đŽ DIRECT - L'intĂ©grale de l'interview de Laure Lavalette, dĂ©putĂ©e du Var et porte-parole du RN Ă ...
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse partielle
Sur l'immigration, Bruno Retailleux semble partager vos objectifs. Est-ce que cela vous place en position de force ou de faiblesse ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Vous parlez de double peine pour les délinquants étrangers. Est-ce que vous soutenez cette mesure ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Le gouvernement Barnier propose un choc fiscal avec des hausses d'impĂŽts. Qu'en pensez-vous ?
- 6:00OuverteRéponse directe
L'Europe augmente sa contribution de 2 milliards. Comment justifiez-vous cela ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Le procĂšs des assistants parlementaires du RN est en cours. Comment l'expliquez-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Laure LavaletteFait
« les Français veulent toujours moins d'immigration, plus de sécurité, plus de pouvoir d'achat »
- 5:00Laure LavaletteChiffre
« 25% d'Ă©cart, on dĂ©pense 25% de plus que ce que nous rentrons dans les caisses de l'Ătat »
- 7:00Laure LavaletteChiffre
« 66% des Français pensent qu'on a un problÚme avec l'immigration »
- 7:30Laure LavaletteChiffre
« 70% des Français sont pour les contrÎles aux frontiÚres »
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que les aspirations des Français soient respectées. Et au soir du second tour, malgré ces magouilles-là , les Français veulent toujours moins d'immigration, plus de sécurité, plus de pouvoir d'achat. Mais précisément, nous serons intransigeants.
Nous serons la vigie, je veux le dire aujourd'hui, du peuple français à l'Assemblée nationale. On va l'écouter point par point, mais globalement, l'attitude qui consiste à dire « nous pourrions censurer le gouvernement Barnier », j'y crois pas, je ne vous crois pas. Alors, ce qui est certain, c'est que la censure, c'est pas un jeu, la censure.
Donc, on ne censure pas, a priori, comme peuvent le faire l'extrĂȘme-gauche, qui veut bordĂ©liser toujours nos institutions. VoilĂ , c'est trĂšs sĂ©rieux. Nous, nous allons voir.
D'abord, on va donner, entre guillemets, la chance au produit. On va bien voir ce que va faire le gouvernement Barnier. Quand on écoute Bruno Retailleux, on a bien compris qu'au niveau migratoire, ils avaient compris ce qu'attendaient les Français.
Je suis moins certaine, quand on entend le garde des Sceaux, qu'il y ait un tournant sécuritaire. Néanmoins, voilà , encore une fois, on ne peut pas, a priori, censurer. Voyons ce que ça va donner.
Vous savez, on joue un arbre Ă ses fruits. Pour l'instant, on n'a mĂȘme pas de guillemets, on n'a rien. Vous regardez l'arbre, vous verrez, mais un de ses fruits, c'est quand mĂȘme Bruno Retailleux.
Vous venez de le citer. Et c'est vrai que, lors de la valette, je me dis, ça fait un mois qu'on dit, le RN tient le gouvernement entre ses mains. Est-ce que ce n'est pas l'inverse ?
Est-ce que dĂ©sormais, avec une carte comme Bruno Retailleux, qui, vous le dites bien, finalement prĂŽne, ou en tout cas a les mĂȘmes objectifs que vous, c'est vous qui ĂȘtes coincĂ©. Vous ne pourrez plus le censurer. Vous avez raison, quand on Ă©coute Bruno Retailleux, je l'ai Ă©coutĂ© comme vous, chez votre collĂšgue Darius Rochebin, on a l'impression que c'est un porte-parole du Rassemblement national.
Il a compris les tenants, les aboutissances que les Français veulent sur l'immigration. Mais moi, je vais vous dire, je suis assez attentiste, parce qu'on les connaßt, les LR. Et M.
Retailleux vient de cette famille politique. Il parle souvent comme nous en campagne électorale. Et puis au moment de gouverner, il gouverne comme des macronistes.
