j'évoquais tout à l'heure. Ce sont là deux initiatives qui ont un degré de maturité justifiant de les accompagner pleinement par ce programme, pour pouvoir aller plus vite et plus fort.

Je souhaite que, sur cette base, il puisse y avoir une revue des projets qui sont en cours dans l'ensemble des unités mixtes, pour que nous allions beaucoup plus vite et beaucoup plus fort. Je pense que ce sujet est en effet aussi un sujet de recherche. Je pense que l'ambition dont la France s'est dotée en termes de recherche médicale ne doit pas prendre du retard quand il s'agit de la santé mentale, sinon nous répéterions, dans le cadre de notre politique de recherche, des erreurs que nous avons pu faire dans le cadre de l'investissement dans les soins ou de la prévention.

Donc, c'est tout de suite qu'il nous faut intégrer cet axe dans celui de nos investissements et de nos efforts de recherche. Voilà ces trois éléments de réflexion que je souhaitais établir devant vous. Je l'ai dit, je le fais avec beaucoup de modestie, parce que la matière dont nous parlons n'est jamais innocente, et toujours éminemment complexe.

J'ai essayé, ces derniers mois, et ces dernières années, oserai-je dire, de moi-même mieux comprendre pour structurer le débat public. Parce que, je le disais, la santé mentale est trop peu un sujet de débat public, de politique publique, d'investissements. Ce que je voudrais que nous puissions acter ensemble à l'issue des Assises que vous avez tenues, du travail qui est le vôtre et qui est en quelque sorte la cristallisation de ce qui est pour vous une pratique, un travail de recherche, un engagement associatif, une vie d'expérience depuis des décennies, c'est un engagement de la nation tout entière pour assumer ce sujet comme au coeur de nos efforts de santé publique, et au coeur d'une ambition que la nation se donne pour elle-même.

Donc les efforts que j'ai annoncés aujourd'hui en termes d'information, de prévention, d'organisation des soins et de recherche ne sont pas pour solde de tout compte. Ils sont la reconnaissance tangible, claire, opérationnelle d'un investissement de la nation que j'assume. Ils sont aussi un ensemble de décisions qui a vocation à consolider des pratiques avancées ou des expérimentations que vous avez déployées sur le territoire, dans vos laboratoires, dans vos services, dans vos secteurs.

Mais c'est aussi pour moi le début d'un cheminement, avec des étapes régulières qu'il faudra conduire pour à chaque fois, je le disais, évaluer. Il y a parfois des débats qui divisent la nation sur des conséquences liées aux sujets que j'évoque depuis tout à l'heure parce qu'elle a trop peu investi sur la santé mentale, et parce qu'elle a trop peu assumé d'avoir les vrais débats au bon moment. Or je pense que parler de la santé mentale, informer, prévenir, mieux la traiter, est aussi une manière de vivre dans une nation plus apaisée parce qu'elle aura regardé en face ce qui est la réalité que nous sommes, et parce qu'elle aura cherché à rendre la vie de chacun un peu plus supportable à chaque étape.

Vous avez décidé de vous engager dans des métiers, des professions, souvent des vocations dont nous souhaitons qu'elles se développent dans les années qui viennent. Parce que vous êtes au coeur de notre santé, de la santé publique. Parce que je veux aussi que vous soyez désormais davantage au coeur de la cité.

Parce que, depuis le début, vous êtes en tout cas au cœur de l'épaisseur de nos vies. Et c'est sans doute la part la moins mesurable et la plus irréductible des métiers qui sont les vôtres. C'est d'ailleurs ce qui explique le trouble que, longtemps, la nation a pu ressentir pour évoquer ces sujets, les assumer ou les mettre sur la place publique : parce qu'ils sont dans l'épaisseur et l'intimité de nos vies.

Je crois qu'à l'issue de cette pandémie, en raison de tout ce que nous avons vécu, nous avons aussi quelque part construit une capacité collective à parler de l'intimité de nos vies, et à considérer que c'étaient des sujets importants qui pouvaient être dits. Pour toutes ces raisons, je vous redis ma considération et mes remerciements pour le travail que vous faites, la vocation qui est la vôtre et ma confiance. Ce qui a été décidé aujourd'hui sera mis en oeuvre, et surtout, le travail continuera, et les décisions aussi.

Je vous remercie.