Déclaration du Président Emmanuel Macron depuis le village de Martel dans le Lot.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 5 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:00Emmanuel MacronFait
« nous avons fait un choix collectif d'avoir une nation qui vient en soutien pour maintenir l'activité et pour absorber la crise. »
- 7:00Emmanuel MacronFait
« la décennie qui vient se joue en partie maintenant et notre capacité de rebond et donc, prendre les bonnes décisions d'investissement de secteur. »
- 9:00Emmanuel MacronPromesse
« la psychiatrie dans notre pays était largement délaissée. Nous allons lancer dans les prochaines semaines une stratégie là-dessus. »
- 13:00Emmanuel MacronFait
« la violence que nous avons dans la société, elle n'est pas séparable aussi des changements, je l'ai plusieurs fois dit, un peu anthropologiques que nous vivons »
- 16:00Emmanuel MacronFait
« je ne pense pas que la réforme qui était initialement envisagée puisse être reprise en l'état. »
- 20:00Emmanuel MacronFait
« quand on décide en démocratie dans la période qu'on vit, on risque de se tromper. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Monsieur le Président, vous êtes venu pour écouter, mais d'après ce qu'on sait de ce qui s'est passé à l'intérieur, j'ai l'impression que vous avez plutôt défendu votre vision des choses et que vous n'êtes pas forcément prêt à en changer. Si vous avez déjà une idée faite, j'ai l'impression que vous n'êtes pas prêt de changer non plus. D'abord, je suis très heureux d'être à Martel aujourd'hui et d'avoir passé, je remercie vraiment Monsieur le maire, et d'avoir passé ces heures ici aux côtés des habitants, de manière un peu improvisée dans les rues.
Mais aux côtés, en effet, de citoyens qui ont été choisis par le maire, représentant un peu toutes les sensibilités, je parle sous votre contrôle, et des expériences qui ont pu s'exprimer et avec lesquels on a échangé. Alors il se trouve qu'une Donc aux questions j'ai, par courtoisie, apporté des réponses et je pense que c'est ce qui était attendu de moi. Et puis, beaucoup ont aussi exprimé, c'est moi ce à la fois des convictions, des peurs, des manières de voir les choses en sortie de crise.
Je pense que c'est ce dont nous avons collectivement aussi besoin, parce que nous sommes dans un temps, comme je le disais hier, où il faut tout à la fois être extrêmement précautionneux dans cette phase et organiser la réouverture, où il nous faut préparer l'avenir avec une politique de relance extrêmement volontariste parce que, j'en suis convaincu, la décennie qui vient se joue en partie maintenant et notre capacité de rebond et donc, prendre les bonnes décisions d'investissement de secteur. Mais il nous faut aussi reprendre le fil de la vie de la nation. Et ce n'est pas innocent parce que pendant un peu plus d'un an, on a vécu des expériences très disparates.
Cette épidémie a fait que beaucoup de nos concitoyens se sont retrouvés plus isolés chez eux, n'ont pas interagi de la même matière, n'ont pas revu forcément leurs amis, n'ont pas été au travail de la même façon. Je pense qu'en tout cas, moi, je veux à travers ces échanges au gré des déplacements que je fais pour annoncer des choses, prendre des décisions, continuer à faire avancer, évidemment, les décisions que nous prenons avec le gouvernement. On peut sentir ce que nos compatriotes ont aujourd'hui en tête et ressentent.
Quelle est la nature de ces peurs et comment peut-on collectivement essayer d'y répondre ? Il faut remettre, si je puis dire, à la fois des valeurs et des solutions que nous pouvons avoir en commun pour avancer. Les gens reviennent à des interrogations, à des peurs et à des préoccupations qui étaient celles d'avant la crise, y compris à des colères, également.
Alors je vais vous dire dans l'échange que j'ai eu ce matin, mais j'ai pris des notes, donc je vais peut-être prendre du recul. Je suis frappé de voir que ce n'est pas la même nature de débat qu'on avait, par exemple en 2019. En 2019, il y avait des préoccupations largement majeures qui étaient le pouvoir d'achat pour les Françaises, les Français et la simplification, la liberté communale pour les maires.
