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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 1 février 2021 37 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsImmigration & asileSolidarités & famille

Vous stigmatisez les musulmans avec une loi inutile et dangereuse

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:00Locuteur 1Fait
    « la polygamie est déjà condamnée par le code pénal art 433-20 »
  • 7:00Locuteur 1Chiffre
    « il y a 800 plans sociaux déjà de fait dans ce pays »
  • 8:00Locuteur 1Chiffre
    « il y a dix millions de pauvres et combien d'affamés parmi eux ? »
  • 14:00Locuteur 1Fait
    « quand les musulmans ont-ils manqué à la France ? Quand ? Qu'on me cite jour, une date, un fait ! »
  • 16:00Locuteur 1Fait
    « la moitié de leur troupe, de la troupe qui était là, était musulmane, quand ils se faisaient tuer, pour la moitié du contingent qui prit d'assaut Notre Dame de la Garde à Marseille pour en expulser les nazis »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Président, Ministres, Collègues, très certainement, c'est aujourd'hui un texte important et je dirais que déjà, on voit que grâce à lui l'Histoire a commencé à cheminer dans notre pays, je vais vous dire pourquoi dans un instant. Mais auparavant, je voudrais dire que vous avez eu raison, Monsieur le Ministre, de convoquer l'Histoire et tous ceux qui se sont exprimés après, mais l'Histoire est d'une part une science qui étale, montre les faits, mais elle ne nous dit jamais ce qu'il faut en penser, c'est normal ce n'est pas son rôle. C'est le récit, c'est le choix du fil conducteur que nous faisons dans l'Histoire qui détermine nos opinions aux uns et aux autres.

À présent voici que tout l'arc politique est républicain, il n'en fut pas de même tout le temps, eh bien c'est heureux, plus personne ne siège sur ces bancs pour défendre la royauté, plus personne ne siège sur ces bancs pour défendre je ne sais quelle dictature comme nous avons pu le voir, nous parlons donc entre républicains. Et je voudrais à cet égard, m'efforcer pour ma part d'être moins offensant dans les ripostes que je ferai que celle que j'ai entendues auparavant à mon sujet ou à celui de mes amis. Non je ne suis pas naïf Monsieur le Ministre de l'Intérieur, vous faites une loi qui, à nos yeux, est une loi inutile pour une part, puisqu'elle ne fait que répéter ce qui existe déjà, et pour le reste dangereuse, parce qu'elle menace les libertés, mais surtout parce qu'elle ouvre la porte à un déferlement que nous ne connaissons que trop, et que nous jugeons néfaste profondément à l'unité de la patrie qui compte cinq à six millions de musulmans, qui sont nos compatriotes, nos parents souvent, nos alliés toujours.

Nous avons déjà trop entendu les premiers commentaires sur le sujet, c'est déjà un déferlement. Alors cette loi a changé de nom à plusieurs reprises, parce que bien sûr, ils ne trouvaient jamais le bon, en tout cas, je veux dire celui qui corresponde à l'esprit des lois tel que nous le connaissions jusqu'à présent. Le séparatisme n'existe pas, en tout cas en tant que concept juridique, alors maintenant nous voici à "renforcer les principes républicains".

Fort bien, lesquels ? Les principes républicains il n'y en a que 3, qu'est ce qu'un principe ? Une manière d'organiser les relations entre les événements et entre les décisions, il n'y en a que 3 : libertés : elles vont être réduites après que ce texte soit voté.

Oui réduites, et déjà de nombreuses opinions s'expriment sur ce sujet venant des associations à qui, non seulement vous présentez la menace d'une suspension, mais aussi desquelles vous allez réclamer je ne sais quel absurde serment républicain, ridicule parce que sa lettre sera forcément ridicule, et dangereux parce que pour la première fois de nouveau, il demande à des Français des serments d'allégeance dont on les avait dispensés jusque là. La République n'a pas besoin qu'on lui fasse serment d'allégeance, l a République a juste besoin qu'on respecte ses lois, et si elles ne sont pas bonnes alors on les change, mais rien dans la loi ne nous empêche d'atteindre les objectifs que vous affirmez vouloir poursuivre en matière de lutte contre le terrorisme en particulier. Enfin sur la fraternité, permettez moi de vous dire qu'après ce qu'on va entendre dans cet hémicycle au cours des quinze jours qui vont avoir lieu, je ne crois pas que la fraternité aura fait un grand pas dans ce pays, notamment en direction des musulmans.