Souvenez-vous, il Ă©tait rentrĂ© plus d'immigrĂ©s lĂ©gaux avec Nicolas Sarkozy que Lionel Jospin juste avant. Bon, il n'empĂȘche que c'Ă©tait toujours la moitiĂ© moins de ce qui rentre aujourd'hui lĂ©galement, puisque c'Ă©tait 250 000 sous Nicolas Sarkozy et que nous sommes Ă 500 000 immigrĂ©s lĂ©gaux par an. Donc encore une fois, voilĂ , est-ce que Bruno Retailleux va avoir cette volontĂ© politique ?
On a l'impression qu'il l'a. Et je vais vous dire, tant mieux, ça sera ça de moins à faire, tout ce qu'il aura fait, pour quand nous arriverons au pouvoir. Mais le porte-parole du RN, c'est le baiser de la mort, là .
Pas grand-chose de changé. Regardez dans son discours pendant une heure. Vous prenez tout.
Oui, sur ces mesures, effectivement, pour lutter contre l'immigration, on prend tout. Quand vous voulez expulser les dĂ©linquants Ă©trangers pour protĂ©ger nos enfants, comme les tristes faits divers nous le rappellent, on ne peut ĂȘtre que d'accord. Quand vous voulez remettre une double peine, on ne peut ĂȘtre que d'accord.
Quand vous voulez maĂźtriser les flux migratoires, quand vous voulez choisir qui rentre sur votre salle, et quand vous voulez expulser ceux qui n'ont plus rien Ă y faire, bien sĂ»r que je prends tout. Il a dit Ă©galement, l'Ătat de droit, je le cite, ce n'est pas intangible ni sacrĂ©. La source de l'Ătat de droit, c'est la dĂ©mocratie, le peuple souverain.
Est-ce que vous aussi, vous pourriez dire cette phrase ? Mais bien sĂ»r que la source de l'Ătat de droit, c'est la dĂ©mocratie. Et si quelqu'un sur l'Ă©chiquier politique peut me dire qu'il y a quelque chose au-dessus de la dĂ©mocratie, alors lĂ , on peut en parler, mais il faut me rĂ©inviter pendant 4 heures, Ă Pauline de Malherbe, et les 20 minutes ne suffiront pas.
Moi, je pense que ce qu'a voulu dire, je n'en sais rien, je ne suis pas lĂ pour ĂȘtre l'avocate de Bruno Retailleux. Un peu quand mĂȘme. Il le fera.
Je ne suis pas qui, l'avocate qui ? Non, je ne suis pas lĂ pour ĂȘtre son avocate. Moi, ce que je comprends, c'est de dire que l'Ătat de droit n'est pas immuable, et j'ai entendu Laurent Fabius dire Ă peu prĂšs la mĂȘme chose.
Et du moment oĂč la loi ne protĂšge plus, il faut changer la loi. Et on voit bien, dans la triste affaire de Philippines, que vraisemblablement tous les magistrats disent que finalement, la loi avait Ă©tĂ© respectĂ©e, qu'effectivement, il n'a pas purgĂ© sa peine en entier, puisqu'il y a ses remises de peine, qu'il Ă©tait en cras et qu'il a Ă©tĂ© relĂąchĂ© comme nombre d'immigrĂ©s illĂ©gaux qui sont en cras. Mais voilĂ , quand ça ne protĂšge plus, alors il faut changer la loi.
Et effectivement, de faire en sorte...
Quand vous ĂȘtes en cras, je prĂ©cise pour ceux qui nous Ă©coutent, il s'agit des centres de rĂ©tention administrative dont il avait Ă©tĂ© libĂ©rĂ©. Une idĂ©e pour nous protĂ©ger, pour protĂ©ger nos enfants, c'est effectivement cette expulsion immĂ©diate Ă la sortie de prison, ce qu'on appelle la double peine. Nous ne voulons pas que ces gens passent par la case libĂ©ration.
Il faut passer de la case prison Ă la case avion, comme dit ma collĂšgue Didier, je trouve que c'est assez parlant. Avez-vous lu la lettre qu'a Ă©crite la premiĂšre victime, celle qui avait Ă©tĂ© victime de viol, de la part du meurtrier prĂ©sumĂ© ? Elle dit non seulement que ça aurait pu ĂȘtre Ă©vitĂ©, elle s'interroge aussi sur la rĂ©cidive, mais elle dit Ă©galement qu'au fond, l'expulsion n'est pas forcĂ©ment la solution.