Ce n'est pas ce qui est ressorti aujourd'hui. En particulier, je n'ai pas eu du tout de prise de parole sur le pouvoir d'achat aussi parce que, en sortie de crise des gilets jaunes, on a apporté beaucoup de réponses. Je ne dis pas que tout le monde vit heureux et a trop d'argent, mais il y a eu des réponses massives qui ont été apportées sur le plan de la fiscalité, du pouvoir d'achat, de celles et ceux qui travaillent dans notre pays.
Et parce qu'aussi avec cette crise, nous avons fait un choix collectif d'avoir une nation qui vient en soutien pour maintenir l'activité et pour absorber la crise. Je trouve qu'il y a beaucoup de questions, d'interrogations sur la question de la santé, de l'école et de la formation de nos jeunes. J'ai été frappé de voir que la question des générations ressort très fortement et en particulier de l'avenir de notre jeunesse dans laquelle il faut investir, qui est une question qui n'était pas du tout présente dans les débats en 2019, pas du tout.
C'est un vrai changement qui provient de la crise, de manière très sûre. Une volonté en même temps de comprendre comment on va collectivement financer tout cela. Cette question de notre sécurité financière, si je puis dire, est là et on voit bien qu'il y a beaucoup d'interrogations sur les valeurs, où va la France, où nous allons en sortie de crise, où on a beaucoup dépensé, où on a eu l'impression que la planche à billets, pour reprendre la formule d'un de nos interlocuteurs, a été activée à plein et comment s'en sortir.
Donc, on voit se dessiner, malgré tout, des priorités qui ne sont pas les mêmes et un retour à la normale qui suppose de réexpliquer la nature des contraintes qui sont les nôtres et comment faire avancer le pays. Donc, ce n'est pas la même chose. Vous avez parlé de faits divers dans cette discussion, vous avez dit qu'il y en a toujours eu en France, c'est vrai, mais peut-être pas avec cette violence à laquelle on assiste en ce moment.
Comment est-ce que vous l'expliquez ? Est ce que c'est lié à la crise, au déconfinement ? Et comment est-ce que vous luttez contre ça ?
Je pense que, peut-être ou peut-être pas, nous vivons dans un contexte qui a accru les tensions, l'inquiétude, l'angoisse. On sait que la solitude a créé chez certains de nos compatriotes qui avaient déjà des faiblesses de ce côté-là, des moments de décompensation. J'écoute ce que disent les experts, des sujets de sécurité comme de santé mentale.
C'est là et d'ailleurs, tous nos gendarmes, comme tous nos policiers, nous disent combien les violences familiales ont augmenté lors des deux confinements. Donc oui, c'est une certitude. Après, je pense que nous sommes dans une société qui est de plus en plus violente et ça ressortait beaucoup aussi des débats.
Et la violence que nous avons dans la société, elle n'est pas séparable aussi des changements, je l'ai plusieurs fois dit, un peu anthropologiques que nous vivons, c'est-à-dire qu'on ne se comporte pas pareil. On vit dans un monde qui n'est pas simplement cette rue où je vois vos visages, on se parle et on se respecte, mais à la seconde d'après, on va rentrer sur nos réseaux sociaux où quelqu'un, avec un pseudonyme, va me dire les pires horreurs, un autre lui répondra. C'est aussi ça.
Beaucoup de gens qui vivent seuls ne vivent que dans ce monde-là et donc ils sortent dans la rue et ils se comportent comme sur les réseaux. Et, on le voit dans toutes les sociétés démocratiques, quelque chose se passe. Donc, autant moi, je suis un grand défenseur du numérique et des réseaux quand c'est un vecteur de diffusion de la connaissance, du savoir, quand ça facilite la communication qui rend nos vies plus heureuses, autant je pense qu'il nous faut être vigilant parce que nos sociétés deviennent plus violentes à cause de ces usages et en particulier chez les plus jeunes.
C'est beaucoup ressorti aussi du débat sur Internet. Est-ce qu'on en a plus ou est ce qu'on en parle plus ? Je pense que cette violence endémique, je dirais, elle est là et il y a une dégradation très nette.
Et je pense que la réponse, elle est beaucoup plus complète que celle qu'on peut avoir de très court terme. On met plus de moyens, on a des forces de sécurité intérieure qui sont plus présentes et que je salue, on a des magistrats qui sont engagés et à qui on donne aussi plus de moyens. Mais la violence dont nous parlons là, on voit bien qu'elle suppose d'avoir une stratégie, de mieux accompagner celles et ceux qui souffrent dans leur vie pour ne pas qu'ils passent à l'acte et au pire.