Pour l'instant, néanmoins, on peut vous attribuer un succès, oui un immense succès : toutes les religions sont d'accord pour dire que votre loi les menace, et j'ai lu avec le plaisir de tous ceux qui connaissent l'Histoire de notre pays, comme une déclaration extraordinaire, cette phrase de la Conférence des évêques de France qui dit : "la loi de 1905", écoutez socialistes, écoutez communistes, c'est notre apothéose, "La loi de 1905, dit la Conférence des évêques, est une loi de liberté", que ne l'ont-ils dit à l'époque, "elle risque, avec ce projet de loi, d'être transformée en une loi de contrôle, de police et de répression". Oui c'est un grand événement ! Je rappelle que l'encyclique de 1906 "Vehementer nos", affirmait qu'il fallait désobéir à la loi de 1905 parce qu'elle retirait les crucifix des tribunaux, n'exemptait pas les prêtres du service militaire etc.

Qu'en 1895 le pape prétendait guérir l a France d'une maladie qui l'affectait : le suffrage universel, pensant que la volonté du peuple pouvait être supérieure à celle de Dieu par ses lois. Oui c'est un grand changement, et je veux dire notre émotion et notre gratitude à l'égard des représentants de la foi catholique, d'avoir fait ce pas dans la direction qui nous rassemble et nous rapproche, j'y vois une trace des conséquences de l'encyclique "Fratelli tutti" ou de "Laudato si". La fédération protestante de France, elle, dit : "L'objectif visé était de rendre attrayante la loi de 1905, or on la surveille, on la bride, on la contrôle, nous nous retrouvons d'ailleurs sur beaucoup de points critiques de la loi avec les juifs, les musulmans les catholiques".

Quant au président du Consistoire israélite de France, il déclare : "Je ne suis pas sûr qu'en règlementant trop le culte on combatte le terrorisme". C'est le moment de rappeler ce qu'est la loi de 1905 et la laïcité, qu'on met un peu à toutes les sauces, et qui sert à tous les costumes, en tant qu'orientation politique issue des profondeurs de l'Histoire de France. En tant qu'orientation politique, cela signifie la séparation du religieux et du politique.

En tant qu'institution cela signifie la séparation des Églises et de l'État, en aucun cas la laïcité n'est un athéisme d'état, chaque fois qu'on a tenté, ici ou là dans le monde et y compris en France, d'instaurer une forme d'athéisme d'état qui par petits bouts, viendrait à rogner tout ce qui se trouve dans les textes des religions, on s'est ensuite engagé dans la voie des guerres civiles et des violences, car la liberté de conscience ne peut être pleinement respectée que si l'on sépare absolument et radicalement le débat religieux du débat civil et politique. Voilà le fondement de notre action, voilà ce qu'il y a dans la loi de 1905, voilà pourquoi il était inutile d'ajouter après 16 lois contre le terrorisme en 30 ans, une loi de plus qui cette fois-ci avec une prétention absolument inouïe, prétend aller fouiller dans le terreau qui paraît-il justifie le terrorisme, ce terreau, je vais vous le nommer, c'est l'esprit humain, car à toute période, toute époque, il y a toujours eu des fanatiques, il y a toujours eu des terroristes, il y a toujours eu des violents, il y a toujours eu des gens qui ont voulu se singulariser par le fait qu'en détruisant tout, ils croyaient se rendre remarquables. Je vois le ministre qui rit, c'est un bon plaisant, il se souvient sans doute d'Erostrate, lui aussi prétendait être connu de tout le monde en foutant le feu à une des Sept Merveilles du monde, donc ce n'est pas d'aujourd'hui que nous rencontrons de tels individus.

Et la raison, souvent, voudrait que l'on distingue entre les uns et les autres, j'observe que quand quelqu'un qui n'a pas fait le ramadan qui avait lieu huit jours avant, qui est un drogué notoire en plus du reste, se précipite avec un camion, et assassine 90 personnes à Nice, alors on dit "il a été radicalisé dans l'islamisme" immédiatement, mais moi je crois qu'il était fou à lier pour commettre un acte pareil, qui sort de la raison humaine et des réflexes les plus élémentaires. Mais par contre quand un autre vient avec un fusil et tire à la sortie de la mosquée de Bayonne, tout le monde dit : "C'est un fou", eh bien oui c'est un fou, d'ailleurs c'était un ancien candidat du Rassemblement national, il faisait de la politique, personne n'a pensé à imputer au Rassemblement national l'idée qu'il envoie ses anciens candidats tirer sur les mosquées, non, eh bien je le dis : je ne les en accuse pas, mais alors pourquoi dans un cas une leçon et dans l'autre une autre ? Voilà le moment de vous dire que nous estimons nous autres, que nous avons autre chose à faire pendant les quinze prochains jours que de discuter en voyant bloqués à ce banc quatre ministres et nous tous ici, pendant quinze jours, à discuter de cela.

