Coronavirus : point de situation à l'issue du Conseil de défense du 8 mars 2020
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 95 %Défensif 5 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10O. VéranFait
« nous sommes toujours ce soir au stade 2. Cela veut dire que notre priorité est de tout faire pour ralentir la circulation du virus sur le territoire national. »
- 0:30O. VéranFait
« Lavez-vous les mains très régulièrement. Toussez dans votre coude et non dans votre main. Mouchez-vous dans un mouchoir à usage unique et enfin, ne vous serrez plus les mains ou ne vous embrassez plus. »
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« fermer les écoles, fermer les crèches lorsque le virus circule beaucoup permet d'avoir un impact sur la progression virale dans le territoire. »
- 8:30O. VéranFait
« Le Premier ministre a annoncé vendredi soir la possibilité de mettre en place le plan Blanc dans tous les hôpitaux de France. »
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-O. Véran : Mesdames et messieurs, permettez-moi de commencer mon propos en remerciant la très forte mobilisation des professionnels de santé, qui sont extrêmement sollicités ces derniers jours, en particulier dans les zones de circulation actives du virus, dans le Haut-Rhin et dans l'Oise, et qui sont à la hauteur des enjeux qui sont devant nous, nous savons que cette mobilisation va durer dans le temps pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, et je sais pouvoir compter sur eux pour protéger les Français et les accompagner. Je leur redis ici toute la confiance que j'ai en eux pour répondre à ces défis.
Le Conseil de défense qui s'est tenu ce soir a été l'occasion d'aborder différents axes structurants dans notre réponse face à cette épidémie. Je vous le rappelle, nous sommes toujours ce soir au stade 2. Cela veut dire que notre priorité est de tout faire pour ralentir la circulation du virus sur le territoire national.
C'est la seule façon de protéger les personnes vulnérables et d'atténuer le pic épidémique. Notre stratégie face à cette menace est tout d'abord de préparer notre population. Je réinsiste sur ce point primordial et je continuerai à me répéter autant qu'il le faudra, j'appelle tous les Français à respecter et appliquer les gestes barrières que nous diffusons depuis maintenant plusieurs semaines.
Lavez-vous les mains très régulièrement. Toussez dans votre coude et non dans votre main. Mouchez-vous dans un mouchoir à usage unique et enfin, ne vous serrez plus les mains ou ne vous embrassez plus.
Ce sont les petits gestes qui participent à la plus grande protection et qui nous permettrons de ralentir efficacement la propagation du virus. Comme nous vous l'avons annoncé vendredi, nous déconseillons les visites auprès des personnes âgées à domicile pour éviter de transmettre le virus, en dehors des cas d'absolue nécessité, évidemment. Dans les établissement de santé comme dans les EHPAD, nous vous demandons de limiter les visites auprès des patients à une seule personne.
Les visites de personnes mineures ou de toute personne malade sont à prohiber. L'épidémie n'a pas à ce stade touché tout le pays, mais elle progresse dans certains territoires dans lesquels l'activité virale est très dynamique. Dans d'autres territoires, l'activité virale reste à ce jour pas ou peu détectée.
Une logique pour toutes les mesures que nous prenons, individuelles comme collectives, cette logique, c'est celle qui consiste à freiner. Freiner l'entrée du virus dans les territoires d'où il est absent. Freiner sa diffusion lorsqu'il y circule.
Le freinage s'organise donc de manière distincte selon les territoires et durera aussi longtemps qu'on constatera sa légitimité scientifique. L'application du freinage répond donc à deux principes : la différenciation et la proportionnalité. Chaque mesure de freinage doit être entreprise territoire par territoire au bon moment.
C'est la différenciation. C'est par exemple, et à ce stade, la fermeture des crèches et des établissements scolaires dès qu'une zone devient à circulation virale activée. Envoyer ses enfants à l'école n'est pas dangereux pour les enfants en soi, mais fermer les écoles, fermer les crèches lorsque le virus circule beaucoup permet d'avoir un impact sur la progression virale dans le territoire.