Elle pense aux femmes qui sont de l'autre cÎté de la Méditerranée, qui pourraient se retrouver avec ce meurtrier qui soit expulsé si l'on appliquait l'OQTF. Et elle dit au fond, la récidive n'a pas de frontiÚre. Non mais je l'entends, Apolline de Malherbe, sauf que moi j'ai été élue...
Est-ce que vous pensez à ces femmes aussi ? J'ai été élue par le peuple français. Et ma mission, c'est de protéger les Françaises, les Français.
Nous n'avons pas d'autre choix, si nous voulons les protĂ©ger, d'exĂ©cuter ces OQTF. Mais j'allais dire, mĂȘme en amont, nous devrions faire en sorte...
Mais tant pis pour les Philippines qui sont de l'autre cÎté de la Méditerranée, on leur enverra. Et c'est que ces gens-là ne rentrent pas sur notre sol. Déjà , ça simplifierait le problÚme.
On n'aurait plus besoin de les expulser puisqu'ils ne sauraient pas rentrer. Et c'est, je vais vous dire, un peu le réveil des peuples en Europe. On le voit bien.
Regardez Martin Schultz qui dit qu'effectivement, il y a cette double frontiĂšre, que vous avez tous beaucoup raillĂ© dans la classe mĂ©diatique. Et peut-ĂȘtre vous, je n'ai pas vraiment regardĂ©, Apolline de Malherbe, mais vous disiez Ă Jordan Bardella, mais non, mais comment se fait ? Ce n'est pas possible.
Mais si, une double frontiÚre, rien de plus simple. Une frontiÚre à l'extérieur de l'Europe, de cet espace Schengen, avec une agence Frontex qui véritablement aurait sa prérogative de repoussoir. Et aprÚs, une frontiÚre...
En l'occurrence, il faut regarder les rÚgles. Et les rÚgles permettent pour une durée de six mois à tous les pays de remettre en place ces contrÎles aux frontiÚres. En effet, il y avait tout à fait la possibilité de le faire.
Nous, on pense que c'est une solution parce qu'effectivement, on pense que cette immigration massive, incontrÎlée, est un problÚme. Mais vous voudriez faire plus que six mois. Donc, il faudrait changer les rÚgles.
Exactement. Ăa deviendrait beaucoup plus compliquĂ©. Les peuples d'Europe veulent ça.
En fait, c'est ce que veulent les Français. 66% des Français pensent qu'on a un problÚme avec l'immigration. 70% des Français sont pour les contrÎles aux frontiÚres.
Ăa, c'est juste. Mais en revanche, si vous leur demandez s'il faut quitter l'Europe, et d'ailleurs, vous ne le proposez plus vous-mĂȘme, vous vous ĂȘtes bien rendu compte que ça n'Ă©tait pas du tout populaire, les Français restent attachĂ©s Ă l'Union europĂ©enne. Rien Ă voir.
Si vous dĂ©cidez de remettre ad vitam les contrĂŽles aux frontiĂšres, c'est un peu la fin de l'Europe en mĂȘme. Mais ça n'est pas pour les ressortissants europĂ©ens, Apolline de Malherbe. C'est simplement pour les Ă©trangers.
Mais il est évident que cet espace Schengen, nous voulons le réserver aux ressortissants. Et évidemment, par contre, ce qui est certain, c'est que nous ne voulons pas que la France subisse les choix migratoires, politiques, d'autres pays qui sont autour. Et puis, je vais vous dire, je pense que les peuples se réveillent.
Et pas des peuples de droite. Quand vous prenez le Danemark, par exemple, avec un gouvernement social-dĂ©mocrate, et qu'on est mesure tout Ă fait coercitive. Et le chancelier allemand lui-mĂȘme est socialiste.
Donc, on voit bien qu'on est arrivé à un point absolument social. Ce que je disais, finalement, est assez juste. Vous en faites la démonstration.
Vous ne le censurerez pas, ce gouvernement ? Pas tout de suite. On va attendre de voir.
Effectivement, vous savez, on a des lignes rouges. Alors, lesquelles ? Déjà , il fallait nous parler correctement.
En nous représentant, 11 millions d'électeurs. Ce n'est pas rien. C'est la plus grosse force politique dans ce pays.