La dernière fois il y avait trois cas de covid dans ce pays, et vous nous avez inventé un débat sur les retraites qui a fini comme vous le savez, mais qui nous a mobilisés ici nuit et jour, jusqu'à ce que vous décidiez du 49.3. Depuis il y a eu 75 000 morts, il y à 3 millions de cas depuis le début et 145 000 contaminés supplémentaires depuis la semaine dernière et nous, qu'allons nous faire ?

Nous allons passer quinze jours à soupeser le lien entre une religion et des pratiques terroristes. Alors nous allons parler du foulard chez les personnes délégataire du service public, pourtant cette affaire est réglée par la jurisprudence depuis 2013. Météo France nous annonce que si nous continuons comme nous sommes en train de le faire pour les émissions de gaz à effet de serre, eh bien nous aurons, avant la fin du siècle, une progression de 6 degrés de la température, ce qui ne correspond à aucun fonctionnements possibles tels que nous les connaissons aujourd'hui, eh bien nous, nous allons parler de la polygamie, attention de la polygamie, pas des parties à deux ou trois dont madame Schiappa nous a dit qu'elles n'étaient pas menacées par ces aspects de la loi, à la radio s'il vous plaît !

La polygamie est déjà condamnée par le code pénal art 433-20. Il y à 800 plans sociaux déjà de fait dans ce pays, eh bien nous, nous allons discuter des certificats de virginité voyez-vous, quoi que cela soit déjà condamné par l'Ordre des médecins qui a interdit à ceux qui en sont membres de les pratiquer. Il y a dix millions de pauvres et combien d'affamés parmi eux ?

Mais nous nous allons discuter du contenu des repas à la cantine scolaire, eh bien je crois que personne ne se plaindra qu'il n'y ait jamais de viande le vendredi, si du moins chacun pouvait avoir du poisson. Il est inutile de hurler, cela ne m'intimide pas le moins du monde, alors vous vous épuisez pour rien, surtout que la plupart d'entre vous ne savent pas et crier et respirer en même temps, vous allez nous faire un arrêt cardiaque. Il y à une augmentation du gaz, de l'électricité, des péages, mais nous nous allons discuter la mixité dans les horaires de piscine municipale.

Il y a 10 millions de personnes à l'aide alimentaire, mais nous nous allons discuter du contrat d'engagement pour les associations, alors ce contrat couvrira de ridicule ceux qui le proposent, parce que, est-ce que vous ferez jurer à chaque association de France, depuis les philatélistes en passant par les sportifs et je ne sais qui, fidélité au bloc constitutionnel que vous allez vous faire un devoir d'aller leur enseigner à chacun ? Car sinon à quoi devront-ils faire allégeance ? A un texte écrit par qui, comment ?

Peut-être est-ce celui que nous commençons à voir, c'est-à-dire un document d'infantilisation politique totale et qui demande que l'on aille "prêter serment". Quelle drôle d'idée, quelle drôle d'idée ridicule et inutile ! Pourquoi ?

Parce que l'article 89 de la Constitution dit que la forme républicaine du gouvernement ne peut faire l'objet d'une révision, et c'est pourquoi nous sommes tout à fait capables de supporter qu'il y ait des royalistes, des mouvements royalistes, des partis royalistes en France, que nous n'avons jamais interdits parce que de toute façon, jamais on ne pourra changer la forme républicaine de l'État, aussi longtemps que nous serons tous là, sur ces bancs ou que nous serons dans la population exprimant nos opinions politiques. Parce que l'article 3 de la loi du 9 juillet 1901, celle qui régit le régime des associations, prévoit déjà qu'il est impossible de manifester des opinions et des pratiques contraires à la République, il dit : "Toute association fondée sur une cause ou en vue d'un objet illicite contraires aux lois", il n'y a donc pas besoin de jurer, c'est déjà écrit, "aux bonnes mœurs ou qui aurait pour but de porter atteinte à l'intégrité du territoire national et à la forme républicaine du gouvernement, est nulle et de nul effet". Il n'y a donc aucun besoin d'en rajouter, c'est déjà dans la Loi c'est déjà dans ce qu'il est prévu de réprimer.

Alors ne croyez pas que nous soyons naïfs au point de croire qu'il n'y a pas de séparatisme dans ce pays. Oui il y a un séparatisme, violent, agressif, c'est le séparatisme social, celui de ceux qui fuient le fisc en se réfugiant à l'étranger, celui de ceux qui organisent les constructions de logements, de telle sorte qu'ils ne soient pas encombrés de ceux qui en ont le plus besoin, quand la moitié des logements est en résidence privée et fermée dans le 8e arrondissement de Marseille, permettez moi de vous dire que j'appelle ça une forme de séparatisme. C'est celui des écoles, des écoles privées qui souvent regroupent une partie bien typée de la population par ses revenus.