La proportionnalité, c'est garantir la continuité de la vie sociale, économique, et démocratique de notre pays, tout en limitant les risques de diffusion du virus dans la population, en interdisant des rassemblements de population lorsqu'ils ne sont pas indispensables. Je rappelle que d'ores et déjà, tous les rassemblements sont interdits sur décision des préfets dans les zones à forte activité virale comme l'Oise et le Haut-Rhin. A l'échelle nationale, tous les rassemblements de plus de 1 000 personnes sont désormais interdits.
Les préfets, les ministères feront remonter une liste d'événements considérés comme utiles à la vie de la nation. Je précise que les manifestations feront partie, tout comme les concours par exemple, ou encore le recours aux transports en commun, qui sont des activités utiles à l'activité de la nation. Je le redis, nous faisons le constat que les mesures de confinement proportionnées, différenciées ont un impact positif sur la circulation virale.
Au-delà de la population, nous préparons également notre système de santé. Notre action vise à garantir qu'il soit prêt à faire face à cette situation. Les professionnels en villes, qui sont mobilisés depuis le début de l'arrivée du virus sur notre territoire, seront les premiers acteurs de la gestion sanitaire lorsque nous serons au stade 3.
Je veux les aider dès aujourd'hui à prendre en charge notre population et les protéger pour qu'ils puissent continuer à soigner leurs patients dans toutes les situations. Pour cela, pour simplifier leur travail et simplifier l'accès des patients à un médecin en téléconsultation, je signerai dès demain un décret pour assouplir considérablement les conditions de réalisation de la télémédecine. Dans cette situation exceptionnelle, j'ai en effet souhaité faciliter l'utilisation des outils courants de communication à distance, en plus des plateformes numériques existantes.
Nous recommandons à chaque patient de passer par son médecin traitant pour assurer la prise en charge et le suivi. Néanmoins, dans les cas où celui-ci ne serait pas disponible, j'ai décidé de lever l'obligation de passer par son médecin traitant et d'avoir eu une consultation présentielle les 12 mois avant la réalisation d'une consultation à distance. Ainsi, chaque patient pourra, dans son territoire et sur tout le territoire, avoir accès à une téléconsultation quand il en aura besoin.
Je pense également à l'hôpital, qui accueille déjà certains des patients les plus graves. Le Premier ministre a annoncé vendredi soir la possibilité de mettre en place le plan Blanc dans tous les hôpitaux de France. Ce dispositif nous a permis de préparer le système hospitalier à répondre à la demande attendue dans les jours à venir.
Certains hôpitaux, dans les zones de circulation active du virus, font déjà face à une forte affluence. Je suis de façon très étroite l'évolution de cette situation et assure que l'Etat met tout à disposition pour leur permettre d'accueillir la population dans les meilleures conditions. Là aussi, afin de faciliter le travail des professionnels de santé, qui s'investissent quotidiennement pour soigner leurs patients, j'ai souhaité faciliter les organisations.
J'ai donc signé un décret permettant de déplafonner les heures supplémentaires pour les professionnels de santé à l'hôpital, leur permettant ainsi de pouvoir plus facilement assurer la continuité des soins dans les services dans cette situation exceptionnelle. Je pense enfin aux établissements sociaux et médico-sociaux. Le plan Bleu a été activé vendredi soir, permettant à chaque EHPAD de renforcer les mesures d'hygiène, de suivi des patients et les effectifs professionnels.
Là aussi, je surveille de très près la prise en charge des personnes âgées, que ce soit dans l'établissement ou dans les structures de soins à domicile. Les semaines à venir seront sans doute difficiles, mais vous pouvez compter sur ma mobilisation, celle de l'Etat et celle de tous les professionnels de santé. Les Français ont toujours su faire face aux situations les plus complexes, les plus difficiles.
Cette fois-ci encore, nous serons là à vos côtés. La France sait anticiper, apprendre de la situation internationale et adapter en temps réel ses réponses à la propagation du virus. Les mesures que nous prenons sont évolutives, je le répète, adaptées à chaque territoire, sur chaque territoire, et nous permettent ainsi de garantir une réponse proportionnée face à cette situation.
Je vous remercie.