D'oĂč votre refus d'un Xavier Bertrand, par exemple. Ăvidemment. On ne peut pas tolĂ©rer quelqu'un qui vomit sur le Rassemblement national, sur ma famille politique.
Donc, il va falloir qu'il continue Ă ĂȘtre trĂšs gentil, Michel Barnier. Parce que je vais vous dire, moi, je m'en fiche en tant que moi, mais c'est pour les gens que nous reprĂ©sentons. Puis, je vais vous dire, on ne peut pas faire comme si rien ne s'Ă©tait passĂ© dans ce pays.
Jordan Bardella fait plus de 30% au soir des Ă©lections europĂ©ennes. Il fait un score phĂ©nomĂ©nal au soir du premier tour des Ă©lections lĂ©gislatives. Il y a des gens qui ont Ă©tĂ© mĂȘme Ă©lus au premier tour, comme votre serviteur.
C'est votre cas. VoilĂ . Il se trouve qu'il y a eu des alliances absolument contre nature et scandaleuses entre les deux tours, oĂč les macronistes se sont dĂ©sistĂ©s pour l'extrĂȘme gauche et vice-versa.
Je vous rappelle que l'extrĂȘme gauche a quand mĂȘme fait Ă©lire Elisabeth Borne et GĂ©rald Darmanens, qui quand mĂȘme ne manquent pas de sel. Sans ces alliances, ça aurait Ă©tĂ© Jordan Bardella qui aurait Ă©tĂ© Premier ministre en juillet. On n'aurait pas dĂ©jĂ perdu deux mois devant le monde entier Ă se ridiculiser.
Et effectivement, les aspirations des Français auraient été plus représentées. Et vous savez, M. Barnier, il sait tout ça.
Je veux dire, il n'est pas idiot. Il sait qu'il y a une dichotomie entre ce gouvernement et entre, j'allais dire, mĂȘme l'hĂ©micycle et les aspirations du peuple français. Donc, il n'a Ă©videmment pas intĂ©rĂȘt Ă aller Ă l'encontre de ce que veut le peuple français et de ce que nous disons nous.
Donc, on demande du respect. AprÚs, on veut des mesures. Légales.
Des mesures fermes en matiÚre migratoire. On en a parlé, celles qui ont été proposées par Bruno Retailleux. La double peine, doubler la durée de rétention pour les personnes soumises à une OQTF, modifier la constitution pour un référendum auprÚs des Français sur l'immigration.
Tout ça, c'Ă©tait dans votre programme. Je vais vous dire, nous, il est prĂȘt. On l'a dĂ©jĂ dit.
Je suis déjà venue longtemps sur des plateaux avec. Marine Le Pen a un projet de référendum. Vous savez, quand on fait un référendum, en fait, on soumet une loi.
Et ce n'est pas une question, comme on peut le croire. Nous, notre projet, il est dĂ©jĂ prĂȘt. Donc, tout ça, c'est bon.
Tout ça, c'est bon. Sauf qu'il faudrait qu'on le fasse, évidemment. Parce que si on ne graffe pas dans le marbre de la Constitution les outils politiques, juridiques, administratifs qui nous permettront de lutter contre cette immigration, nous n'y arriverons pas.
Donc, ceux qui vous disent que ça n'est pas possible de passer par le référendum, c'est parce qu'ils ne veulent que rien ne le change. Et ils ne veulent pas changer notre politique migratoire. Alors que les Français, on ne leur a pas posé la question depuis bien 40 ans sur savoir ce qu'ils voulaient faire de cette politique migratoire.
Laure Lavalette, sur la question sur le volet budgĂ©taire, on l'a vu, il y a un certain nombre de mesures. Le journal Le Parisien parle mĂȘme d'un choc fiscal qui pourrait ĂȘtre dĂ©veloppĂ© cet aprĂšs-midi par Michel Barnier, avec des impĂŽts sur les sociĂ©tĂ©s qui pourraient ĂȘtre relevĂ©s pour les trĂšs grosses entreprises, avec Ă©galement des taxes. LĂ , pour le coup, ça pourrait avoir un impact, y compris sur nos factures, notamment d'Ă©lectricitĂ© relevĂ©e.
Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais Ă©videmment, au moment oĂč l'inflation a Ă©tĂ© la plus grande, les taxes qui s'appliquaient Ă l'Ă©lectricitĂ© ont Ă©tĂ© baissĂ©es. C'Ă©tait le fameux bouclier tarifaire. Maintenant que l'Ă©lectricitĂ© a Ă nouveau baissĂ©, l'une des pistes du gouvernement serait de remonter ces taxes, ce qui mĂ©caniquement ferait remonter le prix de l'Ă©lectricitĂ©.
On sera évidemment trÚs attentifs. Déjà , ce budget, c'est l'arlésienne. On aurait dû l'avoir aujourd'hui.
En principe, c'est traditionnellement le premier mardi d'octobre. Il se trouve que nous ne l'avons toujours pas. On ne sait pas exactement quand est-ce qu'on va l'avoir.
Je pense qu'en fait, ils ont eu peur aussi en voyant l'Ă©tendue et le gouffre abissage. Mais il faut ĂȘtre honnĂȘte quand mĂȘme, Laurent Lavalette. Les ministres ont pris leur poste il y a deux semaines.
Souvenez-vous quand nous demandions Ă nos dĂźtes des comptes publics et qu'on nous disait « non mais au secours, enfin bien sĂ»r qu'effectivement ça avait de l'intĂ©rĂȘt » parce que Michel Barnier le dit lui-mĂȘme, on est quand mĂȘme Ă deux doigts du gouffre et je pense que tout le monde en est conscient. Donc il faut faire des efforts. Nous nous serons trĂšs attentifs Ă ce que ça ne soit pas les Français qui payent la facture des mauvais choix politiques.
Quand vous travaillez, quand vous vous levez le matin, vous devez pouvoir payer vos factures et vivre dignement de votre travail. Il faut savoir qu'aujourd'hui, Ă partir du 10 du mois, il y a un tiers des Français qui n'ont que 100 euros pour finir le mois. Il y a des gens, moi je croise sur ma circonscription, je me souviens Ă la Vallette du Var, des gens qui m'arrĂȘtaient pour me dire « on ne dĂźne pas le soir ».
Ăvidemment, il faut choisir entre se chauffer ou dĂźner. C'est intolĂ©rable et nous ne tolĂ©rerons pas que cette classe sociale, que ces gens qui se lĂšvent pour travailler, soient encore taxĂ©s. Je vais vous dire, effectivement, un budget, pour que les gens comprennent bien, c'est entre ce que vous gagnez et ce que vous dĂ©pensez.
LĂ , a priori, on a 25% d'Ă©cart, on dĂ©pense 25% de plus que ce que nous rentrons dans les caisses de l'Ătat. Moi, j'ai des idĂ©es, j'en ai plein. DĂ©jĂ , il y a des mauvaises dĂ©penses.
Quand vous voyez la bureaucratisation de l'Ătat, on dit qu'il y a 1 200 agences, c'est vos collĂšgues qui sortent cette Ă©tude-lĂ , 1 200 agences pour 80 milliards d'euros par an. C'est absolument colossal. Nous, nous pensons qu'on peut dĂ©jĂ faire confiance Ă nos hauts fonctionnaires qui sortent de grandes Ă©coles et qui peuvent dĂ©jĂ donner tout leur conseil.
Donc, pas besoin d'aller demander à des agences. Exactement. Ni à des comités théodules. 80 milliards d'euros, c'est colossal.
Ăa veut dire aussi des gens qui vont ĂȘtre mis sur la paille. D'accord, on va faire diffĂ©remment. Il n'empĂȘche que c'est une Ă©conomie.
Il va falloir dĂ©graisser, effectivement, l'entourage de cet Ătat. Il y a l'immigration. Vous savez que si on donne la prioritĂ© aux Français ou aux Ă©trangers qui peuvent justifier d'avoir travaillĂ© 5 ans Ă©quivalent temps plein, nous voulons rĂ©server les aides sociales de solidaritĂ© aux Français.
Un mot là -dessus, puisque vous avez dit les étrangers devront avoir justifié d'avoir travaillé 5 ans. Vous avez sans doute entendu les propos de Gérald Darmanin, qui était à Tourcoing dimanche, et qui dit plutÎt qu'une préférence nationale, la préférence aux travailleurs. Voilà ce qu'il dit exactement.