Il y a oui, un séparatisme religieux de fait, et qui dure depuis la libération du territoire qui avait été envahi par les Allemands, c'est à dire l'Alsace et la Moselle, et depuis cette date, du fait des arrangements politiques de la sortie de guerre, on avait décidé qu'on ne toucherait pas au Concordat, je dis bien au Concordat, pas au droit social alsacien dont je proposerais volontiers qu'il soit étendu à toute la France, parce qu'il est bien meilleur que celui du reste de la France, je parle du Concordat, c'est à dire de cet accord qui reconnaît à trois religions le fait que ses prêtres sont pris en charge par l'État, et que cela coûte 60 millions d'euros au pays, le Concordat d'Alsace-Moselle et le statut religieux particulier de la Guyane. Enfin il y a aussi un séparatisme communautariste qui se drape dans les grands mots pour seul proclamer son droit particulier à gouverner ou à réclamer des droits particuliers pour une partie de la population, c'est celui par exemple de cette organisation considérée comme terroriste dans la plupart des autres pays d'Europe, mais à qui vous n'avez jamais voulu mettre fin, qui s'appelle la prétendue "Ligue de Défense des Juifs" et qui a expulsé du cortège qui accompagnait, en hommage à sa mémoire, dans la manifestation contre l'antisémitisme, Madame Mireille Knoll, et qui nous a expulsé de là, c'est la police qui s'est chargé de nous faire partir de là, nous, en écharpe, répondant à l'appel de l'Assemblée nationale, jamais personne n'a été condamné pour cet acte et cet attentat contre notre liberté de Républicains. Il y a un séparatisme institutionnel, le séparatisme institutionnel, c'est celui des régions européennes prévues par le traité d'Aix la Chapelle, c'est celui que vous allez introduire bientôt dans la loi, le droit à la différenciation, le rapporteur général qui nous a fait tout à l'heure l'apologie des traîtres à la patrie, rit quand je parle de la différence, oui parce que vous avez l'air d'oublier, vous citez la Chouannerie, qu'il s'agit de traîtres à la Patrie, ils attendaient que les autres nous envahissent, et ils les attendaient sur les plages, on ne l'oublie pas, le moindre des respects pour la Patrie républicaine, c'est de ne pas solliciter l'Histoire en sens inverse.

Donc c'est la loi sur le droit à la différenciation qui va permettre que des règles, des droits différents existent suivant les régions, mais je vous en prie vous avez dit 10 fois : "La seule communauté que nous reconnaissons c'est la communauté nationale", mais qu'est ce que la communauté nationale, c'est la communauté de la Loi, la Loi une et indivisible, c'est parce que la Loi est une et indivisible, que nous l'avons tous décidé, même si nous sommes minoritaires, que nous acceptons tous qu'elle nous soit appliquée, c'est la règle de base de la démocratie, la différenciation est une invention contre-républicaine, et voilà où il y a en effet un séparatisme institutionnel. Voyez-vous, je ne sais pas si c'est sur ce point que nous divergeons, mais il faut y regarder de près, il y a des leçons de l'Histoire de France, peut-être que je me trompe dans ma manière de l'interpréter, mais au moins je veux la faire connaître pour que l'on aille pas croire qu'il n'y a qu'une vérité en matière d'interprétation, vous avez cité Philippe le Bel tout à l'heure, Monsieur le Ministre, vous avez bien fait, le pape Boniface VIII prétendait que puisqu'il commandait au spirituel, il commandait au temporel, et ça lui donnait le droit immédiat de récolter un impôt en France, le Roi s'y est opposé, on passe l'histoire, je ne vais pas vous la raconter, et ça s'est fini assez mal pour le pape qui a fini par, pauvre homme, mourir de peur un jour où il a été assailli et par les représentants du Roi et par différentes factions italienne, mais le Pape avait évidemment tort, et le Roi de France avait évidemment raison, mais il le faisait d'un point de vue religieux, et ceci n'épuise pas la question qui était posée, car si celui qui commande au spirituel n'a pas de droit en république de commander au temporel, à l'inverse celui qui commande au temporel n'a pas le droit de décider au plan du spirituel. La séparation stricte de l'État et des religions est la condition qui permet l'unité du pays, alors, la tentation de la force a toujours existé, c'est une erreur, et celui qui vous le dit est un admirateur de la grande Révolution de 1789 qui commit l'erreur de vouloir faire jurer un serment de fidélité à la République à des gens qui de toute façon n'en conviendraient jamais, et qui par conséquent se sont organisés contre elle, mais pas à cause de ce serment, à cause de toutes les raisons sociales qui les y conduisaient.