Ça suppose d'avoir une stratégie en termes de santé mentale. Ça prend beaucoup plus de temps. Mais la psychiatrie dans notre pays était largement délaissée.
Nous allons lancer dans les prochaines semaines une stratégie là-dessus. Ça, j'en suis profondément convaincu. On avait commencé avant crise.
Il faut aller au bout. Il y a un énorme travail en termes d'éducation. Et là, on doit poursuivre dans le contenu, mais c'est très clair.
Et puis il y a un immense travail sur les réseaux et la régulation des réseaux. Moi, je me bats là-dessus depuis le début de mon mandat, nous avons réussi à enlever des contenus terroristes, en tout cas avoir ce qu'on appelle le retrait dans l'heure. Mais ça, c'est une bataille qu'on mène à l'international.
Je l'avais dès l'été 2017 avec Theresa May, puis l'appel de Christchurch avec la première ministre Ardern, en mai 2019, les Américains nous ont rejoints, mais il faut qu'on arrive à sortir l'incitation à la haine en ligne et toutes ces choses-là. Tant qu'on ne fera pas ça, on aura cette violence. Donc il y a des réponses, mais elles prennent du temps et elles sont plus profondes, et il faut aussi réfléchir et voir ce sujet dans toute son ampleur.
On vous avait aussi interpellé sur la panne hier dans les urgences, il aurait pu y avoir de très graves conséquences. Vous expliquez comment qu'une telle panne a été possible et quelles leçons il va falloir en tirer ? Comme dirait l'autre, l'honnêteté m'oblige à vous dire que je n'ai pas été interpellé sur ce sujet, mais vous, vous m'interpellez, donc je vais vous répondre, mais je vais vous répondre parce que c'est une question importante et je serai très prudent parce que j'étais ici.
J'ai évidemment suivi avec mon cabinet et le gouvernement. Le ministre de l'Intérieur est rentré pour animer des réunions de crise. Je veux saluer d'abord la réactivité des services de l'État qui, dès les premières minutes, ont trouvé des numéros de substitution, ont rebasculé vers d'autres départements qui n'étaient pas touchés et ont surtout proposé d'autres numéros.
Maintenant, il y a plusieurs choses à faire. Premièrement, comprendre ce qu'il s'est passé techniquement, c'est pour ce faire que le ministre de l'Intérieur a convoqué ce matin le président directeur général d'Orange. Deuxièmement, en tirer les conséquences pour améliorer la résistance de ces réseaux.
Mais je suis très prudent, n'ayant pas eu plus de détails. Et troisièmement, faire le bilan, justement, de la réaction de crise et vraiment regarder absolument tous les endroits où il a pu y avoir, ce qu'on appelle, des pertes de chances de personnes qui ont appelé les services d'urgence et n'ont pas trouvé quelqu'un au bout du fil. Est-ce que les excuses du PDG d'Orange vous conviennent ?
Je préfère avoir une vision claire, complète et instruite du dossier avant de m'exprimer plus avant. Je le mets à plat. Mais il est en cours de travail.
Sur la réforme des retraites, Monsieur le Président, puisque vous en avez reparlé, un peu hier. C'était une question tout à l'heure. Est ce que vous allez la faire, tout simplement ?
Écoutez, c'est une question que nous devons collectivement nous poser. Je ne pense pas que la réforme qui était initialement envisagée puisse être reprise en l'état. Je vais être franc avec vous parce que je pense qu'elle était très ambitieuse, extrêmement complexe et du coup, elle était porteuse aussi d'inquiétudes, faut bien le reconnaître, être lucide sur la manière dont le pays l'a vécu.
Je pense que le faire maintenant, ce serait ne pas prendre en compte le fait qu'il y a déjà beaucoup de peurs et de sujets à reprendre. Par contre, est-ce que nous pouvons, en quelque sorte, ne rien faire sur la retraite dans les mois qui viennent ? Il faut pour cela regarder deux choses.
D'abord, est-ce qu'on a réglé le préalable à tout qui est la question du travail et la reprise d'activité ? Je pense que c'est la mère des réformes. Pour moi, c'est la priorité absolue.