Que ceux qui travaillent puissent avoir accÚs prioritairement aux logements, aux places en crÚche, aux aides pour les transports, pour qu'enfin, travailler quelle que soit la nationalité soit reconnue par la société tout entiÚre. La préférence aux travailleurs, plutÎt que la préférence nationale. Eh bien, figurez-vous que nous, la seule discrimination au Rassemblement National que nous faisons, c'est la nationalité française.
Parce qu'on pense que quand vous ĂȘtes Français, quand vous avez la nationalitĂ©, vous devez avoir plus de droits que quelqu'un qui n'est pas Français. Mais on ne ferme pas la porte, puisque quand vous ĂȘtes Ă©tranger, mais que vous arrivez Ă justifier que vous avez travaillĂ© pendant cinq ans Ă©quivalent temps plein, alors vous aurez droit Ă la solidaritĂ© nationale. Mais c'est-Ă -dire que des Français qui ne travaillent pas auront droit Ă des aides, alors que des Ă©trangers qui travaillent n'en auront pas ?
Ils ont la nationalité française et c'est comme ça. Voilà , c'est comme ça. C'est la seule discrimination.
Vous savez, la nation, c'est le bien de ceux qui n'en ont pas. La nation, elle est aussi lĂ pour protĂ©ger. La patrie, voilĂ , et le bien de ceux qui n'en ont pas, ça doit ĂȘtre aussi une valeur refuge.
Et c'est important de savoir que vous avez un Ătat derriĂšre vous. Alors, pas question d'assistanat, Ă©videmment, mais de protection, effectivement, des plus faibles et de ceux qui ne travaillent pas, peut-ĂȘtre, parce qu'ils cherchent du travail et qu'ils n'en trouvent pas. Sur quoi que vous partez ?
Donc ça, c'est une des mesures. Allez-y. Il y a l'immigration, donc nous en avons parlé.
L'AME, effectivement, je pense que nous voulons la changer. L'aide mĂ©dicale d'Ătat. VoilĂ , nous changerions une aide mĂ©dicale d'urgence.
Bon, lĂ encore, c'est du Bruno Retailleau dans le texte. Enfin, oui, il fait du rassemblement national dans le terme. Il n'est pas question de laisser mourir les gens.
Il n'est pas question non plus de leur refaire le nez ou de leur recoller les oreilles. Vous voyez, Ă une Ă©poque oĂč nous devons faire des Ă©conomies. Mais vous savez bien que ça, c'est une caricature.
La vĂ©ritĂ©, c'est que les mĂ©decins eux-mĂȘmes le disent. La palette de soins, elle est pratiquement totale, sauf les cures thermales et la procrĂ©ation mĂ©dicalement assistĂ©e. Ce n'est pas possible.
Ăcoutez mon collĂšgue Juvin, qui en parle, il n'est pourtant pas de ma famille politique. Il Ă©tait chez Jean-François de Bourdin, oĂč il disait, voilĂ , ça n'est pas possible, cette palette de soins, elle est trop grande. Nous sommes trop attractifs.
Donc réduire la palette de soins. à l'urgence. Mais vous l'avez bien entendu, il y a un grand nombre de médecins.
Alors peut-ĂȘtre pas Philippe Juvin, mais il y a quand mĂȘme un grand nombre de mĂ©decins qui vous disent que c'est un risque. Parce que ne soignez les gens qu'une fois qu'ils sont dans un point d'urgence, ça veut dire que les maladies se sont dĂ©veloppĂ©es, ça veut dire que la contagion s'est installĂ©e. Mais parce qu'en fait, il faut voir ça de façon globale.
Il y a 400 000 premiÚres demandes d'AME par an. Donc c'est à dire que c'est global. En fait, si vous voulez, l'immigration, il faut bien que les Français comprennent, l'immigration en France, elle est complÚtement hors contrÎle.
L'immigration lĂ©gale, c'est Ă peu prĂšs 500 000 immigrĂ©s qui rentrent par an. Les Français, c'est la ville de Lyon Ă peu prĂšs, les Français ont bien compris que ça pesait aussi sur leur systĂšme de santĂ©. Je vais vous dire, quand en France, on n'investit plus dans l'hĂŽpital depuis 20-30 ans, quand mĂȘme on ferme des lits et que vous accueillez 500 000 personnes lĂ©gales par an, enfin je veux dire, c'est 1 million en 2 ans, 2 millions en 4 ans.