Voilà un souvenir qu'il ne faut jamais écarter de notre mémoire, ça ne sert à rien de vouloir décider depuis le pouvoir politique comment on organise les religions, le dire ce n'est pas manifester de la sympathie pour telle ou telle religion en tant que contenu philosophique ou spirituel, c'est dire ce que l'Histoire nous a appris, alors si elle nous l'a appris, si nous l'avons déjà payé assez cher, ne recommençons pas, ne recommençons pas l'erreur, à notre manière, plus tempérée aujourd'hui, j'en conviens, que fit le Roi en décidant que, de force, il convertirait tout le monde au christianisme, et alors ce furent les Dragonnades, ce furent ces guerres incessantes contre les protestants, et avant eux c'était les juifs qui pendant mille ans ont étés persécutés dans notre pays, mille ans, parfaitement. Une fois ils ont dû racheter, à Toulouse, le droit de ne pas être giflés une fois par an, mais auparavant, on a eu 12 expulsions des juifs du royaume de France par les Rois, et celui que vous appelez Saint-Louis, je me demande bien pourquoi, c'est-à-dire Louis IX, fut le premier à leur appliquer la rouelle, signe distinctif, et à brûler des Talmuds, pas des Torahs, je me suis trompé une fois, on m'a dit : "Vous vous êtes trompé Monsieur Mélenchon, ce n'est pas la Torah c'est le Talmud", la belle affaire ! Qu'on brûle du Talmud ou de la Torah c'est également insupportable, tout ça est dans l'Histoire de France, personne n'en est coupable sur ces bancs.

L'Histoire est là, elle est déployée sous nos yeux, que choisissons nous de faire, quelle leçon en tirons nous ? Voilà ce que nous faisons ici à cette tribune et ailleurs. Du foulard pour prendre cet exemple qui a l'air d'obséder une telle et si grande partie d'entre vous.

Le foulard serait symbole de soumission, mais admettons, pourquoi pas, ça c'est une opinion ! Mais bien sûr, mais Madame, les propos athées regardent ceux qui les prononcent, parce que dans le christianisme et dans Saint Paul, le voile qu'il recommande aux chrétiennes de se mettre est un signe de soumission à l'homme, ce qui n'est jamais dit dans les autres religions, de la même manière, Tertullien dit : "Ne pas se voiler c'est se prostituer", oui Tertullien, c'est l'un des pères fondateurs de l'Église chrétienne, alors rappelons-nous avec modestie toutes ces choses avant d'aller faire la leçon à tout le monde. Mais pourquoi pas, j'admets que l'on se dise : "Obliger quelqu'un à mettre un foulard ou quelqu'un qui met un foulard manifeste un signe de soumission qui est insupportable", soit, et bien alors on le combat idéologiquement, de la même manière qu'on interdira jamais aucune religion, parce que se serait absurde, je ne pense pas que vous ayez l'intention de le faire, de la même manière on ne décidera jamais d'une police du vêtement qui nous ridiculisera, parce qu'elle est l'image inversée de la police du vêtement qu'applique la République islamique d'Iran, les uns veulent obliger à porter un voile, les autres veulent obliger à ne pas en porter, tout ça est absurde.

Il faut laisser la vie se faire, et distinguer soigneusement l'agent du service public qui en effet, parce que le service public est ouvert à tous et à toutes, doit manifester, exprimer une neutralité, une distance absolue à l'égard de quelque religion, et de quelque parti politique que ce soit. Mais il en va tout autrement de l'espace public, qui est précisément public, l'endroit où on va, on vient, comme on veut, comme on l'entend. Allons-nous nous donner le ridicule de choisir la couleur des cheveux, la longueur des jupes, que sais-je encore ?

Tout ça est absurde, tout ça est absurde, si vous voulez combattre tel ou tel comportement, alors il faut s'en donner les moyens politiques, les moyens d'action, de conviction, de contact, pas d'absurdes interdictions qu'ensuite plus personne ne veut appliquer. Permettez moi de vous dire que j'ai déjà vu ce que ça donnait avec le voile intégral, quand je me suis retrouvé tout seul à protester contre le fait que quelqu'un porte ce voile dans une gare, il y avait là quatre policiers à qui j'ai demandé, il y a longtemps Monsieur Darmanin, vous n'y êtes pour rien, c'était il y a quatre ou cinq ans, alors je leur dis : " Eh bien vous savez que c'est illégal, venez m'aider", on me dit : "Non, nous ne sommes que quatre", alors ils n'étaient que 4, plus moi ça faisait 5, et ils trouvaient que c'était insuffisant, naturellement je n'ai pas arrêté là, et j'ai dit à la personne pourquoi je n'étais pas d'accord, et je lui ai dit pourquoi après tout ce que nous avons fait, je ne peux pas être d'accord pour qu'on se présente dans l'espace public comme ça. Pourquoi ?