Et la deuxième, c'est ensuite de voir comment la solidité de nos finances publiques est assurée dans la période. Donc, c'est trop tôt pour vous répondre. En tout cas, ça ne sera pas la même.
Et rien n'est exclu. Mais c'est un peu aussi dans le débat avec les Françaises et les Français, avec les représentants des organisations syndicales et patronales, avec les forces politiques que je veux forger un peu cette conviction. Aussi, avec tous les experts à qui j'ai demandé des rapports.
J'ai demandé à la Cour des comptes de faire un point, que je vais bientôt recevoir. J'ai demandé aux meilleurs experts internationaux, pilotés par messieurs Blanchard et Tirole, de me remettre un rapport aussi sur la stratégie qu'ils voient pour le futur de la France. Vous voyez, je veux en quelque sorte, dans les prochaines semaines, d'abord, prendre les décisions de court terme sur le sanitaire, sur l'économie qui convient pour que le pays avance et qu'on puisse repartir de plus fort, adapter le plan de relance pour que tous les secteurs qui en ont besoin, dans lesquels on va créer de l'emploi puissent avancer, prendre toutes les décisions qu'il faut pour libérer l'emploi et l'activité parce que c'est là, je le redis, la mère de toutes les batailles.
Vraiment, s'assurer que l'on recrée des emplois partout où on peut et que ces emplois soient bien pourvus et en parallèle, je veux que nous préparions ce que l'on doit faire pour Ça passe par des travaux que j'ai demandés, le rapport Blanchard-Tirole, le rapport de la Cour des comptes. Ensuite, tirer les leçons de la crise, ce qu'a fait le rapport Pittet sur notre organisation collective et les points à améliorer. Les travaux que j'ai demandés aux membres du gouvernement, les consultations que je vais mener au niveau national avec les forces politiques et les forces syndicales et patronales, et ce déplacement sur le terrain où je peux écouter les élus locaux, où j'écoute nos services de l'État et je suis en direct avec nos concitoyens.
C'est le fruit de tout ça qui nous permet de voir si et comment les choses doivent avancer. Les décisions qui vous mettraient en risque, quand vous dites "je vais avoir des décisions cruciales à prendre" en laissant entendre qu'elles pourraient vous mettre en danger. Vous pensez à quoi ?
Mais quand on décide en démocratie dans la période qu'on vit, on risque de se tromper. Et donc, à chaque moment, quand on vit une pandémie, moi, j'ai beaucoup d'humilité. Vous m'entendez dire depuis maintenant un an qu'on va vivre avec le virus.
Quand je l'ai dit, je m'en souviens très bien, au début de l'été dernier, beaucoup ont dit " quel pessimiste ! Il essaie de jouer de la crise pour dramatiser ", etc. Malheureusement, on a vécu avec.
Et quand le virus revient intensément, il est là. Vous êtes amené, dans ce contexte-là, à prendre des décisions qui ne sont pas forcément celles qui sont recommandées par un côté ou l'autre. Quand j'ai décidé de ne pas confiner, je le dis très nettement, si nous avions, à ce moment-là, eu un pic épidémique, je pense que vous ne seriez pas en train de m'interroger si je suis candidat ou pas pour la prochaine fois.
Et donc, dans ces périodes qui sont des périodes où des décisions lourdes doivent être prises, il faut d'abord être concentré sur le court terme et avoir l'humilité de savoir qu'à chaque instant, des décisions lourdes peuvent être prises, dont les conséquences font que, évidemment, vous pouvez tout à fait être amené à ne pas pouvoir faire ce choix. C'est tout. - Sur la question de la sécurité, au moment des échanges avec les habitants, vous avez donné le sentiment de vouloir prendre un petit peu de recul par rapport au débat, en parlant de cette société du fait divers permanent.
Ça veut dire que vous ne voulez pas surenchérir ? Non, je pense que c'est un sujet essentiel. Je pense que, j'essayais de l'expliquer tout à l'heure, ce que notre nation vit, c'est un sentiment d'insécurité, mais où, en quelque sorte, tout rentre en harmonie.
C'est-à-dire, c'est l'inquiétude sur est-ce qu'on va réussir à financer ceci cela ? C'est l'inquiétude sur le sujet climatique. C'est l'inquiétude face aux flux migratoires, une dame a fait miroiter les deux sujets.