C'est 1 milliard, sur 250 milliards du budget de la santé. Quand il faut soigner les gens, vous imaginez bien qu'au bout d'un moment, ça pÚse sur vos comptes publics, ça pÚse aussi sur la santé et nous ne voulons pas le tolérer. Donc il faut déjà réduire le nombre de gens qui viennent, puisque je rappelle qu'en France, pour un immigré qui repart, il y en a 4 qui rentrent.
Vous voyez bien que c'est quand mĂȘme un dĂ©fi migratoire qui est total, surtout avec ce qu'on nous promet sur l'Afrique, sur le dĂ©veloppement dĂ©mographique de l'Afrique. Je veux dire aux Français, on est au dĂ©but de cet enjeu migratoire avec les rĂ©fugiĂ©s climatiques. Donc il faut que nous prenions des mesures drastiques trĂšs rapidement, avant que la situation soit encore plus hors contrĂŽle.
Mais voilà , donc ça c'était...
J'ai bien compris les lignes que vous espĂ©rez voir dans ce discours de politique gĂ©nĂ©rale. Il me vient autre chose quand mĂȘme. On vient de nous dire qu'on allait encore augmenter notre contribution Ă l'Union europĂ©enne de 2 milliards.
On ne peut pas demander aux Français de faire des efforts, et en mĂȘme temps d'augmenter de 8% notre contribution. C'est l'Europe qui doit faire des efforts. Ăa n'est pas les Français, ils ne doivent pas payer les mauvais choix budgĂ©taires.
Mais vous, vous pourriez lui dire merci à l'Europe ? Mais je dis merci pour ce qui va bien. Non, mais merci à l'Europe, parce que c'est 6,8 millions d'euros, 6,8 millions d'euros, qui est la contribution de l'Europe aux assistants parlementaires des députés.
Je vois votre transition, je la cherchais à la point de malheur, ça y est, je l'ai. Parce que c'est un point que Marine Le Pen assume. Le procÚs a donc été ouvert hier, procÚs dans lequel 20 députés ou anciens députés européens du RN, dont Marine Le Pen, sont effectivement sur le banc des accusés.
Marine Le Pen, elle assume en quelque sorte, puisqu'elle dit, je cite ce qu'elle a dit aux enquĂȘteurs, « Les assistants parlementaires ne travaillent pas pour le Parlement europĂ©en, ils sont des assistants parlementaires politiques d'Ă©lus, par dĂ©finition politique, ceux ne sont pas des fonctionnaires du Parlement europĂ©en. » Et l'Union europĂ©enne estime que c'est 6,8 millions d'euros, qui donc devaient normalement servir uniquement Ă travailler pour l'Union europĂ©enne, qui auraient Ă©tĂ© utilisĂ©es pour le RN. Alors dĂ©jĂ , il faut expliquer comment cette plainte est venue.
C'Ă©tait il y a 15 ans, un prĂ©sident socialiste du Parlement europĂ©en a eu cette plainte, qui venait d'un socialiste. â Ce n'est pas seulement contre le RN, on a sursuivi aussi le procĂšs qui a Ă©tĂ© fait contre le Modem. â Je crois qu'elle est fille aussi, il me semble, est concernĂ©e. â Cette plainte, aprĂšs, elle est venue en France, c'Ă©tait Christiane Taubira qui Ă©tait garde des Sceaux Ă l'Ă©poque.
Et effectivement, ça fait 10 ans qu'on se traĂźne le procĂšs des assistants parlementaires. Donc moi, je me rĂ©jouis qu'enfin, nous ayons deux mois devant nous, alors ce n'est pas deux mois pleins, c'est Ă raison de trois demi-journĂ©es par semaine pendant deux mois, oĂč Marine Le Pen va pouvoir justement expliquer et dire, effectivement, ce qu'ont fait nos assistants parlementaires. Il faut bien que les Français qui nous Ă©coutent comprennent, il n'y a pas eu de dĂ©tournement de fonds, il n'y a pas eu d'enrichissement personnel, et il n'y a pas eu non plus d'emploi fictif.