Parce qu'il y a deux cas qui concernent les vêtements, premièrement, le voile intégral qui est interdit, deuxièmement, la nudité qui est interdite, point final. Tout le reste ce sont des digressions qui ne nous mènent nulle part. Il est temps de rappeler que si l'on commence à réprimer tel ou tel des habits… Je suis heureux de voir que tout ça vous amuse beaucoup, bien sûr c'est normal, non mais je comprends, parce que vous êtes des drôles, il est temps de vous rappeler que la loi ne punit… Collègues, je vous garantis que c'est quelque chose de voir ça, vous autres tous députés, vous vous en foutez, mais vous non, ils se marrent au premier rang, on parle, on explique, on donne des arguments, ça les fait rire, d'accord, c'est ça maintenant la situation, c'est du jamais vu, on a déjà vu un d'entre eux nous proposer de sortir de la salle, maintenant on en voit qui sont hilares, sous la IIIème République, quand on applaudissait au banc des ministres, on considérait ça comme un coup d'État.

Cette confusion vous conduit à tout mélanger, les opinions et les actes délictueux, vous n'en finirez plus de condamner les habits, allez-vous condamner la tenue des nonnes qui passent dans les rues, les soutanes pour ceux qui en portent, le col romain, la kippa ? Mais savez-vous, toutes ces questions ont déjà été discutées en 1905, les plus, comment dire, engagés, j'allais dire enragés, je ne veux pas insulter la mémoire des miens, prétendaient interdire qu'on porta la soutane dans la rue, ils trouvaient que c'était une attitude provocante, Briand et les autres ont dit : "Bon, on verra ça une autre fois, pour l'instant c'est pas ça que l'on cherche à faire. Voilà pourquoi, quand on examine l'Histoire et ses continuités, ce qu'il nous faut chercher, ce sont les ruptures qui font du sens, voyez vous, cette question de la distinction entre les actes et les opinions ne date pas d'aujourd'hui, j'en ai trouvé la trace dans une intervention du chancelier protestant du Roi de France, Michel de l'Hospital, qui fut comme vous le savez, du fait de sa foi, précipité de sa fenêtre après avoir reçu d'abord un coup d'arbalète, et ensuite avoir été poignardé et jeté par la fenêtre pendant la nuit de la Saint-Barthélemy, ce penseur protestant, serviteur loyal de la patrie dit : "Le roi ne veut point que vous entriez en dispute, quelle opinion est la meilleure, car il n'est pas question de constituenda religione, mais de constituenda republica, même l'excommunié dit-il, nous sommes à 1562, même l'excommunié continue d'être un citoyen", ce qui signifie que ce qui relevait de l'opinion religieuse ne saurait être transposé dans le bras séculier, couper entre l'autorité et le bras séculier, vous allez faire l'inverse, c'est à dire qu'après avoir demandé aux uns et aux autres des serments de toutes sortes, aux imams, aux particuliers, aux associations, vous vous retrouverez à avoir sur les bras tous ceux qui ne veulent pas le faire, et alors au nom de quoi allez vous les réprimer et les poursuivre ?

C'est absurde, mais non ça ne marche pas comme ça, il faut continuer à sanctionner des actes, pas des intentions ni des opinions, jamais un seul jour en France, les sectes n'ont été poursuivies pour autre chose que pour les actes qu'elle posaient. Voilà pourquoi cette horrible pratique de vouloir dire comment la religion doit être pratiquée ou pas pratiquée, en cachette ou en public, a donné, je vous l'ai dit tout à l'heure, les mauvais traitements contre les juifs, contre les protestants. Et c'est le moment aussi d'évoquer la mémoire des miens, si j'ose dire et de quelques autres ici sur tous les bancs, les incroyants, les Vanini, les Giordano Bruno, le chevalier de la Barre, le ridicule des livres brûlés de d'Holbach, l'abomination du martyr des femmes insoumises, traitées de sorcière et brûlées en grande quantité parce qu'elles ne correspondaient pas à l'idée qu'on se faisait de la femme, je suis sûr que vous serez d'accord avec moi sur tous ces points d'histoire, mais alors il faut en prolonger la leçon jusqu'à aujourd'hui, en recueillir le suc pour savoir comment faire pour ne pas commettre des erreurs qui nous mettraient dans une situation pire que celle que nous pouvons connaître au point de départ.

Seule la séparation permet l'unité et la liberté du peuple français. L’État n'est ni neutre, ni tolérant, ni égalitaire à l'égard des religions, il y est indifférent, il ne s'en occupe pas. La loi de 1905 dit que nous ne reconnaissons ni ne salarions aucun culte, l’État est indifférent à la religion et cette indifférence n'est pas une cruauté, c'est au contraire le gage de la liberté, et pour pouvoir se rendre dans cette situation, il y aura fallu au fil de l'Histoire, continuellement séparer tous ce qui dans les actes essentiels de l'existence des êtres humains, pouvait les opposer les uns aux autres, jusqu'à ce couronnement qu'est la Déclaration des Droits de l'Homme, instituant une révolution qui n'a pas été faite pour un peuple, mais pour tous les êtres humains.