C'est l'inquiétude culturelle et c'est l'inquiétude liée aux faits divers. Tout ça, au fond, correspond à un même sentiment dans notre pays. Le fait qu'on ne maîtrise plus les choses et qu'on vit dans un environnement qui n'est plus le même.
Donc, j'essaie de prendre deux pas de recul parce que je pense que c'est profond et que cette peur, on doit lui apporter une réponse qui est une réponse à la fois systémique dans nos politiques publiques, mais aussi en termes de valeur, en termes de civilisation et de culture que nous portons. Donc oui, j'assume de prendre un pas de recul et ensuite je pense que l'efficacité de la réponse qu'on y apporte, elle suppose ce recul, c'est-à-dire l'efficacité suppose de se dire et d'avoir l'humilité de dire qu'on ne réglera pas tout du jour au lendemain. Mais il faut redonner des moyens sur le terrain aux forces de police et de sécurité, ce qu'on fait.
Il faut les aider à mieux s'organiser, ce qu'on fait. Il faut aider la justice à pouvoir décider plus vite et, moi, je ne crois pas dans l'opposition entre nos forces de sécurité intérieure et la justice. Je pense que c'est dans la capacité à travailler ensemble de manière plus étroite chacun dans son rôle, qu'on construira la meilleure sécurité et c'est pour ça qu'on a redonné des moyens et que l'on veut aussi améliorer le suivi des décisions de justice.
Et plus largement, c'est dans la capacité à ce que toutes les Françaises et tous les Français, voient, en quelque sorte, dans ce moment où on sort de crise, comment on reprend le contrôle de nos vies. C'est ça qui me frappe et je trouve que les faits divers que nous vivons tous, je dis ça parce que vous êtes, avec moi, embarqués dans cette aventure et qui touchent des vies qui nous émeuvent beaucoup. Ils disent quelque chose de l'état de notre nation qui est un sentiment d'insécurité, mais au fond d'insécurité de destin, pas simplement de tel ou tel sujet.
C'est de dire qu'on ne maîtrise plus le cours de nos vies, quelque part, sur tous ces points. Et donc c'est ça qu'il faut reconquérir. Ça sera le thème de la campagne, la sécurité ?
Vous êtes la proie d'idées fixes comme dit Michel Audiard, mais nous n'y pouvons rien. Vous avez fait campagne en 2016 sur la sécurité culturelle. Non.
En 2016, vraiment, le temps était à la libération de l'économie. J'ai fait une campagne sur la mobilité et l'émancipation. Si je devais dire le temps, 2016-2017, ça a été le temps de l'émancipation, de la mobilité.
On a d'ailleurs pu passer des textes, des lois, des réformes qui ont encore des effets, et ça s'est ouvert. Ensuite, il y a eu la crise des gilets jaunes, qui a été un retour, en quelque sorte, d'une France inquiète, dont il faut entendre la voix légitime qui a été le sujet du pouvoir d'achat et la question de la rapidité des changements et de leur accompagnement. C'est comme ça que je ferai mon retour d'expérience, c'est-à-dire de dire que nous croyons aussi dans le changement climatique.
Mais il faut nous accompagner parce que c'est trop dur, trop brutal. Et donc, il y a eu un temps où on a continué à émanciper, mais on a fait une politique qui a été beaucoup plus d'accompagnement financier, de pouvoir d'achat et aussi de reconstitution d'un État partout sur le territoire. D'où la déconcentration très forte, l'agenda rural, ce que j'ai fait avec nos maires.
Ensuite, il y a eu la pandémie qui nous a bousculés dans l'intimité de nos vies et on en ressort avec une société qu'il nous faut qualifier. Je partage avec vous ce à quoi je réfléchis, ce que j'entends, mais c'est fabriqué. On va tous ensemble cheminer.
Je pense que ce moment est important parce qu'au fond, sinon, on court le risque ou de reprendre le cours de nos vies ou de partir avec des idées fixes sans savoir, voyez, où on en est vraiment. Je pense que ce thème, ce sujet-là, c'est pas une question de thème de campagne, c'est l'état de notre pays au moment où nous nous parlons. Et il est différent de ce qu'on vivait avant.
Et aujourd'hui, c'est le premier jour du reste de votre quinquennat ? Chaque jour est un peu un peu comme ça, mais si vous voulez. Merci, monsieur le maire, à nouveau.
Merci à vous. Merci.
Emmanuel Macron