Ces assistants ont vraiment travaillĂ©. â Sauf qu'ils n'ont pas⊠â Toute la question se pose sur⊠â Ce que dit la plainte, c'est qu'ils n'auraient pas travaillĂ© pour l'Union europĂ©enne, ils auraient travaillĂ© pour le RN. â Vous avez raison, en fait, tout est question d'interprĂ©tation sur ce qu'ils ont vĂ©ritablement fait.
Nous, nous pensons, comme Ă l'AssemblĂ©e nationale d'ailleurs, que le rĂŽle politique d'un Ă©lu est intrinsĂšque Ă son mandat. C'est d'ailleurs ce que dit le bureau national de l'AssemblĂ©e nationale, pour les dĂ©putĂ©s⊠â Mais c'est une interprĂ©tation plus politique que juridique. C'est-Ă -dire qu'en fait, j'entends parfaitement, et d'ailleurs Marine Le Pen elle-mĂȘme l'a dĂ©fendue comme telle, disant au fond, ils ont bien travaillĂ© pour nous, simplement nous on ne bosse pas que pour des textes europĂ©ens.
Mais il y avait des rĂšgles quand mĂȘme. â Non mais le rĂŽle d'un dĂ©putĂ© europĂ©en d'opposition n'est pas le mĂȘme qu'un dĂ©putĂ© de la majoritĂ©. On n'a pas les mĂȘmes droits, vous n'avez pas le droit au mĂȘme rapport. â Oui mais ce que dit l'Europe, c'est qu'au pire, il fallait qu'il reste lĂ -bas et qu'il ne bosse sur rien. â Si je vous Ă©coute. â Quand vous ĂȘtes dĂ©putĂ© d'opposition Ă l'Europe, vous prĂ©parez l'alternance. â Sinon c'est confortable, vous aviez des types qui Ă©taient payĂ©s. â Vous ĂȘtes Ă©lu par des gens qui pensent que le modĂšle europĂ©en n'est pas celui que nous voulons, nous avions deux projets, on en a dĂ©jĂ suffisamment parlĂ©.
Donc effectivement il y a un rĂŽle qui est politique, mais encore une fois, nous nous pensons que ce rĂŽle politique il est intrinsĂšque Ă ce mandat de dĂ©putĂ© europĂ©en d'opposition. C'est toute la gageur, j'allais dire, de ces deux mois, oĂč Marine Le Pen aura deux mois avec des arguments pour expliquer qu'effectivement nous assumons le fait qu'ils aient eu un rĂŽle politique. â Mais le grand paradoxe, vous le comprendrez bien, Laure Lavalette, c'est qu'au fond, l'Europe vous a financĂ© en quelque sorte, ou en tout cas a financĂ© ceux qui travaillaient pour vous. â Ce n'est pas l'Europe, c'est que nous avons eu des dĂ©putĂ©s europĂ©ens Ă©lus par le peuple français.
Donc Ă©videmment que l'Europe, elle a donnĂ© les moyens Ă ces dĂ©putĂ©s europĂ©ens de faire leur travail. Bien sĂ»r, mais heureusement que l'Union europĂ©enne donne aussi Ă ceux qui ne sont pas d'accord avec eux les moyens de travailler, Madame de MalĂšre. Ăa paraĂźt quand mĂȘme trĂšs cohĂ©rent. â Vous redoutez l'inĂ©giabilitĂ© ? â Non, je n'y crois pas. â Non, je n'y crois pas.
Je pense que Marine Le Pen a été assez contente d'ailleurs de ces deux mois de procÚs pour pouvoir justement expliquer et de voir qu'il n'y a pas eu quelque chose qui nécessiterait une inéligibilité, puisque ce serait un scandale démocratique absolument sans précédent. Mais vraiment, je n'y crois pas. Je pense que nous abordons vraiment ce projet, ce procÚs de façon trÚs sereine.
Ăa fait dix ans, donc on a eu le temps Ă©videmment de nous y prĂ©parer. Et puis moi, je suis contente qu'on Ă©vacue aussi ce serpent de mer qui revenait un peu trop souvent. â Merci Laure Lavalette d'ĂȘtre venue dans ce studio ce matin rĂ©pondre Ă mes questions.
DĂ©putĂ© RN du Var. â Bye.
Laure Lavalette