C'est ainsi que dans la Révolution de 89, on a séparé l'état-civil, le mariage civil, le droit au divorce, de l'institution religieuse qui en faisait des sacrements irréversibles. C'est ainsi, vous l'avez dit Monsieur le Ministre, "c'est par l'école que tout a commencé", oui c'est vrai, le rapport de 1793 présenté à la tribune de l'Assemblée par Robespierre, lisant le texte de Saint-Fargeau, lequel Saint-Fargeau avait été assassiné par les royalistes Et bien sûr c'est le 21 février 95, le premier régime de séparation des Églises et de l’État, ensuite il faut attendre la Commune de Paris le 3 avril, (1871) pour que soit de nouveau prononcé une loi de séparation des Églises et de l’État. Quant à la IIIème République, qui fit un autre choix tactique que pour ma part je partage, elle avait à mon avis raison, compte tenu des circonstances, de se dire que la République serait d'autant mieux acceptée qu'elle, en quelque sorte, romprait avec une certaine forme de pratique exaltée qui lui avait nui, mais c'était inévitable lors de sa naissance, et c'est à peine dix ans après que la République était en effet votée par le parlement, sur un amendement et a une voix, qu'ont été présentées les lois de séparation de l'Église et de l’État, c'est de cet esprit dont il faut continuer à s'inspirer en tous points, et nous ferons la démonstration article par article, que votre loi est en réalité une loi concordataire en plus d'être liberticide.

Tout à l'heure vous vous êtes plaint, Monsieur le Ministre, d'avoir entendu plus "liberticide" en six mois de chancellerie qu'auparavant, demandez vous s'il n'y a pas quelques raisons à ça, et si peut-être des fois vous ne le méritez. Maintenant, je vais vous dire en m'acheminant vers ma conclusion… en m'acheminant [en réponse à un commentaire], quelque chose qui concerne nos compatriotes musulmans, ne tournez pas autour du pot, à travers les procès d'intention, la manière de désigner, cet amalgame invraisemblable entre l'islam et l'islamisme, entre l'islamisme et le terrorisme… [brouhaha dans l'hémicycle] Ouais ouais ouais, oui c'est ça, criez très fort. – Laissez continuer le Président Mélenchon. (voix du Président Richard Ferrand) – Ça ne changera pas la vérité, des millions de personnes dans ce pays savent à quoi s'en tenir, et à qui ils le doivent.

Parfaitement ! Voilà bien sûr je vais dire votre fait. – S'il vous plaît, vous laisser l'orateur continuer. – Cessez de glapir !

C'est insupportable, cessez de glapir ! écoutez ! Et puis si vous n'en voulez pas, vous le direz en votant comme vous le faites d'habitude au coup de sifflet.

C'est le moment pour moi de vous rappeler quelques leçons de l'Histoire, la colonisation de l'Algérie pensait avoir fait une grande trouvaille en refusant à l'Algérie le statut de la loi de 1905, pour dix ans, et puis ensuite on a pris l'habitude, et de 10 en 10 ans, on reporta sans arrêt l'application de la loi de 1905, eh bien ensuite, bien sûr, le gouvernement des traitres autour de Philippe Pétain, a décidé que définitivement, on n'appliquerait jamais à l'Algérie la loi de 1905, parce qu'il s'agissait pour eux de contrôler les responsables religieux, pensant qu'ainsi, ils materaient la population, eh bien rien de tout ça ne s'est passé, et j'ai noté avec intérêt, que le Congrès de la Soummam de 1956 ne comporte aucune référence à l'islam comme définissant le peuple algérien, si bien que c'est en quelque sorte en venant sur les assises de la loi de 1905, que ce peuple s'est constitué en tant que peuple. Maintenant, je veux à ma manière, et puisqu'il faut que cela soit fait, exprimant non seulement mon point de vue, celui de mes amis, mais je pense de celui de beaucoup d'autres sur ces bancs. Quand les musulmans ont-ils manqué à la France ?

Quand ? Qu'on me cite jour, une date, un fait ! Quand ils débarquaient en Provence, la moitié de leur troupe, de la troupe qui était là, était musulmane, quand ils se faisaient tuer, pour la moitié du contingent qui prit d'assaut Notre Dame de la Garde à Marseille pour en expulser les nazis qui s'y trouvaient.

Quand nous ont-ils manqué ? A Monte Cassino, quand ils combattaient sous le drapeau tricolore, les Sénégalais, les Algériens, les Tabors marocains ? Quand ont-ils manqué à la Patrie ?

Quand ils devaient être là pour la construire de leurs mains, quand ils ramassaient ses poubelles, quand ils portaient les malades, et maintenant, ingénieurs médecins, gloires de l'enseignement et de la vie en commun. Faut-il à nouveau qu'ils aient la honte d'être montrés du doigt par vous ? C'est insupportable !

Je vous adjure de le comprendre, on ne construit pas la France contre une partie de ceux qui la composent. Ah, vous pouvez hurler, ça ne changera rien à l'affaire, le fond du fond. Nous ont-ils même manqué quand il y a eu des attentats terroristes ?

Non, rappelez vous les déclarations des recteurs des trois mosquées, déclarant que tout ça n'avait rien à voir avec l'islam, comme moi je n'accuserai pas un seul jour, un seul catholique d'être responsable du massacre qui se fit prétendument au nom de la foi catholique en Norvège, et combien d'autres de ces séparatistes je ne sais quoi, qui prétendent à un suprémacisme blanc, ses références permanentes à une seule religion, la France est grande parce qu'elle fait France de tout bois, parce qu'elle prend ses enfants comme ils sont, et ne leur demande de rien quant à ce qu'ils pensent, elle en reconnaît la liberté totale, elle leur demande seulement de se mettre au service du bien commun et de respecter les lois qu'elle a décidé pour elle, et ils le font. Qu'est ce que c'est que cette bouillie d'amalgame où je vois qu'à propos d'islam… Écoutez collègues ! Croyez-vous que l'humanisme qui est à la base de notre culture, de la Renaissance, de tout ce que nous avons construit avec le siècle des Lumières et ensuite, croyez-vous qu'il eût été possible sans l'islam mutaziliste, qui non seulement a conservé les textes anciens en les traduisant, mais qui proclama cette chose qui paraissait très curieuse et purement rituelle, que le Bien et le Mal n'étaient pas l’œuvre de Dieu mais des actes des hommes, tant et si bien que pour la première fois, il a institué la responsabilité absolue de l'être humain sur son développement, ce qui est le point de départ du texte "la Dignité de l'Homme" de Pic de la Mirandole, il n'y a pas de renaissance possible, il n'y a pas d'humanisme en Europe possible, s'il n'y a pas cette racine qui se trouvent dans l'islam, que cela plaise ou pas, parce que la pensée humaine chemine à travers les secteurs, les voies, les chemins qui lui sont ouverts, de la même manière que, l'universalisme est pour une bonne part aussi l'enfant de la pensée catholique, puisque précisément catholique ça veut dire universel.

Nous avons dans l'histoire des continuités, je ne les renie pas, ce sont les ruptures qui font sens, eh bien c'est à ces ruptures que nous devons être fidèles à cet instant. J'ai dit combien de fois ils ne nous ont pas manqué, j'aurais pu dire combien de fois les gouvernements français leur ont manqué, quand ils chipotent aux chibanis, obligés de rester quelques mois en France, si vieux, si fatigués, loin de leur famille, juste pour pouvoir toucher la retraite, quand on discute du niveau de leurs pensions. Et puis Mesdames et Messieurs et chers collègues, lorsqu'on tire sur des croyants à la sortie de la mosquée de Bayonne, eh bien il n'y a pas d'officiel gouvernemental qui se déplace, eh bien je redis devant l'Assemblée nationale, au nom de tous mes camarades insoumis, je suis fier d'avoir participé avec la CGT, avec la FSU, avec Attac, avec la Ligue des Droits de l'Homme, à la manifestation du 10 novembre, manifestation de fraternité du peuple français, qui s'est achevé par une Marseillaise vibrante.

Alors évidemment on va me citer tel ou tel énergumène, mais ça ne compte pas, moi même je ne vous citerai pas tel ou tel énergumène pour caractériser la marche qui a eu lieu pour Mireille Knoll, non, il faut sans cesse aller chercher dans le peuple français ce qui peut le rassembler, oui, je le redis, j'ai bien fait d'y être, et combien d'autres avec moi, ceints de leurs écharpes, les gens venaient nous toucher, et disaient : "Vous avez raison d'être là, vous êtes avec nous", et on a chanté ensemble la Marseillaise, c'est à dire l’hymne de la patrie républicaine et rien d'autre, voilà ce qu'il faut que vous entendiez. Alors voilà, ma conclusion est en quelques mots, ce texte ne sert à rien, ce texte est dangereux, et je vous mets en garde, on n'ouvre pas les chemins que je crois sincèrement que vous voulez ouvrir, vous voyez, cette sincérité je veux bien l'admettre, mais je dis qu'on la paye trop, d'un prix trop cher, trop élevé, c'est-à-dire de l'unité elle même, non, les chemins de la raison ne s'ouvrent pas à la faux, non, la porte de l'Universel ne s'ouvre pas à coups de pied, non, l'amour de la République, comme tout amour, ne vaut rien sous la menace. – Sous-titrage : Le Crayon d'oreille -